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La Lune nous offre la Connaissance

La Lune nous offre la Connaissance

La Nouvelle Lune aura lieu le 6 Juin 2024 à 12h39 en temps universel, 14 h 39 à Paris, 8h39 à Montréal, 20 h 39 à Hong Kong.

Bonjour à toutes et à tous,

Un immense amas d’énergie se concentre dans le signe d’Air des Gémeaux.
Le 3 juin, notre vision terrestre, aidée par la technique, a pu voir apparaître dans le ciel un magnifique alignement de 6 planètes : Jupiter, Mercure, Uranus, Mars, Neptune, Saturne, traçaient une ligne droite dans le ciel.

Une intense nouvelle lunaison nous attend, veillons nous aussi à travailler l’alignement. Le ciel nous offre une triple conjonction, le Soleil, la Lune et Vénus,
à 16° Gémeaux. Une triple conjonction surpuissante, car dans le même degré, qui nous appelle à partager en communion dans une indescriptible joie de vivre communicative. Avec, de surcroit, une autre délicate attention céleste tout aussi enjouée, nourrie par une deuxième conjonction entre Mercure et Jupiter toujours en Gémeaux. 

Le ciel aurait-il oublié que de terribles conflits ont cours en ce moment
et que la moindre tension supplémentaire pourrait provoquer un embrasement dévastateur ?! 

Ou bien, tenterait-il de nous rappeler que la vie peut être si douce et agréable quand nous voulons bien nous entendre et nous exprimer avec bienveillance ?! 

Le signe des Gémeaux a la réputation d’aimer les jeux et la variété des plaisirs, avide d’informations diverses et variées et doué pour la communication. Ceci vaut pour la représentation exotérique de ce signe d’Air. Mercure en est le Maître.

Les Gémeaux d’un point de vue ésotérique est un signe qui porte une profonde dimension spirituelle qui nous met en quête d’une véritable connaissance. Vénus en est le Maître ésotérique. Sa trajectoire dans notre ciel, dessine une étoile a cinq branches parfaite.

Le troisième travail d'Hercule symbolise le troisième signe, les Gémeaux.

Héra reçut en cadeau de mariage des Pommes d’Or qui symbolisent les fruits de la connaissance dont elle confia la garde à trois Nymphes qui habitaient le merveilleux jardin des Hespérides. De nombreux auteurs ont localisé ce lieu mythique dans les montagnes de l’Atlas au Maroc actuel. Hesper signifie Ouest, en réalité le jardin se situait bien au delà vers le cœur de l’Océan atlantique, siège de la très ancienne civilisation atlantéenne. 

Le troisième travail d’Hercule intitulé : La cueillette des Pommes d’Or du jardin des Hespérides.

Quand Eurysthée donna les instructions à Hercule afin qu’il accomplisse son troisième travail dans sa quête initiatique, d’un air énigmatique il lui confia ces paroles : « La première pointe de l’étoile t’indiquera le chemin , va et cherche le Jardin des Hespérides et ramène les Pommes d’Or de la “grande Connaissance”. Les Gémeaux sont en lien avec le système nerveux et la respiration. 

• Dans un grand état d’excitation, Hercule entendit à peine les sages conseils de son instructeur et se lança dans un long périple à travers toute l’Europe. Le signe des Gémeaux aime jouer, ce que Hercule prit comme un simple jeu de piste, pouvait s’avérer une quête sans fin, déjà fatigué et désabusé, par de multiples pistes qui menaient à autant d’impasses, il rencontra Nerée le sage qui lui dit de cesser de courir en tous sens, mais de chercher l’objet de sa quête en lui-même. Il n’accorda aucun crédit à celui qu’il voyait comme un vieillard sénile aux facultés déclinantes. Cependant, il fut surpris par l’étoile à cinq branches que dessina Nérée dans la poussière du sol de son bâton noueux qu’il planta au sommet de l’étoile. Le pentagramme aux cinq pointes est le symbole de la Connaissance. Nérée, le sage, lui envoyait le message suivant : “Cinq rencontres successives allaient se présenter à lui”. La première avait déjà lieu par la présence de Nérée lui-même. Mais Hercule n’en saisit pas l’intérêt. Il repartit dans sa recherche avec la même impatience.

• La deuxième rencontre fut avec Antée, le serpent, celui qui rampe dans la poussière et qui est incapable de produire une vision haute. Antée symbolise notre mental inférieur. Le combat fut très difficile pour Hercule, il n’arrivait pas à prendre le dessus, et il dut se résoudre à éviter l’affrontement. La seconde leçon est de saisir qu’il est inutile de perdre son temps dans les espaces où seule règne la puissance de la raison.

• La troisième rencontre fut avec Busiris qui avait pour habitude de prendre conseil auprès des devins. Cet ancien Roi d’Égypte dans son habit d’apparat avait du charisme et il charma Hercule par des paroles habiles qui lui firent croire qu’il était porteur de tous les secrets menant à la Connaissance. Notre héros fut comme enchaîné à cet enseignement sans envergure toute une année. Il lui fallut douze lunaisons pour enfin se rappeler les sages paroles de Nérée. 

“Cherche en toi-même“. Il s’échappa du palais de l’illusion, amer et déçu d’avoir perdu tant de temps. Perdu dans les méandres de sa pensée non encore maîtrisée, Hercule errait sans direction  terriblement affligé par les dégâts produits par l’enseignement de Busiris. C’est alors qu’il entendit dans le lointain de terribles râles de souffrance. 

• La Quatrième rencontre allait se produire. Prométhée étroitement enchaîné sur une pointe rocheuse escarpée, se faisait dévorer le foie par sept vautours. Hercule s’empressa de libérer celui qui fut condamné par les Dieux de l’Olympe pour avoir dérobé le Feu sacré de la création sans posséder la conscience que procure un véritable enseignement. Les vautours symbolisent nos passions qui produisent des états émotionnels incompatibles au développement de l’Âme. Avec le sentiment d’avoir enfin agi avec Amour, Hercule se sentait mieux, une sérénité commençait à s’installer. Il était prêt pour la cinquième rencontre. Atlas, du mieux qu’il pouvait, portait toute la souffrance du monde sur son épaule meurtrie. Avant de se précipiter vers le géant pour le soulager de son fardeau, il observa la situation dans le plus grand des calmes. Son système nerveux était enfin sous le contrôle de sa conscience. Respirant profondément, il régula sa respiration et l’inspiration lui vint. Il ne prit pas la place d’Atlas pour à son tour succomber à la souffrance, mais il le prit à bras-le-corps pour l’élever vers la Lumière. C’est ainsi qu’il libéra Atlas.

Il est clairement signifié que si nous voulons venir en aide aux personnes en grande souffrance, il est inutile de se mettre soi-même dans la même situation de souffrance. L’étoile à cinq branches, le pentagramme de la Connaissance, était accomplie. Sans qu’il eut à parcourir la moindre distance, Aeglé, Erythie et Hespérie, les trois nymphes du jardin des Hespérides lui apparurent rayonnantes d’un Amour désintéressé. Elles tenaient dans leurs mains ouvertes les Pommes d’Or contenant les secrets de la Connaissance. Cela fut offert gracieusement à Hercule. Il s’agenouilla et rendit grâce avec humilité, une nouvelle vie allait commencer.

L'élément majeur de cette Nouvelle Lune est la triple conjonction Soleil-Lune-Vénus.

Vénus dessine dans notre ciel une étoile à cinq branches depuis la nuit des temps. C’est un principe équilibrant qui porte l’harmonie et l’esthétisme, nourris par un Amour Divin inconditionnel. Un carré entre Vénus en Gémeaux et Saturne en Poissons dénote que nous avons à travailler cette ouverture du Cœur et qu’il faut combattre tout à fait pacifiquement afin qu’elle devienne réalité. Pluton rétrograde en Verseau est en trigone avec Mercure et Jupiter en Verseau. Deux signes d’Air sont ainsi liés pour nous appeler à nous parler et surtout à nous entendre dans nos différences. 

Le 9 juin Mars va quitter le Bélier pour entrer en Taureau. Uranus est également en Taureau. Mars et Uranus dans le même signe est comme rentrer dans une poudrière avec une torche allumée à la main. Quand les pensées bellicistes dominent  cela représente un danger d’embrasement général. Mars sera en Taureau jusqu’au 20 Juillet. Nous allons traverser une période chaude de quelques semaines où le pire est à craindre, mais restons en confiance, notre force d’Amour est à l’oeuvre.

Fédérerons-nous avec enthousiasme et ferveur pour que l'Esprit de la grande Paix s'impose.

Participons à toutes les manifestations pacifiques qui pourront ouvrir des dialogues. Jupiter, porteur de ce qui est juste, vient entrer en Gémeaux le signe de la communication. Voici un appel à parler juste et avec bienveillance afin de  cesser tous conflits.

À toutes celles et ceux qui, au beau milieu de l’Océan de l’Ouest, trouveront quelques parcelles de l’antique sagesse antlantéenne, je vous souhaite de recevoir de fructueux enseignements ou la bienveillance et l’expression d’un pur Amour viendront envahir votre Cœur de Paix. 

Gardez la lumière

Philippe

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La Pleine Lune de Sagesse

La Pleine Lune de Sagesse

La Pleine Lune aura lieu le 23 Mai 2024 à 13h53 en temps universel, 15h53 à Paris, 9h53 à Montréal, 21h53 à Hong Kong.

Bonjour à toutes et à tous,
ce jour, un milliard de bouddhistes, si nous incluons la Chine vont fêter le Wessak qui célèbre, la naissance, l’Illumination et la mort de Bouddha, grand symbole de Sagesse et de Compassion.

Le Soleil est à 2°55 en Gémeaux, la Lune diamétralement opposée à 2°55 en Sagittaire en Astrologie tropicale, ce que je prends comme référence.

Traditionnellement le Wessak est fêté quand la Lune est pleine dans le signe du Scorpion. Rappelons-nous qu’en Orient l’astrologie retenue est sidérale et non tropicale. Elle ne tient pas compte de la précession des équinoxes, elle utilise la position des étoiles et non celle du Soleil dans notre ciel. Si nous calculons la position de La Lune selon l’astrologie sidérale, elle est en Scorpion. Nous nous retrouvons donc à être bien d’accord pour célébrer le Bouddha quand la Lune est en Scorpion. Soyons en communion totale pour célébrer ce grand moment céleste. Astrologie sidérale ou tropicale ? Je reviendrai plus tard sur cette question, car la grande préoccupation du moment présent, celle de la Paix est bien plus importante à considérer. 

La signature énergétique de ce ciel de Pleine Lune nous appelle une fois de plus à exprimer dans nos cœurs une pleine harmonie de Paix. 

L’hexagramme, l’étoile à six branches appelée le sceau de Salomon est la marque de la Paix. De la grande Paix intérieure afin qu’elle puisse ensuite s’afficher dans le monde. 

Une étoile à six branches incomplète s’installe dans notre ciel. Pourquoi incomplète, car il manque une pointe pour la constituer, ce qui marque un grand vide cosmique qui va tenter de nous aspirer.

Visionnons ce ciel, ce qui demande un peu de concentration car ce qui y est exprimé est subtil : La Lune conjointe à Pallas (la Sagesse) est sextile à Pluton, sextile à Neptune, sextile à Jupiter-Vénus conjoints au Soleil sextile à une zone céleste qui va du 25ème degré Cancer au 3ème degré du Lion, zone elle même sextile à Lilith moyenne(la Mémoire karmique), sextile a la Lune conjoints à Pallas.

l faut six sextiles pour établir le Sceau de Salomon, le sceau de la Paix.

Il n’y a pas d’objet céleste dans cette zone qui va de 25° Cancer à 3°Lion pour véritablement constituer l’étoile à six branches, cette étoile de Paix. Ce vide va créer une aspiration, nos cellules vont percevoir ce manque céleste et c’est un grand appel intérieur pour compléter l’énergie de Paix qui nous interpelle.

Retenons la date suivante qui s’établit sur une semaine. Le Soleil passera sur la zone où il manque une pointe pour enfin rendre effective cette énergie de Paix dans nos cœurs, du 18 au 26 Juillet.

Le 26 juillet marque le début des jeux olympiques. Espérons que ces jeux soient véritablement l’expression de la Paix entre les nations plutôt que des jeux du cirque mis en place pour nous faire oublier toutes les horreurs en cours sur notre planète.

Le Sceau de Salomon n’est pas encore totalement constitué, en effet la Paix ne règne toujours pas sur notre planète…

 

...mais l'espoir de voir ce prodige s'accomplir n'est pas vain, il reste à combler un vide pour obtenir ce Plein d'Amour dont nous avons tous besoin.

Le Soleil est dans le signe double des Gémeaux, des jumeaux. Cette constellation comporte deux étoiles majeures, Castor et Pollux.

Dans la mythologie, Castor et Pollux étaient deux frères jumeaux inséparables. Ils étaient de toutes les aventures, de la chasse au sanglier de Calydon à la quête de la toison d’Or. Les natives et natifs de ce signe aiment en effet la diversité dans leurs expériences de vie.

Léda était leur mère, épouse du roi Tyndare, qui fut mystifiée par Zeus qui transformé en cygne la féconda. La même nuit elle connut les joies de l’amour avec son mari Tyndare qui la féconda une seconde fois. Les enfants qui naquirent de cette double union furent issus de deux œufs distincts.

Castor eut pour père Tyndare, un humain, et Pollux Zeus, un Dieu.
Castor était mortel, Pollux immortel. Ces deux frères inséparables symbolisent notre double nature.

Dans le mythe, le Féminin n’est pas omis, car Castor eut pour sœur jumelle Clytemnestre, et Pollux eut Hélène.

Castor est notre moi incarné dans la matière et Pollux est notre Âme de nature divine portant l’immortalité.

Dans leurs aventures périlleuses, Castor fut blessé à mort. Pollux inconsolable, alla supplier Zeus  d’accepter Castor dans l’Olympe, la demeure des Dieux. Zeus dit à Pollux, ce que tu me demandes est impossible. Cependant, devant l’immense détresse de Pollux perdant tous contacts avec son frère tant aimé, Le Dieu suprême, le grand patron de l’Olympe, concéda que les deux frères pourraient continuer leurs aventures communes en vivant alternativement sur terre, chez Hadès et dans les hautes cimes de l’Olympe.

Castor, c’est nous, dans notre nature terrestre, venus travailler dans la matière. Pollux, c’est toujours nous, en tant qu’Âmes tournées vers la Lumière divine symbolisée par l’Olympe. Le Mythe nous signifie clairement l’alternance de nos incarnations nous rappelant que le principe divin jamais ne nous abandonne. Le lien d’Amour qui unit l’Âme et l’être incarné, Pollux et Castor, ne peut être détruit. Ce qui nous fait espérer que Quelles que soient les  fautes commises dans nos existences, Hadès le dieu des enfers ne pourra nous tenir captifs pour l’éternité et ainsi, nous aurons toujours l’opportunité de retrouver Pollux qui symbolise la voie de l’Amour qui nous mène au Divin.

À noter que dans la constellation des Gémeaux, L’étoile Castor perd de l’intensité lumineuse alors que l’étoile Pollux en gagne. Cela signifie-t-il que quand Castor se sera éteinte pour laisser place à une Pollux resplendissante, le cycle des réincarnations s’achèvera ? Espérons-le, cependant, mesurons l’espace temps qu’il reste à parcourir pour atteindre une telle félicité !

Je reviendrai plus en détail lors de la prochaine Nouvelle Lune en Gémeaux du 6 juin prochain pour souligner le caractère sacré que revêt ce signe d’Air.

N'oublions pas que de nombreuses Âmes vont célébrer la naissance, l'illumination et la mort de Bouddha qui symbolise au plus haut degré l'expression de la Sagesse.

Le ciel ne l’a pas oublié. La Lune est en Sagittaire. Dans son neuvième travail, qui correspond au neuvième signe, le Sagittaire, Hercule fut confronté à ce que produit notre manque de sagesse.

Au cours de nos incarnations successives, notre intelligence mentale s’est développée au point de produire de gigantesques édifices en omettant d’y inclure les hautes valeurs de l’Esprit.

Ceci est symbolisé par les oiseaux du lac de Stymphale qui possèdent des eaux sombres polluées par une science produite sans conscience. Ces monstres hideux faits de métaux (lourds ?) semblaient indestructibles à Hercule. Athéna vient à son aide par l’intermédiaire de sa chouette qui par magie apporta au héros de gigantesques cymbales constituées de sept métaux sacrés pour produire une vibration telle que les funestes oiseaux disparurent dans l’instant. Comment ne pas voir une analogie entre Athéna et Bouddha tous deux porteurs d’une Sagesse suprême avec bien sûr un grand supplément d’Âme pour le Bouddha.

N'entendez-vous pas, venant du lointain Orient, les Bols sacrés tibétains aux sept métaux nobles vibrer telles les cymbales qui sauvèrent Hercule qui allait se faire dévorer par les funestes oiseaux du lac de Stymphale ?

Attention, soyons en vigilance, Mars est en Bélier conjoint au Nœud Nord en Carré avec Cérès la protectrice du Vivant, cette configuration énergétique ne va pas dans le sens de la Paix, nous sommes toujours en alerte rouge comme la planète du même nom.

Je souhaite un merveilleux Wessak à toutes et à tous en pleine conscience de ce que nous devons accomplir entre les deux éclipses solaires du mois d’Avril et Octobre, instaurer la Paix.

Je souhaite également un magnifique voyage vers la demeure des Dieux, pour toutes celles et ceux qui suivront l’étoile Pollux pour atteindre l’Olympe là où devraient avoir lieu les vrais jeux olympiques comme le nom veut bien nous l’indiquer.

Gardez la lumière

Philippe

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Renaud Sainsaulieu. 5 apports sociologiques essentiels pour le management interculturel

 

 

 

Renaud Sainsaulieu. 5 apports sociologiques essentiels pour le management interculturel

 

Nous devons beaucoup à Renaud Sainsaulieu, sociologue de l’entreprise et formidable entrepreneur du social.

Je lui dois d’avoir découvert l’existence puis l’usage d’une sociologie de l’entreprise disant comment les individus construisent des régulations durables qui font système et consacrant, derrière les rapports formels de production, l’importance des dynamiques sociales et culturelles.

Je luis dois d’avoir été mon directeur de thèse et de m’avoir fait rencontrer des amis de toujours comme Evalde Mutabazi.

Au temps de Chat GPT, de l’intelligence artificielle générative, des projets collaboratifs dans des structures matricielles et déspatialisées, de la financiarisation généralisée de l’économie réelle mondialisée, le travail est-il toujours voué à être le centre de la socialisation secondaire ? À quel prix et à quelles conditions ?

Renaud Sainsaulieu est, d’abord, un sociologue de l’expérience de soi qui se construit dans la relation aux autres.

Toute sa vie, Renaud Sainsaulieu s’est intéressé à la compréhension de la réalité sociale autrement que par la contingence ou sous la forme de rapports de force et de ruse. Il s’est passionné pour la puissance constituante de la socialisation secondaire par le travail, à l’égal souvent de l’école, de l’église ou encore de l’armée. `

En édifiant une sociologie qui consacre l’entreprise comme un lieu intermédiaire de régulations autonomes et doté d’une « responsabilité sociale »[1]. Une sociologie qui n’accepte pas l’institution telle qu’elle est sans pour autant renoncer à la transformer. D’abord en proposant aux individus de sortir d’un état routinier, en aiguisant chez eux un esprit critique, en les encourageant à des formes de déviance positive, tout simplement parce que « l’on ne change pas une société en restant à son écoute »[2]. Tout travail scientifique découvre des structures d’abord invisibles aux acteurs. L’important n’est pas de proposer un « juste » modèle de changement ou d’organisation mais d’accompagner les salariés formés à resituer constamment le sens de leurs actions en leur donnant le « pouvoir d’être eux-mêmes » et d’assumer leurs identités[3].

Renaud Sainsaulieu est mort le 26 juillet 2002 à l’âge de 66 ans.

Sa pensée féconde est toujours très présente pour comprendre les évolutions de la condition humaine dans les champs du travail.

« Le souffle des idées est au cœur des formes durables d’organisation de société », comme l’écrivait celui qui, fils de notables, a voulu vivre deux fois l’expérience d’ouvrier d’usine[4]. Il a moins lutté contre des privilèges que pour inventer des institutions[5].

· Renaud Sainsaulieu, initiateur de l’analyse des rapports interculturels en société. « La culture est devenue une interculture »[6].

Je me souviens d’une longue conversation avec Renaud Sainsaulieu, au printemps 1996, à propos du travail de Geert Hofstede et de ses ouvrages fondateurs dans le domaine du management interculturel [7].

Nous saluions son immense mérite. Mais il nous semblait aussi que l’idée de « programmation mentale » comme conditionnement culturel des individus, si finement exprimée pourtant par Geert Hofstede dans ses ouvrages, ouvrait sur la possible tentation d’un point de vue hiérarchisant des cultures entre-elles et de possibles « aires civilisationnelles » à jamais séparées[8]. Position qui fut celle, par exemple, de Samuel Huntington avec la notion de « choc de civilisations », plus adaptée aux fossiles qu’aux ensembles vivants, et qui ne sait pas rendre compte du phénomène social d’altération de toute culture par une autre[9]. Et ce, depuis la naissance de l’humanité.

L’un des principaux acquis de la sociologie de l’entreprise, dont Renaud Sainsaulieu est un des pionniers, est l’attention portée aux réalités locales, multiculturelles, partout dans le monde[10].

Sur ce point, l’adhésion à l’Association internationale des sociologues de langue française (AISLF), ses nombreux colloques en terre étrangère, vont jouer un rôle décisif dans la formalisation de la pensée de Renaud Sainsaulieu. Ils vont clarifier cette exploration « d’acteurs-sujets » capables de vivre l’épreuve de l’altérité.

Renaud Sainsaulieu va souligner, dans ses interventions, que de plus en plus de personnes, dans les champs du travail et des organisations, et plus largement, dans nos sociétés, s’habituent à regarder leurs cultures du point de vue d’une autre. Mobilités professionnelles, mobilités géographiques, situations de rapprochements d’entreprises par acquisitions, fusions ou alliances, créations et développements de filiales à l’étranger, coopération exigeante dans des équipes de travail diversifiées du point de vue des âges, des genres, des trajectoires et accidents de la vie, des métiers de base… tout semble concourir à aiguiser la question des différences culturelles et poser à chacun la question de sa propre singularité[11]. De son identité, tout simplement.

Renaud Sainsaulieu a toujours montré beaucoup d’intérêt pour l’étude des liens entre dimensions culturelles, étudiées notamment par l’anthropologie culturelle, et les pratiques et de gestion qu’elles soient nationales, plus locales ou plus larges. En témoignent, un séjour d’un an aux États-Unis, à l’Université de Cornell (1959-1960), sa traduction en français des pères de la psychologie industrielle américaine, Joseph Tiffin et Ernest McCornick, son intérêt pour les fondements culturels de la société algérienne[12], son soutien constant aux travaux sur le modèle circulatoire africain de Evalde Mutabazi, à ceux de Emmanuel Kamdem sur le temps au Cameroun, à ceux de Ana Maria Kirschner sur l’entrepreneuriat au Brésil ou encore à l’étude des mouvements modernisateurs en Pologne, Bulgarie, Roumanie, Macédoine avec Dominique Martin ou avec Vassil Kirov.

Dans l’ouvrage collectif L’entreprise, une affaire de société, paru en 1992, Renaud Sainsaulieu et une vingtaine de sociologues français (dont Philippe D’Iribarne, Michel Liu ou Denis Segrestin…), font figure de bâtisseurs[13] en soulignant combien tout acte de gestion est situé culturellement et que la mesure de son efficience en dépend toujours. Dans cet ouvrage original, sont soulignés les rapports que l’entreprise entretient avec les dynamiques culturelles nationales et territoriales et la nécessité de tenir compte « de toutes les contingences de structures sociales externes à elle-même pour bâtir sa propre organisation et son projet économique ».

Etudier les réseaux culturels et identitaires d’interdépendance formés entre l’individu et la société, entre l’acteur et le système, en prenant soin de rappeler que « personne l’ai vraiment prévu, voulu, projeté »[14], n’avait pas forcément bonne presse à cette époque, et même en management interculturel, jeune discipline fidèle, en cela, à une certaine volonté sociologique originelle de rompre avec la psychologie et qui nous semble trop attachée alors à expliquer le « culturel par le culturel »[15].

Renaud Sainsaulieu a été de ceux qui ont toujours voulu intégrer à leurs travaux sociologiques approche culturelle et identitaire, influence des cadres sociétaux et psychologie du sujet. Pour lui, l’entreprise doit être envisagée ni comme un lieu de traduction simple de conflits sociaux et historiques dont la portée la dépasserait, ni moins encore comme un lieu unique de construction des rapports sociaux, mais plutôt comme un lieu de réfraction de pré-structurations élaborés en dehors de son territoire. Ou, autrement dit, comme un authentique lieu de création stratégique et culturelle, une « affaire de société »[16]. Le collectif en entreprise n’est pas le fruit d’un déterminisme radical quelle qu’en soit la nature.

Les systèmes culturels de sens ne demeurent pas irréductibles à un autre. Tout simplement peut-être parce que le jugement même d’irréductibilité d’un système culturel de sens à un autre implique la possibilité de les comparer et, pour ce faire, de les peser à l’aune d’une grandeur commune.

Une cartographie culturelle, pays par pays, peut être vite source d’erreur parce qu’elle ne permet pas de comprendre comment s’élabore l’action à partir d’un sujet[17]. Les faits sociaux relèvent ainsi d’une logique pratique, dominée souvent par l’urgence, qu’une démarche déterministe seule ne peut éclairer.

Et puis, aucune culture n’est entièrement opaque à ceux qui la font vivre. Nos valeurs « personnelles » peuvent être différentes des valeurs de notre « culture » d’origine et ce que l’on affiche. Et en simplifiant le propos du natif de Haarlem, il nous semblait que cela pouvait conduire à penser que chacun était enfermé dans ses « préjugés observationnels ». Alors, les différences culturelles existent parce que nous connaissons différentes sociétés aux contours clairs avec différentes histoires et que cela participe au maintien de différentes valeurs. La culture renverrait, en ce cas extrême, à un environnement carcéral qui ne dit pas son nom et à l’équivalent de sous-espèces biologiques[18].

Nous trouvions que l’étude des « caractères nationaux » était encore souvent imprégnée d’une idéologie nativiste où les différents peuples ne peuvent être que ce sont génétiquement les gens qui les composent. Si des listes de conduites sont à tenir ou à éviter, selon les situations rencontrées et dans chaque pays approché, c’est que la réussite de la collaboration entre cultures est ici d’abord envisagée comme une affaire de codes culturels mal interprétés ou mal connus (à sélectionner, à évaluer et à former selon des critères scientifiques[19]). Les différences sont vues comme des sources de dysfonctions qu’il faut dépasser et corriger à force de bonne volonté et d’éducation.

Nous étions d’accord pour souligner qu’un premier temps positiviste de la recherche en management interculturel (avec les travaux fondateurs de Geert Hofstede, de Fons Trompenaars, de Shalom. J. Schwartz, de Ronald Inglehart, de Harry Charalambos Triandis ou de l’enquête Globe) a été celui de rendre visible, de nommer et de qualifier les espacements et les différences entre nations conduisant à de supposés « malentendus », « chocs » ou « risques culturels », comme le décrit le livre à destination d’expatriés américains, publié à plus de 300 000 exemplaires, de L. Robert Kohls et intitulé Survival Kit for Overseas Living. Ceci a abouti à reléguer à l’arrière-plan les représentations, pratiques et identités des individus dans leurs rapports quotidiens dès lors que l’on ne pouvait les classer à partir d’une opposition bipolaire (individualisme-collectivisme, degré fort ou faible de contrôle de l’incertitude…)[20]. Un découpage culturel propre à une Nation ne se confond pas avec l’héritage historique culturel tout court (et des réalités diasporiques, régionales, transrégionales ou impériales par exemple).

Un deuxième temps nous apparaissait nécessaire, celui de la relation, des interfaces et des emboîtements culturels[21]. Et plus encore.

La suite de l’article en cliquant sur ce lien… Renaud Sainsaulieu. 5 apports sociologiques essentiels pour le management interculturel

[1] : « Comment des relations entre individus au travail peuvent-elles s’articuler au point de constituer une société dont les qualités intrinsèques façonneront durablement une sorte d’autonomie sociale susceptible d’influencer le résultat économique de la production ? » (Renaud Sainsaulieu, « Stratégies d’entreprise et communautés sociales de production », Revue économique, volume 39, n°1, 1988. pp. 155 174). En cela, l’entreprise ne se réduit ni à des relations intersubjectives entre atomes sociaux, ni à des solidarités de classes, ni à un élan modernisateur, ni à des mouvements d’émancipation inscrits dans l’histoire. Elle excède ces réalités.

[2] : Danilo Martucelli, « Sociologie et posture critique », in Bernard Lahire, A quoi sert la sociologie, La Découverte, 2002, p. 148.

[3] : Françoise Piotet et Renaud Sainsaulieu, Méthode pour une sociologie de l’entreprise, FNSP et ANACT, 1994.

[4] : Renaud Sainsaulieu, « Un sociologue de la démocratie », Autogestions, 1982, 10, pp. 115-121. Par deux fois, Renaud Sainsaulieu a connu l’activité ouvrière : sur une chaîne de polissage dans une entreprise de petite mécanique, et l’autre en tant que manœuvre sur une chaîne de four puis opérateur-conducteur d’un four à biscuits dans une usine du secteur alimentaire (Cédric Dalmasso et Céline Mounier, Renaud Sainsaulieu, Le mouvement démocratique aux frontières de l’entreprise, Éditions EMS, 2022, p. 4).

[5] : Renaud Sainsaulieu, « Acteur », Eugène Enriquez, André Lévy et Jacqueline Barus- Michel, Vocabulaire de psychosociologie, Erès, pp. 89-90.

[6] : La formule est de Norbert Alter.

[7] : Geert Hofstede, Culture’s consequences: International differences in work-related values, Beverly Hills, CA : Sage, 1980 ; Geert Hofstede, Cultures and Organizations. Software of the Mind, McGraw-Hill, 1991.

[8] : Shalom Schwartz, “Rethinking the concept and measurement of societal culture in light of empirical findings”, Journal of cross-cultural Psychology, 45(1), 2014, 5-13.

[9] : Dans un article de la revue Foreign Affairs en 1993, puis sous forme de livre, The Clash of Civilizations and the Remaking the World Order, Simon & Schuster, 1996, traduit en français chez Odile Jacob en 1997.

[10] : L’illustrent les rubriques « Sociologie d’ailleurs », créée en 2007 dans Sociologies Pratiques par Geneviève Dahan-Seltzer et « Ouvertures », créée en 2005 dans La lettre de l’AISLF.

[11]: Pierre Dupriez et Solange Simons, La résistance culturelle. Fondements, applications et implications du management interculturel, De Boeck Supérieur, 2002.

[12] : Renaud Sainsaulieu, Préface au livre de Daniel Mercure, Culture et gestion en Algérie, L’Harmattan, 1997 ; Mohamed Benguerna, « Ingénieurs en Algérie dans les années 1960 », Éditions Karthala, 2014 ; nous mentionnerons aussi les apports de Ahsène Zehraoui, notamment sur l’immigration kabyle (« Processus différentiels d’intégration au sein des familles algériennes en France, Revue Française de Sociologie, 1996).

[13]: Dominique Desjeux, qui a milité pour rendre les approches culturelles compatibles avec les approches stratégiques et identitaires, rappelle que « c’est Michel Crozier qui, dans le phénomène bureaucratique (1963), le premier à parler d’un « modèle français » du management » en pointant la peur du face à face dans un système de personnes organisé hiérarchiquement et verticalement, la volonté de donner de l’intelligence à la règle et non de simplement l’appliquer ou encore le goût de la prouesse au détriment de l’efficacité économique. Michel Crozier a d’ailleurs reconnu que toute la troisième partie du Phénomène bureaucratique constituait un essai « culturaliste ».

[14] : Bernard Lahire, Dans les plis singuliers du social, La Découverte, 2013, p. 41.

[15] : Bernard Lahire (Dans les plis singuliers du social, La Découverte, 2013, p. 70) rappelle la volonté durkheimienne, aux origines de la discipline sociologique, d’expliquer « le social par le social », c’est à dire par des « faits extérieurs à l’individu ». Bernard Lahire (Idem, 2013, p. 74) fustige les dérives d’une certaine pratique sociologique qui « consiste à interpréter directement les formes sociales objectivées (sémiologie sociale) sans étudier les usages réels de ces formes (sociologie de la réception, de l’appropriation ou des usages socialement différenciés), et donc de tomber dans la surinterprétation ».

[16] : Renaud Sainsaulieu, L’entreprise, une affaire de société, Presses de la FNSP, 1989.

[17] : Une action qui est pour partie imprévisible et qui détermine, en retour, les structures culturelles comme les représentations propres à chaque acteur en contexte multiculturel. Une action qui réfute « l’infernale circularité » qui ferait que si vous connaissez les attaches culturelles – définies par l’anthropologue et par la statistique – des acteurs, vous connaissez leurs dispositions et vous savez à l’avance la façon dont ces acteurs vont réagir dans n’importe quelle situation.

[18] : Edward W. Saïd clame à raison que « L’argument de Samuel Huntington dans Le Choc des civilisations ignore totalement qu’en plus de la culture dominante ou officielle il y a des tendances dissidentes, alternatives, non orthodoxes ou hétérodoxes qui contiennent beaucoup d’aspects anti-autoritaires, lesquels entrent en conflit avec la culture officielle. Cela peut être nommé contre-culture, un ensemble de pratiques associées avec les intrus, les pauvres, les immigrants, les artistes bohèmes, la classe ouvrière et les rebelles. La contre-culture critique l’autorité et attaque ce qui est officiel et orthodoxe. Aucune culture ne peut être comprise sans cette source toujours présente de provocation créative de ce qui est extra-officiel ou officiel. Négliger cet état d’agitation à l’intérieur de chaque culture, que ce soit parmi l’Occident, l’islam, le confucianisme, etc., et accepter l’existence d’une totale homogénéité entre culture et identité, c’est oublier ce qui est vital et fertile dans la culture » (Edward W. Saïd, « Le mythe du Choc des civilisations », conférence prononcée à l’université de Columbia, 1997).

[19] : Edward T. Hall & F. Hall, Guide du comportement dans les affaires internationales, Paris, Seuil, 1990.

[20] : Le pas franchi par Philippe D’Iribarne et son équipe « Gestion et Société », équipe rattachée au LSCI dirigé par Renaud Sainsaulieu, est de s’attacher à une approche interprétative, cherchant à faire apparaître les catégories, les oppositions structurantes que les acteurs utilisent pour donner sens aux situations de travail. Les travaux de Philippe D’Iribarne veulent précisément rapprocher la culture d’autre chose que des représentations collectives, des traits culturels, sorte d' »universaux » dont la base ne serait ni les individus, ni les groupes sociaux, ni leurs rapports. Philippe D’Iribarne, à la différence des zélateurs de Geert Hofstede, n’a jamais stipulé l’invariabilité des conduites propre à une culture nationale mais la permanence des références qui servent à l’interprétation et signent l’appartenance à une culture politique.

[21] : Philippe Pierre, « Trois courants de recherche en management interculturel dans les champs francophones », Blandine Vanderlinden et Pierre Dupriez, Au cœur de la dimension culturelle du management, L’Harmattan, 2017 ; Jean-François Chanlat et Philippe Pierre, Management interculturel. Evolution, tendances et critiques, EMS, 2018, Ouvrage labellisé FNEGE en 2019.

 

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