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Projet de loi autorisant la ratification de l’accord se rapportant à la convention des Nations unies sur le droit de la mer et portant sur la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la jur

Le projet de loi vise à autoriser la ratification du traité international pour la protection de la haute mer et de la biodiversité marine ou accord BBNJ. La haute mer représente plus de 60% de la surface de l’océan et près de la moitié de la surface du globe.
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« S’attaquer à l’ultra-libéralisation de l’agriculture »

Porte-parole de la Confédération paysanne, Laurence Marandola revient avec nous sur les mesures gouvernementales destinées à apaiser les professionnel·les du monde agricole. Selon elle, ces mesures ne répondent pas aux vrais problèmes et marquent un recul extrêmement important sur le plan environnemental.

L’âge de faire : Un mois après le mouvement de contestation du secteur agricole, quel regard portez-vous sur les solutions apportées par le gouvernement ?
Laurence Marandola : Il y a quelques mesures d’urgence pour des paysans qui avaient vécu des tempêtes, des inondations, la MHE (maladie hémorragique épizootique), etc. Tout n’est pas parfait, loin de là, mais disons que c’est une bonne chose. Pour le reste des 62 mesures, il y a tout et n’importe quoi, dont beaucoup de mesures qui vont affaiblir les dimensions environnementales, sociales, de droit du travail, et qui ne sont pas de nature à répondre à la crise. Ce qui nous fait dire que, probablement, le mouvement n’est pas terminé. La question principale est celle du revenu des agriculteurs et des prix, qui est le seul moyen d’aborder la transition écologique et l’adaptation de l’agriculture au changement climatique. Et ce problème n’est pas traité.

Mais il existe des modèles agricoles tellement différents que, concrètement, le gouvernement ne peut pas satisfaire à la fois la FNSEA et la Confédération paysanne…
Pendant le salon de l’Agriculture, Emmanuel Macron s’est engagé à recevoir tous les syndicats vers le 15 mars. Puis ça a été repoussé à aujourd’hui [le 19 mars, Ndlr], et finalement, seuls la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs ont été reçus. On voit bien pour qui ils roulent… Mais je pense qu’aujourd’hui, ça va encore plus loin : le gouvernement répond uniquement aux exigences des patrons de la FNSEA, mais pas celles des adhérents du syndicat, éleveurs, légumiers, petits céréaliers… C’est pour ça que ça a clashé au salon de l’Agriculture, alors qu’Arnaud Rousseau (le président de la FNSEA) ne le souhaitait pas. Il s’est fait totalement déborder par ses adhérents.
Le gouvernement est prisonnier du système qu’il a co-construit avec la FNSEA depuis des décennies, et on voit bien qu’il ne s’adresse qu’à Rousseau pour faire cesser le mouvement, mais peut-être que cette fois ça ne fonctionnera pas.

Il existe donc une véritable cassure entre les dirigeants de la FNSEA et la base du syndicat ?
Clairement. Il n’y a pas un agriculteur en France qui ne connaisse pas des gens de sa famille, des proches, des voisins, des collègues qui ont subi des maladies graves liées à l’utilisation de produits phytosanitaires. Être dans ce déni-là sur les questions de santé publique et de pollution de l’eau, c’est ahurissant. Une récente étude a montré que 85 % des agriculteurs étaient prêts à changer leurs pratiques. Ça ne veut pas dire qu’ils iront jusqu’à se convertir en bio, mais ça montre qu’il y a une conscience du problème. Or le recul en matière environnementale est extrêmement important. Il n’y a plus du tout de condition environnementale pour toucher les aides de la PAC, le plan écophyto a été mis sur pause, il n’y a plus de ZNT (zone de non traitement)… Ils envisagent de déréglementer la construction des gros ouvrages hydrauliques, autrement dit des méga-bassines, la création d’élevages industriels, on parle aussi du retour des OGM… Et les dirigeants de la FNSEA disent qu’il y a encore quelques points d’achoppement, sur des questions de produits phytosanitaires. Je ne sais pas ce qu’ils veulent de plus ! On pense qu’ils veulent obtenir la ré-autorisation de certains produits interdits.

Macron a aussi parlé d’instaurer des prix plancher. C’est quelque chose que vous réclamiez ?
Nous avions demandé d’instaurer un prix minimum pour l’ensemble des produits, afin d’interdire les prix qui ne couvrent pas nos charges, nos coûts de production, la rémunération de notre travail et la protection sociale. Ça doit s’appliquer à tout : fruits et légumes, lait, viande, miel… Mais cette mesure est inopérante si elle est prise seule. Il faut l’assortir de la régulation des volumes de production. D’ailleurs, tout allait mieux dans les filières betterave et lait quand il y avait des quotas. Il faut aussi l’assortir de l’application de la loi Egalim (1) concernant la restauration collective, qui représente de gros marchés. Et enfin, il faut des mesures pour affaiblir la concurrence intra-européenne. Ça veut dire s’attaquer à l’ultra-libéralisation de l’agriculture. On a besoin de régulation, et si on ne retire pas l’agriculture des accords de libre échange, ça va être impossible.

Justement, on en est où de ces accords ?
Pendant le salon de l’Agriculture, l’Europe en a encore signé deux, avec le Kenya et le Chili ! Un nouvel accord avec la Nouvelle-Zélande avait été signé en décembre. Là, il y a un accord en préparation entre l’UE et le Mercosur (2). La France continue de dire qu’elle ne le signera pas « en l’état », mais les négociations se poursuivent, donc elle ne ferme pas la porte… Si on continue à traiter l’agriculture et l’alimentation comme n’importe quelle marchandise, clairement, on n’y arrivera pas. À chercher toujours le meilleur prix, c’est le moins disant environnemental et social qui va gagner.

Recueilli par Nicolas Bérard

1- Loi « pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et une alimentation saine et durable ».

2- Zone économique constituée de l’Argentine, du Brésil, du Paraguay et de l’Uruguay.

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Classer les espèces, un vrai casse-tête

Définir une espèce n’est pas simple: depuis toujours, les scientifiques débattent des approches et des méthodes permettant de poser des frontières, forcément subjectives, dans le continuum du vivant. Ours, vipères ou grenouilles ne se laissent pas si facilement cerner.

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L’Europe s’engage à restaurer la nature !

Ils ont enfin décidé de s’occuper sérieusement de notre environnement. (On espère). Jeudi dernier, l’Union européenne et le Parlement européen ont trouvé un terrain d’entente pour une loi qui va changer la donne et inédit dans notre civilisation thermo-industrielle qui éclate la planète pour construire des supermarchés, des routes et des parking à la con.Leur […]
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Aider les animaux sauvages

Autre fiche pratique dédiée à la faune sauvage : « Aider les animaux ou pas ? » Grâce à deux soigneuses expérimentées, qui ont écrit « Histoire(s) d’aider les animaux »*, nous vous apportions des éléments sur les stades de développement de différentes espèces, sur les indices de détresse des individus, et la marche à suivre en cas d’intervention.

*M. Kermabon et L. Yrles, éd. Plume de carotte, 2022.

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Femmes et IA : l’intelligence artificielle reflète les biais de la société

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la Délégation aux droits des femmes, la Délégation à la prospective et l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) ont organisé hier un colloque intitulé “Femmes et IA : briser les codes”.

Selon le Rapport de l’UNESCO sur la science de 2021, intitulé “Pour être intelligente, la révolution numérique devra être inclusive”, les femmes ne représentaient que 22 % des professionnels de l’IA en France et 33,3 % de la population dans les recherches scientifiques.

Une forte sous-représentation (20%) dans les écoles d’ingénieurs et du numérique était également constatée, due principalement à des stéréotypes de genre amenant les jeunes filles à se tourner au lycée vers des études littéraires, paramédicales ou sociales.

Ce colloque a été l’occasion de dresser un état des lieux de la place des femmes dans les métiers de l’IA, des raisons de leur sous-représentation et de donner des pistes pour y remédier.

Pour les chercheurs comme pour les sénateurs, si l’IA est  une source de « progrès , elle constitue « un sujet de préoccupation majeure », notamment au regard des enjeux de parité puisqu’elle « génère, diffuse, amplifie et reproduit les inégalités de genre ». Surmonter les préjugés et les biais qui empêchent les femmes de choisir et d’accéder aux métiers de l’IA, alors que cette dernière pourrait améliorer l’inclusion et la parité, est aujourd’hui impératif.

Après un discours d’ouverture de Gérard Larcher, Président du Sénat, rappelant que si les femmes représentent 40% des effectifs des enseignements de spécialité en maths, elles ne sont que 14% à opter pour les sciences informatiques et numériques, 13% pour les sciences de l’ingénieur, Dominique Vérien, Présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat, a souligné que les stéréotypes étaient bien “ancrés”.

Trois tables rondes ont été organisées :

Pourquoi si peu de femmes dans les métiers de l’IA ?

Cette table ronde a été animée par Laure Darcos, avec comme intervenants :

  • Elyes Jouini, professeur des universités en économie et mathématiques, titulaire de la chaire Unesco « Femmes et Science » à l’Université Paris-Dauphine;
  • Sarah Cohen-Boulakia, professeure des universités, chercheuse au LISN (Laboratoire interdisciplinaire des sciences du numérique), directrice-adjointe de l’institut DATAIA de l’Université Paris-Saclay ;
  • Hélène Deckx van Ruys, directrice RSE et copilote du groupe Femmes et IA au Laboratoire de l’égalité.

L’IA est-elle sexiste ?

Cette seconde table ronde a été animée par Stéphane Piednoir, Président de l’OPECST. Sont intervenues :

  • Tanya Perelmuter, co-fondatrice et directrice de la stratégie et des partenariats de la Fondation Abeona (collectif pour une IA responsable et inclusive), rapporteure générale du rapport Algorithmes : contrôle des biais SVP de l’Institut Montaigne ;
  • Jessica Hoffmann, chercheuse dans l’équipe PAIR (People + AI Research) de Google ;
  • Marine Rabeyrin, responsable du groupe Femmes & IA du Cercle InterL, Directrice Europe-Afrique-Moyen-Orient Segment Éducation chez Lenovo

11h00 – Troisième table ronde
Animée par Christine Lavarde, présidente de la délégation à la prospective

Comment faire de l’IA un atout pour l’égalité femmes-hommes ? 

Cette dernière table ronde a été animée par Christine Lavarde, Présidente de la délégation à la prospective. Y ont participé :

  • Laure Lucchesi, spécialiste des politiques publiques du numérique, ex-directrice d’Etalab (Chief Data & IA Officer auprès du Premier ministre) ;
  • Sasha Rubel, responsable des politiques publiques en IA Europe-Afrique-Moyen-Orient chez Amazon, membre du réseau d’experts de l’OCDE sur l’IA ;
  • Nozha Boujemaa, vice-présidente IA chez Décathlon, membre du comité interministériel de l’intelligence artificielle générative.

Femmes et IA L’intelligence artificielle reflète les biais de la société

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Vie sauvage

Sur mon balcon, face au Levant, je sirote un café à peine levé.
Le soleil s’élance déjà bien haut. Les beaux jours sont de retour.

Je les vois soudain émerger du tronc de palmier étêté au sommet duquel, c’est confirmé, se préparait une couvée.
Deux petites têtes d’oisillon.
Mon cœur ne fait qu’un bond. Car nous guettions ce moment d’une nichée en suspens.

Creusé depuis le haut, érodé par les intempéries, élargi par picorements, le sommet de ce palmier, promis à un abattage qui ne venait jamais, s’était fait nid naturel. Ne nécessitant pour une couvée aucun effort de construction.

Un goéland y était installé depuis des semaines, dans l’attitude typique de l’oiseau qui couve et protège.
Mais nous étions interrogatifs. Les goélands ont besoin d’une aire importante et haut placée pour les premiers décollages. Des années d’observation nous l’avaient enseigné.
Il nous semblait que des oisillons qui devaient éclore au sommet de ce totem isolé ne pouvaient que se retrouver prisonniers.
J’émis l’hypothèse de leur déplacement ultérieur par les parents vers le futur lieu stratégique de leurs premiers essais de vol. En l’occurrence, les toits de tuile environnants.

Pour l’heure, l’urgence n’était pas là.
Les piaillements aigus réclamaient nourriture.
Les goélands se relayaient, certains en manœuvre d’intimidation incluant mon balcon, sécurisant l’espace de leurs rondes et de leurs cris.

Je préparais un dossier pour mon média dont le titre était « Îlots de reconquête et poches de résilience ».
J’avais d’abord pensé uniquement aux expériences d’écoquartier et de tiers-lieu.
Mais la vie sauvage aussi m’interpellait à nouveau.
Elle était bien là. Sous mes yeux. Au centre même de la cinquième ville de France.
Elle n’était balisée d’aucun parcours pédagogique, aucun guide, ni ne bénéficiait de la surveillance de gardes dûment assermentés.

La vie sauvage s’imposait. 
Malgré notre 5G et les promesses de notre intelligence artificielle. Malgré les NFT et les métavers. 

J’avais déjà été ému de la présence un matin d’un pic-vert martelant ce même palmier-pilier. C’était la toute première vois que j’observais cette espèce en plein centre-ville.
Et pourtant, le petit oasis de verdure en contrebas accueillait une gente ailée des plus variée, outre les goélands et les pigeons : pies, merles, martinets, étourneaux, tourterelles et autres petits passereaux.

La vie sauvage est à nos portes.
Et cela me donne encore de l’espoir.
Le bulldozer anthropique n’a pas encore tout ratissé.
Tout dévasté.
Tout aplani.

Sur les toits environnants, poseurs de tuile et promoteurs aménageurs de comble avaient fait fuir les goélands, habituels locataires de ces pentes tuilées.
En contrebas, l’on mène une opération d’étanchéification du toit d’une ancienne imprimerie.
Dans les alentours, les rues sont éventrées afin que la fée électricité nous serve mieux.
Ça désamiante en tenue de protection, ça perce, ça éventre.
Chaos des marteaux-piqueurs et tourments des perceuses.

Au sommet d’un palmier mort depuis longtemps, un couple de goélands viennent à nouveau d’entrer dans leur vie de jeunes parents.

Vie sauvage.
Telle sera votre raison d’être chers petits oisillons.
Puisse cela être permis aussi longtemps que cette planète sera l’improbable nid du vivant.

Nice, le vendredi 29 avril 2022

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