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Morières-lès-Avignon (84) : une chaîne de solidarité a répondu aux difficultés initiées par la crise

4 juin 2020 à 14:19

Durant cette crise Covid19, Territoires-Audacieux.fr se mobilise pour vous permettre de bénéficier de retours d’expérience réussies. Notre objectif ? Vous proposer des témoignages de terrain afin de faire remonter les bonnes pratiques du territoire face au défi du confinement et de ses conséquences.

Par ailleurs, Territoires-Audacieux ouvre son abonnement aux collectivités en ayant besoin durant cette période. Vous pouvez demander à recevoir l’ensemble de nos contenus en cliquant ici.

Nous avons également souhaité mettre en avant les initiatives de nos abonnés. Huitième exemple avec l’interview de Marion Adville, responsable et coordinatrice administrative du CCAS de Morières-lès-Avignon. Grâce à la création d’une « chaîne de solidarité », ensemble et bénévolement les différents acteurs de la ville ont tenté de répondre aux difficultés initiées par la crise sanitaire liée au Covid19 .

Comment vos équipes au sein du CCAS de Morières-lès-Avignon ont-elles pu vivre et réagir face aux différentes décisions gouvernementales dans le cadre de la lutte contre le covid19 ?

L’équipe du CCAS a dû faire preuve de beaucoup de pédagogie et d’empathie. En effet, il a fallu expliquer clairement les nouveaux modes de fonctionnement liés à la crise sanitaire et au confinement et faire preuve d’une écoute attentive afin de rassurer les personnes vulnérables et leurs familles qui ne pouvaient plus se déplacer pour leur rendre visite et leur apporter leur soutien. De plus, l’adaptabilité du service public a pris tout son sens car il a fallu réfléchir à de nouvelles méthodes de fonctionnement et à des réponses adaptées aux demandes émergentes des usagers liées au contexte sanitaire : augmentation du nombre de portage de repas à domicile, installation de modules de téléassistance pour notre prestataire qui ne le faisait plus, gestion dématérialisée de différents dossiers (par téléphone ou mail). Cela a demandé énormément de réactivité à l’équipe qui était diminuée en nombre du fait de la crise. L’absence d’agents pour garde d’enfant par exemple face à des décisions gouvernementales vécues comme brutales car prenant souvent effet rapidement. La gestion de cette crise a demandé de dépasser un premier sentiment de déstabilisation face à un contexte inédit. L’équipe du CCAS et les équipes de la collectivité au sens large se sont organisées pour travailler en partenariat et ce qui ressort après deux mois de gestion de crise c’est qu’on a pu voir émerger une solidarité importante entre services et projets innovants de la part d’agents.

Avez-vous réalisé des projets en partenariat avec d’autres institutions de la ville ?

La crise sanitaire nous a donc obligé à revoir nos modes d’actions et à accentuer le partenariat avec différents acteurs de la ville en terme de solidarité notamment avec une association caritative locale Solidarité Morières et l’hypermarché Leclerc local. Ces deux partenaires ont répondu rapidement et efficacement à nos demandes liées aux difficultés rencontrées par les administrés dans ce contexte économique tendu. La ville de Morières-lès-Avignon et le CCAS ont mis en commun leurs moyens pour réussir ce projet. Enfin, le service communication de la mairie a bien entendu été un partenaire fondamental afin de communiquer les nouveaux dispositifs. Notamment la mise en place d’une chaîne de solidarité, via tous les réseaux : site internet, magazine spécial confinement et page Facebook de la ville mais aussi créer du lien avec la presse locale.

En quoi consistait ce projet de « chaîne de solidarité » ?

Le projet de chaîne de solidarité a été initié par un agent du CCAS et validé par le Président du CCAS.

Il s’est composé de deux volets :

  • Un appel aux dons a été lancé au sein de la population et des colis d’urgence ont été préparés avec les denrées récoltées et redistribués aux ménages en difficulté. L’association Solidarité Morières a également fourni des colis d’urgence sur demande du CCAS lorsque les dons n’étaient pas suffisants. Un lien vers le site Survio a été créé permettant aux administrés de faire leurs promesses de dons en ligne. Ils étaient ensuite recontactés par le CCAS et un agent se chargeait d’aller récupérer leurs dons à leur domicile en respectant les gestes barrières. Les denrées étaient ensuite stockées au CCAS où étaient également préparés les colis redistribués par la suite.
  • Un service de livraison de courses de 1ère nécessité à domicile pour les personnes identifiées comme « vulnérables » a été instauré. Le contact a été pris avec l’hypermarché local Leclerc qui s’est montré très réactif et généreux allant au-delà des commandes en proposant des dons aux clients vulnérables : livres, chocolats… Les commandes étaient prises quotidiennement par les agents du CCAS pour être transmises à l’hypermarché par mail. Elles étaient préparées le lendemain matin et les factures nominatives par client transmises par mail au CCAS. Il s’agissait ensuite pour le CCAS d’appeler les clients pour les informer du montant de leurs achats. Un agent habilité par le Président du CCAS passait récupérer les règlements uniquement par chèque pour éviter les manipulations d’argent, allait à l’hypermarché faire valider les règlements et récupérer les commandes pour ensuite les livrer. Une attention particulière a été apportée sur le respect des gestes barrière lors des contacts avec ces personnes vulnérables. Une centaine de livraisons a été assurée au cours des deux mois de confinement.

Quels étaient ses objectifs ?

La chaîne de solidarité avait pour objectif principal de répondre aux difficultés initiées par la crise sanitaire liée au Covid19. Le volet « dons » a permis de lutter contre les difficultés financières dues à la précarisation brutale du monde du travail : mise au chômage partiel, perte d’emploi …. Le volet « livraison de denrées de première nécessité » a permis de répondre à l’exigence gouvernementale de confinement des personnes vulnérables mais également de créer un lien social pour des publics isolés et de ce fait de créer une veille sociale des publics fragiles de la commune.

Quel impact ce projet a t-il eu ?

On peut dire que la chaîne de solidarité a eu des effets positifs. D’une part, les bénéficiaires de dons étaient globalement satisfaits d’avoir obtenu une réponse rapide à leur demande d’aide alimentaire. D’autre part, les bénéficiaires de la livraison de denrées de première nécessité ont également été satisfaits de ce service et ont d’ailleurs sollicité sa pérennisation à la sortie du déconfinement. Le seul point négatif qui ressortait était l’impossibilité de commander des produits frais car le CCAS ne pouvait assurer la chaîne du froid mais les administrés étaient alors orientés vers les commerces de proximité tels que la boucherie ou le primeur qui s’étaient également adaptés au contexte en assurant la livraison à domicile. Enfin, ce projet a permis de resserrer les liens entre les services de la ville et du CCAS.

Est-ce que votre CCAS a su s’adapter à cette hausse du nombre de personnes en difficultés ?

On peut penser que le CCAS s’est effectivement adapté à la hausse du nombre de personnes en difficulté en raccourcissant les délais de réponse : les demandes d’aides d’urgences étaient traitées en général sous 24 à 48h ; les portages de repas à domicile dont le nombre avait augmenté de moitié étaient mis en place sous 24h grâce également à la réactivité du traiteur prestataire. De plus le contexte a permis l’émergence de dispositifs répondant aux demandes nouvelles des usagers.

Du fait de la situation actuelle, avez-vous spécifié vos actions à Morières-lès-Avignon ?

Durant le confinement les actions se sont spécifiées pour répondre aux demandes particulières liées au contexte sanitaire. Il est évident que certains évènements comme la réouverture de la crèche municipale ou des écoles ont demandé des protocoles spécifiques mobilisant une majorité des équipes municipales mais les services habituels ont continué à être proposés aux administrés de la commune permettant d’assurer la continuité du service public. Cela a nécessité de revoir les modes de fonctionnement des services en allégeant les procédures mais aussi de renforcer la communication avec la population.

Propos recueilli par Maëlle Alibert

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Ballan-Miré (37) : une volonté de la part des élus et des habitants d’accompagner les plus démunis face à la crise

14 mai 2020 à 09:04

Durant cette crise Covid19, Territoires-Audacieux.fr se mobilise pour vous permettre de bénéficier de retours d’expérience réussies. Notre objectif ? Vous proposer des témoignages de terrain afin de faire remonter les bonnes pratiques du territoire face au défi du confinement et de ses conséquences.

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Nous avons également souhaité mettre en avant les initiatives de nos abonnés. Cinquième exemple avec l’interview d’Emmanuel Dutay, directeur général des services de Ballan-Miré. Il nous explique les différents dispositifs mis en place par la commune afin d’accompagner au mieux les plus démunis de son territoire face à la crise.

Comment vos équipes ont-elles pu vivre et réagir face aux différentes décisions gouvernementales dans le cadre de la lutte contre le covid19 ?

Il est difficile pour les équipes comme les élus d’être toujours en réaction et de naviguer ainsi à courte vue dans une mer d’incertitude. Ce sont des situations qui génèrent beaucoup de tensions pour nos agents qui ont en permanence à cœur d’agir dans l’intérêt supérieur de nos administrés. Pour autant, les services municipaux de Ballan-Miré, à l’instar de toutes les collectivités territoriales françaises, ont fait la preuve indéniable de leur agilité et de leur créativité pour parvenir, en un temps record, à se réorganiser, pour ne pas dire de se réinventer, dans le seul but de remplir nos obligations face au service public.

Est-ce que le CCAS de Ballan-Miré a mis en place de nouveaux dispositifs durant cette crise?

Le dispositif d’aide au ravitaillement de première nécessité pour les personnes isolées et fragiles a été une création complète mise en place en l’espace de 72 heures. Le CCAS a ainsi offert à ce nouveau service toute l’expérience de son fonctionnement, de sa connaissance du territoire et de ses habitants. Sa structuration juridique et financière nous a aussi permis de sécuriser tous les acteurs, les bénéficiaires comme les volontaires.

Comment a été créé le « réseau des volontaires » de votre commune ?

Le réseau des volontaires s’est organisé autour des élus municipaux, des acteurs associatifs, mais aussi des habitants qui se sont présentés spontanément pour prendre part à cet élan de générosité. Son objectif est aussi de créer un lien fort entre volontaire et bénéficiaire afin de permettre un vrai rapport de confiance. C’est pourquoi chaque volontaire ne se voit « attribuer » que deux bénéficiaires maximum.

Quelles sont ses différentes actions ?

Outre l’aide aux « courses », le réseau des volontaires, géré par notre CCAS, appelle systématiquement par téléphone, une fois par semaine, toutes les personnes repérées comme pouvant présenter un risque de fragilité ou d’isolement. Les aides alimentaires sont aussi maintenues malgré les difficultés liées à l’urgence sanitaire mais dans un cadre beaucoup plus souple. Une veille sociale a ainsi été mise en place avec une permanence téléphonique qui permet de répondre à toutes les situations d’urgence.

Quelle est la fréquence de distribution de votre lettre d’information « spécial confinement » ?

Ce premier numéro a été mis dans les boîtes aux lettres des 4 000 foyers ballanais le jeudi 23 avril. Nous pensons faire paraître un second numéro courant mai, voire juin en fonction de la progression du déconfinement.

Quel est son contenu ? Avez-vous eu des retours ?

Cette lettre est une compilation d’informations pratiques, de présentation des dispositifs de soutien proposés aux habitants, et quelques articles permettant de mettre en valeur la continuité de fonctionnement des services municipaux. Pour l’heure, nous n’avons pas encore eu de retours des habitants mais nous savons que cette lettre était très attendue, l’information étant une nécessité absolue dans ces temps si particuliers.

Propos recueilli par Maëlle Alibert

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Bras-Panon (97) : le CCAS accompagne la population face au Covid-19

30 avril 2020 à 07:00

Durant cette crise Covid19, Territoires-Audacieux.fr se mobilise pour vous permettre de bénéficier de retours d’expérience réussies. Notre objectif ? Vous proposer des témoignages de terrain afin de faire remonter les bonnes pratiques du territoire face au défi du confinement et de ses conséquences.

Par ailleurs, Territoires-Audacieux ouvre son abonnement aux collectivités en ayant besoin durant cette période. Vous pouvez demander à recevoir l’ensemble de nos contenus en cliquant ici.

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Nous avons également souhaité mettre en avant les initiatives de nos abonnés. Troisième exemple avec l’interview de Karine Thirion-Lebon, directrice du CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) de Bras-Panon à la Réunion. Elle nous explique le rôle de son CCAS en ces temps de crise.

Depuis le début de cette crise, nous pouvons voir que le rôle des CCAS est très souvent mis en avant, pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?

Lorsque l’on parle des CCAS, on dit souvent que ce sont la première portes d’entrée d’un territoire. C’est-à-dire la première porte vers laquelle un administré va se retourner. Cependant, nous avions pendant un moment eu la sensation d’être quelque peu oubliés. De n’être pas reconnus à notre juste valeur. En ces temps de crise, les regards ont changé car les CCAS sont cruciaux pour rassurer, sensibiliser la population, mettre en place des actions d’aide aux plus démunis, ou encore faire le lien entre gouvernement et la population. Les CCAS sont aussi une des rares institutions qui sont restées ouvertes au public en cette période de confinement.

Du fait de la situation actuelle, avez-vous spécifié vos actions à Bras-Panon ?

Une partie de la population réunionnaise est en décalage avec celle de la métropole. La typologie n’est pas tout à fait la même, le taux d’illettrisme est extrêmement important et la fracture numérique existe à la Réunion. Nous nous sommes donc retrouvés face à une part de la population qui était totalement perdue face à des dispositifs (tel que l’attestation de sortie) mis en place par l’État. Cela a été difficile pour eux je pense. Car ce sont ces situations qui creusent la précarité dans lesquelles peuvent être certains. Nos actions se sont donc spécifiées à travers la vulgarisation des dispositifs, l’accompagnement de la population, l’accueil physique et téléphonique pour les plus vulnérables, tout en gardant les services sécuritaires.

Quelles sont concrètement les actions que votre CCAS réalisent en ce moment ?

D’une part, nous sensibilisons les populations aux différents gestes barrières (équipements, distance de sécurité…). Par exemple, nous nous déplaçons dans les trois Résidences Personnes Âgés (RPÂ) de la ville afin de les sensibiliser aux différentes nouvelles procédures. L’explication du fonctionnement de l’attestation de sortie, l’affichage des consignes sanitaires en sont des exemples. Ces différentes démarches ont permis de rassurer et protéger la population. D’autre part, nous continuons notre mission d’aide alimentaire pour les plus démunis avec maintenant la distribution chaque vendredi de 200 « paniers fraîcheurs » avec des fruits et des légumes. Enfin, nous avons créé deux missions sur la plate-forme « Réserve Civique», une de phoning afin d’accompagner les personnes vulnérables. Nous vérifions qu’elles vont bien et qu’elles n’ont pas de problématiques particulières. En effet, certaines se retrouvent seules. C’est le cas des personnes âgées. Elles avaient auparavant des aidants familiaux et dans cette situation de crise, elles n’en ont plus. La seconde mission, concerne le service de course à domicile où il a été important de bien faire attention aux points juridiques car il y a de l’échange d’argent entre bénévoles et résidents. Actuellement quatre bénévoles se sont proposés. Ils font d’ailleurs partie de ces institutions qui sont actuellement fermées.

En cette période, mettez-vous des actions en place avec d’autres CCAS du département ?

Nous avons de la part du Département des demandes d’actions communes aux autres CCAS de la Réunion. Je vous avoue franchement, que pour avoir échangé avec mes collègues, nous avons vraiment eu la sensation d’avoir été au « front » sans vouloir reprendre la métaphore du Président. Nous n’avons pas eu le temps de lever la tête, ainsi l’idée de mise en place de projets communs avec d’autres CCAS n’était pas d’actualité.

Est-ce que votre CCAS a su s’adapter à cette hausse du nombre de personnes en difficultés ?

Les habitants se sont retrouvés du jour au lendemain sans aucune institution ouverte au public. En effet, il a fallu attendre une quinzaine de jours pour que ces institutions se mettent dans un mode de fonctionnement plus à distance avec le télétravail. Ça a donc été à nous de gérer à l’instant. Le public vulnérable, qui a toujours eu de l’accompagnement, s’est retrouvé complètement déstabilisé. Ce dernier a eu le réflexe, et il a eu bien raison, de revenir vers nous. Nous nous sommes donc retrouvés à gérer des situations qui ne relevaient pas de nos compétences. En temps normal, les compétences sont partagées dans le Département, notamment pour les personnes âgées et les familles. Nous nous sommes sentis littéralement compressés et au mis au « front ». Mais, nous n’avions pas le choix de nous adapter en très peu de temps. Nous nous sommes posés tout de suite les bonnes questions et avons travaillé presque tous les jours. Cela nous a permis petit à petit de nous adapter à ce bouleversement.

De quelle manière les informations et instructions vous ont-elle été transmises ?

Brutale. D’un seul coup, bon nombre de mesures sont arrivées de façon très descendantes. Certes, il existe des solutions, mais le plus compliqué est de les mettre en application dans un temps très court et avec peu de personnels. Depuis le début, nous sommes 15 au lieu de 17 et travaillons près de sept jours sur sept. Parfois, j’ai l’impression que l’État ne se rend pas compte de la masse de travail qu’il y a derrière chaque solution. Au début, la ville nous a demandé de travailler sur un nouveau modèle d’organisation de mes équipes, en diminuant leur mobilisation. Cela a duré deux jours étant donné le flux d’habitants qui n’arrivant pas à nous joindre par téléphone (puisque nous étion surchargés d’appels) arrivaient, paniqué, dans nos locaux. J’ai donc dû très rapidement revoir mes modalités d’organisation en rapatriant mes équipes pour que l’ont puissent à minima répondre aux questions de manière pédagogique et rassurer la population. Je pense que nous avons répondu au mieux aux problématiques de notre territoire en essayant malgré tout de conserver nos procédures. Cependant, il va falloir que je formalise certaines décisions qui ont été prises, que je retombe sur le juridique. Par exemple, l’État a exigé que sur chaque territoire des logements de confinement soient repositionnables. Pour réaliser ces démarches, il y a un cadre juridique à respecter. Nous n’avions pas le temps pour ça. Le CCAS de Bras-Panon a donc énormément investi pour que ces logements soient habitables de suite (bail, ameublement, charges…).

Quels types de personnes sont les plus fragilisées par cette crise ?

Deux types de personnes sont les plus fragilisés par cette crise. D’un côté, les personnes âgés qui sont assez nombreuses à Bras-Panon. Elles sont 1500 sur une population de 13 000 habitants. Souvent seules, et beaucoup plus fragiles. Elles sont susceptibles de pouvoir contracter beaucoup plus rapidement le virus. Nous avons donc passé beaucoup de temps à la sensibilisation notamment sur les réseaux sociaux. Les enfants des personnes âgées ont maintenant pris l’habitude de nous signaler si leurs parents ont des problématiques. D’un autre côté, il y a les personnes ayant des problèmes d’addiction. En effet, avec le confinement, ils peuvent très rapidement plus s’alcooliser que d’habitude et ont moins de chances d’être sauvés s’ils ont un souci de santé. Pour tenter de pallier cela, nous avons repris les visites à domicile pour les informer du danger. Mes équipes sont aussi allées aux supérettes locales pour les prévenir de réguler leurs ventes d’alcool afin de protéger ces personnes. Cette sensibilisation a fais ses preuves car chaque vendredi lors de nos circuits, nous passons forcément devant ces personnes vulnérables et nous discutons rapidement avec eux en leur donnant leur panier. Nous pouvons constater qu’ils vont bien.

Comment le CCAS peut-il jouer un rôle de coordinateur entre élus et citoyens sur le territoire ?

Comme j’ai pu l’expliquer précédemment, nous devions faire le pont entre élus et citoyens. D’une part pour vulgariser les propos de la métropole à certains de nos habitants qui ont une autre culture. D’autre part, afin de gérer les soucis de communication. En effet, certaines annonces télévisées furent partagées à la population sans savoir comment elles allaient se mettre en place au sein de chaque CCAS. Il a donc fallu faire de la pédagogie avec les administrés entre ce qu’est un droit et un dû.

Propos recueilli par Maëlle Alibert

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