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LE SURRENDER

29 décembre 2025 à 06:00
Vous êtes monté. Vous avez touché quelque chose. Lumière, silence, dissolution. Puis vous êtes redescendu — et tout a repris comme avant.Pourquoi ? Parce que monter ne suffit pas. Ce qui compte, c'est ce qui descend — GDRC, Chapitre Méditation, article 4.

Le système cybernétique de la CIA pour traquer ses ennemis en Amérique latine

Bien avant la Silicon Valley, un embryon de système informatique avait été conçu. C’était au Chili des années 1970, sous la présidence du socialiste Salvador Allende. Celui-ci avait requis les services de l’ingénieur britannique Stafford Beer et d’une poignée des technocrates chiliens et internationaux. Les Santiago Boys, ainsi qu’ils étaient surnommés, avaient mis en oeuvre un système révolutionnaire de télécommunications. À leurs yeux, Cybersyn (tel était le nom du projet) pourrait être un instrument de l’émancipation des masses. Une utopie technologique au service de la planification socialiste, qui cartographierait l’ensemble des besoins du pays et les communiquerait à une plateforme centralisée. Un outillage qui autoriserait l’échange d’informations complexes, en temps réel, sur des écrans – et permettrait au Chili de mettre fin à sa dépendance technologique vis-à-vis des États-Unis en matière de télécommunications.

Evgeny Morozov, chercheur et journaliste spécialisé dans les Big Tech, a dédié un podcast à cette aventure, dont LVSL avait rendu compte. Il publie un livre qui en reprend les grands traits : Les Santiago Boys – des ingénieurs utopistes face aux Big Tech et aux agences d’espionnage (Éd. Divergences, 2024). On y apprend que le projet des Santiago Boys était en réalité moins novateur qu’il ne le semblait : depuis une décennie, la CIA utilisait déjà un système similaire de télécommunications. Pour coordonner la traque aux opposants des régimes autoritaires d’Amérique latine. Aussi révolutionnaire qu’ait été Cybersyn, aussi importants qu’aient été les efforts de Salvador Allende pour conquérir la souveraineté technologique, les États-Unis possédaient un coup d’avance… Extrait.

Il existait en effet un autre chantier technologique au Chili. Un système plus ancien et plus avancé que Cybersyn. Un système conçu dans un but très différent. Un système créé par un homme dont les objectifs n’étaient pas ceux d’Allende ni de Stafford Beer. Vicente Celis Huerta, puisque tel était son nom, fut le cerveau de la surveillance cybernétique dans le pays. Cet ancien directeur des carabineros avait des relations très importantes à Washington. Dans les écoles de police américaines destinées aux officiers du sud du continent, ils étaient alors nombreux à s’être familiarisés, comme lui, avec les technologies de pointe. Huerta a utilisé ses connaissances et ses relations pour mettre en réseau les commissariats du pays entier à l’aide de la radio et, surtout, du téléscripteur.

Cela se produit des années avant l’arrivée au pouvoir d’Allende. Huerta bénéficie de l’aide du gouvernement américain, naturellement prêt à traquer de potentiels communistes révolutionnaires par tous les moyens possibles. N’oublions pas que ce dernier mène alors une vaste campagne de contre-insurrection sur tout le continent. Mais Huerta commet des erreurs. Il déteste Allende et tente de l’empêcher de devenir président. Peu après l’élection, il se rend aux États-Unis, et il a déjà quitté le Chili lorsque naît le projet Cybersyn.

Mais voici le plus important: le Chili n’est pas le premier pays à se doter d’un réseau télex. La CIA en a mis en place un autre, au début des années 1960, en Amérique centrale. Reliant le Guatemala, le Honduras, le Nicaragua, le Salvador et une poignée d’autres pays. Aidés par la CIA, ces pays se sont servi de la technologie pour partager des informations sur les révolutionnaires, les opposants, la masse des agitateurs communistes. Ce réseau est une sorte de précurseur d’Internet, mais dédié à la répression plutôt qu’à la liberté. Cybersyn arrivera bien plus tard.

«Il y avait des cartes, des écrans, les photos d’agents subversifs potentiels, une cartographie des cambriolages, des incendies, des marques au crayon de cire pour faire ressortir à l’écran le mouvement des forces de police, une communication permanente à l’aide de téléphones et de téléscripteurs.»

Je me suis entretenu avec Allan Nairn, journaliste d’investigations expert des escadrons de la mort en Amérique centrale. Il a écrit sur ce réseau il y a déjà plusieurs dizaines d’années : «J’ai pu parler avec des fonctionnaires et des techniciens américains qui ont contribué à le mettre en place, et j’ai consulté une partie de leur documentation […]. J’ai fait de même en Amérique centrale […]. Tout le monde décrit le même système. Basée sur le télétype, il s’agissait […] d’une opération combinée de l’USAID, du département d’État et de la CIA […]. Chaque régime surveillait ses opposants au moyen d’un système d’archivage centralisé.»

Il s’agissait donc d’une opération d’envergure : «Les informations étaient enregistrées et livrées en copie aux États-Unis, via la station de la CIA résidant à l’ambassade du pays concerné. Ensuite, si nécessaire, elles étaient partagées avec d’autres gouvernements au moyen de téléscripteurs. Ainsi les forces de sécurité salvadoriennes et guatémaltèques communiquaient-elles souvent les unes avec les autres…»

Au début des années 1960, un réseau télex reliait ainsi déjà les forces de police au sein d’une structure complexe et relativement sophistiquée d’échange d’informations. Que pouvaient faire les Santiago Boys, avec leur croyance naïve dans le pouvoir salvateur de la planification cybernétique, et leurs grands débats sur les travailleurs et les technocrates, pour s’opposer à cette répression high-tech?

Il y a plus : la fameuse salle d’opérations n’était pas une grande nouveauté non plus [NDLR : le système Cybersyn était centralisé autour d’une grande salle d’opérations]. La police utilisait ce genre de dispositifs depuis des années. Huerta devait s’être familiarisé avec eux quand il suivait ses cours dans les écoles de police dont nous avons parlé, à Washington.

Stuart Shader, à qui je dois d’avoir été mis sur la piste de Huerta, est historien à l’Université Johns Hopkins. Il précise: «Le Centre de contrôle des opérations de police (POCC) était l’un des joyaux de l’Académie internationale de police de Washington DC. L’idée, dans cette salle de simulation, était que les recrues apprennent à centraliser le commandement, coordonner les communications, les ressources, collecter des renseignements.»

Stafford aurait été en adoration devant les données dont ils disposaient: «Il y avait des cartes, des écrans, les photos d’agents subversifs potentiels, une cartographie des cambriolages, des incendies, des marques au crayon de cire pour faire ressortir à l’écran le mouvement des forces de police et du reste des forces d’intervention, une communication permanente à l’aide de téléphones et de téléscripteurs.»

Bien sûr, il manquait les fauteuils design comme de table pour poser son verre de whisky. N’empêche, les policiers avaient édifié un appareil de contrôle sophistiqué – qui a contribué à la défaite d’Allende.

Stafford Beer et ses amis chiliens étaient si fiers de leur salle d’opérations. Ils pensaient avoir inventé un outil neuf, révolutionnaire. Ils ignoraient que la CIA avait aussi les siennes, depuis plus longtemps encore que la police. Dès le renversement du gouvernement guatémaltèque en 1954, elle recourt à de tels espaces bourrés de téléscripteurs, de câbles et de gadgets étranges, utiles pour coordonner les opérations de déstabilisation.

Pour David Phillips, la tête pensante de nombreuses opérations de ce genre à la CIA, les salles d’opérations étaient un outil on ne peut plus banal. Au début des années 1960, lorsque John McCone prend la direction de l’agence, on décide de leur accorder plus d’importance encore. Une salle de commandement permanente, de grande ampleur, est aménagée dans le nouveau siège de la CIA, qui date de cette époque. Un article de magazine de 1967 la décrit ainsi: «Dans le poste de commandement sophistiqué du septième étage de Langley, une banque d’imprimantes à haute vitesse reçoit des flux top secret de la National Security Agency, des rapports diplomatiques des différentes ambassades à l’étranger, des informations de la Defense Intelligence Agency envoyées depuis le Pentagone, ainsi que des tuyaux provenant des agents de la CIA en activité partout dans le monde.»

Les lieux devaient être impressionnants : La salle d’opérations est reliée à la salle de crise de la MaisonBlanche, au PC militaire du Pentagone, ainsi qu’au département d’État par le truchement d’une phalange de téléscripteurs quasi miraculeuse, capable de coder une page de données par minute, et de la transmettre à un autre centre où elle peut être instantanément déchiffrée.»

On peut imaginer les éclats de rire de la CIA lorsqu’ils ont découvert l’article consacré à Cybersyn dans The Observer. Une salle d’opérations à Santiago. C’est cela, oui…

Marketing : comprendre et surmonter les hésitations relatives à l’utilisation de l’IA

25 avril 2024 à 16:00

Les solutions technologiques basées sur l’IA s’étant développées très rapidement au point d’envahir notre quotidien, on comprend aisément pourquoi certains marketeurs – y compris les plus avertis – éprouvent quelques réticences à les adopter pleinement.

Principal problème relevé par ces derniers : le fait que les outils d’IA fournissent des informations parfois erronées. Près d’un marketeur sur deux qui recourt à l’IA générative a en effet déjà reçu des informations générées par l’IA qu’il savait inexactes. Plus préoccupant, un marketeur sur trois seulement serait capable d’identifier avec certitude si des informations fournies sont inexactes.

La partialité de l’IA est également un sujet : les outils d’IA sont connus pour être parfois sources d’informations biaisées. Si les équipes qui créent les modèles d’IA ne sont pas assez diversifiées, si elles n’ont pas connu suffisamment d’expériences différentes, les modèles d’IA seront alimentés avec des informations à la partialité proportionnelle à ce manque de diversité.

En outre, les marketeurs ne veulent pas dépendre trop largement des technologies d’IA. Ils se sont efforcés d’affûter leurs compétences dans le domaine de l’e-mail marketing, la rédaction de contenus, l’analyse de données ou encore le SEO… Ils ne veulent pas cesser d’utiliser et perdre ces compétences durement acquises. Au passage, il apparaît indispensable de rappeler que l’IA n’a pas pour vocation de remplacer l’humain, elle l’aide à travailler plus rapidement, jusqu’à gagner 25 jours par an !

La question mérite donc d’être posée : comment mieux contrôler les informations fournies par ces outils et trouver l’équilibre entre IA et compétences humaines ?

S’assurer de l’exactitude du contenu généré par l’IA

L’IA est en théorie un merveilleux outil, qui peut néanmoins s’avérer assez imprévisible. La principale raison étant que les modèles qui alimentent la plupart, voire tous les outils d’IA générative, ne peuvent qu’extraire du contenu daté d’il y a deux ans ou plus. Difficile dans ce contexte de compter sur des informations fiables sur un sujet qui évolue très rapidement, au fil de l’actualité. Les sujets de niche sont ainsi également sources de réponses inexactes de la part de la machine. Les outils d’IA ne restituent que les informations dont ils ont été nourris. Ils ne peuvent les trouver par eux-mêmes.

Si l’on ne peut donc jamais être sûr de l’exactitude des résultats, il est possible, par contre, de choisir la façon dont on tire parti de l’IA générative. L’IA peut fournir des résultats assez précis lorsqu’il s’agit de sujets bien documentés, durables et facilement vérifiables. En dehors de ce genre de contenu, il faut rester vigilant et ne pas hésiter à vérifier via un moteur de recherche.

Les meilleures pratiques éthiques et vérification des données fournies par l’IA

Apprendre à utiliser l’IA à bon escient – Les outils d’IA ne conviennent pas à toutes les tâches. Les résultats seront insuffisants, non pertinents voire biaisés, pour tout ce qui demande de la créativité, de l’originalité, ou de construire une opinion ou un certain point de vue, comme sur des sujets controversés ou politiques.

Si une information paraît inexacte, il faut la vérifier – Les moteurs de recherche permettent d’accéder à un large inventaire de sources fiables. Plus les données sont récentes, mieux c’est.

Ne pas faire cavalier seul – Surtout si le besoin est de créer du contenu qui aborde un sujet potentiellement polémique, ou pouvant avoir de graves répercussions. Mieux vaut demander à une tierce personne de relire avant de le publier.

Ne pas confondre utilisation de l’IA pour stimuler votre créativité, et le pur plagiat – En équipe, il faut décider du pourcentage de contenu qui doit être modifié avant de le considérer comme propriétaire.

L’IA ne remplacera jamais la créativité de l’être humain ni les liens que ce dernier sait établir. Une machine n’a pas de vécu et ne peut ni se former une opinion, ni gérer et former un employé. Elle représente un merveilleux outil pour les marketeurs, mais est inutile sans un regard humain, une vision stratégique et une bonne implémentation. Il ne faut donc pas voir l’IA comme un moyen de sauter des étapes, mais bien comme un moyen d’accélérer la création de contenu.

marketing-IA-tribune

Tess – En route vers une IA génératrice d’images qui rémunère les artistes

Par : Korben
17 avril 2024 à 09:25

Les générateurs d’images IA actuels comme Midjourney, Dall-E et j’en passe, font polémique puisqu’ils piochent allégrement dans les œuvres des artistes sans leur consentement ni rémunération. Mais des solutions sont en train de se mettre en place pour les entreprises qui souhaiteraient utiliser l’IA pour illustrer leurs supports sans pour autant piller les artistes.

Une de ces solutions, c’est Tess qui propose une approche que j’ai trouvée intéressante puisqu’elle met en place des collaborations avec des créateurs pour utiliser leur style dans des modèles de diffusion d’images.

Concrètement, chaque modèle d’IA est entraîné sur le style visuel d’un artiste unique, avec son accord puis l’outil utilise un SDXL custom (Stable Diffusion) pour générer les images. Évidemment, à chaque fois qu’une image est générée avec son style, l’artiste touche des royalties ! C’est gagnant-gagnant donc.

L’outil intègre également un système de métadonnées basé sur le protocole C2PA, qui permet d’identifier clairement les images générées par IA et de les distinguer des créations originales.

L’objectif de Tess est donc clair : démocratiser la création d’images artistiques de qualité, en la rendant accessible au plus grand nombre, tout en rémunérant équitablement les artistes et leur permettant de garder la maitrise de leur art. C’est une bonne idée vous ne trouvez pas ?

Et les artistes dans tout ça ? Et bien si j’en crois le site de Tess, ils sont déjà plus de 100 à avoir déjà sauté le pas, séduits par ce nouveau modèle de rémunération. Maintenant si vous voulez devenir clients de la plateforme, ce n’est malheureusement pas encore ouvert à tous, mais une liste d’attente est en place pour vous inscrire et être tenu au courant.

Musées d'ethnographie et temps présent(s)

Cet ouvrage traite de la question des collections ethnographiques issues d'un passé colonial, et, à ce titre, s'invite dans les débats actuels sur la décolonisation muséale qui animent l'anthropologie, l'histoire de l'art et de la muséologie. Il offre une analyse critique comparée (France, Suisse et Espagne) et met en lumière les enjeux de la restitution des collections ethnographiques à leur pays d'origine, qui est devenue une des réponses que proposent certains musées ou États. 

L’IA Act, presque parfait ?

15 janvier 2024 à 16:24

Article rédigé par Wissem Bellili, expert en intelligence juridique et conformité

Encadrer l’intelligence artificielle est au cœur des débats depuis de nombreuses années et ce, bien avant l’explosion des IA génératives comme ChatGPT. Après plus d’une trentaine d’heures de débat le 8 décembre 2023, les parties prenantes se sont accordées au sujet du futur règlement sur l’intelligence artificielle.

Toutefois, rien n’est encore définitif puisque des votes et des négociations sont toujours en cours. Il faudra attendre, a priori, une entrée en vigueur du texte pour 2025 voire 2026. Le fameux “IA Act”, basé sur une approche par les risques (minimal, limité, élevé et inacceptable), est toutefois jugé trop rigide par certains États membres. À titre d’exemple, l’Allemagne ou la France, eu égard aux propos tenus par Emmanuel Macron ou Jean-Noël Barrot, prônent un encadrement plus souple.

La protection des données à caractère personnel et l’IA

La CNIL, comme à l’époque du RGPD, se positionne en première ligne pour garantir “une IA innovante et respectueuse de la vie privée”. Le 11 octobre 2023, l’autorité française publie 7 fiches pratiques pour “apporter de la sécurité juridique aux acteurs de l’intelligence artificielle” en affirmant que le RGPD “offre un cadre innovant et protecteur pour l’IA”.

Grâce à son service dédié à l’IA mis en place en janvier 2023, le grand public se verra fournir par la CNIL ce que l’on appelle du droit souple (par opposition au droit dur comme le règlement en question). On entend par là tout ce qui relève des recommandations, des lignes directrices, des guides (n’ayant pas, cependant, de portée normative, et donc contraignante).

L’IA et le service public numérique

À l’échelle nationale, l’IA Act ne s’est pas fait attendre :

  • Le 31 août 2022, le Conseil d’État dévoile une étude autour de l’IA et l’action publique. Elle porte sur le rôle de l’État et sa manière à s’adapter aux évolutions technologiques au sein des services publics. Logiquement, le droit national doit s’aligner sur l’IA Act. Le CE préconise de développer une culture IA, en recrutant des experts aguerris car la transparence et la confiance sont les mots d’ordre ;
  • Le 5 octobre 2023, le ministère de la Transformation et de la fonction publiques et la Direction interministérielle du numérique (DINUM) annoncent la stratégie de l’État en matière d’IA générative. Le ministre Stanislas Guerini qui, dans l’objectif de réduire la charge de travail des agents publics, a lancé une expérimentation (un ChatGPT version service public) reposant sur une intelligence artificielle au sein du service numérique “Services Public+”. Le résultat ? 6 fois sur 10, l’agent public n’a pas eu besoin de modifier la réponse apportée par l’IA et le délai de réponse a été divisé par 2 en moyenne ! Pour mémoire, c’est toujours une personne physique (à savoir l’agent public) qui évalue la réponse et l’envoie à l’usager ;
  • La DINUM développe une IA générative nommée “Albert” qui a vocation à être déployée auprès de conseillers France services volontaires et qui se veut une “alternative souveraine et accessible à l’ensemble des administrations” différente de ChatGPT ;
  • La Cour des comptes, en novembre 2023, qui dans son rapport sur la fraude fiscale des particuliers constate les évolutions technologiques en matière d’IA pour détecter les fraudes, même si les résultats ne sont pas encore suffisants ;
  • La CNIL en novembre 2023 qui a sélectionné plusieurs projets qui bénéficieront d’un accompagnement par des experts de l’IA dans l’objectif de vérifier le “potentiel et les limites de l’IA dans le secteur public” ;
  • Le Conseil d’État qui lors d’un hackathon a souhaité tester le potentiel de l’IA générative : faciliter la compréhension de la jurisprudence administrative pour des non-juristes. Les équipes mobilisées lors de cet évènement ont utilisés des LLM comme ChatGPT dans le temps qui leur était imparti. En quelques secondes, l’outil génère des paragraphes clairs et concis de décisions parfois “absolument incompréhensibles pour le commun des mortels” ;
  • La DINUM depuis juillet 2023, développe un incubateur “Alliance” pour répondre aux “problématiques concrètes rencontrées par les administrations” et permettre à l’État de “s’approprier tout le potentiel des technologies d’IA”.

Nouveautés et interrogations

Par ailleurs, l’intelligence artificielle est notamment concernée par une toute récente norme “ISO/IEC 42001” de l’AFNOR, le 20 décembre dernier. À l’instar du futur règlement européen, cette norme entend fixer un cadre (même si la normalisation est volontaire) sans pour autant “brider l’innovation”.

Enfin, hormis le Bureau de l’IA mis en place par l’IA Act (dont le rôle concret est encore flou), il n’existe pas (encore) de postes similaires à ceux que nous connaissons depuis quelques années : le Délégué à la protection des données (DPO) ou le Responsable de la sécurité des systèmes d’information (RSSI).

Solastalgia: The Definition and Origins

16 décembre 2018 à 21:33

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Solastalgia

I define solastalgia as the pain or distress caused by the ongoing loss of solace and the sense of desolation connected to the present state of one’s home and territory. It is the existential and ‘lived experience’ of negative environmental change, manifest as an attack on one’s sense of place. It is characteristically a chronic condition, tied to the gradual erosion of identity created by the sense of belonging to a particular loved place, and a feeling of distress, or psychological desolation, about its unwanted transformation. In direct contrast to the dislocated spatial dimensions of traditionally defined nostalgia, solastalgia is the homesickness you have when you are still located within your home environment. Solastalgia is derived from the words; solace, desolation, nostalgia and algia or pain/sorrow.

The word “solace” is derived from the Latin verb solari (noun solacium or solatium), with meanings connected to the alleviation or relief of distress, or to the provision of comfort or consolation in the face of distressing events. In this dual connection, solace has meanings for both psychological and physical contexts. One emphasis refers to the comfort one is given in difficult times (consolation), while another refers to that which gives comfort or strength. A person, or a landscape, might give solace, strength or support to other people. Special environments might provide solace for those looking for consolation. If a person lacks solace, then they are distressed and in need of consolation. If a person seeks solace or solitude in a much-loved place that is being desolated, then they will suffer distress.  The word “desolation” has its origins in the Latin solus (noun desolare), with meanings connected to devastation, deprivation of comfort, abandonment and loneliness (to be solitary or alone). It also has meanings that relate to both psychological and physical contexts … a personal feeling of abandonment (isolation), and to a landscape or structure that has been devastated.

In addition, I wanted a concept that had a ghost reference or structural similarity to the concept of nostalgia or homesickness, thereby ensuring historical continuity and affinity with that concept, and that a place reference remained embedded. All the elements were present with the ‘sol’ of solace and the ‘sol’ of desolation, plus the reference to ‘home’ that ‘nostos’ in nostalgia provided. That this new concept was an ‘algia’ was abundantly clear to me right from the start. Algia has connotations of pain, sorrow and grief (From the Greek, there are three forms of ‘algea’: Lupe (Λύπη – “pain”), Achos (Ἄχος – “grief”), and Ania (Ἀνία – “sorrow”).

From the first publication in a peer reviewed journal that mentions solastalgia its connections to ‘algea’ are explained:

Solastalgia has its origins in solacium (solace) and algos (suffering, sorrow, grief, or pain) and has a ghost reference and structural similarity to nostalgia (nostos) to give a place reference.

In summary, solastalgia has its origins in the New Latin word ‘nostalgia’ (and its Greek roots nostos and algos), however, it is based on two Latin roots, ‘solace’ and ‘desolation’, with a New Latin suffix, algia or pain/sorrow, to complete its meaning. In essence, although a combination of words from Greek and Latin, solastalgia is primarily a New Latin neologism.

In part, from Glenn A Albrecht. Earth Emotions: New Words for a New World. Cornell University Press. May 2019. See: http://www.cornellpress.cornell.edu/book/?GCOI=80140104119890&fa=author&person_id=6248

See also, L Connor, G Albrecht, N Higginbotham, S Freeman… (2004) Environmental change and human health in Upper Hunter communities of New South Wales, Australia.  EcoHealth, 1, pages SU47–SU58.

Chat with RTX, l’application de NVIDIA pour créer son propre chatbot sur PC

Par : Thomas Calvi
15 février 2024 à 11:00

NVIDIA lance Chat with RTX, une application qui permet de configurer un chatbot d’IA et de l’exécuter sur un PC local sous Windows 11. Connecté au contenu de l’utilisateur (documents, notes, vidéos ou autres données), celui-ci génère rapidement des réponses fiables et totalement sécurisées puisque connexion internet ou serveur cloud ne sont pas requis.

Pour générer ses réponses, le chatbot est basé sur un LLM : il est possible de choisir entre les modèles open source Mistral 7B de Mistral AI et LLama 2 13B de Meta.

Chat With RTX prend en charge une grande variété de formats de fichiers (incluant .txt, .PDF, .doc/docx et .XML). Pour charger automatiquement ces fichiers dans la bibliothèque de l’application, il suffit de pointer le dossier contenant les fichiers.

Les utilisateurs peuvent également inclure des informations provenant de vidéos et de listes de lecture YouTube. Lorsqu’ils fournissent l’URL d’une playlist YouTube, l’application charge automatiquement les transcriptions associées aux vidéos correspondantes. Ils peuvent par exemple demander des recommandations de voyage basées sur le contenu de vidéos ou obtenir des tutoriels éducatifs.

La génération augmentée de récupération (RAG) améliore la qualité et la pertinence des réponses du LLM choisi. Cette approche combine les capacités de génération de texte d’un modèle de langage pré-entraîné avec la récupération d’informations pertinentes à partir des données fournies. Cela permet au chatbot d’offrir des réponses contextuellement adaptées et précises.

Chat with RTX est conçu pour fonctionner sur un PC sous Windows 11, équipé d’un GPU NVIDIA GeForce RTX 30 ou 40 ou d’un GPU NVIDIA RTX Ampere ou Ada avec au moins 8 Go de mémoire vidéo (VRAM). Il tire parti de TensorRT-LLM, un logiciel open source qui augmente les performances d’inférence de l’IA.

Un minimum de mémoire vive (RAM) de 16 Go est nécessaire ainsi que la version 535.11 ou supérieure des pilotes de la carte graphique.

Chat with RTX est présenté comme une application de démonstration, NVIDIA attend les premiers retours pour améliorer cette première version.

L’application a été créée à partir du projet de référence pour les développeurs TensorRT-LLM RAG, disponible sur GitHub. Les développeurs peuvent utiliser le projet de référence pour développer et déployer leurs propres applications basées sur RAG pour RTX, accélérées par TensorRT-LLM.

La démo de Chat with RTX peut être téléchargée ici.

Chat with RTX, l'application de NVIDIA pour créer son propre chatbot sur PC

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L’horizontalité : une perspective mouvante

26 février 2023 à 17:30

Les applications qui changent le monde

Lorsque ChatGPT vient questionner quelques-uns de nos fondamentaux.
Ces nouvelles applications qui fleurissent répondent à nombre de besoins que nous avions formulé, silencieusement, ou érigent en désir de simples questionnements inconscients. Fruit des batailles titanesques des Gafam pour le pouvoir, ils accélèrent aussi les questionnements sous-jacents de l’évolution de notre humanité. En effet, leur configuration, les paramètres des algorithmes, nous dirigent vers des manipulations dont nous n’avons pas toujours conscience.
Par ailleurs, modifiant notre accès à la connaissance, externalisant les savoirs, ils ont une incidence significative sur nos capacités cognitives, d’un côté, nous acquérons de nouveaux réflexes et, de l’autre, notre attention, notre mémoire et notre concentration baissent. Dans le même temps, pour y remédier les neurosciences apportent de précieuses clés pour pallier les carences et nous permettre de nous adapter.
Ainsi, en développant l’IA et toutes les formes numériques qui constituent notre quotidien, nous trouvons des solutions qui hybrident l’être humain en faisant une combinaison homme/usage de la « machine » pour pallier ses carences à appréhender la complexité dont nous sommes contemporains.
Inconsciemment, nous développons des compétences, comme ici la prise de conscience du fonctionnement de notre cerveau et la possibilité de mieux nous en occuper, comme nous le faisons avec le reste de notre corps. La conscience permet de « prendre soin » de soi et de développer la vision stratégique et l’éthique de ce que nous voulons devenir. Nous nous reconfigurons pour embrasser le monde que nous fabriquons, à condition de savoir nous en mettre à distance et ne pas « foncer » tête baissée dans l’usage, sans réflexion concomitante.

Le numérique réinvente l’horizontalité
Avec Internet c’est l’accès mondial aux savoirs, c’est la démocratisation de la connaissance et le rapport pyramidal de l’expert, du maitre qui est revisité. Revisiter les hiérarchies de pouvoir en offrant à chacune une équivalence de principe est un progrès, vérifions que le besoin de pouvoir, lui, n’a pas pris d’autres voies. En effet, la sélection commerciale de l’accès au savoir, par les publicités, oriente la construction de nos connaissances. Le rapport à la vitesse et à la performance occulte notre discernement. Notre soif de comprendre, notre curiosité sont intacts mais nous pouvons nous perdre dans le labyrinthe des informations qui sont, elles aussi, mises au même niveau.
Ce qui pose alors la question des critères.

Les réseaux sociaux utilisent sciemment les mécanismes du fonctionnement humain : comportement mimétique, besoins d’appartenance et de reconnaissance, quête narcissique et créent des fonctions qui contribuent à leur renforcement. Les relais et partages d’informations encouragent les phénomènes de narcissisme croisé. L’opinion se crée sur la plus grande visibilité médiatique qui n’es pas toujours synonyme de qualité. Les applications TikTok ou Instagram valorisent l’image[1] au détriment du texte.

En répondant au besoin d’appartenir à une communauté, en privilégiant la rapidité des partages et des likes pour faire monter sa notoriété, tout discernement est écarté. Le contenu étant basé sur le visuel, le mouvement et le son, ce qui est textuel et source de réflexion est alors minimisé, voire éliminé.
Pourtant, nous savons que pour qu’une compétence se développe il faut qu’elle soit élaborée par l’expérience, vécue, intériorisée et répétée. C’est ainsi que le numérique fait glisser progressivement du fond à la forme. 

D’une certaine manière ChatGPT renoue avec le texte, car les réponses de l’application, qui ne sont pas toujours justes, puisqu’elle est au niveau expérimental, sont longues et documentées. Sortirions-nous de l’immédiateté d’humeur et de jugement ? L’enjeu va se porter sur les données que nous fournissons à ces IA. Car, sans filtres encore stabilisés, si nous apportons des informations fausses ou tendancieuses, l’IA va les intégrer et apprendre sur un corpus de données qui reflétera la diversité de ce que nous sommes et manquera l’opportunité de nous « tirer vers le haut ».

Ce qui questionne le principe même de l’horizontalité.
En mettant tout le monde au même niveau quelle en est la conséquence ?
L’effet de la gravité semble agir également sur la connaissance. Il est plus facile de tirer vers le bas. L’horizontalité a fait passer de l’équivalence à l’égalité mettant tout et chacun sur le même plan. Si ne plus vouloir la mainmise de quelques-uns sur tous, de par leur accès au savoir, tout niveler, vers le bas, conduit aux dérives complotistes auxquelles nous avons assisté depuis 2020. 
Nous avons envie d’apprendre et de comprendre toutefois le numérique pose le problème de rejeter les experts et les sachants, vécus comme intermédiaires inutiles. C’est alors ne plus savoir faire le distinguo des sources ni savoir où trouver les informations fiables. La crise sanitaire ayant largement discrédité nombre de scientifiques ou experts médicaux. Ce qui souligne notre rapport ambivalent à la science et aux scientifiques.[2] Si douter est une saine attitude et démontre des qualités de l’esprit critique, selon les sources utilisées, le raisonnement peut s’avérer faux, tout comme pour l’IA. Le manque d’esprit scientifique encourage un certain nombre de biais cognitifs de raisonnement.

Une belle opportunité pour relever les défis de notre temps
Nous sommes invités à opérer un nouveau saut quantique alliant la profondeur des raisonnements et la rigueur des sources avec la fluidité des recherches et des analyses afin de développer nos capacités intellectuelles de discernement sur les origines des informations. Nous détenons désormais suffisamment de connaissances sur le fonctionnement humain pour dépasser nos archaïsmes mimétiques. Gagnons en profondeur d’analyse et nous pourrons mieux appréhender la complexité. En mode transdisciplinaire, nous pouvons co-créer de nouveaux savoirs qui nous enrichissent et permettent de relever les défis de notre époque. Nous réinventons le penser ensemble.
Nous vivons est à la fois une déconstruction des repères du passé et co-élaborons ceux du paradigme en émergence. Ne manquons pas ce rendez-vous et offrons-nous les conditions d’un choix mature. Hybridons les ressources du numérique avec notre intelligence, mobilisons curiosité et discernement et donnons-nous les moyens de co-créer l’humanité à venir. 


[1] https://www.blogdumoderateur.com/tiktok-conseils-videos-plaire-algorithme/

[2] https://lejournal.cnrs.fr/articles/les-francais-et-la-science-une-relation-ambivalente

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christinemarsan

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