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Industrie de santé : comment repenser la formation du personnel à l’aune de l’industrie 4.0

30 avril 2024 à 16:00

La crise sanitaire a mis en exergue notre manque de souveraineté. Le secteur de l’industrie de la santé a particulièrement été pointé du doigt et a cristallisé la désindustrialisation de la France. En effet, en l’espace de 15 ans, la France est passée de leader européen de la production de médicaments à la 5e place et 40% des médicaments commercialisés dans l’UE sont produits hors d’Europe.

Face à ce constat sombre, les pouvoirs publics ont massivement soutenu des plans de relocalisation et de réindustrialisation afin de permettre la production de produits de santé sur notre territoire. Cependant, cette réindustrialisation se déroule dans un contexte très particulier : les industriels sont confrontés simultanément à une nouvelle révolution industrielle faisant appel aux nouvelles technologies (IoT, Big Data, IA…) et à une pénurie de personnel qualifié d’une ampleur inédite. Comment les industries de santé s’adaptent-elles à l’orée de la quatrième révolution industrielle ? De quelle façon repenser les formations des salariés, à travers le prisme des nouvelles technologies ? En prenant l’exemple de la région Hauts-de-France, cette dernière concentre une filière santé qui a pour particularité de donner une place prépondérante aux métiers de la production industrielle.

La quatrième révolution industrielle, ou industrie 4.0

Le Conseil National de l’Industrie définit l’industrie du futur comme : « l’ensemble de transformations des systèmes de production permises par les nouvelles technologies, qui permettent à l’industrie de gagner en compétitivité et en flexibilité et d’innover mais aussi de répondre aux nouvelles exigences environnementales et sociales.

Cette filière regroupe le secteur des machines et solutions industrielles intelligentes (mécanique, électrique, électronique, numérique, robotique, fabrication additive…) ainsi que l’offre digitale. L’objectif est d’accompagner la montée en gamme et la compétitivité de l’industrie française. ».

Cette définition met ainsi en avant le vrai bouleversement des pratiques dans le milieu industrie, et tout particulièrement dans le milieu de la santé qui est soumis à des contraintes réglementaires très strictes.

Les industries de la santé sont ainsi particulièrement intéressées par l’apport des outils numériques et du traitement des données. Les logiciels de pilotage de la production (MES) permet une meilleure synchronisation des maillons de la chaine de production et d’éviter les goulots d’étranglement. L’exploitation des données permet également de mieux traiter les signaux faibles et agir en conséquence. Par exemple, trois sites pilotes de Novartis proposent une détection précoce des dérives de pH et de température grâce à l’intelligence artificielle, permettant de corriger le tir au plus vite et éviter de dépasser seuil où le lot devrait être détruit, permettant des économies.

Si les avantages semblent évidents, les entreprises de la santé restent encore peu avancées dans la transition par rapport aux autres industries (automobile, aéronautique…)

D’après l’enquête du GIE Eurasanté auprès de l’écosystème régional Hauts-de-France des industries de santé, moins de la moitié (44%) des entreprises interrogées ont initié leur transition vers l’industrie 4.0, Ce relatif retard s’explique notamment par les investissements importants pour acquérir les nouveaux outils de production, mais il se traduit également par un retard dans la formation des salariés aux enjeux de l’industrie du futur.

Un vrai bouleversement des besoins en formation

Le secteur industriel fait face à une véritable pénurie de personnel et un turnover important. L’industrie pharmaceutique a été l’un des rares secteurs à voir son nombre de salariés augmenter lors de la crise sanitaire. En 2021, environ 11% des postes proposés dans le secteur pharmaceutique n’étaient pas pourvus. Le secteur n’attirant pas particulièrement les plus jeunes dont seulement 28% d’entre eux déclarent envisager de travailler dans les entreprises du médicament.

Les enjeux de formation sont ainsi doubles : il faut adapter la formation aux évolutions des pratiques et des contraintes réglementaires et réussir à rendre la formation pertinente pour un public qui n’est pas sensibilisé aux enjeux de l’industrie de santé. Il y a donc une urgence à repenser la formation des salariés, en changeant complétement de paradigme pour intégrer les outils numériques et mettre l’emphase sur la pratique et proposer une vraie stratégie d’onboarding.

Ces enjeux de formation étant intimement liés à la transition vers l’industrie 4.0, de nombreuses solutions numériques proposent à la fois des outils de suivi de production et un volet formation pour les salariés.

C’est par exemple ce que propose la société Picomto, basée dans la région lilloise. Picomto propose de digitaliser les opérations de production en permettant de se basant sur les outils numériques pour former les salariés et pour contrôler la production.

Toujours dans une optique de formation, nous voyons émerger des outils utilisant des jumeaux numériques (digital twins) de l’usine pour proposer des modules de formation aux salariés. C’est par exemple la proposition de valeur d’Hakobio, qui, en partenariat avec le groupe de formation IMT, propose aux industriels de créer un jumeau numérique de leur entreprise pour ensuite simuler la chaine de production au plus près de la réalité du terrain et donc mieux former les salariés.

L’apport de l’IA est pour le moment assez limité dans l’offre de formation, mais son utilisation devrait se populariser. En effet, l’un des principaux défis de la formation des salariés réside dans “l’adaptative learning”, l’adaptation du programme de formation aux acquis du salariés et à ses besoins spécifiques. Dans cette optique, l’IA est un outil puissant afin de personnaliser l’expérience des salariés et proposer une formation la plus efficace possible.

Ainsi, l’industrie de santé est en pleine transformation et sa digitalisation est une étape importante pour assurer la compétitivité de l’industrie française. Le numérique s’impose à la fois dans les outils de production, mais également dans les outils de formation. Si cette transition reste pour le moment timide dans le secteur de la santé, il y a un vrai enjeu à accompagner l’industrie dans ce virage et surtout investir dans la formation des salariés, qui resteront les éléments les plus importants de la chaine de production.

Industrie de santé : comment repenser la formation du personnel à l’aune de l’industrie 4.0

NVIDIA GTC : NVIDIA s’apprête à mettre la France à l’honneur cette année

15 mars 2024 à 13:28

NVIDIA GTC, une conférence globale dédiée à l’avancée de l’intelligence artificielle et de l’informatique accélérée, se tiendra du 18 au 21 mars, marquant une période significative pour l’innovation technologique. Parmi les moments forts, la journée de l’IA en France, prévue le 19 mars, mettra en lumière l’expertise et les contributions notables de la France dans le domaine de l’IA.

NVIDIA, reconnue pour son leadership dans la conception de processeurs graphiques (GPU) qui alimentent une gamme étendue d’applications d’IA, met en avant l’importance du marché français. Nathaniel Ives, Director Enterprise France chez NVIDIA, insiste sur le rôle crucial de la France, non seulement comme un marché vital pour NVIDIA mais aussi comme une source d’innovation majeure dans le secteur de l’IA.

La journée dédiée à la France proposera des sessions couvrant des sujets variés, allant de la finance à la santé, en passant par la robotique, soulignant les applications concrètes de l’IA qui transforment ces industries. Les interventions de figures clés françaises dans l’écosystème de l’IA serviront à inspirer et à informer un public varié, des technophiles aux décideurs.

Interview de Nathaniel Ives : La Vision de NVIDIA sur l’IA en France

Quelle est l’importance du marché français pour NVIDIA, et comment voyez-vous son rôle dans l’écosystème global de l’IA ?

La France est cruciale pour NVIDIA, non seulement comme marché mais aussi comme hub d’innovation en IA. Avec une riche tradition d’excellence en ingénierie et en recherche, la France produit des talents et des innovations qui ont un impact au niveau mondial. Il n’échappe à personne que de nombreux français occupent des postes clés dans la plupart des sociétés à la pointe de l’IA dans le monde. Mais au-delà des talents individuels, la France est à la pointe dans de nombreux domaines dans lesquels l’IA joue un rôle stratégique, avec des fleurons industriels comme Safran, Naval Group, EDF, Michelin ou encore Alstom.

Comment NVIDIA soutient-elle l’innovation en IA en France ?

Nous avons des programmes de soutien aux startups, comme le programme Inception, et mettons en place des collaborations dans toutes les industries pour accélérer l’adoption de l’IA. Nous offrons des outils et des ressources pour aider les entreprises de toutes tailles à exploiter le potentiel de l’IA, depuis la recherche fondamentale jusqu’aux applications industrielles. Nous sommes engagés à stimuler davantage d’innovations et à soutenir cet écosystème, notamment à travers des événements comme la GTC, où nous mettons aussi en avant certaines réussites locales.

Selon vous, quels défis la France doit-elle surmonter en IA, et comment NVIDIA contribue-t-elle à les relever ?

Un des défis majeurs, en France comme ailleurs, est l’adoption et l’intégration de l’IA dans les processus existants. NVIDIA travaille à démocratiser l’accès à l’IA avec des technologies plus accessibles et des formations pour développer les compétences nécessaires. L’éducation et la formation pratique sont des services indispensables pour surmonter les barrières et accompagner l’adoption de l’IA. L’un des défis rencontrés par les sociétés françaises spécialisées en IA est celui du passage à l’échelle, et là aussi, nous accompagnons nos partenaires et clients. Nous sommes notamment ravis de voir l’ampleur que prennent des sociétés comme Mistral AI. 

Justement, au cours de ces derniers mois, Mistral AI a marqué une percée sur la scène internationale, Hugging Face a confirmé son rôle central dans l’accès aux modèles, Kyutai a été lancé avec de grandes ambitions … nous sommes actuellement dans un moment assez fort pour la France, en matière d’IA, qu’en pensez-vous ?

Les efforts des pouvoirs publics pour promouvoir l’IA, les percées entrepreneuriales et technologiques, et l’excellence de nos centres de recherche témoignent de l’engagement du pays à devenir un leader dans ce domaine. En outre, les collaborations entre les entreprises technologiques, les institutions académiques, et les acteurs industriels français créent un écosystème dynamique où l’IA peut prospérer et apporter des solutions innovantes aux défis sociétaux et économiques. L’année 2024 sera également très riche pour la France, notamment avec les grands événements sportifs prévus cet été, dont l’organisation nécessite un recours à l’IA, et dont nous dévoilerons certaines des coulisses technologiques à l’occasion de la conférence NVIDIA GTC. Plus largement, nous présenterons notre vision de l’avenir de l’IA en France à l’occasion de la conférence.

Quels seront les temps forts de la GTC pour nos lecteurs ?

Le premier moment fort de l’événement est bien sûr l’incontournable discours d’ouverture de notre CEO Jensen Huang, qui dévoilera les dernières avancées en matière de calcul accéléré, d’IA générative et de robotique.

Un autre point fort de la GTC réside dans la richesse et la diversité des sessions proposées, de sorte que chacun y trouve une véritable valeur. Il y a par exemple, des sessions et ateliers techniques pour les data scientists de tous niveaux, mais également des tables rondes business. Le rôle de la GTC est de permettre d’enrichir les connaissances de chacun sur l’IA, mais également, d’inspirer, en montrant des modèles de réussite.

Pour vous inscrire à la GTC 2024, cliquez-ici.

Quelques recommandations de la rédaction :

Entretien avec Nathaniel Ives
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