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Pôle Métropolitain du Grand Amiénois (80) : le plan climat 2.0 est en route

Initiés en 2012, conçus pour complémenter les autres documents de planification comme le Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT) ou le Plan Local d’Urbanisme Intercommunal (PLUi), les Plans Climat sont obligatoires pour les intercommunalités de plus de 20,000 habitants. Suivant la voie empruntée par nos voisins Belges et Européens, les initiatives et les législations autour du climat construisent l’administration locale de demain. Néanmoins, des forces internes et externes jouent en défaveur du Plan Climat Air Energie (PCAET), esquissant une zone grise pour les agents responsables sur comment s’organiser et comment créer de l’émulation dans le processus. Il n’est pas aisé de transformer l’ambition en action : à quoi ressemble un plan climat 2.0 ?

Dans cet article, Caroline Panard, de FutureproofedCities, membre de la communauté Territoires Audacieux, revient avec Marie Collonvillé, en charge du PCAET du Pôle Métropolitain du Grand Amiénois, sur le lancement d’un plan climat 2.0.

Des lignes budgétaires, des responsabilités et un rapportage aux élus communautaires : en relevant le fascinant défi du climat, l’expérience de travail des responsables du PCAET se révèle tout à fait singulière. En effet, ils cumulent souvent cette responsabilité avec d’autres missions au sein de l’administration, portant donc des thèmes, des dossiers et des partenariats très différents. Depuis sa position transversale après sa reconversion professionnelle, la vision de Marie Collonvillé sur les enjeux locaux est précieuse.

Engager un plan climat efficace, c’est casser les codes de ce qui existe. J’ai initié un dispositif Citergie en 2012, un Contrat d’Objectifs Territorial Energie Climat (COTEC) en 2016. Dans les politiques climatiques, nous ne pouvons pas continuer de travailler en silo. Aujourd’hui à Amiens, les services se parlent, mais je travaille comme une cheffe d’orchestre pour animer tous les acteurs et que chacun donne le meilleur ensemble. sur un plan climat pour les EPCI du Pôle Métropolitain. Je rêve d’une équipe où je puisse transmettre ma motivation.” Marie Collonvillé

Casser les codes en construisant des ponts

Il y a décidément des clés à utiliser si l’on souhaite assurer le succès du PCAET. Selon notre expérience à Futureproofed Cities, le meilleur soutien que puissent apporter les partenaires des intercommunalités est de construire des ponts entre les sujets, les équipes et les supports de travail, afin d’améliorer l’opérationnalité quotidienne et de réduire le stress. Nous prenons le parti d’un outil de travail collaboratif encadré par une écoute attentive tout au long des phases de travail. Optimiser les ressources budgétaires et l’organisation du travail, en utilisant la transversalité des compétences et la centralisation de l’information, s’avère être une dynamique judicieuse pour sécuriser et pérenniser les ambitions. Concrètement, les équipes et les services administratifs sont en capacité de travailler ensemble et avec les autres utilisateurs, de trouver de l’inspiration dans une base de données partagées, de suivre et d’évaluer leur progrès toute l’année. Créer un réseau à travers un outil est essentiel pour des raisons tant pratiques que humaines, afin que les responsables du PCAET ne se retrouvent pas isolés dans l’aventure des politiques climatiques.

“Être responsable d’un Plan Climat Air Energie génère un certain stress, et j’ai à coeur que ça avance vraiment. FutureProofed Cities a été l’un de mes premiers axes de travail. Avoir des outils pour assurer le succès du Plan Climat est indispensable, et pourtant, c’est souvent le dernier financement public qui est alloué.” Marie Collonvillé

Des risques élevés, de grandes opportunités

Avec 51% du territoire menacé par les submersions marines et une augmentation de la température deux fois plus importante que la moyenne mondiale (1), les Hauts-de-France sont extrêmement vulnérables au changement climatique. Le fossé entre la vulnérabilité scientifique et la prise de décision s’explique-t-il localement par un manque de motivation ? Selon Marie Collonvillé, il est encore difficile pour les autres services administratifs et les équipes décisionnaires de prendre conscience de l’ampleur d’un Plan Climat, celui-ci paraît encore abstrait, d’où la nécessité d’assurer sa réussite et sa communication. Dans de nombreuses collectivités, les initiatives ne manquent pas, mais les questions budgétaires fragilisent l’engagement du PCAET.

La recherche montre qu’un gouvernement local ne peut réaliser les ambitions de la neutralité climatique encadrée par la Convention des maires que s’il investit 1000 euros par citoyen et par an. Pour y parvenir, les collectivités locales ont besoin d’un budget de facilitation de 100 euros par an et par citoyen. De cette façon, l’opportunité des investissements climatiques tels que la rénovation de maisons ou les chaudières solaires peut devenir beaucoup plus intéressante, et inciter par la même occasion la mobilisation citoyenne. Aujourd’hui, ce budget local avec les communes belges, par exemple, varie entre 0,5 et 20 euros par citoyen, par an.

Faire différemment avec les mêmes moyens

Aujourd’hui, les villes travaillent souvent côte à côte et réinventent constamment la roue sous forme d’études et de suivi, alors que leurs objectifs sont similaires. De ce fait, les connaissances nécessaires pour agir sont fragmentées. Et si les résultats ne viennent pas rapidement, il est difficile de garder la motivation de personnes comme Marie.

Une session de lancement de la plateforme FutureproofedCities.

Comment pourrions-nous faire différemment avec les mêmes moyens ? Comment pourrions-nous créer de l’émulation dans le processus ? En utilisant ce qui fonctionne déjà. Tout d’abord, il s’avère inspirant de mettre en lumière les chefs de file locaux, comme la Communauté d’Agglomération de Béthune-Bruay et ses partenaires lensois, la Communauté de Communes Picardie Verte ou le Pays de Saint-Omer, et bien d’autres. Autre priorité : encourager la collaboration autour du cadre législatif des entités publiques régionales et des initiatives privées afin de créer des synergies. La prise de décision politique doit être supportée par des solutions techniques de management, d’évaluation et de communication tout au long du Plan Climat. Pour résumer, nous avons besoin d’un Plan Climat 2.0.

Au Pôle Métropolitain du Grand Amiénois, de nombreuses projets viennent justement nourrir les initiatives climat, tant au niveau du tourisme, du développement économique que de l’autonomie alimentaire (notamment autour d’un Projet Alimentaire Territorial (PAT). Un réseau de tiers-lieu est également un réflexion pour recréer de la vie et du commun sur un territoire fractionné en de nombreuses petites communes. Autant d’initiatives qui vont s’insérer dans la stratégie et le plan d’action du PCAET du Pôle Métropolitain, dont la construction est engagée avec l’aide de Futureproofed Cities.

Caroline Panard

Le plan climat du Pôle Métropolitain du Grand Amiénois est géré par Marie Collonvillé. Après une carrière d’athlète de haut niveau (l’ayant notamment menée aux JO de Beijing en 2008), dotée d’une première formation en STAPS et biomédecine, elle a relevé un nouveau challenge, celui de l’administration locale et des politiques climatiques.

Après les Jeux olympiques de Beijing en 2008, j’ai fait un bilan de compétences et poursuivi un Mastère spécialisé Construction Habitat Durable (ENSAM). J’ai choisi le monde des collectivités car j’ai réalisé que de nombreux leviers, compétences et projets pouvaient être initiés à cette échelle. Les politiques climatiques créent de nouveaux emplois, nous devons inventer de nouvelles méthodes de travail. Je viens d’un monde de performance et d’objectifs, j’ai trouvé cette stimulation dans la poursuite de ma carrière. Marie Collonvillé

À propos de FutureproofedCities

FutureproofedCities soutient 137 villes et communes de Belgique, des Pays-Bas et de France pour concrétiser les Plans Climat. Notre plateforme, complétée par notre équipe d’accompagnement, permet de suivre facilement les progrès d’une ville et de prévoir l’impact de ses actions sur le CO2 et les flux financiers. De plus, l’outil agit comme un réseau social qui met en relation ses utilisateurs à travers les villes et les régions. Dans sa partie communication, l’outil implique également les citoyens dans l’action climatique. Grâce à l’effort de ses utilisateurs, la communauté FutureproofedCities a investi 3,08 milliards d’euros, économisant annuellement 379 millions d’euros et 1,34 million de tonnes de CO2. Ils ont publié 351 mesures publiques et 726 actions, qui peuvent servir de source d’inspiration. Pour réaliser nos projets, Futureproofed compte 19 collaborateurs expérimentés et enthousiastes.

(1) http://www.observatoireclimat-hautsdefrance.org/Les-grandes-questions/Changement-climatique-en-Hauts-de-France-ou-en-sommes-nous

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Territoires Audacieux vous invite à candidater pour les prix des acteurs positifs des territoires du LH Forum

Du 24 au 26 septembre prochain se tiendra la neuvième édition du LH Forum dont Territoires Audacieux est partenaire. L’évènement est organisé par l’Institut de l’Économie Positive. À cette occasion, des prix seront remis aux élus locaux qui œuvrent positivement pour leur territoire.

Lobjectif des prix des acteurs positifs des territoires du LH Forum est de valoriser et mettre en lumière les acteurs publics, engagés dans leur territoire. Pendant le LH Forum au Havre, quatre prix seront remis aux élu.e.s et fonctionnaires territoriaux qui se sont engagés sur les enjeux d’Environnement, Social, d’Économie et de Gouvernance. Tous les élus locaux peuvent participer. C’est également le cas des fonctionnaires territoriaux mais aussi des députés et sénateurs. Il suffit que l’action ou l’engagement positif soit porté sur la période d’octobre 2019 à juin 2020. Le jury sera composé de cinq à dix personnalités, experts de terrain, alliant spécialistes de l’action publique et acteurs pionniers des territoires.

Les prix pourront également récompenser des acteurs des collectivités publiques pour leurs actions pendant la crise sanitaire. L’idée est de valoriser les initiatives à impact positif issues des collectivités pour enclencher des cercles vertueux sur d’autres territoires. “Aujourd’hui, on peut penser qu’on a plus à perdre qu’à gagner en voulant se lancer dans la fonction publique, devenir maire ou se présenter en tant qu’élu. Nous essayons de redorer cette image et d’encourager ces initiatives positives”, précise Audrey Tcherkoff, la présidente de l’Institut de l’Économie Positive.

Vous avez jusqu’au 17 juillet 2020 pour candidater. En effet la clôture de réception des dossiers de candidature a été reportée « Comme le deuxième tour des élections municipale est reporté à fin juin, il nous semblait compliqué de faire un appel à candidature des villes avec les 30 000 maires déjà élus mais qui doivent gérer la crise, leurs administrés… », explique Audrey Tcherkoff qui est également membre du jury.

Les prix seront remis lors d’une soirée, le jeudi 24 septembre, pendant le LH Forum au Havre.

Pour télécharger le dossier de candidature : http://www.institut-economiepositive.com/2020/05/12/dossier-de-candidature-prix-des-territoires-positifs-lh-forum-2020/

L’équipe de Territoires Audacieux

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Morières-lès-Avignon (84) : une chaîne de solidarité a répondu aux difficultés initiées par la crise

Durant cette crise Covid19, Territoires-Audacieux.fr se mobilise pour vous permettre de bénéficier de retours d’expérience réussies. Notre objectif ? Vous proposer des témoignages de terrain afin de faire remonter les bonnes pratiques du territoire face au défi du confinement et de ses conséquences.

Par ailleurs, Territoires-Audacieux ouvre son abonnement aux collectivités en ayant besoin durant cette période. Vous pouvez demander à recevoir l’ensemble de nos contenus en cliquant ici.

Nous avons également souhaité mettre en avant les initiatives de nos abonnés. Huitième exemple avec l’interview de Marion Adville, responsable et coordinatrice administrative du CCAS de Morières-lès-Avignon. Grâce à la création d’une « chaîne de solidarité », ensemble et bénévolement les différents acteurs de la ville ont tenté de répondre aux difficultés initiées par la crise sanitaire liée au Covid19 .

Comment vos équipes au sein du CCAS de Morières-lès-Avignon ont-elles pu vivre et réagir face aux différentes décisions gouvernementales dans le cadre de la lutte contre le covid19 ?

L’équipe du CCAS a dû faire preuve de beaucoup de pédagogie et d’empathie. En effet, il a fallu expliquer clairement les nouveaux modes de fonctionnement liés à la crise sanitaire et au confinement et faire preuve d’une écoute attentive afin de rassurer les personnes vulnérables et leurs familles qui ne pouvaient plus se déplacer pour leur rendre visite et leur apporter leur soutien. De plus, l’adaptabilité du service public a pris tout son sens car il a fallu réfléchir à de nouvelles méthodes de fonctionnement et à des réponses adaptées aux demandes émergentes des usagers liées au contexte sanitaire : augmentation du nombre de portage de repas à domicile, installation de modules de téléassistance pour notre prestataire qui ne le faisait plus, gestion dématérialisée de différents dossiers (par téléphone ou mail). Cela a demandé énormément de réactivité à l’équipe qui était diminuée en nombre du fait de la crise. L’absence d’agents pour garde d’enfant par exemple face à des décisions gouvernementales vécues comme brutales car prenant souvent effet rapidement. La gestion de cette crise a demandé de dépasser un premier sentiment de déstabilisation face à un contexte inédit. L’équipe du CCAS et les équipes de la collectivité au sens large se sont organisées pour travailler en partenariat et ce qui ressort après deux mois de gestion de crise c’est qu’on a pu voir émerger une solidarité importante entre services et projets innovants de la part d’agents.

Avez-vous réalisé des projets en partenariat avec d’autres institutions de la ville ?

La crise sanitaire nous a donc obligé à revoir nos modes d’actions et à accentuer le partenariat avec différents acteurs de la ville en terme de solidarité notamment avec une association caritative locale Solidarité Morières et l’hypermarché Leclerc local. Ces deux partenaires ont répondu rapidement et efficacement à nos demandes liées aux difficultés rencontrées par les administrés dans ce contexte économique tendu. La ville de Morières-lès-Avignon et le CCAS ont mis en commun leurs moyens pour réussir ce projet. Enfin, le service communication de la mairie a bien entendu été un partenaire fondamental afin de communiquer les nouveaux dispositifs. Notamment la mise en place d’une chaîne de solidarité, via tous les réseaux : site internet, magazine spécial confinement et page Facebook de la ville mais aussi créer du lien avec la presse locale.

En quoi consistait ce projet de « chaîne de solidarité » ?

Le projet de chaîne de solidarité a été initié par un agent du CCAS et validé par le Président du CCAS.

Il s’est composé de deux volets :

  • Un appel aux dons a été lancé au sein de la population et des colis d’urgence ont été préparés avec les denrées récoltées et redistribués aux ménages en difficulté. L’association Solidarité Morières a également fourni des colis d’urgence sur demande du CCAS lorsque les dons n’étaient pas suffisants. Un lien vers le site Survio a été créé permettant aux administrés de faire leurs promesses de dons en ligne. Ils étaient ensuite recontactés par le CCAS et un agent se chargeait d’aller récupérer leurs dons à leur domicile en respectant les gestes barrières. Les denrées étaient ensuite stockées au CCAS où étaient également préparés les colis redistribués par la suite.
  • Un service de livraison de courses de 1ère nécessité à domicile pour les personnes identifiées comme « vulnérables » a été instauré. Le contact a été pris avec l’hypermarché local Leclerc qui s’est montré très réactif et généreux allant au-delà des commandes en proposant des dons aux clients vulnérables : livres, chocolats… Les commandes étaient prises quotidiennement par les agents du CCAS pour être transmises à l’hypermarché par mail. Elles étaient préparées le lendemain matin et les factures nominatives par client transmises par mail au CCAS. Il s’agissait ensuite pour le CCAS d’appeler les clients pour les informer du montant de leurs achats. Un agent habilité par le Président du CCAS passait récupérer les règlements uniquement par chèque pour éviter les manipulations d’argent, allait à l’hypermarché faire valider les règlements et récupérer les commandes pour ensuite les livrer. Une attention particulière a été apportée sur le respect des gestes barrière lors des contacts avec ces personnes vulnérables. Une centaine de livraisons a été assurée au cours des deux mois de confinement.

Quels étaient ses objectifs ?

La chaîne de solidarité avait pour objectif principal de répondre aux difficultés initiées par la crise sanitaire liée au Covid19. Le volet « dons » a permis de lutter contre les difficultés financières dues à la précarisation brutale du monde du travail : mise au chômage partiel, perte d’emploi …. Le volet « livraison de denrées de première nécessité » a permis de répondre à l’exigence gouvernementale de confinement des personnes vulnérables mais également de créer un lien social pour des publics isolés et de ce fait de créer une veille sociale des publics fragiles de la commune.

Quel impact ce projet a t-il eu ?

On peut dire que la chaîne de solidarité a eu des effets positifs. D’une part, les bénéficiaires de dons étaient globalement satisfaits d’avoir obtenu une réponse rapide à leur demande d’aide alimentaire. D’autre part, les bénéficiaires de la livraison de denrées de première nécessité ont également été satisfaits de ce service et ont d’ailleurs sollicité sa pérennisation à la sortie du déconfinement. Le seul point négatif qui ressortait était l’impossibilité de commander des produits frais car le CCAS ne pouvait assurer la chaîne du froid mais les administrés étaient alors orientés vers les commerces de proximité tels que la boucherie ou le primeur qui s’étaient également adaptés au contexte en assurant la livraison à domicile. Enfin, ce projet a permis de resserrer les liens entre les services de la ville et du CCAS.

Est-ce que votre CCAS a su s’adapter à cette hausse du nombre de personnes en difficultés ?

On peut penser que le CCAS s’est effectivement adapté à la hausse du nombre de personnes en difficulté en raccourcissant les délais de réponse : les demandes d’aides d’urgences étaient traitées en général sous 24 à 48h ; les portages de repas à domicile dont le nombre avait augmenté de moitié étaient mis en place sous 24h grâce également à la réactivité du traiteur prestataire. De plus le contexte a permis l’émergence de dispositifs répondant aux demandes nouvelles des usagers.

Du fait de la situation actuelle, avez-vous spécifié vos actions à Morières-lès-Avignon ?

Durant le confinement les actions se sont spécifiées pour répondre aux demandes particulières liées au contexte sanitaire. Il est évident que certains évènements comme la réouverture de la crèche municipale ou des écoles ont demandé des protocoles spécifiques mobilisant une majorité des équipes municipales mais les services habituels ont continué à être proposés aux administrés de la commune permettant d’assurer la continuité du service public. Cela a nécessité de revoir les modes de fonctionnement des services en allégeant les procédures mais aussi de renforcer la communication avec la population.

Propos recueilli par Maëlle Alibert

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Villeneuve-le-Roi (94) : citoyens et élus unissent leurs compétences dans un Fablab pour lutter contre la crise du Covid-19

Durant cette crise Covid19, Territoires-Audacieux.fr se mobilise pour vous permettre de bénéficier de retours d’expérience réussies. Notre objectif ? Vous proposer des témoignages de terrain afin de faire remonter les bonnes pratiques du territoire face au défi du confinement et de ses conséquences.

Par ailleurs, Territoires-Audacieux ouvre son abonnement aux collectivités en ayant besoin durant cette période. Vous pouvez demander à recevoir l’ensemble de nos contenus en cliquant ici.

Nous avons également souhaité mettre en avant les initiatives de nos abonnés. Sixième exemple avec l’interview de Mickaël Boitelle, directeur général des services de Villeneuve le Roi. Grâce à leur Fablab, ensemble et bénévolement les différents acteurs de ville produisent des masques barrière en tissu.

Comment utilisez-vous le Fablab de Villeneuve le Roi dans le cadre de la lutte contre le covid19  ?

Le Fablab de Villeneuve le Roi est très récent, ouvert au public depuis décembre 2019, il fait partie d’un ensemble d’équipements publics qui vient clore une opération de rénovation urbaine de grande ampleur dans un des quartiers les plus pauvres du Val-de-Marne avant le projet. Ce Fablab a permis d’assurer une réactivité incontestable grâce à sa proximité et à l’engagement des agents communaux et des bénévoles villeneuvois, car c’est aussi l’esprit d’un fablab : le partage de savoir et de techniques. Nous y avons donc installé, dans le respect des règles sanitaires préconisées, un atelier de production d’éléments de protection d’abord pour les agents communaux afin de garantir la bonne continuité du service public, puis pour les acteurs de la santé (médecins, pharmaciens, vétérinaires…) et les commerçants qui avaient l’autorisation de continuer leur activité. A présent les éléments de protection produits (les masques barrière) sont à destination du grand public : chaque Villeneuvois pourra avoir gratuitement un masque barrière « grand public » fabriqué selon les préconisations de l’Afnor.

Quelles sont les différentes productions réalisées ?

Nous avons donc fabriqué des visières de protection en PET, des réglettes pour fixer les élastiques des masques qui deviennent difficiles à porter à la longue et à ajuster lorsqu’ils sont accrochés directement sur les oreilles, bien sûr des masques barrière pour les agents communaux et tous les habitants (soit près de 15000 prévus plus 1500 en taille enfant pour les élèves d’élémentaire). Nous préparons maintenant des parois de protection en Plexiglas pour chacun des accueils des services municipaux. Très vite nous devrions aussi créer des dispositifs pour les poignées de porte qui nous permettent de les ouvrir avec les coudes.

Comment s’organise la fabrication de ces différents accessoires de 
protection et qui travaille au sein du Fablab ?

Une équipe composée d’agents communaux, d’élus et de bénévoles qui se relaient sans cesse placée sous la conduite de la directrice du centre socioculturel de la ville dont dépend le fablab. Monsieur le Maire est très présent et coordonne les différentes étapes de production et particulièrement la distribution des productions.

Pourquoi avoir voulu développer un outil pour ouvrir les portes sans 
les mains ? 

Cela permettra de limiter le contact avec un des objets les plus contaminants à savoir les poignées de porte. Même si le nettoyage des locaux est renforcé, l’utilisation d’une pognée de porte des dizaines voire des centaines de fois dans la journée reste un possible faisceau de contamination (portes des sanitaires, des espaces communs, portes d’entrée…). Les gestes barrière sont respectés et encouragés mais ce genre de précaution supplémentaire rassure et rappelle à la bonne attitude à adopter tout au long de la journée.

Concernant la création des masques barrière en tissu pour les 
habitants de votre commune, pourquoi la ville a-t-elle décidé de prendre en charge toute la chaine de production  ?

Le maire de Villeneuve-le-Roi, Didier Gonzales présente le FabLab au préfet du Val-de-Marne, Raymond Le Deun.

Sans revenir sur la polémique autour de l’utilité des masques, un constat est flagrant : il n’y en a pas ou du moins en nombre trop insuffisant pour toute la population française. Comme souvent les collectivités territoriales et en premier lieu la commune demeurent l’échelon de proximité pour les habitants. Après un mois de confinement et à l’annonce du second mois, Monsieur le Maire a choisi de préparer dès à présent les conditions d’un déconfinement progressif le plus sûr possible. Étant donné que l’activité des services publics et économique va devoir reprendre et il nous revient d’agir. Nous pouvions commander des masques auprès d’entreprises, c’est ce que nous avons fait d’ailleurs dans le cadre d’un groupement de commandes à l’échelle de la métropole, mais les délais de livraison annoncés et de manière partielle correspondent au 25 mai. C’était trop long tenant compte d’un déconfinement prévu le 11 mai. Pour garder la maitrise de notre projet et surtout assurer le bon rythme, nous avons donc fait le choix de réaliser toutes les étapes par nous-mêmes. Nous avons acheté 2000 m2 de tissu en coton correspondant aux préconisations de l’Afnor, 36 km de biais pour les attaches (préférables aux élastiques pour diverses raisons), des bobines de fils, des aiguilles etc… Ensuite il a fallu mettre en place un processus de fabrication optimisé et un circuit de distribution.

Comment cette organisation de création a t-elle été mise en place ?

Cette organisation a été mise en place dans des délais très courts car l’objectif était de produire et de distribuer le maximum de masques avant le 11 mai. Une fois les matières premières acquises, nous avons fait un appel au sein du personnel communal et de la population pour recueillir les candidatures de couturiers (chaque personne disposant d’une machine à coudre et de quelques compétences en la matière était la bienvenue). Nous avons un peu plus de 130 couturiers et chacun à son rythme coud les masques. L’idée était de fournir un kit complet avec notice de fabrication et de mesures de sécurité sanitaire à respecter à chaque couturier afin de gagner du temps. Tout kit comportait tout juste de quoi fabriquer 30 masques. Les rouleaux de tissus étaient prédécoupés par deux bénévoles anciens tapissiers. Les carrés de tissus étaient découpées de manière très précise au fablab (découpeuse laser) ainsi que les biais à la juste longueur, le flocage (logo de la ville) y était exécuté également. Ensuite ces kits étaient distribués aux couturiers par les élus plusieurs fois par semaine et le ramassage des masques cousus était assuré de la même façon. En moins de 10 jours nous avons produit plus 6500 masques. La distribution s’effectue selon des critères de priorité établie par la municipalité et qui correspondent à la réalité des personnes vulnérables ou les plus exposées par leur activité (personnes en résidence sénior, habitant de plus de 70 ans, personnes à la santé fragile,…).

Propos recueillis par Maëlle Alibert

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Ballan-Miré (37) : une volonté de la part des élus et des habitants d’accompagner les plus démunis face à la crise

Durant cette crise Covid19, Territoires-Audacieux.fr se mobilise pour vous permettre de bénéficier de retours d’expérience réussies. Notre objectif ? Vous proposer des témoignages de terrain afin de faire remonter les bonnes pratiques du territoire face au défi du confinement et de ses conséquences.

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Nous avons également souhaité mettre en avant les initiatives de nos abonnés. Cinquième exemple avec l’interview d’Emmanuel Dutay, directeur général des services de Ballan-Miré. Il nous explique les différents dispositifs mis en place par la commune afin d’accompagner au mieux les plus démunis de son territoire face à la crise.

Comment vos équipes ont-elles pu vivre et réagir face aux différentes décisions gouvernementales dans le cadre de la lutte contre le covid19 ?

Il est difficile pour les équipes comme les élus d’être toujours en réaction et de naviguer ainsi à courte vue dans une mer d’incertitude. Ce sont des situations qui génèrent beaucoup de tensions pour nos agents qui ont en permanence à cœur d’agir dans l’intérêt supérieur de nos administrés. Pour autant, les services municipaux de Ballan-Miré, à l’instar de toutes les collectivités territoriales françaises, ont fait la preuve indéniable de leur agilité et de leur créativité pour parvenir, en un temps record, à se réorganiser, pour ne pas dire de se réinventer, dans le seul but de remplir nos obligations face au service public.

Est-ce que le CCAS de Ballan-Miré a mis en place de nouveaux dispositifs durant cette crise?

Le dispositif d’aide au ravitaillement de première nécessité pour les personnes isolées et fragiles a été une création complète mise en place en l’espace de 72 heures. Le CCAS a ainsi offert à ce nouveau service toute l’expérience de son fonctionnement, de sa connaissance du territoire et de ses habitants. Sa structuration juridique et financière nous a aussi permis de sécuriser tous les acteurs, les bénéficiaires comme les volontaires.

Comment a été créé le « réseau des volontaires » de votre commune ?

Le réseau des volontaires s’est organisé autour des élus municipaux, des acteurs associatifs, mais aussi des habitants qui se sont présentés spontanément pour prendre part à cet élan de générosité. Son objectif est aussi de créer un lien fort entre volontaire et bénéficiaire afin de permettre un vrai rapport de confiance. C’est pourquoi chaque volontaire ne se voit « attribuer » que deux bénéficiaires maximum.

Quelles sont ses différentes actions ?

Outre l’aide aux « courses », le réseau des volontaires, géré par notre CCAS, appelle systématiquement par téléphone, une fois par semaine, toutes les personnes repérées comme pouvant présenter un risque de fragilité ou d’isolement. Les aides alimentaires sont aussi maintenues malgré les difficultés liées à l’urgence sanitaire mais dans un cadre beaucoup plus souple. Une veille sociale a ainsi été mise en place avec une permanence téléphonique qui permet de répondre à toutes les situations d’urgence.

Quelle est la fréquence de distribution de votre lettre d’information « spécial confinement » ?

Ce premier numéro a été mis dans les boîtes aux lettres des 4 000 foyers ballanais le jeudi 23 avril. Nous pensons faire paraître un second numéro courant mai, voire juin en fonction de la progression du déconfinement.

Quel est son contenu ? Avez-vous eu des retours ?

Cette lettre est une compilation d’informations pratiques, de présentation des dispositifs de soutien proposés aux habitants, et quelques articles permettant de mettre en valeur la continuité de fonctionnement des services municipaux. Pour l’heure, nous n’avons pas encore eu de retours des habitants mais nous savons que cette lettre était très attendue, l’information étant une nécessité absolue dans ces temps si particuliers.

Propos recueilli par Maëlle Alibert

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Autun (71) : un « Facebook Live » hebdomadaire afin d’accompagner les habitants dans cette crise

Durant cette crise Covid19, Territoires-Audacieux.fr se mobilise pour vous permettre de bénéficier de retours d’expérience réussies. Notre objectif ? Vous proposer des témoignages de terrain afin de faire remonter les bonnes pratiques du territoire face au défi du confinement et de ses conséquences.

Par ailleurs, Territoires-Audacieux ouvre son abonnement aux collectivités en ayant besoin durant cette période. Vous pouvez demander à recevoir l’ensemble de nos contenus en cliquant ici.

Nous avons également souhaité mettre en avant les initiatives de nos abonnés. Quatrième exemple avec l’interview de Vincent CHAUVET, Maire d’Autun et Premier Vice-Président de la Communauté de Communes du Grand autunois Morvan. Avec lui, nous revenons sur l’importance d’une communication directe avec entre élus et habitants. Il nous explique les intérêts pour les Autunois de son « Facebook Live » hebdomadaire.

Pourquoi avez-vous souhaité tenir chaque jeudi soir à 19h00 un « direct vidéo » sur Facebook ?

Depuis le début de mon mandat, j’ai toujours souhaité être accessible pour les Autunois. Que ce soit par Messenger, sms ou téléphone direct, je réponds quotidiennement aux sollicitations. J’ai 3300 abonnés sur ma page Facebook, où je communique assidûment. Notre page Vivre à Autun compte également près de 4800 abonnés, soit un tiers de la population. Ce live s’est donc imposé comme une évidence pour parler directement, sans filtre, avec les citoyens.

Comment se déroule ce « direct vidéo » ?

Depuis le 19 mars, je donne rendez-vous chaque jeudi aux Autunois. Je commence tout d’abord par transmettre les éléments sanitaires de notre ville, le nombre d’hospitalisations liées au Covid et j’informe également des décès en lien avec cette épidémie dans notre hôpital. Ensuite, je rappelle les directives gouvernementales (prolongation du confinement, gestes barrières, sorties etc…). Enfin, j’évoque les actualités liées à notre ville et à la mise en place des actions locales pour traverser ensemble et solidairement cette crise. Après ces différentes explications, je réponds aux questions qui arrivent en commentaires. Je finis ce live à 20 heures pour applaudir depuis le balcon de l’Hôtel de Ville les soignants et ceux qui continuent de travailler pour prendre soin de nous.

Sentez-vous que cette initiative hebdomadaire est bénéfique pour les Autunois ?

Tout à fait. Elle est déjà très suivie et attendue et je pense qu’elle est bénéfique sous plusieurs aspects. D’une part, les Autunois bénéficient d’une information officielle; ensuite, je m’attache à répondre à toutes les questions qui me sont posées, qu’elles soient pratiques (comment faire son contrôle technique, puis-je accompagner ma mère faire des courses…) ou sur notre gestion de la crise (distribution de masques, ouverture du marché …). Enfin, elle permet d’informer les habitants sur la vie de leur ville durant le confinement (soins, commerces etc…). Ce live est un vrai complément à l’information que nous donnons tous les jours sur notre page Vivre à Autun ou au cours des appels sur notre ligne d’urgence.

Quels retours de la part de la population ou de vos collaborateurs avez-vous reçu sur cette initiative ?

Avec plus de 200 commentaires par live, 300 spectateurs en direct en moyenne et plus de 5000 vues par live cumulées entre le direct et le replay, il est indéniable que ce rendez-vous est inscrit dorénavant dans les habitudes des Autunois. De plus en plus d’internautes prennent le relais durant le direct pour répondre aux personnes qui se connectent après le commencement du live, pour répondre aux questions déjà évoquées. Cela montre également l’implication et la solidarité des habitants entre eux. Ce live est un vrai service à la population pour les informer comme les rassurer.

Comment gérez-vous la communication auprès des personnes éloignées du numérique ?

Bien sûr le numérique est un canal, toutefois il ne peut être le seul vecteur d’information pour la population. C’est pourquoi nous avons adressé aux 6000 foyers autunois une lettre postale reprenant l’ensemble des informations indispensables à connaître pour mieux vivre cette crise. Liste des commerces et restaurants assurant des livraisons, informations médicales et sociales, nous avons répertorié exhaustivement tous les services qui continuent de fonctionner durant le confinement. Elus et agents des services municipaux sont mobilisés pour aider les Autunois et éviter que des personnes restent sans réponse face à une situation de détresse personnelle.  Notamment, nous avons instauré une permanence téléphonique 24/24, 7/7,  où se relaient les élus pour écouter, conseiller et orienter les habitants. Enfin, la presse écrite est un excellent relais de nos informations. 

En quoi la communication est-elle importante en temps de crise ?

Il est important en ce temps de crise de pouvoir communiquer directement avec les citoyens sur la situation de leur ville face au Covid-19. Au-delà de la situation nationale, les habitants veulent comprendre au plus près de chez eux. Cela permet d’une part de lutter contre les fakes news mais aussi de pouvoir répondre à leurs questions et préoccupations. Encore plus fort que d’habitude, le lien de confiance, de proximité doit être maintenu entre les élus et les citoyens. Cela passe par une mobilisation complète des moyens humains et matériels à notre disposition, avec une équipe municipale réactive et à l’écoute. Ainsi qu’une communication multicanale pour toucher l’ensemble de la population.

Propos recueilli par Maëlle Alibert

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Territoires Audacieux participe à l’appel “Fabriquons une relance en Transitions !”

Préparons et démontrons la force de frappe des territoires pour sauver l’économie et la planète !

De multiples tribunes formalisent jour après jour une attente de transformation du monde de l’après-Covid19. Seront-elles entendues ?

Le moment est historique ! Territoires Audacieux sous l’égide de La Fabrique des Transitions soutient aujourd’hui l’appel “Fabriquons une relance en transitions” en lien avec la tribune #nouslespremiers.

Soyons acteurs et démontrons que nous disposons de véritables projets de transition, ancrés dans les territoires, au plus près des français, porteurs d’utilité sociale, générateurs d’emplois…. Des projets constitutifs d’une Transition puissante, inclusive et démocratique !

Quelle relance voulons-nous ?

« Sachons, dans ce moment, sortir des sentiers battus, des idéologies et nous réinventer » conclut  Emmanuel Macron le 13 avril. On dit que rien ne sera comme avant mais les premières annonces concernent le sauvetage des poids lourds de l’industrie nationale, Air France, Renault. Que restera-t-il pour nous réinventer ? Et qui est capable de le faire ?

Nous sommes historiquement à un carrefour : d’un côté l’autoroute de la relance du modèle actuel (productiviste, carboné, dérégulé, financiarisé, hyper-concurrentiel et finalement vulnérable), de l’autre côté la route du changement profond de modèle de développement, une véritable bifurcation.

L’expérience de la crise de 2008 montre que ce sont les projets de l’économie “classique” qui ont bénéficié de fonds. Ce scénario semble se réitérer. Prendre cette autoroute revient à vouloir répondre à la crise à court terme tout en continuant à nourrir un contexte particulièrement propice à la venue de prochaines crises (sanitaires, alimentaires, climatiques, ….). Pire, on assèchera pour longtemps les capacités financières publiques, incapables de s’investir dans la transition.

Pour être entendus à tous les niveaux, il faut que les territoires apportent les preuves tangibles de leurs convictions et de leurs capacités à porter des projets en Transitions. Et ce, de façon concertée. Si les institutions régionales, nationales et européennes découvrent un foisonnement de projets déjà prêts à être mis en œuvre, alors nous aurons fait un formidable pas en avant.

Dire et attendre qu’un nouveau monde émerge ne suffit pas !

Un appel à être pro… actifs !

Après le carton rouge du Covid, sortons le carton vert de la Transition ! Soyons prêts, nous acteurs des territoires, à valoriser ensemble les projets portés par des collectivités territoriales ou tout autres acteurs territoriaux. Des projets qui ont vraiment valeur d’exemple, par leur contenu, par leurs processus d’élaboration, par leur capacité d’entraînement.

Ensemble, faisons converger le même jour tous ces projets exemplaires vers les préfectures et vers les exécutifs régionaux. Montrons qu’ils sont l’amorce de véritables fabriques territorialisées de transition. Les acteurs de la Fabrique des Transitions relaient aujourd’hui cet appel pour initier une remontée massive et coordonnée de projets à l’échelle nationale. En suivant ces étapes :

  • Étape 1 : Listez vos projets et précisez en quoi ils relèvent de la Transition
  • Étape 2 : Transmettez le 5 juin 2020 votre liste de projets aux Préfets et Présidents de Région.
  • Étape 3 : Confortez les dossiers de vos projets et bénéficiez en cas de besoin de l’appui des alliances régionales de la fabrique constituées pour vous soutenir

Cet appel vous concerne si ….

Vous partagez comme les membres de la Fabrique des Transitions ces convictions : les territoires sont des creusets de projets très fertiles – la résilience trouve sa source dans la mise en place d’écosystèmes coopératifs – la conscience forte des limites planétaires (plancher social et plafond environnemental) – la reconnaissance mutuelle des responsabilités – le sens de l’essentiel, des besoins fondamentaux – l’enjeu des modes de gestion des communs (eau, santé, air,….) – ….

Vous êtes un acteur engagé dans la transition : collectivités locales, collectifs d’habitants, associations, entreprises, ….

Vous aussi, vous croyez en :

  • la création de nouveaux modèles économiques (économie circulaire, économie sociale et solidaire, économie de la fonctionnalité et de la coopération…)
  • la prise en compte prioritaire des enjeux du changement climatique et en la nécessité de s’y adapter
  • la nécessité de concevoir des projets aux effets systémiques
  • l’enjeu de l’implication citoyenne et du renouveau des coopérations
  • ce rôle primordial de la biodiversité dans nos territoires
  • la nécessité de bâtir des coopérations réciproques entre la ville et la campagne, le centre et ses périphéries
  • ….

Alors rejoignez-nous !

Relayez l’appel #FabriqueTransitions et préparez vos dossiers en suivant les étapes.

>>> Téléchargez tous les documents explicatifs via le dossier partagé !

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Bras-Panon (97) : le CCAS accompagne la population face au Covid-19

Durant cette crise Covid19, Territoires-Audacieux.fr se mobilise pour vous permettre de bénéficier de retours d’expérience réussies. Notre objectif ? Vous proposer des témoignages de terrain afin de faire remonter les bonnes pratiques du territoire face au défi du confinement et de ses conséquences.

Par ailleurs, Territoires-Audacieux ouvre son abonnement aux collectivités en ayant besoin durant cette période. Vous pouvez demander à recevoir l’ensemble de nos contenus en cliquant ici.

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Nous avons également souhaité mettre en avant les initiatives de nos abonnés. Troisième exemple avec l’interview de Karine Thirion-Lebon, directrice du CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) de Bras-Panon à la Réunion. Elle nous explique le rôle de son CCAS en ces temps de crise.

Depuis le début de cette crise, nous pouvons voir que le rôle des CCAS est très souvent mis en avant, pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?

Lorsque l’on parle des CCAS, on dit souvent que ce sont la première portes d’entrée d’un territoire. C’est-à-dire la première porte vers laquelle un administré va se retourner. Cependant, nous avions pendant un moment eu la sensation d’être quelque peu oubliés. De n’être pas reconnus à notre juste valeur. En ces temps de crise, les regards ont changé car les CCAS sont cruciaux pour rassurer, sensibiliser la population, mettre en place des actions d’aide aux plus démunis, ou encore faire le lien entre gouvernement et la population. Les CCAS sont aussi une des rares institutions qui sont restées ouvertes au public en cette période de confinement.

Du fait de la situation actuelle, avez-vous spécifié vos actions à Bras-Panon ?

Une partie de la population réunionnaise est en décalage avec celle de la métropole. La typologie n’est pas tout à fait la même, le taux d’illettrisme est extrêmement important et la fracture numérique existe à la Réunion. Nous nous sommes donc retrouvés face à une part de la population qui était totalement perdue face à des dispositifs (tel que l’attestation de sortie) mis en place par l’État. Cela a été difficile pour eux je pense. Car ce sont ces situations qui creusent la précarité dans lesquelles peuvent être certains. Nos actions se sont donc spécifiées à travers la vulgarisation des dispositifs, l’accompagnement de la population, l’accueil physique et téléphonique pour les plus vulnérables, tout en gardant les services sécuritaires.

Quelles sont concrètement les actions que votre CCAS réalisent en ce moment ?

D’une part, nous sensibilisons les populations aux différents gestes barrières (équipements, distance de sécurité…). Par exemple, nous nous déplaçons dans les trois Résidences Personnes Âgés (RPÂ) de la ville afin de les sensibiliser aux différentes nouvelles procédures. L’explication du fonctionnement de l’attestation de sortie, l’affichage des consignes sanitaires en sont des exemples. Ces différentes démarches ont permis de rassurer et protéger la population. D’autre part, nous continuons notre mission d’aide alimentaire pour les plus démunis avec maintenant la distribution chaque vendredi de 200 « paniers fraîcheurs » avec des fruits et des légumes. Enfin, nous avons créé deux missions sur la plate-forme « Réserve Civique», une de phoning afin d’accompagner les personnes vulnérables. Nous vérifions qu’elles vont bien et qu’elles n’ont pas de problématiques particulières. En effet, certaines se retrouvent seules. C’est le cas des personnes âgées. Elles avaient auparavant des aidants familiaux et dans cette situation de crise, elles n’en ont plus. La seconde mission, concerne le service de course à domicile où il a été important de bien faire attention aux points juridiques car il y a de l’échange d’argent entre bénévoles et résidents. Actuellement quatre bénévoles se sont proposés. Ils font d’ailleurs partie de ces institutions qui sont actuellement fermées.

En cette période, mettez-vous des actions en place avec d’autres CCAS du département ?

Nous avons de la part du Département des demandes d’actions communes aux autres CCAS de la Réunion. Je vous avoue franchement, que pour avoir échangé avec mes collègues, nous avons vraiment eu la sensation d’avoir été au « front » sans vouloir reprendre la métaphore du Président. Nous n’avons pas eu le temps de lever la tête, ainsi l’idée de mise en place de projets communs avec d’autres CCAS n’était pas d’actualité.

Est-ce que votre CCAS a su s’adapter à cette hausse du nombre de personnes en difficultés ?

Les habitants se sont retrouvés du jour au lendemain sans aucune institution ouverte au public. En effet, il a fallu attendre une quinzaine de jours pour que ces institutions se mettent dans un mode de fonctionnement plus à distance avec le télétravail. Ça a donc été à nous de gérer à l’instant. Le public vulnérable, qui a toujours eu de l’accompagnement, s’est retrouvé complètement déstabilisé. Ce dernier a eu le réflexe, et il a eu bien raison, de revenir vers nous. Nous nous sommes donc retrouvés à gérer des situations qui ne relevaient pas de nos compétences. En temps normal, les compétences sont partagées dans le Département, notamment pour les personnes âgées et les familles. Nous nous sommes sentis littéralement compressés et au mis au « front ». Mais, nous n’avions pas le choix de nous adapter en très peu de temps. Nous nous sommes posés tout de suite les bonnes questions et avons travaillé presque tous les jours. Cela nous a permis petit à petit de nous adapter à ce bouleversement.

De quelle manière les informations et instructions vous ont-elle été transmises ?

Brutale. D’un seul coup, bon nombre de mesures sont arrivées de façon très descendantes. Certes, il existe des solutions, mais le plus compliqué est de les mettre en application dans un temps très court et avec peu de personnels. Depuis le début, nous sommes 15 au lieu de 17 et travaillons près de sept jours sur sept. Parfois, j’ai l’impression que l’État ne se rend pas compte de la masse de travail qu’il y a derrière chaque solution. Au début, la ville nous a demandé de travailler sur un nouveau modèle d’organisation de mes équipes, en diminuant leur mobilisation. Cela a duré deux jours étant donné le flux d’habitants qui n’arrivant pas à nous joindre par téléphone (puisque nous étion surchargés d’appels) arrivaient, paniqué, dans nos locaux. J’ai donc dû très rapidement revoir mes modalités d’organisation en rapatriant mes équipes pour que l’ont puissent à minima répondre aux questions de manière pédagogique et rassurer la population. Je pense que nous avons répondu au mieux aux problématiques de notre territoire en essayant malgré tout de conserver nos procédures. Cependant, il va falloir que je formalise certaines décisions qui ont été prises, que je retombe sur le juridique. Par exemple, l’État a exigé que sur chaque territoire des logements de confinement soient repositionnables. Pour réaliser ces démarches, il y a un cadre juridique à respecter. Nous n’avions pas le temps pour ça. Le CCAS de Bras-Panon a donc énormément investi pour que ces logements soient habitables de suite (bail, ameublement, charges…).

Quels types de personnes sont les plus fragilisées par cette crise ?

Deux types de personnes sont les plus fragilisés par cette crise. D’un côté, les personnes âgés qui sont assez nombreuses à Bras-Panon. Elles sont 1500 sur une population de 13 000 habitants. Souvent seules, et beaucoup plus fragiles. Elles sont susceptibles de pouvoir contracter beaucoup plus rapidement le virus. Nous avons donc passé beaucoup de temps à la sensibilisation notamment sur les réseaux sociaux. Les enfants des personnes âgées ont maintenant pris l’habitude de nous signaler si leurs parents ont des problématiques. D’un autre côté, il y a les personnes ayant des problèmes d’addiction. En effet, avec le confinement, ils peuvent très rapidement plus s’alcooliser que d’habitude et ont moins de chances d’être sauvés s’ils ont un souci de santé. Pour tenter de pallier cela, nous avons repris les visites à domicile pour les informer du danger. Mes équipes sont aussi allées aux supérettes locales pour les prévenir de réguler leurs ventes d’alcool afin de protéger ces personnes. Cette sensibilisation a fais ses preuves car chaque vendredi lors de nos circuits, nous passons forcément devant ces personnes vulnérables et nous discutons rapidement avec eux en leur donnant leur panier. Nous pouvons constater qu’ils vont bien.

Comment le CCAS peut-il jouer un rôle de coordinateur entre élus et citoyens sur le territoire ?

Comme j’ai pu l’expliquer précédemment, nous devions faire le pont entre élus et citoyens. D’une part pour vulgariser les propos de la métropole à certains de nos habitants qui ont une autre culture. D’autre part, afin de gérer les soucis de communication. En effet, certaines annonces télévisées furent partagées à la population sans savoir comment elles allaient se mettre en place au sein de chaque CCAS. Il a donc fallu faire de la pédagogie avec les administrés entre ce qu’est un droit et un dû.

Propos recueilli par Maëlle Alibert

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Saint Ouen (41) : un trio maire sortant, DGS et futur maire pour prendre les bonnes décisions

Durant cette crise Covid19, Territoires-Audacieux.fr se mobilise pour vous permettre de bénéficier de retours d’expérience réussies. Notre objectif ? Vous proposer des témoignages de terrain afin de faire remonter les bonnes pratiques du territoire face au défi du confinement et de ses conséquences.

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Nous avons également souhaité mettre en avant les initiatives de nos abonnés. Deuxième exemple avec Christophe Marion, futur maire de Saint Ouen (41). Sa liste a été élue dès le premier tour des élections municipales le 15 mars dernier. Dans les communes comme la sienne, où le premier tour a pu permettre d’élire une nouvelle équipe, les vainqueurs n’ont toujours pas pris leur fonction. Ancien membre de l’équipe municipale en place, il nous raconte comment un trio maire sortant, directrice générale des services et futur maire s’est mis en place pour piloter au mieux la collectivité pendant la crise.

Le report du conseil municipal d’installation crée une situation particulière sur votre territoire pour gérer la crise…

Sur cette question de la prise de fonction, il est vrai que ce n’est pas forcément très simple. Nous avons de la chance car, sur notre territoire, le maire ne se représentait pas. J’étais dans son équipe lors du précédent mandat et j’ai été élu dès le premier tour. Cela permet d’apporter de la sérénité dans cette période. Aujourd’hui, ce qui est compliqué, c’est que pour les gens, vous êtes le nouveau maire. Ils ont voté le 15 mars et c’est spontanément à vous qu’ils s’adressent. Ils ont du mal à comprendre les raisons. La notion de conseil municipal d’installation n’est pas facile à comprendre. Pour beaucoup de personnes, le vote concerne le maire et pas un liste pour le conseil municipal. Ce qui fait que je suis très sollicité. La situation est renforcée par le fait que je suis très présent sur les réseaux sociaux. C’est plus fluide pour ceux qui souhaitent poser des questions. Mais en même temps, la situation est paradoxale car je ne suis pas aux manettes.

Comment gérez-vous cela avec le maire sortant ?

Nous avons donc mis en place un système assez simple. Nous échangeons ou nous voyons quasi-quotidiennement. Nous prenons les décisions ensemble et généralement nous sommes d’accord. De toutes façons, ce n’est pas le moment d’innover ou d’inventer des choses. Nous sommes dans une forme de continuité. Les projets que nous envisageons de mettre en place durant la mandature sont mis en stand-by. C’est évident. En cas de désaccord, c’est le maire sortant qui décide. C’est lui qui a la responsabilité. Il n’y a, dans tous les cas qu’une voix. C’est lui le patron et je le respecte.

Au quotidien, quelle est l’organisation ?

Nous fonctionnons beaucoup par mail. Notre directrice générale des services, Christine Hans, est comme une chef d’orchestre. Elle est la tour de contrôle de tous les sujets. Elle nous interroge sur des sujets et des décisions à prendre. Nous nous appelons avec le maire quand cela nous paraît nécessiter un échange entre nous deux. Nous nous voyons également en mairie deux ou trois fois par semaine. Nous nous retrouvons à trois avec la DGS. À partir de la semaine prochaine, nous rétablissons les réunions de municipalité. C’est-à-dire, la DGS, le maire et les adjoints de l’équipe sortante. Nous nous retrouverons en mairie avec des distances de sécurité ou en conférence téléphonique.

Durant cette crise, le rôle du DGS est véritablement mis en avant…

Pour moi, cette complémentarité entre élus et DGS est fondamentale. Aujourd’hui, je pense que, la DGS est, encore plus que l’élu, la tour de contrôle. Elle a une vision 360 et gère de nombreux dossiers. Tout ne mérite pas de remonter aux élus. Nous devons être informés mais certaines décisions doivent pouvoir être prises au niveau de l’administration. La DGS et l’équipe administrative sont des composantes fondamentales au bon fonctionnement de la municipalité. Dans cette crise, nous avons mis des mesures en place qui nous ont été proposées par la directrice générale des services. Nous avons la chance d’avoir une personne à ce poste qui a véritable vision politique. Elle porte nos actions et elle est moteur. Elle joue également un rôle important dans la transition entre les deux équipes.

La nouvelle équipe municipale est également investie ?

Je pense que c’est également une difficulté. Comment ne pas mettre de côté les nouveaux élus ? Ils ne sont pas en fonction. Pourtant ils veulent aider. Être présents pour le territoire. C’est compliqué avec cette situation. C’est un début de mandat mais il faut réussir à faire en sorte qu’ils restent mobilisés pour partir sur de bonnes bases pour les six ans qui viennent. Nous avons essayé de mettre en place des choses. Par exemple, certains gèrent des courses pour les personnes âgées du territoire qui en ont besoin. Nous avons également des élus qui appellent régulièrement certaines personnes isolées pour prendre des nouvelles et discuter. Quand j’ai un doute sur une décision à prendre, je consulte l’équipe. Cela a été le cas ces dernières semaines sur le maintien de l’éclairage public. Nous avons pris une décision collégiale.

Comment se sont passées les dernières semaines sur votre territoire ?

Très bien. Nous avons mis en place rapidement le plan de continuité de l’activité. Les agents ont joué le jeu. Par exemple, ceux de la cantine scolaire ont accepté d’aller travailler au service de la résidence autonomie. Cela peut paraître évident mais c’est un changement d’affectation. Nous avons pu voir que chacun était prêt à s’investir. C’est la même chose pour les agents d’entretien. L’espace public doit continuer à être géré. Il y a une quotidien à maintenir. Nous avons invité les riverains, quand ils le pouvaient, à donner un coup de tondeuse. Cela a très marché car les habitants ont compris que l’on ne pouvait pas rendre un même service public qu’habituellement. Maintenant, il faut aussi que l’on remette en route la machine progressivement. Les agents sont plutôt moteurs. Nous avons pu sentir qu’en cas de coup dur, ils étaient là. Nous leur avons donc envoyé un courrier signé par le maire, la DGS et moi même en leur disant qu’on était fier de la mobilisation.

Propos recueilli par Baptiste Gapenne

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