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40•Pervers, paranoïaques et autres tyrans

Épisode 40 Covid-19, novembre 2020

Censure du film « Hold-Up »

Cette chronique est la suite de la précédente consacrée à la sortie du film « Hold-Up ». Dès sa mise en ligne, des élus de la majorité et de nombreux internautes ont bien sûr dénoncé un film « délirant » et un amas de « fake news ». Le 12 novembre 2020, le film a été retiré de la plateforme Viméo, après avoir été accessible plus de 24 heures. Son réalisateur a reçu le message suivant : « Votre vidéo a été supprimée, car elle ne respecte pas nos règles ». Le motif invoqué pour ce retrait était le suivant : «  Vous ne pouvez pas mettre en ligne des vidéos mettant en scène ou encourageant des actes d’automutilation, prétendant à tort que les catastrophes de grande ampleur sont des canulars, et émettant des allégations erronées ou mensongères concernant la sécurité des vaccins ». Évidemment, Dailymotion a aussi fait retirer le film de sa plateforme. Toutefois, soyez rassurés. Le film peut être visionné gratuitement sur le site de la société Tprod.

Le site de financement participatif, Ulule, a touché 10 % des 182 000 euros récoltés par le réalisateur. Toutefois, vu l’animosité des réactions sur les médias « officiels », le directeur d’Ulule a pris la décision de reverser cette somme à « une association de défense de l’information ». Ulule refuse désormais de faire la promotion du film. Le 11 novembre 2020, le compte de Tprod sur la plateforme Tipeee avait reçu des promesses de don de 28 000 euros par mois. Trois jours plus tard, ils en sont désormais à 123 000 euros par mois, de la part de 6 300 participants, ce qui est tout simplement inédit pour la plateforme. Si Tipeee validait la page de Tprod, alors l’entreprise obtiendrait ces 123 000 euros dès le mois prochain. Toutefois, vu les pressions exercées vont-ils procéder à cette validation ? Pas, si sûr…

Accusation de complotisme

Le principal reproche fait au film est qu’il coche beaucoup de cases du conspirationnisme. L’ancien ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy, qui témoigne également dans ce reportage, a affirmé jeudi 12 novembre qu’il s’était fait piéger. Il dit être « scandalisé » par « presque tout » ce qu’il y a dans ce film. Il réclame le retrait des passages où il apparaît. Certains demandent la démission de la députée ex-LREM Martine Wonner interviewée dans le film. Car, cette élue du Bas-Rhin ne regrette pas le moins du monde sa participation. De même, l’actrice Sophie Marceau a ouvertement et courageusement fait la promotion du film, soulevant un tollé médiatique. 

Pour ce qui me concerne, je soutiens ce film au nom de la pluralité de l’information. En effet, pas besoin d’être très futé pour voir que les médias officiels sont adeptes de la pensée unique et monolithique. Tout ce qui dévie de la « ligne officielle du parti » est systématiquement taxé de complotisme et censuré. On voit depuis des mois, toujours les mêmes têtes sinistres sur les plateaux de télévision. Ceci démontre le niveau zéro de démocratie atteint lors de cette crise. Si donc, l’on m’accuse de complotisme en parlant de ce film, je ferais comme Martine et Sophie. J’assumerais, sans jamais la renier, ma position.

Liberté d’expression

On a aussi beaucoup critiqué le contenu du film. Or, il se trouve que, moi aussi, je ne suis pas vraiment d’accord avec beaucoup de choses dites dans ce film. Certaines sont manifestement approximatives et d’autres sont des montages de propos retirés de leur contexte. Toutefois, là n’est pas le problème. Car les médias « officiels » font exactement la même chose et ce, sans aucune vergogne. Ils sont donc bien mal placés pour critiquer quoi que ce soit. Mon sentiment est que les Français sont suffisamment matures. Ils sauront prendre ce qui est bon et laisser ce qui est douteux. Nul besoin de leur dire, ce qui est vrai ou ce qui est faux.

Laissons donc toutes les opinions s’exprimer librement, même si certaines nous déplaisent. C’est cela la vraie démocratie. Les sites qui se sont désengagés du film après avoir accepté de le financer ou de le diffuser devraient donc avoir honte. Ce genre de réaction démontre le degré de soumission et de servilité atteint envers les pouvoirs « bien-pensants ».  Comme je l’ai expliqué dans ma précédente chronique, le film met en lumière deux femmes tout à fait remarquables. Après avoir détaillé les arguments de la généticienne, Alexandra Henrion-Caude, je reviens maintenant sur ce que nous dit Mme Ariane Bilheran. Cette psychiatre qui réside en Colombie s’exprime dans une vidéo de 47 minutes tournée en marge du film. On peut ainsi remettre ses propos dans leur contexte. 

Philosophes, paranoïaques et autres pervers

Ariane nous met d’ailleurs tout de suite dans l’ambiance, en parlant d’entrée de jeu du complotisme. Dans l’antiquité, le philosophe est celui qui dénonce un complot contre le peuple. Donc, si le complot est réel, celui qui dénonce le « complot » s’inscrit dans une démarche philosophique. Maintenant, si le complot n’existe pas, celui qui parle de complot est tout simplement un paranoïaque. Dans un monde où les choses peuvent être fausses ou vraies, le paranoïaque est l’inverse du philosophe. En fait, le vrai complotiste ou conspirationniste est celui qui corrompt le langage afin de tromper le peuple. S’il n’y a pas corruption du langage, on a affaire à un philosophe qui cherche à affirmer une vérité. Dès que le langage est corrompu, on a affaire à un paranoïaque qui cherche à dissimuler un mensonge.

Ce point est fondamental pour s’y retrouver dans un flot d’informations souvent contradictoires. Toutefois, je ne suis pas tout à fait Ariane lorsqu’elle associe langage paradoxal et perversité. Car, le langage paradoxal est celui de la nature lorsqu’on la considère dans sa dimension quantique. Manier le paradoxe est le plus sûr moyen pour approcher une vérité profonde. Accepter la contradiction n’est en rien un signe de perversité. C’est plutôt faire preuve d’ouverture d’esprit. En revanche, la perversité c’est l’action de détourner quelque chose de sa vraie nature. Ainsi, la vraie nature d’un père ou d’une mère, c’est d’aimer ses enfants. Tout parent qui maltraite ses enfants est donc à la base un pervers. Un parent pervers ne peut donc pas, par définition, aimer ses enfants. De la même manière, un état est censé protéger ses citoyens. Il en découle, que dès que l’état maltraite ses citoyens, il fait preuve de perversité.

Tyrannie et harcèlement

Ariane reconnaît aussi, à côté de la figure du paranoïaque et du pervers, l’existence du tyran. On reconnaît un tyran au fait qu’il est passionné par le pouvoir. Le tyran prétend aussi que la fin justifie les moyens. C’est ce qui lui permet de tuer, voire de torturer, au nom d’une « grande cause ». Ceux qui aspirent au pouvoir ne peuvent donc pas être des hommes vertueux. Car, tout homme vraiment vertueux fuie le pouvoir. C’est la raison pour laquelle un philosophe ne pourra jamais accéder au pouvoir. Par contre un paranoïaque ou un pervers peut très bien accéder au pouvoir. Si le pouvoir est pris par un pervers, on pourra aboutir à un état de démocratie totalitaire. Car, rappelons-le, le pervers ne peut s’empêcher de détourner les choses de leur vraie nature.

C’est ce qui se passe aujourd’hui dans beaucoup de pays qui se vantent d’être « démocratiques ». Le pouvoir peut aussi être pris par un paranoïaque qui va alors chercher à harceler le peuple via 4 techniques principales. La première technique de harcèlement est le choc traumatique. Ce choc suggère que la survie de l’espèce est en danger. Ce choc est un évènement brutal qui n’a pas été anticipé et qui interdit l’analyse ou le dialogue. On alimente ce choc via la transmission de messages de terreur comme une comptabilité mortifère journalière avec menaces de pertes d’emplois ou de famine.

Comportement sectaire et délire paranoïaque

Ariane nous rappelle que le maniement de la terreur est à la base une méthode sectaire. La racine étymologique du mot secte signifie « couper ». Tout comportement sectaire se reconnaît donc facilement en cas de mesures prises pour nous couper de nos proches, de notre travail ainsi que de la possibilité de se déplacer, de se rassembler ou de s’exprimer. Quand on adhère à une idéologie sectaire, il y a nécessairement un « avant » et un « après ». Le délire paranoïaque apporte une réponse rassurante, englobante et dogmatique à la difficulté qu’il y a de faire son deuil de sa vie d’avant. Pour cette crise du COVID-19, celui qui pense n’est plus l’individu, mais l’État.

Or, si l’État délire parce qu’il est dirigé par un paranoïaque, alors bonjour les dégâts. Rappelons que ce qui caractérise un délire, c’est la certitude absolue. Donc, tout système qui prône l’existence de vérités absolues attire nécessairement à lui des paranoïaques. D’où une deuxième stratégie de harcèlement : la culpabilité. Le paranoïaque accuse, par exemple, quelqu’un ou son peuple de détruire la planète. Ou alors, il fustige des comportements jugés irresponsables. Ceux qui ne suivent pas les règles sanitaires sont coupables de contaminer les autres. Car, toute personne qui culpabilise devient manipulable et contrôlable. C’est la culpabilité qui permet de mettre en œuvre très rapidement des mesures de privation des libertés individuelles. 

Empathie et division

La troisième technique de manipulation est l’empathie. L’idée est de persuader une personne ou le peuple que l’on agit pour son bien-être. Or, seul l’individu est habilité à définir ce qui bien pour lui. Sûrement pas un autre individu, une corporation ou pire, un État. Dès que quelqu’un prétend agir pour votre bien-être, une sonnette d’alarme doit immédiatement se déclencher dans votre tête. 

La quatrième stratégie est celle de la division. Toute dictature a besoin de casser les groupes d’appartenance, comme les classes sociales et surtout la famille. Le paranoïaque triomphe dès que les proches sont perçus comme des ennemis potentiels. Ici aussi, toute personne qui cherche à diviser est un paranoïaque en puissance. Un dirigeant sain d’esprit aura toujours un discours d’union et non de division. Comme le souligne le psychiatre Jean-Pierre Caillot : « Si vivre ensemble nous tue, nous séparer est mortel ». On retrouve ici le conflit de loyauté qui vise à nous faire croire que si l’on cherche à aider les autres, on court à une mort certaine. D’où la division en lieu et place de l’union.

La médecine n’est pas une science

Ce qui caractérise aussi la crise actuelle, c’est qu’elle possède une dimension médicale. Or, pour Ariane, la médecine ne peut pas être une science, comme je l’ai moi-même expliqué par ailleurs.  En effet, comme nous l’a enseigné Hippocrate, tout acte médical présuppose une relation humaine entre un médecin, un patient et une maladie. Or, il ne peut y avoir de certitude absolue dans l’art ou dans la justice. De même, interpréter des symptômes est un art car, là aussi il ne peut y avoir de certitude absolue. Par contre manier des statistiques est clairement une science.

Grâce à ces notions cruciales et fondamentale, il est facile de distinguer le vrai médecin qui pratique un art, du faux médecin qui manie des statistiques. Si un médecin prétend avoir une approche scientifique de la maladie, zappez ! Car, par là-même, il renie son serment d’Hippocrate. On l’a bien vu dans cette crise, où de faux médecins ont interdit, au nom de la science, à de vrais médecins de prescrire certains remèdes.

Pensées et actes

De même, Ariane nous informe qu’il n’y a que les pervers, les paranoïaques et les psychopathes qui confondent la pensée et l’acte. Or, que voyons-nous à la télévision à longueur de journée ? Une kyrielle d’experts, un ministre de la Santé ou un président justifiant les mesures liberticides prises au moyen de courbes dérivées de simulations mathématiques. Par exemple, notre président nous a prédit 400 000 morts en novembre si l’on ne faisait rien. D’où sort ce chiffre ? Tout simplement d’une simulation mathématique qui n’est qu’une pensée plus ou moins sophistiquée. Il est bon de savoir que toute pensée est aisément identifiable par l’emploi de la conjonction de subordination « Si ».

Par contre, ouvrir un lit de réanimation ou recruter du personnel de santé sont des actes. Là, plus question de « si » avec lesquels on peut « mettre Paris en bouteille ». Je suis sidéré de cette dérive actuelle de prendre les résultats d’une simple simulation mathématique pour une vérité. C’est en fait très pervers. Car, c’est la simulation qui permet de justifier les prises de décisions politiques. Puis, suite aux mesures prises, on valide la simulation puisque les chiffres prédits ne sont pas observés. En fait, la seule chose à faire est de ne pas chercher à simuler ce qui va arriver. On doit toujours s’en tenir aux faits et rien qu’aux faits. Notre gouvernement brille-t-il par ses actes ou par ses pensées ? Chacun pourra juger par lui-même. 

Vivre ou mourir

Ariane et moi-même faisons la même analyse pour ce qui concerne notre dérive vers un monde hybridant les idées d’Aldous Huxley avec celles de George Orwell. Toutefois, Ariane va plus loin en posant la bonne question. Jusqu’où sommes-nous prêts à perdre notre humanité par peur d’être persécutés ? Car, ce qui nous humanise, c’est de philosopher, c’est-à-dire d’apprendre à affronter la maladie et éventuellement à mourir. Vivre, c’est donc aussi apprendre à savoir mourir.  C’est le choix que doit faire Achille. Il pourrait avoir une vie normale où il mourra vieux et heureux entourés de ses enfants. Il y a cependant un autre choix qui est de mourir jeune sans enfants. Achille aura alors une vie héroïque qui le rendra célèbre pour la postérité.

De nos jours, il nous est impossible de faire des choix héroïques. Le choix de la vie héroïque doit être laissé à tout un chacun, car c’est ce qui nous humanise. L’idée est de rendre sacré le lien humain. Or, nous assistons aujourd’hui à une attaque sans précédent contre la tendresse humaine. On nous refuse le droit de faire des gestes essentiels pour manifester notre amour envers l’autre. C’est ici qu’il convient de se rappeler que vivre c’est accepter de prendre des risques. Être héroïque, c’est avoir conscience que l’on peut se sacrifier. Prendre un risque sur sa propre vie pour rendre sacrée la vie. La vie spirituelle, intellectuelle, émotionnelle, c’est sacré, la survie physique c’est juste de la biologie. 

Union et héroïsme

On lutte efficacement contre les paranoïaques et les pervers en s’unissant. Toutefois, ceci nécessite d’avoir vaincu ses propres démons et la division qui règne en nous. Il faut être en paix à l’intérieur de soi en se connectant à sa dimension transcendantale. Pour s’y aider, il suffit de se raccrocher aux grandes figures héroïques de l’humanité. Nous ne sommes pas ce à quoi on cherche à nous réduire. Car tout totalitarisme fonctionne par rétrécissement de la pensée. Le totalitarisme n’est que le croisement et le produit de ce qui nous avons permis. C’est ce à quoi nous avons accepté d’être réduits qui permet aux paranoïaques et autres pervers de nous dominer. Nous avons donc les dirigeants que nous méritons. 

Ceux qui ne les connaissent pas encore pourront découvrir, dans mon dernier livre, les 7 cadres de pensée de l’humanité. Chaque fois que l’on élargit sa pensée, on lutte très efficacement contre la paranoïa, la perversion et le totalitarisme. Vivre ou survivre ? A chacun de choisir en son âme et conscience. Un grand merci à Ariane Bilheran pour nous aider à décoder les pensées et les décisions prises par nos dirigeants, toutes nationalités confondues.

Par Marc HENRY

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Médecines psychédéliques et santé mentale !

Dans les dernières décennies, l’intérêt pour les thérapies psychédéliques a connu un renouveau significatif, marquant un tournant dans la manière dont nous appréhendons le traitement des maladies mentales. Jadis marginalisés et souvent associés à la contre-culture des années 60 et 70, les psychédéliques, tels que le LSD, la psilocybine ou la MDMA, font désormais l’objet d’études scientifiques rigoureuses visant à comprendre leur potentiel thérapeutique. Cette évolution de la perception sociétale et scientifique s’inscrit dans un contexte plus large de recherche de nouvelles approches face aux limites des traitements conventionnels pour des troubles tels que la dépression, l’anxiété, ou le syndrome de stress post-traumatique (SSPT).

L’émergence de données probantes sur l’efficacité des psychédéliques dans un cadre thérapeutique contrôlé a contribué à changer le regard du public et des professionnels de la santé sur ces substances. Ce changement est alimenté par un besoin croissant de solutions alternatives dans le domaine de la santé mentale, où de nombreuses personnes ne trouvent pas de soulagement avec les options actuellement disponibles. De plus, la récente inclusion des psychédéliques dans des programmes de recherche approuvés et financés par des institutions reconnues souligne l’importance de ces études pour l’avenir du traitement des maladies mentales.

L’objectif de cet article est donc d’explorer les potentiels thérapeutiques des psychédéliques pour la santé mentale. Nous discuterons des recherches actuelles sur leur mécanisme d’action, des conditions de santé mentale qu’ils pourraient aider à traiter, ainsi que des aspects de sécurité et des conditions sous lesquelles ces traitements sont administrés. À travers cette exploration, nous visons à fournir une perspective équilibrée et informative sur l’état actuel et l’avenir potentiel des thérapies psychédéliques.

Les fondements des médecines psychédéliques

Qu’est-ce que les médecines psychédéliques ?

Les médecines psychédéliques, également connues sous le nom de substances psychédéliques, font référence à une catégorie de composés chimiques capables d’induire des modifications significatives de la perception, de l’humeur et des processus cognitifs d’un individu. Ces substances sont étudiées pour leurs potentiels thérapeutiques dans le traitement de divers troubles de la santé mentale. Parmi les exemples les plus connus, on trouve le LSD (acide lysergique diéthylamide), la psilocybine (présente dans certaines variétés de champignons), la MDMA (méthylènedioxyméthamphétamine, souvent associée à l’ecstasy), et la DMT (diméthyltryptamine), chacune ayant ses propres spécificités en termes d’effets et d’applications potentielles.

Une distinction importante à faire est celle entre les psychédéliques enthéogènes et synthétiques. Les enthéogènes sont des substances psychédéliques d’origine naturelle, utilisées depuis des millénaires dans diverses cultures et rites spirituels pour induire des états de conscience modifiés. En revanche, les psychédéliques synthétiques sont créés en laboratoire et peuvent offrir une plus grande uniformité et spécificité dans leurs effets. Cette distinction est essentielle pour comprendre les diverses applications et le potentiel de ces substances dans un contexte thérapeutique.

Histoire des psychédéliques en thérapie

L’utilisation thérapeutique des psychédéliques remonte à des temps anciens, où diverses cultures utilisaient ces substances dans des contextes rituels et médicinaux. Cependant, ce n’est qu’au milieu du 20e siècle que la recherche scientifique sur les psychédéliques a véritablement débuté, avec des scientifiques explorant leur potentiel pour traiter des maladies mentales, améliorer la créativité ou faciliter l’exploration psychologique profonde.

Dans les années 1950 et 1960, les psychédéliques ont connu un âge d’or de la recherche, avec des études prometteuses sur leur capacité à traiter diverses conditions psychologiques. Toutefois, en raison de la montée des mouvements contre-culturels et de l’utilisation récréative de ces substances, leur statut légal est devenu de plus en plus restrictif, conduisant à un arrêt presque complet de la recherche clinique dans les années 1970.

Le 21e siècle a marqué un renouveau de l’intérêt scientifique pour les psychédéliques, stimulé par une meilleure compréhension de leur mécanisme d’action et par des études préliminaires indiquant leur efficacité potentielle pour traiter des troubles tels que la dépression résistante au traitement, l’anxiété liée à des maladies en phase terminale, le SSPT, et plus. Ce renouveau est caractérisé par une approche plus rigoureuse, cherchant à intégrer les psychédéliques dans des cadres thérapeutiques contrôlés, marquant ainsi une nouvelle ère dans la recherche sur les médecines psychédéliques.

La recherche actuelle sur les psychédéliques et la santé mentale

Mécanismes d’action sur le cerveau

Les recherches récentes ont commencé à élucider les effets neurobiologiques complexes des psychédéliques sur le cerveau, ouvrant la porte à de nouvelles perspectives sur leur potentiel thérapeutique. Ces substances agissent principalement en interagissant avec le système sérotoninergique du cerveau, en particulier en se liant au récepteur 5-HT2A de la sérotonine, ce qui entraîne une augmentation de la neuroplasticité ou la capacité du cerveau à former de nouvelles connexions neuronales. Cette action peut contribuer à « réinitialiser » certaines régions cérébrales impliquées dans les troubles de la santé mentale.

Les psychédéliques influencent également la communication entre différentes régions du cerveau. Par exemple, ils peuvent diminuer l’activité du réseau du mode par défaut (RMD), qui est souvent hyperactif chez les personnes souffrant de dépression ou d’anxiété. Cette diminution peut aider à briser les cycles de pensées négatives ou obsédantes, offrant ainsi un nouveau perspective aux patients.

Études et résultats cliniques

Les études cliniques récentes ont fourni des preuves encourageantes sur l’efficacité des psychédéliques dans le traitement de divers troubles de la santé mentale. Dans le cas de la dépression, par exemple, des recherches ont montré que la psilocybine peut produire des améliorations significatives et durables chez les patients résistants aux traitements traditionnels. De même, des études sur la MDMA dans le traitement du SSPT ont rapporté une réduction des symptômes chez une majorité de participants, avec certains patients expérimentant une rémission complète après le traitement.

Des témoignages et études de cas significatifs soulignent la transformation personnelle et la guérison émotionnelle que certains patients attribuent à ces thérapies. Ces récits, bien que subjectifs, complètent les données cliniques en illustrant l’impact potentiel des psychédéliques sur la vie des individus.

Applications thérapeutiques des psychédéliques

Traitement de la dépression

La comparaison entre les traitements existants pour la dépression et les thérapies psychédéliques révèle des avantages uniques pour ces dernières, notamment la rapidité de l’amélioration des symptômes et la durabilité des effets après un petit nombre de séances. Cependant, il est important de noter que les psychédéliques ne sont pas une solution universelle. Leur utilisation requiert une supervision médicale stricte et un accompagnement thérapeutique adapté pour minimiser les risques et maximiser les bénéfices.

Anxiété, SSPT et autres troubles

Les approches psychédéliques ont également montré des promesses pour l’anxiété, en particulier l’anxiété liée à des maladies en phase terminale, où elles peuvent aider les patients à trouver un sens et à réduire la peur de la mort. Pour le SSPT, les psychédéliques, comme la MDMA, facilitent le traitement en aidant les patients à revisiter les souvenirs traumatisants dans un état psychologique plus contrôlable, permettant un travail thérapeutique en profondeur.

D’autres conditions de santé mentale, telles que l’addiction et les troubles obsessionnels compulsifs (TOC), font l’objet de recherches pour évaluer l’efficacité des thérapies psychédéliques. Les résultats préliminaires indiquent un potentiel considérable, ouvrant la voie à de futures applications thérapeutiques étendues.

Ces développements soulignent l’importance d’une approche intégrée et individualisée dans l’utilisation des psychédéliques, considérant à la fois les avancées scientifiques et les besoins spécifiques de chaque patient pour ouvrir de nouvelles voies dans le traitement de la santé mentale.

Sécurité et considérations éthiques

La sécurité est primordiale dans l’usage thérapeutique des psychédéliques. Bien que ces substances offrent des perspectives prometteuses pour le traitement de diverses maladies mentales, elles présentent également des risques potentiels. Parmi ceux-ci figurent des réactions psychologiques adverses, comme l’anxiété accrue, la paranoïa, ou les épisodes psychotiques chez les individus prédisposés. Pour atténuer ces risques, un cadre thérapeutique strict et un accompagnement professionnel sont essentiels. Ce cadre inclut une évaluation préalable approfondie des patients, un environnement sécurisé et confortable pendant les sessions thérapeutiques, et un suivi psychothérapeutique pour intégrer les expériences vécues sous l’effet des substances. L’importance de l’accompagnement professionnel réside dans la capacité à fournir un soutien émotionnel et psychologique adapté, garantissant ainsi la sécurité et l’efficacité du traitement.

Cadre légal et accès aux traitements

Les réglementations actuelles concernant les psychédéliques varient considérablement d’un pays à l’autre, reflétant des attitudes sociétales divergentes envers ces substances. Dans de nombreux endroits, les psychédéliques restent classés comme substances contrôlées, limitant leur usage à des fins de recherche sous des protocoles approuvés par les autorités réglementaires. Toutefois, des changements sont en cours, avec certains pays et régions commençant à reconnaître le potentiel thérapeutique des psychédéliques et à adapter leurs lois en conséquence. Pour accéder légalement à ces thérapies, les patients doivent généralement participer à des essais cliniques ou à des programmes de traitement expérimental, dans le cadre des réglementations en vigueur. La clarté et la cohérence des informations sur ces procédures sont cruciales pour les patients et les professionnels de la santé.

Conclusion

Cet article a exploré le potentiel thérapeutique des psychédéliques pour la santé mentale, en mettant en lumière les mécanismes d’action sur le cerveau, les résultats cliniques prometteurs, et les applications thérapeutiques dans le traitement de la dépression, de l’anxiété, du SSPT, et d’autres troubles. Nous avons également abordé les enjeux de sécurité et les considérations éthiques, soulignant l’importance d’un cadre thérapeutique contrôlé et de l’accompagnement professionnel pour minimiser les risques.

L’avenir des médecines psychédéliques en santé mentale s’annonce prometteur, avec un potentiel considérable pour transformer le traitement des maladies mentales. Toutefois, cet avenir dépendra de notre capacité à poursuivre des recherches rigoureuses, à évoluer au sein des cadres légaux, et à maintenir une ouverture d’esprit scientifique et sociétale envers ces substances. À mesure que nous avançons, il est impératif d’équilibrer l’enthousiasme pour le potentiel thérapeutique des psychédéliques avec une approche prudente et éthique, garantissant que les bénéfices pour les patients restent au cœur de ces innovations.

Loïc Plisson,

formateur, thérapeute et chercheur

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Jus de tomate : Un élixir anti-bactérien !

Des chercheurs de l’Université Cornell de New York ont récemment fait une découverte prometteuse dans le domaine de la lutte contre les maladies entériques comme le choléra, la salmonelle et escherichia coli. Leur étude révèle que le jus de tomate pourrait être un allié efficace dans la lutte contre la fièvre typhoïde, une maladie tropicale débilitante.

La fièvre typhoïde, souvent transmise par des aliments contaminés, est causée par salmonelle typhi, un agent pathogène spécifique à l’homme. Outre les symptômes classiques d’une intoxication alimentaire, cette maladie peut entraîner des complications graves et même être mortelle, en dépit des progrès médicaux réalisés au fil des décennies.

L’équipe de recherche a confirmé que le jus de tomate possède des propriétés antimicrobiennes capables d’éliminer non seulement salmonella typhi, mais aussi d’autres bactéries nuisibles pour la santé digestive et urinaire. Cette efficacité découle notamment de la présence de peptides antimicrobiens dans le jus de tomate, qui altèrent la membrane bactérienne, entraînant la destruction des agents pathogènes.

Cette découverte revêt une importance particulière dans un contexte où la résistance aux antibiotiques représente un défi croissant. Chaque année, la fièvre typhoïde affecte des millions de personnes dans le monde, entraînant des centaines de milliers de décès, en particulier dans les pays en développement où l’accès aux traitements appropriés reste limité.

Les implications de cette étude vont au-delà de la simple consommation de jus de tomate. Les chercheurs espèrent sensibiliser le public à l’importance d’une alimentation riche en fruits et légumes, dont les tomates, qui regorgent de composés bénéfiques pour la santé. En effet, les tomates sont largement reconnues pour leur contenu en lycopène, polyphénols et vitamines, offrant une gamme d’avantages pour la santé.

Alors que la prévalence de la malnutrition persiste dans de nombreux pays développés et en développement, encourager la consommation de fruits et légumes comme les tomates pourrait contribuer à renforcer l’immunité et à prévenir les infections entériques. Cette approche pourrait être particulièrement pertinente dans des régions où les enfants ne consomment pas suffisamment de fruits et légumes, comme le souligne une étude récente menée dans 64 pays en développement.

Cette nouvelle étude met en lumière une fois de plus les incroyables pouvoirs de la nature. Cependant, il est regrettable de constater que ces découvertes, bien que précieuses pour la santé publique, sont reléguées au second plan dans les programmes d’éducation et d’innovation. Au lieu d’être intégrées au développement des produits vendus eux-mêmes, elles se limitent à des stratégies marketing dans le domaine de l’agroalimentaire. Cela soulève des questions sur les priorités de notre société en matière de santé et de bien-être, ainsi que sur l’orientation de nos efforts de recherche et de développement. En fin de compte, cette étude nous rappelle l’importance de reconnaître et d’exploiter pleinement les ressources naturelles qui nous entourent pour améliorer notre qualité de vie. Bref… Bienvenue sur terre !

Danny Marquis

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5 applications innovantes des algues pour sauver notre planète !

Dans la lutte constante pour préserver notre planète, une ressource souvent négligée pourrait jouer un rôle crucial : les algues. Ces plantes marines, riches en nutriments essentiels et polyvalentes dans leur utilisation, offrent une multitude de possibilités pour aider à résoudre certains des plus grands défis auxquels notre monde est confronté. Voici cinq façons uniques dont les algues pourraient contribuer à sauver notre planète :

  1. Alimentation et Santé : Les algues ne sont pas seulement un ingrédient de sushi exquis. Leur richesse en antioxydants, en acides gras sains et en minéraux en fait un aliment précieux pour la santé. Des études montrent même qu’elles peuvent contribuer à la perte de poids en supprimant l’appétit. Intégrer les algues dans notre alimentation pourrait non seulement améliorer notre santé individuelle, mais aussi contribuer à réduire la pollution en changeant nos habitudes alimentaires. Se supplémenter en spiruline par exemple, est rentré dans les habitudes de certaines personnes.

  2. Engrais Naturel : En plus de leur valeur nutritive pour les humains, les algues servent également de fertilisants naturels. Leur utilisation peut revitaliser les terres épuisées par l’agriculture intensive ou l’industrie lourde. De plus, elles agissent comme des pesticides naturels et des répulsifs contre les insectes, offrant une alternative plus respectueuse de l’environnement aux produits chimiques agricoles nocifs.

  3. Produits de Beauté et de Bien-Être : Les bienfaits des algues ne se limitent pas à l’alimentation. Leur utilisation dans les produits de beauté et de bien-être est en plein essor en raison de leur capacité à purifier la peau, à réguler la production de sébum et à promouvoir une peau saine et éclatante. De plus, les algues peuvent être utilisées dans des traitements thérapeutiques pour leurs propriétés curatives et détoxifiantes.

  4. Médicaments Naturels : Les communautés autochtones du monde entier utilisent les algues depuis des siècles à des fins médicinales en raison de leurs propriétés antibiotiques, antivirales et antifongiques. Leur teneur élevée en iode peut également stimuler le métabolisme et offrir une protection potentielle contre des maladies telles que la maladie d’Alzheimer.  

  5. Carburant Alternatif : Les algues pourraient également jouer un rôle crucial dans la transition vers des sources d’énergie plus durables. Leur capacité à produire des biocarburants pourrait réduire la dépendance aux combustibles fossiles et aider à atténuer le changement climatique. Des recherches sont déjà en cours pour explorer cette possibilité, avec des entreprises en Californie qui produisent déjà du biocarburant à partir d’algues.

En conclusion, les algues offrent un potentiel inexploité pour aider à résoudre certains des défis les plus pressants auxquels notre monde est confronté. Que ce soit dans notre assiette, en complément alimentaire, dans nos jardins, sur notre peau ou dans nos réservoirs de carburant, leur utilisation créative et innovante pourrait contribuer à façonner un avenir plus durable pour tous.

Danny Marquis

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Mais de quel vivant parlons-nous ?

Après « agilité » ou « résilience » voici le mot « vivant » mis à toutes les sauces. Encore une notion reprise pour des raisons mercantiles et qui sera très vite saturée pour passer à autre chose et le vivant, lui, continuera d’être massacré, en silence.

Lorsqu’aux informations j’ai entendu que 32 millions de volailles avaient été tuées[1] à cause de la grippe aviaire ou 17,5 milliards d’arbres abattus chaque année[2] j’ai failli vomir, j’ai été aussi bouleversée que lorsque l’on a parlé de millions d’êtres humains tués ou exterminés dans les guerres, la Shoah ou toute forme de génocide de par le monde.
Si nous ne sommes pas pris de spasmes et chavirés jusque dans nos tréfonds c’est que ces informations sont juste des données sur un papier ou sur Internet.
Alors nous pouvons multiplier les citations, telle celle d’Elisée Reclus « l’homme est la nature prenant conscience d’elle-même », nous n’y sommes toujours pas.
Il y a les militants écologistes qui font bouger les choses et même là, parfois, on reste dans le monde des idées.

Il nous est nécessaire de ressentir dans notre chair ces différents génocides comme Valérie Cabanés le rappelle en évoquant l’écocide[3]. Ce n’est pas intellectuel, cela fait appel à la sensibilité dont parle Baptise Morizot, c’est-à-dire une empathie avec TOUT ce qui est vivant au point de pleurer et de se sentir meurtri profondément pour chaque être massacré pour l’unique motivation de répondre à nos désirs et besoins d’êtres humains.

Et par sensibilité au vivant, je n’entends pas une espèce de sensiblerie ni rien de gentillet. La sensibilité dont je parle doit s’entendre en lien avec le « partage du sensible » :  c’est ce qui occupe le champ de l’attention collective.
Baptiste Morizot

Il a fallu aller chercher les représentants des peuples premiers pour comprendre, du bout de l’intellect, cette communion absolue que les mystiques nous avaient également indiquée.

L’urgence est à incarner cette communion avec le vivant, écouter ses vibrations et pas juste aller embrasser les arbres, les écouter murmurer… Alors oui les peuples premiers et certaines pratiques anciennes savaient aller écouter ce que disait la forêt, planter un arbre après l’avoir abattu, faire une cérémonie pour l’esprit de celui-ci. Ce n’est pas juste de l’animisme que nous avons sacrifié sur l’autel des religions monothéistes, c’est le non-sens de se sentir vibrants et unis, tous en un filin bruissant.

Avec 13,4 millions d’entrées pour Avatar et les milliers de vues sur toutes les plateformes combien parmi nous communient discrètement avec TOUT ce qui est vivant, visible ou non visible ?

L’humain mène une guerre contre le vivant. S’il gagne il est perdu.
Hubert Reeves

Pour nous élever au rang d’être humain raisonnable et civilisé nous avons sacrifié notre biomanité et nous irons jusqu’au bout de sa destruction par appétit aveugle et déni dominant.
Osons saisir le réel par l’entièreté de notre être, des tripes, au cœur en passant par la pensée, sentons-nous vibrer comme les feuilles dans le vent, alors si nous incarnons véritablement cette union, nos actions seront modifiées. Nous n’aurons plus envie de sacrifier autant de vies juste pour préserver notre espèce, nous comprendrons au sens étymologique de « cum-prendre », prendre ensemble, la chose et le sujet.

Rêvons d’être tous en symbiose avec les autres êtres vivants et que chaque mort nous entache de deuil, nous serons tellement submergés par les rituels de pardon et de commémoration, que peut-être nous pourrons mettre notre énergie au service du vivant, « pour de vrai ». Chiche !

On reconnaît le degré de civilisation d’un peuple à la manière dont il traite ses animaux. 
Mahtma Gandhi.


[1] https://www.leparisien.fr/societe/sante/grippe-aviaire-le-risque-en-france-releve-de-modere-a-eleve-les-volailles-vont-etre-confinees-05-12-2023-2FKXVA5BENHIDKQYBUMXEO5QEQ.php et 16 millions en 2022.

[2] https://www.geo.fr/environnement/pourquoi-lextinction-des-arbres-serait-elle-une-catastrophe-pour-lhumanite-la-reponse-en-7-chiffres-cles-211607

[3] Proposition de définition du crime d’écocide : Constitue un crime d’écocide, toute action ayant causé un dommage écologique grave en participant au dépassement manifeste et non négligeable des limites planétaires, commise en connaissance des conséquences qui allaient en résulter et qui ne pouvaient être ignorées. Et : « Crime d’écocide : actes illicites ou arbitraires commis en connaissance de la réelle probabilité que ces actes causent à l’environnement des dommages graves qui soient étendus ou durables.» Valérie Cabanés.

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La lacto-fermentation avec Mathieu Castant

Je suis ravis d’accueillir cette semaine un invité au cœur de  l’exploration CRU-linaire : Mathieu Castant, un véritable passionné de la lacto-fermentation. Mathieu est devenu un véritable expert dans l’art ancestral de la préservation alimentaire. Sa fascination pour les méthodes de conservation naturelles l’a conduit à découvrir le kimchi d’une manière tout à fait fortuite lors d’un séjour en Australie. Ce fut le point de départ d’un voyage passionnant dans l’univers complexe mais fascinant de la lacto-fermentation.

Après s’être inspiré des cuisines à travers le monde et avoir suivi une formation approfondie en cuisine à Barcelone, Mathieu a consacré son expertise à explorer les merveilles de la lacto-fermentation. Il partage désormais son savoir-faire, révélant comment ce procédé simple, nécessitant seulement des légumes bio, du sel et une touche de patience, peut métamorphoser des ingrédients bruts en des trésors gastronomiques vivants.

Au-delà de ses expériences personnelles, Mathieu Castant incarne un véritable ambassadeur de la cuisine probiotique. Il nous invite à découvrir comment la lacto-fermentation, souvent méconnue du grand public, peut révolutionner notre façon de percevoir les conserves alimentaires. Son approche alliant tradition et création dévoile des possibilités infinies pour créer des condiments exquis, des super-aliments, et des saveurs uniques, tout en préservant les bienfaits nutritionnels des aliments de manière naturelle.

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Et si les champignons étaient la solution aux maux de notre temps ?

En France, on entend de plus en plus parler de santé et de bien-être mental. C’est compréhensible, nous consommons cinq fois plus d’antidépresseurs et d’anxiolytiques que nos voisins européens, et de plus en plus de consommateurs tentent de trouver des solutions alternatives.

L’anxiété, la dépression, le stress, le manque d’énergie et de motivation sont devenus les compagnons indésirables de notre vie quotidienne. Cette augmentation significative des troubles de santé mentale appelle à des approches novatrices pour nous aider à retrouver l’équilibre. C’est dans ce contexte que les champignons médicinaux, empruntés à la médecine traditionnelle chinoise, se révèlent être de véritables alliés !

Cette redécouverte s’appuie à la fois sur une riche tradition de la médecine ancestrale chinoise et sur des preuves scientifiques croissantes qui mettent en lumière des mécanismes d’action similaires entre ces remèdes naturels et certains médicaments.

LE REISHI

Le Reishi, un champignon vénéré depuis des millénaires en Asie, est reconnu pour ses propriétés exceptionnelles dans la promotion de la longévité, de la stabilité émotionnelle et de la sérénité. La recherche moderne a confirmé ces vertus en montrant que le reishi :

  • Régule les hormones liées au stress, contribuant ainsi à l’équilibre émotionnel.
  • Contient composés bioactifs, aux propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes, agissent en synergie pour soutenir la stabilité émotionnelle.
  • Libère la sérotonine, la dopamine et de la noradrénaline, des neurotransmetteurs qui jouent un rôle clé dans la régulation de l’humeur et de la cognition.
  • Riche en antioxydants, tels que les flavonoïdes et les polyphénols, il protège les cellules nerveuses contre les dommages causés par le stress oxydatif.
  • Contribue à réduire l’inflammation cérébrale, qui est un facteur critique dans le traitement de la dépression et des troubles anxieux, car l’inflammation est un facteur contribuant à ces troubles.

L’HERICIUM

Le champignon Crinière de Lion, aussi appelé Lion’s mane ou Héricium, également chargé d’une histoire riche en médecine traditionnelle chinoise, se distingue par son influence positive sur la clarté mentale, la concentration et la mémoire. Les études scientifiques récentes ont mis en lumière sa capacité à :

  • Favoriser la création de nouveaux neurones, un processus appelé neurogenèse. (Cette action découle de la stimulation des facteurs de croissance nerveuse, qui régénèrent les cellules nerveuses et renforcent la plasticité cérébrale.)
  • Protéger le cerveau du stress oxydatif grâce à ses propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes.
  • Impacter la régulation des hormones du stress, telles que le cortisol. Cette modulation étant similaire (bien que moins ciblée) à l’action de certains médicaments utilisés pour gérer le stress et l’anxiété.

 

Les textes anciens l’affirmaient, désormais, les preuves scientifiques soutiennent de plus en plus l’idée que les composés présents dans ces champignons adaptogènes ont un impact positif sur la santé mentale. Avec un intérêt grandissant pour des approches naturelles, la médecine traditionnelle se marie ainsi harmonieusement avec la science moderne pour soutenir notre bien-être mental et émotionnel, et il devient de plus en plus facile de trouver des compléments alimentaires pour se supplémenter. Bien que ces champignons ne remplacent pas les médicaments prescrits, ils représentent une approche naturelle qui gagne en popularité.

Maelia LEGRAND – Fondatrice Mana LAB

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L’économie bleue : l’innovation au service de la durabilité

L’économie bleue est une notion qui gagne de plus en plus d’attention, offrant des opportunités prometteuses pour transformer l’industrie tout en préservant notre planète. Cette approche novatrice se caractérise par son engagement en faveur de la durabilité et de l’efficacité, remettant en question les conventions économiques établies. Le terme « économie bleue » a été introduit par l’économiste belge Gunter Pauli dans son ouvrage « The Blue Economy » en 2010. Il incarne une vision qui encourage une évaluation continue des actifs, favorisant ainsi une perspective à long terme et la création de richesses durables. De plus, il souligne l’importance de ne pas céder à la désinformation par facilité, et de promouvoir une attitude positive pour relever les défis environnementaux tout en restant lucide.

Un des piliers de l’économie bleue réside dans sa concentration sur la microéconomie, favorisant des initiatives locales qui favorisent la redistribution de la richesse au sein des communautés. Cette approche stimule l’économie locale, génère de l’emploi et réduit les coûts, tout en préservant l’environnement. Le défi ultime posé par l’économie bleue est de satisfaire les besoins de la société tout en respectant les limites de la planète. Des solutions pratiques, locales et durables sont essentielles pour favoriser la régénération de la nature, intégrant des approches innovantes dans tous les secteurs, de l’architecture à la comptabilité. L’économie bleue nous encourage à réfléchir et à agir en vue d’une planète plus propre et plus intelligente, où la nature et l’innovation convergent pour un avenir plus prometteur.

L’avenir de l’économie bleue

L’économie bleue est une philosophie économique qui met en avant une utilisation durable des océans, des mers et des ressources marines. Elle repose sur l’idée que les étendues marines offrent de multiples opportunités économiques qui doivent être exploitées de manière responsable, non seulement pour favoriser la croissance économique, mais aussi pour préserver et protéger l’environnement marin. Les bénéfices de cette approche doivent bénéficier tant à la société qu’à l’environnement.

Les principes de l’économie bleue sont centrés sur la durabilité, l’innovation, la coopération, la promotion de la boucle fermée et la résilience. La durabilité se traduit par une utilisation responsable des ressources marines pour éviter l’épuisement et minimiser les impacts négatifs sur les écosystèmes marins. L’innovation stimule la croissance économique en encourageant de nouvelles technologies, des processus innovants et des modèles commerciaux efficaces. La coopération entre différents secteurs, institutions et parties prenantes est essentielle pour gérer et développer les ressources marines de manière efficace. La promotion de la boucle fermée vise à recycler, réutiliser ou récupérer produits, sous-produits et déchets au lieu de les éliminer, réduisant ainsi la production de déchets. Enfin, l’économie bleue s’attache à renforcer la résilience des écosystèmes marins et des communautés côtières face aux défis environnementaux et économiques.

L’importance de l’économie bleue réside dans sa contribution à la durabilité environnementale, la croissance économique, la sécurité alimentaire, l’innovation technologique et la résilience face aux changements climatiques. Elle promeut des activités telles que l’aquaculture durable, le tourisme côtier et marin responsable, les énergies marines renouvelables, la biotechnologie marine, ainsi que la gestion et la préservation des zones marines protégées. L’économie bleue représente une approche novatrice qui défie les schémas traditionnels pour un avenir où la prospérité économique et la protection de la planète sont étroitement liées.

NOTE PERSO : en bref, l’économie bleue n’est que logique. Allons-nous voir un nouveau label voir le jour ? Ou simplement un nouveau terme un peu tendance pour se donner bonne conscience ? Est-ce que ce sont encore ceux qui savent déjà qui vont se creuser la cervelle pour tenter de faire encore mieux ? Où allons-nous prendre vraiment le taureau par les cornes et couper les couilles des industriels tout en essayant d’éduquer cette partie de la population qui ne fait qu’appliquer ce qu’on lui dit sans réfléchir et avec le plus de fainéantise possible ?

( désolé, j’essaie de rester positif. Mais un jour je vais craquer ! LOL ) 

Danny Marquis

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Un été avec les Leprechauns

Tanis Helliwell se trouvait à un tournant de son histoire personnelle : en rupture sentimentale et professionnelle, elle aspirait « à trouver un sens plus profond à sa vie ». Afin de se retrouver, de se recentrer, de faire le point, elle décida de s’éloigner de son Canada natal et de partir très loin, dans un endroit isolé où elle ne voulait pas être dérangée. Elle mit le cap sur l’Irlande où elle loua un cottage retiré, le temps d’un été. Elle souhaitait s’octroyer une période en retrait afin de tout mettre en œuvre pour atteindre le développement spirituel. « J’avais un but en tête – accéder à l’illumination ». Mais rien ne se déroula comme elle le souhaitait. Dès son installation dans le cottage, elle découvrit qu’il était habité. Un couple de Leprechauns y avait élu domicile avec ses deux enfants. « Vous autres, les êtres humains, vous nous appelez gnomes, gobelins, nains, fées, elfes et leprechauns mais nous sommes tous des êtres élémentaires. C’est notre race, tout comme la vôtre est l’espèce humaine ». Le premier contact fut tendu, les Leprechauns étant sur la défensive en raison du comportement des humains qui détruisent leur habitat. « Les êtres élémentaires avaient une belle vie en Irlande dans […]

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Pensée critique & Low-tech : le Cortecs au festival Apala

« Contre le concept de nature » Faut-il revenir à la traction animale pour éviter d’avoir à utiliser un tracteur ? Voilà un dilemme low-tech qui aurait pu servir d’introduction à la conférence. Si la question est complexe, l’argument consistant à dire que la traction animale serait plus « naturel » semble en tout cas peu satisfaisant ! Et […]
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Vie sauvage

Sur mon balcon, face au Levant, je sirote un café à peine levé.
Le soleil s’élance déjà bien haut. Les beaux jours sont de retour.

Je les vois soudain émerger du tronc de palmier étêté au sommet duquel, c’est confirmé, se préparait une couvée.
Deux petites têtes d’oisillon.
Mon cœur ne fait qu’un bond. Car nous guettions ce moment d’une nichée en suspens.

Creusé depuis le haut, érodé par les intempéries, élargi par picorements, le sommet de ce palmier, promis à un abattage qui ne venait jamais, s’était fait nid naturel. Ne nécessitant pour une couvée aucun effort de construction.

Un goéland y était installé depuis des semaines, dans l’attitude typique de l’oiseau qui couve et protège.
Mais nous étions interrogatifs. Les goélands ont besoin d’une aire importante et haut placée pour les premiers décollages. Des années d’observation nous l’avaient enseigné.
Il nous semblait que des oisillons qui devaient éclore au sommet de ce totem isolé ne pouvaient que se retrouver prisonniers.
J’émis l’hypothèse de leur déplacement ultérieur par les parents vers le futur lieu stratégique de leurs premiers essais de vol. En l’occurrence, les toits de tuile environnants.

Pour l’heure, l’urgence n’était pas là.
Les piaillements aigus réclamaient nourriture.
Les goélands se relayaient, certains en manœuvre d’intimidation incluant mon balcon, sécurisant l’espace de leurs rondes et de leurs cris.

Je préparais un dossier pour mon média dont le titre était « Îlots de reconquête et poches de résilience ».
J’avais d’abord pensé uniquement aux expériences d’écoquartier et de tiers-lieu.
Mais la vie sauvage aussi m’interpellait à nouveau.
Elle était bien là. Sous mes yeux. Au centre même de la cinquième ville de France.
Elle n’était balisée d’aucun parcours pédagogique, aucun guide, ni ne bénéficiait de la surveillance de gardes dûment assermentés.

La vie sauvage s’imposait. 
Malgré notre 5G et les promesses de notre intelligence artificielle. Malgré les NFT et les métavers. 

J’avais déjà été ému de la présence un matin d’un pic-vert martelant ce même palmier-pilier. C’était la toute première vois que j’observais cette espèce en plein centre-ville.
Et pourtant, le petit oasis de verdure en contrebas accueillait une gente ailée des plus variée, outre les goélands et les pigeons : pies, merles, martinets, étourneaux, tourterelles et autres petits passereaux.

La vie sauvage est à nos portes.
Et cela me donne encore de l’espoir.
Le bulldozer anthropique n’a pas encore tout ratissé.
Tout dévasté.
Tout aplani.

Sur les toits environnants, poseurs de tuile et promoteurs aménageurs de comble avaient fait fuir les goélands, habituels locataires de ces pentes tuilées.
En contrebas, l’on mène une opération d’étanchéification du toit d’une ancienne imprimerie.
Dans les alentours, les rues sont éventrées afin que la fée électricité nous serve mieux.
Ça désamiante en tenue de protection, ça perce, ça éventre.
Chaos des marteaux-piqueurs et tourments des perceuses.

Au sommet d’un palmier mort depuis longtemps, un couple de goélands viennent à nouveau d’entrer dans leur vie de jeunes parents.

Vie sauvage.
Telle sera votre raison d’être chers petits oisillons.
Puisse cela être permis aussi longtemps que cette planète sera l’improbable nid du vivant.

Nice, le vendredi 29 avril 2022

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Inventer un monde nouveaucapable de régénérer nos forêts, notre démocratie, nos vies

Eric Aechimann et Pascal Riché dans le dernier numéro du Nouvel Observateur, dressent une belle introduction. Ils énoncent, tous deux, une vérité partagée.  Car comme le dit Descartes : « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée ».

« Nous ne savions pas. Tel est le récit qui prévaut aujourd’hui en matière d’écologie… À l’aube de la modernité, les hommes se seraient engagés dans la déforestation, dans la conquête économique du Sud, dans la course de l’industrialisation, ne pensant qu’au progrès de l’humanité et sans se rendre compte qu’ils altéraient profondément les conditions de vie de notre terre. À croire ce narratif, l’industrie aurait brulé du charbon et du pétrole, dispersé des produits dangereux, intoxiqué par les airs, empoisonné les rivières, souillé les océans… Sans que jamais personnes ne sonnent l’alarme. »

D’après ce récit, le réveil n’aurait commencé qu’au début du XX siècle. Ce qui signifie que désormais, nous serions parfaitement conscients des enjeux des limites planétaires, mais également que nous sommes prêts à les affronter avec détermination.
Or, l’impact du développement économique sur nos milieux naturels ne date pas d’hier. 

  • Dès 1833 ; le poète Alfred de Musset faisait des rimes « tout est balayé sur vos chemins de fer ; tout est beau, tout est grand, mais on meurt dans votre air. »
  • L’état des forêts était suffisamment inquiétant pour que John Muir obtienne la création d’un parc naturel à la fin du XIX siècle. 
  • Quant au mécanisme du réchauffement climatique, il a été découvert par Svante Arrhenius en 1896 (prix Nobel de chimie suédois).

En réalité, 250 ans d’écologie nous ont alertés sur ce qui arriverait ! Ils sont plusieurs à avoir tenté de faire se faire entendre, de porter leur voix auprès du plus grand nombre. Autrement dit, on savait !

Nous faisons l’autruche, la tête dans le sable, obnubilés par nos gains financiers. Et si nous osions lever les yeux ? Et regarder en face les graves conséquences de nos actes ? Car nos visions sont biaisées. 
Le fait par exemple, que le capitalisme soit vanté par des experts comme « le seul modèle qui ait résisté aux différents courants politiques de l’histoire du monde », nous fait fermer les yeux sur les nuisances qu’il produit. Cet excès de confiance en sa permanence et sa résilience, nous conduit également à sous-estimer les risques importants, notamment écologiques, et sociaux, qu’il entraîne. Et comme nous nous sommes remis des précédentes crises, nous croyons pouvoir tenir aisément les effets des futures. 

L’art ? Vecteur d’émerveillement, au service d’une transition !

L’art a toujours été un formidable vecteur de changement. Littérature, spectacle vivant, musique ou cinéma participent à transformer l’imaginaire, notamment sur la question de l’écologie, par le biais de l’émerveillement ou l’anticipation. 

Nous avons besoin dans un premier temps d’un art qui change notre regard sur le monde et qui révèle la raison d’être de l’humanité
Il y a de l’art tout autour de nous ! Nous sommes entourés de poésie, le monde est poétique.
Il faut poser un regard attentif aux choses et un regard lent, pour voir émerger quelque chose de l’ordre du merveilleux. Contempler différemment ce qui nous entoure dans la science, dans le sport, dans une attitude.
Un arbre a des millions de choses à nous dire, une panthère, une montagne également, ainsi qu’une pierre faite d’atome. En effet, tous les protons de cette pierre ont été fabriqués au moment du big bang, ont été transformés dans des étoiles pour fabriquer l’atome particulier que nous avons devant nous, et qui est arrivé jusqu’à la Terre !
Tout à une histoire extrêmement incroyable dans ce monde exceptionnel. Nous sommes également une poésie, composé d’une centaine de milliards de colonies de cellules qui coopèrent de manière inconsciente.

Puis dans un second temps, nous aurons besoin d’un art qui permet de : 

  • Susciter des émotions pour éveiller les consciences et garantir le lien avec la terre.
  • Préserver le patrimoine culturel et naturel avec : la permaculture forestière, l’installation de nichoirs, de ruchers, de lieux d’hébergement pour les insectes, la découverte de fermes paysannes…  Car le paysan c’est l’artisan qui forme le patchwork de nos terroirs.

C’est au monde paysan que nous devons la biodiversité végétale issue de la sélection de semences adaptées à chaque terroir. Petite-fille d’agriculteur, je me souviens de la mission de mon grand-père « nourrir les hommes ». Ceux qui avaient souffert de la faim applaudissaient les politiques nationales d’après-guerre, qui assuraient du pain à tous les Français. 

Pierre Rabhi , disait : « bientôt on ne se souhaitera pas ‘bon appétit’, mais bonne chance ! ». L’homme qui nous nourrit, nous fournit les vitamines et protéines indispensables à notre énergie vitale, est désormais celui qui nous empoissonne… 
Comment en est-on arrivé là ? Tout est une question de choix politique et du modèle que l’on promeut. 

Les artistes peuvent nous inciter à décaler nos points de vue sur l’environnement pour faire évoluer notre impact sur la biodiversité, favoriser sa restauration et valoriser les écosystèmes. En effet, l’art permet de penser autrement notre rapport à la nature. Il peut également nous aider à faire le deuil d’un modèle de civilisation où règne le mot d’ordre : « chacun sauve sa peau ! », sans se soucier du vivant. 

Aristote serait le premier à souligner l’altérité entre l’homme et les autres êtres naturels. Le « phusis » s’oppose à la « techné », tout ce que l’homme fabrique. Et la « techné » ne fait que prolonger la « phusis » et elle est bornée par celle-ci. Elle ne créait pas un ordre propre. (Nouvel Observateur, une pensée écologique).

« L’idée d’un métavers à la Facebook, ça ne marche pas chez Aristote. La technique ne fait que parachever la nature. Il dit même que si la nature engendrait des maisons, elle le ferait comme le font les hommes. L’opposition frontale homme-nature, nature-culture ne viendra qu’avec les modernes (nous) ».

Pour compléter le raisonnement d’Aristote, l’art à un rapport beaucoup plus intuitif à la nature et au monde. Il peut exercer une influence énorme sur d’autres sphères.  
Il peut former et mobiliser les responsables sur le passage d’une logique de compétition à une logique de coopération pour co-construire les solutions de demain. Il peut s’inspirer de la nature, et inspirera en retour les citoyens. On peut penser par exemple au biomimétisme, qui a été pratiqué par des artistes comme Léonard de Vinci, qui a créé des machines volantes en se calquant sur la nature. 
Ce rôle de passeur entre la nature et les êtres humains se retrouve beaucoup dans l’art non occidental, souvent au travers de la figure de l’artiste-chaman. Certaines œuvres ont été révolutionnairesdans le monde de l’art, par leur forme ou le sujet traité. Mais il semble difficile d’imaginer comment l’œuvre peut dépasser ce statut de simple écho d’un monde qui avance sans elle. 

(Crédit photo : Shutterstock)

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