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« Kafka, hier et aujourd’hui. » Discussion avec Reiner Stach au festival du livre de Paris le 19 avril

J’aurais le plaisir de dialoguer sur l’oeuvre de Kafka, ses implications et interprétations, avec Reiner Stach au festival du livre de Paris le 19 avril à 10h.

Reiner Stach est l’auteur d’une magistrale biographie de Kafka et d’une nouvelle édition commentée du Procès.

Festival du livre de Paris le 19 avril, 10h, au Grand Palais, 7 avenue Winston Churchill, 75008 Paris. Réservation ici.

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LE SURRENDER

Vous êtes monté. Vous avez touché quelque chose. Lumière, silence, dissolution. Puis vous êtes redescendu — et tout a repris comme avant.Pourquoi ? Parce que monter ne suffit pas. Ce qui compte, c'est ce qui descend — GDRC, Chapitre Méditation, article 4.

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Le système cybernétique de la CIA pour traquer ses ennemis en Amérique latine

Bien avant la Silicon Valley, un embryon de système informatique avait été conçu. C’était au Chili des années 1970, sous la présidence du socialiste Salvador Allende. Celui-ci avait requis les services de l’ingénieur britannique Stafford Beer et d’une poignée des technocrates chiliens et internationaux. Les Santiago Boys, ainsi qu’ils étaient surnommés, avaient mis en oeuvre un système révolutionnaire de télécommunications. À leurs yeux, Cybersyn (tel était le nom du projet) pourrait être un instrument de l’émancipation des masses. Une utopie technologique au service de la planification socialiste, qui cartographierait l’ensemble des besoins du pays et les communiquerait à une plateforme centralisée. Un outillage qui autoriserait l’échange d’informations complexes, en temps réel, sur des écrans – et permettrait au Chili de mettre fin à sa dépendance technologique vis-à-vis des États-Unis en matière de télécommunications.

Evgeny Morozov, chercheur et journaliste spécialisé dans les Big Tech, a dédié un podcast à cette aventure, dont LVSL avait rendu compte. Il publie un livre qui en reprend les grands traits : Les Santiago Boys – des ingénieurs utopistes face aux Big Tech et aux agences d’espionnage (Éd. Divergences, 2024). On y apprend que le projet des Santiago Boys était en réalité moins novateur qu’il ne le semblait : depuis une décennie, la CIA utilisait déjà un système similaire de télécommunications. Pour coordonner la traque aux opposants des régimes autoritaires d’Amérique latine. Aussi révolutionnaire qu’ait été Cybersyn, aussi importants qu’aient été les efforts de Salvador Allende pour conquérir la souveraineté technologique, les États-Unis possédaient un coup d’avance… Extrait.

Il existait en effet un autre chantier technologique au Chili. Un système plus ancien et plus avancé que Cybersyn. Un système conçu dans un but très différent. Un système créé par un homme dont les objectifs n’étaient pas ceux d’Allende ni de Stafford Beer. Vicente Celis Huerta, puisque tel était son nom, fut le cerveau de la surveillance cybernétique dans le pays. Cet ancien directeur des carabineros avait des relations très importantes à Washington. Dans les écoles de police américaines destinées aux officiers du sud du continent, ils étaient alors nombreux à s’être familiarisés, comme lui, avec les technologies de pointe. Huerta a utilisé ses connaissances et ses relations pour mettre en réseau les commissariats du pays entier à l’aide de la radio et, surtout, du téléscripteur.

Cela se produit des années avant l’arrivée au pouvoir d’Allende. Huerta bénéficie de l’aide du gouvernement américain, naturellement prêt à traquer de potentiels communistes révolutionnaires par tous les moyens possibles. N’oublions pas que ce dernier mène alors une vaste campagne de contre-insurrection sur tout le continent. Mais Huerta commet des erreurs. Il déteste Allende et tente de l’empêcher de devenir président. Peu après l’élection, il se rend aux États-Unis, et il a déjà quitté le Chili lorsque naît le projet Cybersyn.

Mais voici le plus important: le Chili n’est pas le premier pays à se doter d’un réseau télex. La CIA en a mis en place un autre, au début des années 1960, en Amérique centrale. Reliant le Guatemala, le Honduras, le Nicaragua, le Salvador et une poignée d’autres pays. Aidés par la CIA, ces pays se sont servi de la technologie pour partager des informations sur les révolutionnaires, les opposants, la masse des agitateurs communistes. Ce réseau est une sorte de précurseur d’Internet, mais dédié à la répression plutôt qu’à la liberté. Cybersyn arrivera bien plus tard.

«Il y avait des cartes, des écrans, les photos d’agents subversifs potentiels, une cartographie des cambriolages, des incendies, des marques au crayon de cire pour faire ressortir à l’écran le mouvement des forces de police, une communication permanente à l’aide de téléphones et de téléscripteurs.»

Je me suis entretenu avec Allan Nairn, journaliste d’investigations expert des escadrons de la mort en Amérique centrale. Il a écrit sur ce réseau il y a déjà plusieurs dizaines d’années : «J’ai pu parler avec des fonctionnaires et des techniciens américains qui ont contribué à le mettre en place, et j’ai consulté une partie de leur documentation […]. J’ai fait de même en Amérique centrale […]. Tout le monde décrit le même système. Basée sur le télétype, il s’agissait […] d’une opération combinée de l’USAID, du département d’État et de la CIA […]. Chaque régime surveillait ses opposants au moyen d’un système d’archivage centralisé.»

Il s’agissait donc d’une opération d’envergure : «Les informations étaient enregistrées et livrées en copie aux États-Unis, via la station de la CIA résidant à l’ambassade du pays concerné. Ensuite, si nécessaire, elles étaient partagées avec d’autres gouvernements au moyen de téléscripteurs. Ainsi les forces de sécurité salvadoriennes et guatémaltèques communiquaient-elles souvent les unes avec les autres…»

Au début des années 1960, un réseau télex reliait ainsi déjà les forces de police au sein d’une structure complexe et relativement sophistiquée d’échange d’informations. Que pouvaient faire les Santiago Boys, avec leur croyance naïve dans le pouvoir salvateur de la planification cybernétique, et leurs grands débats sur les travailleurs et les technocrates, pour s’opposer à cette répression high-tech?

Il y a plus : la fameuse salle d’opérations n’était pas une grande nouveauté non plus [NDLR : le système Cybersyn était centralisé autour d’une grande salle d’opérations]. La police utilisait ce genre de dispositifs depuis des années. Huerta devait s’être familiarisé avec eux quand il suivait ses cours dans les écoles de police dont nous avons parlé, à Washington.

Stuart Shader, à qui je dois d’avoir été mis sur la piste de Huerta, est historien à l’Université Johns Hopkins. Il précise: «Le Centre de contrôle des opérations de police (POCC) était l’un des joyaux de l’Académie internationale de police de Washington DC. L’idée, dans cette salle de simulation, était que les recrues apprennent à centraliser le commandement, coordonner les communications, les ressources, collecter des renseignements.»

Stafford aurait été en adoration devant les données dont ils disposaient: «Il y avait des cartes, des écrans, les photos d’agents subversifs potentiels, une cartographie des cambriolages, des incendies, des marques au crayon de cire pour faire ressortir à l’écran le mouvement des forces de police et du reste des forces d’intervention, une communication permanente à l’aide de téléphones et de téléscripteurs.»

Bien sûr, il manquait les fauteuils design comme de table pour poser son verre de whisky. N’empêche, les policiers avaient édifié un appareil de contrôle sophistiqué – qui a contribué à la défaite d’Allende.

Stafford Beer et ses amis chiliens étaient si fiers de leur salle d’opérations. Ils pensaient avoir inventé un outil neuf, révolutionnaire. Ils ignoraient que la CIA avait aussi les siennes, depuis plus longtemps encore que la police. Dès le renversement du gouvernement guatémaltèque en 1954, elle recourt à de tels espaces bourrés de téléscripteurs, de câbles et de gadgets étranges, utiles pour coordonner les opérations de déstabilisation.

Pour David Phillips, la tête pensante de nombreuses opérations de ce genre à la CIA, les salles d’opérations étaient un outil on ne peut plus banal. Au début des années 1960, lorsque John McCone prend la direction de l’agence, on décide de leur accorder plus d’importance encore. Une salle de commandement permanente, de grande ampleur, est aménagée dans le nouveau siège de la CIA, qui date de cette époque. Un article de magazine de 1967 la décrit ainsi: «Dans le poste de commandement sophistiqué du septième étage de Langley, une banque d’imprimantes à haute vitesse reçoit des flux top secret de la National Security Agency, des rapports diplomatiques des différentes ambassades à l’étranger, des informations de la Defense Intelligence Agency envoyées depuis le Pentagone, ainsi que des tuyaux provenant des agents de la CIA en activité partout dans le monde.»

Les lieux devaient être impressionnants : La salle d’opérations est reliée à la salle de crise de la MaisonBlanche, au PC militaire du Pentagone, ainsi qu’au département d’État par le truchement d’une phalange de téléscripteurs quasi miraculeuse, capable de coder une page de données par minute, et de la transmettre à un autre centre où elle peut être instantanément déchiffrée.»

On peut imaginer les éclats de rire de la CIA lorsqu’ils ont découvert l’article consacré à Cybersyn dans The Observer. Une salle d’opérations à Santiago. C’est cela, oui…

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Souveraineté alimentaire : un concept anticapitaliste récupéré par le gouvernement

Après les manifestations des agriculteurs en début d’année, le Parlement étudie actuellement le projet de loi d’orientation agricole concocté par le gouvernement, qui doit sanctuariser la « souveraineté alimentaire de la Nation ». Si cette notion fait en apparence consensus, sa signification politique est disputée. Ainsi, le gouvernement veut s’appuyer sur cet objectif pour encourager encore davantage l’agriculture intensive et exportatrice, notamment en rognant les protections environnementales. Une vision à l’opposé du concept initial, élaboré par des mouvements paysans opposés à la mondialisation, pour qui la sécurité alimentaire d’une nation passe au contraire par la sortie de l’agriculture du cadre marchand. Décryptage.

La question de la souveraineté agricole est historiquement au cœur des crises du secteur. Pourtant, le concept en tant que tel n’est apparu qu’au XXème siècle. Intrinsèquement liée à la notion de sécurité alimentaire, elle porte à la fois sur la couverture des besoins d’une population, la préservation des ressources nationales et le droit des peuples à définir leurs propres systèmes alimentaires et agricoles. Historiquement, c’est surtout le premier enjeu qui a primé, étant donné que les famines et les émeutes de la faim étaient fréquentes. Si cette perspective est désormais écartée dans un pays comme la France grâce à l’essor des rendements – bien que 16 % des Français déclarent ne pas manger à leur faim – elle reste fondamentale dans de nombreux pays incapables de nourrir seuls leur population galopante comme l’Egypte.

Une notion issue du mouvement altermondialiste

Cet sont d’ailleurs des pays en développement qui inscrivent cette notion de sécurité alimentaire dans les instances onusiennes durant les années 1970, à travers la création du comité des Nations Unies pour la sécurité alimentaire. Mais l’influence du courant tiers-mondiste, qui plaide alors pour réduire les inégalités Nord-Sud et une véritable décolonisation économique, ne dure guère. Avec la fin de la guerre froide et la mondialisation, les échanges commerciaux se libéralisent, notamment sous l’influence de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

C’est en réaction aux effets dévastateurs de l’ouverture des marchés agricoles à la concurrence étrangère que naît en 1993 la Via Campesina, un mouvement international de petits paysans et de travailleurs agricoles qui souhaitent reprendre le contrôle sur leur activité et leur production. C’est ce mouvement qui élabore alors l’idée de souveraineté alimentaire, définie comme « le droit des peuples à une alimentation saine et culturellement appropriée produite avec des méthodes durables, et le droit des peuples de définir leurs propres systèmes agricoles et alimentaires. »

Dans les pays du Nord, cette période coïncide avec les luttes contre les semences transgéniques et les craintes d’une privatisation du vivant par des grandes firmes comme Monsanto. Si cette problématique se retrouve aussi dans les pays du Sud, les combats y sont encore plus vastes, notamment du fait de la très inégale répartition des terres et de la ruine qu’occasionnent les accords de libre-échange pour les producteurs locaux, soumis à la concurrence déloyale de productions subventionnées d’Europe et d’Amérique du Nord. Avec la spéculation boursière croissante sur les produits agricoles, la sécurité alimentaire est d’ailleurs redevenue un enjeu majeur pour de nombreux Etats, notamment les pays du Moyen-Orient et du Maghreb, où les émeutes de la faim qui débutent à partir de 2007 débouchent sur les printemps arabes. Dans le cas de l’Europe, la prise de conscience des risques causés par la mondialisation est plus récente, notamment à l’occasion des pénuries intervenues ces dernières années avec le Covid et la guerre en Ukraine, dont l’effet a été décuplé par la spéculation.

La France, terreau fertile de la contestation agricole

La France représente d’ailleurs un terreau particulièrement favorable au concept de souveraineté alimentaire, du fait de son histoire. Tout d’abord, à la différence du Royaume-Uni qui voit dès le XVIIIe siècle le développement de grands domaines, notre pays connaît une propriété beaucoup plus morcelée. Cet écart se trouve accentué au moment de la Révolution française à travers la distribution des terres des grands domaines (émigrés, biens religieux) et les dispositions du Code Civil prévoyant l’égalité entre les héritiers, bien que de nombreuses exceptions existaient. Or, si la division des terres entre un grand nombre d’agriculteurs est positive, beaucoup ont du mal à vivre de leurs petites productions. En témoignent ainsi les révoltes des métayers (agriculteurs non propriétaires de leurs terres qui reversent une part des récoltes aux propriétaires des sols, ndlr) au début du XXème siècle.

Dès cette époque, la question de la concurrence étrangère devient aussi un carburant de la révolte paysanne. C’est par exemple le cas de la révolte des vignerons du Languedoc en 1907 contre les importations de vin étranger. Cette même profession se soulève à nouveau pour les mêmes raisons en 1976, ce qui donne lieu à un affrontement sanglant à Montredon (Aude) entre viticulteurs armés de fusils de chasse et CRS. On déplore alors deux morts et une trentaine de blessés. Cette période des Trente Glorieuses est également marquée par la forte baisse du nombre d’agriculteurs et la forte augmentation des superficies des exploitations grâce à la mécanisation.

En réaction à cette concentration croissante des terres à travers le « remembrement » des parcelles, une première scission apparaît en 1959 au sein de la FNSEA, qui donne naissance au Mouvement de défense des exploitants familiaux (MODEF, syndicat agricole proche du Parti Communiste Français, ndlr). Petit à petit, la domination de la FNSEA s’érode. Le syndicat majoritaire, très proche des gouvernements successifs et dominé par les intérêts des grands exploitants tournés vers l’international, ne sert en effet pas les intérêts des petits agriculteurs. La Confédération Paysanne voit ainsi le jour en 1987 pour défendre une agriculture à taille humaine et tournée vers des méthodes alternatives, plus respectueuses de l’environnement et du vivant. Quatre ans plus tard, une nouvelle scission au sein de la FNSEA concernant une réforme de la Politique Agricole Commune (PAC) donne naissance à la Coordination Rurale, qui est vigoureusement opposée au libre-échange.

La maximisation de la production au mépris de l’environnement, la violence de la concurrence étrangère et la guerre des prix plongent de plus en plus d’agriculteurs dans le surendettement et une perte de sens de leur métier.

Depuis les années 1990 au moins, les failles du modèle agricole dominant sont donc de plus en plus visibles. La maximisation de la production au mépris de l’environnement, la violence de la concurrence étrangère et la guerre des prix plongent de plus en plus d’agriculteurs dans le surendettement et une perte de sens de leur métier. En outre, le modèle d’exportation s’essouffle : la France perd peu à peu des parts de marché et est sortie du top 5 mondial des exportateurs agricoles. Un récent rapport du Sénat sur la « compétitivité de la ferme France » pointe également les limites du modèle productiviste. D’après celui-ci, la production stagne depuis 1997 à la fois du fait du plafonnement des rendements et de la baisse du nombre d’agriculteurs et de surfaces exploitées. Autant d’ingrédients qui ne pouvaient conduire qu’à un embrasement majeur du secteur.

Une récupération politique chargée d’ambiguïté

Depuis la profonde crise de janvier 2024, la notion de souveraineté alimentaire est ainsi revenue en force dans le débat public et est devenue un enjeu politique majeur. Le pouvoir a choisi de se focaliser, au travers d’un discours belliciste, sur une menace imminente. Ceci permet habilement d’occulter les difficultés structurelles du secteur, en premier lieu d’ordre économique. Ainsi, les libéraux sont parvenus à fusionner les notions de souveraineté et de compétitivité au cœur de leur discours. Selon eux, la reconquête de la souveraineté passe dès lors par une industrialisation massive, l’objectif étant de pouvoir concurrencer les autres grandes puissances sur un marché agricole mondial.

Ce discours occulte néanmoins que le jeu du marché suppose d’ouvrir en parallèle les marchés. Selon le principe de Ricardo, on contribue ainsi à l’émergence d’un modèle agricole de moins en moins polyvalent. C’est ainsi que la colère des agriculteurs sur leur niveau de vie et leur revenu s’est transformé en plan d’action sur l’abaissement des normes environnementales. Il s’agit moins de protéger des petites et moyennes exploitations que d’aider les plus importantes à exporter d’avantage.

À l’autre bout du spectre, l’extrême droite s’est retrouvé aux prises avec un impensé idéologique. Ceci a donné lieu à un couac entre les deux principaux dirigeants du RN concernant les prix planchers. Le parti a maladroitement tenté de rapprocher la notion de souveraineté de ses dogmes, la fermeture des frontières ou la préférence nationale. Ceci se heurte néanmoins à une réalité hétérogène qui se plie mal aux concepts simplistes. Cette position, sans se révéler explicitement souverainiste, s’appuie uniquement sur la production agricole sans penser l’alimentation dans son ensemble.

Le « localisme » du RN témoigne ainsi d’une méconnaissance complète des circuits alimentaires, qui occulte la dépendance de fait de notre agriculture. En effet, elle exclut le fait que la France importe des produits bruts pour exporter en majorité des produits transformés, du fait d’une industrie agro-alimentaire particulièrement bien développée. La France n’est ainsi plus qu’une terre où se passe une part seulement de la production de valeur ajoutée agricole, au sein d’un vaste système mondialisé. La guerre en Ukraine ainsi démontré notre grande dépendance aux intrants. De même, il n’est pas rare qu’un broutard, jeune bête, né en France soit ensuite engraissé en Italie, pour être abattu en Allemagne puis transformé en France. Sans cette analyse fine et une politique stratégique et active pour reconstituer ces filières en France, ces discours se limitent à de simples proclamations sans effet.

La France importe des produits bruts pour exporter en majorité des produits transformés, du fait d’une industrie agro-alimentaire particulièrement bien développée.

Enfin, l’ensemble de ces discours présentent un même défaut. Celui de considérer le secteur agricole comme uniforme, ou même homogène. Cette crise agricole a révélé des profondes divergences dans le monde syndical, se traduisant par la signature inédite d’une déclaration de trois organisations sur les prix planchers. Rappelons aussi qu’il existe de grandes inégalités entre les exploitations, notamment dûes à l’absence de plafonnement des aides PAC à la surface. Résultat : les plus agriculteurs captent la grande majorité des subventions européennes et ne laissent que des miettes aux plus petits.

Les inégalités au sein du secteur agricole français sont également régionales : le taux de pauvreté dans les ménages agricoles varie ainsi de 10 % dans le Grand Est à 30 % et 40 % en Occitanie ou en Corse. De même le taux de pauvreté va du simple aux doubles entre les secteurs moins frappés, comme la grande culture et la viticulture (13%) et les élevages (ovins et bovins, 25%). Les différentes filières ne sont pas toutes également concernées par les éventuelles barrière aux libre échange. À titre d’illustration, la filière de la pêche française ne dispose que de 1,2 % de parts de marché mondial, ce chiffre atteignant 17,5 % pour le secteur du viticole et des spiritueux, où la France reste le leader mondial.

La politique agricole, angle mort du macronisme

Cette nouvelle crise n’est qu’un symptôme supplémentaire de plusieurs décennies de fragilisation du secteur agricole. De crise en crise, et faute de solutions structurelles, les producteurs sont restés soumis aux aléas du marché. Cette crise dénote surtout l’échec des politiques publiques, conduites depuis 7 ans. Le soudain revirement du Président de la République sur les prix planchers – dont la traduction législative reste incertaine – traduisant cruellement une absence de vision stratégique sur le sujet. Ce que la reprise opportuniste de la notion de souveraineté peine à dissimuler.

Or l’exposition du monde agricole au modèle libéral est particulièrement préjudiciable. Le travail sur le temps long s’accommode péniblement des variations du marché. Tandis que les politiques reposant les comportements individuels ne permettent pas de lever les blocages à une transition agricole.À cet égard, la relative perte de compétitivité de la « ferme France » traduit un échec de vision. La politique d’ouverture des marchés visant à accroître les exportations a menacé les filières les plus fragiles comme l’élevage, tandis que la compétitivité prix atteint vite des limites. Cette politique est pourtant soutenue ardemment au niveau européen. L’Union Européenne étant la première contractante mondiale avec 42 accords recensés. Un rapport parlementaire récent pointe notamment les lacunes des contrôles aux frontières, malgré les demandes répétées des professionnels.

À échelle nationale, les deux lois EGALIM se révèlent être de cinglants échecs. Pour rappel, il s’agissait de la pierre angulaire du premier quinquennat, symbole du macronisme disruptif. Une vision empreinte de naïveté, espérant rééquilibrer les négociations entre distributeurs et producteurs, par des procédés de pures formes. Le rapport de force défavorable aux producteurs est tout bonnement occulté. Faute de vouloir prendre des décisions fortes, comme l’encadrement des prix, l’encadrement des discussions s’avère au mieux anecdotique. Ceci alors qu’un observatoire des prix et des marches suit l’évolution des coûts pour chaque filière.

Ceci a conduit à une loi Egalim 2 en 2021 tout aussi symbolique. Celle-ci comporte des mesures techniques, telles que l’ajout d’une clause de révision des prix dans les contrats, ainsi que des mesures d’affichage (expérimentation d’un « affichage rémunérateur » ou renforcement de l’information sur l’origine des produits). Là encore, les mesures visent à faire changer les comportements du consommateurs, comme seul ressort d’une souveraineté.

Dans cette même veine, les efforts de plusieurs ministres pour lutter contre « l’agribashing » se révèlent anecdotiques, voire contre-productifs. En tentant de créer un clivage à l’égard des opposants à l’agriculture française, le gouvernement a tenté de s’en faire passer pour les défenseurs. Las, les campagnes de communication pour donner une image « positive » du monde agricole n’ont pas sérieusement permis de répondre aux lourdes difficultés économiques et sociales. Tandis que la mobilisation des paysans pour un revenu décent a considérablement amélioré leur image dans l’opinion.

La capacité de production de la France risque d’être durement entamée par les départs en retraite.

Le bilan de la politique agricole se mesurera à la capacité à garantir la pérennité du secteur. Pour l’heure, la baisse du nombre d’exploitants est une tendance de long terme. Celle-ci est pour l’heure compensée par la hausse de la taille des exploitations. Mais le secteur s’avère profondément menacé. Tout d’abord par le manque de renouvellement criant des chefs d’exploitation, dont la moitié a déjà plus de 50 ans. La capacité de production de la France risque d’être durement entamée par les départs en retraite, en l’absence d’un nombre suffisants de candidats à la reprise. Ce processus est accéléré par les difficultés financières, avec un bon des défaillances d’exploitations de 7 % en 2023.

Loccasion manquée de la loi d’orientation agricole

À ce titre, le projet de loi agricole pour favoriser les transmissions, apparaît dans cette lignée politique. Comportant un total de 19 articles, il apparaît vague et globalement inopérant. À ce titre, les deux premiers articles se limitent à définir un cadre d’intention.

Les mesures pratiques n’apparaissent pas à la hauteur des enjeux. Les articles consacrées à la formation posent les bases d’une revalorisation de la filière agricole (articles 3 à 5), sans néanmoins en préciser les modalités. L’essentiel des autres articles portent sur des mesures de simplifications techniques. Le cas des haies, longuement utilisée comme exemple concret, faisant l’objet d’un article. Tandis que les autres articles portent des risques pour l’environnement en encadrant d’avantage les recours, ou en modifiant les nomenclatures. Dans ce rayon, la création d’un France Services agricole s’avère un aveu d’impuissance face à la complexité normative.

Dans cette liste, l’article 12, portant sur la création de groupements fonciers agricoles d’investissement (GFAI) doit particulièrement attirer l’attention. En effet, ce véhicule d’investissement risque d’introduire les dérives de la finance dans le monde agricole. L’article vise à découpler la possession de la terre de l’exploitation afin de lever le blocage à l’installation de jeunes. Toutefois, l’arrivée d’investisseur sur cette ressources rares comme prisées est particulièrement inquiétante. Tout d’abord, les SAFER ont alerté sur le fait que les investisseurs privilégieront les exploitations les plus sûrs, ce mécanisme ne profitera qu’à la marge aux nouveaux installés. En outre, ce mécanisme risque d’apporter une instabilité supplémentaire dans le monde agricole, qui a besoin de garanties sur le temps longs. Le changement d’investisseurs dans le groupement propriétaires, la révision des tarifs de location pour suivre les évolutions du marché ou bien assurer un rendement maximum, risque de compromettre de nombreuses installations.

Enfin, au rang des absents, la question des revenus est totalement occultée. Alors que celle-ci était au cœur de la mobilisation de janvier. Par ailleurs, aucune disposition ne permet sur le long terme de remédier aux retards de paiement des aides. Le manque de moyens de l’État conduit en effet à fragiliser financièrement des exploitations, en termes de trésorerie. À fin mars, c’est 1 milliard d’euros d’aides qui restaient encore à distribuer. Quant à la proposition des prix planchers, elle est tout simplement remisée. Le secteur bio étant particulièrement exposé, notamment pour les aides à la transition. En conclusion, le projet de loi se limite à des décisions techniques immédiatement à la main des services de l’État. Et dont certaines restent encore grandement floues, quand ce n’est inquiétante.

La transition agro-écologique, chemin vers la souveraineté alimentaire

L’angle mort de cette déclaration d’intention du gouvernement est celle de maintenir un tissu agricole à taille humaine. En effet, l’enjeu fondamental du maintien de la souveraineté est la préservation d’un tissu agricole dans les campagnes. Les exploitations de moindre dimension sont autonomes et plus difficiles à intégrer. Elles permettent une meilleure prise en compte de l’environnement, comparé à de pratiques industrielles sur de grandes étendues, le développement d’une polyculture ainsi que de circuits courts. Le Haut Conseil pour le climat a notamment pointé que les émissions de gaz à effet de serre de la production française diminue, à l’inverse de ceux générés par nos importations. En outre, il s’agit du meilleur moyen de maintenir une force agricole dans la durée. Or la financiarisation du secteur compromet largement cet objectif.

L’ambition de recouvrir une souveraineté agricole, exige ainsi de garantir un nombre d’exploitants et d’actifs agricoles suffisants. Or, prétendre soutenir le secteur agricole, sans considération pour les contraintes environnementales s’avère être un non sens. Ces raisonnements s’appuient sur les difficultés économiques évidentes pour appuyer une idéologie rétive à tout changement. Tout d’abord, il s’agit du premier secteur exposé à son impact, avec des phénomènes climatiques extrêmes. Ensuite, la préservation de la qualité de l’environnement a un impact global, comme l’a illustré le débat sur l’emploi des néonicotinoïdes, menaçant l’apiculture et les cultures dépendants des pollinisateurs. Enfin, il existe un véritable débat de santé publique, qui touche en premier lieu les exploitants, mais devrait mobiliser tous les citoyens. À titre d’illustration, on peut souligner l’enquête du Monde sur la pollution des eaux, qui présente des niveaux de pollutions anormaux directement liés aux productions agricoles.

En outre, un récent rapport parlementaire a pointé le défaut d’indicateurs fiables au niveau européen ou français pour mesurer la dépendance alimentaire (balance commerciale, taux de couverture des besoins). En complément, il s’avère nécessaire de posséder une vision d’ensemble du circuit de transformation des produits. Il faut en effet considérer l’alimentation d’avantage que la seule production. Et ce au-delà des productions génériques du Haut Commissariat au Plan. Ceci permettrait d’identifier les points de fragilité et les secteurs à soutenir, et a minima d’établir une stratégie cohérente.

Si « la souveraineté alimentaire [devient] un objectif structurant des politiques publiques », avec le projet de loi gouvernemental, ceci exige des mesures fortes. En premier lieu, cet engagement exige de sanctuariser le monde agricole au sein des traités de libre échange. La porosité des clauses miroirs, à savoir la réciprocité des normes, a été largement dénoncée au moment de la crise. A minima, une différenciation par produit permettrait d’amortir les effets chocs qui fragilisent des filières entières.

Il s’avère nécessaire de bloquer le rachat par des fonds étrangers de parcelles, et ainsi préserver la terre. Ceci est à la fois justifié par la forte inflation des prix des terrains, les difficultés d’installation des jeunes agriculteurs et la nécessité de préserver notre approvisionnement. 

Aussi, il s’avère nécessaire de bloquer le rachat par des fonds étrangers de parcelles, et ainsi préserver la terre. Ceci est à la fois justifié par la forte inflation des prix des terrains, les difficultés d’installation des jeunes agriculteurs et la nécessité de préserver notre approvisionnement. Cette mesure a bien été porté par le groupe Rassemblement National à l’Assemblée Nationale. Mais le texte ne va pas au-delà des intentions. Alors qu’il suffit d’étendre au domaine des terres agricoles le décret Montebourg encadrant les investissements étrangers.

Pour protéger notre souveraineté, un État stratège doté de moyens adéquats est incontournable. En particulier, accompagner les transitions va devenir essentiel. Ceci suppose une prise en compte de l’impact du dérèglement climatique sur les différentes productions. Il s’agit notamment de réviser les productions et les modes de production, notamment en matière d’irrigation. Ceci suppose également d’accompagner les producteurs dans les changements en matière de consommation. Il est ainsi éloquent que l’un des produits sur lesquels la France présente le déficit le plus important soit le soja1. Cette vision d’ensemble doit permettre de rééquilibrer les inégalités entre filières. Ceci passe notamment par une assurance globale et publique sur les récoltes, pour collectiviser le risque. Alors que pour l’heure la gestion par le privé entrave toute généralisation, avec des résultats mitigés.

En fait, il s’agit de passer d’une politique agricole à une politique de l’alimentation. La loi Egalim a posé des bases mais sans définir de moyens associés. Les plans alimentaires de territoire, 431 à ce jour, couvrent la quasi totalité du pays. Pour l’heure, les débouchés concrets sont très limités. La Stratégie Nationale pour l’Alimentation, la Nutrition et le Climat (SNANC) a consacré 20 M€ à ces plans. Ceci ne représente que le financement d’un poste pour chacun d’eux. La principale vertu de ce dispositif est d’avoir fait prendre conscience aux différents échelons de la nécessité d’une politique de l’alimentation. Il s’agit également d’un bon point d’appui pour réunir les acteurs, en particulier les consommateurs et les producteurs.

Sortir l’alimentation du libre marché

Le projet de sécurité sociale de l’alimentation est pour l’heure limitée à quelques expérimentations audacieuses. Cette mesure ne bénéficie pas encore d’un soutien public déclaré. Plus globalement, la France pourrait devenir le pays de l’alimentation de qualité, qui ne soit pas réservée à une élite, renouant avec sa longue tradition culinaire. Aussi la politique d’aide alimentaire (estimée à environ 1,5 milliards d’euros en 2018) constituerait un bon point d’appui pour expérimenter la transition alimentaire.

Enfin, des mesures plus fortes du point de vue économiques pourraient être prises. En effet, tout d’abord la concentration des réseaux de distribution ne permet pas d’envisager un rééquilibrage des négociations. Les mesures formelles s’avèrent inopérantes. En France, 7 enseignes représentent 85 % des parts de marché. En filigrane, les opérations de rapprochement entre centrales d’achats se poursuit. Dès lors, au nom de la concurrence, la question du découpage de ces groupes est posée.

En complément, la protection des petites exploitations fragilisée pourrait se faire par la création d’une foncière publique. Celle-ci absorberait la propriété des terrains des exploitations en difficulté en contrepartie de l’effacement des dettes publiques. Par ailleurs, un groupement public permettrait d’externaliser la gestion administrative. Ceci permettant à l’exploitant de se concentrer sur sa seule activité de production tout en assurant un suivi. Ceci permettrait de soutenir le secteur, éviter la destruction économique en offrant des garanties patrimoniales à la puissance publique. À terme, cette mesure favorisera la redistribution des terres et l’installation de nouveaux exploitants.

1 avec un taux de couverture de la consommation nationale de 32% – annexe au projet de loi

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Gaza : le crime et le déni

Cela, du moins, ne pourra pas lui être retiré : en l’espace d’une petite vingtaine d’années, l’éditocrate Bernard-Henri Lévy, dit BHL, a considérablement progressé, dans sa maîtrise des affaires guerrières. Pour le vérifier, il faut remonter le temps,…

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Marketing : comprendre et surmonter les hésitations relatives à l’utilisation de l’IA

Les solutions technologiques basées sur l’IA s’étant développées très rapidement au point d’envahir notre quotidien, on comprend aisément pourquoi certains marketeurs – y compris les plus avertis – éprouvent quelques réticences à les adopter pleinement.

Principal problème relevé par ces derniers : le fait que les outils d’IA fournissent des informations parfois erronées. Près d’un marketeur sur deux qui recourt à l’IA générative a en effet déjà reçu des informations générées par l’IA qu’il savait inexactes. Plus préoccupant, un marketeur sur trois seulement serait capable d’identifier avec certitude si des informations fournies sont inexactes.

La partialité de l’IA est également un sujet : les outils d’IA sont connus pour être parfois sources d’informations biaisées. Si les équipes qui créent les modèles d’IA ne sont pas assez diversifiées, si elles n’ont pas connu suffisamment d’expériences différentes, les modèles d’IA seront alimentés avec des informations à la partialité proportionnelle à ce manque de diversité.

En outre, les marketeurs ne veulent pas dépendre trop largement des technologies d’IA. Ils se sont efforcés d’affûter leurs compétences dans le domaine de l’e-mail marketing, la rédaction de contenus, l’analyse de données ou encore le SEO… Ils ne veulent pas cesser d’utiliser et perdre ces compétences durement acquises. Au passage, il apparaît indispensable de rappeler que l’IA n’a pas pour vocation de remplacer l’humain, elle l’aide à travailler plus rapidement, jusqu’à gagner 25 jours par an !

La question mérite donc d’être posée : comment mieux contrôler les informations fournies par ces outils et trouver l’équilibre entre IA et compétences humaines ?

S’assurer de l’exactitude du contenu généré par l’IA

L’IA est en théorie un merveilleux outil, qui peut néanmoins s’avérer assez imprévisible. La principale raison étant que les modèles qui alimentent la plupart, voire tous les outils d’IA générative, ne peuvent qu’extraire du contenu daté d’il y a deux ans ou plus. Difficile dans ce contexte de compter sur des informations fiables sur un sujet qui évolue très rapidement, au fil de l’actualité. Les sujets de niche sont ainsi également sources de réponses inexactes de la part de la machine. Les outils d’IA ne restituent que les informations dont ils ont été nourris. Ils ne peuvent les trouver par eux-mêmes.

Si l’on ne peut donc jamais être sûr de l’exactitude des résultats, il est possible, par contre, de choisir la façon dont on tire parti de l’IA générative. L’IA peut fournir des résultats assez précis lorsqu’il s’agit de sujets bien documentés, durables et facilement vérifiables. En dehors de ce genre de contenu, il faut rester vigilant et ne pas hésiter à vérifier via un moteur de recherche.

Les meilleures pratiques éthiques et vérification des données fournies par l’IA

Apprendre à utiliser l’IA à bon escient – Les outils d’IA ne conviennent pas à toutes les tâches. Les résultats seront insuffisants, non pertinents voire biaisés, pour tout ce qui demande de la créativité, de l’originalité, ou de construire une opinion ou un certain point de vue, comme sur des sujets controversés ou politiques.

Si une information paraît inexacte, il faut la vérifier – Les moteurs de recherche permettent d’accéder à un large inventaire de sources fiables. Plus les données sont récentes, mieux c’est.

Ne pas faire cavalier seul – Surtout si le besoin est de créer du contenu qui aborde un sujet potentiellement polémique, ou pouvant avoir de graves répercussions. Mieux vaut demander à une tierce personne de relire avant de le publier.

Ne pas confondre utilisation de l’IA pour stimuler votre créativité, et le pur plagiat – En équipe, il faut décider du pourcentage de contenu qui doit être modifié avant de le considérer comme propriétaire.

L’IA ne remplacera jamais la créativité de l’être humain ni les liens que ce dernier sait établir. Une machine n’a pas de vécu et ne peut ni se former une opinion, ni gérer et former un employé. Elle représente un merveilleux outil pour les marketeurs, mais est inutile sans un regard humain, une vision stratégique et une bonne implémentation. Il ne faut donc pas voir l’IA comme un moyen de sauter des étapes, mais bien comme un moyen d’accélérer la création de contenu.

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Mauvaise nouvelle pour Apple et Meta : les adolescents s'ennuient avec les casques de réalité virtuelle. De nombreux jeunes n'utilisent pas les casques RV qu'ils possèdent, selon une enquête de Piper Sandler

La dernière étude de Piper Sandler sur les comportements des adolescents aux USA montrent qu'un tiers possède un casque de réalité virtuel, mais que la plupart ne s'en servent pas souvent. Un résultat assez étonnant quand on sait que c'est la cible des constructeurs.
Permalien
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Tess – En route vers une IA génératrice d’images qui rémunère les artistes

Les générateurs d’images IA actuels comme Midjourney, Dall-E et j’en passe, font polémique puisqu’ils piochent allégrement dans les œuvres des artistes sans leur consentement ni rémunération. Mais des solutions sont en train de se mettre en place pour les entreprises qui souhaiteraient utiliser l’IA pour illustrer leurs supports sans pour autant piller les artistes.

Une de ces solutions, c’est Tess qui propose une approche que j’ai trouvée intéressante puisqu’elle met en place des collaborations avec des créateurs pour utiliser leur style dans des modèles de diffusion d’images.

Concrètement, chaque modèle d’IA est entraîné sur le style visuel d’un artiste unique, avec son accord puis l’outil utilise un SDXL custom (Stable Diffusion) pour générer les images. Évidemment, à chaque fois qu’une image est générée avec son style, l’artiste touche des royalties ! C’est gagnant-gagnant donc.

L’outil intègre également un système de métadonnées basé sur le protocole C2PA, qui permet d’identifier clairement les images générées par IA et de les distinguer des créations originales.

L’objectif de Tess est donc clair : démocratiser la création d’images artistiques de qualité, en la rendant accessible au plus grand nombre, tout en rémunérant équitablement les artistes et leur permettant de garder la maitrise de leur art. C’est une bonne idée vous ne trouvez pas ?

Et les artistes dans tout ça ? Et bien si j’en crois le site de Tess, ils sont déjà plus de 100 à avoir déjà sauté le pas, séduits par ce nouveau modèle de rémunération. Maintenant si vous voulez devenir clients de la plateforme, ce n’est malheureusement pas encore ouvert à tous, mais une liste d’attente est en place pour vous inscrire et être tenu au courant.

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Musées d'ethnographie et temps présent(s)

Cet ouvrage traite de la question des collections ethnographiques issues d'un passé colonial, et, à ce titre, s'invite dans les débats actuels sur la décolonisation muséale qui animent l'anthropologie, l'histoire de l'art et de la muséologie. Il offre une analyse critique comparée (France, Suisse et Espagne) et met en lumière les enjeux de la restitution des collections ethnographiques à leur pays d'origine, qui est devenue une des réponses que proposent certains musées ou États. 
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L’IA Act, presque parfait ?

Article rédigé par Wissem Bellili, expert en intelligence juridique et conformité

Encadrer l’intelligence artificielle est au cœur des débats depuis de nombreuses années et ce, bien avant l’explosion des IA génératives comme ChatGPT. Après plus d’une trentaine d’heures de débat le 8 décembre 2023, les parties prenantes se sont accordées au sujet du futur règlement sur l’intelligence artificielle.

Toutefois, rien n’est encore définitif puisque des votes et des négociations sont toujours en cours. Il faudra attendre, a priori, une entrée en vigueur du texte pour 2025 voire 2026. Le fameux “IA Act”, basé sur une approche par les risques (minimal, limité, élevé et inacceptable), est toutefois jugé trop rigide par certains États membres. À titre d’exemple, l’Allemagne ou la France, eu égard aux propos tenus par Emmanuel Macron ou Jean-Noël Barrot, prônent un encadrement plus souple.

La protection des données à caractère personnel et l’IA

La CNIL, comme à l’époque du RGPD, se positionne en première ligne pour garantir “une IA innovante et respectueuse de la vie privée”. Le 11 octobre 2023, l’autorité française publie 7 fiches pratiques pour “apporter de la sécurité juridique aux acteurs de l’intelligence artificielle” en affirmant que le RGPD “offre un cadre innovant et protecteur pour l’IA”.

Grâce à son service dédié à l’IA mis en place en janvier 2023, le grand public se verra fournir par la CNIL ce que l’on appelle du droit souple (par opposition au droit dur comme le règlement en question). On entend par là tout ce qui relève des recommandations, des lignes directrices, des guides (n’ayant pas, cependant, de portée normative, et donc contraignante).

L’IA et le service public numérique

À l’échelle nationale, l’IA Act ne s’est pas fait attendre :

  • Le 31 août 2022, le Conseil d’État dévoile une étude autour de l’IA et l’action publique. Elle porte sur le rôle de l’État et sa manière à s’adapter aux évolutions technologiques au sein des services publics. Logiquement, le droit national doit s’aligner sur l’IA Act. Le CE préconise de développer une culture IA, en recrutant des experts aguerris car la transparence et la confiance sont les mots d’ordre ;
  • Le 5 octobre 2023, le ministère de la Transformation et de la fonction publiques et la Direction interministérielle du numérique (DINUM) annoncent la stratégie de l’État en matière d’IA générative. Le ministre Stanislas Guerini qui, dans l’objectif de réduire la charge de travail des agents publics, a lancé une expérimentation (un ChatGPT version service public) reposant sur une intelligence artificielle au sein du service numérique “Services Public+”. Le résultat ? 6 fois sur 10, l’agent public n’a pas eu besoin de modifier la réponse apportée par l’IA et le délai de réponse a été divisé par 2 en moyenne ! Pour mémoire, c’est toujours une personne physique (à savoir l’agent public) qui évalue la réponse et l’envoie à l’usager ;
  • La DINUM développe une IA générative nommée “Albert” qui a vocation à être déployée auprès de conseillers France services volontaires et qui se veut une “alternative souveraine et accessible à l’ensemble des administrations” différente de ChatGPT ;
  • La Cour des comptes, en novembre 2023, qui dans son rapport sur la fraude fiscale des particuliers constate les évolutions technologiques en matière d’IA pour détecter les fraudes, même si les résultats ne sont pas encore suffisants ;
  • La CNIL en novembre 2023 qui a sélectionné plusieurs projets qui bénéficieront d’un accompagnement par des experts de l’IA dans l’objectif de vérifier le “potentiel et les limites de l’IA dans le secteur public” ;
  • Le Conseil d’État qui lors d’un hackathon a souhaité tester le potentiel de l’IA générative : faciliter la compréhension de la jurisprudence administrative pour des non-juristes. Les équipes mobilisées lors de cet évènement ont utilisés des LLM comme ChatGPT dans le temps qui leur était imparti. En quelques secondes, l’outil génère des paragraphes clairs et concis de décisions parfois “absolument incompréhensibles pour le commun des mortels” ;
  • La DINUM depuis juillet 2023, développe un incubateur “Alliance” pour répondre aux “problématiques concrètes rencontrées par les administrations” et permettre à l’État de “s’approprier tout le potentiel des technologies d’IA”.

Nouveautés et interrogations

Par ailleurs, l’intelligence artificielle est notamment concernée par une toute récente norme “ISO/IEC 42001” de l’AFNOR, le 20 décembre dernier. À l’instar du futur règlement européen, cette norme entend fixer un cadre (même si la normalisation est volontaire) sans pour autant “brider l’innovation”.

Enfin, hormis le Bureau de l’IA mis en place par l’IA Act (dont le rôle concret est encore flou), il n’existe pas (encore) de postes similaires à ceux que nous connaissons depuis quelques années : le Délégué à la protection des données (DPO) ou le Responsable de la sécurité des systèmes d’information (RSSI).

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Solastalgia: The Definition and Origins

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Solastalgia

I define solastalgia as the pain or distress caused by the ongoing loss of solace and the sense of desolation connected to the present state of one’s home and territory. It is the existential and ‘lived experience’ of negative environmental change, manifest as an attack on one’s sense of place. It is characteristically a chronic condition, tied to the gradual erosion of identity created by the sense of belonging to a particular loved place, and a feeling of distress, or psychological desolation, about its unwanted transformation. In direct contrast to the dislocated spatial dimensions of traditionally defined nostalgia, solastalgia is the homesickness you have when you are still located within your home environment. Solastalgia is derived from the words; solace, desolation, nostalgia and algia or pain/sorrow.

The word “solace” is derived from the Latin verb solari (noun solacium or solatium), with meanings connected to the alleviation or relief of distress, or to the provision of comfort or consolation in the face of distressing events. In this dual connection, solace has meanings for both psychological and physical contexts. One emphasis refers to the comfort one is given in difficult times (consolation), while another refers to that which gives comfort or strength. A person, or a landscape, might give solace, strength or support to other people. Special environments might provide solace for those looking for consolation. If a person lacks solace, then they are distressed and in need of consolation. If a person seeks solace or solitude in a much-loved place that is being desolated, then they will suffer distress.  The word “desolation” has its origins in the Latin solus (noun desolare), with meanings connected to devastation, deprivation of comfort, abandonment and loneliness (to be solitary or alone). It also has meanings that relate to both psychological and physical contexts … a personal feeling of abandonment (isolation), and to a landscape or structure that has been devastated.

In addition, I wanted a concept that had a ghost reference or structural similarity to the concept of nostalgia or homesickness, thereby ensuring historical continuity and affinity with that concept, and that a place reference remained embedded. All the elements were present with the ‘sol’ of solace and the ‘sol’ of desolation, plus the reference to ‘home’ that ‘nostos’ in nostalgia provided. That this new concept was an ‘algia’ was abundantly clear to me right from the start. Algia has connotations of pain, sorrow and grief (From the Greek, there are three forms of ‘algea’: Lupe (Λύπη – “pain”), Achos (Ἄχος – “grief”), and Ania (Ἀνία – “sorrow”).

From the first publication in a peer reviewed journal that mentions solastalgia its connections to ‘algea’ are explained:

Solastalgia has its origins in solacium (solace) and algos (suffering, sorrow, grief, or pain) and has a ghost reference and structural similarity to nostalgia (nostos) to give a place reference.

In summary, solastalgia has its origins in the New Latin word ‘nostalgia’ (and its Greek roots nostos and algos), however, it is based on two Latin roots, ‘solace’ and ‘desolation’, with a New Latin suffix, algia or pain/sorrow, to complete its meaning. In essence, although a combination of words from Greek and Latin, solastalgia is primarily a New Latin neologism.

In part, from Glenn A Albrecht. Earth Emotions: New Words for a New World. Cornell University Press. May 2019. See: http://www.cornellpress.cornell.edu/book/?GCOI=80140104119890&fa=author&person_id=6248

See also, L Connor, G Albrecht, N Higginbotham, S Freeman… (2004) Environmental change and human health in Upper Hunter communities of New South Wales, Australia.  EcoHealth, 1, pages SU47–SU58.

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