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À partir d’avant-hierPrémices du Nouveau Monde

Actualité des collectifs du Manifeste Discernaction

27 mai 2024 à 12:44

En mouvement avec la société civile au service de la Vie

La rencontre “Je manifeste le Manifeste” du 5 mai 2024 a rassemblé 250 personnes en ligne et en présence et semble avoir été très appréciée des participants qui ont assisté aux présentations de 30 projets de signataires de 5 pays.

Afin de poursuivre cette dynamique de reliance internationale, Discernaction invite les collectifs signataires à partager leur actualité (projets, événements, succès, appels à collaboration).

Voici les actualités de quelques collectifs par ordre alphabétique.


Alter'Coop

Fresques lors des réunions HOME des 25 et 26 mai à Bruxelles
https://www.home.brussels

Cursus Transform'Acteur
https://www.altercoop.org/transformacteur/
Pour celles et ceux qui sont déjà engagés dans la transformation, qui ont parcouru les outils et méthodes d'Intelligence et qui veulent accompagner avec plus de profondeur, nous avons développé avec soin un cursus de 4 modules, 4 supervisions, un mémoire pour explorer les profondeurs de la coopération et les rouages de la posture en présence.

Inspirés de la sagesse ancestrale des Indiens Kogis, nous mettons l'accent sur la manière d'intervenir en compréhension et soin des territoires et organisations complexes auxquels nous avons affaire.

Plus de 150 personnes ont suivi notre cursus et désormais nous avançons avec une communauté dynamique, porteuse de transformations.

Chemin de Soi, chemins du vivant
https://www.chemindesoi.com
Depuis plus de 20 ans, nous invitons les participants à cheminer à la fois vers leur Soi, réveiller leurs talents et singularités et aussi vers plus de conscience et de présence.

Grâce et avec le vivant, nous invitons à développer réceptivité, perception, intuition, qualité de présence et de conscience. Un rayonnement de meilleure qualité de Soi facilite des engagements plus matures.

Christine Marsan invite à entrer en résonance avec les différents règnes du vivant, pour les découvrir, les comprendre, les savourer, communier en sensibilité et développer la réceptivité avec l'invisible. Cette sensibilité énergétique contribue à développer la présence et la conscience et accroît les transformations intérieures subtiles pour manifester un rayonnement ancré et aligné avec les vibrations de la vie.


Association Les Lectures de Florinette

A LA RENCONTRE DES ENFANTS INDIGO avec Patricia SERIN le samedi 22 juin - 14h30 à Audenge (33) FRANCE

Bienvenue dans le monde fascinant des enfants indigo grâce à Patricia Serin, psychologue clinicienne et membre du Réseau des professionnels de santé de l’INREES, qui viendra faire une conférence sur ces enfants atypiques qu’elle suit depuis de nombreuses années.

Mais qui sont ces enfants à la sensibilité extra-ordinaire ? Si créatifs, férus de justice et à la conscience écologique chevillée au corps, sont-ils une chance pour le monde de demain ?

Durant cette conférence, Patricia Serin nous aidera à mieux comprendre et accompagner ces enfants indigo.


Créateurs du Nouveau Monde

Symposium des Créateurs le 26 ocotbre 2024
Le Symposium aura lieu le samedi 26 octobre, de 9h à 17h, à l’Espace La Chapelle, situé au 1720 Ch. Pierre-Péladeau à Ste-Adèle, et accueillera plus de 100 personnes.

Nous recherchons des conférenciers qui sont actifs dans la création d’un Nouveau Monde, soit comme porteurs de visions, de projets et ou d’expériences pratiques avec lesquelles les participants pourraient s’impliquer et s’associer énergétiquement et ou physiquement.

À noter que les conférences seront filmées pour rediffusion potentielle.
Vous connaissez un conférencier potentiel? Nous vous invitons vivement à lui transmettre cette invitation.

Date limite des candidatures comme conférenciers: 30 juin 2024
Durée des conférences : 10, 20 ou 30 minutes.
Formulaire d’application : via le lien suivant
https://createursdunouveaumonde.org/index.php/appel-de-candidatures-aux-conferenciers

Votre candidature sera examinée par un comité de sélection, lequel prendra contact avec vous d’ici le 30 juillet 2024 afin de vous accompagner dans votre processus de participation au Symposium.

Une dizaine de conférenciers seront retenus pour le Symposium. De plus, d’autres conférenciers seront invités ou réinvités pour des activités ultérieures.

• Information générale concernant le Symposium
• Suggestions non exhaustives de thèmes à explorer
https://createursdunouveaumonde.org/index.php/nos-activites/symposium-des-createurs

Merci de votre participation au succès du premier Symposium des Créateurs du Nouveau Monde.


Les Éconologistes

Réflexions et propositions pour une évolution du système monétaire permettant le financement du Bien commun par création monétaire sans dette et sans impôts supplémentaires.


La Rose et le Calice

Grand Stage d’Eté pour Femmes
Un magnifique et iconique stage de 7 jours du 21 au 28 Juillet entre femmes, pour les femmes dans le cadre du superbe Domaine du Taillé en Ardèche du Sud.

Stage Danse, Eau et Lumière
Du 27 Août au 1er Septembre dans le superbe lieu de Zéro Gravity à La Ciotat, une expérience unique entre Danse Médecine, pratiques extraordinaires sur le fascia, Aquathérapie et Lumière solaire ( ouvert aux femmes et aux hommes).


Métamorphose

Nous avons fait notre sortie officielle aux Créateurs du Nouveau Monde le 5 mai dernier.

Nous avons été invités le 13 mai à participer à l’émission « Va vers toi » qui proposait la thématique, le courage d’être !

Simon a fait une présentation à des jeunes sur notre thématique qui est l’héroïsme, grâce au support de la saga de 5 volumes qu’il a écrit sur les bases de l’aventure héroïque, pour stimuler ces jeunes au développement vertueux, grâce aux valeurs héroïques.

Nous offrons en juin des ateliers axés sur le développement de valeurs héroïques : atelier d’initiation à la quête héroïque basée sur 12 étapes bien précises pour réaliser ses projets avec éthique ; atelier pour découvrir sa mission ou contribution que l’on souhaite mettre en action pour bâtir le Nouveau Monde; nous avons également les Cercles de feu, moment privilégié pour se donner des auto-défis et pour s’entraider.

Nous serons exposants au Salon des Créateurs du Nouveau Monde le 25 mai où Simon offrira une conférence sur les 12 étapes de l’aventure héroïque, étapes essentielles pour réaliser tout projet porteur de sens.


Million-Être (1000 x 1000)

La rencontre du 5 mai m’aura permis de connaître d’autres acteurs du Nouveau Monde et de réaliser tout ce qui se fait déjà en ce moment. Ma convalescence personnelle a grandement limité mon champs d’action. Nous avons tout de même atteint notre 1000 ème Million-Être sur Facebook. J’ai augmenté ma visibilité et diminuer mes risques avec les réseaux sociaux en débutant la diffusion de mes écrits sur Substack avec l’aide précieuse de Alain Bezançon. Je songe aussi à diffuser des petites capsules-vidéo dès l’automne.

Pour cet été je prévois rencontrer quelques membres de notre belle communauté Million-Être et d’autres acteurs de changement, dans la Nature, en profitant pleinement de nos superbes paysages québécois, afin d’échanger sur ce qui a envie d’émerger comme co-créateurs du Nouveau Monde. Je désire toujours former un petit groupe de réflexion et action sur le code de valeurs du Manifeste Discernaction et surtout dans Les Laurentides pour se rencontrer en Présentiel. J’ai déjà quelques personnes intéressées et je souhaite débuter le tout à l’automne.


Notre Monnaie Laurentienne

Mise en circulation d'une monnaie locale complémentaire citoyenne dans la région des Laurentides.


Réinfo Québec

Soutien aux médecins, scientifiques et professionnels qui prennent la parole et réinformation. Nous organiserons une tournée de conférences en août et nous aimerions faire des activités de terrain (distribution de tracts, flash mobs, etc.)


Réinfo les Collectifs

Agenda avec les événements des antennes :
https://collectifs.reinfoliberte.fr/agenda/


SEOS

SEOS est une plateforme d'entraide 100% gratuite qui te permet de te libérer de l'argent grâce à tes passions en rejoignant une communauté solidaire.
Notre actu : Une nouvelle monnaie alternative pensée pour réduire les inégalités vient d'être ajoutée sur la plateforme pour faciliter encore plus les échanges !

Si vous souhaitez contribuer au projet et à son développement, nous recherchons des personnes qui pourraient nous aider à le faire connaitre (marketing, journalistes, influenceurs, etc...) ou des personnes ayant des compétences de développeur web pouvant nous aider à améliorer la plateforme (site sous wordpress).

Merci !


Signez le Manifeste en tant que particulier ou collectif


Aller plus loin

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Naissance du Mouvement Localiste du Québec

25 mai 2024 à 12:51
Philippe Meloni

Philippe Meloni est un des co-fondateurs du Mouvement Localiste du Québec.

Quelle est l'origine du Mouvement Localiste du Québec ?

L'origine du mouvement provient de l'idée de trois personnes : Marylaine Bélair, Bernard Massie et moi-même. Nous faisions tous partie du Parti conservateur du Québec lors de la précédente élection provinciale, sous la direction d'Eric Duhaime. Rapidement montés en grade, nous nous sommes rendu compte que notre rôle se limitait à celui de collecteurs de votes, sans réelle possibilité d'initier des changements.

Face à cette impasse, nous avons décidé de démissionner publiquement et en commun. Nous avons expliqué les raisons de notre départ, en affirmant que nous quittions le Parti conservateur, mais pas la politique, car nous restions convaincus de l'importance de notre engagement. La politique façonne la vie de la Cité, bien que certains termes aient été galvaudés récemment.

Je tiens particulièrement au terme "liberté", un concept essentiel de la condition humaine qui a été régulièrement dénigré par les autorités, de concert avec les médias. C’est d’autant plus préoccupant et insultant, surtout lorsqu’on pense à tous ceux qui sont morts pour cette idée. Au Parti Conservateur, certains suggéraient d'éviter ce terme, car il serait devenu trop chargé. Je refuse cette posture de repli, car la liberté transcende, elle est plus grande que nous tous et doit être préservée. Il en va de même pour la politique.

Aujourd'hui, la politique est souvent associée à des connotations négatives, mais elle demeure essentielle au fonctionnement de la société. Nous nous sommes donc demandé comment redonner un sens à la politique. Notre conclusion était que le changement ne pouvait pas venir d'en haut. Ayant travaillé dans plusieurs sous-comités du parti, notamment ceux axés sur les villes et les municipalités, j'ai rapidement perçu que la démocratie s'érodait au niveau local : les maires, réduits à des figures de proue des MRC, sont devenus impuissants, leurs rôles se limitant à appliquer des décisions prises ailleurs que dans leurs communautés.

Nous avons alors envisagé de revitaliser l'engagement local. Si les citoyens comprennent et s'engagent dans ce qui se passe localement, nous croyons qu'ils pourront initier un changement. Ainsi est née l'idée de créer un mouvement localiste, convaincus que les solutions doivent émerger de la base, impulsées par ceux qui vivent les réalités du quotidien et non dictées du sommet.

Opposez-vous le localisme au mondialisme ? 

Absolument. Le mondialisme consiste essentiellement à imposer des décisions prises en haut, appliquées uniformément à tous, sans tenir compte des particularités locales. Par exemple, si une décision centralisée interdit l'utilisation de conteneurs comme logements dans les villages, cette règle s'applique partout, indépendamment des besoins ou désirs locaux. En revanche, chaque village a ses propres aspirations, pouvant différer radicalement de celles d'un autre.

Le mondialisme dicte de haut en bas, tandis que le localisme opère dans le sens inverse. Le localisme repose sur un principe que je trouve fondamental : la subsidiarité. Ce concept, ancien comme l'Église catholique, a émergé à une époque où communiquer avec le Vatican depuis un coin reculé du Canada prenait jusqu'à six mois. Avec de tels délais, il était impératif que les décisions soient prises au niveau le plus proche des concernés.

La subsidiarité implique que les décisions doivent être prises au niveau le plus bas, par ceux directement impactés. Si une affaire me concerne uniquement, c'est à moi de décider. Pourquoi la municipalité devrait-elle intervenir dans des décisions qui n'affectent que mon environnement personnel ? Cependant, si mes choix impactent le village, comme l'esthétique d'une construction dans un centre villageois touristique, alors c'est à l'échelle du village que la décision doit être prise.

Si le sujet concerne le drainage, cela peut affecter toute une région hydrographique, même si celle-ci englobe plusieurs villages. Ainsi, la subsidiarité dicte que les décisions soient prises au niveau approprié par les parties concernées. Ce principe a non seulement été adopté par l'Église, mais est également pleinement intégré dans la structure de la Suisse. Là-bas, beaucoup ignorent même le nom du ministre de l'Économie, car, pour eux, il s'agit simplement de l’exécutant des décisions prises par les citoyens.

Notre objectif est de promouvoir et de mettre en pratique la subsidiarité. C'est un concept méconnu, ce qui est avantageux pour piquer la curiosité, car il n'existe pas de préjugés contre lui. Mon expérience montre que lorsque j'explique ce principe, il est très largement compris et apprécié. Des jeunes aux anciens, de gauche à droite, tous reconnaissent son sens. Pourquoi quelqu'un dans un gratte-ciel à l'autre bout du monde devrait-il décider de ce qui est mieux pour nous ? Il ne connaît pas notre réalité.

Pourquoi ne pas avoir créé un nouveau parti politique ?

Personnellement, j'accorde beaucoup d'importance aux définitions, car elles fondent notre compréhension des concepts. Laissez-moi expliquer pourquoi c'est crucial : ces dernières années, nous avons souvent été amenés à accepter certaines définitions, pour ensuite découvrir qu'elles avaient été modifiées sans notre accord. 

Prenons l'exemple de l'avortement pour illustrer un de ces glissements insidieux. Si vous demandez à la personne moyenne ce qu'est l'avortement, elle vous parlera d'une interruption volontaire de grossesse. La perception de son acceptabilité ou non n'est cependant pas aussi claire quant à sa survenue, dans les premières semaines ou les premiers mois de la grossesse, et voilà que le débat devient beaucoup plus complexe. Au Québec, maintenant, la loi permet l'avortement jusqu'au jour précédant la naissance, ce que plusieurs considéreraient pourtant comme un acte plus grave. Malgré cela, si vous vous positionnez en faveur de l'avortement, vous êtes considéré comme étant du "bon côté" des idées en vigueur, si vous vous positionnez à l’encontre, vous êtes considéré rétrograde. 

Ces modifications des définitions légales qui organisent notre vivre-ensemble se produisent souvent lentement, par petites touches, à l’insu des gens. Elles influencent pourtant grandement notre manière de voir les choses, d’en nuancer la portée morale et notre capacité d’en discuter entre nous. C'est pour cela que nous avons pour projet de fixer clairement sur notre site web les définitions de certains des termes que nous utilisons dans nos discussions. Nous commencerons par y définir le terme "subsidiarité", qui est central à notre philosophie.

Parlant de définitions, comparons celles d'un parti politique et d'un mouvement politique. Le but principal d'un parti est d'obtenir des élus, tandis que celui d'un mouvement est de développer et de diffuser des idées. Créer un parti uniquement dans le but d'obtenir des élus est, à mon sens, inutile. Pourquoi élire pour élire ? Notre approche initiale est donc de nourrir et de soutenir un mouvement de fond, pour éclaircir des idées, élaborer des pistes d’action concrètes et cohérentes et rassembler les personnes autour de celles-ci, sans l'objectif immédiat d'obtenir des positions officielles dans l’appareil étatique.

Éventuellement, un parti localiste pourrait émerger de notre travail, mais il restera toujours soumis aux principes du mouvement. Ce mouvement n'appartient à personne; il appartient à la société, il est issu de préoccupations communes. Notre rôle est de maintenir sa structure et son sens. Si un jour un parti politique souhaite adopter le localisme et nos valeurs dans sa plateforme électorale, nous le soutiendrons, tant que les actions suivent les paroles.

Ce mouvement est fait pour durer et représente plus qu'une simple stratégie politique; il incarne une nouvelle façon de penser.

Quelle est la gouvernance du mouvement ? 

Nous avons initié notre mouvement avec l’objectif de former un groupe de douze personnes venant de différents horizons politiques, incluant des membres du Parti Conservateur et des anciens de Québec Solidaire. Notre objectif est de répondre aux besoins spécifiques de chaque communauté. Que ce soit une ville désirant adopter les principes de QS, du Parti Conservateur ou du Parti Libéral, nous sommes ouverts à toutes ces possibilités. Ces initiatives locales ne doivent pas s'appuyer sur les ressources d'autres régions et doivent respecter les principes de la subsidiarité. 

Ce groupe, que j'ai comparé aux chevaliers de la Table ronde, tend à fonctionner sur un principe d'unanimité. Si un membre venait à bloquer les avancées du groupe, il faudrait l'accord de tous les autres membres pour en changer. Ce système garantit que les valeurs et principes que nous avons établis sont observés. Le rôle principal de ces douze personnes sera de veiller à ce que nos valeurs fondamentales de subsidiarité et de localisme soient constamment respectées, adaptées en fonction des discussions et des besoins émergents.

Nous visons à ce que notre groupe maintienne une dynamique où chacun participe activement et joyeusement à l'évolution du mouvement, tout en veillant à la préservation des principes établis. Le groupe est ouvert à l'évolution, permettant à de nouvelles idées de prendre forme, tant qu'elles respectent les valeurs fondatrices. Ce conseil de douze membres est conçu pour se renouveler avec le temps, assurant ainsi la pérennité et la réactivité du mouvement face aux changements.

Comment cette gouvernance va-t-elle se traduire à l’échelle de la province ?

Nous nous engageons à appliquer ce que nous prônons, donc nous allons mettre en pratique le principe de subsidiarité. Cela signifie que chaque région peut développer ce qu'elle souhaite, à condition que cela soit en accord mutuel et en conformité avec les valeurs de notre système. Si quelqu'un estime que les actions ne reflètent pas ces valeurs, nous croyons que le référendum d'initiative citoyenne représente une solution efficace pour réaffirmer le pouvoir des citoyens. Dans notre mouvement, il sera possible d'organiser un référendum d'initiative localiste, permettant aux membres d'exprimer leur désaccord ou de signaler une direction qui leur semble inappropriée.

Le localisme nous enseigne à renouer avec le travail collaboratif et le dialogue. Les décisions doivent être prises au niveau le plus bas possible, respectant ainsi les grands principes de gouvernance que nous appliquerions même si nous étions une entité étatique. Par exemple, si une proposition semble encourager une centralisation excessive, nous la rejetterons, car nous favorisons la décentralisation plutôt que la concentration des pouvoirs.

Si une proposition implique que les citoyens ne sont pas capables de prendre leurs propres décisions, nous la rejetterons également. Nous n’adhérons pas à l'idée qu’un gouvernement central peut décider pour tous. 

En conclusion, un de nos principaux objectifs est de promouvoir une participation citoyenne active et sincère au sein de la communauté. Cela implique d'encourager chaque citoyen à prendre part activement aux décisions qui affectent sa vie quotidienne.

Quelles actions concrètes envisagez-vous ? 

Tout d'abord, je tiens à préciser que ce que je vais dire représente mon opinion personnelle et non celle du groupe entier. Bien que nous n'ayons pas encore mis en place de structure solide, chacun de nous a le droit d'avoir ses propres idées. Ainsi, les idées que je présente ici ne reflètent pas nécessairement celles du groupe. Plusieurs personnes m'ont déjà contacté pour discuter de divers projets, notamment pour des candidatures à la mairie, afin d'observer de plus près ce qui s'y passe.

Lorsqu'on assiste à l’assemblée d’un conseil municipal, les décisions y sont souvent prises et entérinées sans véritable interaction avec le public. On ne nous demande pas si nous sommes d'accord, mais plutôt si nous comprenons ce qui a été décidé. Cela m'amène à penser que nous pourrions initier un changement en encourageant une approche plus participative dans la gestion locale. Par exemple, si j’étais élu maire, je m'engagerais à organiser des sessions semestrielles ouvertes où les citoyens pourraient discuter et réfléchir avec nous sur le budget et sur les projets en cours. Cela permettrait à chacun d'exprimer ses préoccupations, par exemple sur les coûts qu'ils ne peuvent plus supporter, et de trouver un terrain d'entente malgré des intérêts divergents. Cette démarche favoriserait une compréhension plus profonde des raisons pour lesquelles les citoyens paient des taxes et des impôts, puisqu'ils auraient participé aux décisions concernant les projets financés. 

Au fil de ma campagne électorale provinciale, j'ai observé une baisse de la participation électorale, ce qui, en un sens, m’apparaît compréhensible. Rarement les élus respectent pleinement leurs promesses de campagne et, souvent, les électeurs se retrouvent à voter pour des candidats dont les belles paroles ne se concrétisent pas après les élections.

Nous devons reconnaître que si nous voulons une véritable démocratie, cela ne peut pas fonctionner à l'échelle provinciale ou nationale de la même manière qu'au niveau local, où les interactions sont plus directes et humaines. Dans un cadre local, nous pouvons réellement discuter et décider ensemble des services nécessaires et de la manière dont nos fonds sont alloués, comme dans une famille qui doit ajuster son budget lorsqu'elle traverse des périodes financières difficiles.

Je propose donc de réduire les budgets inutiles et de concentrer les ressources sur ce qui est essentiel. Plus les gens seront impliqués dans ces décisions, plus ils comprendront l'importance de leur vote et seront motivés à participer activement à la vie démocratique de leur communauté. C'est là mon pari pour renouveler l'intérêt pour le processus électoral et renforcer le tissu démocratique de notre société.

Quelles sont vos prochaines étapes ?  

Nous sommes actuellement en train de compléter notre groupe de douze membres. Ce processus est crucial pour nous, car il représente la base sur laquelle nous allons édifier la structure de notre mouvement. En parallèle, nous travaillons sur la rédaction des statuts de notre organisation à but non lucratif (OBNL). Ce travail, bien que complexe, est essentiel, car il nous fournira le cadre nécessaire pour nos activités.

Par ailleurs, nous multiplions les rencontres sur le terrain pour écouter les aspirations des gens et commencer à tisser des liens avec eux et entre eux. J'ai eu des échanges avec plusieurs individus de différentes régions, qui m'ont confié que les enjeux que nous abordons résonnent profondément avec leurs propres expériences. Ils luttent contre les mêmes problèmes que ceux que nous cherchons à juguler. Notre objectif est donc de créer des connexions entre ces personnes afin que chacun puisse bénéficier des expériences des autres. Pour l'heure, le noyau central sert d'interface plutôt organique, en présence, entre certains acteurs déjà à l'œuvre dans leurs régions. Nous envisageons de développer notre site web pour qu’y soient facilités les échanges à l’échelle de la province. Vu l'ampleur de la tâche, nous prévoyons structurer notre mouvement en formant des sous-comités. Ces structures aideront à répartir le travail et à maximiser les interactions, permettant ainsi aux bonnes comme aux mauvaises idées de circuler pour que nous puissions apprendre les uns des autres et éviter de répéter les mêmes erreurs.

Quels sont vos besoins ? 

Nous avons divers besoins à court terme, notamment dans les domaines du développement web et de la conception graphique. Actuellement, notre site est volontairement en noir et blanc, pour souligner que notre identité visuelle n'est pas encore définie. Nous n'avons pas encore de logo et nous voulons créer une image qui nous représente adéquatement, sachant que nous allons vivre avec cette identité visuelle pendant longtemps. Comme personne parmi le groupe initial n'est spécialisé dans ce domaine, nous souhaitons le faire correctement. Ainsi, nous invitons toute personne ayant des compétences en design graphique et en création de sites web à nous rejoindre et contribuer à ce projet.

Nous avons déjà reçu des propositions et des demandes de soutien de personnes souhaitant agir dans leurs localités. Bien que nous n'ayons pas de solutions toutes faites à tous les problèmes, nous nous engageons à écouter, à remonter les informations et à tisser des liens entre les personnes partageant des idées similaires à travers la province.

Notre rôle est de servir d'interface sur les plans civique et politique, facilitant ainsi la cohérence entre diverses initiatives. Notre démarche de mise en commun des forces et des talents est donc alignée avec celle de Discernaction bien que vous opériez à une échelle plus large. C’est un grand honneur de travailler de concert avec vous et je voudrais vous remercier de cette plate-forme qui nous permet de continuer à nous définir et à nous organiser.

Propos recueillis le 7 mai 2024.


Site internet du Mouvement Localiste du Québec


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L’urgence de la contemplation

23 mai 2024 à 00:36
Abbaye Notre-Dame de Sénanque (France)

Depuis la naissance des civilisations, a-t-on jamais atteint un tel niveau de corruption des esprits et des cœurs ? Tous les jours, pour qui souhaite voir et entendre, de nouveaux scandales plus révoltants les uns que les autres sont mis au jour. La dépravation des “élites” n’a d’égale que l’inconscience coupable des peuples. Connectés en permanence à l’illusoire et ayant perdu toute forme de reliance signifiante à eux-mêmes, aux autres, à la nature et à plus grand qu’eux, les peuples, somnambules volontaires, semblent accepter un destin de bétail humain programmé par ceux qui ont perdu toute humanité. 

Les crises multiples, réelles ou fabriquées, sont les instruments de la mise en œuvre systématique et globale d’une société de contrôle destinée à régir des populations de la conception à la mort. L’état d’urgence permet d’abolir les reliquats démocratiques par l’établissement de mesures d’exception sans date de péremption. 

Les somnambules sont aussi amnésiques et le spectre de la guerre, civile ou mondiale, n’éveille dans les esprits abreuvés de propagande, que les images aseptisées de théâtres d’opérations lointains. 

Cette réalité dystopique est en train de dépasser la fiction Orwellienne pour rejoindre les rives funestes des récits apocalyptiques.      

Il est minuit moins une à l’horloge de la grande faucheuse planétaire, mais l’orchestre continue à jouer alors pourquoi s’inquiéter ? 

Tout n’est pas perdu. 

Chaque seconde de vie sur cette Terre est précieuse et nous offre la possibilité d’être pleinement vivant, conscient et libre.

Chaque moment est une opportunité d’en découvrir le caractère merveilleux et sacré.

Chaque souffle est un miracle qui nous relit au cosmos tout entier.

Chaque battement de cœur est une opportunité d’engager notre être entier dans un processus de transformation radicale par un acte héroïque à la mesure des circonstances.

Le temps n’est plus aux changements superficiels. Le moment est venu de plonger dans les profondeurs de notre être à la rencontre de l’Être. 

S’il y a une urgence aujourd’hui, c’est celle de la contemplation. Non pas l’extase oisive des esprits romantiques, mais celle que décrit si bien Thomas Merton1 pour l’avoir vécue profondément : 

"La contemplation est la plus haute expression de la vie intellectuelle et spirituelle de l'homme. C'est cette vie pleinement éveillée, pleinement active et pleinement consciente qui est éveillée au fond de notre être par une connaissance et un amour illuminés."

Entreprendre cette aventure, c’est aller à l’encontre de nos tendances naturelles et des injonctions de la société. C’est donc faire preuve de courage pour rechercher le silence et la solitude, l’humilité et le détachement. 

"Pour devenir ce que nous devons être, nous devons nous détacher de ce que nous ne sommes pas." - Thomas Merton. 

La vie contemplative n’est pas forcément celle de moines isolés, mais c’est une vie spirituelle engagée auprès des autres. 

"La véritable contemplation est un acte de solidarité avec les autres, car elle ouvre notre cœur et nous pousse à aimer notre prochain avec une sincérité et une intensité accrues." - Thomas Merton

La contemplation est la voie exigeante, mais nécessaire à la transformation profonde de notre être de laquelle naîtra le véritable changement de paradigme. 

Seule la force ascensionnelle d’une spiritualité intégrée et vécue propulsera l’Humanité hors de la trajectoire suicidaire dans laquelle elle est actuellement engagée.   

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Thomas Merton (1915-1968) était un moine trappiste, écrivain et poète américain. Citations tirées, entre autres, de "Nouveaux Sièges de la Contemplation" ("New Seeds of Contemplation").

Discernaction : 3 ans de transformations

13 mai 2024 à 23:28

Par une très chaude journée de mai 2021, une maman du Québec récupère ses enfants à l’école. Sa plus jeune a des plaques rouges sur son visage en sueur. Toute la journée, elle a dû porter un masque censé la protéger et protéger les autres de la Covid-19. La fillette en pleurs se plaint de ne pas avoir eu le droit de respirer sans masque sous peine de punition. C’est le point de bascule pour la maman. Le soir même elle confectionne une affiche “Laissez nos enfants respirer !” qu’elle sera seule, le lendemain, à brandir à la sortie de l’école.

Devant l’inflexibilité de l’établissement face au port du masque et au zèle du corps enseignant à faire appliquer les mesures sanitaires, les trois enfants de cette famille seront retirés de l’école par leurs parents et poursuivront leur scolarité à la maison.

Ainsi est née Discernaction, par un acte de résistance et de courage d’une mère face à l’absurdité d’un système et au conformisme d’une population.

Cette impulsion initiale d’une seule personne a trouvé une grande résonance à travers les médias sociaux. Les pancartes se sont multipliées, des lettres ont été envoyées, des manifestations organisées, des sites internet créés, des groupes de soutien ouverts, des rencontres de familles planifiées. Les actions se sont enchaînées et des vies ont changé… pour toujours.

Cette histoire, celle de notre famille, est semblable à celle de milliers d’autres parents et citoyens qui ont refusé l’imposition de mesures bafouant les libertés et droits fondamentaux au mépris de l’éthique et du bon sens le plus élémentaire.

Depuis mai 2021, nous avons mené de nombreuses actions et créé quantité de contenus et de ressources dont vous trouverez une liste non exhaustive à la fin de cet article. Au-delà des chiffres, qui sont à la fois significatifs et dérisoires face à l’ampleur du drame vécu par les populations, le bilan le plus important de ces trois années d’engagement intense est de nature plus qualitative que quantitative.

En tant que famille, que couple et que personnes, nous avons profondément évolué. Nous avons transmis à nos enfants, par notre exemple vivant, des valeurs qui forgeront leur personnalité. Nous avons renforcé notre résilience, aiguisé notre discernement, développé nos réseaux relationnels et acquis une nouvelle vision du monde.

Nous avons affronté nos peurs et nos doutes. Nous avons fait le deuil d’une société et nous sommes attelés à participer à la création d’une nouvelle.

Nous avons brûlé nos vieilles certitudes au feu de la lucidité et cheminé vers notre vérité. Nous avons perdu des proches et sommes morts à nous-mêmes.

Nous avons quitté la colère pour entrer dans une démarche positive de construction.

Nous avons tourné notre regard au-delà de l’horizon funeste de ce monde en perdition pour servir plus grand que nous. Et surtout nous avons placé notre amour et notre espérance dans cet Amour qui transcende celui des Hommes.

Notre histoire ressemble sûrement à la vôtre dans sa trame profonde. Entre impulsions et résonances, la somme de nos petites histoires individuelles est en train d’écrire un grand récit collectif, celui de la communauté grandissante des hommes et des femmes debout et pleinement vivants, celui des bâtisseurs de la civilisation de l’être.


QUELQUES CHIFFRES

LES SITES CRÉÉS

CARTOGRAPHIE DES RESSOURCES

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"Je manifeste le Manifeste" du 5 mai 2024

6 mai 2024 à 16:22

La première rencontre internationale des signataires du “Manifeste pour une société civile au service de la Vie” organisée par Discernaction a rassemblé une centaine de personnes en ligne et environ 140 personnes en présence au Grand Rassemblement des Créateurs du Nouveau Monde à Sainte-Adèle au Québec.  

A travers son Manifeste, Discernaction offre une plateforme de reliance internationale des acteurs du changement.

30 signataires de 5 pays ont présenté leurs projets en démontrant la richesse et la diversité des initiatives de la société civile au service de la Vie.

Le Manifeste Discernaction est l’expression d’un mouvement de Vie qui s’inscrit dans l'évolution de l’Humanité vers une civilisation de l’être dont une nouvelle société civile est train de bâtir les fondations.

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30 collectifs soutiennent le Manifeste Discernaction

23 avril 2024 à 12:25

Le “Manifeste pour une société civile au service de la Vie” propose un énoncé synthétique des valeurs fondamentales qui nous unissent et à partir desquelles nous pouvons co-créer de nouveaux possibles.

Lancé le 25 décembre 2023, il est le fruit de plus de 60 entrevues menées par Discernaction au cours des deux dernières années avec des acteurs du changement francophones oeuvrant dans toutes les sphères de la société.

Le 22 avril 2024, nous avons franchi le cap des 30 entités signataires (collectifs, associations, entreprises, médias, initiatives citoyennes, etc.). Ces différentes organisations représentent des dizaines de milliers de personnes à travers la francophonie.

Le Manifeste Discernaction est l’expression d’un mouvement de Vie qui s’inscrit dans l'évolution de l’Humanité vers une civilisation de l’être dont une nouvelle société civile est train de bâtir les fondations.

A travers son Manifeste, Discernaction offre une plateforme de reliance internationale des acteurs du changement.

Le 5 mai 2024, "Je manifeste le Manifeste” permettra aux signataires venant de cinq pays francophones de tisser des liens et de partager leurs initiatives. 30 présentations permettront d’illustrer le dynamisme et la diversité des initiatives de cette nouvelle société civile.  

Plus de 100 personnes sont déjà inscrites à l’événement en ligne.

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Aller plus loin

Les livres du Nouveau Monde

19 avril 2024 à 11:55

En dépit d’une actualité dominée par la succession des crises, des drames et des scandales qui caractérisent le déclin de notre civilisation, des hommes et des femmes, à travers le monde et dans tous les secteurs d’activité sont à l’œuvre pour bâtir les fondations d’une société plus juste, plus consciente et plus humaine : une civilisation de l’être.

Au cours des 24 derniers mois, j’ai produit deux podcasts (Prémices du Nouveau Monde pour Discernaction et Ici, Maintenant, Autrement pour Libre Média) et réalisé plus de 80 entrevues avec ces porteurs de projets inscrivant leurs actions dans la création d’une nouvelle réalité.

Éducation, santé, média, politique, économie, technologie, ils sont engagés au quotidien dans la société civile pour manifester un changement de paradigme nécessaire et salutaire dont l’avènement dépend de la participation du plus grand nombre. 

  • Quelle est la nature du changement de paradigme ? 

  • Par quels moyens le mettre en œuvre ? 

  • Comment pouvons-nous y contribuer individuellement et collectivement? 

Les livres écrits par les participants aux podcasts permettent de prendre la mesure des enjeux, de définir de nouvelles dynamiques ainsi que les actions à entreprendre.  

Ces ouvrages sont autant d’occasions de prise de conscience ou d’approfondissements permettant de se libérer de croyances et de conditionnements limitants et d’entamer ou de poursuivre un processus de transformation personnelle absolument indispensable à toute évolution collective.   

Les livres du Nouveau Monde à découvrir ici.

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Jour après jour, Discernaction participe à la création d’une civilisation de l’être avec :  

  • Un MEDIA consacré à la transition civilisationnelle et aux nouvelles façons d’être au monde  

  • Une VISION opérationnelle du changement de paradigme qui s’écrit au présent avec des acteurs engagés

  • Un MANIFESTE inscrit dans la réalité offrant 10 points de ralliement destinés à servir de fondation à nos projets communs au service de la Vie

  • Un GUIDE PRATIQUE de l’action citoyenne rassemblant des ressources à travers la francophonie

  • Un ARCHIPEL de liens avec des collectifs francophones enracinés localement et participant à la conversation globale 

  • Des RENCONTRES en ligne et en présence (à Montréal) pour contribuer à l'émergence d'une société civile engagée au service de la Vie  

  • Une COMMUNAUTÉ en ligne pour favoriser le développement d’un écosystème dynamique et la création de communs de connaissance

Vivez-vous dans une réalité parallèle ?

10 avril 2024 à 02:05

Si la majorité de ces affirmations résonnent en vous …

  1. J’ai le sentiment de vivre dans le monde sans être du monde.

  2. Je me sens souvent plus proche d’inconnus que de mes proches.

  3. Je me sens isolé physiquement, mais relié en conscience.

  4. Ma lucidité est douloureuse, mais salutaire.

  5. Je ressens une menace existentielle diffuse, mais teintée d’espérance.

  6. Je suis en décalage avec les priorités de mes collègues et amis.

  7. Je ressens l’urgence de vivre pleinement, densément, intensément.

  8. Je me sens porté par une force qui me dépasse.

  9. J’ai vécu mes deuils pour mieux renaître jour après jour.

  10. Je deviens ce que je suis profondément, ici et maintenant.

  11. J’ai soif de sens et faim de transcendance.

  12. J’ai le sentiment de vivre le Réel dans un monde d’illusions.

… vous vivez dans une réalité parallèle et bien réelle.

Une réalité partagée par un nombre grandissant de femmes et d’hommes ayant choisit d’être souverains et pleinement vivants.

Des frères et soeurs en humanité refusant l’aliénation et cheminant ensemble vers une civilisation de l’être.

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Faire oeuvre de Vie

4 avril 2024 à 18:26

A l’instar de l’éclipse prochaine, le spectre de la guerre totale contre les peuples obscurcit chaque jour davantage l’horizon de nos existences. 

L’escalade des conflits armés de haute intensité et son cortège funeste de mesures liberticides, l’arsenal législatif étouffant toujours davantage la parole publique, le risque d’effondrement systémique des marchés financiers ouvrant la voie aux monnaies numériques programmables et l’instrumentalisation systématique des crises réelles ou fabriquées sont autant de dérives autoritaires d’une civilisation en voie d’effondrement dont les tenants du pouvoir n’ont plus d’autres recours que la diversion, la peur et la coercition. 

Que nous le voulions ou non, nous sommes tous les protagonistes d’une période historique dont les enjeux sont la nature même de notre humanité. 

Allons-nous troquer notre liberté, notre souveraineté, notre intégrité physique et psychique en échange de la “sécurité” offerte par une société de surveillance intégrale ?

Ou allons-nous faire oeuvre de Vie en bâtissant jour après jour les fondations d’une civilisation de l’être avec courage et dignité ?

Nous pouvons relever ce défi en devenant ce que nous sommes profondément. En développant nos pleins potentiels d’humains vraiment vivants. En refusant l’aliénation d’une non-vie aux accents transhumanistes. 

La voie de l’exploration de nouveaux possibles et de la co-construction d’une autre réalité doit devenir notre engagement quotidien au service de plus grand que nous et pour le bénéfice des générations à venir. 

Il n’y a pas de retour en arrière possible, nous devons faire le deuil d’une société agonisante et nous mettre en action avec les nombreuses forces de vie déjà à l’oeuvre partout sur la planète. 

Nous y contribuons modestement avec Discernaction et nous vous invitons à rejoindre la mosaïque internationale d’acteurs engagés qui tissent jour après jour la trame d’une Histoire riche de sens et d’espérance. 

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Jour après jour, Discernaction participe à la création de cette civilisation de l’être avec :  

  • Un MEDIA consacré à la transition civilisationnelle et aux nouvelles façons d’être au monde  

  • Une VISION opérationnelle du changement de paradigme qui s’écrit au présent avec des acteurs engagés

  • Un MANIFESTE inscrit dans la réalité offrant 10 points de ralliement destinés à servir de fondation à nos projets communs au service de la Vie

  • Un GUIDE PRATIQUE de l’action citoyenne rassemblant des ressources à travers la francophonie

  • Un ARCHIPEL de liens avec des collectifs francophones enracinés localement et participant à la conversation globale 

  • Des RENCONTRES à Montréal pour contribuer à l'émergence d'une société civile engagée au service de la Vie  

  • Une COMMUNAUTÉ en ligne pour favoriser le développement d’un écosystème dynamique et la création de communs de connaissance

VIBRERLOCAL - La plateforme de coorganisation locale pour faciliter le changement sociétal

28 mars 2024 à 11:27
Laurent Roussel

Laurent Roussel est le fondateur de Vibrerlocal, une plateforme web de coorganisation locale, facilitant les rencontres, le passage à l'action et la co-création de projets en réponse aux besoins de la communauté.

Quelle est la vision sociétale dans laquelle s’inscrit Vibrerlocal ?

La vision sociétale qui m'anime repose sur une aspiration fondamentale : le bien-être des individus. Je suis convaincu que le bonheur devrait être le but premier de nos sociétés, bien avant les objectifs matériels.

Cependant, j'ai longtemps été intrigué par la manière dont nos sociétés, en négligeant cet objectif, se tournent vers des substituts, comme l'argent, pour atteindre le bonheur. Mon expérience chez un des Big Four dans le domaine de la finance m'a offert une compréhension approfondie de ces mécanismes. J'ai rapidement réalisé que, bien que l'argent soit un outil d'échange utile, il ne doit pas devenir synonyme de bonheur.

La vie m'a conduit à travers différentes expériences enrichissantes, qui m'ont non seulement apporté des connaissances, mais aussi révélé qu'il existe des alternatives viables : des modèles sociétaux centrés sur l'individu. Tout commence par un voyage intérieur, à la découverte de notre essence, de ce qui nous anime véritablement.

La clé est de savoir comment exprimer cette essence personnelle. Pour cela, nous avons besoin d'une société, d'une structure qui la valorise et la protège, tel un parent bienveillant. C'est ainsi que nous pouvons manifester notre vrai soi et marcher vers le bonheur intérieur.

Comment favoriser ce bonheur intérieur dans la société actuelle ?

Ma réflexion part d'un constat qui pourrait sembler généraliste, mais qui s'ancre profondément dans le quotidien des gens. À travers les différentes sphères de leur vie, qu'elles soient personnelles ou professionnelles, on observe un mal-être manifeste. Il manque à beaucoup cette sensation d'être en sécurité, de se sentir libres et en paix. Nous sommes souvent réactifs, répondant à des obligations plus qu'à des aspirations. Cela découle, entre autres, d'une gestion du temps et économique défaillante, exacerbée par l'omniprésence des nouvelles technologies qui tendent à nous éloigner de notre essence.

Notre corps, véritable vecteur de l'expérience humaine, est progressivement délaissé au profit d'une surstimulation intellectuelle. Nous sommes submergés d'informations, devenant des consommateurs passifs plutôt que des êtres pleinement conscients et connectés à nos sens. Cette déconnexion nous éloigne de notre intuition et de nos émotions, qui sont pourtant des indicateurs cruciaux de notre bien-être.

La société actuelle nous incite à nous réfugier dans le mental, mais il est temps de changer cette dynamique. Pour moi, la solution réside dans la recréation de liens physiques, dans la valorisation des rencontres authentiques à travers des espaces réels. Les nouvelles technologies sont utiles, mais elles ne doivent pas remplacer les interactions humaines qui existaient bien avant leur avènement.

Je me rappelle d'un temps sans internet ni téléphone, où les journées s'écoulaient en plein air, à échanger avec des amis, refaire le monde dans des cafés, vivre une dynamique sociale riche et stimulante. Il est possible, et nécessaire, de recréer ces espaces que j'aime qualifier de "tiers-lieux". Ces lieux pourraient devenir des carrefours où les individus de tous horizons se rencontrent, partagent, apprennent à se connaître, et œuvrent ensemble à un changement positif.

Comment bénéficier du temps nécessaire pour profiter pleinement de ces tiers-lieux ?

Nous disposons de sept jours par semaine, mais pour ceux qui travaillent cinq jours ou plus, la distinction entre vie professionnelle et vie personnelle se brouille. Même après avoir quitté le bureau, le travail continu de hanter nos esprits, réduisant notre disponibilité pour nos proches. On survit, on vivote durant les soirées, et voilà que le week-end s'envole, consacré aux obligations domestiques.

Dans cette routine, il est ardu de s'octroyer un moment pour réfléchir à notre situation personnelle : nos aspirations, notre satisfaction professionnelle, et les changements que nous souhaitons apporter à notre vie. Le lundi arrive à grands pas, et le cycle recommence, nous laissant épuisés chaque soir. Cette cadence est problématique.

Par ailleurs, la multitude d'heures consacrées au travail alimente une société de consommation axée sur la création de besoins superflus, dans le but de générer du profit et de soutenir une économie complexe, stratifiée de nombreux niveaux superposés. Cette complexité est maintenue, car elle génère des revenus qui, ironiquement, servent à payer nos salaires.

Cette structure peut perdurer un temps, mais elle est vouée à évoluer, notamment avec l'avènement des nouvelles technologies telles que l'intelligence artificielle. Nous sommes à l'aube d'une révolution technologique qui pourrait nous conduire à repenser notre rapport au travail.

L'idée serait de réduire notre temps de travail, peut-être à deux jours et demi par semaine, comme je le suggère dans mon projet. Avec ce temps gagné, nous pourrions nous ressourcer, passer des moments de qualité avec nos proches, nous investir dans notre communauté, nous former selon nos intérêts pour apporter plus à notre entreprise ou notre profession, ou même envisager une réorientation professionnelle.

C'est cette notion de temps que je souhaite remettre en question et redéfinir.

Réduire le temps de travail implique généralement une diminution du revenu. Comment cela est-il pris en compte ?

Les enjeux sociétaux majeurs nécessitent une transformation, notamment dans la conception du temps de travail et dans notre approche économique. Une parenthèse s’impose sur l'économie actuelle : l'argent, souvent créé ex nihilo par l'endettement, engendre un système où l'intérêt enrichit certains au détriment des autres, aboutissant à une concentration des richesses. C’est une réalité mathématique : 1% des personnes les plus riches possèdent une part disproportionnée du patrimoine mondial. Le statu quo n'est pas tenable, et bien que changer un système économique ancré soit complexe, des alternatives doivent être envisagées.

L’argent devrait être un moyen d'échange, et non un outil pour générer davantage d'argent. Cette perspective altère notre conception du travail, qu’il soit privé ou public. La question est de financer la vie en dehors des jours de travail. Dans le projet que je conçois, citoyens, associations et municipalités se regroupent dans des espaces physiques, les "tiers-lieux", pour collaborer et innover. Ces lieux se multiplient globalement et offrent un cadre propice à l’épanouissement communautaire.

Nous avons développé une plateforme, Vibrerlocal, qui cartographie les besoins et intérêts des participants. Sur cette plateforme, on peut voir qui partage des intérêts communs, qui participe à quel projet. Elle permet ainsi de créer une synergie locale.

En actualisant leurs contributions sur la plateforme, les utilisateurs peuvent recevoir des "VIBZs", des points qui fonctionnent comme une monnaie d’échange pour troquer biens et services au sein d'un réseau avec ses propres règles. C'est une étape vers un nouveau modèle économique, invitant à repenser le système monétaire sur une échelle plus vaste.

L'approche que je défends repose sur la subsidiarité : commencer par le local, puis évoluer organiquement vers le régional, le national et l’international. Cela permettrait une coordination adaptée aux besoins de chaque niveau, favorisant une économie plus équilibrée et juste.

Avec les plateformes centrées sur les dynamiques locales, on est à même de gérer les besoins et les ressources des citoyens de manière plus efficace. Le modèle pyramidal traditionnel, solidement ancré depuis des millénaires, est certes efficace pour maintenir le contrôle, mais il ne répond pas nécessairement aux besoins de chacun.

L'objectif est de décentraliser ce modèle, de le repenser à une échelle fractale, c'est-à-dire locale. À travers un "tiers-lieu", nous pouvons cerner les atouts et les besoins spécifiques d'une communauté, puis développer des projets qui y répondent directement. Ces initiatives peuvent débuter à l'échelle d'un quartier ou d'un village.

Lorsqu'un projet dépasse le cadre local et intéresse des communautés voisines, on fait alors appel à une coordination régionale. Si le projet prend une ampleur encore plus grande, touchant plusieurs régions, la collaboration s'étend à l'échelle nationale. Cette méthode permet une gestion organique, ascendante des besoins : du local vers le global, où chaque niveau de la structure apporte ses ressources pour la réalisation des projets.

L'idée est de créer une résonance entre les différents niveaux de gestion, en partant de la base, du local, pour aboutir à une vision plus globale, tout en assurant une adéquation parfaite avec les besoins réels des individus et des communautés. C'est cette conception fractale, qui va du micro au macro, qui peut potentiellement transformer notre société en une entité plus connectée, réactive et à même de répondre aux défis contemporains.

Comment associer les tenants du « pouvoir » actuels dans cette démarche ?

La question du pouvoir au sein de la société est cruciale et mérite une distinction claire entre les différents échelons administratifs. Prendre l'exemple du maire illustre bien cette différence. Être maire relève d'un engagement profond, souvent plus passionné que lucratif, et le désir de servir sa communauté y est prépondérant. En tant que maire, l'objectif serait de répondre au mieux aux besoins des citoyens, en se basant sur une compréhension claire des forces vives du territoire.

Contrairement à une approche traditionnelle qui partirait d'un problème pour chercher une solution, il convient de s'inspirer de la nature, qui utilise ses ressources disponibles pour créer et maintenir la vie, résolvant ainsi les problèmes en cours de route. Imaginons avoir une cartographie précise des intérêts des habitants d'un village : on pourrait identifier où se trouve déjà une énergie, comme un intérêt marqué pour la permaculture ou pour les jardins partagés, et développer des projets en synergie avec ces passions.

Ces plateformes dont nous parlons permettraient de mettre en lumière les besoins de la communauté. En tant que maire, j'aurais ainsi à ma disposition un outil puissant pour coordonner des initiatives, en mettant à profit mes ressources, mes contacts, y compris avec des villages voisins, pour faciliter la réalisation de ces projets. Cette logique pourrait s'étendre aux échelons régionaux et jusqu'aux ministres.

Nous deviendrions des coordinateurs, où le rôle de la politique n'est plus de gérer le pouvoir ou de distribuer maladroitement d'importants budgets, mais de répondre à des besoins concrets en s'appuyant sur des ressources locales déjà présentes.

Ainsi, on inverse complètement la pyramide. On abandonne l'approche descendante pour adopter une démarche ascendante, enracinée et organique, qui s'inspire du biomimétisme. On se cale sur la logique du vivant, de ses méthodes et de sa façon de fonctionner. Cela représente une révolution de notre manière de gouverner et d'administrer nos sociétés, en mettant le citoyen et ses besoins au cœur du processus.

Comme se traduit le projet d’un point de vue technique ?

Ce projet, qui a débuté il y a une dizaine d'années, a canalisé mon énergie et mon expertise acquises en gestion de projet web chez une des Big Four. Durant cette période, nous avons élaboré une plateforme robuste, bien qu'elle nécessite encore des améliorations en termes d'ergonomie et d'accès à l'information. La structure sous-jacente, bien que souvent invisible aux utilisateurs, est solide et de grande valeur.

L'enjeu maintenant est d'intéresser les gens à cette alternative sociétale. Nous excellons dans l'art de la critique, démantelant avec précision ce qui ne fonctionne pas, mais sans souvent proposer de solutions concrètes. Les citoyens et le monde politique manquent d'alternatives crédibles, bien conscients des problèmes actuels, mais sans connaître de voies de remplacement.

L'objectif est de sensibiliser progressivement le public à la possibilité d'autres options. Nous commençons à préparer du contenu accessible pour le grand public. La plateforme, cœur de ce projet, doit trouver une identité et évoluer en open source avec l'aide d'une communauté de développeurs, pour être finement ajustée aux besoins réels.

Côté économique, le concept de "VIBZs", un système de points d'échange, doit être peaufiné avec des règles précises et des modèles économiques validés par des spécialistes. L'idée est de créer une monnaie complémentaire fondante, gérée de façon informatique et adaptée aux cycles économiques des communautés.

La prochaine étape consiste à sélectionner et à contacter des "tiers-lieux" intéressés par notre démarche, en leur proposant de les aider à intégrer notre plateforme dans leur fonctionnement quotidien. Nous envisageons également d'identifier et de répondre aux besoins spécifiques de ces lieux, de tisser des liens avec les municipalités locales pour les convaincre de l'intérêt de notre projet et de collaborer activement avec eux.

En résumé, il s'agit de mettre en œuvre le projet, en s'appuyant sur des bases déjà solides, tout en continuant à établir des partenariats stratégiques et à développer le modèle pour qu'il soit pleinement opérationnel et bénéfique pour les communautés impliquées.

Quelle est votre prochaine étape ?

L’objectif ultime serait de trouver une entreprise informatique qui s'engage pleinement dans le projet, non pas avec une visée commerciale immédiate de vente à outrance, mais qui embrasse pleinement la vision sociétale que j’ai décrite précédemment. Cette entreprise devra être prête à s'investir dans un modèle alternatif, s'éloignant des pratiques conventionnelles axées uniquement sur le profit.

Il est crucial de les contacter au moment opportun, une fois que tout est bien en place. L’argument à leur présenter repose sur la capacité de la plateforme Vibrerlocal à générer de nouveaux projets, susceptibles de se transformer en PME florissantes qui auraient ensuite besoin des services de cette entreprise informatique. Ainsi, il y a un avantage mutuel à cibler non seulement les PME existantes, mais aussi les initiatives émergentes.

Les municipalités gèrent déjà leurs propres projets et sites web, mais aucune plateforme n'englobe actuellement tous les besoins et centres d'intérêt comme Vibrerlocal le propose. L'ambition est donc de les intégrer dans un écosystème plus vaste qui transcende les solutions existantes.

Si cette entreprise idéale n'est pas trouvée ou n'est pas prête à s'engager, alors la possibilité demeure de créer notre propre version, avec une communauté qui partage cette vision. Ce groupe serait composé d'individus ayant les ressources financières, le savoir-faire technique, l’expérience du développement open source et les compétences en communication nécessaires pour mener le projet à bien.

L’enjeu est de préparer minutieusement le terrain pour que, lorsque nous serons prêts à franchir le pas, nous puissions soit trouver le partenaire parfait, soit nous établir en tant que nouvelle entité autonome, mais alignée avec les principes de Vibrerlocal.

Dans quelle région souhaitez-vous déployer Vibrerlocal ?

Le projet a pris racine au Québec, où j'ai passé dix ans à développer l'idée et à bâtir les fondements de ce que cela deviendrait. Ce n'est pas un hasard si le démarrage a eu lieu là-bas, un lieu connu pour son esprit d'innovation et de solidarité. Suite à cela, j'ai fait mon retour au Luxembourg, attiré par les opportunités de soutien financier et humain. Ici, j'ai pu réaliser une étude d'envergure, cartographiant les besoins à travers un vaste projet touchant 30 000 personnes, des dizaines d'associations et plusieurs communes.

Cette étude a permis de sonder le terrain politique et de comprendre à quel point mon projet répond à un besoin concret, jusqu'alors non satisfait. Ces recherches ont été effectuées l'année dernière, et elles servent désormais de tremplin pour l'avenir du projet.

Maintenant, je suis prêt à aller là où la résonance est la plus forte avec les principes de Vibrerlocal. Que ce soit en Suisse, en France, en Belgique, ou même de retour au Canada, je suis à la recherche de partenaires engagés, prêts à s'investir et à faire vibrer ce projet avec enthousiasme. Je suis guidé par cette synergie, cette vibration locale, et c'est là, où je sens que l'énergie est la plus ancrée et vivante, que je poserai les prochaines pierres de cette aventure.

Un dernier point à évoquer en conclusion ?

Il est essentiel de considérer un élément souvent négligé : la désillusion générale envers les sphères économique et politique. La population, fatiguée et sceptique, ne se contente plus des promesses de changement qui semblent superficielles, se méfiant de ce qui peut apparaître comme de simples retouches esthétiques sur des réalités qu’elle rejette. La politique et l'économie, telles qu’elles sont actuellement perçues, n'inspirent plus confiance ni espoir.

L’approche traditionnelle ne suffit pas ; il ne s’agit pas seulement d’améliorer l’emballage d’un produit indésirable. C’est là que Vibrerlocal entre en jeu, en proposant une expérience différente. Les tiers-lieux incarnent cette nouvelle façon de faire de la politique, en engageant les citoyens dans des discussions concrètes sur des projets communs et en partageant le pouvoir de façon plus équitable. C’est dans ces lieux que la politique se redéfinit par la collaboration et l'action collective.

Concernant le modèle économique, il est clair que le système actuel ne répond pas aux besoins de tous, et les modèles subventionnels peuvent être compliqués et restrictifs. L'introduction d'un nouveau modèle économique, représenté ici par un système de points, pourrait s’avérer révolutionnaire. Ce n’est pas tant la nature tangible de ces points qui importe, mais le changement de perspective qu’ils entraînent.

Lorsque les individus commencent à comprendre qu'ils peuvent être acteurs du changement et contribuer à une dynamique qui leur est bénéfique, l’engagement suit naturellement. Et lorsque même un petit pourcentage de la population adopte ce nouveau modèle, l'impact sur le système politique et économique peut être significatif. Le changement, pour être durable et profond, doit être impulsé par la base, par les citoyens eux-mêmes, et répondre véritablement à leurs besoins et à leurs attentes tant au niveau politique qu’économique. C'est de cette manière que nous pouvons espérer voir émerger une transformation réelle et positive dans la société.

Propos recueillis le 27.03.2024


Site internet de Vibrerlocal


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L'art au service des processus de guérison et de réunification nécessaires à la transformation

25 mars 2024 à 10:06
Sarah Marcuse

Auteure, metteure en scène et comédienne, Sarah Marcuse et La Cie La Fourmilière sont à l’origine d’une vingtaine de spectacles ou évènements dont le Samadhi Project (Genève - 2020) et le Holyshit Project (du 18 avril au 19 mai 2024 à Genève).

Comment avez-vous eu l’idée du Samadhi Project mené en 2020 ?  

Cet événement a pris naissance alors que j'écrivais une pièce intitulée "L'invisible chemin", fruit de quatre années de recherches et d'immersion dans le monde de l'invisible, au contact de personnes ayant des perceptions extrasensorielles avérées. Cette œuvre théâtrale, ambitieuse et composée de 13 comédiens et musiciens, était pour moi un défi : je souhaitais laisser venir sur la page blanche les personnages nécessaires à cette histoire, curieuse de voir ce qu’ils auraient à me raconter.

Au fil de l'écriture, je réalisai que le sujet, suscitant de la méfiance pour beaucoup, soulevait des questions essentielles. Ce qui m'avait personnellement aidé à appréhender ces questions étaient les rencontres nombreuses et rationnelles avec des conférenciers, des auteurs, et des chercheurs passionnés. Mon idée alors était de permettre à la pièce d'approcher le sujet de l'invisible et ses personnages émouvants — ceux qui voient, entendent des voix, guérissent ou ressentent les choses au-delà des sens communs — et d'inviter le public à entrer dans l'histoire par le cœur.

Je rêvais d'enrichir l'expérience théâtrale par des discussions rationnelles et des échanges avec des experts plongés dans ces mystères depuis des décennies. Ainsi, le spectateur pourrait, s'il le désirait, approfondir le sujet via des conférences et des ateliers annexes aux représentations.

J'ai trouvé un théâtre qui permettait cet ambitieux pari : l'événement, d'une durée d'un mois, proposait une restauration colorée et vivante, la pièce de théâtre chaque soir et des conférences, des concerts, ainsi que des ateliers durant les week-ends. Ce concept, inédit pour moi, reposait sur ma conviction que le théâtre pouvait être le cœur d'une expérience bien plus vaste et profonde, et non une simple source de divertissement.

Mon ambition était de lever le voile sur des thématiques complexes, de ne pas reléguer l'art au simple statut de loisir, mais de lui permettre d'éclairer notre compréhension du monde. La réponse fut au-delà de mes attentes : salles comblées, ateliers à guichet fermé, et une incroyable synergie entre imaginaire créatif et savoir.

J'aspirais à une communication fluide entre le théâtre et les conférences, à créer un espace où les spectateurs de la pièce seraient curieux des conférences et vice versa. J'ai ainsi encouragé les conférenciers renommés à assister à la pièce avant de venir parler, afin de tisser des liens entre vision analytique et ressentie par les émotions que généraient la pièce.

La résonance fut palpable : après chaque représentation, le public restait pour partager, souvent pour la première fois, leurs propres expériences personnelles similaires. Ces moments étaient empreints d'une profondeur et d'une sincérité bouleversantes, révélant un besoin de parler de ces perceptions longtemps tues, craignant la stigmatisation. En fin de compte, cette aventure artistique s'est révélée être un lieu de communion, de reconnaissance et d'ouverture.

Une nouvelle édition aura-t-elle lieu à Genève ou ailleurs?

En plein cœur de la pandémie de Covid, la réalisation de l'évènement n'a pas été sans défis. Cependant, il a suscité un intérêt international avec des voix s'élevant de Barcelone, de Gstaad en Suisse et de Paris, toutes exprimant un désir commun : voir cet évènement unique, centré sur la conscience et l'outil théâtral, essaimer dans d'autres villes.

L'originalité de l'initiative résidait dans son approche holistique : outre le théâtre, l'évènement intégrait des peintres réalisant des œuvres en direct dans le hall et des musiciens performant sur scène, créant ainsi une manifestation vivante, mouvante et pluridisciplinaire. En tant qu'auteure et metteur en scène, le théâtre est au cœur de mon art et constitue mon outil de prédilection, mais je suis convaincue que d'autres formes artistiques pourraient également servir de véhicules similaires.

L'engouement a été tel que le public genevois m’a exprimé son désir de voir s’organiser un nouveau SAMADHI à Genève, un nouveau « manifeste artistique pour incarner la paix » comme j’avais surnommé le premier opus, pour réconcilier notre part d'invisible, notre essence sacrée, avec nous-mêmes, contribuant ainsi à la paix intérieure et extérieure. Quatre ans après, la vie m’a invitée à construire un nouvel évènement et ce n’était pas du tout ce à quoi je m’attendais !

Comment est né le Holyshit Project ?

Après cette pièce "L’invisible chemin" et un détour par la Nouvelle-Calédonie, le besoin se fait sentir d'explorer mon intériorité et de revisiter une histoire personnelle d'inceste. De cet acte nécessaire et urgent pour moi émerge un spectacle solo, une démarche que j'imaginais reposante après l'envergure du Samadhi Project, mais qui se révéla être un voyage intérieur terrifiant et libérateur. Ce processus, très bien illustré dans le film "Va vers toi" de Xavie Jean-Bourgeault et Guillaume Tremblay, fut une confrontation quotidienne avec les douleurs passées, un dialogue renoué avec l'enfant en moi.

C'est en plongeant dans ce sujet que j'ai pris conscience de l'isolement face à ces épreuves, de la solitude profonde qui avait accompagné mon enfance. Cette solitude mène à la compréhension que la résilience requiert un soutien extérieur autant qu'une introspection. L'expression artistique est devenue un moyen essentiel pour moi, transformant le récit douloureux en quelque chose de précieux, en un phare intérieur.

Le Samadhi Project devient alors «Holyshit Project », avec l’ interrogation collective : comment transformer nos ténèbres en lumière ? Ce projet, tout en abordant la prévention des violences faites aux enfants, devient un autre type d'évènement de cinq semaines centré autour du spectacle HOLYSHIT!, autour duquel des conférences, des ateliers et un cycle de films permettent d’aborder des thèmes tels que la dissociation, la réconciliation avec le corps féminin et le renouement avec la vie à travers l'expression artistique.

Cette initiative m'a conduite à frapper aux portes des pouvoirs publics, à travers la Suisse, présentant un évènement qui relie les enjeux sociaux à la puissance de l'art. Au cœur de ces démarches, il y a la reconnaissance que l'art peut parler aux cœurs, là où parfois les mots des spécialistes échouent.

Aujourd'hui, je me trouve dans le vif de cette préparation, traversant encore l'intensité de ma performance théâtrale qui se manifeste parfois en douleur, une douleur nécessaire à l'émergence de la guérison. C'est par le corps, par l'art, que je choisis de revisiter ces poids du passé, ces moments de sidération et d'abandon, pour finalement en extraire la lumière.

Comment se sont passées vos démarches avec les pouvoirs publics ?

Utiliser la métaphore du corps pour décrire l'État et son rapport à l'art, c'est reconnaître l'existence d'un cœur battant au sein de chaque administration, chaque institution. En effet, l'art peut être considéré comme le cœur, le noyau émotionnel qui irrigue et revitalise le grand corps social. Ma démarche d'aller vers tous ces "organes" de la Cité a été une manière de faire écho à un voyage introspectif personnel.

L'impact de ce périple est d'autant plus profond que j'ai réussi à nouer des partenariats avec ces services de l’état pour le projet. Leur présence annoncée lors de l'ouverture et leur engagement à promouvoir l'évènement auprès de leur personnel témoigne d'un soutien significatif. Malgré leur prudence institutionnelle et leur réticence à faire de la publicité ou à s'engager dans des initiatives qui sortent du cadre habituel, une synergie s'est créée.

Cela dit, le défi reste constant : maintenir l'intégrité artistique face aux pressions pour adoucir le message, pour l'adapter aux canons de la communication publique. Mais c'est justement dans ce débordement du cadre que réside la force de l'art. Il doit rester poétique, libre, transcendant les contraintes pour toucher directement les âmes. C'est cette essence qui assure la réussite de l'évènement, et non sa domestication par les contraintes et réserves institutionnelles.

Cependant, les requêtes de modifications sur l'affiche du spectacle révèlent une incompréhension fondamentale : le souhait de retirer des mots comme "beau" ou "nettoie", car ils pourraient heurter, ignore la réalité brute des survivants. Ces mots expriment une vérité cruciale – la souillure ressentie par ceux qui ont vécu de tels traumatismes. Leur utilisation n'est pas une concession à la sensibilité publique, mais un acte de validation nécessaire pour ceux qui en sont affectés.

Chaque épreuve, chaque trauma, aussi insupportable soit-il, peut devenir un portail vers une meilleure connaissance de soi. C'est en articulant la souffrance avec précision que nous pouvons initier un processus de guérison et de découverte, transformant ce qui était autrefois une blessure en une ouverture vers la compréhension et la croissance personnelle.

L’art en général peut-il avoir une portée plus universelle pour nous aider à réconcilier nos divisions ?

Le processus de réunification, tant au sein de la société qu'en nous-mêmes, est essentiel à la guérison et à la transformation. L'art, en tant que vecteur de cette réunification, transcende les différences politiques et les divisions internes de l'État, tout comme il réconcilie les parties conflictuelles en nous. Ce travail de réconciliation intérieure se reflète dans notre capacité à créer un dialogue pacifique à l'extérieur, illustrant que les changements externes sont inextricablement liés aux transformations internes.

La prise de conscience de la dualité interne, comme celle représentée par le conflit israélo-palestinien, m'a permis de comprendre que l'acceptation et l'écoute de ces parties en conflit en moi pouvaient aboutir à une détente et à une paix intérieure. C'est une métaphore puissante pour le chemin que nous sommes tous appelés à faire, à la fois individuellement et collectivement.

L'art, dans sa capacité à réinventer et à créer, n'est pas réservé à une élite ou confiné aux théâtres ; il est un bien nécessaire et omniprésent, une force de réunification qui devrait imprégner tous les aspects de la vie. La musique, en particulier, est un langage universel qui peut rassembler et harmoniser.

Les leçons apprises de Charlotte de Silguy, qui met en lumière la relation entre nos blessures et leurs opposés, ont renforcé ma compréhension de mon propre talent. Après avoir été fragmentée par les traumatismes de l'inceste, ma vie a été guidée par le désir de réunification, non seulement de moi-même, mais aussi des autres. C'est en reconnaissant et en acceptant nos ambivalences que nous pouvons trouver l'unité, et c'est par l'unité que nous pourrons embrasser pleinement notre créativité et notre humanité partagée.

Un dernier message à adresser aux lecteurs ?  

Je rêve de venir jouer ce spectacle au Québec. S'il y a des théâtres qui captent ce message. C'est un spectacle intimiste et peu coûteux !  Je suis seule en scène. Il est possible d'y présenter un mini "Holyshit Project" ou simplement la pièce. Grande voyageuse, mon parcours m'a menée à présenter ce spectacle en Nouvelle-Calédonie, à Paris, à Genève et Lausanne et à jouer mes précédentes créations dans de nombreux lieux.  

C'est donc un désir que je confie à l'univers !

Propos recueillis le 11.03.2024


Sites internet des Samadhi Project et Holyshit Project


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Quatre outils pour se mettre en mouvement vers la civilisation de l'être

18 mars 2024 à 20:04

Au cours des derniers mois, nous avons décrit les contours d’une nouvelle réalité en devenir : l’avènement d’une civilisation de l’être. Une grande aventure personnelle et collective à laquelle nous pouvons toutes et tous participer en devenant ce que nous sommes profondément : des êtres humains pleinement vivants développant nos pleins potentiels.

Une aventure, un engagement, une recherche permanente d’alignement que nous avons résumé ainsi :

Avec patience et humilité, nous rétablirons les liens brisés en nous et autour de nous dans une dynamique féconde et lumineuse entre manifestation et transcendance.

Jour après jour, nous faciliterons des relations de soin, de solidarité, de coopération et de communion pour accompagner la montée en conscience et en puissance d’agir des êtres en accord avec leur unicité.

Espérance en mouvement, nous incarnerons la synthèse post-moderne des humains pleinement vivants.

Citoyens engagés au service de la Vie, nous relierons les archipels de nos initiatives en constellations foisonnantes.

Nous sommes de plus en plus nombreux à partager cette vision du changement de paradigme caractérisé par une révolution des consciences.

Nous ressentons ce sentiment d’urgence de la transformation personnelle et collective.

Nous aspirons à préserver et à développer les biens communs dans un élan de coopération au service de plus grand que soi.

Mais les modalités de notre engagement sont parfois floues.

  • Quels sont les savoir-faire et savoir-être à développer ?

  • Quel est mon alignement en pensées, paroles et actes ?

  • Quels sont mes besoins et mes apports potentiels dans un univers de liens et de relations ?

  • Quel est mon positionnement vis-à-vis de certaines valeurs fondamentales ?

Pour répondre à ces questions nous vous proposons 4 outils que vous pouvez adapter à votre contexte d’utilisation personnelle ou collective afin de stimuler la réflexion, d’animer les discussions et de faciliter l’action.

Pour chaque thème, nous proposons quelques questions que vous pouvez enrichir ou personnaliser selon vos besoins.

(La vision globale est présentée dans l’ "Hyper-récit des tisserands de l’aube” de Discernaction).

Savoir-faire et savoir-être

Au cœur du changement de paradigme, une montée en conscience de l’Humanité ouvrant à un état d’être au monde entraînant la création d’une nouvelle réalité : une civilisation de l’être.

A partir du graphique ci-dessous présentant les savoir-faire et savoir-être de manière synthétique :

  1. La lecture de chacun des termes provoque-t-elle un sentiment de familiarité, de curiosité, de rejet ?

  2. Quels sont les termes qui résonnent le plus et ceux qui résonnent le moins pour vous ?

  3. Quels termes définissent le mieux vos sentiments, vos perceptions, vos pensées, vos paroles, vos actions ?

  4. Quels termes avez-vous envie d’explorer ou de développer ?

Alignement

Contribuer au changement de paradigme, c’est aussi prendre conscience de la tension entre expansion de l’être et contraction de l’avoir qui régit notre existence. Conscients de cette tension nous pouvons alors évaluer le positionnement de nos pensées, paroles et actes ainsi que le temps et l’énergie que nous y consacrons. En visualisant notre alignement, nous pouvons réduire nos dissonances.

Les diagrammes représentent 3 types d’alignements pensées-paroles-actes.

  1. Comment interprétez-vous chaque diagramme ?

  2. Quel est, selon vous, l’alignement de la société en général ?

  3. Quels sont les alignements de vos proches, de votre organisation ?

  4. Quel est votre alignement ?

  5. Comparer votre alignement avec celui qu’une personne a fait au sujet de vous.

Liens et relations

Tout en développant notre alignement en pensées, paroles et actes, nous rétablissons les liens en nous, avec les autres, la nature et plus grand que soi et participons à la montée en conscience collective par des relations de soin (pour soulager les souffrances physiques et mentales), de solidarité (pour quitter l’insécurité et la précarité économique), de coopération (pour préserver et développer les communs) et de communion (pour grandir en humanité).

Le diagramme ci-dessous présente nos liens et relations dans une dynamique d’expansion de l’être.

Liens

  1. Lequel de ces liens est le plus important pour moi (à soi, aux autres, à la nature, à plus grand que soi) ?

  2. Ai-je envie ou besoin de rétablir des liens en moi, avec les autres, la nature ou plus grand que moi ?

  3. Lequel de ces liens à rétablir est prioritaire ? Comment je compte y parvenir ? Ai-je besoin d’aide pour y arriver ?

  4. Ai-je le sentiment d’aligner mes pensées, paroles et actes avec ces objectifs ?

Relations

  1. A travers mes activités privées ou professionnelles suis-je dans une relation de soin, de solidarité, de coopération et/ou de communion ?

  2. Pour chaque relation suis-je en position de donner ou de recevoir ?

  3. Laquelle de ces relations m’occupe le plus ?

  4. Quelle relation ai-je envie de développer ?

  5. Ai-je le sentiment d’aligner mes pensées, paroles et actes avec ces objectifs ?

Valeurs

L’évolution des consciences individuelles nourrit de nouvelles actions collectives dont le “Manifeste pour une société civile au service de la Vie” présente les fondations à travers des valeurs fondamentales partagées.

  1. Avec combien de valeurs suis-je en accord ?

  2. Quelles sont les plus importantes pour moi ?

  3. Lesquelles suis-je en mesure d’incarner ?

  4. Sur quelles valeurs ai-je envie de m’engager ? Comment vais-je le faire?

  5. Mon organisation respecte-t-elle ces valeurs ?

Les 10 points de ralliement et d’engagement du manifeste

  1. Reconnaissance de l'Interdépendance et du Caractère sacré de la Vie : Reconnaître et respecter la connexion profonde entre tous les êtres vivants et la nature. Célébrer le caractère merveilleux et sacré de la Vie et développer le goût du vrai, du sens et de la joie.

  2. Engagement envers la Souveraineté Individuelle et Collective : Valoriser et défendre la liberté individuelle et collective avec courage et discernement, tout en promouvant la responsabilité et le respect mutuel dans la prise de décisions pour le bien de chaque individu et celui de la communauté.

  3. Pérennité, Éthique et Temps Long: S'engager dans des pratiques pérennes qui préservent les ressources naturelles et garantissent l'équilibre écologique pour les générations futures. Placer l’éthique au cœur de nos actions et œuvrer humblement au bien commun dans une perspective de temps long qui dépasse notre espérance de vie sans s’attacher aux résultats de nos actions.

  4. Apprentissage Holistique Continu: Prioriser une éducation qui développe la conscience globale, la pensée critique, la créativité, l'intelligence émotionnelle et spirituelle, en mettant l'accent sur l'apprentissage tout au long de la vie. Développer toutes les dimensions de notre être au-delà du mental et élargir le champ de notre conscience aux dimensions subtiles du Réel.

  5. Santé et Bien-Être : Promouvoir une approche de la santé intégrative incluant le bien-être physique, mental, émotionnel et spirituel, accessible à tous sans discrimination. Reconnaître l’apport des médecines traditionnelles et des pratiques naturelles et holistiques.

  6. Économie de Partage et de Coopération: Encourager une économie basée sur le partage, la régénération, la coopération, l'équité et la solidarité, où la prospérité est mesurée non seulement en termes financiers, mais surtout en termes de qualité de vie et de relations.

  7. Technologie au Service de l'Humain et de la Nature : Utiliser la technologie de manière responsable pour améliorer la qualité de vie, tout en veillant à ce qu'elle respecte l'intégrité de l'humain et de l'environnement. Favoriser des solutions ouvertes, décentralisées et low-tech dans un esprit de sobriété numérique.

  8. Complexité et approche systémique : Se libérer des conditionnements et des croyances limitantes en abordant la réalité de manière holistique et transdisciplinaire. Quitter un mode de pensée segmenté et linéaire, pour une compréhension globale des événements et du monde.

  9. Transparence et Intégrité dans la Gouvernance : Exiger la transparence, l'intégrité et la responsabilité dans tous les aspects de la gouvernance, avec une participation citoyenne active, responsable et éclairée.

  10. Paix, Universalité et Espérance  : Œuvrer pour la paix et la collaboration entre les peuples et les nations, en reconnaissant notre interdépendance et notre responsabilité commune envers le vivant humain et non humain.  Favoriser le dialogue ouvert et la compréhension mutuelle entre les différentes cultures, idéologies et croyances, pour renforcer la cohésion sociale et bâtir sur ce qui nous unit. Placer notre espérance en l'Homme et sa capacité à plonger au cœur de lui-même pour y trouver son essence universelle. 

Pour aller plus loin

Discernaction offre gratuitement de nombreuses ressources pour comprendre, apprendre, s’inspirer et se mettre en lien localement et globalement.

Qu’en pensez-vous ?

Citoyens, collectifs, coachs, formateurs, facilitateurs, ces outils vous semblent-ils pertinents et utiles ? Dans quel contexte comptez-vous les utiliser ? Quels sont vos retours d’expérience ?

Ecrivez-nous en répondant à ce courriel.

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Créer des lieux vivants de reliance citoyenne et d'innovation sociale

11 mars 2024 à 11:10
Elisabeth Sénégas

Elisabeth Sénégas a fondé "La Chimère Citoyenne” à Grenoble en 2007, un lieu ouvert à tous, consacré à l’échange entre citoyens ainsi qu’à la prise d’initiative. Une aventure qu’elle décrit dans son livre “Manifeste du bricolage social (Editions Ségolène, 2022). Elle est également à l’origine de l’Université Terrain Edgar Morin (UTEM) à Grenoble inaugurée en novembre 2023.

Avec les facilités offertes par la communication numérique pourquoi les lieux physiques sont-ils importants ?

Mon attention se porte sur les individus en difficulté, souvent perdus dans un dédale de services fragmentés - logement, emploi, et autres - tous administrés par des clics impersonnels. Cette déshumanisation est mortelle. Elle détruit à la fois l’« allocataire » et le professionnel, tous deux assoiffés de sens et de connexion. Cette souffrance collective bouleverse profondément notre existence.

Pourtant, même en l'absence de réponses immédiates face à autrui, il reste une force indéniable : l'énergie de la vie elle-même. Qu'elle se manifeste à travers la colère ou la douleur, elle n'est pas vaine. Il y a toujours quelque chose à sauver, à transformer. En reconnaissant cette énergie, nous pouvons agir et faire une différence.

Comment est née « La Chimère Citoyenne »?

Notre histoire commence en 2007 avec une première association, Entr’Actifs, à Voiron, puis une seconde, Dialogues, à Grenoble en 2014 plus connue sous le nom de La Chimère Citoyenne. Dès notre fondation, nous avons l’immense plaisir de rencontrer Edgar Morin, qui est devenu notre parrain et le reste encore aujourd'hui. Inspirés par ses écrits dès les années 90, qui préconisaient la création de maisons de solidarité, nous avons pris l'initiative audacieuse de vouloir concrétiser la première d’entre elles. Ce n’est finalement qu’aujourd’hui que vient cette ambition de créer des maisons de la solidarité.

Edgar Morin envisageait ces maisons comme des centres de crise, des lieux où services publics et grandes associations dédiées aux détresses humaines seraient regroupés. Cependant, nous avons rapidement compris que la simple cohabitation de services et d'associations dans un même lieu ne garantissait pas une véritable coopération. Deux idées fondamentales nous ont guidés : d’abord, la collaboration ne se décrète pas, elle se construit. Ensuite, il est crucial de dépasser l'entre-soi pour englober toute la société, bien au-delà des publics habituellement ciblés comme les personnes âgées ou handicapées. Nous soutenons l'idée que nous sommes tous vulnérables et mortels, un point que Edgar Morin souligne souvent, rappelant que cette commune humanité devrait nous inciter à la fraternité.

Ainsi souhaitons-nous contribuer à faire naître ces maisons de la solidarité et de la fraternité, ce qui nous guide depuis lors. Notre relation avec Edgar Morin, jalonnée de discussions épisodiques et d'un soutien mutuel lorsqu'on sollicite son aide, est précieuse. Grâce à sa présence, notre cause a gagné en visibilité et en écoute.

Il y a deux ans, il m'a également encouragé à écrire le "Manifeste du bricolage social". Comme beaucoup de personnes dans l’action je ne prenais pas le temps et sous-estimais l’importance de l’écriture, ne serait-ce que pour laisser une trace. Cela m'a pris du temps pour atteindre une certaine sagesse, malgré mon âge. L'action et la réflexion vont de pair, mais il m'a fallu un moment pour me poser et réfléchir par écrit à nos actions des 16 dernières années.

Quels enseignements tirez-vous de cette expérience ?

Aujourd'hui, après 16 ans, nous avons établi plusieurs principes directeurs qui définissent ce que nous entendons par un lieu vivant.

La signification du lieu est indéniable, mais la posture de l'accueillant, qu'il soit bénévole ou professionnel, est d'une importance capitale. Pour illustrer, prenons l'exemple d'un directeur de service social confronté à un homme agité et en colère. Face à un protocole rigide, une jeune femme non formée opte pour une réponse spontanée et humaine : elle offre à l'homme un sandwich, apaisant ainsi la situation. Ce geste a démontré l'importance de la flexibilité et de l'humanité dans l'accueil, même dans les institutions les plus structurées.

La deuxième clé réside dans la capacité à embrasser l'imprévu, une notion chère à Edgar Morin. À Grenoble, notre philosophie est souvent vue comme radicale, car nous embrassons toute demande avec une réponse affirmative, reposant sur notre réseau solide et une structure organisationnelle horizontale. C'est cette reliance, établie sur 16 ans, qui nous permet de répondre et d'innover.

Lors du confinement dû au COVID-19, la décision gouvernementale d'isoler les aînés dans les EHPAD a eu des conséquences tragiques. En réaction, nous avons mis en place des ateliers de créativité, rassemblant professionnels et familles, ainsi que des experts divers pour débattre et trouver des solutions. Ces ateliers sont devenus un espace de dialogue et d'apprentissage, où même la douleur d'un directeur d'EHPAD a pu être exprimée et partagée.

Le troisième principe est d'agir en tant que médiateur. L'exemple du Chimère Café, où une femme SDF en fauteuil roulant s'est installée à proximité, illustre notre engagement dans la résolution de situations complexes. En médiant entre les services sociaux, la police, et la femme en question, nous avons démontré l'importance de la collaboration et de la recherche de solutions communes.

Le quatrième principe est d'expérimenter avec la créativité humaine. Un projet collaboratif entre une designer française et une designer du Burkina Faso, qui a débuté par une simple intention d'exposer dans une vitrine, s'est transformé en une initiative beaucoup plus grande et plus connectée, soulignant l'impact de la créativité collective.

Enfin, le dernier principe évoque la nécessité d'un espace, tant physique qu'intérieur, pour la rencontre et l'échange. L'importance de travailler sur soi est soulignée, reconnaissant que le défi le plus grand est souvent notre propre développement personnel.

L'ouverture de lieux vivants nécessite une volonté politique forte. Mon expérience personnelle, où mon départ d'un emploi conventionnel a été soutenu par un conjoint compréhensif, met en lumière la difficulté de poursuivre des valeurs sans soutien matériel. Il est essentiel de convaincre les services publics de la valeur du travail transversal et de l'innovation sociale.

Ces principes ne sont pas seulement des idées, mais des actions concrètes qui définissent notre engagement envers la communauté et l'innovation sociale.

Quelle a été la genèse de l’Université de Terrain Edgar Morin (UTEM) ?

Agir, c'est à la fois comprendre et réfléchir, une dualité qui caractérise notre démarche. Avec une communauté de 700 personnes qui suivent nos lettres mensuelles, notre initiative est vivante et dynamique, bien que tous ne soient pas des membres actifs. Cette participation illustre l'engagement et l'intérêt pour notre cause.

Nous opérons sur le principe d'accueillir toute proposition, qu'elle soit une envie spontanée ou une soirée musicale planifiée, nous ne disons jamais non. Cette ouverture crée un espace vivant et dynamique où les idées circulent librement. Notre approche est différente de celle d’autres organismes qui commencent eux-mêmes à remettre en question leur rigueur et à reconnaître la nécessité de se renouveler.

Notre philosophie est guidée par une vision de l'aventure plutôt que par des projets prédéfinis, inspirée par les idées de John Dewey. Nous valorisons le parcours et l'adaptation à l'imprévu plus que le résultat final, ce qui est souvent en contradiction avec les attentes administratives traditionnelles. Il y a une multitude de lieux bien vivants, mais qui ont du mal à tenir financièrement sans accepter de répondre à des appels à projets. Du coup ils perdent leur raison d’être et se retrouvent contraints de s’adapter pour répondre à la commande publique.

La dépendance financière est un piège pour de nombreux lieux, qui deviennent parfois stériles dès leur conception à cause des restrictions imposées par les sources de financement. En revanche, notre liberté vient avec un coût personnel. Pour rester indépendants, nous refusons de nous conformer aux exigences restrictives des dispositifs de financement.

Dans l’effort de transmission qui me motive actuellement, je veux mettre l’accent sur cette question du lâcher-prise comme alternative aux logiques de maîtrise. Des professionnels existent, nous devons leur accorder notre confiance, nous éloigner des processus qui enferment le professionnel et l'usager dans des réponses standardisées inappropriées, créant de la frustration des deux côtés.

L'expérience du confinement a stimulé la création d'ateliers de réflexion, transformant une tragédie personnelle en une question sociétale. Grâce à la collaboration avec des experts, notamment du centre de recherche en économie de Grenoble, nous avons produit un document de recherche approfondie sur la gestion des EHPAD qui nous a permis de comprendre que nos EHPAD ne cherchent pas à répondre à des besoins humains. Ce qui importe c’est le temps minimal qu’il faut pour faire manger une personne, faire sa toilette, etc.

Nous avons évolué vers la création de l'Université de Terrain Edgar Morin, s'appuyant sur la pensée complexe, mais sans prétendre à l'expertise absolue. Nous nous concentrons sur les principes fondamentaux comme la reliance, l'accueil, la gestion des antagonismes et la recherche de complémentarité.

L'Université de Terrain Edgar Morin (UTEM) s'ancre dans la réalité en partant des interrogations et des défis que nous rencontrons. Elle rassemble des experts, souvent membres de notre réseau, pour aborder des sujets pertinents. Nous lançons un cycle sur l'économie avec l'association française d'économie politique, AFEP, qui vise à éduquer les étudiants et les citoyens sur la diversité des perspectives économiques, au-delà de la vision dominante.

Pour rendre l'économie accessible et engageante, nous commençons par des événements festifs, comme un cycle de cinéma, et une session avec Ken Loach en visioconférence pour que chacun se sente légitime dans la discussion économique.

En définitive, notre action est une danse entre la libération des contraintes financières et administratives et l'engagement passionné dans les questions sociales, tout en maintenant un esprit d'aventure et de découverte constant.

Quels sont les programmes offerts par l’UTEM ?

Notre initiative a diversifié ses méthodes d'engagement en organisant des ateliers et des dialogues ouverts qui attirent des groupes de 20 à 25 personnes et des dialogues plus larges accueillant entre 80 et 100 participants. Après le Covid, ces espaces sont devenus particulièrement précieux pour les étudiants en difficulté, comme pour un doctorant qui a trouvé un nouveau souffle grâce à nos rencontres.

Etienne Klein, un nom bien connu dans le domaine scientifique et philosophique, a participé à l'un de ces dialogues. Au lieu d'une conférence traditionnelle dans un amphithéâtre, il s'est joint à nous dans un cadre plus intime et interactif, sans préparation, pour un échange de 40 minutes. Son approche accessible a grandement contribué à la réussite de l'événement et a encouragé un doctorant à organiser une série sur la science.

Nous organisons également des conférences en invitant des experts comme Pascal Roggero de l'université de Toulouse, qui est reconnu pour sa capacité à enseigner et à transmettre la pensée complexe de manière pédagogique. Il prévoit de revenir à Grenoble pour donner des cours similaires à ceux qu'il propose à Toulouse, renforçant ainsi les liens avec la communauté académique.

L'Université de Terrain Edgar Morin (UTEM) a été lancée en novembre 2023 et représente un développement récent de notre projet. Cette université symbolise notre engagement continu à promouvoir la réflexion, la pensée complexe, l'échange et l'apprentissage au sein de notre communauté.

Un dernier message pour les lecteurs ?

Je dois dire que rien de tout cela n'aurait été possible sans les autres. Depuis vingt ans, ma force réside dans le soutien d'une multitude de personnes issues de milieux extrêmement variés. Sans elles je ne serais pas là où je suis aujourd'hui. Ce voyage continue, et j'ai appris à naviguer dans ces eaux avec aisance et sans complexe. Je suis toujours là pour ceux qui ont besoin d'aide, prête à répondre lorsque l'on fait appel à moi, rappelant que je n’ai pas toutes les réponses, souvent pas même les compétences, mais qu’il y a les autres. Nous ne sommes pas seuls.

Mon chemin a été jalonné par de nombreuses rencontres, mais tout a commencé avec Edgar Morin en 2007, qui a accepté d'être présent, de dire oui, d'être là pour moi. C'est cette solidarité qui m'a porté jusqu'ici.

Propos recueillis le 29.02.2024


Site internet de La Chimère Citoyenne


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Manifeste Discernaction - Un outil citoyen aux multiples usages

8 mars 2024 à 21:25

Depuis le 25 décembre 2023, le “Manifeste pour une société civile au service de la Vie” a recueilli plus de 2000 signatures de particuliers et le soutien de 22 collectifs et autres entités. 

Des francophones de tous les horizons s’associent à des valeurs fondamentales pour construire les fondations d’une nouvelle civilisation de l’être. 

Le manifeste est l’expression d’une réalité en devenir. Il est le résultat de plus de 60 entrevues menées par Discernaction avec des acteurs du changement dans toutes les sphères de la société. 

12 USAGES DU MANIFESTE

Le manifeste a pour vocation de rassembler autour de 10 points de ralliement et d’engagement, mais c’est aussi un outil pour accompagner les transformations ainsi que les reliances personnelles et collectives

Après deux mois et demi de diffusion, le manifeste est devenu un outil citoyen utilisé pour : 

  1. Faire rayonner une vision positive et constructive 

  2. Vérifier son alignement en pensées, paroles et actes avec les différentes dimensions évoquées

  3. Approfondir certaines dimensions à titre individuel et collectif

  4. Évaluer la cohérence des projets ou des collaborations à la lumière des points présentés

  5. Valider en interne l’alignement et la cohérence des actions des collectifs

  6. Enrichir les chartes de mouvements citoyens

  7. Compléter des offres de formation et de coaching

  8. Découvrir et entrer en lien avec de nouvelles initiatives

  9. Organiser des rencontres et des discussions sur les 10 points de ralliement  

  10. Faciliter la reliance des collectifs signataires 

  11. Structurer des évènements autour des thématiques présentées

  12. Favoriser le sentiment d’appartenance à un “mouvement transcendant les mouvements”  

La manifeste s’inscrit dans un ensemble de ressources permettant de l’intégrer dans une vision opérationnelle du changement de paradigme, d’en approfondir chacune des dimensions à travers des entrevues avec les acteurs du changement, de développer de nouveaux savoir-faire et savoir-être et de se mettre en lien avec d’autres localement et globalement. 

Quels usages en faites-vous ou souhaitez-vous en faire ? 

Votre expérience m’intéresse. Partagez en commentaire ou écrivez-moi en répondant à ce courriel.

La pensée complexe au service de la métamorphose

6 mars 2024 à 12:04
Pascal Roggero

Pascal Roggero, professeur des Universités en sociologie à l'Université Toulouse Capitole est l’initiateur et le président de l'Université Populaire Edgar Morin pour la Métamorphose.

Quelle est votre définition de la métamorphose ?

A l’image de la chenille qui se mue en un magnifique papillon, le mot métamorphose signifie un changement radical de forme, une transformation profonde.

Pour les sociétés humaines, il s’agit d’un processus de modification en profondeur de leur structure, de leur dynamique et de leur orientation générale. On sait les menaces qui pèsent sur la biosphère et donc sur l’humanité dont l’activité a induit un dépassement de 6 limites planétaires sur 9, le réchauffement climatique n’étant que l’une d’entre elles.

Face à cette situation inédite et cette évolution insoutenable, il y a, dans les populations, notamment occidentales, des aspirations de plus en plus fréquentes au changement. En témoigne la fortune des termes de transition et de bifurcation dans le vocabulaire contemporain. Alors pourquoi préférer le mot métamorphose ? Avec la transition, c’est la continuité avec l’existant qui l’emporte. Je perçois ce terme comme trop déterministe et conservateur. Il réduit les possibles à l’attendu, s’avère souvent abusivement optimiste et n’est pas à la hauteur d’enjeux beaucoup plus exigeants. Quant à la bifurcation, le concept est plus intéressant. Il vient de l’étude de la dynamique des systèmes non-linéaires d’Ilya Prigogine qui admet l’imprévisibilité. Cependant, le terme peut apparaître un peu froid, par trop technique.

L’intérêt du mot métamorphose réside à la fois dans sa réelle charge poétique, mais aussi dans son enracinement dans le vivant. Il ouvre plus sur l’imagination, l’extension du champ des possibles tout en soulignant l'ampleur et la profondeur des changements à opérer. « Mieux vaut penser le changement que changer le pansement » aimait à dire l’humoriste Pierre Dac.

Pour reprendre l’image, avec la métamorphose on pense le changement tandis qu’avec la transition on change le pansement. Cependant, la métamorphose n’est pas univoque, elle peut prendre des orientations diverses. Celle dont nous parlons s’inspire de la pensée complexe.

Quel est le rôle de la pensée complexe dans la métamorphose ?

Peut-être devrais-je commencer par évoquer ce qu'est la pensée complexe. Ce concept a été introduit par Edgar Morin en 1982 dans son ouvrage Science avec conscience. Mais en quoi consiste-t-il exactement ? Pour le dire vite, il s’agit du corpus élaboré par Morin dans son ouvrage princeps La Méthode qui compte six volumes, représente près de 2000 pages, un livre-monde publié entre 1977 et 2004, soit près de trente ans. C’est dire l’ampleur du projet.

Morin synthétise la pensée complexe dans une phrase de sa belle introduction à la réédition de 2008 de La Méthode dans la collection Opus aux éditions du Seuil. Il écrit : « Nous avons besoin d’une méthode de pensée qui traduise la complexité du réel, reconnaisse l’existence des êtres et reconnaisse le mystère des choses ».  On insiste souvent sur « traduire la complexité du réel », mais pour bien connaître Edgar Morin, je peux dire qu’à ses yeux la reconnaissance des êtres et l’approche du mystère des choses ont la même importance. Disons quelques mots sur chacune de ces trois propositions.

Comment traduire la complexité du réel ?  Si nous avons du mal à le faire, c’est qu’en Occident, a été développé un mode de pensée de nature analytique consistant à expliquer les phénomènes en les décomposant en éléments simples (l’atome signifie ce qui ne peut pas être découpé). Cette approche réductionniste, bien que pertinente pour étudier la matière, est moins adaptée au vivant et au social.

Ce paradigme est devenu dominant avec l'avènement de la physique classique du 17e siècle, celle de Newton et s'est renforcé au cours de la modernité socio-économique et technique du 19e siècle. La pensée complexe critique cette réduction des phénomènes à leurs composants qui ignore ou sous-estime les relations entre eux. Elle s'oppose aussi au scientisme qui prétend que la science détient l'exclusivité de la connaissance.

Morin ne suggère pas de rejeter l'analytique ou ce qu'il nomme le paradigme de la simplification-disjonction, qui a son utilité. Il prône plutôt l'adoption d'une pensée qui, en s'écartant de l'analytique, saisit mieux la complexité du réel en mettant l'accent sur les relations, favorisant une approche globalisante et systémique. Inspiré par la pensée systémique qu’il découvre aux États-Unis à la fin des années 60, Morin l'intègre et la dépasse.

Au-delà de la complexité du réel, cette pensée intègre l'incertitude, l'ambiguïté et les contradictions comme éléments fondamentaux de notre expérience, rejetant l'idée que l’on pourrait tout simplifier sans conséquence. Non, il est des domaines où la simplification abusive conduit à la barbarie. Traduire la complexité du réel est donc un enjeu cognitif, mais aussi politique et éthique.

On retrouve cette préoccupation dans la reconnaissance des êtres. En effet, les sciences, y compris les sciences sociales, se font sans considérer les êtres en laissant cette question à la philosophie. La profonde originalité de Morin réside dans cette volonté d’inscrire la question du sujet, de l’existence et de l’être au cœur d’une démarche qui s’inscrit dans la science. Et ça change beaucoup de choses.

Cela le conduit enfin à approcher le mystère des choses. Loin de l’ambition scientiste, il y a dans le monde un mystère irréductible qu’il nous faut accepter. Cela participe du tragique de notre condition humaine que seule la chaleur de l’amour, de l’amitié et de la reliance nous permet de surmonter et de sublimer.

Comment ces concepts se traduisent-ils dans le cadre de l’Université Populaire Edgar Morin pour la Métamorphose (UPEMM) ?

D’abord je voudrais dire que si j’ai eu l’idée de créer l’UPEMM et obtenu le soutien d’Edgar Morin, Cathy Dupuy, Georges Dhers et Michaël Garrigues ont participé activement à sa création. Nous constituons l’équipe des fondateurs.

Pour revenir à votre question, si l’UPEMM a été lancée le 24 juin dernier elle n’a véritablement pris son envol qu’en octobre.  Il s’agit donc des tout premiers mois de cette aventure.

Lors du lancement réussi de l’UPEMM (600 personnes inscrites, 300 suivants en streaming) nous avons été encouragés l’enthousiasme des participants qui disaient être intéressés par la pensée complexe sans toutefois bien la connaître. Notre première réponse a donc été de mettre sur pied un cycle de formation dédié à la pensée complexe assuré par Jean-Yves Rossignol et moi-même, qui a déjà proposé quatre sessions de formation et qui se poursuit sur une base mensuelle.

Nous sommes cependant conscients que la connaissance approfondie de la pensée complexe ne garantit pas en soi la capacité de la mettre en pratique de manière concrète. C'est là que l'ambition de la métamorphose entre en jeu. Sous l'impulsion de Georges Dhers, nous avons formé des groupes de recherche-action. Ces groupes ont pour mission de réfléchir, en s'appuyant sur la pensée complexe, à des thématiques spécifiques, avec pour but ultime de concrétiser des projets incarnant l'ambition métamorphique, une ambition informée et enrichie par la pensée complexe.

Sommes-nous parvenus à nos fins ? Je dirais que non, pas encore. Mais nous commençons à voir les prémices de quelque chose d'encourageant.

Premièrement, une communauté est en train de se former. Des personnes se rencontrent, échangent et partagent leur satisfaction de se retrouver, ce qui est déjà un progrès considérable dans une société où les relations s'appauvrissent. Ces échanges tentent d'intégrer la pensée complexe, et même si cela présente des difficultés, c'est exactement la raison d'être de notre initiative. Nous sommes là pour stimuler, pour être ce "poil à gratter".

Je suis confiant qu'au cours des prochains mois, nous assisterons à une cristallisation de ces efforts, qui non seulement mettront en œuvre la pensée complexe, mais aussi, et surtout, contribueront à faire évoluer les choses en direction de la métamorphose que nous souhaitons.

Qui fréquente l’UPEMM ?

Notre public est représentatif du milieu associatif classique. En termes de genre, nous observons un équilibre, avec une moyenne d'âge de 52 ans. Nos participants sont généralement issus de la classe moyenne supérieure, avec un niveau d'éducation élevé et un capital culturel conséquent. Cette situation ne nous satisfait pas, car nous aspirons à une dimension plus populaire pour notre initiative.

Nous sommes hébergés par l'Université Toulouse-Capitole, qui nous offre l'accès à un amphithéâtre et à des salles pour nos groupes de recherche-action. Je suis personnellement reconnaissant envers mon université d'appartenance, et particulièrement envers son président, Hugues Kenfack, qui a rendu cela possible. Cependant, nous sommes conscients que le cadre universitaire peut être intimidant pour ceux qui n'y ont pas accès ou qui ont eu des expériences académiques difficiles.

Mais l'obstacle n'est pas uniquement institutionnel, il est aussi structurel et profondément ancré. La difficulté réside dans la capacité des personnes à s'engager dans la réflexion et la projection lorsqu'elles sont accaparées par les nécessités quotidiennes. Ce qui peut sembler superflu ou lointain pour elles est en réalité un défi important à relever.

Il est essentiel que nous nous efforcions d'atteindre plus les jeunes en collaborant plus avec des institutions qui s'occupent de cette tranche d'âge. Toucher un public plus jeune et plus diversifié socialement est un objectif majeur, qui constituerait en lui-même une forme de métamorphose et nous permettrait de réaliser notre ambition populaire.

Avez-vous des partenariats avec des entreprises ou des associations ?

Pour le moment, notre initiative repose sur l'engagement de particuliers, bien que nous ne fermions pas du tout la porte à la collaboration avec d'autres entités. Nous sommes prudents, souhaitant éviter toute récupération qui détournerait notre projet de ses objectifs premiers. Mais il est clair qu'un élargissement est envisagé.

Nous avons déjà établi quelques partenariats, bien que ceux-ci ne soient pas encore formels et relèvent davantage de liens individuels que d'accords institutionnels. À l'avenir, nous aspirons à plus de coopérations, en intégrant à notre démarche diverses organisations, qu'il s'agisse d'autres associations, d’institutions ou, peut-être, d'entreprises, à condition que ces partenaires respectent nos valeurs.

Nous sommes conscients des potentialités permises par une telle ouverture que déjà quelques projets initient.

Comment se déroulent les sessions des groupes de recherche-action ?

Les groupes de recherche-action s’auto-organisent autour de thématiques définies par les questionnaires remplis lors du lancement : éducation, santé, environnement, territoires, problématiques sociétales, imaginer les futurs et, de manière plus transversale, pensée complexe.  Si elles apparaissent par trop sectorielles, il est bien évident que la pensée complexe conduit à les envisager dans les interdépendances respectives.

La dynamique débute avec les personnes attirées par ces sujets. Nous nous inspirons des méthodologies de petits groupes développées par Georges Dhers, favorisant une connaissance mutuelle approfondie. C'est un préalable essentiel, et nous accordons du temps à cette phase d'interconnaissance, où chacun partage ce qui le touche et le fait agir.

Après cet échange initial, la thématique est explorée plus avant, la phase de construction d'une vision commune s’élabore, où la complexité émerge au fur et à mesure que les participants mettent en relation les différents domaines. D’ailleurs si chacun des groupes définit sa propre orientation, tous les groupes seront amenés à interagir ensemble lors de journées dédiées afin de travailler leurs liens. L'objectif est d'atteindre une véritable auto-organisation, où le processus lui-même mène à la formation de groupes projet.

En effet, nous aspirons à ce que chaque groupe thématique débouche sur un projet concret et applicable, mais l’étape préliminaire de connexion et de partage prenant du temps nous n’en sommes pas encore là. La pensée complexe, sujet de débat et d’échange, enrichit notre compréhension et se confronte aux thématiques abordées.

Par ailleurs, nous pensons à la création d'un espace dédié à l'UPEMM, qui ne serait pas simplement un lieu de résidence, mais un espace d'action et d'interaction directe avec le public, sans intermédiaires. Un lieu ouvert, favorisant le débat, l'information et la participation active aux projets. C'est un projet ambitieux, pour l'heure prospectif et dont nous débattrons, mais qui pourrait également servir de catalyseur pour l'harmonisation des projets grâce à cette unification des espaces dans un lieu spécifique.

Observez-vous une montée en puissance d’initiatives citoyennes portant une vision plus humaniste de la société ?

Nous avons des souhaits, voire des ambitions pour l'avenir, mais il est crucial de les confronter aux réalités observables. À cet égard, je perçois des signaux significatifs qu’il ne faut ni surestimer ni minimiser. En la matière j’aime à citer la métaphore utilisée par le regretté Jean-Louis Le Moigne, un éminent penseur de la systémique et grand ami d’Edgar Morin qui parlait de "la stratégie de la taupe" : l'idée que la taupe creuse inlassablement des galeries et, plus nombreuses sont ces taupes et leurs galeries, et plus le sol peut s'effondrer subitement sans signes avant-coureurs.

Beaucoup de "taupes" creusent sous la surface de notre société. Des forces et des mouvements travaillent dans l'ombre, peu connus et médiatisés, mais qui convergent dans leurs critiques des impasses actuelles et dans leurs propositions pour en sortir. Cette métaphore pourrait bien décrire notre situation : un changement en cours, opérant à bas bruit, en marge des institutions et des médias traditionnels, qui sont soit dépassés, soit réticents à reconnaître l'importance de ces changements.

La question demeure : sera-ce suffisant pour provoquer un changement significatif ? C'est là toute la difficulté. Nous faisons face à de puissantes forces conservatrices qui s'accrochent au statu quo. Pourtant, comme l'enseigne Prigogine, un système peut bifurquer lorsqu'il est loin de son équilibre. Si le système est stable, il ne change pas de trajectoire, mais s'il est déséquilibré, alors une bifurcation est possible. Il me semble que nous sommes à un moment historique où le système actuel ne fonctionne plus normalement. S'écartant de son équilibre habituel, il rend possible une bifurcation.

Edgar Morin nous rappelle qu'il faut toujours s'attendre ou espérer l'inattendu. L'exemple de la bataille de Stalingrad entre juillet 1942 et février 1943 illustre bien ce point : c'était une défaite tout à fait inattendue des forces nazies, un complet renversement de situation imprévu. Peut-être aurons-nous ce type de surprise dans le contexte actuel. Cependant, nous ne pouvons pas ignorer que la marche implacable de la technologie, de l'économie et de la finance, où la cupidité est érigée en valeur suprême, peut nous conduire irrémédiablement à notre perte.

Nous avons donc une responsabilité morale, envers nous-mêmes, les générations futures et même l’ensemble du vivant, d'agir, même sans aucune certitude de succès. Comme le disait Gramsci, il faut combiner le pessimisme de l'intelligence avec l'optimisme de la volonté. Il est impératif d'agir. Nous ne savons pas si nos efforts seront suffisants, mais nous devons les entreprendre. Nous n'avons pas le choix.

L'incertitude et l'inquiétude pèsent lourdement sur nous, mais je crois que la meilleure façon de les affronter est encore d'agir selon nos valeurs fondamentales, des valeurs d’un humanisme élargi, en plaçant l'être humain et le vivant dans leurs facettes, au centre de nos préoccupations.

Morin, tout en étant un penseur scientifique, reconnaît l'importance de ce qui n'est pas de la science, comme l'art et la croyance et, comme je l’ai déjà dit, nous invite à approcher le mystère du monde.

Je n'ai pas évoqué la transcendance, qui n'est pas nécessairement ma perspective, mais je vois des points de convergence, par exemple dans la critique que le pape François fait de notre économie matérialiste et déshumanisée. Je me retrouve dans cette critique, sans avoir besoin de faire appel à une entité divine, bien que cela ne me dérange pas.

Un mot de la fin ?

Il me semble essentiel de souligner l'importance de la continuité de la pensée d'Edgar Morin au-delà de sa propre existence. Bien que la mort d'Edgar, qui a maintenant 102 ans, puisse être envisagée comme une éventualité naturelle, je ne peux m'empêcher de ressentir une profonde inquiétude à cette idée. Ce serait, à mon sens, une tragédie pour l'humanité si les idées qu'il a si ardemment promues étaient oubliées après sa disparition.

Propos recueillis le 27.02.2024


Publications de Pascal Roggero


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VA VERS TOI - L'aventure intérieure qui rassemble

4 mars 2024 à 11:04
Xavie Jean-Bourgeault et Guillaume Tremblay

Xavie Jean-Bourgeault est la réalisatrice et Guillaume Tremblay le producteur du film documentaire "Va vers toi” sorti en salles au Québec fin novembre 2023. "Va vers toi” explore la richesse de la présence intérieure et ose parler des ombres qui nous habitent et qui peuvent être rencontrées et dépassées.

Comment est né le projet du film ?

Guillaume : Il est important de mentionner qu'avant le film "Va vers toi", il y avait eu une autre œuvre intitulée "L’Heureux Naufrage". Je ressentais une forte animosité envers mon héritage religieux, mais en même temps, je me rendais compte que j'avais perdu certaines choses en me détachant de cette structure religieuse. J'avais omis de faire la distinction entre la religion et la spiritualité dans ma propre vie. Ainsi est né le film, avec Xavie en tant que productrice et moi à la réalisation.

"L’Heureux Naufrage" a vu le jour en 2014 et a connu un beau succès. Le film nous a menés à voyager à travers le Québec et jusqu'en France, et a même été acquis par Radio-Canada. Mais le plus remarquable dans "L’Heureux Naufrage", c'est qu'il représentait une quête sincère, une tentative de me comprendre moi-même. C'était le commencement d'un processus où je n'avais encore rien de personnel à exprimer. Nous avons réalisé des interviews, tentant de verbaliser une expérience que je vivais et pour laquelle je n'avais pas encore trouvé les mots.

Xavie : Dix ans plus tard, une tournure inattendue s'est produite dans ma vie. Tout a débuté par une sorte de crise où je ne trouvais plus de goût à l'existence. Je ne détestais pas la vie, ni ne souhaitais la mort, mais il me semblait avoir perdu toute joie de vivre. Et ce n'était pas dû à un manque de quoi que ce soit ; j'avais tout ce qu'il fallait, mais l'élan vital m'échappait. En me plongeant dans les écrits de Spinoza, puis de Jung, je me suis rendu compte que j'étais prisonnière de mes pensées, de tout ce tumulte intérieur. Je me laissais entraîner par elles, vers le futur, vers le passé, constamment en proie à la réflexion. J'avais perdu la sensation de l'instant présent, or la joie réside essentiellement dans le présent. Ainsi, j'ai découvert la puissance du moment présent, et cela m'a fait un bien incroyable.

Nous partagions constamment nos réflexions. Guillaume, voyant la joie refleurir en moi, m'a suggéré de capturer ces instants de renaissance devant une caméra, dans le cadre d'un film, d'un documentaire sur la vie. Évidemment, j'ai accepté, sachant par expérience que le documentaire ouvre des portes que la réflexion personnelle ne peut pas franchir, nous donnant l'opportunité de rencontrer les auteurs que nous lisons et d'approfondir notre réflexion, de donner encore plus de légitimité à notre quête. C'est ainsi que tout a commencé. Nous nous disions toujours, au fond, que peu importe si cela ne débouchait pas sur un documentaire, notre désir de le faire était là. Et même si au final le résultat n'était pas concluant, cela n'avait pas d'importance, car c'était avant tout pour moi que je le faisais.

Ce processus m'a transformé alors même qu'il se déroulait. Il m'a façonné non seulement à travers les rencontres, mais aussi par les lectures, et ensuite par le montage. Car à écouter, réécouter, et encore réécouter, à travailler, à tenter de tisser des liens, à comprendre, tout cela m'a profondément changé.

Guillaume : Effectivement, les meilleurs films sont ceux qui émanent de ce que vous évoquez. Ils ne sont pas créés dans l'espoir de la célébrité, mais parce qu'ils émanent d'une passion qui nous anime et nous apportent du bien-être. À mes yeux, ce sont ces œuvres qui sont les plus remarquables. Xavie portait en elle cette étincelle créative qui commençait tout juste à se manifester. Il était essentiel de capturer ce processus, de saisir son parcours créatif d'une manière ou d'une autre.

Qui sont les intervenants du documentaire ?

Xavie : Nous avions interviewé un psychanalyste, Guy Corneau, qui est depuis décédé. Ce fut une étrange coïncidence...

Lors du tournage de "L’Heureux Naufrage" il y a dix ans, nous l'avions interrogé, mais ses propos n'avaient pas été largement utilisés dans le film, car ils ne correspondaient pas tout à fait à la direction que nous prenions à l'époque. Nous n'étions pas encore prêts dans notre propre vie à comprendre pleinement l'étendue de ce qu'il nous avait transmis. Et puis, lorsqu'on a entamé le montage du film, deux ans après sa disparition, nous avons repensé à Guy Corneau. En revisitant les archives, nous avons réalisé que tout ce qu'il nous avait dit correspondait parfaitement à "Va vers toi". Ses paroles sont devenues un précieux cadeau.

Guillaume : Nous avions étudié Jung, et nous nous souvenions que Guy Corneau nous avait parlé de lui. Le père Augustin était une figure importante pour Jung, et Corneau avait fait ses études à Zurich, en Suisse.

En revisitant ces entretiens, nous avons confirmé qu'il nous avait effectivement parlé de l'ombre – nous n'étions pas dans l'erreur. Les rêves, l'inconscient, les ombres, c'était de tout cela qu'il nous parlait. Et curieusement, alors que l'objectif initial du film était de parler de la présence plutôt que des ombres, il s'est avéré que tous nos intervenants nous indiquaient la nécessité de passer par ces ombres.

Ce n'était pas forcément ce que nous recherchions au départ, mais en écoutant toutes les interviews, nous avons compris qu'ils faisaient tous, à leur manière, référence à Jung. C'est à ce moment-là que nous avons fait le lien avec Guy Corneau, et que nous sommes retournés plonger dans ses entrevues. Voilà donc l'histoire liée à Guy Corneau.

Xavie : Nous avons toujours été passionnés par la philosophie. À chaque début de recherche, nous consultons nos philosophes préférés.

Nous avons lu Éric-Emmanuel Schmitt, Bertrand Vergely et parmi les Québécois, il y a, Jean Bédard, et nous avons aussi Cajetan Larochelle, un ami personnel qui nous éclaire souvent dans nos réflexions. En parallèle, plusieurs figures du milieu spirituel nous ont bien guidés. Nous avons été prévenus des pièges potentiels du développement personnel, ne souhaitant pas s'égarer.

Heureusement, nous avons été bien orientés. On nous a fait comprendre qu'il existait un marché avec des personnes essayant d'en vivre, parfois au détriment de l'authenticité. Grâce à nos connaissances, nous avons pu rencontrer Rémi Tremblay et Nicole Bordeleau, des personnes généralement peu accessibles.

Ils nous ont introduits à la culture autochtone, notamment à Dominique Rankin, un aîné autochtone. J'avais suivi en ligne le parcours Mikana, qui m'avait énormément enrichi et ouvert les yeux sur bien des aspects. Il était impératif d'inclure la voix autochtone dans un film sur l'intériorité. Grâce à ces contacts, nous avons réussi à l'intégrer.

C'est dans le contexte d'une belle synchronicité que, lors d'une promenade avec mon ami philosophe Cajetan Larochelle, je lui ai parlé de mon intuition selon laquelle dans le Nouveau Testament, les traductions pourraient avoir été orientées vers l'extérieur alors qu'elles auraient pu signifier l'intérieur. Sachant qu'il connaissait le grec, je lui ai demandé de vérifier. Il a fait mieux en me recommandant Annick de Souzenelle, une femme en France qui a consacré une partie de sa vie à l'étude de l'hébreu et de l'Ancien Testament.

Lorsque j'ai découvert son travail, cela a été un véritable éveil pour moi. J'ai été captivé par mes découvertes. Elle a même écrit un livre intitulé "Va vers toi", qui a inspiré le titre de notre œuvre. En hébreu, Dieu dit à Abraham non pas "Va vers le pays que je te montrerai", mais "Va vers toi". Cette nuance a profondément influencé l'Occident et sa quête extérieure.

À mesure que je poursuivais mes recherches, parfois en lisant trois livres à la fois et en écoutant des livres audio lors de mes promenades, j'ai lu en parallèle Éric-Emmanuel Schmitt. Dans son Odyssée, le personnage traverse l'histoire de l'humanité et rencontre Abraham, à qui Dieu dit également "Va vers toi". Dans la même semaine, deux auteurs m'ont donc présenté cette idée.

Je me demandais comment je n'avais jamais entendu parler de cette interprétation, d'autant plus que j'avais lu la Bible cinq fois, cherchant à approfondir ma compréhension. C'était une révélation pour moi.

Cette découverte m'a poussé à contacter immédiatement Annick de Souzenelle en France, ce qui s'est avéré relativement simple. Sentant l'urgence de la rencontrer, surtout qu'elle avait déjà 100 ans, je ne me suis pas trompé, car elle a eu un AVC trois mois plus tard. Nous avons passé deux jours précieux avec elle.

En parallèle, je tentais de joindre Éric-Emmanuel Schmitt. Après avoir envoyé des e-mails à toutes les adresses possibles, le neuvième e-mail a finalement porté ses fruits. Bien qu'il soit en pleine écriture, il a accepté de nous rencontrer à Paris la semaine suivante. Tout s'est aligné et nous avons pu l'interviewer également.

Guillaume : La beauté de ce film réside, à mon sens, dans la diversité des intervenants issus de différents horizons, de différentes croyances et parcours. Nous avons des scientifiques qui parlent du subconscient et de chemins neuronaux. Des Amérindiens qui nous enseignent qu'il faut nourrir le loup noir. Chacune de ces personnes apporte une perspective unique. Et cela ne nous dérange pas, car, pour moi, "Va vers toi" signifie que le chemin, lorsque tu te tournes vers l'intérieur de toi-même, est celui qui va te guider.

Les réponses, elles vont venir de toi. C'est ce qui est magnifique : il n'y a pas une direction unique à suivre. L'idée, c'est d'aller à la rencontre de soi, et ensuite, un monde entier s'ouvre à toi – un monde à découvrir qui est le tien, pas celui des autres. Notre héritage chrétien est évident dans le film, mais ce n'est pas l'essentiel. L'essentiel, c'est le voyage intérieur, "aller vers toi".

Ce qui est également touchant, c'est que, personnellement, je n'avais pas envie de confronter certains aspects de moi-même. Mais à travers le film, les gens m'ont parlé directement.

Parce que dans la vie, j'ai de nombreuses peurs : la peur de perdre mon emploi, la peur de perdre des amis, la peur de perdre mon image. Et tous ces intervenants me rassuraient en me disant de ne pas avoir peur. Ce n'est pas ce que je cherchais initialement, mais c'est ce qui m'a été offert, et c'est exactement ce dont j'avais besoin d'entendre.

Comment se passe la diffusion du film ?

Xavie : Nous avons vendu environ 3 500 billets depuis la sortie du film il y a quatre mois, ce qui est assez étonnant. Chaque fois que nous allons dans une nouvelle région, nous sommes invités à y revenir et à chaque retour, il y a encore plus de monde. Cela montre que le film touche vraiment les gens. Et ce n'est pas seulement la fréquentation qui est remarquable, c'est aussi le fait que plus des trois quarts des gens dans les salles restent pour discuter après la projection. Cela devient un moment de communion et nous ressentons vraiment cette vibration partagée, c'est très spécial.

Nous avons organisé une quarantaine de projections au Québec. Avant même la sortie du film, une belle histoire de synchronicité s'est produite : une femme en Suisse l'a vu et nous a invités. Elle a organisé une distribution incroyable sur place, avec trois salles pleines, tout en prenant en charge la publicité pour faire connaître le film, car nous n'étions pas connus là-bas. Elle a payé pour des publicités radio sans rien nous demander en retour, c'était comme un cadeau qu'elle a offert au film. Nous avons été très touchés par cette générosité.

Et puis, lors de la première à Montréal, Miriam Eyr, une citoyenne québécoise d’origine marocaine, est venue me voir après la projection. Elle a exprimé son désir d'aider et de diffuser le film au Maroc. Depuis deux mois, elle contacte tout le monde et maintenant nous avons des confirmations. Nous allons faire cinq projections dans les hôtels Fairmont des grandes villes du Maroc en avril. En France également, il y a des gens qui s'efforcent de faire venir le film, ce qui est encore une surprise.

À la base, je faisais ce film pour moi, et maintenant je vois qu'il résonne avec les Québécois, ce qui me remplit de joie. Mais qu'il touche également des femmes marocaines, cela me dépasse un peu. On me dit, Xavie, c'est parce que ton message est universel, c'est humain. Et là, je me dis que c'est clairement quelque chose de plus grand que moi. Je me sens vraiment privilégiée que cela soit passé par moi, parce qu'à travers cela, je continue de me transformer, grâce aux rencontres que je fais. Je navigue dans le sillage de "Va vers toi" tous les jours.

Guillaume : La beauté réside dans le fait qu'un artiste crée une œuvre qui le fait vibrer. Et le cadeau le plus précieux, c'est quand un spectateur partage l'émotion que l'œuvre lui procure, ce qu'elle lui évoque personnellement. C'est notre récompense : avoir été touché par un film et voir d'autres personnes également émues par celui-ci, ressentir le bien que cela peut apporter. C'est tout simplement extraordinaire.

Notre public est souvent constitué de femmes de plus de 40 ans. Cela me rappelle une fois où j'ai assisté à une rencontre d'hommes menée par Dominique Rankin à Kinawatt, où il était beaucoup question de la contribution des femmes, de l'équilibre entre les énergies féminines et masculines, et de la profondeur que les femmes apportent. Cette présence féminine est flagrante lors de nos projections, où l'audience est majoritairement féminine.

Cela m'émeut de voir une femme porter ce message. Lors de notre événement avec Dominique Rankin, il a invité les femmes à se lever pour être honorées en reconnaissance de cela. Nous vivons dans une société qui valorise fortement les qualités masculines, axées sur l'extériorité. Bien que cela soit une force, elle doit être en équilibre avec l'énergie féminine. Il est magnifique de voir cet aspect féminin mis en avant.

Nous pensons que l'avenir réside dans l'approfondissement de cette énergie féminine en nous, car cela procure tant de bien.

Quels sont vos projets à venir ?

Xavie : Je n'aurais jamais imaginé qu'un tel film puisse émaner de moi, et pourtant, c'est en me tournant vers mon intérieur qu'il a vu le jour. Cela me remplit d'espoir. C'est ce que je partage avec tous : en vous orientant vers vous-même, vous ne pouvez prédire ce qui émergera. C'est dans cette création que réside l'espoir de l'humanité. Vous serez vous-même étonné de ce que vous pourrez découvrir.

Lors des projections, il y a souvent des spectateurs qui nous interpellent, suggérant que le film devrait être utilisé dans les écoles. À chaque fois, je réponds que peut-être l'un d'entre vous possède les talents nécessaires et se trouve à la position idéale pour transmettre ce message dans le milieu éducatif. Je renvoie la balle aux autres, car, quant à moi, je vais assurément poursuivre mon chemin, qui bouillonne actuellement de projets et d'idées. Je m'associe avec de merveilleuses personnes que je rencontre, et je découvre leurs dons. C'est magnifique, car nous nous voyons mutuellement et, ensemble, nous pouvons accomplir des choses extraordinaires. Tout comme notre rencontre à vous, elle est stimulante, car elle décuple nos capacités individuelles.

Dans les bonnes nouvelles à venir, l'association des philosophes du Québec va célébrer son 25e anniversaire en projetant "Va vers toi" au début de leur journée, suivi d'un débat entre philosophes. Cela me remplit de joie, car le film aborde l'idée que la philosophie au Québec a fait le choix de ne pas se tourner vers la connaissance de soi, privilégiant les débats. Et là, tu sais, j'ai le sentiment que lors de cette rencontre, Cajetan va prendre la parole et essayer de promouvoir un changement positif pour notre société. Imaginez si les philosophes, les psychologues et d'autres professionnels agissaient ainsi. De nombreux psychologues m'ont écrit pour me remercier, me dire que le film résumait parfaitement leurs pensées. Je n'en reviens pas.

Je n'ai jamais eu l'opportunité d'être suivie par un psychologue, bien que j'en ai toujours eu le désir. Maintenant, entendre que ma recherche est validée par des psychologues, qu'elle est juste, cela me fait un bien immense. Et puis, cela permet aux psychologues d'aller encore plus loin dans leur pratique. Si chaque domaine se mobilisait, si chacun se levait dans la présence et la conscience pour apporter le meilleur de ses connaissances au monde, ce serait magnifique.

Par ailleurs, je vais collaborer avec "La Solution est en Vous" pour créer un parcours "Va vers toi". "La Solution est en Vous" propose déjà de superbes parcours de développement personnel, comme le parcours Mikana avec les Autochtones. Nous allons donc lancer le parcours "Va vers toi", accessible tous les trois mois, soit quatre fois par an. Les gens peuvent s'inscrire en ligne et il y aura un approfondissement des thématiques chaque semaine, ce qui m'enthousiasme énormément.

Ensuite, il y a la France. Nous allons y faire des essais, ainsi qu'en Suisse, pour voir si nous pouvons nous permettre d'y organiser des projections, malgré le coût élevé des salles. Mais nous sentons qu'il y a aussi une réelle soif là-bas.

Guillaume : L'engagement politique m'a toujours passionné. Chez moi, dans la région du Lac-Saint-Jean, la politique était au cœur des discussions, avec ce désir ardent de faire du Québec un pays indépendant. Ces débats animés, bien que portés par de bonnes intentions, me semblaient souvent aboutir à des blessures mutuelles, plus qu'à une véritable compréhension. J'observais que malgré la noblesse de leurs aspirations, les gens se connaissaient mal, ce qui me laissait perplexe quant à la viabilité de leur projet.

Pour moi, il devenait évident que ce que nous recherchions devait d'abord se trouver à l'intérieur de nous-mêmes. C'est ainsi que m'est venue l'intuition de créer un parti Va vers toi". Ce concept, que j'ai proposé lors du lancement du film, a rapidement pris son envol, rassemblant déjà 350 membres. Nous avons même fait le pas de l'envoyer à Élection Québec. Cette initiative représente un effort pour introduire la démarche du "va vers toi" dans d’autres domaines de la société.

Xavie : Influencer dans le meilleur des cas, ou au moins éveiller la curiosité, voilà notre aspiration. Le message que nous portons est particulier. L'expression "va vers toi" nous a été si rarement suggérée, et pourtant, lorsqu'elle l'est, elle semble faire sens et résonner chez les gens. Elle n'est pas menaçante, elle est simplement porteuse d'espoir et de positivité.

Il est vrai que les médias actuels se montrent réticents, peut-être à cause de leur frilosité envers la spiritualité ou d'autres sujets sensibles. Ils hésitent à s'engager, malgré les nombreuses fois où nous avons frappé à leur porte. Ce n'est pas là que réside notre voix pour l'instant.

Néanmoins, nous constatons que le public répond présent. Les salles sont pleines, les gens sont heureux de se pencher sur ces questions. Nous envisageons alors d'emprunter la voie politique pour diffuser notre message, non pas à travers des slogans agressifs, mais plutôt avec des pancartes portant de belles citations, des invitations à se tourner "vers toi", vers l'intérieur.

Pourquoi pas, après tout ? Dans une société qui semble ne pas aller bien, en proie à des crises à chaque tournant, un message simple et clair peut être un baume. Il s'agit d'une tentative de toucher les gens là où ils sont, en leur offrant une lueur d'espoir et de réflexion personnelle.

Un dernier message pour les lecteurs ?   

Xavie : Cela a toujours été ma conviction profonde : chercher en soi ce royaume intérieur, conformément aux paroles attribuées à Jésus, "cherchez d'abord le royaume de Dieu et tout le reste vous sera donné en plus". Pour moi, cette idée résonne avec force car le royaume de Dieu, c'est en moi que je le trouve. En le cherchant à l'intérieur de moi-même, je constate que tout le reste suit naturellement. Les besoins sont pourvus et la vie s'organise harmonieusement.

Le terme "royaume" n'est certes pas courant dans notre vocabulaire contemporain, mais il évoque pour moi la notion de souveraineté personnelle. Je suis souveraine de ma propre vie. Si je ne m'aime pas, ne me protège pas, ne me respecte pas, comment puis-je attendre des autres qu'ils le fassent ? Je suis la reine de mon être, c'est à moi de m'aimer, de me protéger, de me respecter, de me valoriser, de me libérer, de me connaître, de me voir et de me légitimer. De reconnaître mes dons et de les offrir au monde.

Je crois que cela est vrai pour chacun de nous, mais notre souveraineté a été érodée au fil du temps par l'Église, la politique, par de nombreuses institutions qui semblent nous dire : "Tu as besoin de moi". On nous a fait douter de notre pouvoir personnel.

Mon message est simple : je souhaite que les gens prennent conscience de leur propre souveraineté. Ils sont les maîtres de leur vie, les architectes de leur destin. C'est à eux de régner sur leur existence.

Guillaume : Lorsque nous nous tournons vers nous-mêmes, certains y voient un acte d'égoïsme, mais tout dépend de l'intention derrière cette démarche. Si l'objectif est de progresser, d'évoluer, loin de nous cantonner à une simple auto-complaisance, alors ce voyage intérieur a un tout autre sens.

Je suis convaincu que le cheminement vers soi n'est pas un repli égoïste. Au contraire, plus je me connecte à mon essence, plus je suis à même d'établir une véritable connexion avec autrui. Les gens ressentent cette libération, ce qui, à son tour, les inspire. C'est une contagion positive ; nous nous influençons mutuellement pour trouver la paix.

Ce n'est donc pas un mouvement qui prône l'égoïsme, mais plutôt une quête de liberté personnelle qui contribue au bien collectif. "Va vers toi" n'est pas un appel à l'égoïsme, mais une incitation à libérer notre créativité, et une créativité humaine libérée promet d'être une force magnifique sur Terre.

Propos recueillis le 1.03.2024


Site internet du film "Va vers toi”


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Hózhó - La voie de la beauté de la nation Navajo

29 février 2024 à 12:41
Lorenza Garcia

Lorenza Garcia est réalisatrice, artiste peintre et chanteuse. Elle partage sa vie entre la France et l’Arizona, où se situe le désert des Navajos. Initiée à l’art qui guérit la terre, elle fonde l’association Navajo France, où elle œuvre comme
« passeuse » de la culture Diné en France.
Vingt ans auprès des Navajos: Hózhó, mon chemin sur la voie de la beauté” est son livre paru chez
Mama Editions (2024).

Comment s’est passée votre rencontre avec les Dinés ?

J'ai découvert les Dinés pour la première fois en février 1996 à Paris au Parc de la Villette lors d’un évènement organisé par deux commissaires-priseurs, Jean-Pierre Barou et Sylvie Crossman1, liés aux cultures et connaissances ancestrales. J'ai été frappée par une synchronicité à laquelle je ne m’attendais pas. En tant qu'artiste chanteuse et ayant étudié la peinture à l’école des Beaux-Arts de Paris, je réalisais à cette même période des peintures de sable avec du sable et des pigments. Les Dinés, qui veut dire « Le Peuple » en langue navajo, étaient venus en France pour parler de la "Voie de la Beauté", un précepte qui, dans leur culture, est incarné par la réalisation de peintures de sable et par des chants traditionnels, misent en œuvre lors des rituels de guérison. Ces cérémonies visent à préserver la beauté. Cette beauté, que les Dinés traduisent par le mot hózhó, est un trait d’union entre le monde visible et invisible et appartient aux mondes et aux mythes de l’histoire de la Création des Dinés.

Cette conception résonnait déjà avec ma propre vision de l’importance de la place de l'art dans la société. Selon moi, l’art est un outil qui permet d’exister. C’est aussi une expression de soi qui invite au voyage entre les mondes visibles et invisibles. Tel que je le pratique, l’art reflète quelque chose de plus grand que moi-même. Quels que soit les aspects techniques utilisés, l’art est un progrès de l’esprit qui transcrit dans le monde visible, des émotions, des inspirations, des espoirs et qui porte le regard à voir le monde autrement.

Pour les hommes/femmes médecine, garants d’un état d’équilibre en lien avec la beauté, l'art tel que nous le concevons n'existe pas. Leurs chants et leurs peintures de sable sacrés qui ne peuvent être dévoilés que dans des moments privilégiés, permettent de réaligner un ou plusieurs patients avec l'origine d’un monde qui leur est propre. Ce monde s’accompagne de la présence d’une Déité appelée Femme Changeante, des Êtres Sacrés... Il n’y a pas de séparation, pas de dichotomie entre le sacré et le profane. Ma rencontre auprès des Dinés, à ce moment-là, a bouleversé ma vie.

Pour eux, tout est vivant et relié. La présence du vent, de la pluie, évoque le lien que les Dinés ont avec eux. Ils expliquent que le vent, la pluie peut-être parfois féminin, ou masculin. Ils reconnaissent ces signes car pour eux tout ce qui a été créé est porteur d’une « forme intérieure » ou « âme ».

Quelques mois après ma première rencontre avec eux à Paris et suite à leur invitation à les rencontrer chez eux, j’ai pu les retrouver sur leurs terres; un territoire vaste comme deux fois la Belgique, comprenant trois États qui sont le Nouveau-Mexique, l'Arizona et l'Utah.  Les Dinés sont plus de 300 000 membres, dont plus de 175 000 vivent sur leur terre, appelée la Nation Navajo.

Lors de mes premières visites, j’ai pu retrouver certaines personnes, dont les hommes médecine rencontrés à Paris. J'ai eu l'immense privilège de participer à certaines de leurs cérémonies dans le hogan; une structure octogonale dont la porte d’entrée est orientée vers l'Est symbole de renouveau, de renaissance en lien avec le lever du soleil. Le hogan est une construction sacrée, écologiquement adaptée au mode de vie traditionnel et dont la forme est associée à la cosmogonie Diné. C’est dans le hogan, que chants et guérison célèbrent le renouvellement de la vie. Les Dinés croient que les Êtres Sacrés ont enseigné le chant.  Ces chants sont destinés à leurs foyers afin que leurs vies en famille soient en harmonie, en équilibre. Dans tout leur univers hózhó, ou ce qu’ils appellent les cérémonies de bénédiction, ils commencent toujours par le chant du hogan. C’est ici, par le chant, que j’ai pu continuer à les rencontrer.

Durant une cérémonie, ils m'ont demandé de rester avec eux et de partager leur existence de retour dans mon pays. J'ai accepté, sans réaliser l'ampleur de cette demande. Depuis 1996, je continue à maintenir cette passerelle entre les deux cultures, en transmettant les enseignements de hózhó. Parrainée par Pierre Rabhi, j’ai également créé l’association Navajo France 2 afin d’inviter en France les Dinés lors d’évènements interculturels autour de l’agroécologie en terre Navajo.

Comment les Dinés vivent-ils la modernité ?

Il est important de reconnaître que le peuple Navajo, peuple premier d’Amérique du Nord, est en réalité une nation souveraine. Après avoir enduré la tragique histoire de « La Longue Marche » entre 1864 et 1868, où ils furent traités comme des esclaves et forcés de quitter leurs terres, ils sont les seuls à être retournés sur leur territoire ancestral donnant suite à la signature de traités de paix.

Aujourd'hui, la Nation Navajo, appelée aussi Nation Diné, Diné bikéyah, est représenté par un président, un conseil tribal et reconnue comme l'un des gouvernements tribaux les plus importants en Amérique du Nord. Ses institutions comprennent un système judiciaire, un système policier et des services sociaux. Ils ont établi leurs propres lois, reflétant leur vision du monde et la cosmogonie. Bien qu’usufruitiers de leur territoire, - 80 % étant sous contrôle fédéral - ils maintiennent une relation unique entre leur gouvernance et le gouvernement des États-Unis. La plupart des infractions commises sur le territoire Navajo sont traitées par leur propre police tribale et leur propre Cour suprême.

Dans les fondations de la loi dinée, la Terre et l’univers incarnent la pensée, l’air et la végétation variée incarnent la vie. La pensée est le fondement de la planification. La vie est le fondement de la sagesse. Ces principes ont été institués en eux depuis l’histoire de La Création et les Dinés l’incarnent en conséquence, en restant identifiés par leur nom, Diné.

La préservation de la langue Navajo, longtemps réprimée, est désormais une priorité dans l'éducation. La langue Dinée est sacrée et les Dinés l’ont prouvé. Leurs ancêtres se sont engagés dans les Marines durant la guerre du Pacifique (les Code Talkers). Leur vision a consisté à améliorer la sécurité de leurs vies, tout en restant reliés à la Terre. Pour eux, le danger qu’encourait la Terre-mère touchait à leur système de valeurs. Leurs buts n’étaient pas de tuer des gens. En tant que défenseurs de la Terre, les armes qu’ils ont utilisées étaient le langage. Les Code Talkers ont transformé leur langue ancienne et en ont fait un code pour déjouer les plans et attaques de l’ennemi. De plus, leur participation lors de la Seconde Guerre Mondiale s'est étendue jusqu'aux plages de Normandie, où des Navajos sont morts pour la France 3.

Pour les Navajos, vivre aujourd’hui entre tradition et modernité n'est pas seulement une question d'identité. C’est aussi maintenir le précepte de hózhó qui symbolise aussi l'alignement entre le ciel et la terre ; une vision de résilience et de bienveillance pour construire un monde meilleur. Ils aspirent à léguer une terre pérenne pour les générations futures, en cohérence avec les lois de l’Univers, et celles du cycle de la terre qu’ils appellent la Terre-Mère.

Les enseignements des Dinés autour des préceptes d'harmonie découlent du fait qu’il est important de pacifier la haine, la violence, qui existe entre les êtres humains. Cette vision invite à voir la manière avec laquelle nous entretenons notre relation à la Terre et pourrait bien ressembler à celle que nous entretenons les uns avec les autres. La préservation de la vie, des cycles naturels, et de l'interdépendance avec tous les règnes de la nature est au cœur de leur philosophie, refusant toute supériorité humaine et toute domination injustifiée. Selon moi, cette façon de concevoir la vie permet d’entraver les souffrances du passé.

Comment les Dinés maintiennent-ils leur alignement avec hózhó au quotidien ? 

Il est du devoir et de la responsabilité des Dinés de protéger et de préserver la beauté du monde naturel pour les générations futures. Cela revient à préserver des principes du cycle de la vie. Hózhó c’est la joie, la beauté, la santé, l'amour, la prospérité, la conscience, l'humour, la réussite, l’équilibre, l’harmonie, la paix, l’amour. Aucun de ces termes n’est considéré comme supérieur ou inférieur aux autres. Imaginons que nous soyons au centre de ces valeurs, irradiant tel le soleil, avec chaque rayon représentant un de ces préceptes. Vivre en équilibre, c'est s'assurer qu'aucune de ces valeurs ne prédomine au détriment des autres. Par conséquent, une obsession pour l'argent peut déséquilibrer la fonction de hózhó, affecter la santé personnelle ou celle de la famille et s’éloigner de la notion de hózhó, chère aux Dinés.

Lorsqu'une personne s'écarte de hózhó, cela reflète un déséquilibre non seulement individuel, mais aussi communautaire. Les pratiques de guérison des hommes/femmes médecine visent à réaligner l'individu, ce qui, par extension, nourrit l'harmonie de l'ensemble de la communauté. Le "je" et le "nous" cohabitent ensemble. Ainsi, le bien-être de l'individu appartiendra à celui de la collectivité.

La bienveillance est également essentielle. Elle est chez les Dinés inscrite dans le « K’é ». K’é permet aux uns et aux autres de rester soudés dans l’adversité. Il aide à faire preuve de solidarité dans ce qui soutient le monde des êtres humains en pratiquant l’ouverture, l’entraide et la bonté. Parce qu’il aide à gérer les relations et le lien de parenté, K’é incite à maintenir des relations de coopération et de convivialité lors d’obligations mutuelles. Cette démarche puise ses racines dans l’importance du foyer, de la famille, sans oublier leur système clanique4.

Même dans les situations complexes où s'entremêlent le bien et le mal, il est crucial de toujours chercher l’harmonie pour transcender les clivages et les tensions. Pour les Navajos, les pensées sont vivantes et la parole sacrée; marcher sa parole, c'est-à-dire agir en cohérence avec ses paroles, est important. Cela implique que nos paroles et actions soient également alignées avec une conscience supérieure, garantissant ainsi une meilleure compréhension de soi en lien avec ce qui nous entoure.

L'existence et la résilience du peuple Diné, malgré les génocides passés, témoignent de leur capacité à restaurer et à vivre en harmonie avec leur terre entourée des quatre montagnes sacrées. Leur territoire est délimité par ces montagnes qui enracinent leur lien avec la sacralité du monde vivant, visible et invisible. En co-créant et en mettant en œuvre des activités diverses avec ces valeurs, ils aspirent à préserver la sacralité de la vie et la préservation de leur patrimoine culturel et spirituel.

Comment la communauté Dinée intègre-t-elle "hózhó" dans son fonctionnement ?  

L'essence de hózhó s'étend au-delà de la simple notion de bien-être personnel ; elle imprègne également le système de leur gouvernance y compris celui de la justice Navajo, souvent représentée par une femme juge. Leur société matriarcale et matrilinéaire, présente la place de la femme comme essentielle. Elle incarne à travers ses actions, le lien vital avec la Terre-Mère et avec la déité Femme Changeante, considérée comme la mère suprême qui possède des caractéristiques telles que la gentillesse, la bienveillance, la force et la beauté.

Au cœur de leur justice, la femme juge pourra insister auprès du détenu à se rappeler de l’origine du monde navajo. Elle ne cherchera pas à condamner, mais à restaurer l’harmonie en lui. Lorsqu'une personne commet un délit, cela est perçu comme un éloignement de hózhó, une rupture de l'harmonie en lui-même et donc au sein de la famille, de la communauté et potentiellement en rapport au lieu même où l'acte a été commis.

Le système juridique cherche à comprendre ce qui a conduit l'individu à cette situation. Le détenu peut être en relation avec un homme/femme médecine traditionnel et peut participer à une hutte de sudation de la prison pour se purifier. La juge encourage la personne à reconnaître ses écarts envers le monde traditionnel, facilitant ainsi un retour à l'harmonie grâce aux enseignements ancestraux.

Les Dinés sont reliés à la souffrance de la Terre qu’ils considèrent comme un être vivant. Pour eux, nos actions personnelles et individuelles peuvent influer sur le monde, en contraste avec les sociétés modernes souvent déconnectées de ces notions. J’écris dans mon livre, « Vingt ans auprès des Navajos hózhó, mon chemin sur la voie de la beauté 5 », que mon initiation à hózhó m'a appris à rester reliée à la beauté, que mon alignement influence celui de ma communauté. Si je suis moins hózhó, eux seront moins hózhó.  C’est ainsi que les Navajos encouragent les nouvelles générations à honorer les enseignements que les anciens leur ont transmis, malgré les souffrances historiques. Perpétuer la langue maternelle, les pratiques et l’artisanat traditionnels, la danse et le chant sont des outils essentiels qui aident à s’extraire de toutes postures binaires pour rester en lien avec l’impact positif de la transmission orale.

Reconnaissant que la terre nous nourrît, nous donne la vie, l'approche des Dinés est de vivre en harmonie et non en opposition ou en conflit avec cette réalité dont nous dépendons tous. Ils nous invitent à œuvrer pour l'harmonie collective et à comprendre que nous appartenons à la Terre, ce qui est fondamental pour construire un monde nouveau.  On ne vit non pas contre quelque chose, mais pour et avec tout ce qui nous entoure.

Comment les Occidentaux « modernes » peuvent-ils développer cette manière d’être au monde ?

Lorsque j’ai rencontré les Dinés, ils m'ont offert une révélation puissante : "Tu es comme nous, mais tu l'as oublié". Cela suggérait qu’une connexion intrinsèque entre tous les êtres humains était comme tombée dans l’oubli et qu'il était de mon devoir de me relier à cette mémoire ancienne. Cette pensée profonde est enracinée dans l'interconnexion de toute existence et dans la continuité sacrée qui traverse les mondes visibles et invisibles.

À travers leurs récits issus de l’histoire de la Création, ils parlent de l'émergence du 1er monde vers le 4ème monde (monde d’aujourd’hui pour certains Navajos). Ces passages successifs transcendent toute idée de séparation et résonnent avec une sorte d’orchestration cosmique bien plus vaste que notre compréhension, chaque monde étant l’un après l’autre plus harmonieux. A cet effet, s'aligner avec hózhó et k’é, permet de tirer les leçons apprises du passé tout en intégrant les préceptes d’harmonie qui en découlent.

Selon moi, cette approche symbolique confirme qu’en prenant conscience que nous sommes tous interdépendants, il est juste que nous nous penchions sur la tragédie du monde actuel et que nous nous inspirions des Peuples Premiers pour apprendre à faire cesser en nous la souffrance issue de la croyance de la séparation.  Le monde du matérialisme et du consumérisme fait que nous nous excluons du cycle de la vie, des besoins vitaux. Pour le réintégrer, les Dinés se définissent comme le "peuple à cinq doigts". Une métaphore de notre humanité partagée et de notre responsabilité envers la seule Terre que nous habitons.

Les Navajos enseignent que notre passage de vie sur terre, intimement lié à cette compréhension plus grande que nous, entraîne à cheminer sur le sentier de la beauté. Marcher dans la beauté n’est pas un acte spontané. C’est être présent de manière constante à ce principe et dans tous les aspects de la vie quotidienne. Cette vigilance aide à garder un œil ouvert sur notre existence et les expériences parfois difficiles qui peuvent nous éloigner de hózhó. Être en co-création avec la sacralité de la vie est une remise en question constante.

Selon les concepts d’harmonie, d’espace-temps, de commencement, de liens intergénérationnels, de transmission de vie, d’amour, de beauté, d’univers et de passé, il n’y a pas de séparation dans cette perception du monde. Le souffle de vie de la Création, du Créateur, est là pour que soit redistribuée à l’ensemble des choses animées et inanimées la sacralité.  C’est ainsi que les Dinés vivent et grandissent aujourd’hui sur la Terre Mère. Ils appartiennent à ces valeurs fondamentales. Pour eux, cet état d’équilibre en soi et tout autour de soi n’a pas de frontière.

En tant qu'artiste et personne en quête d’un monde plus harmonieux, j'ai appris à respecter et honorer cette force intérieure qui me pousse à apprendre, à transcender mon ego et à me connecter aux valeurs universelles que j’exprime à travers mes créations artistiques et mes actions avec Navajo France. Cette connexion à une conscience plus vaste inspirée des Dinés, m’a permis d’être reconnaissante envers chaque cadeau et chaque apprentissage que la vie m’a offerts et m’offre généreusement aujourd’hui.

Un message à transmettre en guise de conclusion ?

Avoir conscience que la terre ne nous appartient pas, libère du poids du monde. Cette perspective est une invitation à reconnaître que nous sommes de passage et que nous empruntons la terre de nos enfants. Trouver son chant, faire vibrer son cœur, laisser une trace consciente sur la terre sont de nos jours, des actes d’une importance vitale. Ils sont l'essence même de qui nous sommes. Pour cela, il est important de pacifier les tensions, l’arrogance qui existent entre les êtres humains. Pacifier c’est restaurer la beauté plutôt que juger.

Au-delà de la représentation sociale, professionnelle, familiale, que l’on soit artiste ou non, génie ou simple citoyen, chacun porte en lui cette étincelle qui unit les êtres par le cœur et de surcroît, le cœur de la terre matrice reliée au soleil. Pour accéder à ce mode de fonctionnement de l’esprit, il existe deux choses.  La simplicité et l’intelligence. Ces valeurs qui sont universelles sont à elles deux un centre invisible à partir duquel tout rayonne. C’est l’amour. Mais cela aussi peut-être un grain de sable dans la mécanique du cœur, car l’amour ne peut être qu’Un. Un comme la joie, non pas ensemble avec l’amour, mais unis. C’est hózhó.

La Beauté, tout autour de nous, marchons.

Propos recueillis le 20.02.2024


Sites de Lorenza Garcia


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Préface : Sylvie Crossman
Postface : Jean-Pierre Barou
Livre autrice Lorenza Garcia : Vingt ans auprès des Navajos, Hózhó, mon chemin sur la voie de la beauté.
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https://navajo-france.com/
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Extrait Vingt ans auprès des Navajos, hózhó, mon chemin sur la voie de la beauté.
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Extrait Vingt ans auprès des Navajos, hózhó, mon chemin sur la voie de la beauté.
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Mama Éditions

OpenFlow, la communauté des EntreDonneurs

26 février 2024 à 16:15
Olivier Wénin

Olivier Wénin est le fondateur d’OpenFlow une coopérative dont la raison d’être est d’impacter globalement en œuvrant à une transformation locale au départ d’un soi pleinement aligné.

Comment est née OpenFlow ?

OpenFlow, fondé en novembre 2019, est l'aboutissement d'un cheminement de plusieurs années. Mon parcours d'ingénieur civil en électromécanique m'a mené à travailler dans le secteur des grandes entreprises (aéronautique et pharmaceutique), ainsi que dans des PME spécialisées dans l'industrie 4.0, touchant à la robotique et à l'automation. J’avais suivi une voie tracée, celle d’un ingénieur qui monte en responsabilité dans des entreprises technologiques, et je n’avais pas encore pris conscience que je n’exprimais pas assez ma part émotionnelle et spirituelle, pourtant bien présente en moi, un peu comme une marmite sous pression. Dans ce milieu par essence très cartésien et matérialiste, fortement axé sur la performance et le succès, je n’osais pas encore exprimer ma forte sensibilité et ces parts de moi pourtant si importantes dans le monde actuel. Je me sentais désaxé, ce qui est particulier pour un ingénieur.

Durant ces années j'ai longtemps mis sur le dos de l’entreprise la responsabilité de m'empêcher de développer ma créativité et ma véritable identité. Je ressentais en réalité une forme de cloisonnement intérieur entre mes différentes casquettes : ingénieur, père, ami, collègue. Je ne me sentais pas complètement moi-même dans chacune de ces facettes de ma personnalité. Je m'efforçais d'être en harmonie avec un monde extérieur qui, selon moi, devait nourrir mon accomplissement personnel. C’était avant de comprendre, bien plus tard, que l’harmonie est évidemment à trouver en soi, sans l’attendre de l’extérieur. La « responsabilité » ne se situe au niveau des entreprises ou des autres.

En 2019, je trouvais de moins en moins de sens dans la finalité de ce que j’entreprenais au sein des différentes fonctions managériales. C’est alors qu’avec Frédéric Legardien, un de mes meilleurs amis, nous avons partagé nos aspirations à oeuvrer plus utilement à la société en collaborant et en mettant nos compétences au service de projet qui contribuent positivement au monde. Cela a marqué le début d'OpenFlow. J'ai alors découvert les coopératives et l'économie des communs, influencé par des figures comme l'économiste belge Michel Bauwens, et des organisations telles que Sensorica, OuiShare et Enspiral. J’ai aussi ressenti une révélation en lisant « Reinventing Organisation » de Frédéric Laloux. Je ressentais en moi l’élan d’expérimenter ce qu’est une entreprise Opale. Ne le trouvant pas autour de moi, je l’ai humblement tenté en créant OpenFlow avec d’autres amis. Toutes ces découvertes ont renforcé mon désir de créer une coopérative offrant la possibilité de participer à la gouvernance d’une organisation et de s'investir pleinement. Venant pour la plupart du monde de l’économie traditionnelle, nous entrions dans un nouveau monde : l’économie des communs, l’innovation ouverte, la gouvernance participative, … C’était magnifique, un vrai élan porteur.

Un autre moteur important pour moi à cette époque, c’est le regard questionnant de mes filles Julia (8 ans), et Eva (5 ans). « Que fais-tu dans la vie Papa ? » « Des moteurs d’avion, des robots ». Cela me paraissait vide de sens au regard de ce que je découvrais par ailleurs : l’agrandissement des fractures environnementales, sociales et intérieures qui secouent notre époque, et l’urgence apparente de ces enjeux. Comment continuer à faire comme d’habitude quand je découvre ce qui les attend ? J’ai la chance d’être né dans un environnement qui m’a permis de développer certaines compétences intellectuelles, je me devais de trouver d’autres manières de les utiliser hors du « as usual » tout tracé par la société. C’est ainsi qu’ OpenFlow s'est de plus en plus orienté vers des projets qui cultivent l’écoute de soi, des autres, et du vivant, tout en l’ancrant dans le concret des projets, car c’est dans le concret que l’expérience se nourrit.

Personnellement, je dirais que durant ces 4 ans, j'ai cherché à unifier mes polarités : l'ingénieur rationnel et l'être émotionnel et spirituel, désireux de se connecter à quelque chose de plus grand que soi. OpenFlow est devenu une communauté, une sorte d’oasis dans lequel les Entredonneurs viennent se ressourcer, se reconnecter à eux-mêmes, échanger et partager, pour ensuite continuer leur chemin, et retourner dans leurs projets de tous les jours, animé d’une posture plus alignée. Aujourd'hui, OpenFlow est un écosystème d'une centaine de personnes en transition, cherchant à harmoniser l'être et le faire et à travailler sur ses polarités intérieures.

Quelles sont les activités d’OpenFlow ?

Les EntreDonneurs se réunissent mensuellement lors d'un événement nommé le chapitre. C'est un moment privilégié pour tous, des plus anciens aux nouveaux venus, de se retrouver, d'échanger et de partager. Nos chapitres sont articulés autour de trois axes principaux : s'inspirer, explorer de nouveaux possibles dans l’entrepreneuriat et agir dans le concret.

« S’inspirer » vient de conférences et ateliers animés par des intervenants qui partagent leur expérience de la transition dans le monde de l'entreprise. « L'exploration » concerne le dépassement de nos zones de confort, la découverte de nos angles morts. Nous invitons les Entredonneurs habitués à privilégier le mental à s'ouvrir à la dimension corporelle, à la reconnexion avec les émotions. Des méthodes comme la théorie U ou des ateliers énergétiques sont explorés. Nous nous penchons également sur les polarités internes et les zones d'ombre, notamment notre relation à l'argent, souvent révélatrice de nos projections.

Nous interrogeons les dualités traditionnelles et les dynamiques de pouvoir, que ce soit en termes de genre ou de statut social, toujours dans une perspective entrepreneuriale, en cherchant à développer une nouvelle posture dans ce domaine.

Concernant la thématique « Agir dans le concret », nous accueillons des porteurs de projets passionnés, en phase de transition, pour les aider à concrétiser ou renforcer leurs initiatives de cœur. OpenFlow est aussi un espace collaboratif où naissent des projets entrepreneuriaux mutualisés, qui s’inspirent de l’économie des communs.

À côté des rencontres-chapitres, OpenFlow s'articule autour de trois activités principales :

1. Laboratoire d'Exploration : Il s'agit de repenser les manières d'être et de faire en entrepreneuriat, de sorte que nos membres puissent ensuite diffuser de nouvelles idées et approches dans leurs environnements professionnels traditionnels.

2. Incubateur d'EntreDonneurs : Nous accompagnons les personnes en transition, les aidant à passer de l'oubli de soi à la pleine expression de soi, à l'image d'une couveuse nourrissant leur transformation.

3. Incubateur de Projets de Cœur : Nous œuvrons dans l'innovation ouverte et l'économie des communs, partageant outils, connaissances et temps pour soutenir mutuellement nos projets ou pour en initier de nouveaux bénéfiques à la collectivité.

Nous avons mis en place des outils de communication partagée pour mettre en lumière les membres d'OpenFlow et leurs projets. Un exemple concret est "NamurBoutik", une plateforme phydigitale conçue en collaboration avec les commerçants de la ville de Namur en Belgique pour connecter le commerce en ligne et physique, un projet qui bénéficie du soutien de la ville et de la province de Namur, et qui aide une centaine de commerçants locaux. C'est ainsi que nous incarnons notre vision : par des actions concrètes et collaboratives, nous contribuons à la création d'un monde plus relié et sensé.

Quelle est votre définition de la transition ?

Le terme "transition" que j'utilise abondamment m'interpelle parfois. Bien qu'il suggère un passage continu d'un état à un autre, l'idée du voyage du héros propre à Joseph Campbell résonne également avec ma vision de la transition. Pour moi c’est une odyssée, une découverte de soi, dans laquelle nous évoluons en spirale évolutive. On se sent appelé, on passe par des moments de peur, de doute. On rencontre les bonnes personnes au bon moment. On développe le sens d’attention aux signes porteurs. Une fois la peur dépassée, on ressent des élans de créativité incroyable. Puis on a l’impression d’être revenu chez soi, au point de départ, tout en se sentant transformé intérieurement. Et cela continue de la sorte. Je remarque qu’une transition se produit en moi, et autour de moi dans mon environnement proche. Cela rayonne. Sur ces cinq dernières années, j'ai longtemps cherché à l'extérieur de moi des réponses et un sens à la vie, auprès de personnes inspirantes, de guides, de mentors. Bien que cela m'ait enrichi, j'ai fini par comprendre que le monde extérieur est le reflet de notre intériorité, une projection de notre propre être.

J'ai pris conscience que vouloir "sauver le monde" pouvait aussi épuiser et mener au burn-out. Reconnaissant cette réalité, j'ai volontairement cessé de travailler et je me suis consacré davantage à ralentir, prendre du temps pour moi, pour mes filles et mon épouse. Ayant une nature empathique, je me suis rendu compte que je donnais beaucoup aux autres, mais pas suffisamment à moi-même.

Cette prise de conscience a été un moment charnière, un ralentissement salutaire qui m'a permis de trouver un équilibre entre mon être intérieur et mes actions extérieures. C'est cette harmonie que j'ai souhaité instaurer dans ma vie avant de l'exporter dans le monde. En entamant ce chemin intérieur, j'ai éclairci de nombreux aspects de ma vie et du projet OpenFlow, qui, auparavant, se profilait comme un projet entrepreneurial, un moyen de donner du sens à ma vie et de réussir.

En revenant à moi-même, à mon écoute, j'ai libéré une nouvelle énergie qui a rendu le projet OpenFlow naturellement magnétique, invitant les membres à entreprendre cette même démarche intérieure. La transition est donc autant intérieure qu'extérieure et les deux sont intrinsèquement liées. Je perçois OpenFlow non pas comme un simple espace de développement personnel ou comme un incubateur de projets, mais comme l'intégration de ces deux dimensions.

Plutôt que de se perdre dans les dualités ou dans le rejet du monde tel qu'il est, il s'agit de chercher l'intégration, une "troisième voie" qui embrasse les polarités et transforme les "ou" en "et". Je crois fermement que si chacun entreprend ce voyage intérieur pour se reconnecter à ses besoins essentiels, à ce qui rend fondamentalement et simplement heureux, sans artifice, cela se reflétera dans des projets plus alignés avec les véritables besoins du monde.

Chez OpenFlow, nous créons un espace où les gens peuvent se reconnecter à leurs valeurs et vertus fondamentales, telles que la coopération, la solidarité, l’audace, l’humanité, la sagesse, le partage, la confiance. Les projets qui en émergent ne se limitent pas à l'écologie ou à la transition environnementale ; ils peuvent également toucher à des domaines plus traditionnels ou industriels, mais toujours avec cette notion de transition de notre posture intérieure. Ainsi, petit à petit, le changement s'opère et se diffuse naturellement. C'est dans cette conviction intime et humble que se fonde la mission d'OpenFlow : créer une nouvelle culture fondée sur la restauration de la qualité de tous les liens endommagés, ou rompus : liens d'écoute et d'estime de soi, lien de solidarité et de fraternité avec autrui, lien de symbiose avec le vivant et le subtil.

Qui sont ces EntreDonneurs qui participent à OpenFlow ?

Le terme "EntreDonneur" inspiré de Michel Bauwens, qui lui-même l'aurait repris de monsieur Wood, a tout de suite résonné avec moi. L'idée d'être à la fois entrepreneur et donneur, c'est-à-dire de donner et de recevoir dans un équilibre juste, sans attendre un retour direct et proportionné, a toujours été une notion qui m'a profondément parlé. J'ai un passé dans le scoutisme, les sports d'équipe, où l'esprit de collectif est prédominant, et où l'on fonctionne beaucoup sur le principe du donner et recevoir. Dans un tel système, on donne le meilleur de soi, et on en retire tellement dans différentes temporalités. Dans la victoire et la défaite, ce qui compte pour moi c’est ce qui se joue, c’est le chemin, ce que l’on vit et ce qu’on apprend ensemble et sur soi. Et si le monde de l’entrepreneuriat ressemblait plus à cela ? Aujourd’hui beaucoup de personnes, dont je faisais partie, ont peur qu’en donnant le meilleur d’elles-mêmes, il y ait un retour de manivelle négatif. Beaucoup ont vécu et ressenti cela. Cela crée un monde entrepreneurial dans lequel on n’ose plus être soi, authentique, et dépose sa vulnérabilité de peur d’être rejeté.

Chez OpenFlow, nous utilisons le terme "EntreDonneur" pour décrire une nouvelle approche de l'entrepreneuriat, une manière de donner le meilleur de soi sans nécessairement attendre un retour immédiat. Cela repose sur la confiance que l'univers, ou dans notre cas la communauté OpenFlow, peut nous renvoyer ce que nous avons donné, souvent dans une autre temporalité. Nous prêtons attention à donner plus de ce que nous voulons voir dans le monde : coopération, attention, écoute véritable, entraide, … Et nous le recevons par ailleurs. Nous donnons donc notre cœur, notre temps, notre énergie, parfois nos ressources comme des espaces de réunion ou des outils. Et lorsque nous avons besoin d'aide, par exemple en digital, en ingénierie ou en finance, la communauté répond généralement présente, si cela a fait sens.

Il n'y a pas de profil type pour un Entredonneur. Il s’agit de personnes en transition, qui se questionnent sur elles-mêmes, sur le monde, sur l'état de la nature et sur les enjeux sociétaux. Souvent, se sentant seuls ou déconnectés de leur environnement direct, ils trouvent chez OpenFlow d'autres personnes qui partagent leur état d'esprit, qui sont aussi des entrepreneurs dans l'âme, qui vivent et ressentent des choses similaires à eux. D’où la puissance de l’échange et du partage entre-donneurs d’un même état d’âme.

Ces EntreDonneurs viennent de milieux variés : employés d'entreprise, indépendants, dirigeants de PME, principalement en Wallonie, en Belgique. Nous formons des groupes de réflexion thématiques, qui fonctionnent de manière organique, un peu comme dans un forum ouvert où les idées émergent spontanément et où ceux qui ressentent un besoin se rassemblent.

Notre gouvernance se représente par trois cercles concentriques : au centre, les EntreDonneurs les plus engagés dans la gouvernance et la remise en question de l'entrepreneuriat au quotidien; un cercle intermédiaire de ceux qui participent activement aux réunions, ateliers et travaillent ensemble sur différents projets; et enfin, un cercle plus large de sympathisants, moins régulièrement engagés, mais prêts à être sollicités pour soutenir la communauté. C'est cette structure flexible et inclusive qui fait la force d'OpenFlow et qui permet à chacun de contribuer à sa mesure et selon ses besoins.

Quels sont les projets d’OpenFlow pour 2024 ?

OpenFlow s'approche de ses cinq ans et a traversé plusieurs phases, évoluant comme une organisation organique. Cela fait partie de notre apprentissage collectif : apprendre à vivre et à prospérer dans ce mouvement perpétuel.

Nous accompagnons des entreprises, des organisations, dont les dirigeants, qui sont des humains comme les autres (on a parfois tendance à l’oublier) sont des EntreDonneurs dans l'âme et qui cherchent eux-mêmes à développer leur nouvelle vision, et à transformer leur environnement professionnel. Nous savons que dans notre monde complexe et changeant, il n'existe pas de méthode infaillible, et c'est pourquoi notre approche est celle de la co-construction.

L'accompagnement de personnes et de dirigeants est un domaine que nous développons de plus en plus, apportant notre expérience et nos compétences acquises au sein d’OpenFlow pour soutenir les projets des EntreDonneurs. Cette année, nous sommes particulièrement enthousiastes à propos d'un projet baptisé « Générations OpenFlow », dont l'objectif est de recréer de l’échange et du partage entre les différentes générations, des enfants de dix ans aux jeunes adultes, aux quadragénaires et aux seniors fraîchement retraités.

Ce projet vise à transmettre des valeurs qui nous sont chères, tel que l'harmonie, aussi bien dans la transition intérieure qu'extérieure. Nous voulons initier les jeunes à l'écoute de soi, à la méditation, à la conscience énergétique, des compétences essentielles face aux défis posés par l'intelligence artificielle, les réseaux sociaux et les questions de santé mentale. Nous souhaitons les aider à poser les bonnes questions, presque philosophiques, et à concrétiser leurs projets tout en apprenant d'eux, dans un esprit de réciprocité.

Nous envisageons de créer des stages, des camps de vacances, voire une nouvelle forme d'école. Une quinzaine de personnes travaillent activement sur ce projet, qui prend forme de manière collaborative et créative.

Un autre besoin que nous ressentons est celui de nous ancrer dans un lieu physique, un tiers-lieu. Par synchronicité, un projet de ce type se dessine à Namur, intégrant une ferme avec un projet de permaculture, des agoras et un fab lab. OpenFlow est prêt à s'impliquer et à collaborer à ce projet.

En parallèle, nous continuons à travailler sur des projets plus « méta », comme l'appropriation de la vision d'OpenFlow par les nouveaux arrivants. Avec une communauté grandissante, il est essentiel de maintenir notre capacité à explorer nos polarités, nos parts d’ombre, et à transmettre ce que nous apprenons en tant que laboratoire.

L'objectif est aussi de raconter OpenFlow, de partager notre transformation en tant qu'entrepreneurs. Nous nous efforçons de prendre du recul pour mieux comprendre notre évolution et notre essence. Finalement, nous laissons les projets émerger naturellement, sans trop nous accrocher à des plans rigides, mais en suivant plutôt les élans d'énergie qui se présentent à nous.

Un mot de la fin ?

Ce qui me vient spontanément à l'esprit, c'est ma capacité à connecter et à rassembler les personnes appelées dans ce « voyage du héros » vers un autre monde, vers un autre paradigme. Je te remercie Alain pour cette initiative qui n'est pas un hasard, car elle résonne avec ma propre énergie visant à relier les initiatives d'un monde en mutation. Nous avançons ensemble dans le brouillard, avec l'humilité de reconnaître notre ignorance, ce qui nous pousse à nous connecter, à échanger et à partager.

Dans OpenFlow, je ressens l'appel à laisser aux autres Entredonneurs l’espace pour s’approprier l'aspect opérationnel pour me lier davantage à d'autres réseaux qui partagent notre vision, afin de mutualiser nos efforts et de développer davantage de biens communs. Actuellement, je suis animé par l'envie de mesurer l'ampleur de cette énergie de changement : combien sommes-nous à la partager ? Cent, deux cents, mille, dix mille ? L'idée est de lancer un appel à l'union pour évaluer notre nombre, ressentir cette force collective et peut-être même interroger le politique dans son sens le plus noble.

Au lieu de critiquer la politique et les politiciens, et de se lamenter sur nos choix électoraux, il est temps de nous appliquer ces réflexions à nous-mêmes. Travaillons sur notre ego, nos propres clivages, nos polarités, nos divisions. Le point de départ est de se rassembler, de collaborer à ces questions et, peut-être, d'amplifier notre voix collectivement.

Je suis donc reconnaissant pour cette opportunité de partager ces réflexions et d'explorer ensemble les possibilités d'un futur que nous sommes en train de construire. Merci encore, Alain, pour la chance que tu me donnes de m'exprimer et de contribuer à ce mouvement.

Propos recueillis le 22.02.2024


Site internet d’OpenFlow


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Pour une reliance des initiatives de gouvernance citoyenne de la Cité

23 février 2024 à 22:32
Détail de mosaïque d’un temple de l’antique Corinthe en Grèce

La rencontre

Nous avons encore vécu une très riche soirée lors de la 3e Rencontre du Nouveau Monde le 21 février 2024 à Montréal sur le thème “Démocratie et politique, pour une nouvelle gouvernance citoyenne de la Cité”.

Parmi les thèmes abordés : Localisme, subsidiarité, fenêtre d’Overton, changement de paradigme, civilisation de l’être, conscience d’abondance, temps long, décision par consentement, nouvelle chambre citoyenne, souverainisme multidimensionnel, espace transnational et gouvernance à l’ère numérique, hack électoral.

Dans l’espace collaboratif Discernaction vous trouverez :

  • la synthèse des présentations et des échanges

  • le slide des présentations

  • des chats avec Sophia (IA Discernaction) sur le thème de la rencontre

  • des ressources partagées

  • une communauté d’acteurs du changement

La proposition d’action

Au fil des rencontres avec les mouvements citoyens engagés dans une nouvelle approche de la gouvernance de la Cité, je constate qu'il y a une dynamique de reliance à créer. Une constellation permettant de mettre en lien les archipels locaux et d’alimenter la Noosphère. Il ne s'agit pas de fédérer en cherchant à créer une méta-gouvernance, mais davantage de respecter l’unicité des initiatives et dans un premier temps de faciliter la connaissance et l’enrichissement mutuel.

Si cette démarche de reliance vous inspire, contactez-moi en répondant à ce courriel ou via Discernaction.com

L’engagement citoyen à l’heure de la civilisation de l’être

La montée en conscience, l’affirmation de sa souveraineté personnelle, la restauration des liens, la mobilisation sur des projets porteurs de sens autour de valeurs fondamentales communes et une forme de transcendance apparaissent de plus en plus comme les ferments de l’engagement citoyen au service de plus grand que soi.

Cette tendance traduit un mouvement de fond qui échappe à toute affiliation politique ou sociale. C’est d’une véritable révolution des consciences qu’il s’agit. Ou plutôt l’évolution naturelle de l’Humanité vers l’expansion infinie de l’être au sortir de l’illusion de celle l’avoir. Porté par la Vie elle-même, ce mouvement n’a pas besoin de doctrines, de partis, ni même de leaders.

Ce mouvement est celui de l’avènement d’une civilisation de l’être.

Bâtir les fondations de cette nouvelle civilisation de l'être c’est permettre à chaque humain de prendre conscience qu’il peut y participer tout simplement en devenant ce qu’il est profondément

Permettre cette prise de conscience, c’est créer, jour après jour, des liens de soin (pour soulager les souffrances physiques et mentales), de solidarité (pour quitter l’insécurité et la précarité économique), de coopération (pour préserver et développer les communs) et de communion (pour grandir en humanité).    

De plus en plus libérés des attachements de l’ego, nous entrons plus facilement dans de nouvelles relations de partage et de contribution et facilitons la généralisation de fonctionnements en société reposant sur des organisations ouvertes contribuant à la protection et au développement de communs

Œuvrant dans un champ de conscience plus vaste, ouvert aux dimensions subtiles du Réel et partagé par un nombre grandissant d’humains, le service du bien commun et le fonctionnement entre pairs souverains deviennent les formes naturelles du faire ensemble. 

La qualité des relations de soin, de solidarité, de coopération et de communion devient la principale richesse d’une civilisation de l’être. 

Intensité, profondeur et résonance dans l’éternelle fraîcheur de l’instant présent remplacent peu à peu les désirs conditionnés par la peur de la finitude de l’avoir et de l’être et la course aliénante qu’elle provoque dans un espace-temps circonscrit aux limites de la raison. 

Les ressources pour s’engager

Jour après jour, Discernaction participe à la création de cette civilisation de l’être avec :  

  • Une VISION opérationnelle du changement de paradigme qui s’écrit au présent avec des acteurs engagés

  • Un MANIFESTE inscrit dans la réalité offrant 10 points de ralliement destinés à servir de fondation à nos projets communs au service de la Vie

  • Un GUIDE PRATIQUE de l’action citoyenne rassemblant des ressources à travers la francophonie

  • Un ARCHIPEL de liens avec des collectifs francophones enracinés localement et participant à la conversation globale 

  • Des RENCONTRES à Montréal pour contribuer à l'émergence d'une société civile engagée au service de la Vie  

  • Une COMMUNAUTÉ en ligne pour favoriser le développement d’un écosystème dynamique et la création de communs de connaissance

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