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Etat des lieux de l’IA : les 10 points saillants du « AI Index Report 2024 » de l’Université de Stanford

L’AI Index Report de l’Institut d’Intelligence Artificielle Centrée sur l’Humain de l’Université de Stanford (HAI) est reconnu comme l’une des sources les plus fiables de données et d’informations sur l’IA. Dans les plus de 500 pages de l‘édition 2024 publiée récemment, il apporte un éclairage approfondi sur le rythme rapide des progrès de l’IA, de la recherche et du développement à la performance technique et à l’éthique, en passant par l’économie et l’éducation, la politique et la gouvernance de l’IA.

Via ce rapport, le HAI se donne pour mission de fournir des données impartiales, rigoureusement vérifiées et largement sourcées afin que les décideurs politiques, les chercheurs, les cadres, les journalistes et le grand public puissent acquérir une compréhension plus approfondie et plus nuancée du domaine complexe de l’IA.

Pour cette 7ème édition, il a élargi son champ d’action pour couvrir plus largement les tendances essentielles telles que les avancées techniques de l’IA, les perceptions publiques de la technologie et les dynamiques géopolitiques entourant son développement. On peut ainsi y retrouver des estimations sur les coûts de l’entraînement de l’IA, des analyses détaillées du paysage de l’IA responsable ou un chapitre consacré à l’impact de l’IA sur la science et la médecine.

Les 10 points saillants du rapport 2024

L’IA surpasse l’homme sur certaines tâches

Le rapport du HAI souligne les progrès impressionnants réalisés par les systèmes d’IA ces dernières années. En 2023, ils ont surpassé les performances humaines sur plusieurs benchmarks de référence pour la classification des images, le raisonnement visuel et la compréhension de l’anglais. Cependant, l’IA reste à la traîne sur des tâches plus complexes comme les mathématiques de niveau compétition, le raisonnement visuel de bon sens et la planification.

L’industrie domine la recherche en IA

En 2023, l’industrie a produit 51 modèles d’apprentissage automatique notables, contre 15 pour le monde universitaire. Il y a également eu 21 modèles remarquables résultant de collaborations entre l’industrie et le milieu universitaire en 2023, ce qui constitue également un nouveau record.

Crédit : AI Index Stanford

Des modèles de pointe de plus en plus coûteux

Selon les estimations de l’AI Index, les coûts d’entraînement des modèles d’IA de pointe ont atteint en 2023 des niveaux sans précédent. Ainsi l’entraînement de GPT-4 d’OpenAI a coûté environ 78 millions de dollars tandis que celui de Gemini Ultra de Google a atteint un nouveau sommet, revenant à 191 millions de dollars.

Les États-Unis conservent leur position de leader

Les États-Unis devancent toujours la Chine, l’UE et le Royaume-Uni en tant que principale source de modèles d’IA de pointe. En 2023, 61 modèles d’IA de pointe provenaient d’institutions basées aux États-Unis, loin devant les 21 de l’Union européenne et les 15 de la Chine.

Google a été le plus prolifique avec 18 modèles devant Meta (11), Microsoft (9) et OpenAI (7).

Un besoin urgent de standardisation dans les rapports responsables sur l’IA

Le rapport du HAI met en lumière l’absence de critères uniformes pour évaluer la responsabilité des systèmes d’IA, ce manque de normalisation rend difficile la comparaison systématique des risques et des limites des différents modèles d’IA. Les principaux développeurs, tels que OpenAI, Google et Anthropic, utilisent ainsi la plupart du temps des benchmarks différents lorsqu’ils testent leurs modèles en termes de responsabilité.

Une normalisation appropriée est cruciale pour renforcer la confiance du public dans l’utilisation de l’IA tout en assurant des pratiques éthiques et transparentes dans le développement et le déploiement de ces technologies.

L’investissement dans l’IA générative monte en flèche

On a vu l’an passé les investisseurs se tourner vers l’IA générative. Le rapport confirme cette tendance : le financement de la GenAI a été pratiquement multiplié par huit en 2023 par rapport à l’année précédente pour atteindre 25,2 milliards de dollars, et ce, malgré une baisse globale des investissements privés dans l’IA entamée en 2022. Les principaux acteurs du secteur, notamment OpenAI, Anthropic, Hugging Face et Inflection, ont annoncé des levées de fonds importantes.

Des travailleurs “augmentés” par l’IA

Le rapport s’appuie sur les données de diverses études publiées en 2023 sur l’impact de l’IA sur la main-d’œuvre. Celles-ci ont démontré que l’IA permettait aux employés d’effectuer leurs tâches plus rapidement tout en améliorant la qualité de leur production et qu’elle permettait de combler l’écart de compétences entre travailleurs peu qualifiés et hautement qualifiés. Toutefois, d’autres études mettent en garde contre le fait que l’utilisation de l’IA sans une supervision adéquate peut entraîner une diminution des performances, ce que le rapport souligne.

Les progrès scientifiques boostés par l’IA

En 2022, les modèles d’IA ont été utilisés pour faciliter les simulations sur la fusion de l’hydrogène, améliorer l’efficacité de la gestion énergétique et pour générer de nouveaux anticorps…  2023 a vu le lancement d’applications d’IA ouvrant une nouvelle ère dans la recherche. Le rapport cite notamment AlphaDev, qui optimise l’efficacité du tri algorithmique, et GNoME, qui facilite le processus de découverte de matériaux et a le potentiel de transformer divers secteurs technologiques, tous deux développés par Google DeepMind.

L’IA de plus en plus réglementée aux Etats-Unis

Le HAI, situé en Californie, s’est intéressé à l’encadrement de l’IA aux USA. Il montre que le nombre de réglementations liées à l’IA aux États-Unis a considérablement augmenté au  cours des cinq dernières années, passant de une en 2016 à 25 en 2023. Rien que l’année dernière, le nombre total de réglementations liées à l’IA a augmenté de 56,3 %.

Une prise conscience mondiale de l’impact potentiel de l’IA et des craintes en hausse

La perception du public concernant l’IA évolue. Selon une enquête d’Ipsos, la proportion de personnes estimant que l’IA aura un impact significatif sur leur vie dans les trois à cinq prochaines années est passée de 60 % à 66 % au cours de l’année dernière. De plus, 52 % des répondants ont exprimé leur nervosité à l’égard des produits et services liés à l’IA, ce qui représente une augmentation de 13 % par rapport à 2022. Aux États-Unis, selon les données de Pew, 52 % des Américains se disent plus préoccupés qu’enthousiastes à l’égard de l’IA, contre 37 % en 2022.

Retrouver l’intégralité du rapport ici

AI-Index-Report-2024
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Le Healthcare Data Institute propose 10 recommandations pour faire de l’IA une réalité en santé

Le Healthcare Data Institute, think tank dédié à la transformation du système de santé par la valorisation scientifique et économique des données de santé, annonce la publication d’un nouveau rapport. Intitulé “Jusqu’où les données peuvent-elles accompagner la transformation de la santé par l’IA ?“, il explore  les cas d’usage, examine les freins et les accélérateurs du développement et de l’adoption de l’IA dans le domaine de la santé et propose 10 recommandations pour une intégration réussie.

L’IA a un potentiel immense dans le domaine de la santé et a ouvert la voie à des avancées significatives dans le diagnostic, le traitement et la gestion des maladies. Grâce à des algorithmes sophistiqués, elle permet une analyse rapide et précise de vastes ensembles de données médicales, améliorant ainsi les capacités de diagnostic des professionnels de la santé et permettant un dépistage précoce des maladies. De plus, en exploitant des données individuelles telles que les antécédents médicaux et les caractéristiques génétiques, l’IA offre la possibilité de personnaliser les traitements pour chaque patient, conduisant à des soins de santé plus efficaces et à de meilleurs résultats.

Par ailleurs, l’IA peut optimiser les opérations hospitalières, réduire les coûts et améliorer la gestion des maladies chroniques grâce à un suivi continu des patients à domicile. Enfin, en accélérant la recherche médicale et en facilitant la découverte de nouveaux traitements, l’IA ouvre de nouvelles perspectives pour l’innovation dans le domaine de la santé.

Le rapport du Healthdata Care Institute dresse un état des lieux de l’utilisation de l’IA dans le parcours de soins et le système de santé. Parmi les cas d’usage examinés à partir d’exemples français et internationaux pour en évaluer le niveau de maturité, on trouve :

  • La prévention des cancers ;
  • Le diagnostic augmenté ;
  • La médecine de précision ;
  • La télésurveillance ;
  • La gestion de l’approvisionnement;
  • L’optimisation du temps ;
  • L’organisation des flux hospitaliers ;
  • Les déserts médicaux.

Il met en lumière un manque de solutions matures exploitables industriellement et que, malgré un potentiel disruptif, l’adoption de l’IA en santé est freinée par une fragmentation européenne en termes de normes, de réglementations, d’usages et de marché. Il souligne également l’importance cruciale de surmonter ces obstacles et pour y parvenir propose 10 recommandations qui mettent l’accent sur :

  • La nécessité de simplifier les normes et de favoriser une adoption européenne collective de l’IA par les acteurs de la santé ;
  • La formation initiale et continue des professionnels de santé sur l’IA et la Data Science ;
  • La mise en place d’un plan de communication national démontrant les bénéfices et les enjeux de l’IA pour associer le grand public à la révolution de l’IA ;
  • Un positionnement éduqué et éclairé des décideurs sur les questions d’IA en santé pour un accompagnement raisonné des solutions.

Pour le Healthdata Care Institute, l’intégration réussie de l’IA en santé requiert une approche collaborative, centrée sur l’humain, qui embrasse à la fois les innovations technologiques et les impératifs éthiques et réglementaires. Les actions raisonnées, guidées par une vision stratégique et pragmatique proposées dans son rapport visent à permettre aux acteurs clés du secteur (décideurs, professionnels de santé, institutions et patients) de “faire de l’IA une réalité bénéfique pour tous en santé“.

Christian DELEUZE, Président du Healthcare Data Institute, conclut :

“Nous sommes à l’aube d’une transformation majeure en santé, guidée par des actions concrètes plus que par des promesses. Ce rapport est un appel à l’engagement pour faire de l’IA un levier d’une médecine plus précise et personnalisée. Ensemble, convertissons ces visions en réalités, pour que l’IA devienne un moteur de l’amélioration des soins et de l’accompagnement des patients. La voie est tracée, les solutions à notre portée. Il appartient désormais aux acteurs du secteur de la santé de répondre présent à cet appel, pour que demain, l’IA en santé soit synonyme de progrès pour chacun “.

Retrouver le rapport et ses 10 recommandations ici

Healthcare-Data-Institute-10-recommandations-IA-realite-sante
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Hub France IA : comment faire de la France et l’Europe des leaders de la GenAI d’ici 5 ans?

Le 7 mars dernier, le Hub France IA organisait son évènement de rentrée, Hub France IA Restart en partenariat avec Scaleway, l’ESSEC Metalab et Hymaïa dans les locaux du Groupe Iliad. Ce fut l’occasion pour l’association de remettre son rapport “40 mesures pour faire de la France et de l’Europe des leaders de l’IA Générative d’ici 5 ans” à Marina Ferrari, Secrétaire d’État chargée du Numérique depuis le 8 février dernier et de revenir sur sa feuille de route stratégique. .

Association à but non lucratif, le Hub France IA, créé en 2017, fédère aujourd’hui près de 170 membres et partenaires (startups, grands groupes, institutions porteuses de projets d’IA) de l’écosystème français et européen afin de faire émerger une IA de confiance et souveraine, respectueuse des citoyens, au service des entreprises et du secteur public. Rim Tehraoui en assure la présidence depuis début 2024, succédant à Antoine Couret.

Après avoir publié une note de synthèse en mai 2023 sur les usages et les impacts de ChatGPT et de la GenAI, il fournit dans ce rapport 40 propositions pour faire de la France et l’Europe des leaders de la GenAI dans le respect des valeurs européennes.

Il identifie quatre objectifs principaux à tenir :

Développer une approche holistique, respectueuse de l’environnement et des règles éthiques européennes, rassemblant fournisseurs, consommateurs publics et privés ;

• Anticiper les évolutions de l’IA en structurant le marché de l’accès aux données d’entraînement et l’architecture des supercalculateurs européens autour des prochaines ruptures ;

• Garantir un environnement qui permette l’émergence d’un marché réellement concurrentiel tout en préservant le marché des médias et de la culture ;

• Apporter le soutien nécessaire à la montée en compétence mais également à la gestion des risques et la mise en œuvre des réglementations.

Le rapport du Hub France IA

Le rapport dresse tout d’abord un état des lieux du marché de la GenAI en France et en Europe qui connait une adoption rapide, tant dans le secteur professionnel que dans la sphère personnelle. Les entreprises, de toutes tailles, montrent un intérêt croissant pour les technologies basées sur la GenAI, notamment pour des projets visant à améliorer l’efficacité opérationnelle.

Cependant, cette adoption rapide s’accompagne de risques significatifs, tels que la mauvaise utilisation des technologies, les problèmes liés à la propriété intellectuelle et à la protection des données, ainsi que la fracture numérique entre ceux qui maîtrisent ces technologies et ceux qui en ont peur ou nécessitent une formation. En outre, la plupart des entreprises qui cherchent à exploiter des modèles d’IA générative se tournent actuellement vers des solutions américaines. Deux raisons principales expliquent ce choix : une expérience utilisateur extrêmement fluide grâce à des offres clés en main et des API prêtes à l’emploi et une tarification très compétitive.

En Europe, malgré un potentiel de développement important, l’offre dans le domaine de lla GenAI peine à décoller. Seules 10,6% des start-ups européennes se spécialisent dans ce domaine, avec une part plus élevée de 17,5% pour les start-ups françaises selon une étude publiée en janvier dernier à laquelle France Hub IA a collaboré. Ces entreprises rencontrent divers obstacles qui entravent leur croissance notamment une faiblesse des financements européens comparativement aux États-Unis et à la Chine ainsi que la complexité de la réglementation européenne et les craintes qu’elle suscite.

Les auteurs du rapport écrivent :

“Qu’il s’agisse de l’AI Act, du RGPD ou des législations protégeant les droits d’auteur ou les citoyens contre les risques de manipulation, de nombreuses préoccupations émergent face au potentiel de violation par inadvertance, de charges de preuve déraisonnables, du poids et du coût de mise en conformité pour de petites entreprises, ou encore l’effet paralysant de la protection des données sur les clients potentiels”.

Les autres défis pour les start-ups soulevés sont le coût d’accès aux puissances de calcul ainsi que l’accès et la collecte de données de qualité.

Comment faire de la France et l’Europe des leaders de l’ia générative ?

Pour France Hub IA, il faut absolument favoriser la souveraineté et l’excellence.

Actuellement, les acteurs européens sont limités dans leurs choix en raison du quasi-monopole de quelques grands acteurs tout au long de la chaîne de valeur de l’IAG

Pour garantir la souveraineté, il est crucial de permettre un choix diversifié en termes de solutions logicielles, d’architectures et de processeurs graphiques (GPU). Une stratégie industrielle globale est nécessaire pour fournir les outils nécessaires à chaque étape du déploiement de la GenAI, à un coût maîtrisé et avec une empreinte environnementale minimale.

Cette stratégie doit être européenne dès sa conception et impliquer un investissement massif de plusieurs dizaines de milliards d’euros, soutenu par des secteurs publics et privés. Elle devrait également inclure des investissements en achats publics et privés d’une valeur au moins équivalente.

Il est également impératif de :

  • Stimuler et soutenir la croissance de l’écosystème ;
  • Faciliter l’accès aux données dans un cadre de confiance ;
  • Accompagner les entreprises dans la gestion des risques et la régulation ;
  • Piloter et optimiser l’empreinte environnementale ;
  • Accélérer la montée en compétence pour favoriser l’adoption.

Les 40 recommandations proposées dans le rapport pour y parvenir sont à retrouver ici

Hub France IA comment faire de la France et l'Europe des leaders de la GenAI d'ici 5 ans
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La Commission de l’IA publie un rapport contenant 25 recommandations pour l’IA en France

Elisabeth Borne, alors Première Ministre, avait mis en place le premier comité de l’intelligence artificielle générative le 19 septembre 2023. Il avait six mois pour présenter des propositions concrètes afin d’adapter la stratégie nationale. Mission remplie : rebaptisé “Commission de l’intelligence artificielle”, il a remis hier à Emmanuel Macron un rapport contenant 25 recommandations pour faire de la France un acteur majeur de la révolution technologique de l’IA.

Co-présidée par Anne Bouverot, Présidente du conseil d’administration de l’ENS et Philippe Aghion, Professeur au Collège de France et économiste, la Commission compte notamment parmi ses membres Luc Julia, expert en IA générative, Yann Le Cun, VP et Chief AI Scientist chez Meta, Arthur Mensch, PDG et cofondateur de Mistral AI et Cédric O, consultant, ancien Secrétaire d’Etat au Numérique.

Dans ce rapport intitulé “IA: Notre ambition pour la France”, la Commission considère “qu’une approche autarcique de la souveraineté n’est pas opportune, ni au regard de nos valeurs ni au regard de nos intérêts. D’une part, la France promeut un cadre ouvert et démocratique de société. D’autre part, il serait techniquement et financièrement impossible de maîtriser l’ensemble des biens et services composant la chaîne de valeur de l’IA“.

Elle identifie quatre piliers pour renforcer la souveraineté européenne : le financement, la puissance de calcul, l’accès aux données et les talents.

Un plan à 27 milliards d’euros sur cinq ans

Les 25 recommandations du plan proposé par la Commission représentent un engagement annuel d’environ 5 Md€ au cours des cinq prochaines années répartis selon cinq grandes catégories :

  • l’appropriation collective ;
  • la formation et la recherche ;
  • le déploiement de l’IA au service des citoyens ;
  • les investissements technologiques et industriels ;
  • la diffusion de l’IA dans l’économie ;
  • la gouvernance française, européenne et mondiale.

Création d’un fonds d’investissement “France & IA” de 10 Mds€

Alors que les financements actuels de l’écosystème de l’IA sont insuffisants pour faire émerger des acteurs de rang mondial, la Commission recommande de réorienter une partie de l’épargne vers l’innovation : “À richesse comparable, nous investissons environ trois ou quatre fois moins que les Américains et l’écart risque d’augmenter. À moyen terme, un accroissement structurel de l’allocation de l’épargne vers l’innovation est indispensable. Des actions volontaristes doivent être rapidement prises en ce sens, par exemple en matière de fiscalité de l’assurance vie, afin de disposer d’ici quelques années d’une capacité de financement significativement accrue”.

A court terme, elle préconise la création d’ici fin 2024 d’un fonds d’investissement baptisé “France & IA”, pour faire émerger des start-ups spécialisées dans l’IA appliquée et accélérer la transformation du tissu économique de PME et ETI. Il mobiliserait 7 Md€ de capital investissement d’entreprise et 3 Md€ de soutien public

Repenser la gouvernance de la donnée

Pour tirer pleinement parti des bénéfices de l’IA générative, la Commission estime essentiel de :

  • Faciliter l’accès aux données personnelles : elle propose de simplifier les procédures d’autorisation préalable d’accès aux données de santé et de réduire les délais de réponse de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). Dans ce but, elle suggère une réforme du mandat de la CNIL pour inclure un objectif d’innovation, de réviser la composition de son collège et de renforcer ses moyens ;
  • Appliquer le principe de transparence des données d’entraînement : La commission souligne l’importance de garantir la transparence des données d’entraînement des grands modèles d’IA pour respecter le droit de la propriété littéraire et artistique. Des standards pour la publication des informations sur les modèles d’IA et la mise en œuvre du droit de retrait sont recommandés pour simplifier ce processus ;
  • Concevoir une nouvelle gestion collective des données : Pour la Commission, il est nécessaire d’explorer de nouveaux modèles de gouvernance commune des données, sans pour autant affaiblir la protection des individus.

Faire de la France un pôle majeur de la puissance de calcul

Les datacenters et les supercalculateurs sont les piliers technologiques sur lesquels repose l’IA générative. Sans ces infrastructures massives et performantes, il serait impossible de réaliser les avancées aujourd’hui dans ce domaine.

Pour la Commission, la France et l’Europe doivent impérativement devenir un pôle majeur de la puissance de calcul pour :

  • fournir une puissance de calcul publique pour les cas d’usage sensibles ;
  • fournir une puissance de calcul accessible et abordable pour stimuler la recherche et le développement des start-ups en IA ;
  • être en mesure d’entraîner et d’utiliser sur le sol européen les modèles d’IA les plus avancés.

Elle propose d’accélérer le développement de supercalculateurs exascales français et européens, d’initier des achats groupés pour renforcer l’écosystème de la puissance de calcul et de favoriser l’implantation de centres de calcul en Europe. Elle recommande également la mise en place d’un crédit d’impôt pour soutenir les projets de R&D utilisant la puissance de calcul des centres de calcul établis sur le territoire.

On trouve parmi les autres recommandations prioritaires:

  • Assurer le rayonnement de la culture française en permettant l’accès aux contenus culturels dans le respect des droits de propriété intellectuelle ;
  • Assumer le principe d’une expérimentation dans la recherche publique en IA pour en renforcer l’attractivité ;
  • Structurer une initiative diplomatique cohérente et concrète visant la fondation d’une gouvernance mondiale de l’IA.

Télécharger le rapport ici

Commission-IA-rapport-25-recommandations-IA-France
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HubSpot dévoile les tendances marketing 2024 : IA, personnalisation et défis des équipes françaises

Créée en 2006 par Brian Halligan et Dharmesh Shah, deux anciens étudiants du MIT, HubSpot est une plateforme client qui fournit les logiciels, les intégrations et les ressources nécessaires pour connecter les équipes de marketing, de vente, de gestion de contenu et de service client. Elle vient de publier son rapport “The State of Marketing 2024” qui présente les tendances actuelles et futures du marketing.

Internet a révolutionné le commerce, permettant au potentiel client à la recherche d’un produit de comparer rapidement les offres des différentes marques. Dans ce paysage concurrentiel, la nécessité de se différencier devient cruciale. L’essor de l’IA et l’utilisation des données ont transformé le marketing, améliorant l’expérience des clients, les fidélisant et en attirant de nouveaux.

Face aux défis du marketing moderne, les équipes ont besoin de solutions innovantes pour répondre aux attentes croissantes des clients et aux changements rapides des modes de consommation. Avec des budgets réduits, elles doivent optimiser leurs ressources et leur temps. L’IA et l’automatisation sont donc des alliés précieux pour les marketeurs, qui peuvent se libérer des tâches répétitives et stimuler leur créativité, notamment grâce à l’IA générative.

Pour ce rapport, HubSpot a interrogé 1 460 marketeurs B2B et B2C de tous les secteurs d’activité, dans plus d’une dizaine de pays, dont la France.

S’ils identifient l’alignement entre les ventes et le marketing comme leur principal défi, ils sont 75 % au niveau mondial à penser qu’une expérience personnalisée augmente les ventes et la probabilité qu’un contact devienne un client fidèle.

Selon HubSpot, les marketeurs ciblent avant tout les acheteurs qui ont grandi en ligne. Soixante-quatorze pour cent des marketeurs veulent atteindre les Millennials (personnes nées entre 1980 et 2000) et 67 % veulent engager la génération X (entre 1965 et 1979), seuls 27 % d’entre eux se disent intéressés par les audiences des baby-boomers.

Facebook, Instagram, YouTube et TikTok offrent le meilleur retour sur investissement. Les marketeurs prévoient de les utiliser en 2024 : 27% de ceux qui n’utilisent pas YouTube prévoient de le faire en 2024.

En 2023, un consommateur sur quatre a acheté un produit sur la recommandation d’un influenceur : 50 % des marketeurs qui collaborent avec un influenceur prévoient d’augmenter leur investissement.

Des marketeurs français réticents face à l’IA

Un défi majeur identifié par HubSpot pour les équipes marketing en France est l’adoption de l’IA pour les accompagner au quotidien voire transformer certaines tâches : 58 % des marketeurs français disent se sentir dépassés par la perspective de mettre en œuvre des outils d’IA dans leurs activités quotidiennes, contre 46 % au niveau mondial.

Ils sont également moins nombreux que leurs homologues à adopter l’IA : ils ne sont que 58% à utiliser l’IA et l’automatisation contre 64% au niveau mondial.

Quand bien même ils l’utilisent, ils ne sont pas encore pleinement convaincus par son potentiel :

  • 66 % pensent que les outils d’IA et d’automatisation les aident à être plus efficaces dans leur fonction, contre 81 % au niveau mondial ;
  • Ils sont par ailleurs 62 % à estimer que ces outils les aident à partager les données plus efficacement au sein de l’entreprise, contre 75 % à l’échelle mondiale ;
  • Seuls les deux tiers (66 %) sont convaincus que l’IA générative améliore la qualité du contenu créé, contre 84 % au niveau mondial.

Parmi les freins à l’adoption de l’IA, les marketeurs français citent la crainte de nuire à la réputation de leur marque (60%), le manque de confiance dans les résultats, ou encore le coût et la complexité des outils.

La personnalisation, le facteur clé du parcours client

La personnalisation est cruciale pour le parcours client, en favorisant la création et la diffusion de contenus adaptés, renforçant ainsi la relation avec le client sur la base de la confiance et de l’unicité.

Selon le rapport HubSpot, 94 % des marketeurs français affirment que la personnalisation permet d’augmenter les ventes et 77 % de ceux qui utilisent l’IA générative pensent qu’elle aide à créer des contenus plus personnalisés. Cependant, seulement 35 % d’entre eux estiment que les consommateurs bénéficient d’une relation très personnalisée avec leur marque, et alors que la personnalisation repose sur la connaissance de son audience, ils ne sont que 54 % à disposer de données qualitatives sur leur audience cible, contre 65 % au niveau mondial.

Ainsi, disposer de données plus précises deviendra un défi majeur pour les équipes marketing à l’avenir, nécessitant des outils capables de collecter, traiter et analyser ces données pour offrir une expérience client plus personnalisée.

Le retrait des cookies tiers est une opportunité pour les équipes de développer de nouvelles stratégies qui les rapprocheraient de leur audience. D’autant plus que 81 % des marketeurs français reconnaissent que leur activité dépend en partie de ces cookies tiers, la recherche de solutions alternatives est donc essentielle.

La collecte des first party data, données directement transmises par les consommateurs, donc plus précises, est une stratégie que les entreprises peuvent envisager pour mieux connaître leur audience. Toutefois, seuls 18 % des marketeurs français la voient comme une stratégie alternative prioritaire, les entreprises privilégiant la publicité ciblée sur les réseaux sociaux. D’ailleurs, leurs utilisateurs sont de plus en plus nombreux à envoyer des messages privés à un service client : 19 % en 2023, soit une hausse de 45 % par rapport à 2022.

La vidéo courte, format le plus exploité

La vidéo courte permet de créer du contenu original, divertissant et engageant, qui capte l’attention des consommateurs sur les réseaux sociaux. Elle émerge comme le format de contenu privilégié, avec 47 % des marketeurs français l’utilisant, et 60 % prévoyant d’augmenter leurs investissements dans ce format en 2024. Cette tendance est portée par le succès de plateformes comme TikTok et Instagram, qui offrent un retour sur investissement important pour les marques.

TikTok, qui compte plus de 15 millions d’utilisateurs actifs en France, offre aux marques l’opportunité de toucher une audience jeune à travers des formats innovants et ludiques.

L’alignement équipes Marketing / Vente, autre défi majeur

Seuls 22 % des marketeurs français interrogés affirment que leur équipe marketing et l’équipe vente sont alignées, contre 35 % au niveau mondial.

Selon HubSpot, ce manque de communication efficace entre les équipes ainsi que leur difficulté à partager les données, leur fait gaspiller le budget marketing, perdre des ventes et des clients potentiels, tout en les empêchant d’offrir une expérience client satisfaisante et personnalisée.

Pour stimuler la croissance de leur entreprise, HubScop recommande aux marketeurs d’adopter l’IA tout en maintenant une approche humaine, d’aligner les équipes et de centraliser les données.

Retrouver le rapport ici

HubSpot dévoile les tendances marketing 2024 IA, personnalisation et défis des équipes françaises

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« Observatoire des Territoires connectés et durables » : perspectives et défis pour les collectivités territoriales françaises

La fédération InfraNum, en partenariat avec la FNCCR et la Banque des territoires ont présenté le 1er février dernier les résultats du premier “Observatoire des Territoires connectés et durables”. Fruit d’une centaine d’entretiens réalisés entre septembre et décembre derniers auprès de collectivités de toutes tailles et d’industriels, il vise à appréhender la structuration des projets de territoires connectés et durables déployés par les collectivités locales et leurs groupements en France.

La fédération InfraNum a été créée le 6 décembre 2012 pour accompagner le Plan France Très Haut Débit, elle regroupe plus de 200 entreprises (bureaux d’études, opérateurs, intégrateurs, équipementiers, fournisseurs de services, …), réparties sur l’ensemble du territoire français. Partenaire industriel de tous les territoires connectés ou à connecter, elle soutient non seulement l’aménagement numérique mais également le développement de nouveaux services numériques.

Pour produire ce rapport, elle a collaboré avec la FNCCR (Fédération nationale des collectivités concédantes et régies), association regroupant plus de 600 collectivités en charge des services publics locaux de l’eau potable et de l’assainissement et la Banque des Territoires qui accompagne les acteurs territoriaux dans leurs projets, notamment en matière de transformation durable.

Soixante collectivités ayant un projet en cours ou opérationnel ont répondu à cette enquête menée pour eux par les cabinets Artelia, INLO Avocats et KPMG, complétée d’environ 30 interviews d’industriels et collectivités. Si l’échantillon peut paraitre faible, Agnès Le Meil, directrice des études lnfraNum, souligne “la présence de collectivités de tous types, rurales comme urbaines, avec globalement une maturité plus importante que ce à quoi on pouvait s’attendre“.

En effet, le rapport met en lumière un essor rapide du marché des territoires connectés et durables, touchant toutes les strates de collectivités, des petites communes aux métropoles.

Les priorités des projets se concentrent sur la transition énergétique avec la gestion de l’énergie des bâtiments et l’éclairage (50% des répondants) ainsi que sur la gestion de l’eau (45%) et des déchets (33%). De nouveaux domaines émergent également, comme la gestion des risques environnementaux (15% des projets)

Une transformation numérique préalable est souvent observée, avec 80% des répondants ayant déjà engagé la numérisation de leurs services. La sécurisation des systèmes d’information est également une priorité pour 60% des répondants.

Les projets de territoires connectés débutent généralement par des démonstrateurs, permettant aux collectivités d’observer et d’ajuster leurs projets en fonction de leurs besoins spécifiques.

Plusieurs points de vigilance à prendre en compte

Cependant, des défis persistent pour la connexion future des collectivités, notamment en ce qui concerne les plateformes de données. Si la collecte et la gestion des données évoluent rapidement, la mise en place de plateformes transverses reste limitée.

Les outils les plus couramment utilisés sont des solutions spécialisées dans les métiers spécifiques et la visualisation, répondant ainsi directement aux besoins opérationnels actuels. En parallèle, l’adoption des hyperviseurs et des jumeaux numériques est en cours, offrant de nouvelles fonctionnalités en matière de prise de décision, d’optimisation et de modélisation du territoire, tout en garantissant une gestion maîtrisée des données.

Cette tendance s’explique en partie par la diversité des offres disponibles sur le marché, ainsi que par la complexité à appréhender de nouveaux outils et interfaces. Cependant, une fois que les élus locaux sont sensibilisés grâce à des démonstrations et une communication efficace, l’utilité de ces nouveaux outils devient plus évidente et mieux comprise.

La coordination entre les services informatiques et les services métiers est également cruciale pour assurer la réussite des projets. La mutualisation des initiatives au niveau départemental ou régional est préconisée pour rendre les offres plus accessibles et maîtriser les données.

Le rapport souligne que le seuil de bascule vers une généralisation des projets de territoires connectés est proche, avec entre 40% et 80% des collectivités françaises prévoyant de déployer de tels projets dans les 10 prochaines années. Cependant, l’accès aux financements qui jouent un rôle clé dans le lancement de ces projets, reste inégal.

Bien que la moitié des collectivités aient obtenu des subventions pour un ou plusieurs de leurs projets, l’Observatoire note une diversité de sources de financement, telles que l’Etat, l’UE et les régions, avec un accès inégal selon les différents cas d’utilisation. Ces subventions jouent un rôle crucial dans le lancement de projets intelligents, étant donné que le numérique représente un nouveau poste de dépenses. Il reste encore des axes d’amélioration, notamment en ce qui concerne le soutien des projets de transition environnementale.

Selon Patrick Chaize Sénateur de l’Ain et Vice-président de la FNCCR :

“En effet, au regard de la raréfaction des ressources, nous sommes tous conscients qu’il faudra effectuer des choix éclairés, objectivés par ces métriques, en concertation avec les citoyens. Ces outils participeront à l’amélioration de la mutualisation et du travail collectif”.

Antoine Darodes, Directeur des investissements transition numérique à la Banque des Territoires, rappelle l’engagement de cette dernière :

“L’accompagnement des collectivités dans l’appropriation et la maîtrise des données est un axe stratégique de la Banque des territoires et à ce titre nous sommes prêts à cofinancer de l’ingénierie et à étudier des projets d’investissement”.

Philippe Le Grand, Président InfraNum, conclut:

“La mise en place de projets smart en France est une vraie tendance dans les territoires. Tous s’y engagent, loin de l’idée reçue que ces déploiements pourraient être l’apanage des métropoles. Mais ces projets nécessitent beaucoup de transformations. La mutualisation à une échelle suffisante et la coordination entre les acteurs sont des leviers à surveiller. Ils permettront d’optimiser l’utilisation des outils, notamment les plateformes de données, qui devront également évoluer vers plus d’interopérabilité à terme progrès certain, notamment par le soutien des projets de transition environnementale…”.

Retrouver l’Observatoire et les retours d’expérience ainsi que les résultats attendus par les collectivités investies dans des projets de gestion de l’eau, de l’énergie des bâtiments, de l’éclairage public, des risques et des déchets, ici

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