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Les relations presse sont un allié précieux pour la RSE

Par : Econovia
3 mai 2024 à 16:12

L’efficacité de la Responsabilité Sociale des Entreprises (ou « RSE ») est subordonnée à une bonne communication et au dialogue en confiance avec ses parties prenantes. En tant qu’agence experte en relations presse en matière de RSE, nous vous expliquons pourquoi et comment les RP se prêtent particulièrement bien à atteindre ces objectifs.

Bien communiquer est un enjeu de taille pour les organisations engagées dans des démarches RSE. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?

Aujourd’hui, des sujets comme le réchauffement climatique, la déforestation et le devoir de vigilance sont sur toutes les lèvres. Dans ce contexte, comment créer et entretenir une image favorable en matière de RSE auprès de la presse, des leaders d’opinion, des consommateurs, du milieu économique, des institutions ?

Comment bien plaider le business case qu’est la RSE en interne ? Comment faire connaître ses engagements de façon large ? Ces questions ont toutes la même réponse : il faut communiquer ! Ce qui est en jeu, c’est la confiance et l’engagement de ses parties prenantes. Dès lors, on ne s’étonnera pas que « mieux communiquer » soit l’enjeu principal de la moitié des professionnels de la RSE en 2017(1).

Les relations publics s’imposent comme un outil indispensable pour réussir son dialogue avec ses parties prenantes. Comment l’expérimentez-vous au quotidien ?

Dans une agence de communication à 360 degrés comme Econovia, nous constatons que la communication RSE est une discipline à part entière et que les relations publics (RP) – à commencer par les relations presse – sont l’un des meilleurs outils pour permettre aux organisations d’opérer efficacement leur triple reddition de comptes économique, environnementale et sociale.

Dans la grande famille des communicants, les spécialistes des RP et des e-RP sont les plus à même de comprendre les préoccupations sociales et environnementales des parties prenantes et de communiquer sur les engagements de l’organisation. Leur métier exige qu’ils jonglent entre les besoins des organisations et les attentes de leurs publics. Identifier les bons interlocuteurs, s’adresser à eux en connaissant leurs motivations et leurs intérêts, accompagner le débat public autour de nouvelles idées, de nouveaux services, de nouveaux produits : tous ces talents sont concentrés dans l’ADN des RP et font de notre métier l’auxiliaire naturel de la RSE.

La communication RSE n’est jamais loin de la communication de crise. Pensez-vous que bien communiquer sur ses engagements RSE a un effet préventif sur les crises ?

Nous le pensons et des chercheurs le prouvent ! La communication liée aux activités RSE d’une entreprise peut atténuer l’impact d’accusations d’irresponsabilité. Une étude scientifique menée par des chercheurs de l’Université catholique de Louvain2 révèle qu’une communication RSE antérieure peut réduire les effets négatifs ultérieurs d’une mauvaise presse au sujet d’activités socialement irresponsables. Sous réserve que cette communication soit légitime, maîtrisée et crédible, car une communication RSE s’apparentant à du greenwashing ou du social washing, en plus d’être une insulte à l’éthique, est susceptible à elle seule de déclencher ou d’aggraver une crise…

EN SAVOIR PLUS
1. The State of CSR reporting and communications, Ethical Corporation, 2016
2. Janssen, Catherine, Vanhamme, Joëlle, Swaen, Valérie, et Berens, Guido, « Playing with fire: aggravating and buffering effects of ex ante CSR communication campaigns for companies facing allegations of social irresponsibility », Marketing Letters, 2015, volume 26

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Le Jardin d’agronomie tropicale, une terre où Econovia sème avec la Cité du Développement Durable

Par : Econovia
28 avril 2024 à 23:46

Ce coin secret du bois de Vincennes est un lieu d’histoire autant que d’avenir. Il rassemble une communauté d’une vingtaine d’organisations de coopération internationale et d’acteurs du développement durable à l’est de Paris. Econovia en est membre co-fondateur. 

Le saviez-vous ? En 2017, Econovia a intégré un campus dédié au développement durable : le Jardin d’agronomie tropicale de Paris. Ce site est l’un des secrets les mieux gardés de la capitale. Ses sept hectares sont partagés entre un parc ouvert au public, où l’on entre par la fameuse porte chinoise, et un campus scientifique et académique (annexe de la fameuse Sorbonne) accueillant chaque année 200 étudiants. 

Situé dans le bois de Vincennes, en lisière de Nogent-sur-Marne, le lieu abrite les équipes de 21 organisations actives dans le développement durable et la coopération internationale. 

Forte de son expertise dans la communication responsable, c’est donc naturellement qu’Econovia a rejoint cet écosystème, sous le regard bienveillant du Centre international de recherche sur l’agronomie et le développement (Cirad) qui assure la gestion du lieu.

Si le site est tourné vers l’avenir avec la restauration récente des pavillons de Tunisie transformé aujourd’hui en restaurant bio et d’insertion pour femmes, il a aussi toute une histoire… En 1899, un jardin d’essai, le Jardin colonial, y est créé afin de coordonner les expériences agronomiques sur les plantes des colonies françaises comme les caféiers, bananiers, cacaoyers… Le site fournit chaque année 10 000 boutures et 40 000 graines aux territoires d’outre-mer.

Pendant la Première Guerre mondiale, le jardin sert d’hôpital pour les troupes coloniales ayant combattu en métropole. Les arbres à latex, les bambous et les plaqueminiers voient naître des monuments aux morts et un lieu de culte : la première mosquée de Paris, en 1915.

Ces édifices côtoient des pavillons provenant pour la plupart de l’Exposition coloniale de 1907, certains encore en ruine, d’autres réhabilités récemment comme le pavillon d’Indochine.

Aujourd’hui, comme hier, au Jardin d’agronomie tropicale, on sème beaucoup, passionnément, à la folie.

C’est le cas dans le potager de V’île Fertile, une ferme maraîchère associative gérée par des bénévoles. C’est la raison d’être du festival les Tropikantes, dont la première édition a exploré des sujets « qui piquent » comme l’immigration, les discriminations, l’insécurité alimentaire ou encore le genre, en 2017, mais le jardin est depuis 2017 le coeur d’un projet ambitieux : la Cité du développement Durable dont Econovia est membre co-fondatrice. 

Une belle manière de faire vivre ce lieu fertile sur un mode symbolique : celui des idées nouvelles, de la coopération, du dialogue et des échanges. 

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En route vers les territoires : Econovia confirme son engagement auprès collectivités et des acteurs publics

Par : Econovia
26 avril 2024 à 09:10

GESTION DES DÉCHETS I RECYCLAGE I CITOYENNETÉ I TRANSITION ÉCOLOGIQUE I ESS

Depuis 2021, Econovia a mis son expertise en communication au service des collectivités et des acteurs publics. Au cœur de sa raison d’être, l’agence est fière d’accompagner deux acteurs publics engagés en faveur de l’environnement : la Ville d’Agen et le syndicat mixte SICED Bresse Nord, pour lesquels elle a conçu deux campagnes de communication grand public.

En 2023, Econovia a conçu pour la Ville d’Agen le programme AGEN’ticipe afin d’impliquer et de sensibiliser les citoyens à l’importance centrale des questions environnementales, en co-construction et concertation avec les élus et les agents de la ville. Elle a imaginé le nom du programme, son identité visuelle, et élaboré sa stratégie de communication, décliné la campagne opérationnelle dédiée. Econovia a également conçu les supports de campagne avec notamment la réalisation du rapport AGEN’ticipe 2024, qui met en lumière les actions de la Ville en matière de développement durable. 

Mock-up du site internet AGEN'ticipe

L’objectif de cette campagne ? Valoriser l’ensemble des actions de la collectivité en faveur de la transition environnementale : végétalisation du domaine public avec 5 000 arbres plantés depuis 2020, extinction de l’éclairage public nocturne de 23h à 6h, rénovation des bâtiments, développement des mobilités douces, etc. Le programme AGEN’ticipe a été officiellement lancé le 7 mars 2024 à l’Hôtel de Ville d’Agen, l’occasion de présenter le rapport, le site internet dédié ainsi que différents supports de communication.

→ Pour en savoir plus sur la campagne AGEN’ticipe, c’est par ici !

mock-up brochure campagne tri biodéchets SICED Bresse Nord

En février 2024, Econovia a mené avec le Syndicat Intercommunal de Collecte et d’Élimination des Déchets (SICED) de la Bresse du Nord une campagne de communication sur le tri des biodéchets. De l’élaboration de la stratégie de campagne et son dispositif d’activation, Econovia a conçu l’identité visuelle et les supports associés : brochure 12 pages sur les solutions de compostage, flyers d’informations, bon de commande de composteurs ou encore des bannières pour les réseaux sociaux… L’objectif ? Sensibiliser et outiller les habitants des 46 communes adhérentes en mettant à leur disposition des solutions concrètes favorisant le compostage sur leur territoire.

→ Pour en savoir plus sur la campagne SICED, c’est par ici !

Ces dernières années, l’agence a également conçu le rapport Développement Durable 2021 du département des Yvelines, offrant une analyse détaillée de la mise en œuvre et du suivi de la démarche globale de développement durable dans le département, en partenariat avec Greenflex. Elle a également travaillé avec l’établissement public territorial Est Ensemble, mais aussi  Grenoble Alpes Métropole, pour élaborer leur stratégie RP autour de la Convention Citoyenne pour le Climat et activer leurs relations presse. Enfin, plus récemment, Econovia a œuvré auprès du Département du  Val de Marne, à travers sa collaboration avec le service d’urbanisme SADEV 94, pour lancer la commercialisation du Domaine Chérioux, un campus innovant et tourné vers l’avenir. L’agence a eu pour mission de mener un audit, élaborer une stratégie, concevoir à la fois son identité visuelle & éditoriale et décliner, enfin, une plaquette commerciale.  

Comme tous ces acteurs, Econovia  cherche, dans un esprit d’intérêt général, à promouvoir le développement durable et la citoyenneté comme moteurs de l’innovation territoriale. En partageant la conviction que des mesures concrètes peuvent être mises en place à l’échelle locale et régionale pour contribuer aux transitions écologique, sociétale et citoyenne, Econovia s’attache à accompagner ses clients avec rigueur, agilité et innovation.

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L’IA générative au sein des services publics : Gabriel Attal dévoile Albert, un modèle de la DINUM

Par : Thomas Calvi
24 avril 2024 à 09:00

Ce sont les maisons France Services qui ont expérimenté les premières le LLM Albert. Gabriel Attal, en visite dans l’une d’elles à Sceaux, a annoncé ce mardi 23 avril 2024 le prochain déploiement au sein des services publics de ce modèle d’IA souverain, puisque développé par et pour des agents publics français.

Il y a un an, en mai 2023, le gouvernement annonçait une expérimentation visant à mettre l’IA générative au service des agents et usagers du service public, officialisée en octobre suivant par Stanislas GUERINI, Ministre de la Transformation et de la Fonction publiques.

L’expérimentation de l’IA générative au sein des services publics : un temps de réponse divisé par 2

Le mois de septembre précédent, mille agents de la CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse), Pôle Emploi ou l’Assurance Maladie ont testé un modèle adapté par la start-up française AlloBrain, du LLM Claude d’Anthropic, pour répondre aux commentaires laissés par les usagers sur le site Services-publics.fr.

Les premiers résultats de l’expérimentation, menée par la DITP et la Direction Interministérielle du Numérique (DINUM), se sont avérés très concluants :

  • Dans les services publics volontaires, 1 réponse sur 2 a été facilitée par l’IA ;
  • Le temps de réponse moyen est passé de 7 jours à 3 jours ;
  • Au bout de 2 mois, 70% des agents ont un ressenti positif de l’utilisation de l’outil et 74% des usagers se sont dits satisfaits de la réponse apportée.

Albert, un modèle souverain open source spécialisé en interne

La DINUM travaille depuis juin  2023 au développement d’Albert, un modèle interne. En octobre dernier, Ulrich Tan, ingénieur polytechnicien, Chef du pôle Datalab du département Etalab de la Direction interministérielle précisait que ce modèle allait reposer sur “des briques technologiques, des intelligences artificielles pré-entraînées et disponibles en open source”, comme Llama ou Falcon,  optimisées grâce au fine-tuning pour les besoins des agents du service public. Les modèles open source de Mistral AI lancés à partir de fin septembre auraient également contribué au développement d’Albert.

Créé par et pour des agents publics, cet outil d’IA générative souverain, libre et ouvert, devait être déployé auprès de conseillers volontaires du réseau France services avant de l’être dans d’autres services publics, ce que vient de confirmer Gabriel Attal :

“Je vous annonce que nous avons développé une intelligence artificielle souveraine, française, qui va révolutionner nos services publics et que nous mettons désormais au service des Français”.

Mentionnant les travaux d’Ulrich Tan et ses collaborateurs au sein du Datalab, il a ajouté :

“Grâce à eux, la France est le premier pays européen à inaugurer une IA 100% souveraine et à la mettre au service de ses services publics”.

Le 7 février dernier, la DINUM a reçu le prix “innovation” lors des Victoires des Acteurs publics, un événement organisé par le média Acteurs Publics sous le haut patronage de la présidence de l’Assemblée nationale, pour le lancement d’Albert.

Albert France Services

Chaque mois, les conseillers des 2700 guichets uniques du réseau France Services doivent répondre à près de 800 000 démarches des Français, parfois très complexes.

La version spécifique du réseau “Albert France services”, grâce à un moteur de réponse en langage naturel, leur facilite l’accès aux informations en leur générant une réponse adaptée à la situation de l’usager qu’il accompagne.

Albert fournit au conseiller une réponse rédigée spécifique à la question posée, mais également :

  • Les sources sur lesquelles il s’est appuyé pour produire la réponse ;
  • Une liste d’autres questions fréquemment posées en lien avec la réponse ;
  • Des liens pratiques (téléservices, simulateurs …) ;
  • Des fiches pratiques issues de service-public.fr.

Le conseiller a ensuite la liberté d’utiliser ou non les réponses suggérées ou de les adapter. Comme le souligne le Premier ministre, le but n’est pas de remplacer les agents publics mais de leur permettre de dégager plus de temps pour les relations humaines :

 “A l’IA les tâches rébarbatives, et aux agents publics, le lien avec nos concitoyens”.

ia-generative-services-publics

Proposition de loi créant une dérogation à la participation minimale pour la maîtrise d’ouvrage pour les communes rurales

18 avril 2024 à 16:42
La proposition de loi vise à abaisser à 5% le seuil d'autofinancement pour les investissements des communes rurales les moins riches. Aujourd'hui, une collectivité locale doit, en principe, financer ses projets d'ouvrages publics à hauteur d'au moins 20%.

Loi sur la fin de vie : progrès ou régression collective ?

En mars dernier, Emmanuel Macron annonçait les grands axes du projet de loi sur la fin de vie, à l’occasion d’un entretien donné à La Croix et Libération. Le texte, préparé par l’exécutif, devait encore être soumis au Conseil d’État, avant d’être présenté en Conseil des ministres, puis examiné par les députés fin mai. Un « cheminement démocratique » et une « réflexion transpartisane » devant aboutir « de manière très pragmatique » à la légalisation de l’aide médicale à mourir (AMM). Présentée comme l’unique solution dans les cas de fin de vie « humainement difficiles », la mesure se veut à la fois progressiste, consensuelle et courageuse. Une rhétorique qui s’avère néanmoins creuse face à l’abandon du système de santé, à l’œuvre depuis une trentaine d’années. Alors que près de 300.000 personnes décèdent chaque année sans avoir eu accès à des soins palliatifs (environ 50% des décès annuels) et que le nombre d’USP (unités de soins palliatifs) continue de diminuer en France, le projet de loi sur la fin de vie risque de fragiliser encore davantage ces unités indispensables à l’accompagnement des personnes malades.

La fabrique d’un consensus autour de la fin de vie

Le projet de loi s’inspirerait de l’avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), publié le 13 septembre 2022. Le document, intitulé « Questions éthiques relatives aux situations de fin de vie : autonomie et solidarité », évoque en effet la dépénalisation de l’AMM, tout en précisant « qu’il ne serait pas éthique d’envisager une évolution de la législation si les mesures de santé publique recommandées dans le domaine des soins palliatifs ne sont pas prises en compte ». Une précaution sur laquelle Claire Fourcade, médecin et présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) insistait, quelques jours plus tard, en rappelant que, dans l’immédiat, « nous ne manquons pas d’une loi, mais de moyens. » Pourtant, c’est précisément sur la question du « cadre d’accompagnement de la fin de vie » – autrement dit, la législation en vigueur – qu’Emmanuel Macron et sa Première ministre Élisabeth Borne, entendent intervenir, favorisant l’effet d’annonce à l’approfondissement des dispositions déjà existantes.

L’argument de l’exécutif ? Un projet de loi qui ferait consensus dans la société française. Emmanuel Macron assure avoir consulté « les patients, les familles, les équipes soignantes, la société ». Une affirmation contestée par Emmanuel de Larivière, membre du conseil d’administration de la SFAP et médecin en soins palliatifs à Bordeaux. Ce dernier nous raconte : « Il y a un an et demi, nous [la SFAP] avons créé un collectif qui réunit différentes organisations médicales pour parler de la fin de vie. Tous ces gens, qui ont été élus pour représenter les professionnels du soin, viennent apporter une réponse commune. Malgré nos sollicitations, nous n’avons été reçus qu’une seule fois par le gouvernement. La réunion n’avait pas d’ordre du jour et les personnes qui nous recevaient se sont à peine présentées. » Pour lui, « ce sont des gens qui réfléchissent seuls. »

Le 11 mars 2024, le lendemain des premières annonces, quinze associations de professionnels des soins palliatifs publiaient un communiqué commun pour dénoncer le décalage entre le projet de l’exécutif et la réalité de leur métier. Dans son entretien, Emmanuel Macron évoque un délai de deux jours pour « tester la solidité de la détermination du patient », suivis de « quinze jours maximum » pour que le médecin étudie sa demande et accepte, ou non, d’administrer le produit létal. Une proposition jugée invraisemblable par les professionnels, à plusieurs égards.

Dans la grande majorité des cas, les malades qui arrivent en soins palliatifs avec la volonté d’en finir changent d’avis, dès lors qu’ils ont été correctement pris en charge.

D’une part, la rigidité du protocole ne permet pas d’appréhender « l’ambivalence du désir de mort » auquel les soignants sont confrontés au quotidien. Pour eux, la volonté d’un malade de mettre fin à ses jours ne relève jamais d’un choix individuel, clair et définitif. Dans la grande majorité des cas, les malades qui arrivent en soins palliatifs avec la volonté d’en finir changent d’avis, dès lors qu’ils ont été correctement pris en charge. Cela implique la présence et la disponibilité d’une équipe soignante (médecins, infirmiers, aide-soignants, psychologues) pour apaiser les souffrances physiques et psychiques du patient, suivre l’évolution de sa maladie et répondre à ses craintes ainsi qu’à celles de ses proches. Emmanuel de Larivière nous confie que « souvent, derrière les demandes de mort, il y a surtout des demandes de soin et d’accompagnement. La mission des soignants est de répondre à la fois à la douleur physique et aux souffrances existentielles du patient ».

D’autre part, si le projet est adopté, les soignants devront endosser la lourde responsabilité d’accepter ou non de prescrire la mort. Or, selon eux, une telle décision ne pourrait avoir lieu sans une longue phase de prise en charge, de soin, d’observation et de dialogue avec le patient. Elle devrait également être collégiale, en accord avec la loi Leonetti de 2005 qui encadre la pratique des soins palliatifs. Dans le délai prévu par l’actuel projet de loi, ces précautions déontologiques risquent d’être difficiles à respecter, assurent les équipes soignantes.

La méconnaissance des soins palliatifs

En présentant son projet de loi comme « une vraie révolution d’humanité et de fraternité en action », Emmanuel Macron néglige l’engagement et la capacité des soignants à accompagner la fin de vie. La présidente de la SFAP, Claire Fourcade, précise, à ce titre, que « l’aide à mourir est au cœur des soins palliatifs ». Pour elle, aider à mourir consiste à préserver les derniers moments de vie, à l’inverse du projet de loi qui prévoit de les supprimer. Une substance létale serait administrée « par la personne elle-même ou, lorsque celle-ci n’est pas en mesure d’y procéder physiquement, à sa demande, soit par une personne volontaire qu’elle désigne lorsque aucune contrainte d’ordre technique n’y fait obstacle, soit par le médecin ou l’infirmier qui l’accompagne ». Ces deux situations prévues dans le texte correspondent, dans la terminologie médicale, à l’euthanasie (lorsque l’intermédiaire est un soignant) et au suicide assisté (lorsque l’intermédiaire est un tiers désigné).

Le refus du chef de l’État d’employer les termes appropriés a pour effet de maintenir le flou sur les pratiques palliatives actuelles et sur les conséquences que le projet pourrait engendrer. Depuis l’adoption de la loi Leonetti de 2005, toute personne majeure a la possibilité de rédiger, à tout moment, une directive anticipée, afin de préciser les soins médicaux qu’elle souhaiterait ou non recevoir dans le cas où elle se trouverait dans l’incapacité d’exprimer sa volonté. Cette possibilité est souvent méconnue par la population française. D’après un sondage BVA, publié en février 2021 seulement 18% des sondés déclaraient avoir rédigé des directives anticipées. La loi bannit également l’obstination déraisonnable et définit les modalités des « arrêts de traitements ».

La loi Claeys-Leonetti de 2016 rend, quant à elle, possible, dans certains cas très précis et à la demande du patient, le recours à la sédation profonde et continue (SPC). Cette pratique consiste à endormir le malade dont le pronostic vital est engagé à court terme, afin de le soulager entièrement jusqu’à sa mort. Contrairement aux idées reçues, un patient sédaté ne perçoit plus aucun symptôme de sa maladie. Il ne ressent ni douleur, ni faim, ni soif. Il est comme anesthésié.

Un manque de soutien aux équipes soignantes

Il convient donc de se demander quelles sont les lacunes du système de santé français dans l’accompagnement des malades en fin de vie. D’abord, se pose la question de l’accessibilité des soins palliatifs. D’après un rapport sénatorial de 2021, 26 départements français (dont la Guyane et Mayotte) ne disposent d’aucune unité de soins palliatifs (USP) et trois départements ne disposent que d’un lit dédié aux soins palliatifs pour 100 000 habitants. Pourtant, depuis la loi du 9 juin 1999 visant à garantir le droit à l’accès aux soins palliatifs, le nombre d’USP sur le territoire a été multiplié par trois (on est passé de 54 USP en 1999 à 164 en 2019).

En 2021, le cinquième plan national pour les soins palliatifs prévoyait d’achever le déploiement des USP afin que « plus un seul département ne soit dépourvu de structure palliative à l’horizon 2024 ». Une promesse qui ne s’est accompagnée d’aucun effort financier, au contraire. Dans son rapport de juillet 2023 consacré à l’offre de soins palliatifs, la Cour des comptes remarque qu’après une « augmentation continue du financement des soins palliatifs » ces dix dernières années, « les crédits du plan 2021-2024 ont enregistré une baisse de 10 millions d’euros ».

Aux besoins financiers s’ajoute un manque de plus en plus grand de personnel soignant. En février dernier, l’unique USP publique des Yvelines, à Houdan, fermait ses portes. Depuis un an et demi, l’unité ne fonctionnait plus qu’avec une chef de service à mi-temps. Dans un entretien au Figaro, cette dernière évoque une situation « prévisible » compte tenu des « problèmes de recrutement » et des « appels à l’aide » pendant plusieurs mois, sans réponse. Désormais, les deux seules USP du département, l’une à Versailles et l’autre à La Verrière, dépendent d’établissements privés et totalisent 22 lits pour 1,4 millions d’habitants.

Le départ massif des soignants et la difficulté de les remplacer sont symptomatiques d’une profession devenue de moins en moins attractive, en raison du manque de moyens et de la déconsidération des responsables politiques. Une fracture qui ne semble pas prête de s’apaiser : d’après une enquête réalisée par la SFAP auprès de plus de 2 000 professionnels (dont les deux tiers ne sont pas adhérents à la SFAP), 83 % des personnes se disent inquiètes face à l’évolution attendue de la loi et plus d’un médecin sur cinq travaillant en soins palliatifs songerait à quitter ses fonctions si l’aide médicale à mourir était mise en place dans son service.

Plus d’un médecin sur cinq travaillant en soins palliatifs songerait à quitter ses fonctions si l’aide médicale à mourir était mise en place dans son service.

Le risque est grand que les compétences palliatives, développées depuis les années 1980 en France, disparaissent petit à petit, faute d’effectifs et de formation suffisante. Dans un article du Monde daté de mars 2023, Elise Perceau-Chambard, professeur en médecin palliative, confirmait qu’en formation initiale, les questions relatives à la fin de vie occupent, selon les facultés « entre six et dix heures en deuxième cycle », tandis qu’elles sont inexistantes en premier cycle. Cette lacune dans la formation des étudiants explique pourquoi de nombreuses structures qui le souhaiteraient, peinent à recruter de nouveaux soignants. Dans une étude de 2020, le Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie établissait un décalage de 30 % entre les effectifs réels et le nombre de postes à pourvoir. Une donnée structurante pour comprendre la crise du système de santé, que la ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités, Catherine Vautrin, n’a pas évoquée lors de sa présentation du projet de loi en Conseil des ministres, le 10 avril dernier.

Des patients livrés à eux-mêmes

Réduire la question de la fin de vie à celle de la « liberté individuelle » de « choisir sa mort » reviendrait à négliger les conséquences sociales, économiques et sanitaires d’un tel projet de loi à court, moyen et long terme. À court terme, l’adoption du texte ne fera que conforter – voire légitimer – l’abdication du politique face à la dégradation du système de santé. Le volet consacré au développement des soins palliatifs témoigne en effet de l’absence d’ambition du gouvernement macroniste en matière de santé publique. Il prévoit un milliard d’euros supplémentaire dans l’organisation des soins sur dix ans, soit une augmentation de 6% par an. Un effort minime, quand on sait que 50% des malades qui décèdent chaque jour en France, n’ont pas eu accès à des soins palliatifs.

Dans son avis du 10 avril dernier, le Conseil d’État précise que « des dispositions législatives, voire réglementaires, sont insuffisantes, à elles seules, pour combler le retard constaté » et note que le texte, en tant que tel, ne comporte ni obligation de moyen, ni disposition programmatique permettant de « fixer des objectifs clairs à l’action de l’État ». Dès le mois de septembre 2023, pourtant, plusieurs députés de tous bords avaient appelé à distinguer « la criticité du développement des soins palliatifs » qui « fait aujourd’hui consensus » de l’aide à mourir, qui renvoie à des positionnements éthiques et politiques très disparates dans la société. D’après eux, voter dans le même temps pour deux projets « par essence différents » les « priverait collectivement de la liberté d’expression que [leur] confère la Constitution ».

En proposant de « regarder la mort en face », Emmanuel Macron condamne en réalité les plus vulnérables de la société.

À moyen terme, le droit de « choisir sa mort » pourrait bien se transformer en « laisser mourir », notamment pour les malades les plus isolés. Au-delà des souffrances physiques ou psychiques, qui ne peuvent être apaisées sans une prise en charge adaptée, les maladies dégénératives s’accompagnent généralement d’une perte d’autonomie et d’une dégradation des compétences cognitives (mémoire, vision, langage, gestes du quotidien…) Dans ces conditions, la volonté de mourir ne peut s’expliquer à la lumière d’une simple décision individuelle. La capacité du malade à se projeter dans l’avenir, aussi court soit-il, dépend de nombreux facteurs sociaux et économiques (soutien de l’entourage, localisation et qualité du lieu de vie…) Dans une tribune publiée dans Marianne en mai 2023, plusieurs soignants s’interrogeaient ainsi sur la place et le rôle du politique : « Faudrait-il choisir de limiter les soins des personnes lourdement malades et handicapées et leur proposer l’aide à mourir ? Ou bien faudrait-il décider de se donner collectivement les moyens, certes onéreux et exigeants, pour accompagner les personnes vulnérables dans ces périodes difficiles de leur vie ? »

Face à ces questions, la Cour des comptes pointait, deux mois plus tard, un « manque de stratégie globale, à moyen et à long terme » affectant l’efficacité de l’organisation de l’accès aux soins. Au-delà des hôpitaux, le rapport insiste sur la nécessité de mieux coordonner les acteurs (soignants et aides-soignants) au sein des schémas régionaux de santé, de rapprocher les soins des lieux de vie (à domicile et en Ehpad, notamment) et de « renforcer la sensibilisation de l’opinion à notion d’accompagnement palliatif de la fin de vie ». Autant de recommandations qui ne semblent pas avoir été prises en compte dans l’élaboration du projet de loi. En proposant de « regarder la mort en face », Emmanuel Macron condamne en réalité les plus vulnérables de la société.

Vers la normalisation de la mort administrée ?

Sur le long terme, enfin, il semble difficile d’imaginer que les conditions d’accès à l’aide à mourir ne soient pas étendues, au détriment des soins et de la culture palliative. Pour le moment, l’exécutif prévoit l’octroi de l’aide à mourir aux patients « capables d’un discernement plein et entier », atteints d’une « maladie incurable » avec « pronostic vital engagé à court ou moyen terme » et subissant des souffrances « réfractaires », c’est-à-dire qui ne peuvent être soulagées. Mais ces critères reposent en réalité sur une interprétation médicale discrétionnaire. D’après Emmanuel de Larivière, ces derniers ne pourront qu’évoluer avec le temps, puisque « de nombreux cas feront jurisprudence ».

Il suffit pour s’en convaincre d’observer l’exemple du Canada, où l’aide médicale à mourir (AMM) a été autorisée en 2016, dans des conditions proches de celles évoquées par Emmanuel Macron. Depuis 2021, le pronostic vital du demandeur n’a plus besoin d’être engagé à court terme. Désormais, toute personne souffrant d’une maladie ou d’un handicap qui « ne peut être soulagé selon les conditions qu’[elle juge] acceptables » peut demander l’AMM. Depuis 2023, enfin, les personnes atteintes d’une maladie neurodégénérative cognitive, comme l’Alzheimer, peuvent également y avoir accès. Entre 2022 et 2023, le nombre de demandes a augmenté de 31% entre 2021 et 2022.

Au Canada, le nombre de demandes d’AMM a augmenté de 31% entre 2021 et 2022.

En intégrant l’administration de la mort au sein même de la relation de soin, le projet de loi rend possible la normalisation de l’aide à mourir, sur le modèle canadien. Derrière un discours d’humanisme et de fraternité, emprunté au chef de l’État, plusieurs groupes d’intérêt réclament ainsi l’extension du droit à l’AMM au nom du principe de non-discrimination de la loi. Dans une tribune publiée dans Le Monde, le 10 avril dernier, les présidents de l’Association à mourir dans la dignité (ADMD) et de la MGEN réclamaient que la condition de pronostic vital engagé soit retirée du texte, pour « assurer une pleine égalité de tous devant la loi ». Fin janvier, la MGEN avait déjà envoyé une lettre aux députés, pour les convaincre de la nécessité d’une « évolution de la loi qui permette une fin de vie libre et choisie ».

Dans les prochaines années, le vieillissement de la population française et l’augmentation du nombre de maladies graves risquent de peser sur un système de santé publique déjà mal en point. Couplée à la réduction des dépenses publiques, y compris dans le domaine de la santé, la légalisation de l’aide à mourir pourrait bien conduire à la disparition des soins palliatifs au profit d’une solution moins coûteuse, préférant la mort individuelle à la vie collective.

RNNoise, la lib qui supprime le bruit, sort en version 0.2

Par : Korben
15 avril 2024 à 14:50

Si vous faites du streaming ou que vous jouez en ligne, vous connaissez probablement RNNoise qui supprime les bruits parasites qui gâchent vos enregistrement ou vos parties de CS, grâce à la magie des réseaux neuronaux. La bonne nouvelle du jour c’est qu’une nouvelle version vient de sortir.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas, RNNoise c’est une bibliothèque open source développée par les petits génies de Xiph.Org et Mozilla qui utilise un modèle de réseau neuronal récurrent pour filtrer le bruit en temps réel, tout en préservant la qualité de la voix.

Et les nouveautés sont cool :

  • Déjà, ils ont ajouté des optimisations AVX2 et SSE4.1 pour booster les performances. Votre CPU va carburer comme jamais !
  • Ensuite, ils ont intégré une détection automatique des fonctionnalités CPU, pour utiliser au mieux votre hardware. Avec ça, peu importe votre CPU, il saura faire tourner RNNoise au poil !
  • Enfin, cerise sur le gâteau, les modèles fournis sont maintenant entraînés uniquement sur des datasets publics. Adieu les bases de données privées et bonjour la transparence ! 🌞

RNNoise ne se limite pas à éliminer les bruits lors de vos visioconférences. Cette merveille peut aussi améliorer la reconnaissance vocale, le traitement musical et bien d’autres tâches. En plus de la voix la plus probable, le modèle indique aussi la fiabilité de son estimation, ce qui est très utile pour la reconnaissance automatique de la parole. Mais ce n’est pas le seul facteur qui entre en jeu : les caractéristiques du locuteur, les modèles de langage et les techniques de traitement du signal ont aussi leur importance.

Pour le tester, c’est tout simple :

Commencez par cloner le dépôt GitHub de RNNoise

git clone https://github.com/xiph/rnnoise.git

Puis compilez le machin en lançant ces commandes

./autogen.sh
./configure
make

Pro tip : utilisez l’option -march=native dans vos CFLAGS pour profiter à fond des optimisations AVX2 !

Vous pouvez maintenant tester RNNoise sur un fichier audio brut en 16 bits / 48 kHz

./examples/rnnoise_demo input.pcm output.pc

Et voilà, votre audio ressortira propre comme un sou neuf, débarrassé de tous les bruits indésirables. Vous m’en direz des nouvelles !

Si vous voulez creuser le sujet, je vous recommande de jeter un oeil aux benchmarks RNNoise sur OpenBenchmarking. Vous verrez que c’est loin d’être une solution gadget : sur un bon gros CPU, on arrive à traiter 60 fois le temps réel ! De quoi livestreamer sur Twitch en toute sérénité. D’ailleurs, c’est marrant de voir que RNNoise cartonne aussi sur des architectures exotiques comme les puces POWER ou ARM. Les développeurs ont vraiment fait du bon boulot pour rendre leur code portable. Respect ! 🙌

Bon allez, je ne vais pas vous bassiner plus longtemps et je vous invite à consulter l’excellent article de Jean-Marc Valin. C’est fascinant de voir comment on peut exploiter le deep learning pour améliorer des algorithmes de traitement du signal traditionnels.

Source

Le Groupe SOS rafle 1 million d’euros de fonds publics pour un simple site internet

Le mastodonte du secteur associatif a remporté deux appels à projets pour créer une plateforme numérique basique. Entre 2018 et 2020, elle a obtenu plus de 1 million d’euros en tout, en partie auprès du département de la Moselle, qui ne profite pourtant pas de cette onéreuse innovation.

Quelles limites à l’accueil inconditionnel des tiers-lieux ?

11 décembre 2023 à 17:09

Comment le tiers-lieu, qui se veut ouvert à tous les publics, met-il en place les meilleures conditions pour y parvenir ? Retours d’expériences et stratégies de ménagements.

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