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Aujourd’hui — 17 septembre 2026Résilience territoriale

Pourquoi parler de résilience et non de robustesse ?

Image tirée d’une affiche des années 1950 produite par les établissements D’ieteten (importateur officiel Volkswagen pour la Belgique).


La résilience désigne la capacité d’un d’un système à anticiper, absorber et surmonter les crises par l’adaptation, se distinguant de la robustesse qui mise sur la rigidité structurelle. Face aux multiples perturbations au long cours, cette approche flexible permet de penser l’adaptation et la transformation des territoires afin d assurer la pérennité de leurs fonctions essentielles. Mais que signifie réellement les termes « robuste » et « résilience » ? Quels sont les principales différences ? Quels sont leurs avantages et leurs limites ? Pourquoi privilégier aujourd’hui le terme résilience ?

Contexte et apport scientifique

Les notions de robustesse et de résilience peuvent parfois être utilisées comme si elles étaient synonymes, voire parfois à tort totalement opposées. Elles désignent pourtant deux manières proches, et en même temps différentes, de penser la capacité des systèmes socio-écologiques à faire face aux perturbations. La robustesse met principalement l’accent sur la résistance et le maintien tandis que la résilience introduit la capacité d’absorption, de récupération et, surtout, d’adaptation. Cette distinction est cruciale car elle permet de mieux comprendre pourquoi, dans le contexte actuel marqué, entre autres, par le dépassement de la majorité des limites planétaires et leurs conséquences susceptibles de modifier durablement les conditions de fonctionnement d’un territoire, d’une organisation ou d’une infrastructure, parler uniquement de robustesse s’avère insuffisant.

L’étude Robustness, resilience: Typology of definitions through a multidisciplinary structured analysis of the literature de Clément et al. (2019), réactualisée en 2021, montre ainsi qu’il n’existe pas une définition unique et universellement partagée de ces notions. À travers une analyse multidisciplinaire de la littérature, les auteurs soulignent au contraire la diversité des usages, tout en identifiant plusieurs points de convergence.

La robustesse : résister sans changer fondamentalement

Dans son sens le plus courant, la robustesse désigne la capacité d’un système à faire face à des perturbations tout en maintenant son état ou ses performances. Un système robuste est conçu pour supporter des fluctuations sans que celles-ci n’entraînent de modification fondamentale de son fonctionnement. Dans leur analyse de la littérature, Clément et al. (2019 ; 2021) identifient une convergence importante entre les différentes disciplines : la robustesse est généralement associée au maintien de l’état initial ou des fonctions principales face à une perturbation ou à une fluctuation. Dans certaines approches, il ne s’agit pas nécessairement de conserver un état strictement identique, mais de rester à l’intérieur d’une plage de fonctionnement acceptable.

La robustesse peut donc être comprise comme une capacité de résistance. Elle cherche à empêcher qu’une perturbation ou qu’une fluctuation ne produise des effets trop importants sur le système. Dans sa forme la plus stricte, celui-ci reste pratiquement inchangé. Dans une approche plus souple, il peut se dégrader ou varier, à condition de rester dans des limites jugées acceptables. Dans leur analyse de la littérature, les auteurs distinguent d’ailleurs plusieurs types de robustesse, selon que l’on attend du système une invariance complète, le maintien dans une zone acceptable ou, plus simplement, la préservation de ses fonctions principales. Cette typologie rappelle qu’un système n’a pas besoin de rester parfaitement identique pour être considéré comme robuste.

Un réseau électrique robuste, par exemple, sera capable de supporter des perturbations et des fluctuations prévues ou de faible à moyenne intensité sans interruption majeure de son fonctionnement. L’objectif est alors de tenir face au choc.

La résilience : absorber, répondre et s’adapter

La résilience repose sur une logique différente. Elle ne suppose pas que le système soit capable d’éviter toute dégradation. Elle admet qu’une perturbation puisse dépasser les capacités de résistance et entraîner une détérioration temporaire du fonctionnement. L’enjeu devient alors de savoir ce que le système est capable de faire après les perturbations et les chocs.

Dans la littérature analysée par Clément et al. (2019 ; 2021), la résilience est généralement associée à une phase d’absorption du choc, suivie d’une phase de réponse, de récupération ou d’adaptation. Le retour peut être évalué notamment par le délai nécessaire pour retrouver un état jugé acceptable.

La typologie proposée dans la seconde étude (2021) permet d’aller plus loin en distinguant trois formes principales de résilience :

  • la résilience α, lorsque le système absorbe une perturbation puis revient à son niveau de fonctionnement initial ;
  • la résilience β, lorsqu’il ne revient pas nécessairement à son état initial, mais retrouve une zone de fonctionnement acceptable ;
  • la résilience γ, lorsque la perturbation conduit à une adaptation et à la stabilisation du système dans un nouvel état.

Autrement dit, la résilience ne signifie pas nécessairement « revenir comme avant ». La littérature étudiée montre explicitement qu’un système peut être considéré comme résilient lorsqu’il parvient à s’adapter à la perturbation et à continuer de fonctionner de manière stable dans une nouvelle configuration.

C’est un point essentiel : la transformation peut être une expression de la résilience.

Différence entre robustesse et résilience

Résister aux fluctuations ou faire face aux ruptures et aux chocs ? La différence entre robustesse et résilience peut ainsi être comprise à partir de la nature des perturbations auxquelles un système est confronté.

La robustesse est particulièrement adaptée lorsque les perturbations et les fluctuations sont suffisamment connues pour pouvoir être anticipées et intégrées dans la conception du système. Il s’agit alors de définir les fluctuations ou les perturbations que celui-ci doit pouvoir supporter et de s’assurer qu’il conserve ses fonctions ou ses performances malgré eux.

La résilience devient particulièrement pertinente lorsque l’on a conscience que les perturbations ou les chocs produiront une dégradation significative, feront sortir le système de ses conditions normales de fonctionnement ou imposeront une reconfiguration. Dans ce cas, la seule capacité à résister ne suffit plus : il faut également être capable de récupérer, de se réorganiser et, si nécessaire, d’évoluer.

Les deux concepts ne sont donc pas simplement deux mots différents pour désigner la même propriété. Ils correspondent à des logiques complémentaires :

« La robustesse cherche d’abord à éviter que les fluctuations ne modifient fondamentalement le système ; la résilience s’intéresse à la manière dont le système poursuit son fonctionnement après avoir été affecté par des ruptures et des chocs. »

Un système électrique robuste résistera, par exemple, à certaines rafales de vent ou à des fluctuations prévues sans subir de dommages importants. Un système électrique résilient pourra, quant à lui, subir les conséquences d’une tempête dépassant ses capacités de résistance, mais disposera des capacités nécessaires pour limiter les conséquences, restaurer son fonctionnement ou se reconfigurer.

La robustesse permet donc de tenir jusqu’à un certain point. La résilience permet de continuer, y compris lorsque tenir « comme avant » n’est plus possible.

La résilience n’est pas l’inverse de la robustesse

Il serait cependant trompeur d’opposer radicalement les deux notions. Les travaux de Clément et al. (2019 ; 2021) montrent qu’elles sont proches dans certains domaines et que leurs frontières varient selon les définitions retenues. Les auteurs soulignent notamment que robustesse et résilience doivent toujours être appréciées par rapport à un ensemble de perturbations donné : un même système peut être robuste face à certaines perturbations et résilient face à d’autres.

La robustesse peut ainsi constituer une composante de la résilience. Ainsi, le boussole de la résilience du CEREMA (2020) fait de la robustesse un sous-composante de la résilience territoriale. Un système résilient a intérêt à pouvoir absorber un certain nombre de perturbations sans dégradation majeure. Mais lorsque les limites de cette résistance sont dépassées, d’autres capacités deviennent nécessaires : détecter, réagir, récupérer, réorganiser et adapter le fonctionnement.

Le choix entre les deux termes dépend donc aussi de la question posée. Si l’objectif est de savoir jusqu’à quel niveau un système peut résister sans sortir de ses conditions de fonctionnement acceptables, la robustesse est un concept particulièrement pertinent. Si l’on cherche à comprendre ce qui se passe lorsque cette limite est franchie, la résilience offre un cadre plus large.

Pourquoi privilégier aujourd’hui le terme de résilience ?

Parler de résilience plutôt que de robustesse ne signifie donc pas que la résistance ne serait plus nécessaire. Il s’agit plutôt de reconnaître que les systèmes socio-écologiques ne peuvent pas être conçus pour résister indéfiniment et sans changement à toutes les perturbations possibles.

La robustesse suppose, dans une certaine mesure, de pouvoir identifier les fluctuations auxquelles il faut résister et les marges nécessaires pour les absorber. Or certaines situations peuvent dépasser les hypothèses retenues lors de la conception ou modifier durablement l’environnement dans lequel le système fonctionne. Dans ces conditions, l’objectif ne peut plus uniquement être de préserver l’état initial. Il devient nécessaire de se demander comment maintenir les fonctions essentielles, retrouver un niveau de fonctionnement satisfaisant ou construire un nouvel équilibre.

C’est précisément l’intérêt de la résilience : elle permet de penser les systèmes socio-écologiques dans le temps, avant, pendant et après les perturbations et les chocs. Elle ne se limite pas à la question « le système a-t-il résisté ? », mais pose également les questions suivantes :

  • jusqu’à quel point peut-il absorber une dégradation ?
  • quelles fonctions doivent absolument être préservées ?
  • combien de temps lui faut-il pour retrouver un fonctionnement acceptable ?
  • doit-il nécessairement revenir à son état initial ?
  • et si cet état n’est plus souhaitable ou même plus possible, vers quel nouvel état doit-il évoluer ?

La résilience ouvre ainsi la possibilité d’une adaptation sans assimilation systématique à un retour à la normale.

La résilience ne consiste pas à tomber pour se relever

Cette distinction permet également d’éviter une vision réductrice de la résilience comme une simple capacité à « rebondir après une chute ». Les travaux de Clément et al. (2019 ; 2021) montrent qu’un système résilient peut revenir à son état initial, retrouver seulement une zone acceptable de fonctionnement ou encore se stabiliser dans un nouvel état après adaptation.

Il n’est donc pas nécessaire qu’un territoire, une organisation ou une infrastructure s’effondre pour démontrer sa résilience. Un système peut faire preuve de résilience en anticipant une perturbation, en développant ses capacités d’adaptation et en se transformant suffisamment tôt pour éviter une rupture majeure. La résilience ne se mesure pas uniquement à la capacité à se relever après un effondrement ; elle peut également se manifester par la capacité à éviter cet effondrement grâce à une transformation progressive ou anticipée. La résilience n’est donc pas une injonction à tomber pour se relever, contrairement à ce qu’Olivier Hamant (2025) et Thierry Ribault (2022) expliquent à tort.

C’est en cela que la notion est particulièrement intéressante pour penser des situations où les perturbations ne sont pas uniquement ponctuelles, mais peuvent s’inscrire au long cours et modifier progressivement les conditions de fonctionnement.

En conclusion : de la capacité à résister à la capacité à évoluer

La robustesse et la résilience ne doivent donc pas être opposées comme deux qualités incompatibles. Elles correspondent plutôt à deux dimensions différentes de la capacité des systèmes socio-écologiques à faire face aux fluctuations dans le cas de la robustesse, et à faire face aux perturbations et chocs dans le cadre de la résilience.

La robustesse renvoie principalement à la capacité de résister et de maintenir ses performances ou ses fonctions malgré des fluctuations. La résilience, dans son acception la plus large, intègre cette capacité d’absorption mais s’intéresse également à ce qui se passe lorsque le système est affecté : sa réponse, sa récupération et sa capacité éventuelle à s’adapter à de nouvelles conditions.

C’est pourquoi, nous pourrions dire que, jusqu’à présent dans un monde relativement stable, la robustesse était suffisante, mais face à la multiplicité des perturbations et des chocs susceptibles de dépasser les marges prévues, de durer au long cours et de transformer durablement l’environnement des systèmes socio-écologiques, parler de résilience paraît plus pertinent que parler uniquement de robustesse.

Parfois, résister aux fluctuations suffit. Mais lorsque les conditions changent durablement, il convient de se poser la question de savoir comment les systèmes socio-écologiques peuvent continuer à remplir leurs fonctions essentielles face aux chocs et aux ruptures, même si cela suppose de les changer ?

Bibliographie

Clément, A., Marmier, F., Kamissoko, D., Gourc, D., Wioland, L., Govaere, V., & Cegarra, J. (2018). Robustesse, résilience : Une brève synthèse des définitions au travers d’une analyse structurée de la littérature. MOSIM’18, 12e Conférence internationale de modélisation, optimisation et simulation.

Cerema. (2020). La boussole de la résilience : Repères pour la résilience territoriale. Éditions du Cerema. https://doc.cerema.fr/Default/doc/SYRACUSE/809/la-boussole-de-la-resilience-reperes-pour-la-resilience-territoriale?_lg=fr-FR

Clément, A., Wioland, L., Govaere, V., Gourc, D., Cegarra, J., Marmier, F., & Kamissoko, D. (2021). Robustness, resilience: Typology of definitions through a multidisciplinary structured analysis of the literature. European Journal of Industrial Engineering, 15(4), 487–513.

Hamant, O. (2025). Antidote au culte de la performance : La robustesse du vivant. Institut Momentum. https://institutmomentum.org/antidote-au-culte-de-la-performance-la-robustesse-du-vivant

Ribault, T. (2022). La résilience : Une technologie du consentement ? Annales des Mines – Responsabilité & environnement, 107(3), 23–28. https://doi.org/10.3917/re1.107.0023

Woods, D. D. (2015). Four concepts for resilience and the implications for the future of resilience engineering. Reliability Engineering & System Safety, 141, 5–9.

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Les principes de toute démarche d’innovation low-tech

22 mars 2026 à 17:46
Atelier Paysan (2020)

Durabilité forte

Recentre sur l’essentiel et tend vers l’optimum technologique : plus basse intensité et plus grande simplicité technologiques permettant d’assurer les besoins avec un haut niveau de fiabilité

Minimise la consommation d’énergie et de ressources, depuis l’extraction des matières premières jusqu’à la fin de vie en passant par la production, la distribution et l’utilisation

Présente une viabilité technique, fonctionnelle, écologique et humaine maximale à court, moyen et long terme

Résilience collective

Peut être entretenu et réparé par les utilisateurs eux-mêmes autant que possible, avec des pièces et matériaux standards

Offre une simplicité d’utilisation maximum

Est fabriqué à partir de ressources exploitées et transformées le plus localement possible

Transformation culturelle

Facilite l’appropriation par le plus grand nombre, confère du pouvoir aux citoyens et aux territoires

Favorise le partage de savoirs et de savoir-faire, la coopération, la solidarité, la cohésion sociale et les liens entre collectivités

Décomplexifie la société aux niveaux socio-économique et organisationnel à partir d’une réflexion sur les besoins et les vulnérabilités

À savoir, ces trois piliers peuvent aussi nous permettre de questionner la nature de nos achats, au quotidien.

Vous avez possibilité de télécharger l’infographie regroupant ces informations via la page wikipédia sur les low-tech. Cette image est disponible sous les termes de la licence sous la licence CC BY-SA.

« Techno-discernement » et démarche « low-tech »

Il est pour habitude d’entendre que la démarche « low-tech » serait du « techno-discernement », or, sans précision, l’on se rend vite compte que cette idée porte à confusion. En effet, si le « techno-discernement » ou discernement technologique, se définit selon Philippe Bihouix comme la nécessité de « faire le tri pour n’utiliser les technologies – et donc les précieuses ressources qu’elles mobilisent [et qui se dégradent] – que là où elles sont indispensables ou là où elles apportent un avantage indiscutable » (Bihouix, 2021) ou autrement dit par choisir « la bonne technologie [aussi bien « low-tech » que « high-tech »], au bon endroit et au bon moment » parce qu’il est probable qu’un sevrage technologique global finisse par s’imposer à nous tôt ou tard. Pourquoi, vouloir – même si c’est à juste titre – conserver de la « high-tech » utile (dans les secteurs de la santé, la recherche ou l’armée par exemple), signifierait être dans une démarche « low-tech » ? La démarche « low-tech » n’est-elle pas plutôt une suite logique au « techno-discernement » ?

En outre, il est important de rappeler que le « techno-discernement », tel qu’il est vu par Philippe Bihouix, part surtout du constat qu’il nous faudrait agir comme si l’on pouvait vaincre l’entropie matière-énergie, afin d’anticiper et adoucir le sevrage technologique global des prochaines années et décennies à venir. Et non pas, d’une croyance qu’un enrichissement technologique des sociétés serait souhaitable, et possible grâce à une bonne répartition des ressources et une « high-tech » plus sobre.

Une expérience de pensée peut permettre de comprendre que le « techno-discernement » pourrait tout aussi pousser à encore davantage de « high-tech » utile. Ainsi, une part de la population vivant dans une société « low-tech » (au sens strict) pourrait légitimement, faire preuve de « techno-discernement », en décidant d’allouer, si elle en avait les moyens, des ressources afin d’obtenir de la « high-tech » utile dans certains secteurs clés. Pour autant, il est difficile de dire que cette volonté serait née d’une démarche « low-tech », puisque l’on renchérirait technologiquement la société, et ce même si cette volonté partait d’un sentiment d’utilité. Par conséquent l’on peut dire que la démarche « low-tech » et le fait de vouloir conserver de la « high-tech » utile, sont donc certainement plutôt des suites logiques au « techno-discernement », que du discernement technologique en elles-mêmes.

Bibliographie

Bihouix Philippe. Le mythe de la smart city écologique. Enjeux numérique – N°16, publiéen décembre 2021. Disponible sur : https://annales.org/enjeux-
numeriques/2021/en-2021-12/2021-12-13.pdf

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Bienvenue sur la V1 de resilienceterritoriale.org

19 décembre 2023 à 10:34

Le 22 décembre 2022 marquait la clôture de la campagne de financement participatif resilienceterritoriale.org. Pour rappel, 462 contributeurs ont donné leur soutien afin que le projet puisse naître. En ce mois de décembre 2023, nous sommes ravis de dévoiler la V1 de la plateforme. Qu’entendons nous par V1 ? Tout simplement une version imparfaite et incomplète qui est amenée à fortement s’améliorer, tant sur la forme que sur le fond, en fonction des feedbacks que nous aurons. Mais un an après où en sommes-nous ? Quels objectifs de la campagne ont été atteints ? Quels défis restent à relever ? Comment maximiser les chances de succès dans la transformation de nos territoires ? Une approche dite systémique est indispensable pour changer nos territoires qui sont des systèmes complexes. Quelles sont les stratégies les plus efficaces pour amorcer la transformation de nos territoires ?

Remerciements

Avant de développer davantage, nous tenons tout d’abord à remercier nos partenaires de la campagne de financement participatif : Socialter, Sismique, Limit, Ozé, Metabolism of Cities, Low-tech Journal, Rêver les futurs, Pyrocène Studio, Low-tech le Film, Resilience Factory, Apala, ainsi que Oséons. Rien de tout cela n’aurait été possible sans leur professionnalisme et leur soutien précieux.

Pour rappel, la campagne de financement participatif soulignait que Résilience territoriale (.org) se voulait être « le portail pour échanger, se rencontrer et agir sur mon territoire ». La promesse ?

  • Faire face aux conséquences du dépassement des limites physiques et écologiques, aux implications de la déplétion des ressources fossiles et minérales, et aux risques majeurs dont les risques systémiques.
  • Engager les acteurs de nos territoires (collectivités, entreprises, associations, citoyens, etc.) dans une démarche d’assimilation des enjeux socio-écologiques, d’échanges, de partages d’expériences, de rencontres, de collaborations.
  • Permettre de mieux nous (p)réparer, nous transformer, afin de réduire nos vulnérabilités et de co-construire la résilience de nos sociétés à travers le monde entier.

Quels objectifs ont été atteints ?

Encore une fois, nous exprimons notre gratitude envers nos partenaires, sans lesquels les contreparties de la campagne n’auraient pas pu être livrées à temps. Si la date de sortie de la plateforme, initialement prévue au printemps/été 2023, a elle été retardée, c’est en raison de la somme de travail (non rémunéré) qui s’est avérée bien plus conséquente que ce que nous avions anticipé au départ. Examinons ensemble les objectifs définis lors de la campagne de financement participatif.

1er palier : Conception basique du portail

  • La conception d’un site web low-tech a été achevée [Atteint]. Veuillez noter que cette V1 peut comporter des bugs d’affichage et est destinée à évoluer. Un audit simplifié sera probablement effectué par une agence web professionnelle pour garantir que le site respecte les règles de conception facilitant l’expérience utilisateur et les normes de référencement web.
  • Fonctionnalité cartographie monde/pays/régions des acteurs de la résilience territoriale [Atteint].

2ème palier : Conception un peu améliorée du portail

3ème palier : Conception améliorée du portail

  • Fonctionnalité contribuer à la plateforme [En cours]. Veuillez noter que nous débloquerons progressivement les formulaires de contributions. Chaque formulaire sera soigneusement conçu pour garantir la collecte de données aussi propre que possible.

4ème palier : Conception très améliorée du portail

  • Fonctionnalité forum de discussion [À venir et en fonction du trafic sur le site]. La « rentabilité » de la mise en place d’un forum dépend du seuil minimal de trafic à atteindre. La question cruciale est de savoir si nous atteindrons suffisamment de trafic sur la plateforme pour justifier l’utilité d’un forum et le temps investi dans l’installation de la solution Discourse. La question du temps de modération nécessaire se pose également. Devrions-nous opter pour un serveur Discord, ou cela entraînerait-il trop de frictions ? Vos retours sur ce sujet seront extrêmement utiles.
  • Fonctionnalité outil veille résilience territoriale monde/pays/régions [Modifié/En cours]. Nous envisageons de remplacer cette fonctionnalité par une simple redirection vers la solution de veille anthropocène. Il pourrait même être envisageable d’intégrer cet outil directement sur le site, en le harmonisant avec la charte graphique. Cette question devrait être discutée avec le webmaster de cet excellent outil.

5ème palier : Penser la fresque de la résilience territoriale

  • Penser la fresque de la résilience territoriale [En réflexion]. Loîc Marcé, qui est un membre de l’équipe, a développé la fresque systémique. Cet outil pourrait-il avoir le même message que la fresque de la résilience territoriale ?
  • Conception d’un site web low-tech pour Low-tech Nation afin de rediriger davantage de trafic vers resilienceterritoriale.org [En cours].

6ème palier : Version anglaise et simplifiée du portail

  • Conception d’un site web low-tech pour territorialresilience.org [En réflexion]. Se pose la question de l’intérêt réel d’utiliser un nom de domaine différent et une version simplifiée. D’autant plus que la génération d’une version traduite de resilienceterritoriale.org pourrait désormais être facilitée par les progrès des outils de traduction.

Enfin, veuillez noter qu’une part significative des fonds collectés au cours de la campagne attend d’être investie de manière judicieuse. Il nous semble logique de réaffecter les montants économisés ou non dépensés pour certains objectifs initiaux vers de nouveaux projets.

Quelles sont les stratégies les plus efficaces pour amorcer la transformation de nos territoires ?

Dans son article Leverage Points : Places to Intervene in a System, la co-autrice du rapport Les Limites à la croissance (1972), Donella Meadows propose une hiérarchie de 12 leviers que l’on peut utiliser pour influencer les systèmes complexes que sont entre autres les territoires.

Certains leviers détiennent un pouvoir de changement bien supérieur à d’autres au sein d’un système. Selon les propos de Donella Meadows, pour opérer des changements fondamentaux au sein d’un système, il est impératif de revoir en profondeur le paradigme sous-jacent. Les trois leviers les plus impactants incluent la modification de l’objectif du système, la transformation du paradigme qui le façonne, et enfin, la transcendance des paradigmes existants.

Transformer radicalement un système implique de modifier la mentalité à l’origine de sa création. Par conséquent, il est essentiel de présenter de nouveaux imaginaires pour faciliter la déconstruction des anciens. Cependant, cette tâche n’est pas dénuée de complexité, comme le souligne la systémicienne : « Les leviers magiques ne sont pas simples d’accès, même lorsque l’on sait où ils sont et dans quelle direction les pousser. »

En outre, il est pertinent de noter que plus un levier est élevé, plus le système opposera de résistance. Cette résistance s’exprime particulièrement dans la réticence des sociétés à remettre en question leur paradigme, représentant l’homéostasie inhérente à tout système complexe. Des exemples concrets incluent la montée du climatoscepticisme et de la peur de la décroissance. Chaque système complexe déploie des mécanismes de régulation visant à maintenir sa stabilité, ainsi que sa finalité, même en réponse à des changements environnementaux.

En somme, afin de pouvoir transformer un système, il convient d’agir en priorité sur les mentalités selon Donella Meadows, au travers des mises en récit et de leur diffusion, de la multiplication les lieux d’échanges (forums, ateliers d’intelligence collective, etc.), de débats et d’apprentissages, etc. Autrement dit, il convient de mener une « guerre des imaginaires » qui ne peut se faire que par la communication, les échanges et les rencontres. C’est en cela la mission que se donne à terme la plateforme resiliencterritoriale.org, créer du lien afin de faire émerger les nouveaux imaginaires.

De manière générale, l’enjeu pour un territoire est de trouver des points de levier actionnables, l’idée est donc d’investir son énergie sur les leviers sur lesquels on a une prise et envie de d’agir pleinement dans la durée. La stratégie consiste donc à agir là où l’on trouve la meilleure combinaison entre les leviers les plus efficaces que l’on peut actionner et l’envie. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à consulter l’article en référence.

« La ressource la plus rare n’est pas le pétrole, les métaux, l’air pur, le capital, la main-d’œuvre ou encore la technologie. C’est la volonté d’écouter, d’apprendre des uns et des autres, et à rechercher la vérité plutôt que de vouloir avoir raison. »

Donnella Meadows

Source : https://donellameadows.org/archives/leverage-points-places-to-intervene-in-a-system/

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À partir d’avant-hierRésilience territoriale

Bienvenue sur la V1 de resilienceterritoriale.org

19 décembre 2023 à 10:34

Le 22 décembre 2022 marquait la clôture de la campagne de financement participatif resilienceterritoriale.org. Pour rappel, 462 contributeurs ont donné leur soutien afin que le projet puisse naître. En ce mois de décembre 2023, nous sommes ravis de dévoiler la V1 de la plateforme. Qu’entendons nous par V1 ? Tout simplement une version imparfaite et incomplète qui est amenée à fortement s’améliorer, tant sur la forme que sur le fond, en fonction des feedbacks que nous aurons. Mais un an après où en sommes-nous ? Quels objectifs de la campagne ont été atteints ? Quels défis restent à relever ? Comment maximiser les chances de succès dans la transformation de nos territoires ? Une approche dite systémique est indispensable pour changer nos territoires qui sont des systèmes complexes. Quelles sont les stratégies les plus efficaces pour amorcer la transformation de nos territoires ?

Table des matières

Remerciements

Avant de développer davantage, nous tenons tout d’abord à remercier nos partenaires de la campagne de financement participatif : Socialter, Sismique, Limit, Ozé, Metabolism of Cities, Low-tech Journal, Rêver les futurs, Pyrocène Studio, Low-tech le Film, Resilience Factory, Apala, ainsi que Oséons. Rien de tout cela n’aurait été possible sans leur professionnalisme et leur soutien précieux.

Pour rappel, la campagne de financement participatif soulignait que Résilience territoriale (.org) se voulait être « le portail pour échanger, se rencontrer et agir sur mon territoire ». La promesse ?

  • Faire face aux conséquences du dépassement des limites physiques et écologiques, aux implications de la déplétion des ressources fossiles et minérales, et aux risques majeurs dont les risques systémiques.
  • Engager les acteurs de nos territoires (collectivités, entreprises, associations, citoyens, etc.) dans une démarche d’assimilation des enjeux socio-écologiques, d’échanges, de partages d’expériences, de rencontres, de collaborations.
  • Permettre de mieux nous (p)réparer, nous transformer, afin de réduire nos vulnérabilités et de co-construire la résilience de nos sociétés à travers le monde entier.

Quels objectifs ont été atteints ?

Encore une fois, nous exprimons notre gratitude envers nos partenaires, sans lesquels les contreparties de la campagne n’auraient pas pu être livrées à temps. Si la date de sortie de la plateforme, initialement prévue au printemps/été 2023, a elle été retardée, c’est en raison de la somme de travail (non rémunéré) qui s’est avérée bien plus conséquente que ce que nous avions anticipé au départ. Examinons ensemble les objectifs définis lors de la campagne de financement participatif.

1er palier : Conception basique du portail

  • La conception d’un site web low-tech a été achevée [Atteint]. Veuillez noter que cette V1 peut comporter des bugs d’affichage et est destinée à évoluer. Un audit simplifié sera probablement effectué par une agence web professionnelle pour garantir que le site respecte les règles de conception facilitant l’expérience utilisateur et les normes de référencement web.
  • Fonctionnalité cartographie monde/pays/régions des acteurs de la résilience territoriale [Atteint].

2ème palier : Conception un peu améliorée du portail

3ème palier : Conception améliorée du portail

  • Fonctionnalité contribuer à la plateforme [En cours]. Veuillez noter que nous débloquerons progressivement les formulaires de contributions. Chaque formulaire sera soigneusement conçu pour garantir la collecte de données aussi propre que possible.

4ème palier : Conception très améliorée du portail

  • Fonctionnalité forum de discussion [À venir et en fonction du trafic sur le site]. La « rentabilité » de la mise en place d’un forum dépend du seuil minimal de trafic à atteindre. La question cruciale est de savoir si nous atteindrons suffisamment de trafic sur la plateforme pour justifier l’utilité d’un forum et le temps investi dans l’installation de la solution Discourse. La question du temps de modération nécessaire se pose également. Devrions-nous opter pour un serveur Discord, ou cela entraînerait-il trop de frictions ? Vos retours sur ce sujet seront extrêmement utiles.
  • Fonctionnalité outil veille résilience territoriale monde/pays/régions [Modifié/En cours]. Nous envisageons de remplacer cette fonctionnalité par une simple redirection vers la solution de veille anthropocène. Il pourrait même être envisageable d’intégrer cet outil directement sur le site, en le harmonisant avec la charte graphique. Cette question devrait être discutée avec le webmaster de cet excellent outil.

5ème palier : Penser la fresque de la résilience territoriale

  • Penser la fresque de la résilience territoriale [En réflexion]. Loîc Marcé, qui est un membre de l’équipe, a développé la fresque systémique. Cet outil pourrait-il avoir le même message que la fresque de la résilience territoriale ?
  • Conception d’un site web low-tech pour Low-tech Nation afin de rediriger davantage de trafic vers resilienceterritoriale.org [En cours].

6ème palier : Version anglaise et simplifiée du portail

  • Conception d’un site web low-tech pour territorialresilience.org [En réflexion]. Se pose la question de l’intérêt réel d’utiliser un nom de domaine différent et une version simplifiée. D’autant plus que la génération d’une version traduite de resilienceterritoriale.org pourrait désormais être facilitée par les progrès des outils de traduction.

Enfin, veuillez noter qu’une part significative des fonds collectés au cours de la campagne attend d’être investie de manière judicieuse. Il nous semble logique de réaffecter les montants économisés ou non dépensés pour certains objectifs initiaux vers de nouveaux projets.

Quelles sont les stratégies les plus efficaces pour amorcer la transformation de nos territoires ?

Dans son article Leverage Points : Places to Intervene in a System, la co-autrice du rapport Les Limites à la croissance (1972), Donella Meadows propose une hiérarchie de 12 leviers que l’on peut utiliser pour influencer les systèmes complexes que sont entre autres les territoires.

Certains leviers détiennent un pouvoir de changement bien supérieur à d’autres au sein d’un système. Selon les propos de Donella Meadows, pour opérer des changements fondamentaux au sein d’un système, il est impératif de revoir en profondeur le paradigme sous-jacent. Les trois leviers les plus impactants incluent la modification de l’objectif du système, la transformation du paradigme qui le façonne, et enfin, la transcendance des paradigmes existants.

Transformer radicalement un système implique de modifier la mentalité à l’origine de sa création. Par conséquent, il est essentiel de présenter de nouveaux imaginaires pour faciliter la déconstruction des anciens. Cependant, cette tâche n’est pas dénuée de complexité, comme le souligne la systémicienne : « Les leviers magiques ne sont pas simples d’accès, même lorsque l’on sait où ils sont et dans quelle direction les pousser. »

En outre, il est pertinent de noter que plus un levier est élevé, plus le système opposera de résistance. Cette résistance s’exprime particulièrement dans la réticence des sociétés à remettre en question leur paradigme, représentant l’homéostasie inhérente à tout système complexe. Des exemples concrets incluent la montée du climatoscepticisme et de la peur de la décroissance. Chaque système complexe déploie des mécanismes de régulation visant à maintenir sa stabilité, ainsi que sa finalité, même en réponse à des changements environnementaux.

En somme, afin de pouvoir transformer un système, il convient d’agir en priorité sur les mentalités selon Donella Meadows, au travers des mises en récit et de leur diffusion, de la multiplication les lieux d’échanges (forums, ateliers d’intelligence collective, etc.), de débats et d’apprentissages, etc. Autrement dit, il convient de mener une « guerre des imaginaires » qui ne peut se faire que par la communication, les échanges et les rencontres. C’est en cela la mission que se donne à terme la plateforme resiliencterritoriale.org, créer du lien afin de faire émerger les nouveaux imaginaires.

De manière générale, l’enjeu pour un territoire est de trouver des points de levier actionnables, l’idée est donc d’investir son énergie sur les leviers sur lesquels on a une prise et envie de d’agir pleinement dans la durée. La stratégie consiste donc à agir là où l’on trouve la meilleure combinaison entre les leviers les plus efficaces que l’on peut actionner et l’envie. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à consulter l’article en référence.

« La ressource la plus rare n’est pas le pétrole, les métaux, l’air pur, le capital, la main-d’œuvre ou encore la technologie. C’est la volonté d’écouter, d’apprendre des uns et des autres, et à rechercher la vérité plutôt que de vouloir avoir raison. »

Donnella Meadows

Source : https://donellameadows.org/archives/leverage-points-places-to-intervene-in-a-system/

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