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41•Enfers et anarques intellectuelles

Par : Marc HENRY
24 novembre 2020 à 18:11

Épisode 41 Covid-19, novembre 2020

Allocution présidentielle

Je note qu’il y a eu très peu de réactions à mes deux dernières chroniques. Visiblement tout le monde sature. Par contre, le nombre de vues a littéralement explosé. Un effet très probable du mot-clé « Hold-Up » et des remous provoqués par ce film. Ce soir, il va y avoir une n-ième allocution télévisée de Mr Macron. On ne parle que de cela, en boucle, sur les plateaux de télévision. La semaine dernière, on parlait, toujours en boucle, des problèmes sexuels d’un type qui a massacré sa femme. Mr Macron appréciera le rapprochement. Car lui, il est très atteint sur le plan psychique et il massacre les Français. Pas physiquement, bien sûr, mais psychologiquement. Dans, les deux cas les assassins n’ont pas du tout la tête de l’emploi. Toutefois, le mari violent, lui, a au moins reconnu les faits.

L’autre va promener, une fois de plus, sa trogne pendant de longues minutes devant des Français hypnotisés. Il n’avouera bien sûr jamais ses crimes. Il se contentera de dire que les Français n’ont pas été assez sages. Donc, à Noël et au premier de l’an, ce sera plutôt le père fouettard que le bon Saint-Nicolas. Les relations de type sadomasochistes, atteignent donc un point culminant en cette fin novembre.  Car, combien de Français seront suspendus ce soir à 20 heures à leur poste de télévision ? Comment en sommes-nous arrivés à mettre tous nos espoirs aux paroles prononcées par un seul homme ? Normalement, on devrait s’en remettre au pouvoir législatif. Visiblement, eux aussi ont capitulé et seront scotchés à leur récepteur. En attendant de recevoir les paroles supposées bienfaitrices de l’être suprême qui a pris le pouvoir, réfléchissons.

Plus de 400 000 morts en novembre

Oui, je sais, je viens d’exprimer une grossièreté. Réfléchir est de nos jours devenu un luxe, réservé à ceux qui nous gouvernent. Les citoyens, eux, doivent obéir, toujours et encore. Fléchir l’échine et surtout ne pas discuter. Cette république ne marche plus. Par contre, elle espionne, elle surveille, elle contrôle, elle dénonce et elle distribue des amendes à des citoyens honnêtes. Quant aux citoyens malhonnêtes, l’étau s’est considérablement relâché. Car, le nombre de policiers est un nombre fini. Donc, si, on les occupe à surveiller les honnêtes gens, mathématiquement parlant, les délinquants respirent mieux. Ce soir je n’écouterais donc pas Mr Macron. Je ne supporte plus de voir son regard planté dans le mien pendant des longues minutes. Si encore, il nous regardait ! Que nenni ! Car, en fait, il regarde son prompteur. C’est pour cela qu’il arbore ce regard fixe, si typique des personnes en trains de se momifier.

J’ai bien sûr de bonnes raisons de ne plus l’écouter. Les voici, exposées dans la froideur des chiffres. Lors de sa dernière allocution, la momie avait parlé de plus de 400 000 morts si l’on ne faisait rien. C’était juste avant le reconfinement. Comme aujourd’hui, on ne dépasse pas 50 000 morts, le triste sire plastronne. Les mesures prises ont été efficaces. Le gouvernement a agi de manière responsable. Cela va mieux. Va-t-on échapper pour autant à l’étreinte du boa constrictor élyséen ? Que nenni ! Seuls quelques favorisés vont pouvoir respirer. Les autres devront encore attendre. Pas avant 2021, murmure-t-on dans les alcôves ministérielles.

Descente aux enfers

Je vais ici pour vous décoder la stratégie présidentielle. Vous êtes aux abois, tout va mal. On vous accuse de gouverner comme un amateur. Que faire ? Rebondir, bien sûr. Reprendre la main. Comme le bougre est vraiment très intelligent, il ne manque pas de ressources. La méthode macronienne prend ses racines chez Galilée, le père de la science occidentale. Ainsi, en 1587, Galilée cherche à résoudre une controverse littéraire concernant la géométrie des enfers, si bien décrits par Dante. Grâce à un raisonnement mathématique ingénieux, Galilée démontre que l’architecture proposée par Antonio Manetti est viable. Par contre,  celle proposée par Alessandro Vellutello apparaît instable. Les calculs mathématiques montrent en effet qu’elle doit s’effondrer sous son propre poids.

Tout ceci, sachant que sur un plan pratique, il est très difficile d’évaluer les dimensions de l’Enfer. Car, « ce lieu où il est si facile de descendre et dont il est pourtant si difficile de sortir » est « enseveli dans les entrailles de la Terre, caché à tous nos sens » – au contraire des « ciels » qui « tombent sous le sens ». Malgré cette impossibilité de fond, Galilée arrive quand même à décider laquelle des deux architectures est viable.

Méthode de Fermi et ordre de grandeur

Celui qui a le mieux compris la puissance de la méthode Galiléenne est le physicien américano-italien Enrico Fermi. Fermi affirme que tout bon physicien devrait être capable de calculer un ordre de grandeur, c’est-à-dire une valeur comprise dans une décade (entre deux puissances de dix successives). Ceci s’explique par le fait que, dans tout l’enchaînement des calculs, les erreurs tendent à se compenser. Il en découle que se tromper d’un facteur 10 dans l’estimation d’une grandeur est très peu probable.

Pour rester concret, essayons d’estimer la circonférence terrestre C. La méthode évidente est d’aller consulter un livre ou internet pour avoir la réponse. Toutefois, que faire, si je ne dispose que d’un crayon et d’un bout de papier ? Je peux par exemple me souvenir qu’entre New York et Los Angeles, il y a une distance de 4 800 kilomètres. Si je sais également que le décalage horaire entre les deux villes est de 3 heures, je peux déterminer l’ordre de grandeur de cette circonférence. Car, comme une journée dure 24 heures, il s’ensuit que  C = 4 800×24/3 = 38 400 kilomètres. En arrondissant, on peut affirmer que cette circonférence est voisine de 40 000 kilomètres. Pour mémoire, la valeur admise actuellement est de 40 074 kilomètres. 

Les plus anciens d’entre nous auront bien sûr reconnu la bonne vieille « règle de trois ». Le seul truc vraiment utile que l’on soit scientifique, médecin, commerçant, économiste ou politicien.

L’art t’entuber le peuple

Donc revenons à la momie actuellement en service actif. Macron, lui aussi vit un enfer. Impossible de savoir si les causes exactes de la croissance exponentielle des malades de la COVID-19. Pourtant, il faut se décider. A l’époque de sa dernière allocution, il sait qu’il y a environ 40 000 morts en France. D’autre part la méthode de Fermi lui garantit qu’il est « impossible » de se tromper d’un facteur 10. Car, plus le phénomène est complexe, plus les erreurs se compensent. Or, la COVID-19 est réputée être complexe. Bingo ! Je vais annoncer que si l’on ne fait rien on aura 40 000×10 = 400 000 morts en novembre. Le chiffre est bien sûr bidon, mais on trouvera toujours un modèle mathématique le justifiant. Il y a en France des gens très intelligents payés pour cela.

Donc, en annonçant, ce chiffre, je suis sûr d’être démenti par la réalité quelles que soient les mesures prises. D’où la possibilité de plastronner en attribuant aux mesures prises la non-observation d’un chiffre sorti de mon imagination. Ne tombez donc pas dans le panneau, ce type est un professionnel de l’arnaque. Car, faire une règle de trois est à la portée du premier quidam venu. Par contre, maquiller cette règle sous des modèles mathématiques très sophistiquées nécessite d’être pervers (voir ma précédente chronique). 

Comportement sectaire et délire paranoïaque

Donc, vous comprendrez que voir une fois de plus ce genre d’arnaque intellectuelle en direct à la téloche, ne m’enchante guère. Toutefois, il y a bien mieux. On dispose aujourd’hui d’un outil mathématique permettant de faire sortir d’une marée de chiffres, des grandes tendances. Cela s’appelle l’analyse en composantes principales (ACP). Il s’agit ici d’étudier un ensemble de p variables mesurées sur un ensemble de n individus. Lorsque p et n sont grands on cherche à synthétiser la masse d’informations sous une forme exploitable et compréhensible. L’objectif est de déterminer des fonctions des variables ou facteurs qui serviront à visualiser les observations de façon simplifiée. En ramenant un grand nombre de variables souvent corrélées entre elles, à un petit nombre de composantes principales (les premières) non corrélées.

On peut synthétiser les corrélations des variables pour un couple de composantes sur un graphique appelé cercle de corrélation. Voilà ce que cela donne pour la COVID-19. Le cercle a été pris d’une conférence de Jean-François Toussaint, visible en suivant ce lien.

Image donnant le cercle de corrélation pour différentes variables et la mortalité par COVID-19
Analyse en composantes principales des corrélations possibles entre différente variables et la mortalité par COVID-19

La COVID-19 est une maladie de pays riches

Que voit-on ? En abscisse l’axe principal qui regroupe 39% de la quantité d’information disponible. En ordonnée, l’axe secondaire qui regroupe 18% de la quantité d’information disponible. Il existe donc (100 – 39 – 18 = 43%) de l’information disponible qui nécessite d’autres axes orthogonaux aux deux principaux pour décrire les corrélations de manière convenable. Les flèches sont les différentes variables considérées dans l’analyse. La mortalité par COVID-19 correspond à la flèche jaune. Elle coïncide presque avec l’axe principal. On voit ici immédiatement que les variables qui se corrèlent très fortement avec l’axe principal sont : le PIB, l’espérance de vie, la sédentarité et le support économique. A l’inverse, il y a des variables qui sont anti-corrélées à la mortalité comme la progression de l’espérance de vie et le taux de maladies infectieuses.

Autrement dit, plus vous êtes riche et sédentaire, plus vous avez de chances de mourir. Par contre, plus vous être pauvre et infecté par d’autres pathogènes, plus vous avez de chances de survivre. Donc, que faire lorsqu’on a peur de mourir de la COVID-19 ? Simplement renoncer au luxe, faire du sport, changer son mode d’alimentation et éventuellement attraper la grippe. C’est l’avantage de l’ACP que de donner des directives claires lorsqu’on croule sous les données. 

Inutilité du confinement et de l’austérité

Regardons maintenant l’axe secondaire. Il regroupe les mesures d’austérité, de confinement et le taux d’humidité ambiant. On voit de suite que ces facteurs sont cautère sur jambe de bois pour ce qui concerne la mortalité. Justifier de telles mesures pour des raisons de santé est tout simplement un mensonge éhonté. Comprenez-vous pourquoi, 700 universitaires, scientifiques, professionnels de la santé, du droit, de l’éducation et du social, artistes ont dénoncé la pratique du confinement. Les commerçants apprécieront le mépris de ceux qui nous gouvernent. L’ACP nous révèle ici que ces mesures sont prises pour d’autres raisons que la santé. Reste évidemment à savoir lesquelles. Si vous séchez, il est peut-être temps d’aller revoir le film Hold-Up.

Enfin, on voit que les variables climatiques sont partiellement anti-corrélées à la mortalité. S’il fait froid ou si l’indice UV est bas, on a plus de chances de mourir. Donc vive l’été et la vitamine D. Avez-vous déjà vu un tel graphique à la téloche ? Comprenez-vous le niveau de désinformation dans lequel vous plonge la momie en chef et ses sbires. Ce type et le conseil « scientifique » qui le manipule se foutent simplement de votre gueule. A bon entendeur, salut.

Par Marc HENRY

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38•Vers un monde meilleur en 2021 ?

Par : Marc HENRY
5 novembre 2020 à 17:58

Épisode 38 Covid-19, novembre 2020

Fin de la démocratie

Allons-nous vers un monde meilleur en 2021 ? Ce soir, il est fort probable que le gouvernement français opte pour un nouveau tour de vis sur la population. Il utilise pour cela une procédure bien rodée. Cela passe par un conseil de défense qui laisse peser un lourd secret sur les prises de décisions. Ce conseil de défense s’appuie sur les avis d’un conseil « scientifique », créé ex nihilo et tout aussi opaque. Qui décide de la composition de ces conseils ? Un seul être humain qui est intouchable selon notre constitution. On court-circuite de la sorte les deux assemblées légitimement élues par les Français. 

Rappelons brièvement les faits. Le 23 mars 2020 un nouveau régime d’état d’urgence sanitaire autorise le confinement général du pays. On cherche à faire face à l’épidémie de Covid-19. La loi du 11 mai 2020 a prolongé ce régime exceptionnel jusqu’au 10 juillet 2020. Le 11 juillet 2020, on met en place un régime transitoire de sortie de l’état d’urgence sanitaire autorisé jusqu’au 30 octobre 2020. Ceci permet de procéder, durant l’été, au déconfinement des Français. Tout semble alors rentrer dans l’ordre. Toutefois, ce régime transitoire, permet aussi au Premier ministre et aux préfets de prendre certaines mesures coercitives. Parmi elles, la limitation des rassemblements, la fermeture d’établissements recevant du public et le port du masque…  

Nouveau confinement

Début octobre, l’épidémie semble rebondir. Emmanuel Macron décide donc, dans le huis clos du Conseil de défense, d’instaurer un couvre-feu. Le 14 octobre 2020, on réactive alors le dispositif exceptionnel du printemps par un décret. Il autorise la mise en place d’un couvre-feu à partir du 17 octobre pour une durée d’un mois. Le conseil scientifique Covid-19 a déjà, dans son avis du 19 octobre 2020, donné un avis favorable. Toutefois, cela ne fonctionne pas. D’où la décision, toujours dans le huis clos du Conseil de défense, d’instaurer un nouveau confinement national à partir du 30 octobre.

Or, pour que l’état d’urgence sanitaire puisse s’appliquer au-delà du 16 novembre 2020, le Parlement doit donner son accord. D’où un nouveau projet de loi. Celui-ci prévoit de prolonger sur l’ensemble du territoire national, l’état d’urgence sanitaire de 3 mois, jusqu’au 16 février 2021 inclus. Le projet de loi prolonge également le régime transitoire de sortie de l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 1ᵉʳ avril 2021. Le gouvernement demande, en outre, une habilitation au Parlement afin de procéder par voie d’ordonnances. Ceci, afin de rétablir ou de prolonger des dispositions prises par ordonnances lors de la première vague de l’épidémie. Si nécessaire, ces ordonnances pourront être prises de façon « territorialisée ».

Rien ne va plus au Sénat…

Le 24 octobre, les députés ont, en première lecture, limité la durée d’habilitation accordée au gouvernement pour prendre des ordonnances au 16 février 2021 (au lieu du 1ᵉʳ avril 2021 initialement). Ils ont aussi raccourci de trois à un mois le délai pendant lequel il devra déposer les projets de loi de ratification de ces ordonnances (au total près de 70). Le 28 et le 29 octobre, on transmet la demande au Sénat pour examen en première lecture. Les sénateurs constatent qu’ils n’ont d’autres choix que de débattre après coup et de valider les décisions présidentielles.

Le ministre de la Santé Olivier Véran, ne daigne même pas venir leur expliquer la situation. Ils amendent donc largement le texte en limitant la durée de cet état d’urgence. Les sénateurs ramènent la date de fin au 31 janvier 2021, contre le 16 février. Le Sénat veut aussi imposer au gouvernement de repasser par la case Parlement, en cas de prolongation du confinement au-delà du 8 décembre. Il propose aussi de ramener le nombre d’ordonnances de 70 à 30. Vu le désaccord entre les deux assemblées, on convoque une commission mixte paritaire dès le 30 octobre. Elle constate son incapacité à parvenir à élaborer un texte commun sur ce projet de loi autorisant la prorogation de l’état d’urgence sanitaire et portant diverses mesures de gestion de la crise sanitaire.

Le grand couac

Le texte revient donc à l’assemblée le 3 novembre pour une nouvelle lecture. C’est alors le grand couac. Car, pas assez nombreux dans l’hémicycle, les députés de la majorité se font dépasser par ceux de l’opposition. La séance est très mouvementée, mais l’opposition réussit à faire voter, une prolongation de l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 14 décembre 2020 seulement. Ceci permet de préserver les fêtes de fin d’année, remises en question par la date initiale du 16 février 2021. Un autre amendement prévoit que le confinement décrété par l’exécutif à partir du 30 octobre ne puisse être renouvelé au-delà du 30 novembre qu’après accord du Parlement.

Olivier Véran voit rouge et revient en hâte à l’assemblée. Il vient de visiter un service d’urgence et lance alors cette phrase très révélatrice : « C’est ça la réalité, si vous ne voulez pas l’entendre, sortez d’ici ! ». Il exige la « réserve des votes » sur les amendements et articles restants, ce qui remet les scrutins au moment où le gouvernement le choisira. Les députés qui sont chez eux, sont choqués d’une telle attitude qui remet en cause leur pouvoir de contrôle du gouvernement. 

Affaire à suivre

Car, les députés de l’opposition savent qu’en parallèle, le gouvernement travaille aussi sur une nouvelle législation. L’idée est de créer un dispositif pérenne de gestion des crises sanitaires et épidémiques. Ce dispositif prendrait le relais au-delà du 1ᵉʳ avril 2021. Cela permettrait au gouvernement, à tout moment, de proposer des contraintes des libertés publiques. Non plus à titre exceptionnel, mais de droit commun pour cause de crise. Sans même passer par la case Parlement, sans concertation ni avec les territoires ni avec les partenaires sociaux…

Comme les sénateurs quelques jours plus tôt, les députés se rebiffent donc à juste titre. Hélas pour eux, le gouvernement, par sa « réserve des votes » a repris la main. Car l’article 101 du règlement de l’Assemblée nationale autorise à revoter un amendement ou un projet de loi. L’assemblée se réunit donc à nouveau le mercredi 4 novembre. Le nouveau vote permet alors de rétablir la prolongation de l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 16 février 2021, comme initialement prévu. Toutefois, le projet de loi doit être examiné en nouvelle lecture par les sénateurs le 5 novembre au soir, avant le vote définitif des députés prévu le 6 novembre à 15 heures.

Huxley ou Orwell ?

La réaction emportée, pour ne pas dire incontrôlée, du ministre de la Santé est caractéristique de l’approche que peut avoir notre président de la République de la démocratie. Après avoir mis en place des Conseils opaques et non représentatifs du peuple, il réclame aux parlementaires et aux sénateurs, seuls représentants légitimes du peuple, un chèque en blanc pour plusieurs mois. Cela l’autorise à prendre des mesures restrictives très sévères pour au moins 3 mois, sans avoir à rendre de compte au Parlement ou au Sénat. On comprend que députés et sénateurs aient du mal à avaler la pilule.

J’invite tous ceux qui ne comprendraient pas l’enjeu du bras de fer qui oppose le président et son gouvernement au pouvoir législatif à voir un documentaire de 53 minutes qui peut être visionné jusqu’au 18 février 2021 sur le site ARTE.TV. Si le président réussit son casse de la démocratie, il aura plein pouvoir pour orienter la société française vers un monde hybride mêlant l’eugénisme du meilleur des mondes avec une dictature de type 1984 symbolisée par Big Brother.   

Le meilleur des mondes ou 1984 ?

Très brièvement, dans le meilleur des mondes d’Aldous Huxley, on utilise la science pour contrôler et asservir l’humanité par le plaisir. On y prône le dégoût de tout ce qui est naturel, choses incontrôlables. Par contre, on y glorifie l’eugénisme avec des individus génétiquement prédestinés pour êtres dominants « alpha » ou des dominés « epsilon ». L’idée est que les gens aiment leur servitude en leur procurant des plaisirs artificiels via des loisirs et le recours au « soma » qui annihile toute volonté. On contrôle ainsi les gens par le plaisir et non par la souffrance. La caractéristique d’un tel monde est que les faits ne comptent pas, d’où un flux d’information incessant qui empêche toute pensée critique.

Meilleur des mondes 1984
Deux romans pouvant décrire l’état du monde en 2021

Dans le roman « 1984 » d’Éric Blair (alias George Orwell), on cultive plutôt l’inversion des valeurs tout en pratiquant un contrôle policier extrêmement strict. Il n’y a plus de vie privée, car chaque foyer possède un « télécran », Big Brother, qui espionne en permanence les habitants. On vide les mots de leur substance exacte pour créer une « novlangue ». Dans cette langue nouvelle, le mensonge devient la vérité et vice-versa. On proclame ainsi que la guerre est source de paix, que l’esclavage procure la liberté et que l’ignorance rend fort. Il y a un ministère de la vérité qui réécrit en permanence l’histoire grâce au rejet systématique du témoignage procuré par les yeux et par les oreilles. Dans un monde Orwellien, il n’y a pas de faits et donc l’individu n’a pas accès à l’information. 

Retour en 2020

Revenons en 2020. Que voyons-nous ? Tout d’abord un harcèlement du peuple où le noir est qualifié de blanc et le blanc de noir. Une personne infectée n’a pas de symptôme, mais elle n’en reste pas moins malade. Un médicament qui a soigné des milliards d’individus se révèle, tout compte fait, être un poison mortel. On lutte contre une maladie respiratoire en prônant un masque qui empêche de respirer de manière normale. Un même produit de consommation est à la fois interdit (petit commerce) et autorisé (grande surface) à la vente. Vous devez rester confiné chez vous tout en ayant le devoir d’aller travailler. Vous êtes autorisés à vous entasser dans les transports en commun en milieu clos, mais interdiction formelle de se réunir dans un bar, voire en plein air.

Toute personne qui désobéit aux consignes doit être sévèrement punie, alors que si elle obéit elle se condamne elle-même à une mort économique et sociale inéluctable. Le dilemme répétitif typiquement Orwellien est partout (voir mes chroniques n°31 et n°32). On remarque aussi que ce qui était du strict ressort de l’individu est pris en charge par l’état :
– Heure de sortie du domicile
– Conditions à remplir pour voir sa famille ou ses amis proches
– Droit de regard sur les choix alimentaires ou médicaux
– Contrôle strict des activités culturelles et plus particulièrement celle de la lecture 

Un monde Orwellien en 2021 ?

D’où la nécessité de ficher et tracer chaque individu et la possibilité de pouvoir agir même si l’individu se trouve dans l’intimité de son domicile. Il en découle aussi la nécessité d’éliminer toute solidarité de groupe, condition sine qua non pour une domination totale de l’individu par l’État. L’idée est de focaliser l’attention de l’individu sur des sujets clivants, comme le port obligatoire du masque par exemple. Ce dernier en vient ainsi à oublier que tout arbre appartient à une forêt dont la contemplation lui est interdite.

Si quelque chose ne va pas, c’est toujours en raison d’individus qui ont désobéi aux consignes données. L’individu devient responsable de la contamination d’autres individus et par là-même sont des meurtriers en puissance. D’où un sentiment de culpabilité permanent qui réduit au silence avec consentement de l’individu.

Aimer sa servitude en 2021

Ceci est pour le côté Orwellien en ce début de mois de novembre 2020. Pour le côté meilleur des mondes, la science permet déjà aux futurs parents de choisir les caractéristiques physiques de leurs enfants. On ne parle plus d’eugénisme comme à l’époque d’Huxley, mais de « transhumanisme ». On prône aussi de remplacer les contacts physiques par des contacts virtuels. Une telle solution, n’était évidemment pas envisageable il y a seulement quelques années. Toutefois, aujourd’hui avec le développement d’internet et de la 5G, cela devient techniquement possible. Ce qu’une personne fait, un écran ou un robot le fait encore mieux et surtout de manière beaucoup plus rapide et fiable. Cette fuite depuis le réel vers le virtuel présente l’avantage de pouvoir contrôler encore mieux l’individu par le plaisir et non par la contrainte policière.

D’où un asservissement supplémentaire alimenté par des séries débiles, des jeux vidéo où tout est possible et bien sûr des publicités ciblées auxquelles il devient difficile d’échapper. Comme l’avait prévu Huxley, on est tellement inondé d’informations que les faits ne comptent plus. Cette ambiance totalement délétère aboutit inéluctablement au syndrome de Stockholm. Concrètement, cela signifie que les protecteurs se transforment en bourreaux et vice-versa. Car si vivre dans un monde totalitaire fait peur, l’idée même que l’on est harcelés et manipulés par ceux qui disent vouloir nous protéger est encore plus terrifiante. On s’invente donc d’autres peurs encore plus horribles pour se dire que les mesures prises sont nécessaires. D’où la résignation et le déni.

Paranoïa et monstres

Heureusement, il existe des solutions au délire paranoïaque provoqué par tout choc traumatique. Encore faut-il accepter de lire et résister à la tentation de ne regarder que des vidéos. Toujours sur ARTE.TV, on pourra visionner une interview passionnante de l’écrivain Stephen King, maître de l’horreur. Je retiendrais deux phrases qui me semblent très justes et révélatrices. Tout d’abord que « Seul un esprit éveillé peut repousser les monstres ».  Donc si la situation vous apparaît monstrueuse, réveillez-vous. C’est tout simple mais fondamental.

La deuxième phrase nous informe que  : « Nous vivons dans une société où beaucoup croient que les bibliothèques et autres activités culturelles sont d’une importance mineure. Comme si apprendre à penser était une chose qui se fait naturellement, à l’instar d’apprendre à marcher. Croyez-moi, ce n’est pas vrai. La capacité à penser clairement et logiquement conduit toujours à la bonne décision. De plus, je crois que la capacité de penser clairement augmente clairement avec la capacité de lire ».

Ceci éclaire d’un jour très révélateur l’acharnement du président et de ses sbires envers toute activité d’ordre culturel. En particulier, la décision de fermer toutes les librairies procède bien d’une volonté de contrôle du peuple en cultivant son ignorance et non d’une volonté de le protéger contre un méchant virus. Désolé d’avoir été aussi long pour cette chronique. Toutes ces choses se devaient d’être dites, vu la déliquescence programmée de notre État de droit et de la démocratie à la française. 

Par Marc HENRY

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