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Ma profession de foi

J’ai été éduquée dans un scepticisme roi qui servait en réalité à perpétuer les croyances familiales. Il était de bon ton de critiquer les choses qui nous semblaient farfelues, non-rationnelles, mais les hypothèses à l‘origine de nos propres opinions n’étaient jamais questionnées.

Sans que cela soit clairement établi, dans la pratique, notre système de pensée était intouchable. Toute information qui venait à remettre en cause l’une de nos croyances culturelles, religieuses ou politiques était écartée d’un revers de main, avec une moue sceptique ou une remarque savante en pied-de-nez. Voilà. La discussion s’arrêtait là. Sans aucune curiosité d’aller plus loin, d’explorer de nouveaux territoires.

J’ai mis des années à comprendre ce qu’est le vrai scepticisme : une réflexion hors des dogmes et des idées préconçues, où les hypothèses sont testées, mises à l’épreuve des faits pour être validées ou non.

Je ne parle pas ici du doute pour le doute qui est une pratique stérile, mais de la pensée critique : le questionnement et l’analyse qui permettent une compréhension de ce qui nous entoure, au plus près du réel. En dissociant bien les interprétations des faits ; ce que les choses pourraient être, ce que l’on voudrait qu’elles soient, de ce qu’elles sont réellement.

Il est si tentant de passer outre une information qui remettrait en cause notre système de pensée, nos principes…

De la naissance à l’âge adulte, j’ai été influencée par la religion puis par la spiritualité (suivant notamment la vague contemporaine de l’ésotérisme et des pseudosciences) jusqu’à ce que je comprenne que tout cela me dépossédait de ma propre capacité à penser.

Comme des millions d’autres personnes, inspirée par mon propre conditionnement et un désir de vérité ultime, j’ai accordé du crédit à un principe religieux, à une théorie du complot ou à un remède miracle proposé par la “médecine alternative“.

Non pas qu’aujourd’hui je croie aveuglément à tout ce que les études scientifiques nous disent (nous savons bien que nombre de résultats actuels seront bousculés un jour ou l’autre) mais je pense que la démarche scientifique (hypothèse / expérience / conclusion / nouvelle hypothèse) reste à ce jour le moyen le plus fiable d’observer et évaluer notre monde. Et surtout, de permettre une évolution constructive des idées.

La transcendance existe peut-être. Les fées et les anges peut-être aussi. Mais il n’est plus question pour moi que ma réflexion et mes processus de décision soient phagocytés par des suppositions dont je sais pourtant qu’elles pourraient satisfaire mes questions existentielles.

La diversion, l’endoctrinement et les fake news sont partout, et il est bien difficile d’échapper à leur emprise insidieuse. Aujourd’hui, par mon travail, je veux faire de la prévention sur ces sujets une priorité et inviter tout un chacun à s’éduquer soi-même à la reconnaissance de ses propres modes de fonctionnement mentaux pour éviter l’auto-manipulation.

Cessons de respecter nos idées ! D’où qu’elles viennent. Maltraitons-les, disséquons-les, provoquons-les ! Pour mieux nous respecter nous-mêmes.

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Peut-on vraiment changer ?

Analyser ses propres dysfonctionnements est certes une tâche des plus ardues, car elle demande de les observer sans leur filtre-même.

Rien que le fait de prendre conscience de nos failles psychiques et de nos souffrances peut prendre du temps. Ensuite, lorsque l’on a décidé d’en sortir, donc de changer, les pièges sont nombreux qui nous font parfois aller et venir, hésiter, rebrousser chemin, essayer une chose ou une autre.

Mais ne soyons pas dupes ; ces atermoiements ne sont pas les signes d’un changement ; ils nous empêchent même d’y parvenir. Car si l’on pense avoir « compris une partie » d’un problème ou d’un schéma répétitif, c’est qu’on ne l’a tout simplement pas compris, et dans ce cas, effectivement, on peut essayer et se tromper longtemps. Rien n’y fera.

Je pense que l’on peut bel et bien changer ou plus précisément évoluer psychologiquement ; c’est-à-dire sortir définitivement de la reproduction d’un système de pensée personnel fallacieux et destructeur. Dans ce domaine, ce qui compte c’est la qualité de la réflexion, pas le temps passé ni le nombre d’essais.

Dès lors que l’on comprend la logique de la mécanique à l’œuvre, dans son entièreté, le changement émerge automatiquement.

Lorsqu’il y a évolution psychologique, il y a immédiatement et inévitablement changement de mode de pensée et d’attitude. Si ce n’est pas le cas, c’est sans doute que l’on est juste dans l’évitement, la recherche de solutions, l’imposition de règles, le contrôle ou l’aveuglement, donc dans une simple variante du schéma de départ.

Le changement ne vient pas du choix de telle idée ou telle autre, de tel mode de vie ou tel autre, de telle action ou telle autre ; il vient de la compréhension de ce qui se joue. Changer de symptôme ne soigne pas la maladie ; au mieux, cela la cache, mais plus probablement, cela la nourrit.

Changer peut prendre du temps ou se produire rapidement. Quoi qu’il en soit, la prise de responsabilité personnelle, la persistance, le courage et l’humour sont à mon sens les ingrédients indispensables à une évolution réelle.

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