Écrire ma terre. Mon bout de terre et la vôtre évidemment.
— Nos vaches sont jolies parce qu'elles mangent des fleurs, Paul Bedel / Catherine Boivin, urn:isbn:978-2-266-28669-5
Quand il pleut, on n'entend plus les pétales qui tombent.
Moi aussi, je suis un esseulé dans mon passé et mon lointain.
— Nos vaches sont jolies parce qu'elles mangent des fleurs, Paul Bedel / Catherine Boivin, urn:isbn:978-2-266-28669-5
Nos métiers qui ont été dévorés par la numérisation de tout nous laisse un monde énergivore, destructeur et… sans odeurs.
Je me souviens de la benne où les copeaux d'acier découpés se mélangeaient à l'huile. Je n'avais pas le droit de rentrer dedans. Trop dangereux. Alors tout autour, je tournais, parfois accroupi en attendant de repérer un petit morceau de métal, parfois enroulé et très coupant. Au moment de partir du travail, je lui demandais si je pouvais le prendre. Un « oui » incertain était une grande victoire.
Le Web, les lignes de HTML, CSS, les fonctions en C++ n'ont aucun parfum, aucune saveur, aucune sueur. Juste la fatigue, sans le volume. Juste la migraine, sans la sciure.
C'est parfois dommage.
Je regarde seulement disparaître ce monde de minuscules travailleurs qui sentaient l'étable ou les bateaux. Nous sentions notre métier sur nous.
— Nos vaches sont jolies parce qu'elles mangent des fleurs, Paul Bedel / Catherine Boivin, urn:isbn:978-2-266-28669-5