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Lauréats du Concours Positive Future : Imaginer le Travail en 2050

4 juillet 2024 à 16:04
La Fondation 2100, en partenariat avec l'Institut d'Études Avancées de Paris, a conclu la deuxième édition du concours Positive Future. Ce concours vise à stimuler l'innovation et la créativité en invitant les participants à réfléchir au futur du travail influencé par l'intelligence artificielle. Les œuvres gagnantes ont été distinguées pour leur vision originale et leur capacité à mêler progrès technologique et problématiques quotidiennes. Découvrez les projets qui ont remporté les prix lors de cet événement marquant, et explorez les discussions enrichissantes qui ont eu lieu lors des webinaires de clôture.
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Deux notaires de Caen sont soupçonnés de fraudes immobilières au profit de la communauté des gens du voyage. Ils auraient permis l'acquisition illégale de terrains protégés à travers la France via des montages juridiques contestables, entraînant installations sauvages et pollutions. Une enquête pour blanchiment est en cours suite à des plaintes. Leurs bureaux ont été perquisitionnés et des dizaines de dossiers saisis pour analyse. Ces pratiques avaient déjà alerté des maires ruraux.

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81•La topologie astrale de W.A. Mozart

Par : Marc HENRY
11 octobre 2023 à 08:04

Quelques nouvelles des topologies astrales (TAs). Voilà un bon mois que je vous ai laissé tranquille et mijoter dans votre jus. Car, j’ai réalisé à ce jour près de 400 TAs et seulement une vingtaine de personnes m’ont donné une note. Certaines personnes ont pris le jeu très au sérieux et ont travaillé dur pour comprendre leur TA. Comme une majorité reste silencieuse, j’en déduis forcément que cela patine dans la choucroute astrale. De ce que j’ai pu comprendre, il n’y a pas trop de problèmes avec la polarité, les éléments et le mode d’action. Le décodage est, en effet, assez trivial. Ici, la subtilité se trouve dans les valeurs relatives. Pour affirmer quelque chose de pertinent, il faut un écart très net entre des groupes. Des différences d’une ou deux unités ne sont pas significatives. On doit considérer les qualités associées comme formant un bloc.

Je vous rappelle que la somme des coefficients de ces qualités de polarité, d’éléments et de mode est de 23. Par conséquent, pour la polarité (deux qualités), l’égalité est à 11 + 12 = 23. Ainsi, comme chaque point gagné par une qualité est perdu par l’autre, il faut un écart d’environ de 5 points ou plus pour assurer qu’il y a une polarité Yin ou Yang franche. Pour les 4 éléments, l’égalité est 6 6 6 5 (6×3 + 5 = 23). Un écart d’une ou de deux unités ne signifie donc rien du tout. Pour qu’un élément s’impose, il doit atteindre au moins la valeur 10. Pour le mode, l’égalité est à 8 8 7 (8×2 + 7 = 23). Ainsi, ici aussi un mode s’affirme franchement dès que le coefficient dépasse la valeur 10. De même, des écarts d’une ou de deux unités sont insignifiants.

Importance de l’Ascendant

Il semblerait donc que ce soit plutôt la topologie astrale qui vous pose un problème. Par conséquent, je vais vous proposer une méthode pour démarrer. D’abord, j’indique toujours le signe dans lequel se trouve la planète (texte vert après le caractère ‘/’) et la “maison” (chiffre romain en haut à droite du dessin humoristique dessous la lettre ‘M’). Alors, si vous êtes vraiment perdu, vous avez toujours la solution de prendre un livre d’astrologie. Normalement, ce livre vous donne ce que peut signifier pour un individu d’avoir une planète dans un signe et une maison donnée. Sachez que la Maison I définit ce que l’on appelle l’Ascendant qui est aussi indiqué sur la TA tout à droite après les trois caractères ‘ASC’. Très souvent, cet Ascendant définira assez bien votre personnalité. Les plus paresseux pourront donc se limiter à l’analyse de cet Ascendant en Signe et Aspects.

Maintenant, je suppose que vous voulez aller plus loin, sans recourir à un astrologue qui travaille avec un horoscope rempli de signes cabalistiques et totalement hermétiques au non-initié. C’est là qu’il devient intéressant d’employer l’outil TA. Pour l’illustrer, j’ai pris la topologie la plus complexe que j’ai rencontré à ce jour. On reconnaît ce genre de topologies au fait qu’il y a une multitude de flèches dans tous les sens entre dix planètes ayant un bloc central 3×3 sans cases vides. Une complexité accrue est obtenue si des flèches se croisent (topologie 3D), signifiant que deux dimensions ne sont pas suffisantes pour mettre en évidence tous les liens entre les planètes.

Polarité, état élémentaire et mode d’action de Wolfgang Amadeus Mozart

L’image jointe à ce post, vous donne la TA d’un “génie” de la musique : Wolfgang Amadeus Mozart, en personne. Prêts ? Alors, en avant la musique… Vous pouvez aussi vous référer à la chronique n °67, la chronique n° 68 et la chronique n° 69 pour d’autres exemples. Avec une polarité Yang/Yin de 16/7, Mozart est franchement une personne émettrice et extravertie. Lorsque l’on constate la renommée mondiale de sa musique, cela colle très bien. Chez Mozart, c’est l’élément “Air” qui, sans conteste, domine. On a donc, a priori à faire avec un esprit suractif, vif dans sa tête et moins dans son corps, qui s’intéresse à tout sans se fixer vraiment.

Le mode d’action est, lui surtout marqué par le mouvement circulaire (mode “Fixe”). Par conséquent, avec une énergie qui rayonne vers l’intérieur. Mais, juste après, vient le mouvement en spirale qui, lui, permet de changer de plan. D’où une certaine souplesse et aptitude au changement. Enfin, vu son Ascendant Vierge, on s’attend à ce que la planète Mercure ait un gros coefficient dans sa TA. Mais, comme cette TA est très complexe, rien n’est moins sûr. Normalement, tout le monde devrait être capable d’arriver à ce niveau dans sa TA. Et, donner déjà une note en oubliant le reste.

Almuten de Mozart

Par conséquent, pour affiner la note, passons à l’analyse de la TA. La première chose à faire est de rechercher l’Almuten, c’est-à-dire le “Maître de Nativité” qui est la planète disposant du plus gros coefficient. Mais, attention ! Ici aussi, il faut que ce coefficient soit significativement différent des coefficients affectant les autres planètes. Typiquement, avec au moins deux unités de séparation. Chez Mozart, il est difficile de trouver un Almuten. Ainsi, il y a quatre planètes dans un mouchoir de poche : Mercure (27) ; Saturne (26) ; Pluton (25) et Uranus (24).

En effet, ce n’est que lorsqu’on atteint Uranus, que l’on peut trouver une planète ayant un coefficient bien plus faible. Ici, c’est la Lune (18), avec un écart de huit unités par rapport à Uranus. Pour l’Almuten, Uranus est un peu trop loin (trois unités le séparent de Mercure). Reste, donc le choix entre Mercure, Saturne ou Pluton. Et, comme Mercure est l’Ascendant, maîtrisant le signe de la Vierge, prendre Mercure comme Almuten semble très raisonnable, malgré les écarts très faibles dans ce trio de tête.

Mercure, Saturne et Pluton chez Mozart

Mozart était donc de toute évidence un être doté d’une intelligence hors norme. Mais, il avait aussi un côté Saturnien et également Plutonien. Or un plutonien est toujours fasciné par l’étrange, le merveilleux, le grinçant, l’horrible, le morbide, la scatologie, le sexe, la pornographie. Pluton, c’est “inter urinam et faeces nascimur” des Pères de l’Église. Expression qui signifie : « Nous naissons entre la merde et l’urine. »

De fait, ce n’est un secret pour personne que Mozart avait des penchants scatophiles très marqués. Remarquons aussi qu’avec Saturne, l’on a affaire à la pensée secondaire, structurée et déductive, qui s’appuie sur la logique et le temps. Ainsi, Mozart était un musicien légendaire qui aimait mélanger les mathématiques et la musique. On retrouve ici une logique et une rigueur toute Saturnienne. Quand vous avez, comme Mozart, trois planètes pouvant concourir pour le titre d’Almuten, on peut, sans crainte de se tromper, affirmer que la personne sera une personnalité complexe et déroutante à bien des points de vue.

Empreinte digitale de la TA de Mozart

Pour le reste de l’analyse, recherchons la “colonne vertébrale” de la TA, ou si vous préférez, le “tronc” de l’arbre. Pour cela, considérez individuellement chaque planète. Et, comptez le nombre de flèches qui s’éloigne de l’image de cette planète. Pour chaque flèche qui s’éloigne, vous lui associez la lettre ‘E’ (pour “Émission”). Pour chaque flèche qui pointe vers l’image de la planète, vous lui associez la lettre ‘R’ (pour “Réception”). On obtient ainsi, une “empreinte digitale” de la topologie (EDT). Ici, on peut prendre l’ordre des planètes dans le système solaire en partant du Soleil et de la Lune :

Soleil (SOL) : E + R + R
Lune (LUN) : E + R
Mercure (MER) : R + R
Vénus (VEN) : E + R + R
Mars (MAR) : R
Jupiter (JUP) : E + E + E + R
Saturne (SAT) : E + E + E + R
Uranus (URA) : E + E + E + E + R + R
Neptune (NEP) : E + R
Pluton (PLU) : R

Voilà, maintenant, vous cherchez la tête de chaîne (TC) qui définira le niveau “zéro” de la topologie. Cette planète se caractérise par le fait qu’elle ne possède que des lettres ‘E’. Vous comprenez, peut-être, la raison pour laquelle j’ai choisi Mozart. Aucune tête de chaîne ne se dégage… Nouvel aspect de la complexité de sa TA.

Détermination de la tête de chaîne

Pour en trouver une, prenez les planètes qui n’ont qu’une seule lettre ‘R’. Et, cette fois-ci, ignorez les flèches ‘R’ qui proviennent des trois planètes situées au-delà de l’orbite Saturnienne : URA, NEP et PLU. Voici, une nouvelle liste où l’on s’arrête à Saturne :

Soleil (SOL) → E + R
Lune (LUN) → E + R
Mercure (MER) → R
Vénus (VEN) → E + R
Mars (MAR) → R
Jupiter (JUP) → E + E + E + R
Saturne (SAT) → E + E + E

Vous voyez désormais se dégager la TC. C’est la planète qui n’a que des flèches de type ‘E’. Chez Mozart, cette TC est précisément la planète Saturne.

À présent, vous avez trouvé le “sommet” de l’arbre. Cherchez alors le “tronc”, en suivant les flèches, afin de trouver la suite de planètes la plus longue, toujours en ignorant URA, NEP et PLU. Pour Mozart, voilà le résultat :

SAT(0) → VEN(-1) → JUP(-2) → LUN(-3) → MAR(-4)

Remarquez que j’ai affecté à chaque planète un chiffre négatif donnant son niveau d’enfouissement inconscient. Vous avez maintenant trouvé la racine de l’arbre, qui, normalement ne doit pas avoir de lettres ‘E’, mais que des lettres ‘R’. Ici, c’est la planète Mars. Reste à placer les “branches” à leur niveau correspondant :

Vous avez ici une idée de comment circule l’information cosmique chez Mozart. Pour que ce soit plus clair, vous pouvez remplacer chaque planète par un mot qui la caractérise.

Décodage de la TA de Mozart

Voici une liste possible de mots-clés que j’utilise couramment :

SOL : Ego
LUN : Sensibilité
MER : Intellect
VEN : Amour
MAR : Action
JUP : Expansion
SAT : Contraction
URA : Libération
NEP : Communion
PLU : Transmutation

Pour simplifier, je n’ai choisi ici qu’un seul mot-clé par planète. Celui qui me semble le plus représentatif. Mais, libre à vous d’en utiliser d’autres (voir le document mode d’emploi). Voici alors une manière de “décoder” Mozart :

La première chose que Mozart fait lorsqu’il capte l’information cosmique ou astrale par son “feuillage” (MER, SAT, SOL) c’est de la contracter (“Tronc” = SAT). La réduire au strict minimum pour ne retenir que l’essentiel et éliminer le superflu. Puis, il utilise les forces de l’amour dans le but de la nourrir pour qu’elle grandisse et se développe (JUP). Tout en prenant soin que cela soit libérateur (URA) et que l’information soit transmutée (PLU). Une fois cette expansion effectuée, il utilise sa sensibilité (LUN) pour agir (MAR), en écrivant, par exemple, une partition musicale…

L’humour scatologique de Mozart

Je n’ai, bien sûr, aucun moyen de savoir si Mozart fonctionnait bien comme cela. Mais, au moins, cela parait plausible et raisonnable. Le fait d’écrire (Mars) la musique qu’il avait en tête (Mercure), fruit de son ego (Soleil) et de son désir de communier (Neptune) avec l’humanité tout entière était, bien sûr largement inconscient (Mars, niveau -4). Comme sa sensibilité (Lune, niveau -3) qu’il dissimulait par un humour scatologique (Pluton, niveau -2). Certains, disaient qu’il était atteint du syndrome de Tourette. Mais, ce syndrome concerne l’expression orale et non l’expression écrite. Et, c’était bien à l’écrit, que Mozart proférait ses grossièretés comme dans le canon « Leck mich im Arsch », K. 231 (K6 382 c), où l’on trouve les paroles :

« Leck mich im A[rsch] g’schwindi, g’schwindi! »

Ce qui peut se traduire en français par : « Va te faire foutre » pour le titre et « lèche-moi le cul, vite, vite ! » pour les paroles.

Puits, relais et nœuds décisionnels

Notez aussi, que nous n’avons ici fait qu’effleurer la surface. L’analyse peut se poursuivre, par exemple, par la recherche de boucles, où l’on peut tourner en rond indéfiniment. Vu la complexité de la TA de Mozart, il serait très surprenant qu’il n’y en ait pas. Pour trouver les boucles, vous partez de chacune des 10 planètes, et vous cherchez toujours en suivant les flèches, à revenir sur la planète de départ. Notez bien que pour être dans une boucle, vous devez tourner toujours dans le même sens. Et, jamais prendre une flèche à contresens. La recherche des boucles est grandement simplifiée en excluant les planètes “puits” de la TA. En effet, une planète est un “puits” lorsqu’elle n’est que réceptrice (lettre ‘R’) et ne possède aucune lettre ‘E’. Ici, il y a trois puits facilement identifiable :


Mercure (R + R) ; Mars (R) et Pluton (R)

La caractéristique d’un puits est que l’information astrale s’arrête de circuler et peut donc être exploitée et traitée. Chez Mozart, on trouve l’intellect (Mercure), l’action (Mars) et la transmutation (Pluton). Les autres planètes qui ont une seule fois la lettre ‘E’ sont de simples relais. Tandis que les autres planètes, celles qui ont, dans l’EDT, au moins deux lettres ‘E’ sont des nœuds décisionnels (ND). Ici, on a donc :

Relais : SOL, VEN (E + R + R) et LUN, NEP (E + R)
ND : URA (E + E + E + E + R + R) et JUP, SAT (E + E + E + R)

Boucles de la TA de Mozart

Il y a donc sept planètes qui peuvent être impliquées dans une boucle. Par exemple, on trouve la boucle ternaire : SOL → NEP → URA → SOL. Soit Ego → Communion → Libération → Ego. C’est une boucle, où l’envie de l’ego de communier avec les autres provoque la libération de quelque chose qui ramène à l’isolement égoïste de départ. Il vaut mieux, donc identifier cette chose. Surtout, comme c’est Uranus, le responsable, trois voies de sortie s’offrent à Mozart : Vénus (l’Amour), Mercure (l’Intellect) et Saturne (le dépouillement). Par conséquent, peu de risque d’être piégé vu le nombre important de sorties disponibles.

Mais, complexité oblige, ce n’est pas la seule boucle identifiable. Il en existe une autre quaternaire : SAT → VEN → JUP → URA → SAT. Soit Dépouillement → Amour → Expansion → Libération → Dépouillement. C’est une boucle, où l’envie de réduire l’information au maximum déclenche un réflexe d’amour qui va faire que quelque chose va grandir. Ceci, afin de libérer autre chose qui, cette fois-ci, incite à se dépouiller à nouveau. Ici aussi, peu de risque d’être piégé en raison du nombre important de sorties disponibles. Celles impliquant Uranus, bien sûr, mais également celles impliquant Jupiter, le troisième ND de la TA avec deux voies de sortie supplémentaires : Pluton (transmutation) et la Lune (sensibilité).

Boucles, impasses et créativité

Bien évidemment, lorsque ces boucles ont peu ou aucune porte de sortie, elles sont très pénalisantes. On tourne en rond sans jamais arriver à sortir de l’impasse. En revanche, lorsqu’il y a beaucoup de portes de sorties, comme ici, elles aident à avoir créativité posée et non pas spontanée. L’information peut circuler en rond pendant une durée optimale et ressortir au bon moment par la porte la mieux configurée. Ce genre de boucles créatrices peuvent se retrouver, assurément, chez tous les grands “génies” qu’ils soient artistes ou scientifiques. Le seul souci est que ce sont des personnes qui ne vont pas droit au but, ce qui peut, parfois, s’avérer agaçant pour l’entourage proche.

Les coefficients de la TA de Mozart

Un autre point qu’il est possible de discuter à partir d’une TA, concerne les coefficients. Plus ils sont gros, plus ils traduisent un comportement spontané et facile à mettre en œuvre pour le natif. Plus, ils sont petits, plus le natif doit faire un effort pour que l’information astrale explore la voie et les valeurs correspondantes. Évidemment, ces difficultés proviennent du fait que plus un coefficient est faible, plus les valeurs correspondantes sont inconscientes. Ainsi, chez Mozart, ce sont les valeurs Neptuniennes (coefficient 2) et Vénusiennes (coefficient 8) qui sont le plus profondément enfoui dans son inconscient.

Par conséquent, si l’on revient à l’arbre de Mozart, on voit que le processus d’expansion Jupitérien nécessaire pour créer quelque chose qui va libérer et transmuter est conditionné par le goulet d’étranglement Vénusien. Mozart sait que c’est par l’amour que viendra sa création, mais cela est difficile pour lui. Heureusement, les boucles permettent de prendre son temps et de finalement arriver à ses fins.

Les aspects majeurs de la TA de Mozart

Dernier point, les aspects. On peut les classer en quatre groupes :

Facilitant : Conjonction (0° = Fusion), Sextile (60° = Complémentarité) et Trigone (120° = Harmonie).

Handicapant : Carré (90° = Lutte), Trioctile (135° = Révolte) et Opposition (180° = Antagonisme)

Potentialisant : Semi-sextile (30° = Potentiel activant), Octile (45° = Potentiel inhibant) et Quinconce (150° = Tension, activant ou inhibant simultanément, selon les circonstances).

Incitant : Décile (36° = Accomplissement), Quintile (72° = Innovation) et Bi-Quintile (144° = Obligation)

Les deux premiers groupes sont les aspects majeurs et les deux derniers sont mineurs. Ce qui est remarquable dans la TA de Mozart, c’est l’absence de carré. Chez lui, tout est relativement facile, surtout au niveau du feuillage SAT/MER/SOL où il y a fusion entre ces trois planètes. On notera aussi la complémentarité (sextile) qui existe entre Jupiter et Pluton d’une part et Jupiter et la Lune, d’autre part. Il n’y a qu’un seul aspect handicapant entre le Soleil et Neptune, mais vu le très faible coefficient de Neptune, cela n’est pas un réel problème. De plus, l’aspect d’opposition a aussi de bons côtés, en ce sens que lorsque l’ego s’exprime, le désir de communier se tait et réciproquement.

Les aspects mineurs de la TA de Mozart

Pour les aspects mineurs, il y a le potentiel inhibant (octile) entre Uranus et Mercure, d’une part, et entre Uranus et le Soleil, d’autre part. Autrement dit, les envies “révolutionnaires” Uraniennes sont bien maîtrisées par l’intellect et l’ego. Il existe également un potentiel activant (semi-sextile) entre Saturne et Vénus. Cela pourrait signifier que, chez Mozart, ce sont les restrictions Saturniennes qui déclenchent les forces d’amour Vénusiennes. Dernier aspect, le biquintile (144°) entre Jupiter et Uranus qui signale que derrière le désir d’expansion Jupitérien, il y a une obligation de libération de quelque chose d’innovant et surprenant.

Donner une note à la méthode exposée ici

Évidemment, Mozart n’est plus là pour me noter. Sachant tout ce que j’ai pu dire de lui, moyennant la seule donnée d’une date, d’une heure et d’un lieu de naissance. Peut-être cela vous motivera-t-il pour analyser sérieusement votre TA ? Surtout, pour ceux qui ont fait une demande explicite. J’ai besoin d’être noté pour faire une statistique. Celle-ci me permettra de savoir, si cette méthode, que j’ai développée à la lumière de connaissances ancestrales, est utile ou bien bonne à mettre à la poubelle. Car, avec Mozart, c’est facile. On connaît très bien sa vie et il n’est donc pas trop difficile de faire dire à sa TA, ce que l’on veut qu’elle dise. Toutefois, avec votre TA, c’est une autre paire de manches. Ici, je ne sais absolument rien de vous.

Mais, comme j’ai fait votre TA à votre demande, je pourrais faire comme pour Mozart et décortiquer vos rouages élémentaires. Bien sûr, je ne le ferai pas, car cela m’indiffère. Parce que, cela me demanderait beaucoup de travail pour pas grand-chose. Non, il vaut mieux que vous fassiez vous-mêmes votre propre analyse. Je vous ai proposé une méthode de travail. Maintenant, libre à vous de l’appliquer ou pas. Mais, tout ce que je demande en retour, c’est une note comprise de 0 à 100. Et, si vous ne savez vraiment pas quelle note attribuer, dites 50/100. C’est une valeur moyenne qui n’engage à rien. Puisque cela signifie que tout est réglé par le pur hasard. Et, que l’astrologie, c’est pipeau et compagnie. Mais, si vous êtes persuadés du contraire, alors, attribuez une note SVP.

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Le tétralemme révolutionnaire et la tentation autoritaire

Par : dev
10 juin 2024 à 11:37

Hier soir, Michalis Lianos nous envoie un laconique « comme prévu » accompagné du lien de son article de septembre 2022. Il nous paraît essentiel de le rééditer aujourd'hui pour comprendre le schéma général dans lequel s'inscrit le devenir de la situation politique actuelle. Il s'agit d'une sociologie des quatre solutions ou issues d'une séquence à fond révolutionnaire : il se trouve que la solution choisie par le problème présent semble être « la voie communautaire » - populiste et fasciste. La finesse de son analyse permet de sentir ce qui s'est inversé et perdu depuis les Gilets Jaunes.

Le centre politique se contracte. Citoyen.ne.s et analystes n'avaient pas compris que le supposé triomphe de la « République en Marche » en 2017 était en effet la conséquence d'une réalité pourtant évidente : même la magie omnipotente d'un système ‘majoritaire' ne pouvait plus entretenir deux partis politiques centristes qui pourraient prétendre au pouvoir. Le centre s'effondrait sous les applaudissements des centristes de droite et de gauche, enivrés par leur vision modernisatrice, supposée performante, autant sur le plan social que sur le plan gestionnaire.

Sans surprise, les augures de grands changements dynamisants ont été démentis sur le plan social. Mais cela a ajouté aux attentes déçues d'une couche de population qui observait cette fois les évolutions avec un vrai espoir et un instinct de survie activé. Porteurs de l'identité du « peuple », les Gilets jaunes ont démontré par leur présence que la partie populaire des consentants à l'alternance partisane au gouvernement, mettait désormais fin à sa tolérance. Les classes modestes qui tenaient à ‘vivre dignement de leur travail', sans assistance et avec la fierté de pouvoir influencer sensiblement le sort du pays, comprenaient maintenant qu'elles n'étaient plus indispensables à cette nouvelle recomposition bourgeoise. Comme les couches prolétaires, précaires et ségréguées, les ‘inclus' populaires devenaient désormais périphériques pour le nouveau pacte politique des classes urbaines aisées, et ceux qui aspiraient à y appartenir. La scission entre « le peuple » et « les individus » s'est confirmée. L'histoire s'est accélérée.

Elle s'est accélérée de façon parfaitement attendue, car il faut penser que le tétralemme [1] auquel fait face chaque mouvement sociopolitique radical est clair. On peut le représenter par ce schéma :

Cette représentation [2] condense l'évolution possible des mouvements sociaux à visée structurelle, c'est-à-dire, demandant un changement politique structurel plutôt que s'opposant à une mesure ou un domaine sociopolitique précis (par exemple, à un amendement du code du travail ou à un type de discrimination). Aussi, ce schéma s'applique seulement à des pays connaissant une gouvernance politique plus ou moins démocratique. Il permet de décrire rapidement où ces pays se trouvent aujourd'hui en termes de potentiel sociopolitique et quels sont les espoirs et les risques qui les entourent.

Révolution et violence

Notre point de départ doit être inévitablement le point le plus improbable, à savoir la réussite directe d'un mouvement social conduisant à un « changement structurel ». Le terme est choisi pour signifier un changement qui dépasse les bornes d'une « crise gouvernementale », en ce sens qu'il s'agit d'une modification de l'architecture institutionnelle, donc du mode de gouvernance politique d'une société. S'il est impossible de prévoir les formes d'une telle modification, il est aisé de la définir par une seule caractéristique, à savoir qu'un mouvement social à visée structurelle parvienne à inaugurer une nouvelle organisation du pouvoir dans une société. Dans le cas des Gilets jaunes, cela signifierait, par exemple, la fin des représentants politiques de carrière et le recours systématique à des formes de démocratie directe (le fameux « RIC »).

Nous ne nous occuperons pas ici des probabilités de chaque issue, mais il est facile de comprendre qu'un changement de cet ordre n'est pas très probable. Cependant, l'impossibilité d'y accéder prend plusieurs formes, notamment du point de vue de la perception des participant.e.s au mouvement social concerné. Un des aspects très intéressants de l'échec à aboutir au changement structurel est l'interprétation des faits par les parties impliquées. Il s'agit d'un angle mort en ce qui concerne à la fois la politique et la recherche. La concentration sur « le résultat » du conflit produit une représentation binaire dans laquelle les vainqueurs conservent le pouvoir et le mouvement perdant occupe sa place précédente. Ce ‘résultisme' est en vérité un puissant effet du pouvoir lui-même, qui focalise les regards sur la victoire en faisant ainsi penser que la question est tranchée, résolue.

Or, contrairement à la victoire, la défaite, oblige à une posture de discontinuité. On doit interpréter le conflit d'une façon qui explique pourquoi les porteurs du pouvoir établi sont parvenus à le conserver. En le faisant, on réaménage la compréhension politique de soi et des autres, à savoir, on réinterprète la société et son fonctionnement politique. Ici, la vision de tunnel conflictuelle se transforme en considération à 360 degrés. Chaque participant.e évolue ainsi vers une perception de la nature du pouvoir et des moyens qui ont permis sa continuité. Et parmi ces moyens, rien ne domine la perception autant que la violence, outil ultime de négociation. Son utilisation-même fait penser naturellement que si cet ultime moyen n'était pas utilisé, le mouvement aurait pu parvenir à ses objectifs, donc au changement structurel.

Deux conclusions peuvent être tirées à cette étape. Premièrement, un mouvement à visée structurelle quand il considère le cadre de son échec, ne ressemble pas du tout à un autre type de mouvement, à visée spécifique. Pour résumer cette particularité, nous pouvons dire que les mouvements à visée spécifique se focaliseront sur les aspects tactiques et conjoncturels de leur échec, car la lutte autour d'une mesure ou une condition spécifique, concerne par définition la relativité d'un « rapport des forces favorable », comme on le dit souvent dans les rangs des organisations qui animent ce genre de mouvement. Les participant.e.s savent que leurs adversaires ne luttent pas pour leur survie, et placent ainsi leur compréhension de l'échec dans le cadre d'une lutte continue dont ils ont perdu une étape. Dans ce cadre, l'issue normale est de persévérer à défier les pouvoirs établis en rassemblant plus de soutien et en améliorant sa tactique.
Il en va autrement pour un mouvement à visée structurelle. Ses participant.e.s ont conscience que répéter leur approche n'est ni possible ni souhaitable. Non seulement les traces de l'échec sont indélébiles et rendent une nouvelle mobilisation d'ampleur structurelle improbable, mais il est impossible de développer une capacité de violence comparable à celle de l'adversaire.

Deuxièmement, un tel mouvement confronté à la violence, ne dispose pas d'issue idéologique évidente. Car, justement en émergeant, il aura nécessairement rassemblé, de façon explicite ou implicite, le soutien de tous ceux qui souhaitent un changement structurel [3], et se composera par définition des tendances qui n'adhérent pas à un positionnement idéologique précédent. Si tel était le cas, il aurait par là-même été intégré dans la configuration politique établie en devenant ainsi un mouvement à visée partisane spécifique. Il existe donc un vacuum dans lequel les participant.e.s d'un mouvement à visée structurelle pensent, et se pensent, après leur échec. Dans ce cadre ils et elles devront considérer la suite.

Obstination et retrait

La suite peut comprendre un certain degré de persévérance, notamment pour la minorité des participant.e.s ayant pensé le mouvement non pas simplement comme une force de renversement du statu quo, mais comme un levier pour l'émergence d'une réalité sociopolitique précise. De ce fait, ces participant.e.s peuvent difficilement adhérer à des voies appartenant au spectre politique établi ; par conséquent, la persévérance est leur seule voie pour absorber l'échec sans avoir le sentiment de trahir leur propre engagement. Hormis la survenance d'un changement aléatoire favorable, il s'agira ici d'une impasse exprimée par l'obstination. Plus le mouvement est original, donc étranger à la configuration établie, et plus la fréquence et la durée de l'obstination seront importantes ; car, il sera difficile pour les participant.e.s attaché.e.s aux valeurs spécifiques du mouvement de trouver un refuge idéologique auprès des acteurs déjà présents [4].Cette obstination peut bien faire émerger des postures oppositionnelles qui restent marginales sans s'associer à des courants de pensée ou d'action identifiés. In fine, elles se joindront à la masse des postures qui parcourront leur environnement afin de trouver une condition plus ou moins compatible avec la transformation individuelle subie en conséquence de la participation au mouvement.

Notons ici que la posture de l'obstination, malheureusement ignorée par la recherche en sciences sociales, est une condition des plus fréquentes dans une société où l'individuation s'approfondit à vue d'œil [5]. L'individu se considérant comme une force politique en soi, affranchi des cadres prédéterminés et capable de choisir ses préférences à la carte, procède de façon indépendante à l'ajustement de son intégration sociopolitique. Ainsi, il ou elle se trouve guidé.e par la conjoncture qui l'entoure en explorant la compatibilité de ses choix individuels avec les courants socioculturels qui traversent son environnement. Cela ne signifie pas que chaque participant.e en retrait du mouvement, fluctue de façon aléatoire sur les diverses vagues postindustrielles, mais i.elle navigue dans ces eaux en gardant un cap plus ou moins déterminé et en rapport avec la conjoncture. Il s'agit ici d'un processus de normalisation progressive qui rebat les cartes des postures politiques en influençant aussi bien celles et ceux qui ont éprouvé l'échec du mouvement, mais aussi les environnements qu'ils et elles peuvent influencer par l'expression de leurs avis. La normalisation conjoncturelle est donc une réserve de contestation, capable aussi bien d'alimenter des oppositions à visée spécifique que de verser à terme dans les deux autres grands courants auquel l'échec du mouvement donne lieu.

Mise à jour idéologique

Pour la majorité des acteurs, toujours et partout, les voies ouvertes déterminent les directions possibles. Si un mouvement a produit un certain impact public, les forces politiques et les acteurs qui les portent adaptent leurs discours et pratiques. La sphère politique postindustrielle est structurellement orientée vers la démocratie représentative, fortement frelatée par des systèmes électoraux non proportionnels, capables de produire des gouvernements jouissant d'une majorité parlementaire. Transformer une minorité en majorité absolue, implique presque toujours un avantage pour des positionnements relativement conservateurs. Car, l'existence même d'un système où les citoyens ont leur mot à dire, signifie souvent qu'une majorité souhaite sa continuité, ou du moins la tolère. Dans le cas contraire, il s'agit de ce que l'on appelle une « crise », à savoir une mise à nue de la non représentativité gouvernementale, ou du moins, une critique du pacte qui conduit à sa tolérance.

Pour les participants d'un mouvement à visée horizontale qui a réussi à générer une crise mais échoué à provoquer un changement structurel, les forces critiques déjà établies représentent un véritable salut. Lors du mouvement, et à l'aune de son influence, ces forces auront ajusté leur discours afin de bénéficier de sa dynamique critique et, dans la mesure du possible, l'instrumentaliser en augmentant leur propre influence. On peut aisément séparer ces forces critiques en deux camps, déterminés respectivement par leur priorité idéologique ou communautaire. Pour nos besoins ici, donnons une définition lapidaire de ces caractéristiques. La caractéristique idéologique concerne un cadre normatif qui devrait s'appliquer à la vie collective humaine, toujours et partout ; donc, un ensemble de projections, y compris politiques, prétendant à une validité externe à la collectivité concernée. En revanche, la caractéristique communautaire puise son cadre normatif à l'intérieur du lien collectif, qui devient la raison d'être de ce cadre et le socle de sa projection politique. Les deux camps possèdent bien sûr les deux caractéristiques, idéologiques et communautaires, mais ce qui les distinguent est la priorité donnée à l'une de ces deux caractéristiques.

La voie idéologique est donc ouverte après l'échec, à deux conditions. Premièrement, l'existence d'un acteur établi, par exemple un mouvement ou un parti politique, assez critique envers le gouvernement pour accepter tacitement qu'un changement structurel serait légitime. Ceci implique donc que cette critique traverse plusieurs domaines ; par exemple, les domaines économique, social, environnemental, etc. Deuxièmement, il est nécessaire que cet acteur établi n'ait pas exprimé d'opposition au mouvement ou qu'il ait montré une sympathie pour sa cause, voire un certain soutien. La rencontre est ainsi mutuellement souhaitable. Pour l'acteur établi, le bénéfice est majeur et multiple. S'il s'agit d'un parti politique, l'avantage électoral est évident. Mais en tout état de cause, le fait que les participants d'un mouvement majeur s'y intègrent en grand nombre renouvelle les lettres de noblesse de radicalité de l'acteur établi en le consacrant en tant que porteur authentique des demandes critiques venant spontanément de la société. Pour les participants du mouvement ayant échoué, le rapprochement constitue un compromis salutaire, en ce qu'il permet de « continuer la lutte » et ne pas être obligé de faire face à l'échec. En s'appropriant cette continuité comme une mise à jour idéologique, on transforme un échec net en réussite relative, puisque la critique du système se trouve augmentée. De plus, cela permet de conserver l'identité symbolique du mouvement. Cette posture est représentée dans notre exemple par l'entrée croissante des membres de la France Insoumise et du Nouveau Parti Anticapitaliste dans le mouvement des Gilets Jaunes quand ce dernier commençait à s'affaiblir, et le refuge idéologique et électoral que plusieurs membres des Gilets Jaunes ont trouvé auprès de la France Insoumise. Il est important de noter ici que ce choix – qui écarte des acteurs au discours plus historique ou théorisé, et moins spécifiquement anti-gouvernemental, tels que le NPA ou le PCF – marque la préférence pour maintenir l'espoir déçu d'un changement structurel imminent, d'un renversement rapide qui constituerait non seulement une mutation profonde mais aussi une démonstration de force ; autrement dit, une victoire qui laverait l'affront des sacrifices non récompensés lors du mouvement.

La voie communautaire

La priorité donnée au lien collectif est profondément significative en général, et cruciale dans les dynamiques du conflit [6]. Elle présente l'attrait d'une posture fondée sur une opposition bien plus ‘personnelle' que la voie idéologique, car au lieu de diluer les participants du mouvement dans des catégories sociopolitiques abstraites et durables dans le temps (par exemple, la « classe »), elle leur permet de lutter ‘en tant qu'eux-mêmes' en maintenant le lien qui les identifie. Ainsi, ils et elles évitent la perte de leur identité, donc la perte de leur rapport à la lutte qui les a constitué.e.s en collectivité. Préserver ce lien est important à plusieurs titres.
Premièrement, on circonscrit la collectivité du mouvement en le situant dans le cadre exclusif de son action, et on garantit ainsi la continuité de sa visée horizontale et de son ambition révolutionnaire.
Deuxièmement, le principe identitaire de la collectivité permet aux participants qui ont rejoint le mouvement en tant que « révolutionnaires », sans appartenance idéologique ou politique précédente, ou en dépassant cette appartenance, à maintenir cette position et à se passer de tout examen réflexif de leur opposition au pouvoir établi.
Troisièmement, il permet l'intégration « en ses propres termes » tout en permettant le soutien à un acteur établi, notamment tout acteur politique dont le lien fondateur est aussi communautaire. Car, l'avantage des collectivités à fondement identitaire, c'est-à-dire des communautés, est à la fois d'être animées par définition d'une volonté de renversement de tout ordre ne priorisant pas l'appartenance identitaire, et de pouvoir associer à leur action toute communauté qui se reconnaît dans ce projet de renversement. Du moment où cette communauté est en conflit avec l'ordre établi et ne suit pas de cadre idéologique mettant en péril la priorité du lien communautaire, l'association est possible.

En même temps, cette association se fait au prix de la radicalisation communautaire, c'est-à-dire de la ligne de faille entre « nous » et « eux ». Cela implique une redéfinition continue des ‘autres', qui s'opposent au projet communautaire, ou l'entravent en suivant des voies alternatives ou en étant inertes. L'avantage structurel de la dimension communautaire est de ne jamais se pencher de façon critique sur soi-même, car le sens du lien communautaire est l'appartenance, qui se suffit à elle-même.

La voie communautaire est donc la seule voie qui permet la poursuite ‘pure' du projet révolutionnaire. Elle ne le frelate pas pour renforcer une quête de pouvoir existante, et elle n'élimine pas son identité fondatrice. Elle est aussi compatible en parallèle avec la posture d'obstination, car un mouvement identitaire plus large n'entrave pas les protestations des groupes autonomes. Son attrait est ainsi particulièrement fort pour un.e participante.e ayant certaines caractéristiques, tels que les suivantes :

1- Cherche une rupture structurelle nette.
2- Souhaite que cette rupture soit attribuable sur le plan de l'identité du mouvement et du pouvoir établi, c'est-à-dire à « nous » dans notre lutte contre « eux ».
3 - Identifie politiquement les autres par leur degré de soutien au projet de changement structurel.

La combinaison de telles caractéristiques, oriente inévitablement vers les forces qui se réclament de la discontinuité sociopolitique en justifiant leur projet sur le plan des droits d'une communauté, plus que sur une critique sociale civique. Il est facile de comprendre que cette voie rencontre de façon croissante depuis la seconde guerre mondiale l'accusation de « populisme », voire de « fascisme ». Les forces associées au fonctionnement de la démocratie capitaliste postindustrielle, le fameux « front républicain », sont obligées de constituer leur présence sur la nécessité de la gouvernance efficace, fut-elle toujours minoritaire. En transformant ainsi le sens de la démocratie, elles ne disposent plus de la légitimation démocratique évidente, irréfragablement liée à la majorité. Par conséquent, leur critique face aux forces qui se présentent comme une communauté légitime (le « peuple ») ne peut être qu'une défense sur la nature de la démocratie, par un discours qui exclue ces outsiders en tant qu'antidémocrates ! [7] La dynamique peu logique mais bien politique ainsi enclenchée, conduit à la validation de la démocratie sur la sphère publique non pas par la participation mais par la médiation des institutions – contre lesquelles le mouvement se dresse – en ne laissant à ce dernier que la possibilité de se penser en tant que « peuple » luttant contre l'oligarchie, et d'expliciter en conséquence de plus en plus cette position dans ses représentations publiques. C'est un glissement légitime, mais fatal sur le plan tactique, car il donne aux forces établies la possibilité de porter l'accusation de « populisme », c'est-à-dire de représenter la communauté des participant.e.s, et par extension le mouvement entier, en tant qu'usurpateur ; usurpateur du corps civique, de la politie dans sa totalité, et – par conséquent – menace directe pour toutes les catégories sociales de cette politie qui n'appartiennent pas au mouvement. A partir de ce point, la voie communautaire entre dans le piège de sa propre radicalisation. Plus elle se tourne vers son lien communautaire et son identité de « peuple » et plus elle se soumet à la délégitimation par ses adversaires en s'auto-suffocant.

Nous sommes ici à l'origine de la dynamique autoritaire issue des mouvements fermement démocratiques et anti-autoritaires. La voie communautaire représente en effet l'asphyxie politique de ceux qui, en refusant d'intégrer l'organisation politique qu'ils combattent, sont poussés à la marge. Ils et elles, ou du moins une bonne partie d'entre eux, enfermés dans leur impasse et accusé.e.s de vouloir subvertir ce qu'ils chérissent, percevront le jeu politique de la démocratie capitaliste comme rien d'autre qu'un instrument dissimulant la force brutale des élites. Par analogie avec leurs adversaires, ils pensent donc que seule la force brutale du « peuple » pourra y faire face, pour assainir le système et le tourner vers la vraie mission, naturellement fondée sur le ‘vrai' lien communautaire.

Nous sommes ici en pleine vision autoritaire, et à un pas du fascisme. Etre en communauté peut devenir désormais le projet politique en soi, ce qui dépend du nombre des participant.e.s frustré.e.s et des aléas politiques. Une humiliation ethnique, un scandale, un gouvernement ‘arrogant', un parti politique rompu à ces thèses de longue date, une crise économique, sociale ou sanitaire [8], un événement violent… peuvent contribuer de façon substantielle à l'évolution autoritaire, puis totalitaire sur le plan culturel et symbolique. L'utilisation de la force devient un droit de défense populaire et le pluralisme devient suspect.

Nous avons tracé ici très sommairement les conséquences d'une démocratie capitaliste trop bien organisée pour supporter des « intrus » d'origine populaire, et capable de les conduire à la marge en les radicalisant. Cette configuration ressemble beaucoup à ce que prétendent les études sur le déclenchement des carrières déviantes violentes à partir d'une quête de justice [9] et cette ressemblance est due à la même dynamique, produite par l'indignation suffoquée. Les résultats des récentes élections françaises et les tensions qui traversent l'Europe et les Etats-Unis actuellement, devraient convaincre les classes supérieures qu'ouvrir le système politique en général, et électoral en particulier, est nécessaire, y compris pour leur propre survie à long terme. Sinon, un vent d'autoritarisme réussira là où des mouvements démocratiques ont échoué. La contraction du lien social parmi ceux qui ne peuvent devenir les individus concurrentiels et ouverts au changement mondialisé n'augure rien de positif, ni pour la démocratie capitaliste ni pour ceux qui cherchent à la remplacer par des régimes plus libres et égalitaires. Si la voie communautaire l'emporte, une opportunité sera remplacée par une tragédie au centre de laquelle se trouvera l'oppression violente.

Michalis Lianos


[1] Problème à quatre solutions, qualitativement différentes.

[2] Une première présentation de cette « jonction en T » a été proposée dans la série d'entretiens de l'auteur sur la Politique expérientielle .

[3] En restant à l'exemple des Gilets jaunes, les minorités ethnoraciales étaient favorables au mouvement sans s'y impliquer de façon explicite et en grand nombre.

[4] Toujours dans notre exemple, les Gilets jaunes, en prônant la déprofessionnalisation de la politique et l'utilisation fréquente des formes de démocratie directe pour la prise des décisions collectives, avaient développé très tôt une vision opposée non seulement au gouvernement, mais aussi aux partis politiques en général. Cela explique dans une grande mesure la longue persévérance de leurs « actes » pendant très longtemps, en dépit de l'attrition flagrante et croissante subie par le mouvement.

[5] V. par exemple ici comment cette posture d'obstination refoulée peut contribuer de façon critique à des changements de grande échelle.

[6] Pour une analyse approfondie, v. ici.

[7] Les Gilets jaunes sont tombés sous cette critique en dépit de leur refus de déléguer leurs décisions collectives, de leurs assemblées constantes, et de leur demande d'un mode de décision référendaire ; en somme, de leur attachement ardant au principe de la majorité absolue.

[8] L'exemple du comté de Shasta, enclave rurale en Californie progressiste et mondialisée, montre comment des dynamiques de conflit peuvent s'enclencher à partir d'une cause aléatoire.

[9] Pour une analyse très convaincante sur ce plan, v. les travaux de Donald Black sur la structure sociale d'avoir raison ou tort et de Mark Cooney sur le côté sombre de la communauté.

Le tétralemme révolutionnaire et la tentation autoritaire

Par : dev
10 juin 2024 à 11:37

Hier soir, Michalis Lianos nous envoie un laconique « comme prévu » accompagné du lien de son article de septembre 2022. Il nous paraît essentiel de le rééditer aujourd'hui pour comprendre le schéma général dans lequel s'inscrit le devenir de la situation politique actuelle. Il s'agit d'une sociologie des quatre solutions ou issues d'une séquence à fond révolutionnaire : il se trouve que la solution choisie par le problème présent semble être « la voie communautaire » - populiste et fasciste. La finesse de son analyse permet de sentir ce qui s'est inversé et perdu depuis les Gilets Jaunes.

Le centre politique se contracte. Citoyen.ne.s et analystes n'avaient pas compris que le supposé triomphe de la « République en Marche » en 2017 était en effet la conséquence d'une réalité pourtant évidente : même la magie omnipotente d'un système ‘majoritaire' ne pouvait plus entretenir deux partis politiques centristes qui pourraient prétendre au pouvoir. Le centre s'effondrait sous les applaudissements des centristes de droite et de gauche, enivrés par leur vision modernisatrice, supposée performante, autant sur le plan social que sur le plan gestionnaire.

Sans surprise, les augures de grands changements dynamisants ont été démentis sur le plan social. Mais cela a ajouté aux attentes déçues d'une couche de population qui observait cette fois les évolutions avec un vrai espoir et un instinct de survie activé. Porteurs de l'identité du « peuple », les Gilets jaunes ont démontré par leur présence que la partie populaire des consentants à l'alternance partisane au gouvernement, mettait désormais fin à sa tolérance. Les classes modestes qui tenaient à ‘vivre dignement de leur travail', sans assistance et avec la fierté de pouvoir influencer sensiblement le sort du pays, comprenaient maintenant qu'elles n'étaient plus indispensables à cette nouvelle recomposition bourgeoise. Comme les couches prolétaires, précaires et ségréguées, les ‘inclus' populaires devenaient désormais périphériques pour le nouveau pacte politique des classes urbaines aisées, et ceux qui aspiraient à y appartenir. La scission entre « le peuple » et « les individus » s'est confirmée. L'histoire s'est accélérée.

Elle s'est accélérée de façon parfaitement attendue, car il faut penser que le tétralemme [1] auquel fait face chaque mouvement sociopolitique radical est clair. On peut le représenter par ce schéma :

Cette représentation [2] condense l'évolution possible des mouvements sociaux à visée structurelle, c'est-à-dire, demandant un changement politique structurel plutôt que s'opposant à une mesure ou un domaine sociopolitique précis (par exemple, à un amendement du code du travail ou à un type de discrimination). Aussi, ce schéma s'applique seulement à des pays connaissant une gouvernance politique plus ou moins démocratique. Il permet de décrire rapidement où ces pays se trouvent aujourd'hui en termes de potentiel sociopolitique et quels sont les espoirs et les risques qui les entourent.

Révolution et violence

Notre point de départ doit être inévitablement le point le plus improbable, à savoir la réussite directe d'un mouvement social conduisant à un « changement structurel ». Le terme est choisi pour signifier un changement qui dépasse les bornes d'une « crise gouvernementale », en ce sens qu'il s'agit d'une modification de l'architecture institutionnelle, donc du mode de gouvernance politique d'une société. S'il est impossible de prévoir les formes d'une telle modification, il est aisé de la définir par une seule caractéristique, à savoir qu'un mouvement social à visée structurelle parvienne à inaugurer une nouvelle organisation du pouvoir dans une société. Dans le cas des Gilets jaunes, cela signifierait, par exemple, la fin des représentants politiques de carrière et le recours systématique à des formes de démocratie directe (le fameux « RIC »).

Nous ne nous occuperons pas ici des probabilités de chaque issue, mais il est facile de comprendre qu'un changement de cet ordre n'est pas très probable. Cependant, l'impossibilité d'y accéder prend plusieurs formes, notamment du point de vue de la perception des participant.e.s au mouvement social concerné. Un des aspects très intéressants de l'échec à aboutir au changement structurel est l'interprétation des faits par les parties impliquées. Il s'agit d'un angle mort en ce qui concerne à la fois la politique et la recherche. La concentration sur « le résultat » du conflit produit une représentation binaire dans laquelle les vainqueurs conservent le pouvoir et le mouvement perdant occupe sa place précédente. Ce ‘résultisme' est en vérité un puissant effet du pouvoir lui-même, qui focalise les regards sur la victoire en faisant ainsi penser que la question est tranchée, résolue.

Or, contrairement à la victoire, la défaite, oblige à une posture de discontinuité. On doit interpréter le conflit d'une façon qui explique pourquoi les porteurs du pouvoir établi sont parvenus à le conserver. En le faisant, on réaménage la compréhension politique de soi et des autres, à savoir, on réinterprète la société et son fonctionnement politique. Ici, la vision de tunnel conflictuelle se transforme en considération à 360 degrés. Chaque participant.e évolue ainsi vers une perception de la nature du pouvoir et des moyens qui ont permis sa continuité. Et parmi ces moyens, rien ne domine la perception autant que la violence, outil ultime de négociation. Son utilisation-même fait penser naturellement que si cet ultime moyen n'était pas utilisé, le mouvement aurait pu parvenir à ses objectifs, donc au changement structurel.

Deux conclusions peuvent être tirées à cette étape. Premièrement, un mouvement à visée structurelle quand il considère le cadre de son échec, ne ressemble pas du tout à un autre type de mouvement, à visée spécifique. Pour résumer cette particularité, nous pouvons dire que les mouvements à visée spécifique se focaliseront sur les aspects tactiques et conjoncturels de leur échec, car la lutte autour d'une mesure ou une condition spécifique, concerne par définition la relativité d'un « rapport des forces favorable », comme on le dit souvent dans les rangs des organisations qui animent ce genre de mouvement. Les participant.e.s savent que leurs adversaires ne luttent pas pour leur survie, et placent ainsi leur compréhension de l'échec dans le cadre d'une lutte continue dont ils ont perdu une étape. Dans ce cadre, l'issue normale est de persévérer à défier les pouvoirs établis en rassemblant plus de soutien et en améliorant sa tactique.
Il en va autrement pour un mouvement à visée structurelle. Ses participant.e.s ont conscience que répéter leur approche n'est ni possible ni souhaitable. Non seulement les traces de l'échec sont indélébiles et rendent une nouvelle mobilisation d'ampleur structurelle improbable, mais il est impossible de développer une capacité de violence comparable à celle de l'adversaire.

Deuxièmement, un tel mouvement confronté à la violence, ne dispose pas d'issue idéologique évidente. Car, justement en émergeant, il aura nécessairement rassemblé, de façon explicite ou implicite, le soutien de tous ceux qui souhaitent un changement structurel [3], et se composera par définition des tendances qui n'adhérent pas à un positionnement idéologique précédent. Si tel était le cas, il aurait par là-même été intégré dans la configuration politique établie en devenant ainsi un mouvement à visée partisane spécifique. Il existe donc un vacuum dans lequel les participant.e.s d'un mouvement à visée structurelle pensent, et se pensent, après leur échec. Dans ce cadre ils et elles devront considérer la suite.

Obstination et retrait

La suite peut comprendre un certain degré de persévérance, notamment pour la minorité des participant.e.s ayant pensé le mouvement non pas simplement comme une force de renversement du statu quo, mais comme un levier pour l'émergence d'une réalité sociopolitique précise. De ce fait, ces participant.e.s peuvent difficilement adhérer à des voies appartenant au spectre politique établi ; par conséquent, la persévérance est leur seule voie pour absorber l'échec sans avoir le sentiment de trahir leur propre engagement. Hormis la survenance d'un changement aléatoire favorable, il s'agira ici d'une impasse exprimée par l'obstination. Plus le mouvement est original, donc étranger à la configuration établie, et plus la fréquence et la durée de l'obstination seront importantes ; car, il sera difficile pour les participant.e.s attaché.e.s aux valeurs spécifiques du mouvement de trouver un refuge idéologique auprès des acteurs déjà présents [4].Cette obstination peut bien faire émerger des postures oppositionnelles qui restent marginales sans s'associer à des courants de pensée ou d'action identifiés. In fine, elles se joindront à la masse des postures qui parcourront leur environnement afin de trouver une condition plus ou moins compatible avec la transformation individuelle subie en conséquence de la participation au mouvement.

Notons ici que la posture de l'obstination, malheureusement ignorée par la recherche en sciences sociales, est une condition des plus fréquentes dans une société où l'individuation s'approfondit à vue d'œil [5]. L'individu se considérant comme une force politique en soi, affranchi des cadres prédéterminés et capable de choisir ses préférences à la carte, procède de façon indépendante à l'ajustement de son intégration sociopolitique. Ainsi, il ou elle se trouve guidé.e par la conjoncture qui l'entoure en explorant la compatibilité de ses choix individuels avec les courants socioculturels qui traversent son environnement. Cela ne signifie pas que chaque participant.e en retrait du mouvement, fluctue de façon aléatoire sur les diverses vagues postindustrielles, mais i.elle navigue dans ces eaux en gardant un cap plus ou moins déterminé et en rapport avec la conjoncture. Il s'agit ici d'un processus de normalisation progressive qui rebat les cartes des postures politiques en influençant aussi bien celles et ceux qui ont éprouvé l'échec du mouvement, mais aussi les environnements qu'ils et elles peuvent influencer par l'expression de leurs avis. La normalisation conjoncturelle est donc une réserve de contestation, capable aussi bien d'alimenter des oppositions à visée spécifique que de verser à terme dans les deux autres grands courants auquel l'échec du mouvement donne lieu.

Mise à jour idéologique

Pour la majorité des acteurs, toujours et partout, les voies ouvertes déterminent les directions possibles. Si un mouvement a produit un certain impact public, les forces politiques et les acteurs qui les portent adaptent leurs discours et pratiques. La sphère politique postindustrielle est structurellement orientée vers la démocratie représentative, fortement frelatée par des systèmes électoraux non proportionnels, capables de produire des gouvernements jouissant d'une majorité parlementaire. Transformer une minorité en majorité absolue, implique presque toujours un avantage pour des positionnements relativement conservateurs. Car, l'existence même d'un système où les citoyens ont leur mot à dire, signifie souvent qu'une majorité souhaite sa continuité, ou du moins la tolère. Dans le cas contraire, il s'agit de ce que l'on appelle une « crise », à savoir une mise à nue de la non représentativité gouvernementale, ou du moins, une critique du pacte qui conduit à sa tolérance.

Pour les participants d'un mouvement à visée horizontale qui a réussi à générer une crise mais échoué à provoquer un changement structurel, les forces critiques déjà établies représentent un véritable salut. Lors du mouvement, et à l'aune de son influence, ces forces auront ajusté leur discours afin de bénéficier de sa dynamique critique et, dans la mesure du possible, l'instrumentaliser en augmentant leur propre influence. On peut aisément séparer ces forces critiques en deux camps, déterminés respectivement par leur priorité idéologique ou communautaire. Pour nos besoins ici, donnons une définition lapidaire de ces caractéristiques. La caractéristique idéologique concerne un cadre normatif qui devrait s'appliquer à la vie collective humaine, toujours et partout ; donc, un ensemble de projections, y compris politiques, prétendant à une validité externe à la collectivité concernée. En revanche, la caractéristique communautaire puise son cadre normatif à l'intérieur du lien collectif, qui devient la raison d'être de ce cadre et le socle de sa projection politique. Les deux camps possèdent bien sûr les deux caractéristiques, idéologiques et communautaires, mais ce qui les distinguent est la priorité donnée à l'une de ces deux caractéristiques.

La voie idéologique est donc ouverte après l'échec, à deux conditions. Premièrement, l'existence d'un acteur établi, par exemple un mouvement ou un parti politique, assez critique envers le gouvernement pour accepter tacitement qu'un changement structurel serait légitime. Ceci implique donc que cette critique traverse plusieurs domaines ; par exemple, les domaines économique, social, environnemental, etc. Deuxièmement, il est nécessaire que cet acteur établi n'ait pas exprimé d'opposition au mouvement ou qu'il ait montré une sympathie pour sa cause, voire un certain soutien. La rencontre est ainsi mutuellement souhaitable. Pour l'acteur établi, le bénéfice est majeur et multiple. S'il s'agit d'un parti politique, l'avantage électoral est évident. Mais en tout état de cause, le fait que les participants d'un mouvement majeur s'y intègrent en grand nombre renouvelle les lettres de noblesse de radicalité de l'acteur établi en le consacrant en tant que porteur authentique des demandes critiques venant spontanément de la société. Pour les participants du mouvement ayant échoué, le rapprochement constitue un compromis salutaire, en ce qu'il permet de « continuer la lutte » et ne pas être obligé de faire face à l'échec. En s'appropriant cette continuité comme une mise à jour idéologique, on transforme un échec net en réussite relative, puisque la critique du système se trouve augmentée. De plus, cela permet de conserver l'identité symbolique du mouvement. Cette posture est représentée dans notre exemple par l'entrée croissante des membres de la France Insoumise et du Nouveau Parti Anticapitaliste dans le mouvement des Gilets Jaunes quand ce dernier commençait à s'affaiblir, et le refuge idéologique et électoral que plusieurs membres des Gilets Jaunes ont trouvé auprès de la France Insoumise. Il est important de noter ici que ce choix – qui écarte des acteurs au discours plus historique ou théorisé, et moins spécifiquement anti-gouvernemental, tels que le NPA ou le PCF – marque la préférence pour maintenir l'espoir déçu d'un changement structurel imminent, d'un renversement rapide qui constituerait non seulement une mutation profonde mais aussi une démonstration de force ; autrement dit, une victoire qui laverait l'affront des sacrifices non récompensés lors du mouvement.

La voie communautaire

La priorité donnée au lien collectif est profondément significative en général, et cruciale dans les dynamiques du conflit [6]. Elle présente l'attrait d'une posture fondée sur une opposition bien plus ‘personnelle' que la voie idéologique, car au lieu de diluer les participants du mouvement dans des catégories sociopolitiques abstraites et durables dans le temps (par exemple, la « classe »), elle leur permet de lutter ‘en tant qu'eux-mêmes' en maintenant le lien qui les identifie. Ainsi, ils et elles évitent la perte de leur identité, donc la perte de leur rapport à la lutte qui les a constitué.e.s en collectivité. Préserver ce lien est important à plusieurs titres.
Premièrement, on circonscrit la collectivité du mouvement en le situant dans le cadre exclusif de son action, et on garantit ainsi la continuité de sa visée horizontale et de son ambition révolutionnaire.
Deuxièmement, le principe identitaire de la collectivité permet aux participants qui ont rejoint le mouvement en tant que « révolutionnaires », sans appartenance idéologique ou politique précédente, ou en dépassant cette appartenance, à maintenir cette position et à se passer de tout examen réflexif de leur opposition au pouvoir établi.
Troisièmement, il permet l'intégration « en ses propres termes » tout en permettant le soutien à un acteur établi, notamment tout acteur politique dont le lien fondateur est aussi communautaire. Car, l'avantage des collectivités à fondement identitaire, c'est-à-dire des communautés, est à la fois d'être animées par définition d'une volonté de renversement de tout ordre ne priorisant pas l'appartenance identitaire, et de pouvoir associer à leur action toute communauté qui se reconnaît dans ce projet de renversement. Du moment où cette communauté est en conflit avec l'ordre établi et ne suit pas de cadre idéologique mettant en péril la priorité du lien communautaire, l'association est possible.

En même temps, cette association se fait au prix de la radicalisation communautaire, c'est-à-dire de la ligne de faille entre « nous » et « eux ». Cela implique une redéfinition continue des ‘autres', qui s'opposent au projet communautaire, ou l'entravent en suivant des voies alternatives ou en étant inertes. L'avantage structurel de la dimension communautaire est de ne jamais se pencher de façon critique sur soi-même, car le sens du lien communautaire est l'appartenance, qui se suffit à elle-même.

La voie communautaire est donc la seule voie qui permet la poursuite ‘pure' du projet révolutionnaire. Elle ne le frelate pas pour renforcer une quête de pouvoir existante, et elle n'élimine pas son identité fondatrice. Elle est aussi compatible en parallèle avec la posture d'obstination, car un mouvement identitaire plus large n'entrave pas les protestations des groupes autonomes. Son attrait est ainsi particulièrement fort pour un.e participante.e ayant certaines caractéristiques, tels que les suivantes :

1- Cherche une rupture structurelle nette.
2- Souhaite que cette rupture soit attribuable sur le plan de l'identité du mouvement et du pouvoir établi, c'est-à-dire à « nous » dans notre lutte contre « eux ».
3 - Identifie politiquement les autres par leur degré de soutien au projet de changement structurel.

La combinaison de telles caractéristiques, oriente inévitablement vers les forces qui se réclament de la discontinuité sociopolitique en justifiant leur projet sur le plan des droits d'une communauté, plus que sur une critique sociale civique. Il est facile de comprendre que cette voie rencontre de façon croissante depuis la seconde guerre mondiale l'accusation de « populisme », voire de « fascisme ». Les forces associées au fonctionnement de la démocratie capitaliste postindustrielle, le fameux « front républicain », sont obligées de constituer leur présence sur la nécessité de la gouvernance efficace, fut-elle toujours minoritaire. En transformant ainsi le sens de la démocratie, elles ne disposent plus de la légitimation démocratique évidente, irréfragablement liée à la majorité. Par conséquent, leur critique face aux forces qui se présentent comme une communauté légitime (le « peuple ») ne peut être qu'une défense sur la nature de la démocratie, par un discours qui exclue ces outsiders en tant qu'antidémocrates ! [7] La dynamique peu logique mais bien politique ainsi enclenchée, conduit à la validation de la démocratie sur la sphère publique non pas par la participation mais par la médiation des institutions – contre lesquelles le mouvement se dresse – en ne laissant à ce dernier que la possibilité de se penser en tant que « peuple » luttant contre l'oligarchie, et d'expliciter en conséquence de plus en plus cette position dans ses représentations publiques. C'est un glissement légitime, mais fatal sur le plan tactique, car il donne aux forces établies la possibilité de porter l'accusation de « populisme », c'est-à-dire de représenter la communauté des participant.e.s, et par extension le mouvement entier, en tant qu'usurpateur ; usurpateur du corps civique, de la politie dans sa totalité, et – par conséquent – menace directe pour toutes les catégories sociales de cette politie qui n'appartiennent pas au mouvement. A partir de ce point, la voie communautaire entre dans le piège de sa propre radicalisation. Plus elle se tourne vers son lien communautaire et son identité de « peuple » et plus elle se soumet à la délégitimation par ses adversaires en s'auto-suffocant.

Nous sommes ici à l'origine de la dynamique autoritaire issue des mouvements fermement démocratiques et anti-autoritaires. La voie communautaire représente en effet l'asphyxie politique de ceux qui, en refusant d'intégrer l'organisation politique qu'ils combattent, sont poussés à la marge. Ils et elles, ou du moins une bonne partie d'entre eux, enfermés dans leur impasse et accusé.e.s de vouloir subvertir ce qu'ils chérissent, percevront le jeu politique de la démocratie capitaliste comme rien d'autre qu'un instrument dissimulant la force brutale des élites. Par analogie avec leurs adversaires, ils pensent donc que seule la force brutale du « peuple » pourra y faire face, pour assainir le système et le tourner vers la vraie mission, naturellement fondée sur le ‘vrai' lien communautaire.

Nous sommes ici en pleine vision autoritaire, et à un pas du fascisme. Etre en communauté peut devenir désormais le projet politique en soi, ce qui dépend du nombre des participant.e.s frustré.e.s et des aléas politiques. Une humiliation ethnique, un scandale, un gouvernement ‘arrogant', un parti politique rompu à ces thèses de longue date, une crise économique, sociale ou sanitaire [8], un événement violent… peuvent contribuer de façon substantielle à l'évolution autoritaire, puis totalitaire sur le plan culturel et symbolique. L'utilisation de la force devient un droit de défense populaire et le pluralisme devient suspect.

Nous avons tracé ici très sommairement les conséquences d'une démocratie capitaliste trop bien organisée pour supporter des « intrus » d'origine populaire, et capable de les conduire à la marge en les radicalisant. Cette configuration ressemble beaucoup à ce que prétendent les études sur le déclenchement des carrières déviantes violentes à partir d'une quête de justice [9] et cette ressemblance est due à la même dynamique, produite par l'indignation suffoquée. Les résultats des récentes élections françaises et les tensions qui traversent l'Europe et les Etats-Unis actuellement, devraient convaincre les classes supérieures qu'ouvrir le système politique en général, et électoral en particulier, est nécessaire, y compris pour leur propre survie à long terme. Sinon, un vent d'autoritarisme réussira là où des mouvements démocratiques ont échoué. La contraction du lien social parmi ceux qui ne peuvent devenir les individus concurrentiels et ouverts au changement mondialisé n'augure rien de positif, ni pour la démocratie capitaliste ni pour ceux qui cherchent à la remplacer par des régimes plus libres et égalitaires. Si la voie communautaire l'emporte, une opportunité sera remplacée par une tragédie au centre de laquelle se trouvera l'oppression violente.

Michalis Lianos


[1] Problème à quatre solutions, qualitativement différentes.

[2] Une première présentation de cette « jonction en T » a été proposée dans la série d'entretiens de l'auteur sur la Politique expérientielle .

[3] En restant à l'exemple des Gilets jaunes, les minorités ethnoraciales étaient favorables au mouvement sans s'y impliquer de façon explicite et en grand nombre.

[4] Toujours dans notre exemple, les Gilets jaunes, en prônant la déprofessionnalisation de la politique et l'utilisation fréquente des formes de démocratie directe pour la prise des décisions collectives, avaient développé très tôt une vision opposée non seulement au gouvernement, mais aussi aux partis politiques en général. Cela explique dans une grande mesure la longue persévérance de leurs « actes » pendant très longtemps, en dépit de l'attrition flagrante et croissante subie par le mouvement.

[5] V. par exemple ici comment cette posture d'obstination refoulée peut contribuer de façon critique à des changements de grande échelle.

[6] Pour une analyse approfondie, v. ici.

[7] Les Gilets jaunes sont tombés sous cette critique en dépit de leur refus de déléguer leurs décisions collectives, de leurs assemblées constantes, et de leur demande d'un mode de décision référendaire ; en somme, de leur attachement ardant au principe de la majorité absolue.

[8] L'exemple du comté de Shasta, enclave rurale en Californie progressiste et mondialisée, montre comment des dynamiques de conflit peuvent s'enclencher à partir d'une cause aléatoire.

[9] Pour une analyse très convaincante sur ce plan, v. les travaux de Donald Black sur la structure sociale d'avoir raison ou tort et de Mark Cooney sur le côté sombre de la communauté.

Dispositif média géo-localisé pour l’escape game rénovation de Brico Dépôt

14 juin 2024 à 11:20
Brico Dépôt, enseigne de bricolage du groupe britannique Kingfisher, lance « Mission rénovation », un escape game énergétique immersif et ludique. L’enseigne s’appuie sur Starcom, agence média de Publicis Media. Un escape game immersif que l’on peut découvrir du 14 (suite…)

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Devika – Votre ingénieur logiciel personnel

Par : Korben
11 juin 2024 à 09:00

Si vous voulez passer à la vitesse supérieur en terme de développement, voici un projet qui va vous intéresser. Cela s’appelle Devika et c’est un outil qui agit comme un véritable pair programmer, c’est à dire un « collègue » IA capable de comprendre des instructions complexes en langage naturel, de les décomposer en étapes, de rechercher les informations pertinentes et de générer du code fonctionnel pour atteindre l’objectif. Cela vient directement concurrencer le service Devin qui a buzzé y’a quelques temps sauf que c’est totalement open source.

Grâce à ses capacités avancées de traitement du langage naturel, cette « IA » peut interpréter vos instructions de haut niveau et les transformer en un plan d’action concret. Une fois le plan établi, elle se met au travail et utilise ses connaissances en programmation et ses capacités de recherche web pour trouver les informations dont elle a besoin pour mener à bien votre projet : Snippets de code, exemples de bonnes pratiques ou explications détaillées… A partir de ça, elle peut alors générer du code dans le langage de programmation de votre choix.

Pour l’installer, il vous faudra ollama, uv, bun et suivre le tuto suivant :

ollama serve
git clone https://github.com/stitionai/devika.git
cd devika/
uv venv
source .venv/bin/activate
uv pip install -r requirements.txt
playwright install --with-deps
cd ui/
bun install
bun run dev

Puis en parallèle :

python3 devika.py

Vous devrez ensuite vous connecter à http://localhost:3000/ et remplir toutes les clés API, de votre clé OpenAI, en passant par votre clé API Google / Bing…etc. Et ensuite vous pourrez commencer à bosser les agents de Devika.

L’un des aspects les plus impressionnants de Devika, c’est sa capacité à s’améliorer constamment grâce notamment à ses algorithmes d’apprentissage automatique. Elle apprend de chaque interaction avec les développeurs et de chaque projet sur lequel elle travaille, ainsi, plus elle est utilisée, plus elle devient efficace.

Bien sûr, comme toute technologie émergente, c’est pas encore parfait et surtout, ça soulève des questions : Comment s’assurer que le code généré par l’IA est sécurisé et sans bugs ? Comment l’intégrer dans des workflows de développement existants ? Est-ce qu’il faut licencier les développeurs qui passent plus de temps sur le site de Korben qu’à bosser ? Des questions existentielles, comme vous pouvez le voir…

Si vous êtes intéressé par ce projet et que vous souhaitez l’essayer par vous-même, rendez-vous sur le dépôt GitHub du projet.

Merci à Emrik pour le partage !

Un jeune sur cinq a déjà changé d’emploi pour des raisons écologiques

10 juin 2024 à 18:30

Les millennials et la génération Z sont de plus en plus préoccupés par les enjeux écologiques, influençant leurs choix professionnels. Selon le dernier rapport "Gen Z and Millennial Survey" du cabinet de conseil Deloitte.

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Projet de loi relatif au développement de l'offre de logements abordables

Intégration des logements intermédiaires dans la loi SRU, durcissement des surloyers en HLM, nouveaux pouvoirs conférés aux maires dans l'attribution des logements sociaux... Voici quelques mesures du projet de loi qui ambitionne d'apporter des réponses à la crise du logement en développant l'offre de logements abordables.

Proposition de loi visant à mieux indemniser les dégâts sur les biens immobiliers causés par le retrait-gonflement de l’argile

La proposition de loi vise à mieux indemniser les propriétaires de maisons fissurées, victimes du phénomène du retrait-gonflement des sols argileux. Ce phénomène, accentué par le réchauffement climatique, cause beaucoup de dégâts.
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