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Raspberry Robin – Le malware furtif qui esquive les antivirus

Par : Korben
12 avril 2024 à 23:26

Voici une histoire qui va vous donner des sueurs froides dans le dos juste avant d’aller faire dodo ! Figurez-vous que Raspberry Robin, ce satané malware plus fourbe qu’un présentateur de C8, est de retour pour une nouvelle tournée de piratage en 2024 façon Taylor Swift. Les chercheurs en cybersécurité de chez HP Wolf Security ont repéré ses traces et croyez-moi, il a plus d’un tour dans son sac pour passer entre les mailles du filet !

Ce petit malin utilise des fichiers WSF (Windows Script Files) bien planqués sur différents domaines et sous-domaines pour se faufiler incognito. Et le pire, c’est qu’il arrive à berner ses victimes pour qu’elles aillent d’elles-mêmes sur ces pages web piégées. Une fois que le fichier WSF est exécuté, bim ! Il télécharge son payload principal, un DLL bien vicieux qui peut être n’importe quoi : du SocGholish, du Cobalt Strike, de l’IcedID, du BumbleBee, du TrueBot ou même du ransomware.

Mais avant de télécharger son précieux DLL, il va mener une série de reconnaissances pour vérifier s’il n’est pas en train de se faire piéger dans un environnement d’analyse ou une machine virtuelle. Et si jamais il détecte la présence d’un antivirus comme Avast, Avira, Bitdefender, Check Point, ESET ou Kaspersky, il se met direct en mode furtif et reste planqué.

Et comme si ça suffisait pas, il est même capable de bidouiller les règles d’exclusion de Microsoft Defender pour être sûr de passer entre les gouttes. C’est vraiment le Solid Snake des malwares ! Les scripts qu’il utilise ne sont même pas reconnus comme malveillants par les scanneurs sur VirusTotal, c’est dire à quel point il est balèze en infiltration.

Alors c’est sûr, avec Raspberry Robin dans la nature, faut être sur ses gardes. Ce malware est une vraie plaie depuis qu’il a été découvert en 2021. Au début, il se planquait sur des clés USB avec un fichier LNK qui pointait vers son payload hébergée sur un appareil QNAP compromis. Mais maintenant, il a évolué et il est devenu encore plus sournois.

Bref, gaffe à vous… Assurez-vous d’avoir un bon antivirus à jour, ne cliquez pas n’importe où et méfiez-vous comme de la peste des clés USB inconnues qui traînent.

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Bras-Panon (97) : le CCAS accompagne la population face au Covid-19

30 avril 2020 à 07:00

Durant cette crise Covid19, Territoires-Audacieux.fr se mobilise pour vous permettre de bénéficier de retours d’expérience réussies. Notre objectif ? Vous proposer des témoignages de terrain afin de faire remonter les bonnes pratiques du territoire face au défi du confinement et de ses conséquences.

Par ailleurs, Territoires-Audacieux ouvre son abonnement aux collectivités en ayant besoin durant cette période. Vous pouvez demander à recevoir l’ensemble de nos contenus en cliquant ici.

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Nous avons également souhaité mettre en avant les initiatives de nos abonnés. Troisième exemple avec l’interview de Karine Thirion-Lebon, directrice du CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) de Bras-Panon à la Réunion. Elle nous explique le rôle de son CCAS en ces temps de crise.

Depuis le début de cette crise, nous pouvons voir que le rôle des CCAS est très souvent mis en avant, pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?

Lorsque l’on parle des CCAS, on dit souvent que ce sont la première portes d’entrée d’un territoire. C’est-à-dire la première porte vers laquelle un administré va se retourner. Cependant, nous avions pendant un moment eu la sensation d’être quelque peu oubliés. De n’être pas reconnus à notre juste valeur. En ces temps de crise, les regards ont changé car les CCAS sont cruciaux pour rassurer, sensibiliser la population, mettre en place des actions d’aide aux plus démunis, ou encore faire le lien entre gouvernement et la population. Les CCAS sont aussi une des rares institutions qui sont restées ouvertes au public en cette période de confinement.

Du fait de la situation actuelle, avez-vous spécifié vos actions à Bras-Panon ?

Une partie de la population réunionnaise est en décalage avec celle de la métropole. La typologie n’est pas tout à fait la même, le taux d’illettrisme est extrêmement important et la fracture numérique existe à la Réunion. Nous nous sommes donc retrouvés face à une part de la population qui était totalement perdue face à des dispositifs (tel que l’attestation de sortie) mis en place par l’État. Cela a été difficile pour eux je pense. Car ce sont ces situations qui creusent la précarité dans lesquelles peuvent être certains. Nos actions se sont donc spécifiées à travers la vulgarisation des dispositifs, l’accompagnement de la population, l’accueil physique et téléphonique pour les plus vulnérables, tout en gardant les services sécuritaires.

Quelles sont concrètement les actions que votre CCAS réalisent en ce moment ?

D’une part, nous sensibilisons les populations aux différents gestes barrières (équipements, distance de sécurité…). Par exemple, nous nous déplaçons dans les trois Résidences Personnes Âgés (RPÂ) de la ville afin de les sensibiliser aux différentes nouvelles procédures. L’explication du fonctionnement de l’attestation de sortie, l’affichage des consignes sanitaires en sont des exemples. Ces différentes démarches ont permis de rassurer et protéger la population. D’autre part, nous continuons notre mission d’aide alimentaire pour les plus démunis avec maintenant la distribution chaque vendredi de 200 « paniers fraîcheurs » avec des fruits et des légumes. Enfin, nous avons créé deux missions sur la plate-forme « Réserve Civique», une de phoning afin d’accompagner les personnes vulnérables. Nous vérifions qu’elles vont bien et qu’elles n’ont pas de problématiques particulières. En effet, certaines se retrouvent seules. C’est le cas des personnes âgées. Elles avaient auparavant des aidants familiaux et dans cette situation de crise, elles n’en ont plus. La seconde mission, concerne le service de course à domicile où il a été important de bien faire attention aux points juridiques car il y a de l’échange d’argent entre bénévoles et résidents. Actuellement quatre bénévoles se sont proposés. Ils font d’ailleurs partie de ces institutions qui sont actuellement fermées.

En cette période, mettez-vous des actions en place avec d’autres CCAS du département ?

Nous avons de la part du Département des demandes d’actions communes aux autres CCAS de la Réunion. Je vous avoue franchement, que pour avoir échangé avec mes collègues, nous avons vraiment eu la sensation d’avoir été au « front » sans vouloir reprendre la métaphore du Président. Nous n’avons pas eu le temps de lever la tête, ainsi l’idée de mise en place de projets communs avec d’autres CCAS n’était pas d’actualité.

Est-ce que votre CCAS a su s’adapter à cette hausse du nombre de personnes en difficultés ?

Les habitants se sont retrouvés du jour au lendemain sans aucune institution ouverte au public. En effet, il a fallu attendre une quinzaine de jours pour que ces institutions se mettent dans un mode de fonctionnement plus à distance avec le télétravail. Ça a donc été à nous de gérer à l’instant. Le public vulnérable, qui a toujours eu de l’accompagnement, s’est retrouvé complètement déstabilisé. Ce dernier a eu le réflexe, et il a eu bien raison, de revenir vers nous. Nous nous sommes donc retrouvés à gérer des situations qui ne relevaient pas de nos compétences. En temps normal, les compétences sont partagées dans le Département, notamment pour les personnes âgées et les familles. Nous nous sommes sentis littéralement compressés et au mis au « front ». Mais, nous n’avions pas le choix de nous adapter en très peu de temps. Nous nous sommes posés tout de suite les bonnes questions et avons travaillé presque tous les jours. Cela nous a permis petit à petit de nous adapter à ce bouleversement.

De quelle manière les informations et instructions vous ont-elle été transmises ?

Brutale. D’un seul coup, bon nombre de mesures sont arrivées de façon très descendantes. Certes, il existe des solutions, mais le plus compliqué est de les mettre en application dans un temps très court et avec peu de personnels. Depuis le début, nous sommes 15 au lieu de 17 et travaillons près de sept jours sur sept. Parfois, j’ai l’impression que l’État ne se rend pas compte de la masse de travail qu’il y a derrière chaque solution. Au début, la ville nous a demandé de travailler sur un nouveau modèle d’organisation de mes équipes, en diminuant leur mobilisation. Cela a duré deux jours étant donné le flux d’habitants qui n’arrivant pas à nous joindre par téléphone (puisque nous étion surchargés d’appels) arrivaient, paniqué, dans nos locaux. J’ai donc dû très rapidement revoir mes modalités d’organisation en rapatriant mes équipes pour que l’ont puissent à minima répondre aux questions de manière pédagogique et rassurer la population. Je pense que nous avons répondu au mieux aux problématiques de notre territoire en essayant malgré tout de conserver nos procédures. Cependant, il va falloir que je formalise certaines décisions qui ont été prises, que je retombe sur le juridique. Par exemple, l’État a exigé que sur chaque territoire des logements de confinement soient repositionnables. Pour réaliser ces démarches, il y a un cadre juridique à respecter. Nous n’avions pas le temps pour ça. Le CCAS de Bras-Panon a donc énormément investi pour que ces logements soient habitables de suite (bail, ameublement, charges…).

Quels types de personnes sont les plus fragilisées par cette crise ?

Deux types de personnes sont les plus fragilisés par cette crise. D’un côté, les personnes âgés qui sont assez nombreuses à Bras-Panon. Elles sont 1500 sur une population de 13 000 habitants. Souvent seules, et beaucoup plus fragiles. Elles sont susceptibles de pouvoir contracter beaucoup plus rapidement le virus. Nous avons donc passé beaucoup de temps à la sensibilisation notamment sur les réseaux sociaux. Les enfants des personnes âgées ont maintenant pris l’habitude de nous signaler si leurs parents ont des problématiques. D’un autre côté, il y a les personnes ayant des problèmes d’addiction. En effet, avec le confinement, ils peuvent très rapidement plus s’alcooliser que d’habitude et ont moins de chances d’être sauvés s’ils ont un souci de santé. Pour tenter de pallier cela, nous avons repris les visites à domicile pour les informer du danger. Mes équipes sont aussi allées aux supérettes locales pour les prévenir de réguler leurs ventes d’alcool afin de protéger ces personnes. Cette sensibilisation a fais ses preuves car chaque vendredi lors de nos circuits, nous passons forcément devant ces personnes vulnérables et nous discutons rapidement avec eux en leur donnant leur panier. Nous pouvons constater qu’ils vont bien.

Comment le CCAS peut-il jouer un rôle de coordinateur entre élus et citoyens sur le territoire ?

Comme j’ai pu l’expliquer précédemment, nous devions faire le pont entre élus et citoyens. D’une part pour vulgariser les propos de la métropole à certains de nos habitants qui ont une autre culture. D’autre part, afin de gérer les soucis de communication. En effet, certaines annonces télévisées furent partagées à la population sans savoir comment elles allaient se mettre en place au sein de chaque CCAS. Il a donc fallu faire de la pédagogie avec les administrés entre ce qu’est un droit et un dû.

Propos recueilli par Maëlle Alibert

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Saint Ouen (41) : un trio maire sortant, DGS et futur maire pour prendre les bonnes décisions

Par : admin
23 avril 2020 à 11:19

Durant cette crise Covid19, Territoires-Audacieux.fr se mobilise pour vous permettre de bénéficier de retours d’expérience réussies. Notre objectif ? Vous proposer des témoignages de terrain afin de faire remonter les bonnes pratiques du territoire face au défi du confinement et de ses conséquences.

Par ailleurs, Territoires-Audacieux ouvre son abonnement aux collectivités en ayant besoin durant cette période. Vous pouvez demander à recevoir l’ensemble de nos contenus en cliquant ici.

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Nous avons également souhaité mettre en avant les initiatives de nos abonnés. Deuxième exemple avec Christophe Marion, futur maire de Saint Ouen (41). Sa liste a été élue dès le premier tour des élections municipales le 15 mars dernier. Dans les communes comme la sienne, où le premier tour a pu permettre d’élire une nouvelle équipe, les vainqueurs n’ont toujours pas pris leur fonction. Ancien membre de l’équipe municipale en place, il nous raconte comment un trio maire sortant, directrice générale des services et futur maire s’est mis en place pour piloter au mieux la collectivité pendant la crise.

Le report du conseil municipal d’installation crée une situation particulière sur votre territoire pour gérer la crise…

Sur cette question de la prise de fonction, il est vrai que ce n’est pas forcément très simple. Nous avons de la chance car, sur notre territoire, le maire ne se représentait pas. J’étais dans son équipe lors du précédent mandat et j’ai été élu dès le premier tour. Cela permet d’apporter de la sérénité dans cette période. Aujourd’hui, ce qui est compliqué, c’est que pour les gens, vous êtes le nouveau maire. Ils ont voté le 15 mars et c’est spontanément à vous qu’ils s’adressent. Ils ont du mal à comprendre les raisons. La notion de conseil municipal d’installation n’est pas facile à comprendre. Pour beaucoup de personnes, le vote concerne le maire et pas un liste pour le conseil municipal. Ce qui fait que je suis très sollicité. La situation est renforcée par le fait que je suis très présent sur les réseaux sociaux. C’est plus fluide pour ceux qui souhaitent poser des questions. Mais en même temps, la situation est paradoxale car je ne suis pas aux manettes.

Comment gérez-vous cela avec le maire sortant ?

Nous avons donc mis en place un système assez simple. Nous échangeons ou nous voyons quasi-quotidiennement. Nous prenons les décisions ensemble et généralement nous sommes d’accord. De toutes façons, ce n’est pas le moment d’innover ou d’inventer des choses. Nous sommes dans une forme de continuité. Les projets que nous envisageons de mettre en place durant la mandature sont mis en stand-by. C’est évident. En cas de désaccord, c’est le maire sortant qui décide. C’est lui qui a la responsabilité. Il n’y a, dans tous les cas qu’une voix. C’est lui le patron et je le respecte.

Au quotidien, quelle est l’organisation ?

Nous fonctionnons beaucoup par mail. Notre directrice générale des services, Christine Hans, est comme une chef d’orchestre. Elle est la tour de contrôle de tous les sujets. Elle nous interroge sur des sujets et des décisions à prendre. Nous nous appelons avec le maire quand cela nous paraît nécessiter un échange entre nous deux. Nous nous voyons également en mairie deux ou trois fois par semaine. Nous nous retrouvons à trois avec la DGS. À partir de la semaine prochaine, nous rétablissons les réunions de municipalité. C’est-à-dire, la DGS, le maire et les adjoints de l’équipe sortante. Nous nous retrouverons en mairie avec des distances de sécurité ou en conférence téléphonique.

Durant cette crise, le rôle du DGS est véritablement mis en avant…

Pour moi, cette complémentarité entre élus et DGS est fondamentale. Aujourd’hui, je pense que, la DGS est, encore plus que l’élu, la tour de contrôle. Elle a une vision 360 et gère de nombreux dossiers. Tout ne mérite pas de remonter aux élus. Nous devons être informés mais certaines décisions doivent pouvoir être prises au niveau de l’administration. La DGS et l’équipe administrative sont des composantes fondamentales au bon fonctionnement de la municipalité. Dans cette crise, nous avons mis des mesures en place qui nous ont été proposées par la directrice générale des services. Nous avons la chance d’avoir une personne à ce poste qui a véritable vision politique. Elle porte nos actions et elle est moteur. Elle joue également un rôle important dans la transition entre les deux équipes.

La nouvelle équipe municipale est également investie ?

Je pense que c’est également une difficulté. Comment ne pas mettre de côté les nouveaux élus ? Ils ne sont pas en fonction. Pourtant ils veulent aider. Être présents pour le territoire. C’est compliqué avec cette situation. C’est un début de mandat mais il faut réussir à faire en sorte qu’ils restent mobilisés pour partir sur de bonnes bases pour les six ans qui viennent. Nous avons essayé de mettre en place des choses. Par exemple, certains gèrent des courses pour les personnes âgées du territoire qui en ont besoin. Nous avons également des élus qui appellent régulièrement certaines personnes isolées pour prendre des nouvelles et discuter. Quand j’ai un doute sur une décision à prendre, je consulte l’équipe. Cela a été le cas ces dernières semaines sur le maintien de l’éclairage public. Nous avons pris une décision collégiale.

Comment se sont passées les dernières semaines sur votre territoire ?

Très bien. Nous avons mis en place rapidement le plan de continuité de l’activité. Les agents ont joué le jeu. Par exemple, ceux de la cantine scolaire ont accepté d’aller travailler au service de la résidence autonomie. Cela peut paraître évident mais c’est un changement d’affectation. Nous avons pu voir que chacun était prêt à s’investir. C’est la même chose pour les agents d’entretien. L’espace public doit continuer à être géré. Il y a une quotidien à maintenir. Nous avons invité les riverains, quand ils le pouvaient, à donner un coup de tondeuse. Cela a très marché car les habitants ont compris que l’on ne pouvait pas rendre un même service public qu’habituellement. Maintenant, il faut aussi que l’on remette en route la machine progressivement. Les agents sont plutôt moteurs. Nous avons pu sentir qu’en cas de coup dur, ils étaient là. Nous leur avons donc envoyé un courrier signé par le maire, la DGS et moi même en leur disant qu’on était fier de la mobilisation.

Propos recueilli par Baptiste Gapenne

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