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L'Europe risque-t-elle le déclassement par rapport aux États-Unis ?

Croissance, productivité, investissements… Malgré les efforts de l'Union européenne, la comparaison avec les États-Unis n'est pas à l'avantage des Européens. Quelles sont les causes de la sous-performance européenne ? Que fait l'Europe pour trouver davantage de dynamisme économique ? L'Europe risque-t-elle d'être distanciée ?

À New York, « l'intifada étudiante » pour la Palestine en ébullition

15 mai 2024 à 19:09
Alors que les premiers campements américains ont été évacués par la police, la mobilisation se poursuit à New York. Étudiants, enseignants, Américains d’origine palestinienne, Juifs antisionistes, militants marxistes ou queers… Ils se donnent chaque jour…

Aux États-Unis, Publicis traîne son contentieux sur les opioïdes

28 avril 2024 à 17:28
Dans le dossier des opioïdes, en plus des 350 millions de dollars à payer, Publicis doit à présent rendre publics des centaines de milliers de documents internes détaillant sa promotion de l’OxyContin, un antidouleur présentant d’importants risques d’addiction.

Aux États-Unis, des parents jugés coupables des crimes commis par leur fils

27 avril 2024 à 14:44
En 2021, Ethan Crumbley, alors âgé de 15 ans, a tué quatre élèves dans son lycée de la banlieue de Détroit: son père et sa mère viennent d’être condamnés à dix ans de prison pour homicide involontaire. Quelques voix, rares, s’alarment des conséquences potentielles de ce jugement.

Contre la guerre à Gaza, les campus états-uniens s’embrasent

26 avril 2024 à 18:27
Partout dans le pays, des étudiants occupent leurs universités. Les arrestations se multiplient. Ils exigent que les établissements coupent leurs liens financiers avec Israël ou des entreprises liées à l’État hébreu.

États-Unis, le ressac de la puissance

Les affaires intérieures d'une puissance telle que les États-Unis pèsent sur la destinée du monde entier. Alors que débute la campagne électorale en vue de la présidentielle américaine de novembre 2024, Questions internationales s'interroge sur les mutations en profondeur de l'Amérique : une société américaine polarisée, une vie politique et institutionnelle malmenée par les atteintes à la démocratie depuis l'ère Trump, une puissance diplomatique ou militaire active sur tous les fronts (Ukraine, Chine, Moyen-Orient), une hégémonie économique qui ne se dément pas...

Union des capitaux: la nouvelle toquade des responsables européens

21 avril 2024 à 20:40
Le thème est en passe de dominer la campagne européenne: l’union des capitaux est présentée comme le seul outil susceptible de contrer le grand décrochage de la zone euro par rapport aux États-Unis. Ce concept flou donne une fois de plus l’impression que des dirigeants avancent masqués pour au final priver les États d’autonomie fiscale et budgétaire.

Iran-Israël: l’appel à la désescalade de Joe Biden irrite ses opposants

19 avril 2024 à 12:23
Le président démocrate plaide depuis lundi pour une désescalade entre Iran et Israël. Une approche qui ne ferait en vérité qu’accroître le risque d’embrasement, selon ses détracteurs.

Historique, le premier procès pénal de Donald Trump s’est ouvert à New York

16 avril 2024 à 14:23
Accusé d’avoir influencé l’élection de 2016 en achetant le silence d’une actrice porno avec laquelle il aurait eu une liaison, l’ancien président comparaît depuis lundi devant un tribunal de Manhattan. Un procès sans précédent qui pourrait jouer dans ses chances de réélection en novembre prochain.

Gaza: Joe Biden s’est énervé contre Nétanyahou, et maintenant?

5 avril 2024 à 09:48
Six mois après le début de la guerre à Gaza, le président américain a enfin tapé du poing sur la table et obtenu, jeudi 4 avril, l’ouverture d’accès humanitaires par Israël. Il n’est pas certain, pour autant, qu’il s’agisse d’un tournant dans la relation entre Washington et son allié.

Trump, le choix du chaos et des stratèges de la colère

Par : Maya Kandel
27 mars 2024 à 14:35
Les nouvelles têtes pensantes de la droite américaine s’appuient sur le pouvoir électoral de l’ancien président pour faire avancer leurs idées et développer une rhétorique apocalyptique et fascisante qui va comme un gant au meilleur «véhicule» de «la rage des électeurs républicains».

Déboires financiers et retard de campagne : Trump sous pression

26 mars 2024 à 15:40
Condamné à payer une amende de près d'un demi milliard de dollars, l'ancien président, qui débourse des millions par mois en frais juridiques, est en difficulté. Ses ennuis financiers s’aggravent et ont un impact direct sur sa campagne pour l'élection…

Aux États-Unis, les conservateurs s’attaquent désormais aux pilules abortives

26 mars 2024 à 15:54
La Cour suprême états-unienne a éliminé le droit constitutionnel à l’avortement et se penche à partir de mardi sur la mifépristone, une pilule abortive. Reportage au Nouveau-Mexique, dans le sud-ouest du pays, refuge pour celles qui veulent avorter.

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Gaza : derrière les massacres, les profiteurs de guerre

Certains y verraient une première inflexion. Tandis que le Canada décrète la fin des exportations d’armes vers Israël, les États-Unis portent au Conseil de sécurité de l’ONU un projet de résolution pour un « cessez-le-feu immédiat ». Après plus de cinq mois d’un conflit où les tueries de civils se sont produites à un rythme inédit au XXIè siècle, le temps de l’impunité est-il terminé pour Israël ? Si l’opinion publique des pays nord-américains et européens semble chaque jour davantage en faveur d’une condamnation des bombardements israéliens, des intérêts économiques veillent à la préservation d’une bonne entente avec le gouvernement de Benjamin Netanyahu. Au-delà des producteurs d’armes, qui profitent directement de la situation, une nébuleuse d’acteurs a intérêt au maintien du statu quo [1].

Les bombardements israéliens sur Gaza ont coûté la vie à plus de 30 000 Palestiniens – selon les chiffres officiels acceptés par les institutions internationales -, dont la grande majorité sont des civils. Parmi eux, au moins 19 000 femmes et enfants. Tandis que les représentants israéliens multipliaient les appels à l’épuration ethnique, l’Afrique du Sud portait une accusation de « génocide » contre Israël devant la Cour internationale de justice (CIJ). Le 26 janvier, celle-ci statuait : il existe un « risque génocidaire », Israël pourrait enfreindre la Convention des Nations Unies sur le génocide. Les États qui le soutiennent militairement pourraient en être complices.

Les semaines suivantes, le gouvernement américain (ainsi que la grande majorité des européens) est demeuré un appui constant de Benjamin Netanyahu, malgré des déclarations inquiètes quant au sort des civils de Gaza. Son projet de résolution à l’ONU appelant à un « cessez-le-feu immédiat » marque peut-être un premier changement d’orientation – après cinq mois d’un soutien de facto inconditionnel.

« Je pense réellement que nous constaterons un bénéfice causé par la hausse des commandes sur l’ensemble de notre portefeuille. »

Greg Hayes, PDG de l’entreprise d’armement RTX, le 24 octobre, à propos des bombardements à Gaza

Entre-temps, l’administration Biden aura requis 14,3 milliards de dollars d’équipement militaire pour Israël – en plus des 3,8 milliards de dollars d’aide que les États-Unis concèdent déjà annuellement. Ce montant a été bloqué par le Congrès, mais Joe Biden l’a contourné à deux reprises en décembre 2023, pour imposer des ventes d’armes à Israël d’une valeur de plus de 200 millions de dollars.

Aubaine pour les marchands d’armes

De longue date, les opérations israéliennes sur Gaza sont une aubaine pour de nombreuses entreprises de défense basées aux États-Unis. Et elles ne s’en cachent pas. Selon Molly Gott et Derek Seidman, rédacteurs pour le média d’investigation Eyes on the Ties, cinq des six plus importants producteurs d’armes au monde sont basés aux États-Unis. Il s’agit de Lockheed Martin, Northrop Grumman, Boeing, General Dynamics et RTX (anciennement Raytheon). Sans surprise, elles ont vu leur cour en Bourse atteindre des sommets lorsque les bombardements israéliens sur Gaza ont commencé. Le lendemain des attentats du 7 octobre, il avait augmenté de 7 %.

Et les dirigeants de ces entreprises s’en sont publiquement réjouis. Évoquant le conflit lors d’une réunion datant du 24 octobre, le PDG de RTX, Greg Hayes, déclarait : « Je pense réellement que nous constaterons un bénéfice causé par la hausse des commandes sur l’ensemble de notre portefeuille. ». Le lendemain, le Directeur financier et Vice-président exécutif de General Dynamics, Jason Aiken, répondait à une question concernant les opportunités pour son entreprise : « La situation en Israël est terrible […] Mais si l’on considère le potentiel en termes de hausse de la demande, c’est probablement du côté de l’artillerie que cela aura lieu ».

Il ne fait aucun doute que ces armes sont directement utilisées pour commettre les crimes dont sont victimes les Palestiniens dans la bande de Gaza, ainsi que l’a rapporté Stephen Semler dans Jacobin. Elles incluent des missiles Hellfire, des obus d’artillerie et des fusils d’assaut, mais aussi du phosphore blanc, que Semler décrit comme « une arme incendiaire, capable de brûler à travers la chair, les os et même le métal ». Ce matériau est interdit d’utilisation à proximité des civils par le Protocole III des Conventions de Genève – et l’armée israélienne l’a utilisé à plusieurs reprises.

Mais au-delà des fournisseurs militaires, de nombreuses sociétés américaines ont d’importants investissements en Israël, et profitent directement du conflit – et de l’occupation de la Cisjordanie.

Au-delà de l’armement

Parmi les entreprises basées aux États-Unis qui ont été visées par les campagnes de boycott, on trouve notamment l’entreprise d’informatique HP, le pétrolier Chevron et la société immobilière RE/MAX. HP fournit du matériel informatique à l’armée et la police d’Israël, ainsi que des serveurs à l’Autorité israélienne de l’immigration et de la population – une entité qui possède un rôle central dans l’occupation de la Cisjordanie, et le maintien d’un régime inégalitaire que de nombreuses associations et institutions onusiennes décrivent comme une forme d’apartheid.

Le géant de l’énergie Chevron extrait quant à lui du gaz revendiqué par Israël en Méditerranée orientale, et fournit à l’État israélien des milliards de dollars, afin de payer des licences de gaz. De plus, Chevron est impliqué dans le transfert illégal de gaz égyptien vers Israël, via un pipeline traversant la zone économique exclusive palestinienne à Gaza. Et potentiellement partie prenante du pillage, par Israël, des réserves de gaz palestiniennes en mer au large de la bande de Gaza – un crime de guerre en droit international.

En 2017, un rapport du Centre de recherche sur les entreprises multinationales (CREM), basé à Amsterdam, détaillait le rôle de la société Noble Energy dans la violation des droits des Palestiniens, en lien avec l’extraction de gaz en Méditerranée orientale – l’entreprise a été acquise par Chevron en 2020. Outre sa participation au blocus, qui empêche les autorités de Gaza d’avoir accès aux petites réserves de gaz au large de ses côtes, le CREM rapporte que ses activités d’extraction dans les champs gaziers israéliens pourraient également épuiser les réserves palestiniennes de gaz…

Les pétroliers ExxonMobil Corporation et Valero ne sont pas en reste par rapport à Chevron, et fournissent sans relâche du carburant aux bombardiers israéliens

« En ne faisant aucun effort pour s’assurer du consentement des Palestiniens, Noble Energy a manqué de se conformer aux Principes directeurs de l’OCDE pour les entreprises multinationales et aux Principes directeurs des Nations-unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme ». Le rapport poursuit : « L’entreprise a également pu contribuer à la violation du collectif à l’autodétermination. Si le gaz naturel palestinien était effectivement drainé […], on pourrait soutenir que Noble Energy a participé à un acte de pillage, en violation du droit humanitaire international et du droit pénal. »

RE/MAX commercialise quant à elle des propriétés dans les colonies israéliennes en Cisjordanie. Et a continué à le faire après les attentats du 7 octobre, alors que la violence des colons israéliens ne cessait de s’accroître.

D’autres entreprises américaines ont été désignées les mouvements de boycott : Intel, Google/Alphabet, Amazon, Airbnb, Expedia, McDonald’s, Burger King et Papa John’s, etc. Si leur affichage garantit des campagnes efficaces, elles ne sont que la partie émergée de l’iceberg. L’American Friends Service Committee (AFSC) maintient une liste plus complète des entreprises impliquées dans l’occupation de la Cisjordanie.

Parmi les cas particulièrement flagrants de complicité dans le processus de colonisation figure Caterpillar Inc., le géant de la construction, dont le bulldozer blindé D9 est fréquemment utilisé par l’armée israélienne pour détruire des maisons, des écoles et d’autres bâtiments palestiniens – ainsi que dans des attaques contre Gaza. En 2003, l’activiste américaine Rachel Corrie a été écrasée par l’un de ces bulldozers, « alors qu’elle tentait de défendre une maison palestinienne d’une démolition alors que la famille était encore à l’intérieur », selon l’AFSC.

Les pétroliers ExxonMobil Corporation et Valero ne sont pas en reste par rapport à Chevron, et fournissent sans relâche du carburant aux bombardiers israéliens. Motorola Solution Inc., l’entreprise de communications et de surveillance, fournit depuis longtemps la technologie de surveillance qu’Israël utilise pour surveiller les Palestiniens de Cisjordanie et sur les checkpoints de Gaza. La société de voyages et de tourisme TripAdvisor, quant à elle, est impliquée dans l’occupation d’une manière plus banale : comme Airbnb, elle fait office d’agent de réservation pour des propriétés dans des colonies et sur le plateau du Golan.

Selon le Bureau des représentants américains au commerce, en 2022, les États-Unis ont exporté pour pas moins de 20 milliards de dollars de biens et services vers Israël – soit 13,3 % des importations totales de ce dernier. Israël a exporté pour 30,6 milliards de dollars vers les États-Unis, un chiffre qui représente 18,6 % de toutes ses exportations. Le commerce et les investissements américains en Israël jouent un rôle significatif dans son économie israélienne, et constituent potentiellement un levier majeur.

Si le projet de résolution onusienne pour un cessez-le-feu porté par Joe Biden semble marquer une première inflexion diplomatique, nul doute que de puissants acteurs n’ont guère intérêt à cette issue pacifique.

Note :

[1] Article originellement publié par notre partenaire Jacobin sous le titre : « The Obscene US Profiteering From Israeli War and Occupation ».

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Elon Musk et Peter Thiel en tête, la droite tech regroupe une galaxie d’individus qui tracent les contours d’un mouvement politique, intellectuel et financier complexe, et extrêmement influent. Premier volet de notre série sur la transformation de la droite américaine.

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