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84·Typologie Maya (TM) de W.A. Mozart

Topologie Astrale (TA)

Tout d’abord, quelques nouvelles de topologie astrale. J’ai traité à ce jour les 513 demandes reçues. Et, en retour, j’ai reçu 64 notes. D’où le constat évident que quelque chose ne va pas. Car, rappelons que j’ai conçu cet outil dans le but d’éviter de recourir à un horoscope qui demande des années de formation pour être interprété correctement. Les astrologues de tout poil ont donc encore de beaux jours devant eux en termes de clientèle potentielle. Ce n’est pas l’outil de topologie astrale qui viendra leur faire de l’ombre et nuire à leur business. Ainsi, dans cette nouvelle chronique, j’oublie l’astrologie occidentale pour me consacrer à la cosmologie Maya. Car, lorsqu’il s’agit de découvrir son mode de fonctionnement interne, cette cosmologie peut s’avérer être d’un grand secours. L’énorme avantage par rapport à la topologie astrale, c’est que l’on a juste besoin de connaître le jour, le mois et l’année de naissance. Rien d’autre. De plus, on peut faire les calculs à la main sans recourir à un site internet. Dernière chose pour ceux qui suivent mon travail avec Tommi Jack’s sur la musique au diapason de l’eau à 429,62 Hz. Si vous avez lu le preprint de publication scientifique (https://www.preprints.org/manuscript/202401.1231/v1) qui vient d’être accepté pour publication dans le Journal of Humanities and Social Sciences, Vol. 7, Issue 2. Ce journal étant en Open Access complet, l’article sera téléchargeable gratuitement sans avoir à être abonné. L’inconvénient est qu’il faut maintenant réunir 1500 $ pour pouvoir payer les frais d’édition et de mise en ligne sur internet. J’en reparlerai plus loin.

Existence de deux dimensions temporelles

Dans cet article, je confirme, grâce à la théorie des groupes, ce que les peuples Amérindiens avaient déjà pressenti. À savoir qu’il existe deux types de temps. Tout d’abord, le temps des horloges basé le découpage d’une année en 12 mois. Ces mois contiennent une quantité définie de jours, chaque jour étant découpé en 24 heures. Enfin, chaque heure est elle-même formée de 60 minutes et chaque minute de 60 secondes. Depuis la réforme du temps par le pape Grégoire XIII au XVIᵉ siècle, le monde occidental, technologique et guerrier utilise, grâce à l’invention de la montre mécanique, le calendrier dit « grégorien ». Ce fut le moment où les esprits dits « cultivés » adoptèrent la référence dite « 12:60 »avec 12 mois dans l’année et 60 minutes par heure. Parallèlement, ceci coïncida avec la mutation de notre biosphère en technosphère. D’un point de vue astronomique, cela signifiait aussi que le mouvement du Soleil prenait le pas sur le mouvement de la Lune, qui était, auparavant, utilisé de manière massive par les agriculteurs et autres « sauvages » non civilisés qui étaient totalement incapables de fabriquer des montres. Eux, se fondaient sur les différentes phases de la Lune, impliquant un calendrier solaire-lunaire de treize lunes de 28 jours dans une année. Ces 28 jours de la lune représentaient une moyenne entre le cycle synodique (29,5 jours) et le cycle sidéral (27,3 jours), et correspondaient au cycle menstruel féminin. Ainsi, avant l’An 3000 avant notre ère chrétienne, le masculin (Soleil) et le féminin (Lune) vivaient en harmonie, se reconnaissant l’un l’autre en osmose avec des forces naturelles et non artificielles.

Parmi tous ces peuples dits « indigènes », on trouvait un peuple dont l’intention était de léguer à l’humanité un instrument mathématique pour contribuer à son évolution consciente. Cet instrument est leur formule du temps, fondé sur une référence dite « 13:20 », pour 13 tons galactiques et 20 fréquences solaires. Autrement dit, à côté du temps des horloges référencé par le code « 12:60 », qui règle les mouvements spatio-temporels, on savait qu’il existait également, un temps biologique de la conscience référencé par le code « 13:20 ». Cette seconde dimension temporelle de la conscience présente la caractéristique essentielle d’être basée, comme pour la musique, sur des nombres entiers et sur la notion de fractale. C’est-à-dire sur un ensemble de cycles entrelacés qui se répètent et s’étendent à l’infini sur différents niveaux unissant le microcosme au macrocosme. 

C’est à ce niveau que la physique théorique moderne confirme cette nature duale essentielle du temps. Puisque comme on l’explique dans l’article qui va être publié sur la musique et l’eau, les équations de Maxwell qui gouvernent les propriétés des ondes électromagnétiques (et donc de la lumière) sont invariantes sous l’action du groupe de symétries SO(4,2). Dans ce symbolisme mathématique rigoureux, le chiffre ‘2’ concerne directement la notion de temps : un temps mécanique pour la matière et un temps biologique pour la conscience existant dès qu’il existe de l’eau dite « morphogénique ». Quant au chiffre ‘4’, il concerne la notion d’espace avec trois dimensions (gauche/droite, devant/derrière, haut/bas) pour les réflexions, translations et rotations, auxquelles s’ajoute une dimension permettant d’aller du microcosme au macrocosme et vice-versa, via des opérations de dilatation/contraction.

Typologie Maya (TM)

Il découle logiquement de ces considérations que la topologie astrale, référencée sur le code « 12:60 » masculin ou Yang, ne suffit pas pour saisir toute la complexité fractale d’un être humain conscient. Il est impératif de le coupler avec le code Maya « 13:20 » féminin ou Yin, utilisé depuis des millénaires. Cela amène, bien sûr, à réconcilier science moderne matérielle et science antique spirituelle. Comme le code Maya « 13:20 » est largement ignoré dans notre société moderne occidentale, il est peut-être temps de le réhabiliter et surtout de montrer comment il fonctionne. Notons, pour commencer, que comme on oublie le code technique « 12:60 », plus besoin de connaître l’heure exacte de naissance. Ceci est bien sûr un grand soulagement, car il s’agit du talon d’Achille de l’astrologie conventionnelle. Sans une heure de naissance exacte, pas de calcul d’ascendant possible, et risque élevé de se tromper dans l’analyse. Parce que, lorsqu’une femme accouche, elle a autre chose à faire que regarder sa montre. Il revient donc au personnel qui assiste l’accouchement de penser à regarder une horloge lorsque le bébé est complètement sorti du ventre maternel. Mais, l’on pourrait très bien aussi envisager que l’heure de naissance corresponde au moment précis où la tête de nouveau-né pointe à l’air libre. Ou bien, l’heure du premier cri ou de la première respiration autonome du bébé. Et, ne parlons pas des accouchements à problèmes où le personnel, pris dans l’urgence, oublie de noter l’heure exacte…

Par conséquent, premier avantage décisif d’une TM : on se contrefiche de l’heure de naissance. Votre conscience existait avant la naissance et persistera après la mort du corps physique. Et, comme, il y a cette fractalité qui se moque de l’échelle, elle ne peut être que de nature cosmique et universelle. D’où, le deuxième avantage : on se moque éperdument du lieu de naissance… Ne reste que le jour, le mois et l’année de naissance du calendrier Grégorien (code « 12:60 ») qui peuvent aisément être convertis dans le calendrier Maya (code « 13:20 »). 

Existence de 13 tonalités

D’un point de vue du code « 13:20 », on appelle « kin » un nombre compris de 1 à 260, calculable selon des règles mathématiques rigoureuses. Ce kin fait référence à ce que l’on appelle un « holon » qui peut être une structure matérielle pérenne (personne, planète, étoile…), ou temporelle (jour, année, siècle…). Mais, tout d’abord, notons comment le code Maya « 13:20 » se retrouve dans un être humain via l’existence de 13 articulations majeures et de 20 doigts. L’idée première est que ce code s’applique aussi à toute structure matérielle pérenne. Chaque tonalité représente donc un pouvoir que chaque personne détient pour accomplir sa mission. Ce pouvoir détermine la façon d’agir de chaque holon, et son comportement relationnel avec les autres holons. 

Ainsi, la tonalité #1 dite « Magnétique » (un seul point) donne l’action d’attirer dans le but d’unifier. La tonalité #2 (deux points successifs) dite « Lunaire » permet de polariser et de stabiliser, tandis que la troisième, dite « électrique » (trois points successifs) permet d’activer et d’unifier. La tonalité #4 dite « Auto-existante » (4 points consécutifs) est liée à l’action de mesurer afin de pouvoir définir, tandis que la cinquième dite « Harmonique » (un trait) autorise la prise de pouvoir, le commandement. Pour la tonalité #6 dite « Rythmique » (un trait surmonté d’un point), elle autorise à organiser dans le but d’atteindre un équilibre. La septième tonalité, dite « Résonnante » (un trait surmonté de deux points) canalise et inspire, alors que la huitième tonalité #8 dite « Galactique »  (un trait surmonté de trois points) harmonise et modélise. La tonalité #9, dite « Solaire »  (un trait surmonté de 4 points) permet de pulser et de réaliser, alors que la dixième tonalité, dite « Planétaire » (deux traits superposés), cherche à perfectionner et à produire. S’il est possible de produire, il faut aussi logiquement pouvoir dissoudre et s’abandonner. D’où une onzième tonalité (#11) dite « Spectrale » (deux traits superposés et surmontés d’un point). Reste alors la douzième tonalité (#12), dite « cristal »  (deux traits superposés et surmontés de deux points) pour dédier et universaliser. Puis, enfin, la dernière et treizième tonalité (#13) dite « Cosmique »  (deux traits superposés surmontés de trois points) qui permet de confronter et de transcender.

Existence de 20 Archétypes et 260 kins formant le « Tzolkin »

Ces treize tonalités sont censées représenter toute la cosmogénèse, ou comment fut créé notre Univers. Ce sont les différentes formes d’énergies qui donnent la vie. Comme le montre la figure ci-dessous, on peut les considérer comme faisant partie d’une roue à 13 dents animée d’un mouvement de rotation. Cette roue s’appuie sur une seconde roue dentée plus grande, car formée de 20 archétypes ou « glyphes solaires ». Ces archétypes représentent le cycle de respiration du Soleil sous la forme de deux flux. Un premier flux ancrant galactique-karmique (inhalation) où l’énergie circule de Pluton à Mercure, c’est-à-dire de la tribu du Soleil (0) à la tribu de la Lune (9). Suivi d’un second flux solaire-prophétique (exhalation) où l’énergie est renvoyée à Mercure et Pluton. Glyphes allant de la tribu du chien (10) à la tribu de la tempête (19). D’où la génération de 13×20 = 260 pulsations symboliques regroupées sous la forme d’une figure représentant la dynamique de l’énergie universelle. Cette figure binaire et symétrique représentée en bas, à gauche et appelée « Tzolkin » (« tzol » = compte et « kin = jour »), contient deux flux énergétiques de 26 unités chacune codées en vert appelés « portails d’activation galactique ». Ce compte des 260 kins est aussi codifié dans les 9 mois ou lunes (9×28=260) de gestation lors de la reproduction humaine. Ce Tzolkin se synchronise parfaitement, tous les 52 ans, avec le calendrier solaire-lunaire dit des « 13 lunes ».

Dans ce calendrier, le cycle majeur des rythmes naturels est celui de la Terre autour du Soleil (365 jours), mesuré comme 13 lunes de 28 jours (soit 364 jours) plus un « jour hors du temps ». Chaque Lune de 28 jours se divise en 4 semaines parfaites de 7 jours (soit 52 semaines en une année). L’année est aussi divisée en 4 saisons de 91 jours chacune. Ce calendrier, utilisé dès l’Antiquité, considère le lever héliaque de Sirius pour marquer le début de l’année, ce qui correspond au 26 juillet de l’année grégorienne. Il diffère du calendrier Grégorien qui démarre le premier janvier et possède des unités irrégulières avec 12 mois de 28 (parfois 29), 30 et 31 jours selon la date.

Existence de 20 Ondes enchantées et de 5 cellules du temps

Comme tout pulse dans l’univers, on peut aussi voir le Tzolkin comme une entité pulsant selon un rythme de 13 unités constituant ce que l’on appelle une « onde enchantée ». Comme il y a 260 kins dans le Tzolkin, ce dernier est composé de 260/13 = 20 ondes enchantées que l’on peut nommer à partir du glyphe de tonalité magnétique, commençant l’onde. L’expression la plus petite d’un kin est d’un jour et d’une nuit. D’où le fait que la durée minimale d’une onde enchantée est de 13 jours. L’année peut aussi être considérée comme une onde enchantée où chaque kin représente une lune de 28 jours puisque 13×28 = 364. Le jour manquant est appelé « jour hors du temps ». C’est le facteur +1 (365 = 364 + 1) qui transforme le cercle en spirale autorisant mouvement et évolution. On appelle « trajectoire harmonique » un cycle de 20 kins allant du Dragon au Soleil et correspondant à chacune de 20 colonnes du Tzolkin. Dans chaque trajectoire harmonique, on peut identifier 5 cellules temporelles ou « harmoniques » (5 = 20/4) qui sont des cycles de 4 kins allant de la couleur rouge (Est, création, naissance) à la couleur Jaune (sud, expansion, floraison). Entre la couleur rouge et la couleur jaune, on trouve tout d’abord la couleur blanche (nord, stockage) suivie de la couleur bleue (ouest, manifestation, transformation). La couleur verte est un autre facteur +1 qui permet la dissolution afin de pouvoir repartir sur un nouveau cycle de couleurs. Compte tenu de l’existence de 13 tonalités, il y a 65 = 13×5 harmoniques, qui organisent les 20 glyphes avec le pouvoir de « l’auto-circulation ». Chaque cellule du temps a une fonction bien précise et représente une partie du corps humain :

(1) Entrée de l’information galactique : (IMIX, IK, AKBAL, KAN) = Cœur.

(2) Stockage de l’information en mémoire : (CHICCHAN, CIMI, MANIK, LAMAT) = Poumons.

(3) Transformation (processus) de ce qui a été mémorisé : (MULUC, OC, CHUEN, EB) = Foie.

(4) Sortie de l’information transformée : (BEN, IX, MEN, CIB) = Reins.

(5) Matrice incorporant l’intelligence exprimée : (CABAN, ETZNAB, CAUAC, AHAU) = Bassin.

Existence de 5 familles terrestres

On peut également envisager les cinq familles terrestres qui partagent un même code. Il y a ainsi la famille « Portail » qui correspond au pôle Sud et, chez l’être humain, au chakra racine. Cette famille transmet au centre de la Terre l’information magnétique qu’elle reçoit du centre de la galaxie. Ces kins (KAN, MULUC, IX, CAUAC) ont la fonction d’ouvrir les portes et les années. Puis, vient la famille « Polaire » (pôle Nord, et, chez l’être humain, chakra Couronne) qui reçoit l’information du centre de la Terre et la déverse en surface (CHICCHAN, OC, MEN, AHAU). La famille suivante est la famille « Cardinale » (IMIX, CIMI, CHUEN, CIB) qui représente l’hémisphère nord, et, chez l’être humain, le chakra de la gorge. Cette famille transmet l’information à la famille « Centrale » (IK, MANIK, EB, CABAN). Cette dernière famille représente l’Équateur et, chez l’être humain, le chakra du cœur. Son rôle est de transformer et de reconduire l’information reçue. Enfin, la dernière famille « Signal » (AKBAL, LAMAT, BEN, ETZNAB), distille et renvoie l’information dans la galaxie. Elle correspond à l’hémisphère sud et, chez l’être humain, au chakra du plexus solaire.

Existence de 4 clans ou chromatiques

Si l’on considère un classement par couleur, on peut définir quatre clans ou quatre chromatiques. Ainsi, on a le clan du Feu ou chromatique jaune (AHAU, CIB, EB, LAMAT, KAN) qui mûrit la floraison. Chez l’être humain, ce clan correspond à la main droite. C’est ainsi qu’au travers du pouvoir de la floraison, le Feu peut devenir Sang. Ce clan du Sang, ou chromatique rouge (CHICCHAN, IMIX, CABAN, BEN, MULUC), correspond, chez l’être humain, au pied droit. Cette race rouge a pour rôle d’initier la naissance d’une vérité. C’est ainsi qu’au travers du pouvoir de l’eau universelle, le Sang devient la Vérité. Ce clan de la Vérité ou chromatique blanche  (IK, CIMI, OC, IX, ETZNAB) affine l’esprit. Il correspond, chez l’être humain, à la main gauche. Ainsi, au travers du pouvoir de l’intemporalité, la Vérité peut fuser dans le ciel. D’où le dernier Clan du ciel ou chromatique bleue (MEN, AKBAL, MANIK, CHUEN, CAUAC) qui transforme l’abondance, et correspond, chez l’être humain, au pied gauche. Par conséquent, au travers du pouvoir de l’auto-génération, le Ciel redevient Feu et le cycle recommence sans fin.

Calcul de son kin de naissance

Ce qui précède montre que la cosmologie Maya établie sur le code « 13 tonalités : 20 archétypes » place l’être humain de nature terrestre dans un ordre cosmologique qui est simultanément très sophistiqué, logique et naturel. Il nous reste maintenant à exploiter les deux tables données dans la figure ci-dessus et qui permettent, d’accéder, très facilement, à son kin de naissance, moyennant la donnée d’une date. Comme j’ai déjà réalisé et discuté de la topologie astrale de Mozart dans la chronique n° 81, je reprends le même personnage pour établir sa typologie Maya. Je rappelle que Mozart est né le 27 janvier 1756. Peu importe où et à quelle heure. La première chose à faire est d’utiliser la table notée Réf. 1 en cherchant l’année de naissance. Comme la table débute en 1910 et s’achève en 2065, on utilise ici l’existence d’un cycle infini ayant une périodicité de 52 ans. Par conséquent, partant de 1756, je trouve 1756 + 52 = 1808, puis 1808 + 52 = 1860 pour finir à 1860 + 52 = 1912, année qui figure dans la table Réf.1 avec un coefficient de 12. Passons maintenant à la table notée Réf.2. Le mois de janvier y figure avec un coefficient nul, soit un total de 12 + 0 = 12. Pour finir, ajoutons à ce sous-total le jour de naissance. On obtient ainsi le kin : 12 + 27 = 39. Notons que si, d’aventure, on avait atteint un total supérieur à 260, il aurait suffi de retrancher du total la valeur 260 pour arriver à un nombre compris de 1 à 260.

À présent, on se réfère au Tzolkin et l’on cherche où se trouve le kin 39. On constate alors qu’il est situé sur la ligne de la « Tempête bleue » (CAUAC) doté d’une tonalité symbolisée par un double trait surmonté de trois points de type « cosmique ». Une traduction possible de ce kin #39 appelé « Tempête bleue » peut être fournie par les tableaux de la figure ci-dessous :

Interpréter son kin de naissance

En effet, chaque tonalité possède trois mots-clés signifiant son pouvoir, son action et son essence. De même, chaque glyphe possède également trois mots-clés associés à son action, son essence et son pouvoir. Enfin, chacune des cinq cellules temporelles possède son mot-clé, visible à gauche de la table des mots-clés des glyphes. Notons, qu’en dehors du glyphe identité (ici « Tempête bleue), il existe par ailleurs un glyphe « guide », obtenu en consultant la table en haut et à droite intitulée « glyphe guide ». Ainsi, à l’intersection de la ligne « Tempête » et de la tonalité « cosmique », on trouve le glyphe « Nuit bleue ». Grâce à ces différents mots-clés et via phrase type indiquée en haut à gauche, on obtient la traduction suivante :

« Je persiste afin de catalyser, transcendant l’énergie. Je scelle la Matrice de l’auto-génération avec la tonalité Cosmique de la présence. Je suis guidé par le pouvoir de l’abondance. »

Grâce à la typologie Maya, voilà une définition assez précise de la personnalité cosmique de Mozart. Notons également, qu’il est possible d’associer à chaque tonalité une question. Pour Mozart, de tonalité cosmique, la question pourrait être : « Comment être présent à tout ce qui et ? Comment augmenter ma joie et mon amour ? ». La réponse se trouve dans la nature du glyphe associé à cette tonalité. Dans le cas présent, il s’agit du glyphe de la « Nuit bleue » avec pour réponse : « Je catalyse mon énergie pour me régénérer en restant centré ». Grâce à cette figure, il est également possible de trouver l’onde enchantée à laquelle se rattache cette Tempête bleue cosmique. Ainsi, la première onde est de type « rouge » regroupant les kins de 1 à 13. La deuxième onde est de type « blanche » regroupant les kins allant de 14 à 26. Avec un kin de 39, l’onde enchantée concernant Mozart est donc de type « bleue » puisqu’elle regroupe les kins de 27 à 39. Cette onde démarrant au kin #27 est donc appelée « Onde enchantée de la Main Bleue Magnétique » qui possède le pouvoir de la « réalisation ».

Kins analogue, antipode et occulte

Allons maintenant, un peu plus loin dans la compréhension de la personnalité de Mozart. Pour cela, on peut évaluer son glyphe « analogue » qui représente l’énergie qui encourage et accompagne Mozart. Ce glyphe « analogue » est obtenu en soustrayant de la valeur 19, la valeur du glyphe de naissance. Si le chiffre obtenu est nul ou négatif, on rajoute la valeur 20. Soit 19 – 19 = 0 et 0 + 20 = 20, qui correspond au glyphe du Soleil jaune qui illumine le feu universel et représente la vie. Il y a également le glyphe « antipode » qui représente l’énergie avec laquelle Mozart est le plus en conflit. C’est le glyphe qui provoque et aide donc à évoluer en réveillant les mémoires afin d’amener à une prise de conscience. On l’obtient en ajoutant ou en soustrayant la valeur 10 au glyphe de naissance. Ici, on a 19 – 10 = 9, correspondant à la Lune rouge qui purifie le flux d’eau universelle. Enfin, il y a le glyphe occulte qui correspond à l’énergie qui sommeille en profondeur et qui est non contrôlable, car pouvant surgir à tout moment sans prévenir. Ce glyphe correspond aussi à ce que les autres voient de vous et ce qu’ils voient d’eux à travers vous. On l’obtient en soustrayant de la valeur 21, la valeur du glyphe de naissance, soit 21 – 19 = 2, et qui correspond au glyphe « Vent blanc ». C’est le glyphe du souffle qui communique l’esprit. Notons qu’ici la tonalité change également et se calcule en soustrayant, de la valeur 14, la tonalité électrique de naissance, soit 14 – 13 = 1, et donc, une tonalité occulte magnétique qui unifie le but par attraction.

Château et Famille terrestre

Voilà, vous avez maintenant en main deux outils performants : la topologie astrale (TA) et la typologie maya (TM). Ils devraient vous permettre d’apprendre à mieux vous connaître. Sentez-vous libre de choisir l’outil qui vous convient le mieux. J’ajouterai que, comme pour une TA, j’ai créé un logiciel qui crée une TM et la résume sur une page de format A4. Voici ce que cela donne pour Mozart.

Typologie Maya de W. A. Mozart
Typologie Maya de W. A. Mozart

On y retrouve la plupart des éléments discutés précédemment, avec quelques mots-clés et phrases clés supplémentaires pour bien saisir le sens des différents kins, glyphes et tonalités. Deux informations supplémentaires sont aussi disponible. Comme on l’a vu, chacune des 20 ondes enchantées regroupent 13 kins successifs (13×20 = 260). D’autre part, il existe un code à cinq couleurs : rouge pour la création, blanc pour le stockage, bleu pour la manifestation, jaune pour l’expansion et vert pour la dissolution. D’où l’idée de regrouper les ondes enchantées en cinq cycles de quatre ondes. Chaque ensemble de 4 ondes donne donc une composition de 52 kins. Les cinq cycles sont les 5 Châteaux. Chaque château possède une couleur symbolisant sa fonction. Les 4 premiers sont rouges (Est), blancs (nord), bleus (ouest), jaunes (sud), les couleurs primaires des glyphes et le cinquième, qui est la symbiose des 4, le facteur +1 d’évolution, est vert, comme le jour hors du temps… C’est ainsi que l’onde enchantée de la main bleue qui contient le kin #39 de Mozart appartient au château rouge de l’est qui est associé à tout ce qui est le point de naître. Comme le Tzolkin se synchronise avec le calendrier des treize lunes tous les 52 ans, ces cycles de 52 ans sont aussi assimilés aux châteaux puisque 52 = 260/5. 

Sachant que le début de l’année Maya est fixé au 26 juillet de l’année grégorienne, on peut, aussi, calculer, pour Mozart, né le 27/01/1756, le kin de son année de naissance Maya à la date du 26/07/1755. On trouve ici le kin #114 qui correspond au magicien blanc planétaire (IX) appartenant à la famille Portail dont le rôle est de transmettre l’information galactique vers le centre de la Terre. D’où une alternance entre les quatre glyphes (IX, CAUAC, KAN et MULUC), toujours dans cet ordre, d’une année à l’autre. Par conséquent, si au 26/07/1755 Mozart était sous la tutelle du magicien blanc (IX), il est passé au 26/07/1756 sous la tutelle de la tempête bleue (CAUAC). Puis, au 26/07/1757, il passa sous la tutelle de la graine jaune (KAN) et, finalement, au 26/07/1758 sous la tutelle de la lune rouge (MULUC). Et, ainsi de suite jusqu’à son décès, survenu le 5/12/1791, sous la tutelle de la lune rouge.

Conclusion

L’avantage d’une TM par rapport à une TA, c’est qu’elle apporte des réponses précises à un questionnement crucial pour tout être : « Pour quelle(s) raisons me suis-je incarné sur la planète Terre et quelle est la nature exacte de la mission qui m’a été confiée à cette occasion ? Pour Mozart, une réponse possible se trouve dans la phrase-clé située en dessous du dessin de son kin de naissance : « Je persiste afin de catalyser, transcendant l’énergie. Je scelle la Matrice de l’auto-génération avec la tonalité Cosmique de la présence. Je suis guidé par le pouvoir de l’abondance ». Analysons cette phrase à la lumière de ce que l’on connaît sur la musique de ce prodige. Faisant partie de la famille « Portail », Mozart peut transporter jusqu’au centre de la Terre, l’information magnétique captée par sa conscience qu’il reçoit du centre de la galaxie. De plus, la lune rouge appartient à la cellule du temps #3 qui autorise Mozart à transformer cette information. Et, comme cette lune rouge fait partie du clan du sang (chromatique rouge), cette transformation permet d’initier la naissance d’une vérité qu’il exprimera sous une forme musicale. Ce faisant, il purifie ce flux musical avec l’eau universelle cosmique dans le but d’obtenir une musique fluide comme de l’eau (voir, par exemple, l’Andante de la sonate n° 15 en Fa majeur, K533 II, disponible au diapason de l’eau (https://tommijacks.bandcamp.com/track/sonata-n-15-f-major-k-533-ii-andante-de-mozart-by-tj). De plus, en raison de la tonalité cosmique de son kin de naissance, Mozart est aussi, par essence, très présent dans ce qu’il réalise. 

Ceci n’est, bien sûr, qu’un exemple. Et, c’est à chacun de calculer son kin de naissance avec les règles données ici pour avoir sa phrase-clé affirmative. Pour toutes celles et ceux qui disposent déjà d’une TA, il m’est très facile de faire tourner le logiciel puisque je dispose d’une date de naissance et d’une adresse e-mail. Pour les personnes qui le souhaitent, ils peuvent également m’envoyer à l’e-mail : natureauquant@gmail.com, une photo pour bien personnaliser leur TM. Reste la motivation à faire ce travail ingrat pour 513 personnes. C’est ici que je reviens sur la publication de l’article dédié au support théorique des musiques au diapason de l’eau. En effet, les caisses de l’association Natur’Eau Quant sont actuellement bien vides, et il faut trouver très rapidement la somme de 1500 $ pour que le papier soit publié. Par conséquent, dorénavant, toute demande de TA ou de TM devra être accompagné d’un don à l’association qu’elle puisse sortir du rouge. Peu importe la somme. Chacun donne en fonction de ses moyens. En retour, ceux qui disposent déjà d’une TA recevront leur TM au format PDF. Pour les petits nouveaux, ils pourront recevoir les deux (TA et TM) à condition de faire deux dons séparés. Là aussi, la somme donnée importe peu, seule l’intention compte.

Enfin, pour ceux qui ne veulent pas faire de don, ils ont tous les moyens en main pour calculer leur TM, ou bien aller sur internet. Voici trois adresses sur lesquelles je me suis fortement appuyé pour rédiger cette chronique, et qui vous permettront d’être autonome : 

https://synchronometre.blogspot.com/

https://volublog.blogspot.com/2018/03/le-tzolkin-les-bases.html

https://volublog.blogspot.com/2018/03/le-tzolkin-pratiques-personnelles.html

Enfin, pour faire un don :

https://www.helloasso.com/associations/natur-eau-quant/formulaires/1

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Le sport pour quoi faire ?

Enseignant d’Éducation physique et sportive et titulaire d’un master II en philosophie, Fabien Ollier dirige la revue Quel Sport ? et a écrit plusieurs ouvrages de critique radicale du sport et des Jeux olympiques. Avec une constante : la critique radicale du sport. Il nous explique pourquoi, et en quoi il est indispensable de dissocier le sport spectacle de compétition, de l’activité physique libre.

Article publié initialement en mars 2018

L’âge de faire : Nous vivons dans une société qui valorise le sport et conseille à tout un chacun de le pratiquer. De votre côté, vous critiquez radicalement le sport. Pourquoi ?
Fabien Ollier : Il faut sans doute commencer par définir précisément le sport, qui n’a véritablement plus rien à voir avec le jeu libre, ni même avec une activité physique plus ou moins autonome. La définition retenue par le Conseil d’État est instructive : il s’agit d’un « système institutionnalisé de pratiques compétitives à dominante physique réglementées universellement qui a pour finalité l’émergence du champion, du record, de l’exploit grâce à la mesure normalisée, à la comparaison permanente et à la confrontation mondialisée des individus ». C’est effectivement ce qui caractérise pleinement le sport. Je pourrais ajouter, dans la continuité de cette définition, que le sport apparaît véritablement comme l’arène au sein de laquelle des marchandises mortes sont animées par des marchandises vivantes et consentantes. À bas niveau, des foot-balleurs vont animer des marques de savonnettes, et à haut niveau, ils animeront les marchandises de grandes multinationales. Le sport développe partout le stade suprême de la marchandisation capitaliste. Il n’en est pas seulement le reflet passif.

À quelle période a eu lieu le glissement vers cette marchandisation ?
F.O. : Il n’y a pas eu véritablement de glissement. En fait, le sport, depuis qu’il a été institutionnalisé en Angleterre, à la fin du XVIIIe siècle, est éminemment lié aux enjeux financiers, notamment aux paris. La gentry anglaise (petite noblesse, Ndlr) va encourager
et gérer des courses de chevaux, des combats de chiens, de coqs, et aussi des courses et des combats d’employés. Et cette gentry va systématiser la pratique des paris. Très rapidement, un marché s’est organisé autour de ces spectacles, qui ont été de plus en plus codifiés, structurés en championnats. Tout cela a ensuite été vectorisé par les pratiques de records, de rendement physique, d’entraînements de plus en plus méticuleux.
Et, évidemment, l’ensemble a été dès le départ rongé par des magouilles, des ententes mafieuses et des tricheries. On est toujours dans cet imaginaire là.

Le sport est-il un extrémisme ?
F.O. : En fin de compte, le sport est au carrefour de trois imaginaires sociaux extrêmes : l’imaginaire capitaliste, avec ses principes de rendement, de compétition pour la compétition, d’amélioration illimitée de la performance ; l’imaginaire technologique, avec son obsession du dépassement permanent des capacités du corps humain et son idéologie de la robotisation scientifiquement assistée ; et, enfin, l’imaginaire fasciste, par le fait que le sport n’existerait pas sans une forme d’anthropométrie complètement totalitaire. L’idée consiste à déterminer par des mesures maniaques qui est le premier, qui est le deuxième, qui est le troisième, dans le but de hiérarchiser, de classer les individus. En somme, c’est la mise en œuvre à vaste échelle d’une discrimination physique des individus les uns par rapport aux autres. On est loin de l’imaginaire démocratique ! De manière plus ou moins consciente, spectateurs et pratiquants de sport intègrent ainsi le fait que les femmes sont moins fortes que les hommes, que les valides courent plus vite que les handicapés, que les Noirs jouent mieux au basket que les Blancs mais savent moins bien nager, etc. Il y a là la diffusion plus ou moins subliminale de cette racialisation et de cette typification des capacités de chacun.

Le sport serait donc indissociable de ces valeurs fascistes ?
F.O. : Tout à fait, dès le moment où on le caractérise tel que le fait le Conseil d’État, c’est-à-dire en le liant à une compétition entre individus, au principe du record, et à une bureaucratie mise en place pour déterminer, sur de longues périodes, qui reste le premier à tous les niveaux – au niveau du village comme au niveau mondial. C’est la mythologie du surhomme qui traverse le sport de fond en comble. Il s’agit d’une arène totalitaire de néo-gladiateurs, d’une sorte de guerre concurrentielle permanente (les fascistes étaient adeptes du « life for struggle », « la vie pour le combat »), pour toujours savoir qui est le champion, qui est le meilleur ou le plus fort, qui pisse le plus loin. Ce système unifié repose sur une bureaucratie aisément corruptible (des permanents, des technocrates, des gestionnaires, des managers, des « experts », etc.), des capitaux importants optimisés fiscalement dans des sociétés offshore (fonds d’investissement, partenariats commerciaux, sponsors, caisses noires, etc.) et des techniques de propagande de masse (spectacles, publicité, exhibitions, mythes, bavardages, etc.). C’est une machine monstrueuse qui enfante des monstres.

Mais le sport fait aussi très bon ménage avec le libéralisme.

F.O : Si on devait caractériser politiquement le sport, on dirait qu’il est de droite extrême, voire d’extrême droite, parce que le lien social qu’il crée dans la cité repose sur des valeurs traditionnellement défendues par ce spectre politique : performance, rentabilité, compétition, militarisation du corps, soumission aux chefs, culte des héros, sacrifice de soi pour la nation. L’idée dominante est que, naturellement en l’humain, serait présente la nécessité de se battre contre son prochain, d’être meilleur que lui. Cette logique sportive est donc aussi une logique d’élimination, d’exclusion. Il n’y a pas de sport s’il n’y a pas d’éliminés, de classement, de déclassement, de reclassement, et donc de stress compétitif permanent pour pouvoir maintenir sa place. Le sport c’est empêcher que l’autre en fasse ! Car si l’on n’est plus à cette place, c’est que quelqu’un nous l’a prise, et il faut alors se battre pour la récupérer sans quoi on perd le prestige, la reconnaissance, et, pour les professionnels, le salaire qui va avec. Cette logique d’élimination rentre complètement en congruence avec les politiques ultralibérales actuelles. Des politiques mues par un principe d’entreprise, de réussite personnelle, d’exploit, et de rentabilisation de son capital-corps pour produire du fric. Le sport est finalement la continuation de l’extraction laborieuse de la plus-value, dans le domaine du loisir.

Il faut reconnaître aux clubs sportifs qu’ils jouent un rôle majeur dans l’animation des villages et quartiers, que ce sont des lieux de vie collective. Si on va au bout de la critique, il faudrait s’en débarrasser ? Par quoi les remplacer alors ?
F.O. : La question de la substitution de la pratique sportive par une autre n’est pas à réfléchir en dehors de la transformation d’ensemble de la société. Le sport, en ce qu’il a d’extrêmement dominant, est très fortement lié au système capitaliste. Le mode de production du corps sportif est l’alpha et l’oméga du mode de production capitaliste. Donc, la question qui se pose, c’est plutôt quel corps pour quelle société ? Moi, je me refuse à « utopiser » sur des pratiques alternatives, car le nœud du problème n’est pas tant d’imaginer ces pratiques que d’empêcher que les clubs sportifs qui véhiculent toute l’idéologie dont j’ai parlé précédemment se répandent comme des champignons après la pluie.
Et, dans le contexte des JO de 2024, la tâche sera rude. La structuration de toutes les institutions pour faire émerger les champions va être très importante. Je pense donc qu’il faut d’abord résister, contrer, déconstruire et pourquoi pas – je suis pour – détruire les clubs sportifs, tout cela dans une volonté de transformation radicale de la société. Bien avant de mener des petites aventures à travers des clubs de sport alternatifs, libertaires, ou autres qui ne mènent nulle part sauf à disperser les forces de la contestation. Ces initiatives sont parfois sympas, mais n’ont aucun avenir : tant que le sport institutionnalisé existera, c’est lui qui captera toutes les ressources, à la fois naturelles, mentales, idéologiques et financières.

Pour finir, comment vous qualifiez une partie de foot improvisée dans un parc public entre des adultes amis, consentants et n’ayant pas d’autre objectif que de s’amuser ?
F.O. : Il ne faut pas confondre ce qui relève d’une activité physique libre et ce qui relève du sport moderne institutionnalisé de compétition. Aujourd’hui, tout le monde veut que le sport soit tout : dès qu’on bouge et qu’on transpire, on dit qu’on fait du « sport ». On qualifie même l’activité sexuelle de « sport en chambre ». Or, si tout sport est bien une activité corporelle, toute activité corporelle n’est pas du sport. Aller nager de temps en temps, aller faire une
balade en vélo, faire un jeu de balle avec des amis, ce n’est pas du sport. Mais il faut bien comprendre que le sport est devenu l’institution dominante qui contrôle le corps. Elle est dominante parce qu’elle a les moyens financiers pour cela. Et au final, des amis qui vou-
draient aujourd’hui faire une partie de foot dans un parc, même s’ils avaient l’intention de s’amuser, vont spontanément remettre en circulation des caractéristiques dominantes du football. Ou alors, ils doivent véritablement avoir le désir de déconstruire l’activité dominante qu’est le foot aujourd’hui.

Propos recueillis par Nicolas Bérard

> Fabien Ollier a notamment écrit : – Idéologies nouvelles du corps. Le corps mystifié, Alboussière, QS ? Éditions, 2017.
L’idéologie sportive. Chiens de garde, courtisans et idiots utiles du sport,
Paris, L’Echappée, 2014.
La maladie infantile du Parti communiste français : le sport (2 tomes), Paris, L’Harmattan, 2003-2004.
Le Livre noir des JO de Pékin. Pourquoi il faut boycotter les Jeux de la honte, Saint Victor d’épine, City éditions, 2008.
Footmania. Critique d’un phénomène totalitaire, Paris, Homnisphères, 2007.

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Se nourrir du Prana


Nicolas de Flüe, se nourrir de prana.

Nicolas de Flüe (XVème siècle), un inédie avéré


I/ De la science à la métaphysique


Nous allons aborder un sujet des plus brulants dans cet article, en effet, le regard que portent les biologistes sur la réalité de cette notion tend à être dénigré avant même d'établir un protocole de validation. L'inédie, le respirationisme ou encore se nourrir de Prana désigne sous plusieurs termes un champ d'application dans lequel une personne s'abstiendrait totalement de nourriture et de boisson. Cette personne est censée vivre sans se nourrir pendant plusieurs semaines, mois ou années. C'est une chose impensable en biologie puisque le corps humain est perçu comme une machine, comme tout corps vivant, il lui faut donc de l'énergie afin qu'il puisse fonctionner et se mouvoir correctement. Cette énergie est ingurgitée grâce aux aliments que l'on avale ainsi qu'aux différents liquides que nous buvons. Si l'on prive le corps humain d'énergie, le corps de la personne se détériorera, s'affaiblira et puis mourra. Cette vision du corps-machine ne peut exister que dans un système de représentation dans lequel chaque être vivant agirait comme un automate, la conscience qui activerait le corps est donc perçue comme un ensemble de sécrétion moléculaire dû à l'activité neuronale, et, que, par conséquent, toute conscience est de nature organique et disparaitrait avec ce dernier. Une telle représentation se fonde également dans un système clôt, autrement dit chaque conscience aurait besoin d'apport énergétique extérieur, en outre la nourriture que nous ingurgitons, afin que la machinerie organique puisse se mettre en marche. Le corps-machine-moléculaire s'applique à démontrer que l'ensemble des activités biologiques s'appuie sur les mêmes principes que la thermodynamique élaborée par les ingénieurs et les physiciens du XIXème siècle. Nous allons donc nous attarder sur la thermodynamique pour mieux revenir à notre sujet.


La thermodynamique du XIXème siècle se définit comme la science de l'équilibre dont la teneur et l'aboutissement n'existent que dans un milieu fermé, c'est-à-dire que les deux premières lois qui en découlent doivent s'entendre dans un système clôt. Le fondement même de la thermodynamique est l'énergie, mais qu'est-ce que l'énergie? Le mot énergie vient du grec energeia qui signifie "force en action" c’est-à-dire capacité à produire un mouvement. Ainsi un corps qui possède de l’énergie cinétique peut continuer, de lui-même, son mouvement au moins sur une certaine distance même dans un milieu résistant. Pour un système en état d'équilibre où les variables d'état sont constantes et uniformes, donc statique, l'énergie interne du sytème est une fonction de celles-ci.


Qu'elles sont les deux premières lois de la thermodynamique?


La première loi de la thermodynamique est la loi de la conservation de l’énergie. Elle stipule que l'énergie d’un système ne change pas peu importe les évolutions que subit ce système. Cette loi est un fondement de la logique scientifique et permet à prédire la direction que prendra un système. Le deuxième principe de la thermodynamique stipule que le désordre dans tout système isolé croît inévitablement et irréversiblement avec le temps. Il explique pourquoi il faut se nourrir régulièrement, faire le plein d’essence à chaque fois pour rouler, pourquoi une boisson chaude se refroidit, ou encore pourquoi le temps s'écoule dans une direction et non dans l'autre, et pourquoi toute forme d'organisation meurt un jour. Tout comme pour la première loi, on n'échappe pas à la deuxième. La création spontanée d'énergie n'existe pas.


A partir des connaissances des lois de la thermodynamique en état d'équilibre, statique et fermé, la biologie moléculaire s'est inscrite dans cette représentation afin d'élaborer son homme-machine. Nous pouvons également nous apercevoir que la physique d'Aristote est à la source de cette représentation de la matière. En effet, le philosophe Aristote a construit un univers dans lequel chaque élément qui le constitue ne peut se mouvoir qu'à condition qu'un élément premier impulse la machinerie cosmique, ce qui implique un Moteur immobile propulsant les éléments constitutifs de la matière. Le Moteur immobile ("Celui qui bouge sans être mû" dans les textes d'Aristote) est définit comme la Cause première (Prima causa), et se tient hors de porté de l'espace-temps et de la matière. Le Moteur immobile fait mouvoir les autres éléments sans être lui-même mû par une action initiale. Bien que la biologie actuelle rejette toute idée d'un Principe transcendant, le corps humain découle bien de cette représentation aristotélicienne du mouvement. Ce qui n'est pas dit, et ce qui reste une énigme en biologie, c'est l'origine même de l'organisation structurelle des organismes vivants. Pour quelle raison l'ordre se manifeste et qu'il y a constance de l'organisation structurelle d'un organisme vivant? Les chimistes et les physiologistes sont au coeur d'une bataille car ni l'une ni l'autre branche de la biologie ne sait répondre à cette question. Aristote aurait répondu par une évidence, c'est grâce au Moteur immobile. Par conséquent, la préservation de l'ordre d'un organisme durant toute une vie reste une interrogation actuelle en biologie. Il nous faut ajouter qu'à côté de cet homme-machine s'élabora en biologie un homme-moléculaire-chimique dans lequel toutes les interactions organiques dépendent d'une physique aristotélicienne, une molécule en active une autre et ainsi de suite. En conséquence, la perception qu'ont les biologistes de l'énergie découle d'une compréhension aristéto-newtonienne du corps en mouvement sans que cette branche de la science n'est pu intégrer le bouleversement qu'apporta Albert Einstein, ni même la physique quantique du XXème siècle. Notre biologie moléculaire de notre époque est donc prisonnière du corps-machine-chimique datant de Newton (XVIIIème siècle), car la physique de Newton s'ancre dans la physique d'Aristote.

Suite à cette explication, il nous faut entrevoir que le XIXème siècle à engendrer également deux matières qui restent actuellement inconciliable en science. D'une part les physiciens s'occupent d'une matière dite inerte et d'autre part les biologistes s'accaparent une matière dite organique, la différence entre les deux matières est que l'une est morte et statique, objet des expériences physiques, tandis que l'autre est vivante, matière constitutive des êtres vivants. Toute la question de l'origine de la vie tient entre ces deux matières, puisque il est annoncé que notre univers découle d'une matière inerte, morte et statique, dans lequel fut injecté de l'énergie depuis la Singularité Initiale du Big Bang, et de l'autre existe des corps-machine-chimique s'activant dans une matière vivante et dont l'énergie du mouvement est rendu possible par l'ingestion d'aliment. Les prédictions de l'avenir de l'univers et des corps vivants dépendent donc des lois de la thermodynamique, l'énergie tend vers une direction prédéfinit par ces mêmes lois. En conclusion, dans cette représentation du monde et de l'homme il est impossible de se nourrir de Prana, d'ailleurs le Prana reste une fantasmagorie.


La révolution de cet univers plat, statique, et sans apport énergétique proviendra des nouvelle découvertes sur la thermodynamique d'Ilya Prigogine. Ce chimiste et physicien du XXème siècle poursuivit les travaux du XIXème siècle et mit en place des études en système ouvert et dynamique des fluctuations de l'énergie, et dans lequel des structures dissipatives se mettaient en mouvement. Ce sont des structures stationnaires hors d’équilibre où la dissipation d’énergie entretient une organisation locale, c'est la naissance de l'auto-organisation et des propriétés émergeantes. Toutes ces études soulignèrent l’importance des rétroactions, des non-linéarités et du caractère ouvert et hors d’équilibre des systèmes pour qu’il y apparaisse des formes stables et reproductibles sans plan d’ensemble, ni prescription extérieure. Désormais, il faut penser l'ordre et l'organisation comme une mise en mouvement d'une énergie en apport constant, qui agirait en système ouvert et dynamique, et qui produirait des auto-organisations. Tout système découle d'une certaine relation entre ses éléments et produirait une organisation singulière dont l'état d'équilibre dépendrait de l'apport constant d'énergie. L'équilibre résulterait d'une distribution non linéaire de l'énergie, dès lors ce ne sont plus les éléments du système qui importe le plus mais c'est la relation qu'ils tissent qui prime. Si l'énergie change en intensité, la relation entre les éléments du sytème s'en trouverait bousculé et l'organisation se transformerait. Dans ce système ouvert, il existe un seuil de tolérance où l'organisation d'un système est préservée jusqu'à un certain apport d'énergie. Si l'énergie dépasse le seuil, alors c'est l'ensemble du système qui s'en trouve bouleversé.


Toute la compréhension de notre questionnement initiale se tient en fait dans cette énergie et de son apport dans un système. Il est donc capital d'en comprendre toutes ses attaches scientifiques. Nous resterons dans les grandes lignes puisque ce sujet demanderait à lui tout seul une étude approfondie, ce qui ne peut être fait dans cet article.


Nous entrevoyons dans l'énergie non seulement cette énergie palpable et tangible, mesurable, bien que ce soit une notion parfaitement abstraite, mais aussi une énergie impalpable dont cette même énergie sensible en serait la part émergente. Il en est de même pour l'ensemble des observations physiques et biologiques de la matière, toute notre science tient de l'observation et du mesurable, en conséquence tout immesurable apparait comme du fantasmagorique. Tel est le problème du Prana, il est non mesurable et donc non scientifique. Avant de se lancer dans cette étude, il nous faut au préalable dire que la matière est une et que la représentation de deux matières est une illusion et une construction de l'esprit. Dans cette représentation, la matière inerte ne se meut pas et n'est pas doté de vie, le caillou par exemple nous apparait comme statique. Or, nous savons qu'en fait la matière n'existe pas, tel est le propos des physiciens, mais qu'elle est sujette aux ondes électromagnétiques et aux ondes de fréquences. La matière est en elle-même une propriété émergeante, c'est de l'énergie dynamique qui a prit une certaine forme selon l'agencement, et les relations, que prennent les éléments constitufs de la matière. Les biologistes sont à nouveau restés bloqués à l'époque de Newton, il n'ont pas intégré cette notion physique. Inclure cette vision en biologie demanderait d'une part de regarder le corps humain comme un ensemble d'éléments dont l'agencement, l'organisation et l'ordre résulteraient d'un système ouvert et ancré dans une physique quantique, et d'autre part que le corps humain soit en lui-même une fluctuation d'énergie quantique et donc résulterait d'ondulation électromagnétique. Il y a un continuum dans la matière où le principe d'auto-organisation serait adjacent, ainsi que toutes les propriétés émergentes. Dans cette vision du monde, la seule chose qui existe c'est l'esprit.


L'esprit est ce qui meut la matière, et cette dernière dépendrait de l'intensité énergétique qu'il produirait. Nous sommes en pleine métaphysique, pourtant la physique actuelle flirt avec cette discipline car les physiciens sont en train de découvrir ce qui fut énoncés par les grands mystiques du monde, la seule chose qui est vraiment c'est l'esprit. Défendre cette idée en biologie serait une hérésie, alors que cette discipline n'a pas encore intégré la physique du XXème siècle au coeur de sa démarche. Dans l'optique où l'esprit est et la matière en serait la part active, le Prana se présenterait comme le premier élan de l'énergie de l'esprit, son intensité serait telle qu'elle échapperait à toute mesure, néanmoins l'énergie électromagnétique surviendrait comme densification de l'énergie pranique. A l'image de la lumière qui se diffracte en différente couleur contenant une certaine intensité de chaleur électromagnétique, l'énergie pranique se densifierait et apparaitrait sous les différentes interactions que nous connaissons de l'énergie mesurable. L'intensité serait donc la clé de compréhension du Prana. Toute la densité de la matière, sa masse, son énergie, sa texture, son ondulation et ses fréquences surgiraient depuis le Prana, connue également dans certains textes sanskrits sous le nom de Lumière infinie. Cela nous incite à penser que la vitesse de la lumière ne soit pas une célérité constante et indépassable, la lumière physique serait également une part tangible d'une lumière intangible, c'est ce que nous entendons derrière le terme la Lumière infinie. Il existe des couches de densité de matière allant du plus subtile au plus dense, d'une incommensurable et immesurable matière à sa descente progressive dans un espace plus tangible. Nous notons que le temps dépend de la mesure de la lumière, et que la lumière est énergie, ce qui indique que l'esprit est du temps pur dont la nature énergétique est de nature quantique. L'esprit, c'est du temps, c'est de la lumière, c'est de l'énergie selon un certain ordre d'émergence de la matière, mais c'est en fait de l'Eternité qui ralentit sa course afin de se dévoiler sous une certaine forme et densité matérielle. L'espace est une qualité du temps et la matière est un substrat de l'esprit. Grâce à cette vision, nous avons les outils explicatifs du pouvoir de l'esprit sur la matière, mais également une explication sur la nature de l'esprit humain.


C'est pourquoi, se nourrir de Prana est tout à fait envisageable dans une perspective biologique non réductrice et adogmatique comme nous le présentons. L'esprit humain reviendrait vers une énergie qui lui propre, l'énergie pranique. Il est a noté que notre corps soit un organisme électromagnétique qui émet des photons, en effet, nos cellules résonnent et vibrent dans un dialogue intracellulaire puis communiquent dans un langage biophotonique comme nous l'ont montré les études menées par le savant allemand Fritz-Albert Popp. Fritz-Albert Popp est biophysicien, il pense que les biophotons commandent l’action des hormones, des enzymes et de nombreuses autres substances présentes dans la cellule, nous sommes à nouveau en présence d'une densification de l'énergie pranique par laquelle transite d'abord la lumière, via les cellules biophotoniques, puis les substance mesurables chimiquement. Donc, toute modification de l'esprit, c'est-à-dire de notre état de conscience, affecterait l'ensemble de toutes les interactions physiologiques détectables par les instruments de mesures. Les phénomènes de miracles et des facultés Psy (paranormales et parapsychologiques) s'expliqueraient par ce processus vertical de la conscience en lien avec son intensité énergétique. Plus la conscience retournerait à sa propre source incommensurable, plus elle en dégagerait de l'énergie et donc aurait la capacité de modifier la matière. Tout est une question d'intensité. Lorsque la conscience s'approche de l'énergie pranique et de la Lumière infinie, elle en tirerait assez de force pour modifier la matière, son corps, ce que nous nommons communément miracle, et moins nous y arrivons, moins nous avons la capacité d'interagir consciemment avec la matière. Aux échelles intermédiaires, la conscience développerait les facultés Psy, qui serait une désinhibition progressive de facultés latentes. Dans ce schéma de conscience, le rapport psyché / soma, ou âme et corps, se joigne pour former une entité unique, une psychophysique. Il y a accointance entre la psyché et le soma de la même manière que l'électricité s'articule avec le magnétisme. En fait, la psyché est une liaison qui se coordonne avec le soma, ce qui touche l'un modifie l'autre, l'ensemble dévoile un système dynamique et ouvert sur le monde quantique dont la conscience individuelle serait une apparition visible d'une entité de nature quantique.


A ces derniers mots théoriques, abordons les témoignes historiques rapportés par diverses sources occidentales sur l'inédie.


II/ Témoignages de mystiques chrétiens


Nous allons prendre à témoins quelques saintes chrétiennes afin de démontrer que l'inédie dépasse les frontières asiatiques, et qu'en Occident, il existe bel et bien une tradition à ce sujet.


Marie d'Oignies (XII-XIIIème siècle) :

Marie se retire dans un ermitage du prieuré Saint Nicolas d'Oignies, près de Namur. Des disciples se rassemblent autour d'elle. Parmi eux, le fameux Jacques de Vitry, il sera son futur biographe. Tout en pratiquant une ascèse digne des Pères du Désert, elle éprouve des extases mystiques et des visions évangéliques. Marie sert ses compagnons et continue de soigner les lépreux. Voici un témoigne de sa vie par Jacques de Vitry:


"Pendant sa maladie, elle ne pouvait absolument rien prendre, elle ne pouvait même pas supporter l'odeur du pain ; malgré cela, elle recevait le Corps de Notre-Seigneur sans aucune difficulté. Et ceci, se dissolvant et passant dans son âme,non seulement réconfortait son esprit mais soulageait tout de suite sa faiblesse corporelle. Deux fois, pendant sa maladie, en recevant l'hostie consacrée son visage fut illuminé de rayons de lumière. Nous avons un jour essayé de lui faire prendre une parcelle non consacrée, mais elle se détourna à l'instant, ayant en horreur l'odeur du pain. Un petit morceau avait touché ses dents : la peine et le malaise furent si grands qu'elle commença à pousser des cris, à vomir et à cracher, à haleter et à sangloter comme si sa poitrine allait éclater. Elle continua ainsi à pleurer un long moment, et bien qu'elle se rinçât la bouche avec de l'eau mainte et mainte fois, elle ne put guère dormir de toute la nuit. Si infirme de corps qu'elle fût, si faible et épuisée que fût sa tête, car au cours des cinquante-trois jours précédant sa mort, elle ne prit absolument rien, elle put toujours supporter la lumière du soleil, et ne ferma jamais les yeux pour se défendre de son éclat et de sa splendeur."


Angèle de Foligno (XII-XIIIème siècle) :

Moins elle mange, plus elle se sent proche de Dieu. C'est ainsi qu'elle se priva durant douze années de nourriture, la simple vue de la Sainte ostie lui fournit toute la nourriture dont elle avait besoin. Un extrait de son ouvrage Le livre des visions et instructions :


"C'était pendant le carême ; j'étais sèche et sans amour. Je priais Dieu de me donner quelque chose de lui-même ; car, moi, je n'avais rien. Les yeux intérieurs furent ouverts en moi, et je vis l'amour qui venait à moi. Je vis son principe, mais non sa fin. Ce que je voyais avait un prolongement, sans avoir de limite. Les couleurs ne me fourniraient aucun terme de comparaison.


Quand l'amour arriva à moi, je le vis avec les yeux de l'âme beaucoup plus clairement que je n'ai jamais rien vu avec les yeux du corps. Je dirai, si vous voulez, que l'amour prit, en me touchant, la ressemblance d'une faux. Je vous supplie de ne pas croire qu'il s'agisse d'une ressemblance commensurable. Mais il me sembla qu'un instrument tranchant me touchait, puis il se retirait, ne pénétrant pas autant qu'il se laissait entrevoir. Je fus remplie d'amour ; je fus rassasiée d'une plénitude inestimable. Mais écoutez le secret : cette satiété engendrait une faim inexprimable, et mes membres se brisaient et se rompaient de désir, et je languissais, je languissais, je languissais vers ce qui est au delà. Ni voir, ni entendre, ni sentir la créature. Oh ! silence ! silence


Élisabeth Achler (XIV-XVème siècle) :


Konrad Kügelin, son biographe, affirme que que parvenue à une contrition entière, il lui fut ordonné par une inspiration du Saint-Esprit de ne plus prendre aucune nourriture corporelle. C'est ainsi qu'elle s'abstint de nourriture durant douze années. Son biographe témoigne :


"Une fois, durant le carême, immobilisée sur sa couche à cause de ses stigmates, elle reçoit de sa prieure l'ordre de manger un peu de bouillie de gruau : elle la rejette au prix de malaises si graves qu'elle est bientôt à toute extrémité."


Catherine de Gênes (XV-XVIème siècle) :


Ses biographes, ses proches, témoignes de sa vie particulièrement extraordinaire, nous pouvons y lire :


"Pendant les premiers temps de ce jeûne prodigieux, Catherine craignit que l'excessive répugnance qu'elle éprouvait pour les aliments ne fût une illusion produite par Satan. Elle continua donc à s'asseoir tous les jours à la table commune, et elle fit des efforts inouïs pour manger. Mais aussitôt que, surmontant son dégoût extrême, elle avait avalé quelque chose, son estomac le rejetait avec d'inexprimables douleurs. Ses commensaux stupéfaits d'un phénomène aussi extraordinaire, eurent inutilement recours à tous les moyens qu'emploie la médecine en pareil cas; et ne sachant plus qu'imaginer, ils firent ordonner à Catherine, par son confesseur, de manger comme tout le monde. Elle obéit avec sa promptitude habituelle; mais, cette fois, le vomissement fut encore plus douloureux que les précédents, et la sainte sembla prête à rendre le dernier soupir.


Le confesseur, admirait l'opération divine, n'osa plus renouveler l'expérience. A partir de ce moment et pendant vingt-trois années consécutives, Catherine Adorne observa ce jeûne complet durant tous les carêmes et tous les avents. Jamais elle ne mangeait depuis le lundi de la Quinquagésime jusqu'au dimanche de Pâques, ni depuis la Saint-Martin jusqu'au jour de Noël; seulement elle prenait de loin en loin un verre d'eau mêlée de sel et de vinaigre, non point par goût ou par besoin, mais en mémoire de la boisson offerte au Sauveur crucifié."


Dans ces témoignages nous pouvons remarquer que le pouvoir de la conscience entre en jeu dans l'inédie de ces saintes, c'est-à-dire leur croyance. L'efficacité de ce jeûne tient donc aussi compte de la puissance de conviction de la personne, sans que cela soit un effet placebo, ou du moins l'effet placebo est la part active de la croyance. Ce que montre le placebo est en fait une capacité de la conscience à métaboliser sa croyance en une autre, et d'avoir un effet tangible sur le corps et la psyché. Encore une fois, la conscience domine la psychophysique et n'en est pas le produit. Est-il donc possible de se nourrir de Lumière? De ne vivre que du Prana? Nous en affirmons la possibilité, néanmoins il y a tout un rituel de préparation avant d'entamer une telle entreprise afin que la conscience et sa psychophysique puisse manifester cette puissance latente.


III/ Le Prana et l'Inde ancienne

Le grand indianiste André Padoux nous explicite dans ses ouvrages que la philosophie hindoue ne diffère pas des autres philosophies anciennes, de la Chine aux Aztecs, des peuples africains aux grandes civilisations nous découvrons une image similaire. L'Homme se tient au croisement du Ciel et de la Terre, entre ces deux pôles circulent une énergie subtile qui se densifie à mesure de sa descente. L'ancienne notion de Pneuma, que nous retrouvons dans la philosophie grecque est l'exact notion du Prana, tous deux signifient Souffle et s'apparentent au respire divin. Chez les sémites, c'est la notion du Rouach (langue hébraïque) et du Rouh (langue arabe) qui correspond à ce Prana, sans oublier le Chi / Qi dont l'ensemble de la sphère asiatique propose de voir cette énergie vitale qui circule partout autour de nous. En fin de compte, c'est notre société qui fait exception à la règle. Dans les textes sanskrits analysés par André Padoux, nous découvrons un rapport fort ancien entre l'Homme et le Cosmos. Il note au préambule ceci:


"Or cette classification place les constituants du psychisme humain, puis les organes humains d’aperception et d’action, les indriya, entre le plan divin et les éléments constitutifs du monde visible. Elle inclut donc implicitement l’être humain dans le procès cosmique."

Ce qui implique un lien physico-organique entre l'Homme et le Cosmos, nous sommes reliés à l'univers non seulement par notre psychophysique mais aussi par nos souffles énergétiques, ceux-là même qui donnent vie à notre psychophysique. La circulation du sang et des éléments nutritifs seraient donc reliés à ces souffles vitaux, connues dans la médecine grecque ancienne. Les notions de Pneuma et de Prana sont intimement liées au cycle de la respiration, et aux états mentaux qui en découlent. En fin de compte, lorsque nous évoquons la faculté de se nourrir de Prana, nous touchons en fait à d'antiques philosophies que notre société moderne s'est

chargée d'effacer. André Padoux écrit :


"Les systèmes tantriques ont également repris et développé la vieille conception des "souffles vitaux" (Prana), ou "vents" (vayu, vata), forces organiques animatrices de l’univers comme des humains, ce qui implique ces derniers dans le champ des forces cosmiques. Cette vision est renforcée dans le hathayoga tantrique, qui porte à dix, ou davantage, le nombre des Prana , les fait circuler dans tout le corps et même assimile au soleil et à la lune deux des principaux canaux où ils se meuvent. C’est à la notion de Prana que se rattache celle de kuṇḍalinī, cette force divine cosmique présente dans le corps, qui est si importante en contexte tantrique."


Pour les anciens médecins de l'antiquité dont la philosophie s'ancrait dans une spiritualité plus ou moins prononcée, le Prana est une force vitale qui a la pouvoir de réparer n'importe quel organe, et de soigner la psyché. Le principe d'auto-guérison est intimement lié à ce principe. Le Pneuma était localisé dans le coeur, lieu d'émergence de l'intelligence et de la vie, puis cette énergie vitale se distribuait partout dans le corps humain via un système de réseau.


Ce système de réseau, dont les canaux (nadis) hindous et les méridiens chinois correspondent parfaitement, permettait à son tour de faire circuler cette énergie vitale grâce à laquelle toutes les facultés psychiques et corporelles pouvaient fonctionner. Ce Pneuma est à l’origine de la notion d’esprit dans la culture occidentale ; l’esprit en tant que souffle de vie, ou l’esprit qui souffle dans la pensée. C'est ainsi que notre esprit, notre conscience, se tient à l'aube de la psychophysique et soutient toutes les activités qui s'y déroulent. Dans la médecine des anciens égyptiens, le cœur était le centre de nombreux metu ou canaux, en nombre variable, suivant les textes. L'air (équivalent Prana), le principe essentiel de la vie, le Pneuma des Grecs, était puisé par divers metu à travers le nez et les oreilles et conduit au cœur. De cet organe, partaient également les nombreux metu chargés de conduire l'air et le liquide aux diverses parties du corps. Les metu conduisaient également l'urine. En somme, les metu correspond dans sa conception anatomique et physiologique aux souffles des physiologues de la Grèce ancienne. Les metu étaient les éléments de base de santé et de vie. Le Papyrus Ebers met en avant les effets thérapeutiques qui résident dans l'élévation ou l'équilibrage des fonctions des metu. La libre circulation des metu était la recette de santé garantie par les Egyptiens d'autrefois. Les médecins de ce temps-là étaient convaincus que les déséquilibres du sang, de l'eau et du souffle étaient cause de pathologies. La convergence de cette idée entre l'Egypte ancienne, la Chine et l'Inde est très perturbante pour nos modernes, car cette connaissance remonte très loin dans la passé.

La recherche est loin d'être terminé, il reste énormément à faire néanmoins nous pouvons émettre plusieurs accointance entre le Prana et l'énergie vitale. La conscience, la respiration, le flux énergétique et la santé possède un lien intrinsèque entre eux ; l'intelligence, la chaleur du corps humain, l'élan vital et la circulation du flux pranique au sein de la psychophysique s'articulent selon un schéma où l'homme est relié au Cosmos et à tout son flux. Dans cette perspective, le fait qu'une personne puisse se nourrir du Prana rejoint d'antiques conceptions qui portaient un sens, alors qu'aujourd'hui la médecine qui isole l'homme de l'ensemble des influences cosmico-telluriques prête à sourire les spécialistes. Nous en concluons que la bataille se tient d'avantage dans une perception du monde et de l'homme qu'une véritable perception scientifique, la médecine se doit donc d'ouvrir son espace d'investigation afin de redonner force à sa propre position en tant qu'étude plénière du corps humain.


Sources :


Auteur: André Pichot

Titre: Expliquer la vie

Editions: Quae


Auteur: Daniel Shoushi

Titre: Emergence, Tome III

Editions: Orphélya


Auteur: Fritz-Albert Popp

Titre: Biologie de la lumière

Editions: Marco Pietteur


Auteur: Jacques de Vitry

Titre: Vie de Marie D'oignies

Editions: Actes Sud


Articles :


Auteur: Zhu Bing

Titre: La théorie des méridiens comporte-elle des éléments importés?


Auteur: André Padoux

Chapitre 5. Corps et cosmos : L’image du corps du yogin tantriqueIn : Images du corps dans le monde hindou [en ligne]. Paris : CNRS Éditions, 2003 (généré le 29 mars 2019).

Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/editionscnrs/9316>. ISBN :

9782271091086. DOI : 10.4000/books.editionscnrs.9316.


Site internet:

http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Textes/index.html


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Aux frontières du réel. Qui sommes-nous?


Victor Hugo, l'Ombre du mancenillier

1.Victor Hugo, l'Ombre du mancenillier



Qu'est-ce que le réel?

Nous pouvons l'appréhender de plusieurs manières, par l'expérience sensorielle, par l'émerveillement de nos émotions et par la délectation intellectuelle. En sommes-nous sûr? Puisque nous sommes constituer sur un plan du réel dont la conscience humaine se découvre à travers ses expériences sensorielles, ses émotions et ses pensées nous ne pouvons penser autrement le réel. Le biologiste Jakob von Uexküll a dévoilé que ce qui existe pour le vivant, ce n’est pas le donné brut de l’environnement, une Nature qui se présenterait là devant nous tel un objet qui évoluerait indépendamment de nous, mais ce qu’il choisit et élabore à partir de cette matière première abstraite en s’élaborant soi-même, à savoir son milieu propre. C'est à travers une co-évolution que chaque être vivant évolue au sein d'un environnement qui lui est propre, il ne s'adapte pas puisqu'il se situe dans un croître-ensemble. Chaque conscience est donc un apparaître dont la nature ne peut être séparé du lieu où elle a prit naissance. C'est la raison pour laquelle il ne peut exister de conscience sans matière, que la matière soit dense ou subtile. Rompant avec l'approche dualiste et mécaniciste du monde, Jakob von Uexküll montre que le vivant n'est pas une machine, ni même un assemblage de molécules qui se sont constituées au hasard des rencontres, lequel n'est pas mus seulement par des stimuli comme l’eût voulu le béhaviorisme, mais, en tant que sujet, interprète les signes de leur milieu d’une façon particulière. Le milieu, c’est la réalité comme elle apparaît concrètement pour chaque être vivant et chaque sujet, c’est-à-dire existe pour l’être concerné. Cela signifie que les choses d’un milieu n’existent qu'à travers une conscience qui l'observe. En conséquence, la conscience porte son attention non plus sur un objet (la Nature) mais sur notre relation à cet objet. Nous comprenons donc que le réel contient toutes les potentialités non encore manifestées pour un sujet alors que la réalité concerne le vécu qui existe pour un sujet. Un réel et une infinité de réalité. Quant au désir humain, il est le moteur de ce qui nous fait être. Nous dirions aujourd'hui notre énergie fondamentale.


Au sein de note société, la faculté imaginative n'a pas très bonne figure ou bien n'est pas comprise telle qu'elle devrait l'être. C'est-à-dire que nous la percevons comme une faculté fantasmagorique, celle qui nous dévoile le contenu de l'inconscient et ses images grotesques telle que la psychanalyse freudienne l'entrevoit ou encore une partie des philosophes, à laquelle personne ne peut avoir confiance. La médecine moderne par le biais de la neurologie et de la psychiatrie, dont l'approche ne diffère pas de ces derniers, ne laisse aucune place à l'imagination comme faculté créatrice de réalité. Seuls les artistes, et les physiciens, comprennent que la faculté imaginative est bien plus qu'une faculté, et que sa modalité foncière c'est d'être la porte du réel. Les médecins ont inventé au cours du temps, du fait de leur incapacité à comprendre la fonction de la porte du réel, des dénominations diverses lorsque l'imagination déborde les fonctions normatives de la société. On parle alors d'hallucinations, de fantasmagories, de délires, de perte de repères, de schizophrénies, etc. En fait, l'imagination remplit le rôle d'interface du réel pour la conscience dont les images qui s'y reflètent appartiennes entièrement à la réalité du sujet.


Il en est ainsi parce que l'imagination n'a pas sa place parmi nous, certaine personne parle même de "folle du logis". Lorsque nous regardons de plus prêt aux définitions données par les psychiatres aux pathologies associées à l'imagination, nous découvrons qu'en fait se cache une ignorance camouflée utilisant un jargon scientifique. Qu'est-ce qu'une hallucination? C'est percevoir une réalité qui n'existe pas. Des perceptions sensorielles qu'elles soient auditives, gustatives ou encore visuelles sont excitées sans qu'aucun stimulus extérieur ne se manifeste. Ceci annonce un état pathologique. Nous affirmons que cette taxinomie psychiatrique empreinte le chemin du réductionnisme, elle cloisonne l'homme dans des carcans dogmatiques bien que la médecine se dise adogmatique. Afin d'élaborer une nouvelle approche de l'imagination en médecine, il faudrait l'associer aux différents états de conscience. C'est-à-dire que nos différents états de conscience auxquels sont assimilés différentes ondes cérébrales, autrement dit les ondes Delta, Thêta, Alpha et Bêta, accompagnent différents états sensoriels et donc de réalité. En conséquence, lorsque nous changeons d'état de conscience notre état d'être global est altéré, et chaque état s'ancre dans une réalité particulière. C'est au sein de ces oscillations que nous devons intégrer les hallucinations. Pour ce faire, il faut entendre que chaque état d'être qui oscille fluctue sur des bandes de fréquence dont la nature du réel varie en fonction de cet état. Une lecture verticale de ces différents états de conscience nous offre la possibilité d'entrevoir la fonction imaginative, elle remplie le rôle de récepteur de réalité, qui, comme un miroir reflète les différentes réalités vécues et les projettent au dehors. Mais elle remplit également le rôle d'activateur de réalité. Les conséquences de cette affirmation sont bouleversantes, puisque les hallucinations sont bel et bien réelles mais elles appartiennent à un autre état de conscience dont l'activité est sous-jacente à la conscience de veille. Nous postulons que les hallucinations s'activent à l'état de conscience de veille alors qu'elles appartiennent à une normalité onirique, c'est-à-dire que l'état de conscience onirique lié à d'autre ondes cérébrales entrent en résonance avec un état de conscience de veille et interfère avec cet autre réalité. Deux plans du réel qui se croisent et se rencontrent. Il en est de même pour toutes les activités dites "anormales", "pathologiques", touchant à la sphère de l'imagination.


Selon cet ordre hiérarchique de deux états de conscience, de deux réalités, nous comprenons qu'en fait l'un est imbriqué dans l'autre et c'est à travers la modalité imaginative que s'ouvre d'autres sphères du réel. L'accès à cet altérité imbriquée à notre conscience de veille peut être ouverte accidentellement, c'est la cause des états dits "pathologiques" car la personne ne s'y attendait pas et qu'halluciner une réalité dont la normalité n'existe pas pour notre société, elle ne peut qu'apparaitre que comme pathologique. Alors qu'une conscience préparée à la réception du contenu de la conscience onirique aura des expériences mystiques. Nulle différence entre la première expérience et l'autre, seul le sujet et la société qui l'accueille définira la véracité de cette expérience et prouvera, ou réfutera, ce vécu. Or, c'est une réalité sous-jacente à la conscience de veille qui s'active, comme nous venons de le voir, et interfère avec un autre plan du réel. Le contenu psychique est donc projeté à l'extérieur à l'état de veille au lieu de rester dans ce contenu et d'entrer en activité lors du sommeil. Lorsque nous parlons de psyché, il faut faire une distinction entre la conscience qui l'observe tel un corps et la psyché elle-même, car, en fait la conscience se tient au croisement du corps biologique et de la psyché. Psyché et corps forment un couple à l'image du monde extérieur et du monde intérieur. Ils sont la matière dense et subtile de la conscience dont l'équilibre équivaut à l'échange d'information entre une matière solide et une matière fluide, ou énergétique. C'est de cette manière que les différents états de conscience influencent les deux mondes (psyché et corps), et qu'apparaissent les somatisations, et le pouvoir de la conscience sur ces deux mondes. La conscience se tient dans un intermonde dans lequel la modalité imaginative reçoit toutes les informations provenant du monde extérieur et du monde intérieur, l'imagination offre en images les informations contenues dans les deux mondes.


La conscience n'est donc ni corps, ni psyché, elle est d'une tout autre nature. Nous postulons que sa nature est similaire à celle de la lumière physique, c'est la raison pour laquelle son pouvoir de création, et ce qui la maintient, découle d'une source non locale. Nous sommes ici, tout en état ailleurs simultanément. La Source de notre conscience se tient par-delà l'espace-temps, et de l'ensemble des mondes phénoménologiques. Tel un flux lumineux qui perdure et traverse toutes les couches de réalité, notre conscience s'étale dans un espace-temps, auprès d'un être vivant, et pour ce faire, il croît par palier en imbriquant chaque état de conscience telle une poupée russe. Il y a donc trois états de conscience identifiée: la conscience source, ou universelle; la conscience onirique, ou collective; et la conscience de veille, ou individuelle. A l'inverse de la pensée mécaniste et machiniste de la biologie, et de la médecine, l'homme n'existe pas uniquement sur une horizontalité des évènements, mais il existe sur une verticalité tendant vers un point infini. Nous identifions la conscience universelle comme étant le Soi, l'ultime réalité. Dans ce schéma, il est notoire que le réel est de nature fractale, logarithmique, tout comme notre conscience et c'est pourquoi nous pouvons avoir accès à des informations mémorielles, c'est-à-dire une mémoire universelle dont le gardien n'est autre que le Soi.


La sphère onirique qui s'active à l'état de veille entre en collision avec notre réalité de veille, et au coeur du monde onirique, dont les lois logiques s'attachent plus à l'analogie et le symbole, résonne le monde archétypal. Le monde archétypal est un lieu où réside toutes les essences spirituelles, animatrices de tout ce qui existe, leurs présences se dévoilent soit sous une forme tangible, soit sous une forme subtile. Elles sont à la source de toute vie. Notre être est entièrement animé par ces essences, notre corps est animé par ces mêmes puissances et chaque grain de poussière existe grâce à leurs présences. Ces essences sont similaires à celles que les physiciens dénomment énergie dans leur domaine d'étude, or les physiciens ont un regard tangible sur les phénomènes alors qu'un être vivant sent la présence de cette même énergie d'une manière vivante. C'est comme si nous observions la trace laisser par un animal, objet de la physique, à le fait d'apercevoir l'animal lui-même, objet de la psychologie. Cette analyse nous permet de mettre en corrélation les fonctions biologiques, les états de conscience, l'observation de la matière en physique et une spiritualité vivifiante. Plusieurs branches du savoir se trouvent ainsi articuler de manière cohérente.


Qui sommes-nous? Des essences spirituelles ayant pris forme. Nous sommes de même nature que les archétypes en question, mais à l'inverse de ces derniers, nous sommes constitués de matière dense et solide alors que les archétypes sont constitués de matière subtile et fluide. En somme, nous sommes des images archétypales qui flottent sur un plan du réel, sur une cime tangible, et dont la conscience à la capacité d'interagir avec tous les autres plans du réel, et d'entrer en interaction avec des êtres plus subtils que nous. Ces archétypes prennent la forme qui nous est la plus familière, celle qui appartient à notre milieu psychique, physique et culturelle. Rappelez-vous de la phénoménologie de Jakob von Uexküll, une conscience baigne dans un environnement et tout ce qui s'y manifeste existe pour cette conscience du fait de la co-évolution. C'est de cette manière qu'un archétype s'habillera de matières dont nous sommes nous-mêmes constituées, il apparaitra comme un monstre si notre part obscure ne fut travaillée, ou comme un être numineux lorsqu'une aide nous est offerte. Ces habits en question sont toutes de nature symbolique, sa manifestation même est symbolique, tout ce qui en émane est symbolique. Nous voici établir la distinction entre un archétype et un symbole. En conséquence, chaque être vivant, chaque parcelle de matière en ce monde physique est un symbole à déchiffrer. L'univers est un langage divin, et pour le saisir, il nous faut apprendre son langage, c'est-à-dire le langage symbolique. L'univers à un sens, ma vie à un sens, tout à un sens.



Source:


Titre: Jakob von Uexküll

Auteur: Milieu animal et milieu humain

Editions: Rivages


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La nature comme miroir de soi-même, de la pensée chinoise aux gnostiques


Le Dao, l'Unité et la gnose

La nature sauvage fut toujours observée par les chinois comme porteuse de puissance vitale, il ne s'agit pas de conquérir la nature mais de s'identifier à elle dans ses métamorphoses infinies. Le contact avec la nature imprègne toute la civilisation chinoise, chaque chose en soi dévoile une attache particulière avec les Cinq mouvements (Wu Xing ) du Chi. Qu'est-ce que le Chi? Nous le traduisons par le terme "énergie vitale", c'est-à-dire que tout ce qui existe dans l'univers découle d'une seule puissance agissante, dont ses différents méandres font apparaitre cinq genres d'énergies, les Cinq mouvements. Ce qui signifie que l'ensemble des formes que voyons à travers les objets naturels, si disparates, proviennent de cette source intarissable du Chi. De cette philosophie de la vie naît un regard non figé sur la vie, sur la nature et sur l'univers. Tout est mouvement, tout est métamorphose.


C'est pour cette raison qu'il n'y a au fond qu'un seul Principe fondamental régissant l'Univers, intitulé Dao, dont l'énergie vitale, le Chi, va moduler chaque parcelle de la nature selon cinq intensités différentes, les Cinq mouvements. Cette philosophie de la métamorphose du Principe fondamental n'est pas propre à la Chine, nous la retrouvons de par le monde à travers des civilisations éloignées telles les civilisations Aztèques, Egyptiennes ou encore Védiques. L'histoire telle que nous la connaissons, enseignée par les plus prestigieux universitaires, ne croient pas en l'existence d'une commune origine des civilisations. L'histoire postule que la naissance des civilisations s'est faite indépendamment les unes des autres, on parle alors de polygénisme, alors que nous postulons une origine commune dont l'empreinte se vérifie à travers de multiples éléments au sein des civilisations, on parle alors de monogénisme. A ce monogénisme s'ajoute la métamorphose du Principe fondamental selon Cinq variations, les quatre points cardinaux plus le centre qui joue le rôle de coordinateur et de régénérateur. C'est la raison pour laquelle les dieux des quatre points cardinaux apparaissent comme quatre énergies distinctes selon différents cultures, alors qu'en fait ils sont une apparition du Principe fondamental, le Dao, selon quatre moments différents dans l'année. C'est-à-dire que la course de l'astre solaire va marquer quatre moments, correspondants aux deux solstices et aux deux équinoxes, dans un tracé circulaire au cours de l'année. L'axe central remplit le rôle de point de rupture, l'ensemble des quatre énergies va se dissoudre en son coeur puis se régénérer à nouveau afin de renaître, puis parcourir à nouveau le cercle des saisons tracées sur un cercle.


Le corps humain participe aux méandres énergétiques du Dao, l'homme est régit par les mêmes forces présentes dans la nature. Ce qui est perçu à l'extérieur renvoie, par un jeu de miroir, à la circulation des fluides énergétiques présentes dans le corps humain. Les dieux, que nous pouvons appeler "énergies", sont donc des forces qui prennent racines dans le Principe fondamental. Nulle séparation entre le Dao intérieur et le Dao extérieur, il s'agit du même Principe. Dans la philosophie chinoise, le corps et ce que nous appelons âme, n'ont pas de barrière séparatrice comme nous le pensons en occident, ils sont interdépendants et ils forment un ensemble cohérent, et échangent leur énergie. L'homme est pulsé par les mêmes énergies, aux nombres de cinq comme nous l'avons décrit précédemment, que les forces agissantes dans l'univers. Un seul et même souffle irrigue à la fois les artères du corps humain, des émotions humaines et celles des montagnes.


Bien avant que les Cinq mouvements apparaissent, le Dao s'est au préalable scindé en deux. Cette bipolarisation est connue sous les termes Yin et Yang. Bien loin d'une pensée abstraite, c'est à travers l'observation de la nature que cette notion s'est manifestée. La dualité complémentaire désignait des phénomènes naturels, respectivement le versant ombragé d'une montagne (le froid, l'humidité, l'obscurité) et son versant ensoleillé (la chaleur, la sécheresse, la lumière). C'est à partir de ce vécu que l'ensemble de la philosophie chinoise va scinder en deux tous les éléments constituant l'univers. Le Livre des Mutations affirme: "Un Yin, un Yang, tel est le Dao". Mais afin de montrer la permance du changement et de l'union des contraintes, les chinois trace un motif en "S" sur le Taijitu, que nous connaissons par cette image symbolique:


Taijitu

Ce symbole de l'Unité primordiale, origine de toutes choses contient les deux aspects Yin (en noir) et Yang (en blanc). L'idée qui en découle est celui du dynamisme, de rythme et de mutation perpétuelle. Dans ce diagramme, on note la présence d'une ligne courbe en forme de "S" séparant les deux parties. La ligne courbe permet au Yin de pénétrer le Yang et vice versa. Ce trait permet donc à la fois de délimiter deux espaces et de les faire s'interpénétrer dans une dynamique constante. C'est dans cette courbe du trait que se trouve le Dao. Depuis l'imperceptible Dao, le mouvement duel marque toutes les pratiques spirituelles en Chine, de l'art du pinceau à l'architecture, des arts martiaux à l'agencement d'une Cité. Le Tai Chi, par exemple, à travers deux mouvements contraires, que sont le dur et le mou, le solide et le souple, véhicule cette recherche de l'Unité première. Et c'est en se reconnectant à cette Fontaine de Vie, le cinabre pour les alchimistes, que l'homme pourra se régénérer, se soigner et pour les taoïstes obtenir l'immortalité.


Le mouvement perpétuel du Dao que nous venons de décrire est apparut sous une autre forme en Inde. En effet, la pensée indienne se colore d'une autre teinte philosophique alors que la même pensée se formule. Shunya en sanskrit, qui signifie vide, évoque le même Principe fondamental que les chinois dénomme Dao. Bien avant que toute chose soit amené à exister, avant même l'existence elle-même, le Dao-Shunya est présent. Le Vide ne signifie pas le néant tel que nous l'entendons en occident, c'est au contraire un plein qui ne laisse place à rien d'autre que lui-même. C'est une surabondance de plénitude, de perfection et de conscience. Ce n'est pas un objet mathématique, puisque Shunya est l'origine de notre mot zéro, mais il symbolise la conscience divine originelle qui se tient hors de toute création. En ce sens, seule la philosophie apophatique, l'Origine n'est pas ceci ni cela, est à même d'entamer le chemin du retour vers la Fontaine de Vie. Cette philosophie, connue en occident comme théologie négative, s'apparente à la pensée chinoise et indienne et considère que lorsque l'homme se dépouille de tout ce qu'il n'est pas, il retrouve sa véritable nature. C'est-à-dire en comprenant qu'il ne doit pas s'identifier au monde phénoménal, au monde des apparences, mais doit dépasser toute forme qui se présente à lui. L'homme est pur esprit, pure conscience divine, il est le Dao-Shunya qui s'est manifesté en un lieu et en un moment donné. Différent procédé sont employé par les différentes religions afin de retourner à cette Source vitale. Les Bouddhistes qui parlent de vacuité, de nature du Bouddha, en désignant l'état de Dao-Shunya, s'inscrivent dans cette recherche. L'idéal de l'adepte est la quiétude et la plénitude de la conscience, avec une recherche de Paix et de Compassion, deux autres substances qui nourrissent l'être humain adepte de la Voie. A ce point de jonction du Dao-Shunya, nulle séparation ne peut exister entre le sujet et l'objet. Ce sentiment de béatitude remplit l'adepte d'une lumière atemporelle qui illumine sa présence au monde, et lui fait comprendre qu'il n'y a rien en dehors de l'Esprit, du Dao-Shunya, et que par conséquent l'univers entier est une théophanie divine. Ce jeu théophanique va être perçu comme une magie divine, dite Maya en Inde. Une magie divine qui affiche des apparences, mais par-delà les apparences se tient éternellement Dao-Shunya, Brahman. Paradoxalement l'univers fait apparaitre le divin et le cache simultanément.


La nature, et l'univers, font apparaître l'Unité à travers le jeu des formes et des métamorphoses dans un balai de changement perpétuel. Suivre la Voie qui mène à la Fontaine de Vie s'apparente donc à un dépouillement, à un détachement, c'est une sotériologie gnostique et illuminative. La Lumière primordiale des kabbalistes et des gnostiques musulmans s'assimilent au Chi, le Prana des textes sanskrits, c'est un souffle qui vivifie toute chose et dont toute chose dépend. La Lumière primordiale imprègne l'adepte, illumine sa conscience et éloigne de lui la vision duelle. Cet état de conscience non-duel est à l'origine de toutes les méthodes et pratiques religieuses dans le Judaïsme et dans l'Islam, plus précisément dans la Kabbale et la gnose islamique. Autrement dit, peut importe le chemin que l'adepte arpente car tous chemine vers la Source divine qui s'habille de multiple forme. L'Un dans le Tout et le Tout dans l'Un.



Source :


Titre : La beauté autrement, introduction à l'esthétique chinoise

Auteur : Florence Hu-Sterk

Editions : You-Feng




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Psychologie géométrique : Benjamin Betts et la mathématique de la conscience


Benjamin Betts

Benjamin Betts est un New-Zélandais, qui vécut au XIXème siècle, il a passé plus de vingt ans à étudier l'évolution de l'Homme, non du point de vue physique ou biologique, mais du point de vue métaphysique. L'histoire de l'évolution de l'homme est pour lui une theophanisation du divin dont la conscience humaine est le témoin. Il tente de représenter les étapes successives de cette évolution par le biais de formes mathématiques symboliques. Ces formes représentent le cours du développement de la conscience humaine à partir de l'animal, puis developpe une armature psychique jusqu'à la conscience spirituelle ou divine.


Benjamin Betts a estimé que la conscience est le seul fait que nous pouvons étudier directement, puisque tous les autres objets de la connaissance doivent être perçues par la conscience. La forme prise par la conscience est ainsi une géométrie qui contient des équations et des nombres symboliques, pour Benjamin Betts cette science des formes de la conscience offre la possibilité d'entrevoir les futurs évolutions de la conscience, mais aussi son état antérieure.


Benjamin Betts
Benjamin Betts


Dans son étude, il donne une place de choix à l'imagination et son évolution. Après la répétition des sensations la conscience commence à s'éveiller à elle-même, l'individu développe alors la conscience de sa propre identité, et il commence à former une image ou une idée, à la fois de la sensation subjective et objective de la perception. Comme un prisme reçoit un faisceau de lumière et dévie les rayons, les tenant en dehors de sorte que les couleurs du spectre sont dissociés et distingués, l'imagination reçoit le flux de la conscience puis la conscience compare les différentes expériences.


Benjamin Betts


Les formes symboliques que Benjamin Betts a développé à travers son système de représentation ressemblent, lorsqu'elles sont développées en deux dimensions, à des pétales de fleurs. Lorsque ces formes sont déployées sur une dimension supérieure, c'est-à-dire en trois dimensions, elles se rapprochent des formes de cristaux également. Benjamin Betts appelle « la science de la représentation » la représentation ordonnée par un système de symbolisation de l'évolution spirituelle de la vie, étape par étape, plan après plan, état de conscience après état de conscience. Les nombres et leur agencement à travers des formes géométriques deviennent les médiateurs entre le corporel et l'incorporel. Ce qui implique l'existence de lois naturelles d'ordre universelle dont les nombres et les formes géométriques exposent l'harmonie de la Nature, en conséquence la conscience appartient aux lois naturelles et donc elle est mesurable selon des règles précises.

Nous émettons l'hypothèse d'une commune nature avec la lumière, c'est-à-dire que la conscience et la lumière appartiennent à un seul et même phénomène. Benjamin Betts a exposé un ordre de déploiement de la conscience dont l'appartenance est commune aux formes géométriques et aux nombres, nous y ajoutons son rapport aux phénomènes de la lumière.



Source :


Titre : Geometrical psychology, or, The science of representation an abstract of the theories and diagrams of B. W. Betts.

Auteur : Louisa S. Cook

Editions : G. Redway

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Paris Retail Week 2023, Mutation du commerce et potentiel de la réalité augmentée - Grégory MAUBON

Après un passage à la Paris Retail Week ou j’ai pu profiter des conférences et engager pas mal de discussions sur l’avenir du commerce et les possibilités de la réalité augmentée, je me suis demandé si écrire un nouvel article sur le sujet était pertinent. J’en suis arrivé à une sorte de oui et non … qui au moins me donne la possibilité d’expliciter mes raisons 🙂
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