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Nouvel acte de la guerre contre la cryptographie

Une société civilisée tend à une transparence totale des institutions, et à une sphère privée complète des individus. Or l’ambition des imposteurs qui prétendent gouverner est diamétralement opposée; ils revendiquent l’opacité des institutions, et la transparence des individus. C’est dans ce contexte qu’est menée une guerre à la cryptographie forte. Nous avons déjà eu l’occasion...

Défendre la coopération contre la logique économique

14 juin 2024 à 15:26
L’économiste Éloi Laurent défend l’idée que la coopération est au cœur de la prospérité humaine, mais qu’elle est de plus en plus contestée et remplacée par la logique économique. Une crise qui met en péril notre environnement et notre société.

Faire dialoguer les pratiques entre pays

10 juin 2024 à 11:36

Faire dialoguer les pratiques entre pays

Plongée au cœur de l'expédition apprenante rwandaise

Article rédigé par Mathilde Bras et Maxime Lubrano et publié le 10 juin 2024

Du 25 au 29 mars 2024, une délégation rwandaise a été accueillie à Paris pour une expédition apprenante inédite.

Au programme : 5 jours pour s’immerger dans les méthodes et projets de transformation numérique publique en France et échanger entre pairs afin d’identifier de futurs chantiers.

A mi-parcours d’un projet visant à accompagner le réseau des Chief Digital Officers (CDO) du Rwanda, animé par la Rwanda Information Society Authority (RISA), cette expédition apprenante a offert aux CDO la possibilité de se “décentrer” du quotidien et de se projeter vers la suite de leur parcours de transformation numérique.

Embarquez avec nous pour découvrir le programme proposé et les principaux enseignements de cette semaine !

Pour Numéricité, accompagner des équipes revient avant tout à leur transmettre les clés de compréhension et les bonnes pratiques pour mettre en œuvre leurs projets de transformation numérique. Avec nos clients, nous proposons ainsi des formats adaptés à leurs besoins : parcours de formations, gages de montée en compétences et d’autonomisation des équipes, événements de co-construction (hackathons, open labs), ou encore expéditions apprenantes, sources d’inspiration et de reconnaissance entre pairs.

Dans un projet au long cours, organiser une expédition apprenante à mi-parcours est un moment clé pour :

  • Se décentrer du quotidien et proposer de nouvelles perspectives aux CDOs sur les axes prioritaires du projet

    Le projet FEXTE s’articule autour de 5 priorités thématiques : la gouvernance, les process, outils et méthodologies, la gestion du changement, la gestion des talents, et les relations avec l’écosystème. Depuis septembre 2023, nous travaillons avec les CDOs de manière alternée : des sessions de travail à distance qui démarrent souvent par un retour d’expérience français puis un approfondissement des réflexions pour concevoir le cadre d’implémentation au Rwanda ; et des missions sur le terrain à Kigali, permettant d’être au plus proche du contexte local et se projeter.

    L’expédition apprenante en France est donc un format complémentaire, qui permet d’incarner davantage les retours d’expérience, notamment via des rencontres avec des praticiens et praticiennes de l’administration française, et des visites “in situ” dans les institutions.

  • Alterner temps d’échanges et moments réflexifs

    Une expédition apprenante est souvent un moment intense. Au total, la délégation rwandaise a suivi les présentations de 15 intervenants de 8 administrations différentes. Une diversité de représentants et de praticiens des administrations françaises, porteurs d’initiatives clés pour la transformation numérique publique.

    En concevant le programme de la semaine, nous avons choisi d’alterner des moments d’échange sur les thématiques de travail du projet FEXTE avec les experts français et des temps de discussion “internes” à la délégation, afin de relier les retours d’expérience avec leurs défis communs. La composition de la délégation a été pensée en ce sens : les CDO du Ministère de l’Environnement et de la Gestion des urgences, du Ministère du Commerce et de l’Industrie, du Ministère de la Justice et du Ministère des Affaires étrangères, un représentant de RISA et un représentant du Ministère des Technologies de l’Information et de Communication et de l’Innovation.

Nous remercions chaleureusement les intervenants qui ont fait de cette semaine une réussite :

Direction interministérielle du numérique
Philippe Vrignaud, directeur du département relation agents – usagers, fondateur de Démarches Simplifiées

Service d’information du gouvernement
Michaël Nathan, Directeur
Missak Kéloglanian, Chief Digital Officer, Conseiller Sécurité Numérique et Chef du Département Ecosystème numérique
Jean Delpech, Adjoint en charge du numérique
Maxime Beaugrand, Responsable de projet

Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères
Henri Verdier, Ambassadeur pour les affaires numériques

Ministère de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique
Bénédicte Roullier, cheffe du pôle transformation numérique des TPE/PME, Responsable de l’initiative France Num, Direction générale des entreprises

Ministère de la Justice
Xavier Albouy, directeur du numérique

Agence nationale de la cohésion des territoires
Alexis Boudard, directeur de l’Incubateur des Territoires
Léa Gislais, Directrice adjointe du Programme Société numérique
Vincent Viers, développeur de Données et Territoires

PIX
Benjamin Marteau, directeur
Marie Bancal, directrice des partenariats, du développement et du juridique
Elsa Dufayard, Responsable des secteurs organismes de formation et international
Angélina Magne, chargée de partenariats et de développement international

Remerciements :
Pierre-Louis Rolle, ancien conseiller du ministre chargé du Numérique, ancien directeur stratégie et innovation à l’Agence nationale de la cohésion des territoires
Romain Talès, Digital Transformation Specialist à Numéricité, ancien chef du département data au sein d’Etalab

À Numéricité, nous sommes fiers de porter la vision du numérique public à la française, cette Digital French Touch, dont les valeurs résident dans l’usage d’un numérique ouvert et responsable, vecteur de transparence et d’efficacité pour l’action publique. Au fil de nos missions à l’international et des visites d’études que nous organisons, nous attachons une importance particulière à relayer ces valeurs, pratiques, méthodes et communs.

L’expédition apprenante à destination de la délégation rwandaise a été conçue pour créer des synergies entre les principes clefs de la Digital French Touch et les priorités du Rwanda.

En France, l’ouverture – ou l’open – est à la fois un mode d’action et un objectif dans la transformation numérique de l’action publique. Améliorer l’accès à l’information sur les démarches administratives, via la création du portail service-public.fr en 2000, rendre disponibles les données collectées et produites par l’administration, via la création de la plateforme interministérielle data.gouv.fr en 2011, ou encore ouvrir l’administration à des talents numériques issus de extérieurs, via la mise en place du programme Entrepreneurs d’intérêt général en 2017. Ces quelques initiatives illustrent l’approche choisie par l’administration française : en “faisant plateforme” avec l’extérieur, en permettant la réutilisation de ressources, le numérique contribue à l’amélioration de la qualité et l’efficacité de l’action publique.

 

Intervention de Philippe Vrignaud devant la délégation rwandaise - Mars 2024

Sur la donnée, cette approche a été accélérée par l’adoption de la loi pour une République numérique en 2016 : principe d’open data data by design, réutilisation gratuite des données publiques, facilitation de la circulation de la donnée entre administrations, principe du “dites-le-nous une fois”, évitant ainsi aux usagers la complétion de données déjà détenues par l’administration, ouverture des logiciels développés (ou financés) par l’administration, transparence des algorithmes. L’ouverture et la circulation des données réduisent la charge administrative pour les citoyens, renforcent la collaboration entre institutions, contribuent à la proactivité de l’administration auprès des usagers.

Sur les codes sources, le développement de briques logicielles communes pour la transformation connaît aujourd’hui une nouvelle impulsion. Au sein de la Direction interministérielle du numérique (DINUM), le pôle opérateur coordonne la mise en place d’une suite numérique consolidée – depuis démarches-simplifées à FranceConnect, en passant par des outils de messagerie, d’agenda, de partage de documents – qui s’attachent mettre l’open source au cœur. Cette approche de mutualisation est particulièrement prometteuse. Lire les dernières actualités sur la suite numérique collaborative.

Enseignements de l’expédition apprenante avec le Rwanda – L’open
Plusieurs bonnes pratiques ont été relevées par la délégation :

  • L’importance de la qualité des données et leur mise à disposition en vue de leur réutilisation par d’autres administrations ou des personnes externes
  • L’ouverture et la circulation des données brutes produites par des acteurs publics complémentaires à l’approche de production statistique
  • La nécessité d’installer une gouvernance interministérielle pour développer une politique de la donnée 360 (open data, API, IA) au service de l’amélioration de l’action publique
  • La mutualisation de briques logicielles selon le mode “volontaire” : par exemple, un ministère peut choisir d’instancier un logiciel commun à toutes les administrations tout comme ne pas utiliser une autre solution de la suite, tant que l’information existe sur ce qui est mis à disposition ! 

En 2014, la France est le premier pays à créer par décret une fonction d’administrateur général des données (AGD), traditionnellement incarnée par le Directeur interministériel du numérique (DINUM).

  • L’AGD doit assurer l’accélération de l’ouverture, de la circulation et de l’exploitation des données publiques au profit des politiques publiques. Cette fonction est venu compléter l’action et le réseau d’Etalab pour mettre en œuvre la transformation des politiques publiques de la donnée.
  • En 2021, l’équivalent ministériel de l’AGD est créé, via une circulaire définissant les missions des administrateurs ministériels des données, des algorithmes et des codes sources (AMDAC). Les AMDAC (qui peuvent être les directeurs du numérique dans les ministères, mais pas toujours), ont pour fonction la mise en œuvre et le suivi des stratégies ministérielles pour l’ouverture des données, algorithmes et codes sources. Ils coconstruisent et mettent en œuvre leur feuille de route ministérielle en ce sens, toutes disponibles en accès libre sur numerique.gouv.fr.
  • Une comitologie est mise en place : le Ministre de la Transformation et de la Fonction publiques assure le suivi stratégique, et chaque mois, les AMDAC se réunissent avec l’AGD. Des projets conjoints peuvent être menés en parallèle.

Intervention de Romain Talès devant la délégation rwandaise - Mars 2024

La gouvernance du réseau des AMDAC est une approche parmi d’autres de modes de pilotage de la transformation numérique. Il est important de pouvoir ajuster les mécanismes de gouvernance en fonction des acteurs concernés et des décisions à prendre. Un spectre large de dispositifs de gouvernance existent en France. Parmi les initiatives présentées lors de l’expédition apprenante :

  • L’approche partenariale public-privé-communs, consistant à mettre ouvrir les codes sources des logiciels développés sur des financements publics, à créer une communauté d’utilisateurs et de développeurs et à réemployer au maximum l’existant. Par exemple, le gouvernement, comme de nombreux incubateurs ministériels, est présent sur GitHub : https://github.com/GouvernementFR. Dans cette dynamique de numérique d’intérêt général, il existe également l’Accélérateur d’initiatives citoyennes (AIC), lancé en 2021 par la DINUM afin de renforcer les coopérations entre l’Etat et les initiatives citoyennes porteuses de communs numérique.

Enseignements de l’expédition apprenante avec le Rwanda – La gouvernance
Plusieurs bonnes pratiques ont été relevées par la délégation :

  • L’avantage de bénéficier d’une organisation interministérielle pour collaborer avec les CDO sectoriels et placer la transformation numérique à un niveau de décision élevé au sein du gouvernement
  • L’open-source et les communs numériques pour
    • Développer des infrastructures de services numériques offre plusieurs avantages, tels que l’efficacité des investissements, la garantie de la souveraineté numérique et l’attraction de talents
    • Favoriser l’innovation ouverte et collaborative, essentielle pour l’adaptation rapide aux nouvelles technologies et aux besoins évolutifs des citoyens
    • Animer des communautés de pratiques, essentielles pour le partage de connaissances et de meilleures pratiques, la résolution de problèmes communs et le soutien mutuel dans les initiatives de transformation numérique

De nombreux chantiers liées aux politiques d’inclusion numérique ont été lancées depuis plus de 10 ans. Aujourd’hui, la Stratégie nationale pour un numérique inclusif est structurante pour les acteurs publics.

La délégation a découvert les initiatives phares, qui couvrent l’ensemble des champs de l’inclusion (de la connectivité aux usages) : le Plan France Très Haut Débit, le programme France Mobile, les programmes de médiation numérique, l’accompagnement des collectivités territoriales, par exemple avec la création des conseillers numériques. La progression de l’inclusion numérique est suivie par une nouvelle métrique développée par l’ANCT : la distance numérique. Celle-ci englobe l’accès aux équipements, la diversité des usages, les compétences formelles, la facilité.

Les équipes de l’ANCT et de PIX devant la délégation rwandaise - mars 2024
Intervention de Bénédicte Roullier devant la délégation rwandaise - mars 2024

Pour ce qui est de la formation, l’équipe de Pix a présenté l’histoire du service, le modèle de mise en œuvre et les caractéristiques clés. Pix est une startup d’État devenue un service autonome, avec un modèle de financement hybride. L’équipe s’appuie sur le cadre européen des compétences numériques pour construire des modules pédagogiques, dispensés de l’école primaire à l’université. A l’occasion de la présentation de Pix, la délégation a partagé leurs préoccupations sur la façon de s’attaquer à l’alphabétisation numérique pour les populations ayant des problèmes d’alphabétisation ou des questions de diversité linguistique.

La méthode startup d’Etat a été explorée par la délégation à travers la présentation de deux initiatives portées par l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) : Aidants Connect et Données et Territoires. Cette méthode permet d’apporter une réponse à un problème de politique publique par le développement d’un service numérique à impact, conçu à partir des besoins exprimés par les utilisateurs (citoyens ou agents publics).

Aidants Connect est un service basé sur les principes d’authentification de FranceConnect permettant aux aidants de soutenir les utilisateurs dans la réalisation de leurs démarches administratives.

Données et Territoires est un service proposé par l’ANCT à destination des agents, des services et des collectivités territoriales afin de les accompagner dans toutes les étapes de la création à l’utilisation des données.

Ces deux exemples de produits, centrés sur l’exploitation de la donnée au service des besoins des utilisateurs, montrent combien les bases de données standardisées et ouvertes permettent d’opérer des politiques publiques ou d’outiller les agents, gages de confiance et d’efficacité.

Enseignements de l’expédition apprenante avec le Rwanda – La méthode produit des start-up d’État
Plusieurs bonnes pratiques ont été relevées par la délégation :

  • L’importance de maintenir un lien constant avec les utilisateurs finaux lors du développement de services numériques
  • La nécessité de faciliter l’expérience utilisateur en proposant un univers graphique cohérent
  • L’utilité du modèle start-up d’État pour dynamiser des projets numériques au service des politiques publiques

Afin de proposer aux usagers des interfaces numériques standardisées et un univers de marque État uniformisé, la France s’est doté d’un système de design : le DSFR (Système de Design de l’Etat).

  • Elaboré par le Service d’information du gouvernement (SIG), le DSFR permet d’assurer la cohérence des produits numériques publics avec la stratégie de marque de l’État. Des composants sont mis à disposition des designers et développeurs de services (blocs fonctionnels, typographies, modèles, références colorimétriques, boutons, fil d’Ariane, etc.). Ils sont prêts à l’emploi, accessibles et standardisés. Le DSFR est ouvert, une documentation est mise à disposition, et les utilisateurs peuvent émettre des besoins en évolution ou ajouts de composants.
  • La force du DSFR réside dans son adaptabilité, en ce qu’il est « agnostique » en termes de langages web et de programmation. Il vient outiller les équipes de services numériques pour mieux construire leurs produits et mettre en œuvre les normes d’éco-conception et d’accessibilité.

Les membres de la délégation en compagnie de Michaël Nathan et Missak Kéloglanian - mars 2024

La transformation numérique n’est pas synonyme de la mise en œuvre des nouvelles technologies. Comme le précise la Fing suite à la création du groupe de travail Nos Systèmes, il est essentiel d’opéter une rétroingénierie des solutions techniques émergentes avant de les déployer. Ils préconisent d’ailleurs d’opter pour une rétroingénierie sociale, méthode permettant de comprendre et d’améliorer les systèmes techniques en interagissant avec eux : l’idée est de rendre les systèmes techniques socialement responsables et transparents sans nécessairement dévoiler tous leurs secrets.

Enseignements de l’expédition apprenante avec le Rwanda – Ne pas tomber dans le techno-solutionnisme

Xavier Albouy, Directeur du numérique au Ministère de la Justice, a insisté sur un point : lorsqu’une innovation est présentée comme un virage incontournable à prendre, le rôle d’un directeur du numérique est de remettre l’usage, la valeur, au centre, et de considérer la technologie comme un moyen et non une fin.

Intervention de Xavier Albouy devant la délégation rwandaise - mars 2024

Pour autant, la recherche de l’état de l’art dans l’usage d’innovations technologiques majeures est importante. Par exemple, la France expérimente et met en œuvre diverses initiatives liées à l’intelligence artificielle :

  • “Pour une intelligence artificielle française” (PIAF), portée dès 2018 par le Lab’IA d’Etalab et visant à construire le premier jeu de données ouvert de questions-réponses francophone ;
  • Albert, nouvel outil d’IA générative lancé en 2023 à destination des agents de l’administration et porté par le Datalab d’Etalab ;

Dans le sillon de l’approche public-privé-communs, l’État a également lancé en juillet 2023 une communauté : AllIAnce. Sous l’égide de la DINUM, AllIAnce rassemble des ministères, des administrations publiques, des opérateurs de services publics, des start-up et entreprises privées, des organismes de recherche et des établissements d’enseignement supérieur. L’objectif : répondre à des problématiques concrètes rencontrées par les administrations sur le terrain en réunissant toutes les expertises permettant à l’État de s’approprier tout le potentiel des technologies d’IA.

Cette communauté assure la gouvernance en expérimentant régulièrement des solutions avant de les passer à l’échelle. A l’instar des DNUM ministériels, la communauté joue le rôle d’éclaireur et permet à la France de se positionner techniquement, juridiquement et éthiquement sur les innovations technologiques et de créer des produits souverains et libres. In fine, cela revient interroger la technique pour en dévoiler le potentiel en vue de répondre aux besoins des agents et des administrés.

À la fin de la semaine d’expédition apprenante, trois mots-clés ont marqué les discussions entre les membres de la délégation rwandaise : open-source, souveraineté et user-centric. En privilégiant le dialogue entre praticiens et en intégrant les meilleures pratiques de la Digital French Touch, cette expédition a offert une vision complète et pragmatique des opportunités et des défis de la transformation numérique.

Les différents enseignements ont mis en lumière l’importance d’une approche ouverte et collaborative, de la transparence des systèmes techniques, et d’une gouvernance adaptée et placée à un haut niveau stratégique. Ces éléments ont permis aux membres de la délégation rwandaise de redéfinir leur perspective sur les différents aspects du projet FEXTE.

L’expédition apprenante a ainsi apporté des orientations supplémentaires pour formuler des besoins et idées pour la suite du programme. L’échange avec Henri Verdier, Ambassadeur pour les affaires numériques a été très enthousiasmant pour les CDOs, qui ont perçu qu’il était possible – et souhaitable – d’associer des principes de transformation numérique et des projets concrets à impact.

Les membres de la délégation en compagnie de Henri Verdier, Ambassadeur français pour les affaires numériques - mars 2024

À l’instar de cette expédition apprenante, accompagner à la transformation numérique, c’est aussi garantir la montée en compétences et l’autonomisation des équipes.

Partant de cette conviction, nous avons fait le choix de concevoir une diversité de formats et modules de formation que nous pouvons proposer clé en main ou intégrer dans des missions spécifiques.

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À Alès, la gauche face aux assauts du RN: «Ça va être chaud pour notre matricule»

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En 2022, une partie de l’ancien bastion communiste est tombée dans l’escarcelle du Rassemblement national. L’Insoumis Michel Sala, seul député de gauche du Gard, résiste avec les militants locaux, qui voient le parti d’extrême droite tisser patiemment sa toile.

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À Lille, l’écœurement des étudiants après l’interdiction d’une conférence de LFI

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Le choc des étudiants lillois après l’annulation d’une conférence de Jean-Luc Mélenchon et Rima Hassan sur la Palestine a été décuplé par l’interdiction consécutive de la préfecture. Beaucoup dénoncent «un climat répressif» sur les soutiens à Gaza qui n’épargne pas les universités.

L’Omer, une pratique initiatique de notre bilan spirituel ce l’année

Par : Arouna
23 avril 2024 à 16:14
Énergétiquement parlant, c’est après le passage de Pâques que les acquis organiques de l’année précédente s’inscrivent en nous. Ce processus de concrétisation vibratoire se fait à la mesure de l’accomplissement de nos inaccomplis et de la transmutation d’énergies négatives en nous pendant l'année écoulée. Arouna adapte l’outil kabbaliste de l’Omer pour vous aider à accélérer votre intégration spirituelle afin d'augmenter au maximum vos vibrations pour l'année qui vient.

Wozamp – Un lecteur audio rétro pour Apple II

Par : Korben
10 avril 2024 à 10:57

Ah, les joies de la technologie vintage ! Si vous êtes un passionné d’informatique old-school, vous allez adorer projet qui permet d’écouter une playlist sur un bon vieux Apple II !

Conçu par l’ingénieux Colin Leroy, Wozamp est un petit logiciel qui transforme votre Apple II en un véritable jukebox des années 80. Bon, on ne va pas se mentir, les capacités audio de cette vénérable machine sont loin d’égaler celles de nos smartphones dernier cri mais, on s’en fiche ! L’important, c’est de pouvoir se la péter en soirée avec son Apple II et de montrer à tous ces jeunes que la musique, c’était mieux avant (même avec un son pourri).

Pour faire tourner Wozamp, vous n’aurez besoin *que* d’un Apple II équipé d’une carte série et d’un serveur proxy nommé surl-server. Ce dernier se charge de transcoder et de rééchantillonner la musique pour qu’elle soit bien digérée par le processeur de la machine. Et le résultat est étonnamment satisfaisant !

Une fois Wozamp installé, vous pouvez parcourir vos répertoires musicaux partagés via FTP, lire des fichiers audio dans presque tous les formats, et même écouter des webradios. Le lecteur affiche également les pochettes d’album, les métadonnées et dispose même d’un VU-mètre pour vous donner l’impression d’être un vrai DJ.

Bien sûr, avec un taux d’échantillonnage de 11,52 kHz et un DAC 5 bits, on est loin de la Hi-Fi. Mais écouter « Never Gonna Give You Up » de Rick Astley sur un ordinateur qui a vu le jour avant même la naissance du chanteur, c’est beau.

Au final, Wozamp est un projet aussi inutile que génial. C’est le genre de truc qui ne sert à rien, mais qui fait quand même plaisir parce que ça nous rappelle une époque où l’informatique était encore un truc de passionnés, où il fallait bidouiller pendant des heures pour arriver à un résultat médiocre. Et c’est ça qui est bon !

Bref, si vous avez un Apple II qui prend la poussière dans votre garage, n’hésitez pas à lui redonner une seconde jeunesse, comme ça, vous pourrez enfin écouter vos MP3 comme en 1977, avec la classe en plus.

Source

Raphaël Glucksmann, nouvel enfant prodige de la bourgeoisie de gauche

Comme il y a cinq ans, une petite musique se fait entendre dans le paysage audiovisuel français : un homme providentiel incarnerait le changement tant attendu. Ce champion du progrès, de la liberté, du droit des peuples, de l’environnement, en bref de l’Europe se nomme Raphaël Glucksmann. Nous voilà sauvés, soupirent les Français – du moins, une partie d’entre eux. Une partie d’ailleurs plutôt aisée, inquiète des populismes, déçue du macronisme. Des rédactions parisiennes aux amphithéâtres de sciences politiques, on plébiscite la candidature Glucksmann. D’où vient donc ce nouveau héraut du centre-gauche, qui a désormais « la cote dans les milieux d’affaires » selon le quotidien pro-business l’Opinion ?

Certains l’ont peut-être découvert à l’occasion du récent battage médiatique engagé en sa faveur. D’autres lors de sa campagne de 2020 en faveur des Ouïghours (le carré turquoise, sur les réseaux sociaux, après le carré noir de Black Lives Matter, nouveau signe de l’indignation collective). Son entrée en politique est pourtant un peu plus ancienne. 

Né le 15 octobre 1979, Raphaël Glucksmann est un essayiste, réalisateur de documentaires et homme politique issu d’une famille intellectuellement influente : son père est le philosophe néolibéral André Glucksmann. Ce dernier appartient au courant des « nouveaux philosophes », très virulents contre l’Union soviétique, et est un proche de Bernard Henry-Lévy. Après des études au lycée Henri IV puis à Sciences Po Paris, Raphaël Glucksmann imite « BHL » en traitant de divers conflits (Tchétchénie, Géorgie, génocide rwandais) sous un prisme humanitaire, ce qui lui permet d’obtenir une notoriété médiatique. Il ne tarit d’ailleurs pas d’éloges sur son inspirateur : dans un billet publié en 2011 sur le site de « BHL », il déclare « Ce qui m’a toujours plu chez Bernard, comme chez mon père d’ailleurs, c’est ce refus chevillé au corps de confondre objectivité et neutralité ».

De 2005 à 2012, Raphaël Glucksmann conseille le président géorgien Mikheil Saakachvili qui abolit le salaire minimum, licencie 60 000 fonctionnaires et abaisse l’impôt sur les dividendes à 5 %.

Comme « BHL », son engagement est résolument pro-occidental : il soutient dès 2004 la révolution orange en Ukraine, réalisant divers documentaires sur les thématiques lui tenant à cœur. Avec un intérêt particulier pour l’ex-URSS. Sa compagne durant le début des années 2010 n’est autre qu’Eka Zgouladze, vice-ministre de l’Intérieur de Géorgie. En décembre 2014 elle est propulsée à la même fonction… en Ukraine. Naturalisée citoyenne ukrainienne par le chef d’État Petro Porochenko suite à la « révolution » Maïdan, elle obtient ce poste quelques jours plus tard tard. Il est vrai que Raphaël Glucksmann est à cette période conseiller de l’autoritaire et ultralibéral président géorgien Mikheil Saakachvili, qui s’exilera lui aussi en Ukraine pour échapper à des procès après la fin de son règne. Ukraine et Géorgie avaient alors pour point commun d’être en conflit avec la Russie, et en voie de rapprochement avec les États-Unis.

Ce épisode est opportunément omis de la plupart des portraits médiatiques de Raphaël Glucksmann. Les réformes de Saakachvili en Géorgie – conseillé par Glucksmann de 2005 à 2012 – sont pourtant loin d’être anodines : abolition du salaire minimum, licenciement de 60 000 fonctionnaires, abaissement de l’impôt sur les sociétés de 20 % à 15 %, et de l’impôt sur les dividendes de 10 % à 5 %. En 2009, la Géorgie était d’ailleurs considérée par Forbes comme le quatrième pays avec la pression fiscale la plus faible au monde.

Des rédactions aux rédactions, en passant par le Parlement européen

Après ce séjour en ex-URSS, Glucksmann revient en France et officie comme chroniqueur sur France Info et France Inter. Par la suite, il tente de convertir sa relative popularité dans l’intelligentsia libérale en capital politique. En novembre 2018, il cofonde le parti Place Publique en vue des élections européennes. Son postulat de départ est simple : le Parti socialiste est en pleine implosion et le champ politique français se recompose rapidement. Avec un grand gagnant, Emmanuel Macron, qui remporte les élections de 2017, ce dont Raphaël Glucksmann se félicite alors. L’évolution vers la droite du gouvernement laisse un espace au centre-gauche parmi ces Français éduqués, urbains, très attachés à l’Union européenne et au progrès, mais frileux à l’idée de changements socio-économiques rapidement suspects de populisme.

Cette aile gauche de la technocratie produit effectivement à la chaîne les figures politiques comme les partis mort-nés, sans être troublée outre mesure par ses échecs répétés. Le dernier en date étant peut-être la « Primaire populaire » de 2022 ayant adoubé Christiane Taubira. Co-fondatrice de Place Publique, la militante écologiste Claire Nouvian en claque la porte après quelques mois à peine, étrillant Glucksmann et les arrivistes en tout genre qui ont vite pris le contrôle du mouvement.

Aux européennes de mai 2019, Place Publique, alliée avec le Parti socialiste, Nouvelle Donne et le Parti radical de gauche, parvient à faire élire Raphaël Glucksmann comme député européen, en réunissant 6,19 % des voix dans un scrutin boudé par un électeur sur deux. Alors que la France est alors marquée par le mouvement des Gilets jaunes, l’horizon européiste et élitiste représenté par cette liste ne rencontre guère de succès. Rien de surprenant là-dedans : comme le rappelle Pierre Rimbert dans un article intitulé « Un autre Macron est possible » pour Le Monde Diplomatique, Raphaël Glucksmann ne se signale pas particulièrement par sa fibre sociale. L’opposition aux réformes austéritaires du quinquennat Hollande le laisse de marbre.

Plus adepte des campagnes sur les réseaux sociaux que des mobilisations des travailleurs, l’eurodéputé jure aujourd’hui avoir changé : lui, le chantre de l’ouverture du marché au nom des valeurs européennes, a désormais pris conscience du rôle néfaste de la finance dérégulée et des souffrances du bas-peuple. Ses modes d’action restent pourtant les mêmes : dans une réponse aux griefs de François Ruffin à son encontre, il explique par exemple qu’« en interpellant les grandes marques de la fast fashion qui peuplent son armoire par exemple, chacun retourne l’aliénation que le marketing du capitalisme consumériste veut lui imposer pour charger son pouvoir d’achat d’un pouvoir d’influence civique. » Une conception très individualiste du combat contre la marchandisation du monde.

Raphaël Glucksmann appartient au groupe d’Eva Kaili, ancienne vice-présidente du Parlement européen, arrêtée par la justice belge et accusée de corruption par le Qatar. Ce pays n’est mentionné que trois fois dans le rapport co-signé par Glucksmann sur les « ingérences étrangères » – contre soixante-six pour la Russie.

Lorsque François Ruffin l’interpelle sur la séquence du traité européen de 2005 ou sur la récente réforme des retraites, qui ont durablement cassé la confiance des citoyens envers le personnel politique, Glucksmann répond en mettant en avant « la fin des décisions à l’unanimité au Conseil […] c’est-à-dire une avancée dans la construction de l’Europe politique. » Le tout, évidemment au nom de la lutte contre les paradis fiscaux et les régimes autoritaires.

Un droit des peuples à géométrie variable

Ce combat contre les autocraties et les régimes illibéraux, Glucksmann en a fait sa marque de fabrique. Mais au-delà de l’image, qu’en est-il réellement ? À peine élu eurodéputé, il demande la création d’une « Commission spéciale sur l’ingérence étrangère et la désinformation », dont il devient le président. Il en synthétise les conclusions un énième livre intitulé La grande confrontation. Comment Poutine fait la guerre à nos démocraties. Raphaël Glucksmann ne mâche effectivement pas ses mots pour flétrir l’ennemi russe, qui opprime ses amis géorgiens ou ukrainiens. Ardent partisan de l’aide militaire à l’Ukraine, Glucksmann fait d’ailleurs de l’intégration de cette dernière dans l’OTAN et l’Union européenne une priorité absolue, quel qu’en soit le prix économique. Cette Commission spéciale reste pourtant étrangement timide quant aux ingérences venues de l’Ouest. Quid, par exemple, du travail d’espionnage commercial et diplomatique mené en Europe par les États-Unis ?

Les foudres de Raphaël Glucksmann s’abattent uniquement sur les adversaires du bloc occidental. Ses alliés bénéficient d’une singulière mansuétude. Qu’il s’agisse de l’Arabie Saoudite, des pays d’Europe de l’Est opposés à la Russie, de la Turquie ou du Qatar. Détail significatif concernant ce dernier : Raphaël Glucksmann appartient à l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates (S&D), le groupe d’Eva Kaili, ancienne vice-présidente du Parlement européen au centre d’un scandale de corruption. En décembre 2022 on retrouvait chez elle 900 000 euros en liquide et elle était arrêtée par la justice belge, accusée de corruption par le Qatar. Quelques jours plus tôt, elle ne tarissait pas d’éloges sur ce pays, « leader en matière de droit du travail avec l’abolition avec l’abolition du kafala [système par lequel le Qatar exploite des migrants dans des conditions proches de l’esclavage NDLR] et l’introduction d’un salaire minimum […] [qui] s’est engagé dans cette voie par choix ». Or, le Qatar n’est mentionné que trois fois dans le rapport issu de la commission sur les ingérences étrangères exigée par Glucksmann ; la Russie, elle, est mentionnée soixante-six fois.

Plus récemment, la question de la guerre à Gaza lui a valu de nombreuses critiques parmi une jeunesse de gauche sensible au droit des peuples, qui découvrait soudain l’hémiplégie morale de l’eurodéputé. La députée LFI Alma Dufour et la juriste franco-palestinienne Rima Mobarak listent ainsi ses votes au parlement européen, en opposition à toute condamnation sérieuse d’une opération militaire israélienne ayant déjà conduit à plusieurs dizaines de milliers de victimes civiles.

Les foudres de Raphaël Glucksmann s’abattent uniquement sur les adversaires du bloc occidental.

Cinq ans après son élection, qu’est ce qui a changé pour Raphaël Glucksmann ? Tout, et rien : ses campagnes menées sur les réseaux sociaux comme dans les rédactions lui ont conféré une indéniable popularité dans ce qu’il reste du centre-gauche français. Celle-ci s’érode pourtant déjà face aux apparentes contradictions du personnage. Ardent défenseur des intérêts du bloc occidental rejouant encore et encore la Guerre froide, espérant un remake de la success story macronienne de 2017 à son avantage, Raphaël Glucksmann revient. Parmi les anciens soutiens du Président actuel, il séduit déjà Daniel Cohn-Bendit. Si sa réélection est probable grâce aux jeux d’alliance et surtout à un battage médiatique bienveillant, le discours progressiste, ressassant comme un disque rayé ses poncifs européens libéraux, en période de guerre européenne et de crise économique, tourne plus que jamais à vide.

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