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Les Tiers-Lieux comme cheville ouvrière du développement local
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Pour réinstaller en France, par les lieux, “une culture de la sobriété, de la réparation, du réemploi”
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Mon invitée de la semaine nous parle de transition alimentaire et de connaissance de soi. Béatrice Albert est une personne pluridisciplinaire, de la psychologie à l’art lyrique, elle s’éclate depuis plus de 10 ans à explorer l’alimentation et le partager dans les cuisines de France. Une discussion sérieuse, inspirante et pleine de blagues sur l’impact significatif que nos choix alimentaires peuvent avoir sur notre bien-être physique et mental.
Nous abordons les aspects pratiques de la transition alimentaire, en mettant l’accent sur des expériences personnelles et des rencontres marquantes, notamment avec un ancien chirurgien devenu psychiatre. Découvrez comment nos expériences façonnent notre compréhension et l’importance de choisir consciemment ce que nous mettons dans notre assiette.
En examinant la relation entre l’alimentation, l’équilibre émotionnel et la croissance personnelle, nous soulignons l’importance de la connaissance de soi dans ce parcours. Prendre des décisions alimentaires éclairées peut devenir une expression tangible de l’amour de soi et de la recherche constante d’un équilibre harmonieux.
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« Nous ne savions pas. Tel est le récit qui prévaut aujourd’hui en matière d’écologie… À l’aube de la modernité, les hommes se seraient engagés dans la déforestation, dans la conquête économique du Sud, dans la course de l’industrialisation, ne pensant qu’au progrès de l’humanité et sans se rendre compte qu’ils altéraient profondément les conditions de vie de notre terre. À croire ce narratif, l’industrie aurait brulé du charbon et du pétrole, dispersé des produits dangereux, intoxiqué par les airs, empoisonné les rivières, souillé les océans… Sans que jamais personnes ne sonnent l’alarme. »
D’après ce récit, le réveil n’aurait commencé qu’au début du XX siècle. Ce qui signifie que désormais, nous serions parfaitement conscients des enjeux des limites planétaires, mais également que nous sommes prêts à les affronter avec détermination.
Or, l’impact du développement économique sur nos milieux naturels ne date pas d’hier.
En réalité, 250 ans d’écologie nous ont alertés sur ce qui arriverait ! Ils sont plusieurs à avoir tenté de faire se faire entendre, de porter leur voix auprès du plus grand nombre. Autrement dit, on savait !
Nous faisons l’autruche, la tête dans le sable, obnubilés par nos gains financiers. Et si nous osions lever les yeux ? Et regarder en face les graves conséquences de nos actes ? Car nos visions sont biaisées.
Le fait par exemple, que le capitalisme soit vanté par des experts comme « le seul modèle qui ait résisté aux différents courants politiques de l’histoire du monde », nous fait fermer les yeux sur les nuisances qu’il produit. Cet excès de confiance en sa permanence et sa résilience, nous conduit également à sous-estimer les risques importants, notamment écologiques, et sociaux, qu’il entraîne. Et comme nous nous sommes remis des précédentes crises, nous croyons pouvoir tenir aisément les effets des futures.
L’art a toujours été un formidable vecteur de changement. Littérature, spectacle vivant, musique ou cinéma participent à transformer l’imaginaire, notamment sur la question de l’écologie, par le biais de l’émerveillement ou l’anticipation.
Nous avons besoin dans un premier temps d’un art qui change notre regard sur le monde et qui révèle la raison d’être de l’humanité.
Il y a de l’art tout autour de nous ! Nous sommes entourés de poésie, le monde est poétique.
Il faut poser un regard attentif aux choses et un regard lent, pour voir émerger quelque chose de l’ordre du merveilleux. Contempler différemment ce qui nous entoure dans la science, dans le sport, dans une attitude.
Un arbre a des millions de choses à nous dire, une panthère, une montagne également, ainsi qu’une pierre faite d’atome. En effet, tous les protons de cette pierre ont été fabriqués au moment du big bang, ont été transformés dans des étoiles pour fabriquer l’atome particulier que nous avons devant nous, et qui est arrivé jusqu’à la Terre !
Tout à une histoire extrêmement incroyable dans ce monde exceptionnel. Nous sommes également une poésie, composé d’une centaine de milliards de colonies de cellules qui coopèrent de manière inconsciente.
Puis dans un second temps, nous aurons besoin d’un art qui permet de :
C’est au monde paysan que nous devons la biodiversité végétale issue de la sélection de semences adaptées à chaque terroir. Petite-fille d’agriculteur, je me souviens de la mission de mon grand-père « nourrir les hommes ». Ceux qui avaient souffert de la faim applaudissaient les politiques nationales d’après-guerre, qui assuraient du pain à tous les Français.
Pierre Rabhi , disait : « bientôt on ne se souhaitera pas ‘bon appétit’, mais bonne chance ! ». L’homme qui nous nourrit, nous fournit les vitamines et protéines indispensables à notre énergie vitale, est désormais celui qui nous empoissonne…
Comment en est-on arrivé là ? Tout est une question de choix politique et du modèle que l’on promeut.
Les artistes peuvent nous inciter à décaler nos points de vue sur l’environnement pour faire évoluer notre impact sur la biodiversité, favoriser sa restauration et valoriser les écosystèmes. En effet, l’art permet de penser autrement notre rapport à la nature. Il peut également nous aider à faire le deuil d’un modèle de civilisation où règne le mot d’ordre : « chacun sauve sa peau ! », sans se soucier du vivant.
Aristote serait le premier à souligner l’altérité entre l’homme et les autres êtres naturels. Le « phusis » s’oppose à la « techné », tout ce que l’homme fabrique. Et la « techné » ne fait que prolonger la « phusis » et elle est bornée par celle-ci. Elle ne créait pas un ordre propre. (Nouvel Observateur, une pensée écologique).
« L’idée d’un métavers à la Facebook, ça ne marche pas chez Aristote. La technique ne fait que parachever la nature. Il dit même que si la nature engendrait des maisons, elle le ferait comme le font les hommes. L’opposition frontale homme-nature, nature-culture ne viendra qu’avec les modernes (nous) ».
Pour compléter le raisonnement d’Aristote, l’art à un rapport beaucoup plus intuitif à la nature et au monde. Il peut exercer une influence énorme sur d’autres sphères.
Il peut former et mobiliser les responsables sur le passage d’une logique de compétition à une logique de coopération pour co-construire les solutions de demain. Il peut s’inspirer de la nature, et inspirera en retour les citoyens. On peut penser par exemple au biomimétisme, qui a été pratiqué par des artistes comme Léonard de Vinci, qui a créé des machines volantes en se calquant sur la nature.
Ce rôle de passeur entre la nature et les êtres humains se retrouve beaucoup dans l’art non occidental, souvent au travers de la figure de l’artiste-chaman. Certaines œuvres ont été révolutionnairesdans le monde de l’art, par leur forme ou le sujet traité. Mais il semble difficile d’imaginer comment l’œuvre peut dépasser ce statut de simple écho d’un monde qui avance sans elle.
(Crédit photo : Shutterstock)
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