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ATLAS se réinvente en électrique : Boston Dynamics promet des performances accrues

18 avril 2024 à 11:00

Boston Dynamics, leader mondial dans le domaine de la robotique avancée, a annoncé le retrait de son Atlas hydraulique et dévoilé un robot Atlas entièrement électrique conçu pour des applications réelles. Cette nouvelle plateforme représente une évolution significative dans la gamme des robots humanoïdes de l’entreprise, promettant des performances améliorées et une adaptabilité accrue pour résoudre les défis industriels les plus complexes.

Rival d’Olympus, le Tesla bot humanoïde d’Elon Musk, Atlas est initialement un projet de R&D de Boston Dynamics retenu par la DARPA visant la conception d’un robot pour diverses tâches de recherche et de sauvetage. Le premier Atlas avait été présenté au public par Boston Dynamics en juillet 2013 et n’avait cessé d’être d’amélioré comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessous.

En passant d’une technologie hydraulique à une technologie entièrement électrique, l’Atlas électrique offre une plus grande amplitude de mouvement et une capacité de manipulation renforcée, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles applications dans divers secteurs industriels.

Bien qu’Atlas soit un humanoïde, une conception utile pour les robots travaillant dans un monde conçu pour les humains, il est équipé pour se mouvoir avec une efficacité maximale, sans être limité par la biomécanique humaine.

Boston Dynamics déclare :

La version électrique de l’Atlas sera plus puissante, avec une plus grande amplitude de mouvement que n’importe laquelle de nos générations précédentes. Par exemple, notre Atlas hydraulique de dernière génération (HD Atlas) pouvait déjà soulever et manœuvrer une grande variété d’objets lourds et irréguliers ; Nous continuons à nous appuyer sur ces capacités existantes et explorons plusieurs nouvelles variantes de préhenseurs pour répondre à un ensemble diversifié de besoins de manipulation attendus dans les environnements des clients”.

Boston Dynamics a commercialisé avec succès les robots Spot and Stretch. Tout comme il l’a fait pour ce dernier, il va collaborer avec un petit groupe de clients innovants, à commencer par Hyundai, pour tester et itérer les applications Atlas au cours des prochaines années.

ATLAS se réinvente en électrique Boston Dynamics promet des performances accrues

Hugging Face se lance dans un projet de robotique open source

13 mars 2024 à 09:00

Le marché des robots humanoïdes devrait atteindre 8 milliards de dollars d’ici 2030, ce qui explique l’intérêt dans ce secteur des grandes firmes ou de start-ups comme OpenAI qui s’est associé en mars 2023 avec 1X Technologies pour développer NEO, un robot humanoïde alimenté par l’IA. Selon un post de Remi Cadene sur X, Hugging Face se lancerait lui aussi dans un projet robotique, mais open source. 

Passée au rang de licorne après une levée de fonds de 235 millions de dollars en août dernier, Hugging Face, start-up créée à Paris en 2016 mais également basée à New York, se positionne comme une alternative open source à OpenAI. Elle a présenté HuggingChat, comme une alternative open source à ChatGPT et ses Hugging Face Assistants, gratuits et eux aussi open source, lancés il y a un mois, rivalisent avec les GPT du Store d’Open AI. 

Ce qu’appuie Remi Cadene dans son post sur X :

“Après 3 ans @tesla et Optimus, je suis ravi d’annoncer que j’ai rejoint Hugging Face pour lancer un ambitieux projet de robotique ouverte ! (open comme dans open-source, pas comme dans Open AI) A la recherche d’ingénieurs pour construire de vrais robots à Paris.”  

After 3 years @tesla and Optimus, I am thrilled to announce that I joined Hugging Face to start an ambitious open robotics project! (open as in open-source, not as in Open AI) Looking for engineers to build real robots in Paris 🇫🇷 https://t.co/cFuNL4PVI4 🤖🤗 pic.twitter.com/7IkunPXOpX

— Remi Cadene (@RemiCadene) March 7, 2024

Sur son site, on peut lire :

“Je construis des robots de nouvelle génération chez Hugging Face. Auparavant, j’étais chercheur scientifique chez Tesla sur Autopilot et Optimus. Sur le plan académique, j’ai fait des études postdoctorales à l’Université Brown et mon doctorat à la Sorbonne”.

Si Hugging Face n’a pas confirmé pour l’instant, le lien publié renvoie vers une offre d’emploi d’ingénieur en robotique incarnée à Paris. La start-up y stipule :

“Chez Hugging Face, nous pensons que le ML ne doit pas nécessairement se limiter aux ordinateurs et aux serveurs, et c’est pourquoi nous élargissons notre équipe avec une nouvelle opportunité pour un ingénieur en robotique axé sur l’apprentissage automatique/l’IA. 

Dans ce rôle, vous serez responsable de la conception, de la construction et de la maintenance de systèmes robotiques open source et à faible coût qui intègrent les technologies d’IA, en particulier dans l’apprentissage profond et l’IA incarnée. Vous collaborerez en étroite collaboration avec les ingénieurs ML, les chercheurs et les équipes de produits pour développer des solutions innovantes qui repoussent les limites de ce qui est possible en robotique et en IA”.

Hugging-Face-projet-robotique-open-source

Qui est Figure AI, la start-up qui intéresse tant la Silicon Valley ?

28 février 2024 à 11:00

Figure AI, une jeune start-up spécialisée en robotique, a finalisé la semaine dernière une levée de fonds de 675 millions de dollars qui la valorise à près de 2 milliards de dollars. Si la somme est conséquente, ce qui retient l’attention est la participation à ce tour de table de grands noms des entreprises technologiques.

Bloomberg avait révélé le mois dernier que la start-up prévoyait initialement de lever 500 millions de dollars auprès notamment de Microsoft et OpenAI, qui avait d’ailleurs songé à la racheter.

Selon ses informations, Figure AI a réussi à en lever 675 : Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon est l’un des plus gros investisseurs et, via le fonds Explore Investments LLC qu’il dirige, a injecté 100 millions de dollars dans la start-up. Microsoft a démontré son intérêt dans son potentiel en investissant 95 millions de dollars, Nvidia a apporté 50 millions de dollars. Un fonds affilié à Amazon, qui n’est pas directement lié à Jeff Bezos, a également contribué à hauteur de 50 millions de dollars tandis qu’Intel Corp’s Venture Capital a apporté 25 millions de dollars. LG et Samsung ont également participé, OpenAI a investi 5 millions de dollars, montrant ainsi son intérêt pour l’expansion de l’IA dans d’autres domaines technologiques.

Parkway Venture Capital qui avait dirigé une première levée de fonds de 70 millions de dollars de Figure AI en mai 2023 a investi 100 millions de dollars et Align Ventures 90 millions. D’autres sociétés de capital-risque ont également apporté leur contribution : ARK Venture Fund, Aliya Capital Partners, Tamarack, Boscolo Intervest Ltd. et BOLD Capital Partners.

Pourquoi un tel intérêt ?

Basée à Sunnyvale, en Californie, Figure AI a été fondée en 2022 par Brett Adcock qui a recruté des experts en IA, en conception, en matériel informatique et en ingénierie logicielle de Boston Dynamics, Tesla, Apple SPG, IHMC, Cruise. Son objectif est de développer des robots humanoïdes autonomes à usage général pour pallier à la pénurie de main d’oeuvre : “Notre humanoïde est conçu pour un déploiement initial sur le marché du travail afin de répondre à des tâches indésirables ou dangereuses, et de soutenir la chaîne d’approvisionnement et la fabrication à l’échelle mondiale”.

D’autres robots humanoïdes existent déjà, à l’instar d’Optimus de Tesla et Atlas de Boston Dynamics, qui est avant tout un projet de R&D retenu par la DARPA visant la conception d’un robot pour diverses tâches de recherche et de sauvetage. Digit, le robot d’Agility Robotics est par contre déjà testé par Amazon dans ses entrepôts.

Brett Adcock, fondateur et PDG de Figure AI, déclarait l’an passé :

“Les humanoïdes existants aujourd’hui ne sont que des cascades et des démonstrations. Nous voulons sortir de cela et montrer qu’ils peuvent être vraiment utiles”.

Les robots humanoïdes de Figure AI permettent d’automatiser des tâches difficiles, dangereuses ou fastidieuses tout au long du processus de fabrication, ce qui permet aux employés de se concentrer sur des compétences et des processus qui ne peuvent pas être automatisés, ainsi que sur l’amélioration continue de l’efficacité et de la sécurité de la production.

Brett Adcock souligne :

“La robotique à usage unique sature le marché commercial depuis des décennies, mais le potentiel de la robotique à usage général est totalement inexploité. Les robots de Figure permettront aux entreprises d’augmenter leur productivité, de réduire leurs coûts et de créer un environnement plus sûr et plus cohérent”.

Le 18 janvier dernier, il a signé un accord commercial avec BMW Manufacturing pour déployer des robots à usage général dans les environnements de fabrication du constructeur automobile.

Dans la vidéo ci-dessous, on peut voir évoluer Figure 01, dont il avait dévoilé les premières photos en mars 2023.

 

Selon les prévisions, alors que le marché des robots collaboratifs (cobots) était évalué à 475 millions de dollars, il devrait atteindre 8 milliards de dollars d’ici 2030, ce qui explique l’intérêt dans ce secteur des grandes firmes et des start-ups comme OpenAI qui s’est associé en mars 2023 avec 1X Technologies pour développer NEO, un robot humanoïde alimenté par l’IA.

Les Etats-Unis ne sont pas seuls dans la course, la Chine vise une production de masse pour 2025 et entend devenir le leader mondial de ce domaine d’ici à 2027.

Qui est Figure AI, la start-up qui intéresse tant la Silicon Valley

Des chercheurs de l’Université de Tokyo ont développé un robot qui utilise un muscle biologique pour se déplacer

2 février 2024 à 12:00

C’est dans un communiqué de presse que l’Université de Tokyo a révélé que le professeur Shoji Takeuchi et son équipe de la Graduate School of Information Science and Technology ont conçu un robot biohybride bipède, combinant un squelette artificiel avec un muscle biologique, capable de marcher et de pivoter sous l’eau.

Les robots biohybrides ont le potentiel d’apporter des solutions innovantes dans des domaines tels que la médecine, la recherche environnementale ou la robotique molle. Cependant, leur conception et leur utilisation soulèvent également des questions éthiques et de sécurité, notamment en ce qui concerne le contrôle et la manipulation de composants biologiques.

Depuis des années, ils sont le sujet de nombreuses recherches que l’impression 3D a fait progresser. Cependant, jusqu’à présent, ces robots, s’ils marchaient et effectuaient de larges virages, avaient du mal à exécuter des mouvements précis dans des espaces confinés, limitant ainsi leur utilisation pratique, notamment dans les opérations de recherche et de sauvetage.

Le robot développé par le professeur Shoji Takeuchi et son équipe, représente une avancée significative dans ce domaine. Contrairement à ses prédécesseurs, il peut effectuer des mouvements de rotation sur un pied, ce qui lui permet de manœuvrer dans des espaces restreints et de contourner les obstacles avec une grande précision.

Les chercheurs ont détaillé leurs travaux dans la revue Matter. Exposé à l’air, le tissu musculaire se dessèche et perd de son élasticité, le robot a donc été conçu pour être suspendu dans l’eau. Il se compose d’un flotteur pour maintenir une posture droite dans un milieu de culture, d’un corps en polymère qui comprend deux substrats flexibles, des jambes imprimées en 3D et des tissus musculaires squelettiques cultivés à partir de cellules de rat.

Illustration étiquetée et image du robot. Ces images étiquetées montrent le corps flexible du robot, fabriqué à partir de tissu musculaire squelettique et d’un substrat en silicone transparent et flexible, attaché aux jambes et aux pieds lestés imprimés en 3D. ©2024, Kinjo et al/ Matière

Le Pr Takeuchi commente :

“En incorporant des tissus vivants dans le cadre d’un robot, nous pouvons utiliser les fonctions supérieures des organismes vivants. Dans nos dernières recherches, nous avons combiné du tissu musculaire squelettique cultivé en laboratoire avec des jambes artificielles flexibles et des pieds imprimés en 3D. L’utilisation du tissu musculaire pour bouger les jambes nous a permis de créer un petit robot avec des mouvements efficaces et silencieux et un toucher doux”.

Les chercheurs stimulent manuellement chaque jambe du robot à l’aide d’électrodes en or, simulant ainsi les signaux électriques du cerveau pour induire la contraction du tissu musculaire. Cette stimulation, effectuée à des intervalles de cinq secondes, permet au robot de se déplacer à une vitesse de 5,4 millimètres par minute. Bien que cette vitesse puisse sembler modeste, les mouvements de jambes du robot sont comparables à ceux d’autres robots biohybrides, démontrant ainsi son efficacité dans la locomotion.

Le Pr Takeuchi explique :

“Au départ, nous n’étions pas du tout sûrs qu’il était possible de marcher bipède, c’était donc vraiment surprenant quand nous avons réussi. Notre robot biohybride a réussi à effectuer des mouvements vers l’avant et vers l’arrière avec une marche bipède en équilibrant efficacement quatre forces clés : la force contractile musculaire, la force réparatrice du corps flexible, la gravité agissant sur le poids et la flottabilité du flotteur”. 

GIF d’un robot qui marche. Ce GIF accéléré du robot sous l’eau montre les jambes marchant vers l’avant, les contractions musculaires étant stimulées par l’électricité. ©2024, Kinjo et al/ Matière

Bien que le robot soit actuellement limité à un fonctionnement sous l’eau en raison de la sensibilité du muscle cultivé à la déshydratation, les chercheurs envisagent des améliorations futures pour permettre une utilisation sur terre. Des muscles plus épais, dotés de leurs propres réserves de nutriments, pourraient être la clé pour surmonter cette limitation, ouvrant ainsi la voie à une utilisation plus étendue de ces robots dans divers environnements.

Le Pr Takeuchi conclut :

 “Nos résultats offrent des informations précieuses pour l’avancement des robots souples et flexibles alimentés par des tissus musculaires et ont le potentiel de contribuer à une compréhension plus approfondie des mécanismes de locomotion biologique, nous permettant d’imiter davantage les subtilités de la marche humaine dans les robots”.

Références :

“Robot bipède biohybride alimenté par le tissu musculaire squelettique”,
Matter : 26 janvier 2024, doi :10.1016/j.matt.2023.12.035.

Auteurs : Ryuki Kinjo, Yuya Morimoto, Byeongwook Jo, Shoji Takeuchi.

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