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- François Piquemal : « la rénovation urbaine se fait sans les habitants des quartiers populaires »
François Piquemal : « la rénovation urbaine se fait sans les habitants des quartiers populaires »
Il y a 20 ans naissait l’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine (ANRU). Créée pour centraliser toutes les procédures de réhabilitation des quartiers urbains défavorisés, elle promettait de transformer en profondeur la vie des habitants, notamment en rénovant des centaines de milliers de logements. Malgré les milliards d’euros investis, les révoltes urbaines de l’été 2023 ont démontré combien les « cités » restent frappées par la précarité, le chômage, l’insécurité et le manque de services publics. Comment expliquer cet échec ?
Pour le député insoumis François Piquemal, qui a visité une trentaine de quartiers en rénovation dans toute la France, la rénovation urbaine est réalisée sans prendre en compte les demandes des habitants et avec une obsession pour les démolitions, qui pose de grands problèmes écologiques et ne règle pas les problèmes sous-jacents. Il nous présente les conclusions de son rapport très complet sur la question et nous livre ses préconisations pour une autre politique de rénovation urbaine, autour d’une planification écologique et territoriale beaucoup plus forte. Entretien.
Le Vent Se Lève – Vous avez sorti l’an dernier un rapport intitulé « Allo ANRU », qui résume un travail de plusieurs mois mené avec vos collègues députés insoumis, basé sur une trentaine de visites de quartiers populaires concernés par la rénovation urbaine dans toute la France. Pourquoi vous être intéressé à ce sujet ?
François Piquemal – Il y a trois raisons pour moi de m’intéresser à la rénovation urbaine. D’abord, mon parcours politique débute avec un engagement dans l’association « Les Motivés » entre 2005 et 2008 à Toulouse, qui comptait des conseillers municipaux d’opposition (Toulouse est dirigée par la droite depuis 2001, à l’exception d’un mandat dominé par le PS entre 2008 et 2014, ndlr). C’est la période à laquelle l’ANRU est mise en place, suite aux annonces de Jean-Louis Borloo en 2003. Le hasard a fait que j’ai été désigné comme un des militants en charge des questions de logement, donc je me suis plongé dans le sujet.
Par ailleurs, j’ai une formation d’historien-géographe et j’ai beaucoup étudié la rénovation urbaine lorsque j’ai passé ma licence de géographie. Enfin, j’étais aussi un militant de l’association Droit au Logement (DAL) et nous avions de grandes luttes nationales sur la question de la rénovation urbaine, notamment à Grenoble (quartier de la Villeneuve) et à Poissy (La Coudraie). A Toulouse, la contestation des plans de rénovation urbaine est également arrivée assez vite, dans les quartiers du Mirail et des Izards, et je m’y suis impliqué.
Lorsque je suis devenu député en 2022, j’ai voulu poursuivre ces combats autour du logement. Et là, j’ai réalisé que l’ANRU allait avoir 20 ans d’existence et qu’il y avait très peu de travaux parlementaires sur le sujet. Bien sûr, il y a des livres, notamment ceux du sociologue Renaud Epstein, mais de manière générale, la rénovation urbaine est assez méconnue, alors même qu’elle est souvent critiquée, tant par des chercheurs que par les habitants des quartiers populaires. Donc j’ai décidé de m’emparer du sujet. J’en ai parlé à mes collègues insoumis et pratiquement tous ont des projets de rénovation urbaine dans leur circonscription. Certains connaissaient bien le sujet, comme Marianne Maximi à Clermont-Ferrand ou David Guiraud à Roubaix, mais la plupart avaient du mal à se positionner parmi les avis contradictoires qu’ils entendaient. Donc nous avons mené ce travail de manière collective.
LVSL – Ce sujet est très peu abordé dans le débat public, alors même qu’il s’agit du plus grand chantier civil de France. Les chiffres sont impressionnants : sur 20 ans, ce sont 700 quartiers et 5 à 7 millions de personnes, soit un Français sur dix, qui sont concernés. 165.000 logements ont été détruits, 142.000 construits, 410.000 réhabilités et 385.000 « résidentialisés », c’est-à-dire dont l’espace public environnant a été profondément transformé. Pourtant, les révoltes urbaines de l’été dernier nous ont rappelé à quel point les problèmes des quartiers en question n’ont pas été résolus. On entend parfois que le problème vient avant tout d’un manque de financement de la part de l’Etat. Partagez-vous cette analyse ?
F. P. – D’abord, les chiffres que vous venez de citer sont ceux du premier programme de l’ANRU, désormais terminé. Un second a été lancé depuis 2018, mais pour l’instant on dispose de peu de données sur celui-ci. Effectivement, lors de son lancement par Jean-Louis Borloo, la rénovation urbaine est présentée comme le plus grand chantier civil depuis le tunnel sous la Manche et les objectifs sont immenses : réduire le chômage et la précarité, renforcer l’accès aux services publics et aux commodités de la ville et combattre l’insécurité. On en est encore loin.
Ensuite, qui finance la rénovation urbaine ? Quand on regarde dans le détail, on se rend compte que l’Etat est peu présent, comme le montre un documentaire de Blast. Ce sont les collectivités locales et les bailleurs sociaux qui investissent, en plus du « 1% patronal » versé par les entreprises. Concernant l’usage de ces moyens, on a des fourchettes de coût pour des démolitions ou des reconstructions, mais là encore les chiffres varient beaucoup.
LVSL – Vous rappelez que les financements de l’Etat sont très faibles dans la rénovation urbaine. Pourtant, certains responsables politiques, comme Eric Zemmour, Jordan Bardella ou Sabrina Agresti-Roubache, secrétaire d’Etat à la ville de Macron, estiment que trop d’argent a été investi dans ces quartiers…
F. P. – C’est un discours que l’on entend souvent. Mais on ne met pas plus d’argent dans les quartiers populaires que dans d’autres types de territoires. Par exemple, on mentionne souvent le chiffre de 90 à 100 milliards d’euros en 40 ans, avec les douze plans banlieue qui se sont succédé depuis 1977. Dit comme ça, ça semble énorme. Mais en réalité, cela représente en moyenne 110€ par habitant et par an dans les quartiers de la politique de la ville (QPV), un chiffre inférieur aux montants dépensés pour les Français n’habitant pas en QPV. Néanmoins, nous manquons encore d’informations précises et j’ai posé une question au gouvernement pour avoir des chiffres plus détaillés.
LVSL – Parmi les objectifs mis en avant par l’ANRU dans les opérations qu’elle conduit, on retrouve tout le temps le terme de « mixité sociale ». Il est vrai que ces quartiers se sont souvent ghettoïsés et accueillent des populations très touchées par la pauvreté, le chômage et l’insécurité. Pour parvenir à cette fameuse mixité, il semble que l’ANRU cherche à gentrifier ces quartiers en y faisant venir des couches moyennes. Quel regard portez-vous sur cette façon d’assurer la « mixité sociale » ?
F. P. – D’abord, il faut questionner la notion même de mixité sociale. Ce concept, personne ne peut être contre. Mais chacun a une idée différente de comment y parvenir ! Pour la droite, la mixité sociale passe par le fait que les classes moyennes et populaires deviennent des petits propriétaires. Pour la gauche, c’est la loi SRU, c’est-à-dire l’obligation d’avoir 25% de logement public dans chaque commune, afin d’équilibrer la répartition sur le territoire national.
« L’imaginaire de la droite s’est imposé : aujourd’hui, vivre en logement public n’est pas perçu comme souhaitable, à tort ou à raison. »
Peu à peu, la gauche et la droite traditionnelles ont convergé, c’est ce que le philosophe italien Antonio Gramsci appelle le « transformisme ». En réalité, c’est surtout l’imaginaire de la droite s’est imposé : aujourd’hui, vivre en logement public n’est pas perçu comme souhaitable, à tort ou à raison. Ceux qui y vivent ou attendent un logement public ne voient cela que comme une étape dans leur parcours résidentiel, avant de devenir enfin petit propriétaire. Dès lors, habiter en logement public devient un stigmate de positionnement social et les quartiers où ce type de logement domine sont de moins en moins bien perçus.
Concrètement, ça veut dire que dans un quartier avec 50 ou 60% de logement public, la politique mise en œuvre pour parvenir à la mixité sociale est de faire de l’accession à la propriété, pour faire venir d’autres populations. Ca part d’un présupposé empreint de mépris de classe : améliorer la vie des personnes appartenant aux classes populaires passerait par le fait qu’elles aient des voisins plus riches. Comme si cela allait forcément leur amener plus de services publics ou de revenus sur leur compte en banque.
Quels résultats a cette politique sur le terrain ? Il a deux cas de figure. Soit, les acquéreurs sont soit des multi-propriétaires qui investissent et qui vont louer les appartements en question aux personnes qui étaient déjà là. C’est notamment ce que j’ai observé avec Clémence Guetté à Choisy-le-Roi. Soit, les nouveaux propriétaires sont d’anciens locataires du quartier, mais qui sont trop pauvres pour assumer les charges de copropriété et les immeubles se dégradent très vite. C’est un phénomène qu’on voit beaucoup à Montpellier par exemple. Dans les deux cas, c’est un échec car on reproduit les situations de précarité dans le quartier.

Ensuite, il faut convaincre les personnes qui veulent devenir petits propriétaires de s’installer dans ces quartiers, qui font l’objet de beaucoup de clichés. Allez dire à un Parisien de la classe moyenne d’aller habiter à la Goutte d’Or (quartier populaire à l’est de Montmartre, ndlr), il ne va pas y aller ! C’est une impasse. Rendre le quartier attractif pour les couches moyennes demande un immense travail de transformation urbanistique et symbolique. Très souvent, la rénovation urbaine conduit à faire partir la moitié des habitants d’origine. Certes, sur le papier, on peut trouver 50% de gens qui veulent partir, mais encore faut-il qu’ils désirent aller ailleurs ! Or, on a souvent des attaches dans un quartier et les logements proposés ailleurs ne correspondent pas toujours aux besoins.
Donc pour les faire quitter le quartier, la « solution » est en général de laisser celui-ci se dégrader jusqu’à ce que la vie des habitants soit suffisamment invivable pour qu’ils partent. Par exemple, vous réduisez le ramassage des déchets ou vous laissez les dealers prendre le contrôle des cages d’escaliers.
LVSL – Mais cet abandon, c’est une politique délibérée des pouvoirs publics, qu’il s’agisse de l’ANRU ou de certaines mairies ? Ou c’est lié au fait que la commune n’a plus les moyens d’assurer tous les services ?
F. P. – Dans certains quartiers de Toulouse, que je connais bien, je pense que cet abandon est un choix délibéré de la municipalité et de la métropole. Par exemple, dans le quartier des Izards, il y avait un grand immeuble de logement public, certes vieillissant, mais qui pouvait être rénové. Il a été décidé de le raser. Or, beaucoup d’habitants ne voulaient pas partir, notamment les personnes âgées. Dans le même temps, d’autres appartements étaient vides. Certains ont été squattés par des réfugiés syriens, avant que le bailleur ne décide de payer des agents de sécurité pour les expulser. Par contre, ces agents laissaient sciemment les dealers faire leur business dans le quartier !
« Très souvent, la rénovation urbaine conduit à faire partir la moitié des habitants d’origine. »
Dans d’autres cas, le bailleur décide tout simplement d’abandonner peu à peu un immeuble voué à la démolition. Donc ils vont supprimer un concierge, ne pas faire les rénovations courantes etc. Et on touche là à un grand paradoxe de la rénovation urbaine : en délaissant certains immeubles, on dégrade aussi l’image du quartier dans lequel on souhaite faire venir des personnes plus aisées.
LVSL – Il semble aussi que la « mixité sociale » soit toujours entendue dans le même sens : on essaie de faire venir ces ménages plus aisés dans les quartiers défavorisés, mais les ghettos de riches ne semblent pas poser problème aux pouvoirs publics…
F. P. – En effet, il y a une grande hypocrisie. Faire venir des habitants plus riches dans un quartier prioritaire, pourquoi pas ? Mais où vont aller ceux qui partent ? Idéalement, ils visent un quartier plus agréable, qui a une meilleure réputation. Sauf que beaucoup de maires choisissent de ne pas respecter la loi SRU et de maintenir une ségrégation sociale. Résultat : les bailleurs sociaux ne peuvent souvent proposer aux personnes à reloger que des appartements trop chers ou inadaptés à leurs besoins.
Donc on les déplace dans d’autres endroits, qui deviennent de futurs QPV. A Toulouse par exemple, beaucoup des personnes délogées par les programmes de rénovation urbaine sont envoyées au quartier Borderouge, un nouveau quartier avec des loyers abordables. Sauf que les difficultés sociales de ces personnes n’ont pas été résolues. Donc cela revient juste à déplacer le problème.
LVSL – Ces déplacements de population sont liés au fait que les programmes de rénovation urbaine ont un fort ratio de démolitions. Bien sûr, il y a des logements insalubres trop compliqués à rénover qu’il vaut mieux détruire, mais beaucoup de démolitions ne semblent pas nécessaires. Pensez-vous que l’ANRU a une obsession pour les démolitions ?
F. P. – Oui. C’est très bien montré dans le film Bâtiment 5 de Ladj Ly, dont la première scène est une démolition d’immeubles devant les édiles de la ville et les habitants du quartier. Je pense que l’ANRU cherchait à l’origine un effet spectaculaire : en dynamitant un immeuble, on montre de manière forte que le quartier va changer. C’est un acte qui permet d’affirmer une volonté politique d’aller jusqu’au bout, de vraiment faire changer le quartier en reconstruisant tout.
Mais deux choses ont été occultées par cet engouement autour des démolitions. D’abord, l’attachement des gens à leur lieu de vie. C’est quelque chose qu’on retrouve beaucoup dans le rap, par exemple chez PNL ou Koba LaD, dont le « bâtiment 7 » est devenu très célèbre. Ce lien affectif et humain à son habitat est souvent passé sous silence.
L’autre aspect qui a été oublié, sans doute parce qu’on était en 2003 lorsque l’ANRU a été lancée, c’est le coût écologique de ces démolitions. Aujourd’hui, si un ministre annonçait autant de démolitions et de reconstructions, cela soulèverait beaucoup de débats. A Toulouse, le commissaire enquêteur a montré dans son rapport sur le Mirail à quel point démolir des immeubles fonctionnels, bien que nécessitant des rénovations, est une hérésie écologique. A Clermont-Ferrand, ma collègue Marianne Maximi nous a expliqué qu’une part des déchets issus des démolitions s’est retrouvée sur le plateau de Gergovie, où sont conduites des fouilles archéologiques.
LVSL – Maintenant que les impacts de ces démolitions, tant pour les habitants que pour l’environnement, sont mieux connus, l’ANRU a-t-elle changé de doctrine ?
F. P. – C’est son discours officiel, mais pour l’instant ça ne se vérifie pas toujours dans les actes. J’attends que les démolitions soient annulées pour certains dossiers emblématiques pour y croire. Le quartier de l’Alma à Roubaix est un très bon exemple : les bâtiments en brique sont fonctionnels et superbes d’un point de vue architectural. Certains ont même été refaits à neuf durant la dernière décennie, pourquoi les détruire ?
Maintenir ces démolitions est d’autant plus absurde que ces quartiers sont plein de savoir-faire, notamment car beaucoup d’habitants bossent dans le secteur du BTP. Je le vois très bien au Mirail à Toulouse : dans le même périmètre, il y a l’école d’architecture, la fac de sciences sociales, plein d’employés du BTP, une école d’assistants sociaux et un gros vivier associatif. Pourquoi ne pas les réunir pour imaginer le futur du quartier ? La rénovation urbaine doit se faire avec les habitants, pas sans eux.
LVSL – Vous consacrez justement une partie entière du rapport aux perceptions de la rénovation urbaine par les habitants et les associations locales, que vous avez rencontré. Sauf exception, ils ne se sentent pas du tout écoutés par les pouvoirs publics et l’ANRU. L’agence dit pourtant chercher à prendre en compte leurs avis…
F. P. – Il y a eu plein de dispositifs, le dernier en date étant les conseils citoyens. Mais ils ne réunissent qu’une part infime de la population des quartiers. Parfois les membres sont tirés au sort, mais on ne sait pas comment. En fait le problème, c’est que l’ANRU est un peu l’Union européenne de l’urbanisme. Tout décideur politique peut dire « c’est pas moi, c’est l’ANRU ». Or, les gens ne connaissent pas l’agence, son fonctionnement etc. Plusieurs entités se renvoient la balle, tout est abstrait, et on ne sait plus vers qui se tourner. Cela crée une vraie déconnexion entre les habitants et les décisions prises pour leur quartier. La rénovation se fait sans les habitants et se fait de manière descendante. Même Jean-Louis Borloo qui en est à l’origine en est aujourd’hui assez critique.
« L’ANRU est un peu l’Union européenne de l’urbanisme. Plusieurs entités se renvoient la balle, tout est abstrait, et on ne sait plus vers qui se tourner. »
A l’origine, les habitants ne sont pas opposés à la rénovation de leur quartier. Mais quand on leur dit que la moitié vont devoir partir et qu’ils voient les conditions de relogement, c’est déjà moins sympa. Pour ceux qui restent, l’habitat change, mais les services publics sont toujours exsangues, la précarité et l’insécurité sont toujours là etc. Dans les rares cas où la rénovation se passe bien et le quartier s’améliore, elle peut même pousser les habitants historiques à partir car les loyers augmentent. Mais ça reste rare : la rénovation urbaine aboutit bien plus souvent à la stagnation qu’à la progression.
LVSL – L’histoire de la rénovation urbaine est aussi celle des luttes locales contre les démolitions et pour des meilleures conditions de relogement. Cela a parfois pu aboutir à des référendums locaux, soutenus ou non par la mairie. Quel bilan tirez-vous de ces luttes ?
F. P. – D’abord ce sont des luttes très difficiles. Il faut un niveau d’information très important et se battre contre plusieurs collectivités plus l’ANRU, qui vont tous se renvoyer la balle. Le premier réflexe des habitants, c’est la résignation. Ils se disent « à quoi bon ? » et ne savent pas par quel bout prendre le problème. En plus, ces luttes débutent souvent lorsqu’on arrive à une situation critique et que beaucoup d’habitants sont déjà partis, ce qui est un peu tard.
« Le premier réflexe des habitants, c’est la résignation. »
Il y a tout de même des exemples de luttes victorieuses comme la Coudraie à Poissy ou, en partie, la Villeneuve à Grenoble. Même pour l’Alma de Roubaix ou le Mirail de Toulouse, il reste de l’espoir. Surtout, ces luttes ont montré les impasses et les absurdités de la rénovation urbaine. La bataille idéologique autour de l’ANRU a été gagnée : aujourd’hui, personne ne peut dire que cette façon de faire a fonctionné et que les problèmes de ces quartiers ont été résolus. Certains en tirent comme conclusion qu’il faut tout arrêter, d’autres qu’il faut réformer l’ANRU.
LVSL – Comment l’agence a-t-elle reçu votre rapport ?
F. P. – Pas très bien. Ils étaient notamment en désaccord avec certains chiffres que nous citons, mais on a justement besoin de meilleures informations. Au-delà de cette querelle, je sais qu’il y a des personnes bien intentionnées à l’ANRU et que certains se disent que l’existence de cette agence est déjà mieux que rien. Certes, mais il faut faire le bilan économique, écologique et humain de ces 20 ans et réformer l’agence.
Jean-Louis Borloo est d’accord avec moi, il voit que la rénovation urbaine seule ne peut pas résoudre les problèmes de ces quartiers. Il l’avait notamment dit lors de l’appel de Grigny (ville la plus pauvre de France, ndlr) avec des maires de tous les horizons politiques. Je ne partage pas toutes les suggestions de Borloo, mais au moins la démarche est bonne. Mais ses propositions ont été enterrées par Macron dès 2018…
LVSL – Justement, quelles répercussions votre rapport a-t-il eu dans le monde politique ? On en a très peu entendu parler, malgré les révoltes urbaines de l’été dernier…
F. P. – Oui, le rapport Allo ANRU est sorti en avril 2023 et l’intérêt médiatique, qui reste limité, n’est arrivé qu’avec la mort de Nahel. Cela montre à quel point ce sujet est délaissé. Sur le plan politique, je souhaite mener une mission d’information pour boucler ce bilan de l’ANRU et pouvoir interroger d’autres personnes que nous n’avons pas pu rencontrer dans le cadre de ce rapport. Je pense à des associations, des collectifs d’habitants, des chercheurs, des élus locaux, Jean-Louis Borloo…
Tous ces regards sont complémentaires. Par exemple, l’avis d’Eric Piolle, le maire de Grenoble, était intéressant car il exprimait la position délicate d’une municipalité prise entre le marteau et l’enclume (les habitants de la Villeneuve s’opposent aux démolitions, tandis que l’ANRU veut les poursuivre, ndlr). Une fois le constat terminé, il faudra définir une nouvelle politique de rénovation urbaine pour les deux prochaines décennies.

LVSL – Concrètement, quelles politiques faudrait-il mettre en place ?
F. P. – Des mesures isolées, comme l’encadrement à la baisse des loyers (réclamé par la France Insoumise, ndlr), peuvent être positives, mais ne suffiront pas. A minima, il faut être intraitable sur l’application de la loi SRU, pour faire respecter partout le seuil de 25% de logement public. On pourrait aussi réfléchir à imposer ce seuil par quartier, pour éviter que ces logements soient tous concentrés dans un ou deux quartiers d’une même ville.
Ensuite, il faut changer la perception du logement public, c’est d’ailleurs pour cela que je préfère ce terme à celui de « logement social ». 80% des Français y sont éligibles, pourquoi seuls les plus pauvres devraient-ils y loger ? Je comprends bien sûr le souhait d’être petit propriétaire, mais il faut que le logement public soit tout aussi désirable. C’est un choix politique : le logement public peut être en pointe, notamment sur la transition écologique. Je prends souvent l’exemple de Vienne, en Autriche, où il y a 60% de logement public et qui est reconnue comme une ville où il fait bon vivre.
Pour y parvenir, il faudra construire plus de logements publics, mais avec une planification à grande échelle, comme l’avait fait le général de Gaulle en créant la DATAR en 1963. Mais cette fois-ci, cette planification doit être centrée sur des objectifs écologiques, ce qui implique notamment d’organiser la démétropolisation. Il faut déconcentrer la population, les emplois et les services des grands centres urbains, qui sont saturés et vulnérables au changement climatique. Il s’agit de redévelopper des villes comme Albi, Lodève, Maubeuge… en leur donnant des fonctions industrielles ou économiques, pour rééquilibrer le territoire. C’est ambitieux, quasi-soviétique diront certains, mais nous sommes parvenus à le faire dans le passé.
Pôle Métropolitain du Grand Amiénois (80) : le plan climat 2.0 est en route
Initiés en 2012, conçus pour complémenter les autres documents de planification comme le Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT) ou le Plan Local d’Urbanisme Intercommunal (PLUi), les Plans Climat sont obligatoires pour les intercommunalités de plus de 20,000 habitants. Suivant la voie empruntée par nos voisins Belges et Européens, les initiatives et les législations autour du climat construisent l’administration locale de demain. Néanmoins, des forces internes et externes jouent en défaveur du Plan Climat Air Energie (PCAET), esquissant une zone grise pour les agents responsables sur comment s’organiser et comment créer de l’émulation dans le processus. Il n’est pas aisé de transformer l’ambition en action : à quoi ressemble un plan climat 2.0 ?
Dans cet article, Caroline Panard, de FutureproofedCities, membre de la communauté Territoires Audacieux, revient avec Marie Collonvillé, en charge du PCAET du Pôle Métropolitain du Grand Amiénois, sur le lancement d’un plan climat 2.0.

Des lignes budgétaires, des responsabilités et un rapportage aux élus communautaires : en relevant le fascinant défi du climat, l’expérience de travail des responsables du PCAET se révèle tout à fait singulière. En effet, ils cumulent souvent cette responsabilité avec d’autres missions au sein de l’administration, portant donc des thèmes, des dossiers et des partenariats très différents. Depuis sa position transversale après sa reconversion professionnelle, la vision de Marie Collonvillé sur les enjeux locaux est précieuse.
“Engager un plan climat efficace, c’est casser les codes de ce qui existe. J’ai initié un dispositif Citergie en 2012, un Contrat d’Objectifs Territorial Energie Climat (COTEC) en 2016. Dans les politiques climatiques, nous ne pouvons pas continuer de travailler en silo. Aujourd’hui à Amiens, les services se parlent, mais je travaille comme une cheffe d’orchestre pour animer tous les acteurs et que chacun donne le meilleur ensemble. sur un plan climat pour les EPCI du Pôle Métropolitain. Je rêve d’une équipe où je puisse transmettre ma motivation.” Marie Collonvillé
Casser les codes en construisant des ponts
Il y a décidément des clés à utiliser si l’on souhaite assurer le succès du PCAET. Selon notre expérience à Futureproofed Cities, le meilleur soutien que puissent apporter les partenaires des intercommunalités est de construire des ponts entre les sujets, les équipes et les supports de travail, afin d’améliorer l’opérationnalité quotidienne et de réduire le stress. Nous prenons le parti d’un outil de travail collaboratif encadré par une écoute attentive tout au long des phases de travail. Optimiser les ressources budgétaires et l’organisation du travail, en utilisant la transversalité des compétences et la centralisation de l’information, s’avère être une dynamique judicieuse pour sécuriser et pérenniser les ambitions. Concrètement, les équipes et les services administratifs sont en capacité de travailler ensemble et avec les autres utilisateurs, de trouver de l’inspiration dans une base de données partagées, de suivre et d’évaluer leur progrès toute l’année. Créer un réseau à travers un outil est essentiel pour des raisons tant pratiques que humaines, afin que les responsables du PCAET ne se retrouvent pas isolés dans l’aventure des politiques climatiques.
“Être responsable d’un Plan Climat Air Energie génère un certain stress, et j’ai à coeur que ça avance vraiment. FutureProofed Cities a été l’un de mes premiers axes de travail. Avoir des outils pour assurer le succès du Plan Climat est indispensable, et pourtant, c’est souvent le dernier financement public qui est alloué.” Marie Collonvillé
Des risques élevés, de grandes opportunités

Avec 51% du territoire menacé par les submersions marines et une augmentation de la température deux fois plus importante que la moyenne mondiale (1), les Hauts-de-France sont extrêmement vulnérables au changement climatique. Le fossé entre la vulnérabilité scientifique et la prise de décision s’explique-t-il localement par un manque de motivation ? Selon Marie Collonvillé, il est encore difficile pour les autres services administratifs et les équipes décisionnaires de prendre conscience de l’ampleur d’un Plan Climat, celui-ci paraît encore abstrait, d’où la nécessité d’assurer sa réussite et sa communication. Dans de nombreuses collectivités, les initiatives ne manquent pas, mais les questions budgétaires fragilisent l’engagement du PCAET.
La recherche montre qu’un gouvernement local ne peut réaliser les ambitions de la neutralité climatique encadrée par la Convention des maires que s’il investit 1000 euros par citoyen et par an. Pour y parvenir, les collectivités locales ont besoin d’un budget de facilitation de 100 euros par an et par citoyen. De cette façon, l’opportunité des investissements climatiques tels que la rénovation de maisons ou les chaudières solaires peut devenir beaucoup plus intéressante, et inciter par la même occasion la mobilisation citoyenne. Aujourd’hui, ce budget local avec les communes belges, par exemple, varie entre 0,5 et 20 euros par citoyen, par an.
Faire différemment avec les mêmes moyens
Aujourd’hui, les villes travaillent souvent côte à côte et réinventent constamment la roue sous forme d’études et de suivi, alors que leurs objectifs sont similaires. De ce fait, les connaissances nécessaires pour agir sont fragmentées. Et si les résultats ne viennent pas rapidement, il est difficile de garder la motivation de personnes comme Marie.

Comment pourrions-nous faire différemment avec les mêmes moyens ? Comment pourrions-nous créer de l’émulation dans le processus ? En utilisant ce qui fonctionne déjà. Tout d’abord, il s’avère inspirant de mettre en lumière les chefs de file locaux, comme la Communauté d’Agglomération de Béthune-Bruay et ses partenaires lensois, la Communauté de Communes Picardie Verte ou le Pays de Saint-Omer, et bien d’autres. Autre priorité : encourager la collaboration autour du cadre législatif des entités publiques régionales et des initiatives privées afin de créer des synergies. La prise de décision politique doit être supportée par des solutions techniques de management, d’évaluation et de communication tout au long du Plan Climat. Pour résumer, nous avons besoin d’un Plan Climat 2.0.
Au Pôle Métropolitain du Grand Amiénois, de nombreuses projets viennent justement nourrir les initiatives climat, tant au niveau du tourisme, du développement économique que de l’autonomie alimentaire (notamment autour d’un Projet Alimentaire Territorial (PAT). Un réseau de tiers-lieu est également un réflexion pour recréer de la vie et du commun sur un territoire fractionné en de nombreuses petites communes. Autant d’initiatives qui vont s’insérer dans la stratégie et le plan d’action du PCAET du Pôle Métropolitain, dont la construction est engagée avec l’aide de Futureproofed Cities.
Caroline Panard
Le plan climat du Pôle Métropolitain du Grand Amiénois est géré par Marie Collonvillé. Après une carrière d’athlète de haut niveau (l’ayant notamment menée aux JO de Beijing en 2008), dotée d’une première formation en STAPS et biomédecine, elle a relevé un nouveau challenge, celui de l’administration locale et des politiques climatiques.
“Après les Jeux olympiques de Beijing en 2008, j’ai fait un bilan de compétences et poursuivi un Mastère spécialisé Construction Habitat Durable (ENSAM). J’ai choisi le monde des collectivités car j’ai réalisé que de nombreux leviers, compétences et projets pouvaient être initiés à cette échelle. Les politiques climatiques créent de nouveaux emplois, nous devons inventer de nouvelles méthodes de travail. Je viens d’un monde de performance et d’objectifs, j’ai trouvé cette stimulation dans la poursuite de ma carrière.” Marie Collonvillé
À propos de FutureproofedCities
FutureproofedCities soutient 137 villes et communes de Belgique, des Pays-Bas et de France pour concrétiser les Plans Climat. Notre plateforme, complétée par notre équipe d’accompagnement, permet de suivre facilement les progrès d’une ville et de prévoir l’impact de ses actions sur le CO2 et les flux financiers. De plus, l’outil agit comme un réseau social qui met en relation ses utilisateurs à travers les villes et les régions. Dans sa partie communication, l’outil implique également les citoyens dans l’action climatique. Grâce à l’effort de ses utilisateurs, la communauté FutureproofedCities a investi 3,08 milliards d’euros, économisant annuellement 379 millions d’euros et 1,34 million de tonnes de CO2. Ils ont publié 351 mesures publiques et 726 actions, qui peuvent servir de source d’inspiration. Pour réaliser nos projets, Futureproofed compte 19 collaborateurs expérimentés et enthousiastes.
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- Morières-lès-Avignon (84) : une chaîne de solidarité a répondu aux difficultés initiées par la crise
Morières-lès-Avignon (84) : une chaîne de solidarité a répondu aux difficultés initiées par la crise
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Nous avons également souhaité mettre en avant les initiatives de nos abonnés. Huitième exemple avec l’interview de Marion Adville, responsable et coordinatrice administrative du CCAS de Morières-lès-Avignon. Grâce à la création d’une « chaîne de solidarité », ensemble et bénévolement les différents acteurs de la ville ont tenté de répondre aux difficultés initiées par la crise sanitaire liée au Covid19 .
Comment vos équipes au sein du CCAS de Morières-lès-Avignon ont-elles pu vivre et réagir face aux différentes décisions gouvernementales dans le cadre de la lutte contre le covid19 ?

L’équipe du CCAS a dû faire preuve de beaucoup de pédagogie et d’empathie. En effet, il a fallu expliquer clairement les nouveaux modes de fonctionnement liés à la crise sanitaire et au confinement et faire preuve d’une écoute attentive afin de rassurer les personnes vulnérables et leurs familles qui ne pouvaient plus se déplacer pour leur rendre visite et leur apporter leur soutien. De plus, l’adaptabilité du service public a pris tout son sens car il a fallu réfléchir à de nouvelles méthodes de fonctionnement et à des réponses adaptées aux demandes émergentes des usagers liées au contexte sanitaire : augmentation du nombre de portage de repas à domicile, installation de modules de téléassistance pour notre prestataire qui ne le faisait plus, gestion dématérialisée de différents dossiers (par téléphone ou mail). Cela a demandé énormément de réactivité à l’équipe qui était diminuée en nombre du fait de la crise. L’absence d’agents pour garde d’enfant par exemple face à des décisions gouvernementales vécues comme brutales car prenant souvent effet rapidement. La gestion de cette crise a demandé de dépasser un premier sentiment de déstabilisation face à un contexte inédit. L’équipe du CCAS et les équipes de la collectivité au sens large se sont organisées pour travailler en partenariat et ce qui ressort après deux mois de gestion de crise c’est qu’on a pu voir émerger une solidarité importante entre services et projets innovants de la part d’agents.
Avez-vous réalisé des projets en partenariat avec d’autres institutions de la ville ?

La crise sanitaire nous a donc obligé à revoir nos modes d’actions et à accentuer le partenariat avec différents acteurs de la ville en terme de solidarité notamment avec une association caritative locale Solidarité Morières et l’hypermarché Leclerc local. Ces deux partenaires ont répondu rapidement et efficacement à nos demandes liées aux difficultés rencontrées par les administrés dans ce contexte économique tendu. La ville de Morières-lès-Avignon et le CCAS ont mis en commun leurs moyens pour réussir ce projet. Enfin, le service communication de la mairie a bien entendu été un partenaire fondamental afin de communiquer les nouveaux dispositifs. Notamment la mise en place d’une chaîne de solidarité, via tous les réseaux : site internet, magazine spécial confinement et page Facebook de la ville mais aussi créer du lien avec la presse locale.
En quoi consistait ce projet de « chaîne de solidarité » ?
Le projet de chaîne de solidarité a été initié par un agent du CCAS et validé par le Président du CCAS.
Il s’est composé de deux volets :
- Un appel aux dons a été lancé au sein de la population et des colis d’urgence ont été préparés avec les denrées récoltées et redistribués aux ménages en difficulté. L’association Solidarité Morières a également fourni des colis d’urgence sur demande du CCAS lorsque les dons n’étaient pas suffisants. Un lien vers le site Survio a été créé permettant aux administrés de faire leurs promesses de dons en ligne. Ils étaient ensuite recontactés par le CCAS et un agent se chargeait d’aller récupérer leurs dons à leur domicile en respectant les gestes barrières. Les denrées étaient ensuite stockées au CCAS où étaient également préparés les colis redistribués par la suite.
- Un service de livraison de courses de 1ère nécessité à domicile pour les personnes identifiées comme « vulnérables » a été instauré. Le contact a été pris avec l’hypermarché local Leclerc qui s’est montré très réactif et généreux allant au-delà des commandes en proposant des dons aux clients vulnérables : livres, chocolats… Les commandes étaient prises quotidiennement par les agents du CCAS pour être transmises à l’hypermarché par mail. Elles étaient préparées le lendemain matin et les factures nominatives par client transmises par mail au CCAS. Il s’agissait ensuite pour le CCAS d’appeler les clients pour les informer du montant de leurs achats. Un agent habilité par le Président du CCAS passait récupérer les règlements uniquement par chèque pour éviter les manipulations d’argent, allait à l’hypermarché faire valider les règlements et récupérer les commandes pour ensuite les livrer. Une attention particulière a été apportée sur le respect des gestes barrière lors des contacts avec ces personnes vulnérables. Une centaine de livraisons a été assurée au cours des deux mois de confinement.
Quels étaient ses objectifs ?
La chaîne de solidarité avait pour objectif principal de répondre aux difficultés initiées par la crise sanitaire liée au Covid19. Le volet « dons » a permis de lutter contre les difficultés financières dues à la précarisation brutale du monde du travail : mise au chômage partiel, perte d’emploi …. Le volet « livraison de denrées de première nécessité » a permis de répondre à l’exigence gouvernementale de confinement des personnes vulnérables mais également de créer un lien social pour des publics isolés et de ce fait de créer une veille sociale des publics fragiles de la commune.
Quel impact ce projet a t-il eu ?

On peut dire que la chaîne de solidarité a eu des effets positifs. D’une part, les bénéficiaires de dons étaient globalement satisfaits d’avoir obtenu une réponse rapide à leur demande d’aide alimentaire. D’autre part, les bénéficiaires de la livraison de denrées de première nécessité ont également été satisfaits de ce service et ont d’ailleurs sollicité sa pérennisation à la sortie du déconfinement. Le seul point négatif qui ressortait était l’impossibilité de commander des produits frais car le CCAS ne pouvait assurer la chaîne du froid mais les administrés étaient alors orientés vers les commerces de proximité tels que la boucherie ou le primeur qui s’étaient également adaptés au contexte en assurant la livraison à domicile. Enfin, ce projet a permis de resserrer les liens entre les services de la ville et du CCAS.
Est-ce que votre CCAS a su s’adapter à cette hausse du nombre de personnes en difficultés ?
On peut penser que le CCAS s’est effectivement adapté à la hausse du nombre de personnes en difficulté en raccourcissant les délais de réponse : les demandes d’aides d’urgences étaient traitées en général sous 24 à 48h ; les portages de repas à domicile dont le nombre avait augmenté de moitié étaient mis en place sous 24h grâce également à la réactivité du traiteur prestataire. De plus le contexte a permis l’émergence de dispositifs répondant aux demandes nouvelles des usagers.
Du fait de la situation actuelle, avez-vous spécifié vos actions à Morières-lès-Avignon ?
Durant le confinement les actions se sont spécifiées pour répondre aux demandes particulières liées au contexte sanitaire. Il est évident que certains évènements comme la réouverture de la crèche municipale ou des écoles ont demandé des protocoles spécifiques mobilisant une majorité des équipes municipales mais les services habituels ont continué à être proposés aux administrés de la commune permettant d’assurer la continuité du service public. Cela a nécessité de revoir les modes de fonctionnement des services en allégeant les procédures mais aussi de renforcer la communication avec la population.
Propos recueilli par Maëlle Alibert
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