The French Philosopher Gabrielle Halpern has spoken at the event WSIS + 20 Forum (World Summit on the Information Society), in Geneva, in Switzerland. Alongside experts, she has participated in a round table devoted to the question of the future of news media.
The Future of News Media: AI, Revenue Models, and Democracy (The UN Brief)
Session 250
Wednesday, 29 May 2024 - 14:00–14:45 (UTC+02:00) Physical (on-site) and Virtual (remote) participation
Hear news media entrepreneurs, media policy academics, and a philosopher, Gabrielle Halpern, have speaken about building the future of journalism.
A conversation around the impact of AI on newsrooms, the global news media landscape, and new revenue models for news media organizations. This round-table has address copyright issues, fact-checking, and discussed what news media organizations are focusing on in order to bring trustworthy, reliable, information to readers on tech policy issues. They also discussed how to train the next generation of journalists and adopting AI tools for research, news production, and fact-checking.
The WSIS event was co-organized by ITU, UNESCO, UNDP and UNCTAD and co-hosted by ITU and the Swiss Confederation.
Suite à des rencontres et de nombreuses visites de terrain en Grèce, dans le cadre de ses travaux de recherche, la philosophe Gabrielle Halpern a conçu et animé plusieurs ateliers de philosophie destinés à des enfants et à des adolescents grecs, dans le cadre du Festival de philosophie organisé par l'Institut français de Grèce.
Pour ce faire, elle a eu la chance de s'appuyer sur l'aide précieuse d'Orphée de Corbière-Kalessis, comédien et metteur en scène, en résidence à l'Institut français. Les enfants et adolescents dont l'âge était situé entre 6 ans et 16 ans ont beaucoup apprécié les jeux, les dessins et les exercices proposés par la philosophe qui souhaitait les faire réfléchir à la thématique de l'intelligence artificielle.
Dessin d'une jeune participante de l'atelier Philo
@DR (Les enfants portent les masques conçus et confectionnés par l'Institut français de Grèce, dans le cadre de son Festival de philosophie).
Petit florilège de réponses:
@DR (Les enfants portent les masques conçus et confectionnés par l'Institut français de Grèce, dans le cadre de son Festival de philosophie).
"Ateliers Philo ludiques autour de l'intelligence artificielle"
=> Quelle est la différence entre les végétaux et les animaux? Quelle est la différence entre les animaux et les êtres humains ? Quelle est la différence entre les êtres humains et les robots? Ces ateliers Philo qui se sont adressés à des enfants et adolescents entre 6 et 16 ans, ont exploré d'une manière ludique et interactive les enjeux de l'intelligence artificielle. Après avoir discuté des frontières qui distinguent les vivants, les participants ont été amenés à réfléchir aux implications de l'intelligence artificielle dans différents contextes. Jeux, devinettes, dessins, exercices en binômes et ateliers d'écriture conçus par la philosophe Gabrielle Halpern ont été mobilisés pour provoquer leur imagination!
@DR
@DR (Les enfants portent les masques conçus et confectionnés par l'Institut français de Grèce, dans le cadre de son Festival de philosophie).
@DR - Photo de la salle "Petit Prince" de l'Institut français de Grèce, à Athènes.
"Les carottes râpées poussent-elles dans les placards ? C’est ce que certains enfants croient, quand ils ne confondent pas les concombres et les courgettes, comme une récente étude l’a montré. Cette méconnaissance est révélatrice d’une terrible tendance de notre société : si nous sommes de plus en plus connectés au virtuel, nous sommes de plus en plus déconnectés du réel. Et l’alimentation fait partie de ce réel ! Cette question ne concerne pas seulement les enfants, mais aussi les adultes. Il y a urgence car elle interroge aussi notre rapport au corps, à la Nature, à autrui et, du cru au cuit, notre relation au temps.
Notre alimentation se révèle en effet aujourd’hui comme le miroir de notre société, de ses fractures, de ses angoisses, de ses fantasmes, de ses angles morts. « Il est tout de même bizarre que ces hommes qui se sont donnés du mal pour fabriquer la nourriture que tu manges, les vêtements que tu portes ou la maison que tu habites, toutes ces choses essentielles pour ta vie, soient tous de parfaits inconnus »[1], écrivait le japonais Genzaburô Yoshino. Nous avons perdu contact avec la Nature, avec la réalité! Combien d’élèves n’auraient jamais vu une vraie vache de leur vie si l’on ne les avait pas emmenés au Salon de l’agriculture ? « Comment donner un sens à sa vie si on ne prête pas attention à son alimentation ? C’est le départ de tout »[2], pour reprendre les mots de Guillaume Gomez, ambassadeur de France pour la gastronomie, l’alimentation et les arts culinaires. « Il faudrait qu’il y ait des petits bacs de potager dans les cours de récréation à l’école pour que les enfants comprennent comment poussent les légumes. Il devrait y avoir des cours de cuisine obligatoires à l’école pour apprendre aux enfants à cuire un œuf, des pâtes. Il ne s’agit pas d’en faire des cuisiniers, mais tout simplement de meilleurs citoyens »[3], écrit-il. Ne faudrait-il pas imaginer un Erasmus agricole en complément du stage professionnel de 3e pour que les enfants reprennent contact avec leur alimentation ? Comment renouer le lien entre les Français et les agriculteurs ?
C’est tout le sens des Journées Nationales de l’Agriculture, qui ont lieu les 7, 8 et 9 juin. Cette édition 2024 a pour thème la question de l’éducation à l’alimentation. Ce bel événement convivial et populaire durant lequel des activités sont proposées partout en France, est l’occasion de revenir sur la place de la nourriture dans nos vies. Comment éduquer à mieux manger ? Mille idées fourmillent, comme en témoigne le succès de la grande consultation citoyenne, lancée en perspective de ces Journées, à l’initiative d’Agridemain, de Make.org et d’Open Agrifood, avec plus de 31000 participants et près de 720 propositions.
Si la France a noué dans le passé une telle relation à la nourriture, - au point que l’on reconnaît un Français au fait qu’il parle de nourriture durant ses repas ! -, c’est peut-être parce que notre pays avait compris combien la cuisine n’était pas seulement une affaire alimentaire, mais une question éminemment civique. Friedrich Nietzsche ne disait-il pas que « tous les préjugés viennent des intestins » ? Renouons avec l’esprit français !"
[1] Genzaburô Yoshino, Et vous, comment vivrez-vous ?, 1937.
[2] Gabrielle Halpern et Guillaume Gomez, « Philosopher et cuisiner : un mélange exquis – Le Chef et la Philosophe », Editions de l’Aube, 2022.
[3] Gabrielle Halpern et Guillaume Gomez, « Philosopher et cuisiner : un mélange exquis – Le Chef et la Philosophe », Editions de l’Aube, 2022.
Cette chronique est présentée par Gabrielle Halpern chaque mardi dans le journal de 12h sur la radio RCJ et vous offre un regard philosophique sur l'actualité.
« Entre autres choses, les élections européennes nous interrogent sur la question de la relation entre les pays européens. D’ailleurs, dans la vie, en règle générale, la question, le sujet, le problème est toujours la question de la relation à l’autre, qu’il s’agisse de la relation à une autre personne, à un autre pays, à une autre entité. C’est la question essentielle qui nous concerne tous et qui a des implications politiques, sociales, familiales, professionnelles ou encore territoriales. Quelle est la juste relation à l’autre ?
Cette question est au cœur de mes travaux de recherche sur l’hybridation, puisque la philosophie de l’hybridation est une éthique de la relation à l’autre. Pour y répondre, la figure du centaure, mi-homme et mi-cheval, qui est la figure emblématique de mon travail, est très utile. Dans le centaure, quelle est la relation entre la partie humaine et la partie chevaline ? Sont-elles dans une relation de fusion où l’on ne sait plus qui est qui ? Sont-elles dans une relation de juxtaposition où elles coexistent, mais chacune mène sa propre vie dans l’indifférence de l’autre ou sont-elles dans une relation d’assimilation, c’est-à-dire qu’il y a une partie qui essaie de prendre le pas sur l’autre et de la faire disparaître?
Si l’on transpose cette réflexion aux questions diplomatiques, cela se traduirait ainsi :
La première diplomatie est celle du miroir : deux pays se comparent dans le but d’effacer leurs différences et de se ressembler… C’est la rencontre d’uniformisation qui mène à la fusion, donc à une forme de disparition de la singularité des deux pays ;
La deuxième diplomatie est celle de la juxtaposition : deux pays coexistent, dans l’indifférence de la relativité. C’est la rencontre qui n’a pas lieu;
La troisième diplomatie est celle de l’assimilation ou de la confrontation : deux pays entrent en concurrence avec l’ambition de faire disparaître l’autre, en l’assimilant. C’est la rencontre qui anéantit l’autre.
Aucune de ces diplomaties n’est la bonne ; or, si vous prenez beaucoup d’exemples actuels ou passés de la diplomatie, vous constaterez que beaucoup se classent dans l’une ou l’autre de ces catégories, comme s’il n’y avait que trois manières pour des cultures, des pays, des êtres, de se rencontrer.
Or, l’hybridation, justement, ce n’est ni la fusion, ni la juxtaposition, ni l’assimilation ; le centaure n’entre dans aucun de ces pièges. Il existe une quatrième voie, qui est que j’appelle la « métamorphose réciproque » [1]: c’est-à-dire que pour obtenir un centaure, il ne suffit pas de mettre un homme sur un cheval, mais il faut que chacune des parties fasse un pas de côté pour aller vers l’autre, se métamorphose au contact de l’autre, et alors seulement il y aura rencontre.
La tierce-diplomatie par l’hybridation peut faire émerger une nouvelle géopolitique. Il ne s’agit ni de fusionner, ni de coexister sans se voir, ni de s’affronter ; mais de s’hybrider, c’est-à-dire d’imaginer une combinaison permettant de se transformer et de se féconder l’un l’autre sans menacer la singularité de chacun. Cette géopolitique de l’hybride pourrait peut-être permettre de repenser les bases des relations entre les pays européens.
Comment penser l’hybridation de l’Europe ? Cela constitue l’un des défis politiques majeurs des prochaines années »…
[1] Gabrielle Halpern, « Tous centaures ! Éloge de l’hybridation », Le Pommier, 2020.
Suite à sa conférence à l'Institut des hautes études de l’éducation et de la formation, à Poitiers, les directeurs des Ecoles Académiques de la Formation Continue de Guadeloupe et de Martinique ont sollicité la philosophe Gabrielle Halpern, afin qu'elle les accompagne dans la construction de leur futur Plan de formation.
A l'issue d'une présentation de ses travaux de recherche auprès de nombreuses parties prenantes des Académies de Guadeloupe et de Martinique, la philosophe Gabrielle Halpern a animé un atelier de réflexion collective réunissant cadres, inspecteurs, chefs d’établissement, enseignants ou encore ingénieurs de formation. Dans ce cadre, ils ont pu imaginer et construire ensemble des réponses et des solutions concrètes aux défis auxquels ils sont confrontés.
A partir de ces pistes opérationnelles et de ses travaux de recherche en philosophie sur l’hybridation[1], la philosophe Gabrielle Halpern a écrit et présenté une étude de prospective, ayant pour objectif d'inspirer l’écriture du futur Plan de Formation Continue des deux Ecoles académiques.
[1]Gabrielle Halpern, « Tous centaures ! Eloge de l’hybridation », Le Pommier, 2022.
Alors que le journal La Tribune Dimanche a préparé un dossier spécial sur la question de l'allongement de la durée de la vie, la philosophe Gabrielle Halpern a pris la parole, afin de partager avec les lecteurs son regard sur cette question, en expliquant ce qui, selon elle, permettrait de donner du sens à ces années supplémentaires.
(Extrait) « Alors que les progrès médicaux permettent d’allonger la durée de la vie, il semble que nous n’ayons pas pris conscience de tout ce que cela pourrait changer dans nos vies, nos activités, nos sociétés et même, notre humanité. Nous luttons contre le temps qui passe et nous repoussons sans cesse la mort, comme pour contourner les malédictions divines : en effet, dans la Bible, les êtres humains sont condamnés au travail et au trépas après qu’ils ont mangé le fruit défendu. Notre rébellion contre la sentence funeste emporte nos destins et l’organisation de nos sociétés, et elle semble justifier le développement de toutes les technologies possibles et de tous les fantasmes transhumanistes.
Or, l’allongement de la vie ne peut pas être un projet individuel et malheureusement, nous poursuivons cette quête sans réflexion ni anticipation... En effet, la collectivité doit nécessairement en être partie prenante, en transformant radicalement les transports, les logements, l’aménagement des territoires, les lieux de loisir, de culture et de soin. Aujourd’hui, l’espace public n’est pas adapté au grand âge. Si les personnes âgées sont condamnées à rester chez elles, l’allongement de la vie sera absurde ; ces années supplémentaires n’auront un sens que si on leur en donne un à l’échelle sociétale (...).
Les mouroirs que constituent encore trop souvent les maisons de retraite sont à réinventer pour devenir des lieux de vie et d’hybridation[1], mêlant les générations et les activités, du sport à l’art en passant par la cuisine ! Pour honorer la vieillesse, encore faudra-t-il aussi la laisser nous transmettre la force de son expérience, au lieu de la mépriser, en la mettant au rebut de nos vies sociale et familiale, et surtout du monde professionnel. Il va nous falloir inventer de nouveaux dispositifs pour donner aux personnes âgées toute leur place dans le monde du travail.
Mais la vieillesse ne peut pas être seulement le temps de la transmission, elle doit être aussi celui de l’apprentissage. Un grand penseur européen, Elias Canetti, rappelait que « la vie est un éternel rétrécissement ». De fait, lorsque l’on est jeune, toutes les portes sont encore ouvertes. A mesure que le temps commet son office, les choix se restreignent et l’on passe progressivement du monde à son pays, puis sa ville, son quartier, son appartement et son fauteuil... Si l’on ne veut pas voir sa vie réduite à peau de chagrin, il faudra apprendre à « jeter son ancre le plus loin possible », comme cette magnifique dame de 92 ans qui se met à apprendre l’allemand ! La mère de toutes les valeurs est la curiosité, puisqu’elle entraîne dans son sillage toutes les autres. Ce ne sont pas les nouvelles technologies qui nous augmenteront, mais nous-mêmes en étant curieux de tout ce que nous ne connaissons pas encore.
État, collectivités, entreprises, société civile, il nous faut collectivement repenser le rôle des aînés pour que la vie ait toujours un sens !"
[1] Gabrielle Halpern, Tous centaures ! Eloge de l’hybridation, Le Pommier, 2020.
La philosophe Gabrielle Halpern est venue à la rencontre des professionnels et des parties prenantes des missions locales de Nouvelle-Aquitaine réunies en séminaire à Jonzac, afin de partager avec eux ses travaux de recherche en philosophie sur l’hybridation.
@crédits photo ARML Nouvelle Aquitaine
[1] Gabrielle Halpern, « Tous centaures ! Eloge de l’hybridation », Le Pommier, 2020.", Gabrielle Halpern
The philosopher Gabrielle Halpern is a guest contributor this week in The UN Brief. An opportunity for her to speak about the Future of Work, drawing attention to a more sustainable and human way of working.
French philosopher Gabrielle Halpern, is recognized among the top intellectual influencers in the country by the economic newspaper L’Opinion, this piece is a reflection on the way which we could transform tomorrow's world of work.
What will be the future of work?
"A crisis of meaning and unhappiness at work, the phenomenon of 'the Great Resignation' or 'quiet quitting', the meteoric rise in the number of self-employed people, the questioning of linear career paths, management, organisational models, places and times...
The world of work has been undergoing a number of upheavals over the last few years, accelerated by the health crisis. What if we had to change everything? What if we had to radically rethink the way work is organised in today's workplaces, whether in companies or government departments? What new approaches should be implemented? What if what we call the “sheltered environment” , where people with disabilities work, was a source of inspiration for what we call the “ordinary environment”? Indeed, it seems that the sheltered environment implies a work culture - and therefore modes of work, management and training - that are different from the ordinary environment, and the aim here is to understand to what extent this approach could help the latter to reinvent itself (…).
During the interviews that have been led with an exploratory sample of participants, a worker with a mental handicap explains that "in the ordinary environment, we are not given the time to do our work, there is such pressure to perform at a fast pace... We don't adapt to each individual's pace. In a sheltered environment, I have time to look up regularly when I'm working to rest my eyes and take care of them, because after a while, when you're at a workstation checking parts, your eyes hurt. I have time to help my colleague if she needs it. I don't count the number of parts checked, what I want is for the job to be done well, even if I do less than the day before or more than tomorrow. I've never learned to rush my work, I don't like to rush my work. And at least after my work, there's nothing to pick up! I'm very slow, but at least when I've finished my work, there's no need to check up on me, I can be trusted. Ordinary companies should accept slow people instead of denigrating them - because the most important thing is quality, not speed, isn't it? The problem with our society is that we don't accept slow people, we push them aside". Work therefore has meaning - significance - as long as it can be done well, as long as the conditions are right for it to be done well. Work has value as long as it can have value, i.e. be quality work. "Workers are fulfilled at the end of the day when they have done their work well and its quality has been recognised", explains a workshop instructor, who accompanies people with disabilities in a sheltered environment. What's the point of working if the conditions aren't right for quality work?The temporal dimension exemplified by this worker is very interesting, because it allows us to question the ordinary environment on its choices of allocation of temporal resources. The right to be slow might be considered impossible in an ordinary ‘mainstream’ company where the economic imperative is productivity; but if you can't afford to lose time doing the work, why do you accept to lose time elsewhere in 'meetings' and in administrative procedures that are often absurd? Doesn't work that's badly done and botched for the sake of productivity lead to wasted time, extra costs, financial losses, damage to customer relations, sick leave, burn-out, staff turnover and recruitment difficulties? Shouldn't every company, every association, every administration and every organisation be looking at how it allocates its time resources? Ultimately, this could give rise to a hypothesis worth exploring - it's what we choose to give time to that reveals what we attach importance to, and therefore what we value. "Well-being is never a waste of time", says one specialist educator, who works in a sheltered environment (…).
Moreover, the French writer Yasmina Reza used to explain that what takes her the longest, when she's writing a book, is finding a job for her characters. It can take her weeks, because "a job is very defining, you spend so much time on it, it determines you"... Does personal identity depend so much on professional identity? This ties in with the philosopher Jean-Paul Sartre's idea that it's our actions that make us who we are, that "actions alone decide what we wanted "that doing is a revelation of being, and that in doing, we make ourselves. This should make managers question themselves… (…).
This study, with its exploratory sample, highlights how far the mainstream workplace still has to go to create the right working conditions, not just for people with disabilities, but for all workers. Ultimately, it is its capacity for hospitality that is being called into question. This raises the question of the future of the company and its model, which, on the one hand, creates exclusion for those considered to be the most vulnerable and, on the other, is abandoned by those considered to be the strongest... Indeed, there are more and more freelancers who have deliberately chosen to work for themselves and most of them are highly qualified and possess rare skills that are particularly prized by companies.Is this the end of the business (or administrative) model as we know it?
In any case, it seems to be at a turning point - either it’s going to take a long hard look at itself, or it’s going to die. Is the trend towards voluntary freelancing a symptom of doubt about the company's ability to create suitable working conditions? In fact, it is revealing its flaws, linked to working relationships, organisation, the distribution and nature of work.
As it stands, the company model seems to be losing its relevance and suggests that it is going to have to radically reinvent itself and also rethink all its functions (human resources director, legal director, financial director, manager, etc.).Through this study, we have been able to observe the space given to self-determination in the sheltered environment, enabling each of the parties involved to take on their responsibilities and thereby demonstrate their trust in the other, to create the conditions for fulfilment and to look to the future.
All these factors contribute to the creation of a social contract that gives meaning to work, value to the human being and strength to the relationship between the individual and the collective. It is this social contract that could inspire the ordinary environment and help it reinvent itself to become... extraordinary?", Gabrielle Halpern
1/ This prospective paper, produced in partnership with Andicat [TN: French National Association of ESATs] and the Occitanie Region's Cité de l'économie et des métiers de demain (Centre for tomorrow's economy and professions), was based on interviews with an exploratory sample of participants, as well as on her research in philosophy on hybridisation.
2/ Sheltered environment places are for example in France the “Supported Employment Establishments and Services (ESATs)” [Translator’s note: ESATs in France are similar to ODEP Alliance members in the USA, BASE members in the UK or ADEs - Australian Disability Enterprises]
To read the entire study in English go here. To read the entire study in French go here.
A l'occasion de ses Troisièmes Rencontres à Dijon, GTTP France a convié la philosophe Gabrielle Halpern. Cette année, le Global Travel & Tourism Partnership a choisi comme thématique: "Oser le Tourisme, c’est oser l’hospitalité !". Gabrielle Halpern a tenu une conférence, afin de partager avec les élèves, les enseignants et les professionnels du tourisme ses travaux de recherche en philosophie sur l'hybridation et leurs implication en matière de tourisme et d'hospitalité des territoires et des acteurs.
[1] Gabrielle Halpern, « Penser l’hospitalité », Editions de l’Aube, 2022 (coécrit avec Cyril Aouzerate).
La philosophe Gabrielle Halpern a été invitée par l’Union régionale des Scop et Scic Auvergne-Rhône-Alpes, à l'occasion de sa soirée de remise des Trophées de la 3ème édition de l'appel à projets Prémices.coop.
[1] Gabrielle Halpern, « Tous centaures ! Eloge de l’hybridation », Le Pommier, 2020.
Cette chronique est présentée par Gabrielle Halpern chaque mardi dans le journal de 12h sur la radio RCJ et vous offre un regard philosophique sur l'actualité.
« Les dernières décennies ont vu affluer de nombreux « prospectivistes » qui définissent leur métier ou leur expertise comme l’art de lire dans le passé ou le présent pour mieux anticiper l’avenir, en partant du postulat suivant : ce qui a été sera et l’Histoire n’est qu’un éternel recommencement. C’est ainsi que des méthodes de prospective se sont démultipliées avec la production massive de « scénarios » censés prédire l’avenir. L’intelligence artificielle générative est d’ailleurs basée sur la même démarche probabiliste à partir de ce qui existe ou a existé…
Or, cette conception passéiste de la prospective a eu deux conséquences néfastes : la première conséquence consiste dans le fait que cette prospective nous enferme dans le passé et que chaque décision se prend en fonction du passé, entretenant ainsi une relation pathologique au temps. Le drame de notre époque est justement que nous soyons sans cesse en train de chercher le sens de notre action dans le passé, comme si le rôle du passé consistait à être une grille de lecture et une justification du présent et du futur[1]. Par exemple, la plupart des plumes politiques, celles qui écrivent les discours pour le compte des décideurs publics, sont des historiens. En tant qu’historiens, ces plumes s’attachent à inscrire systématiquement telle ou telle politique publique, telle ou telle décision, tel ou tel message, dans et par rapport à l’Histoire. Les discours étant censés donner du sens à l’action politique, il est regrettable que le sens soit sans cesse cherché dans le passé. Donner la plume politique à des historiens n’est pas neutre et cela revient à s’empêcher tout simplement d’aller chercher le sens dans l’avenir. Dans de telles conditions, avec un tel culte du passé, considéré comme omnipotent, comment donner aux citoyens le goût de l’avenir ?
La seconde conséquence consiste dans le fait que nous ne savons pas apprendre de nos erreurs : à force d’être convaincus que « ce qui a été sera », nous sommes condamnés à revivre le passé. Cette prospective passéiste entretient donc les identitarismes et les communautarismes passés, les luttes de pouvoir des élus et le désespoir de nos concitoyens. Si l’action publique veut retrouver du sens, elle doit rompre immédiatement avec cette conception malsaine de la prospective et écrire le scénario qu’elle veut proposer aux citoyens. Au lieu de chercher à prédire ce qu’il va se passer, - personne ne le lui demande -, elle doit faire advenir ce qu’elle souhaite voir advenir. L’action publique doit retrouver de la volonté politique et faire de l’imagination la première valeur politique si elle veut être à la hauteur de ce que les citoyens attendent d’elle ».
[1] Gabrielle Halpern, Tous centaures ! Eloge de l’hybridation, Le Pommier, 2020.
The philosopher Gabrielle Halpern is a guest contributor this week in The UN Brief. An opportunity for her to speak about the SDGs, drawing attention to SDG 17, Partnerships.