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Insertion professionnelle : quels écarts entre les jeunes issus du privé et ceux du public ?

Le salaire médian à la première embauche est globalement plus élevé après une fin d'études dans le privé plutôt que dans le public. Toutefois, l'avantage "apparent" de certaines formations privées repose davantage sur la composition sociale des publics, les parcours scolaires et la place de l'alternance souligne une récente étude.
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La prévention santé : une nouvelle compétence professionnelle ?

Sous l’effet conjugué des progrès thérapeutiques, de la chronicisation des maladies et de l’allongement des carrières, la santé s’impose comme l’un des déterminants majeurs des trajectoires professionnelles contemporaines. Dans cette perspective, la prévention ne relève plus seulement des politiques de santé : elle devient une compétence individuelle et collective. Une capacité à préserver…

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Rencontre avec Gabrielle Halpern, philosophe, auteure

C’est la thèse audacieuse développée par la philosophe Gabrielle Halpern. Cette provocation assumée nous oblige à regarder en face notre vulnérabilité : nos insuffisances, nos craintes, nos démissions, nos fantasmes… … 𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐚𝐮𝐬𝐬𝐢 nos aspirations, nos affirmations, nos décisions et nos actes… Face aux inquiétudes qu’elle suscite, cette « nouvelle figure » pourrait-elle…

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42•Ogres et petit Poucet

Épisode 41 Covid-19, décembre 2020

C’est si bon qu’en ça s’arrête

En ce début décembre, la folie consumériste de Noël semble reprendre le dessus. Il paraît  que le week-end dernier a été euphorique. Tant du côté des commerçants que des clients. Il ne faut évidemment pas parler de déconfinement. Simplement, l’étau se desserre un petit peu. Cela est facile à comprendre. Mettez votre doigt dans un étau et serrez bien fort. Vous allez évidemment hurler de douleur. Mais quel bonheur lorsque la pression se relâche ! On en viendrait à bénir le bourreau.

C’est précisément ce qui est en train de se passer. Le sadique en chef desserre l’étau et tout le monde respire. Tout le monde ? Pas vraiment. Car, certaines entreprises vont avoir le doigt coincé dans l’étau jusqu’à fin janvier 2021. Pas de relâchement en vue avant deux mois. Cette chronique leur est dédiée. Mon but est qu’ils comprennent pourquoi ils se trouvent sacrifiés sans état d’âme. 

Jeux de mots

Tout d’abord, un peu d’humour. Savez-vous ce qu’est un « Macron » ? Non, ce n’est pas un président. C’est un signe diacritique que l’on retrouve dans les alphabets latins, grecs et cyrilliques. Il se manifeste par une barre horizontale placée au-dessus d’une lettre. Son but est d’allonger la durée de cette lettre. Normalement la langue française n’utilise pas de Macron. Voyez-vous l’erreur ? Oui, la France a précisément choisi un Macron pour diriger le pays. Conforme à son rôle diacritique, ce dernier place une chape de plomb sur nos têtes. Il y a aussi de fortes chances que cela dure, puisque tout Macron allonge. C’est dans sa nature. On le voit bien dans les discours. On sait quand le discours commence. Par contre, il est très difficile d’en voir la fin. Macron porte donc son nom à merveille.

Bon, je plaisante, mais ne nous a-t-il pas imposé un Castex comme premier ministre ? Un vrai casse-tête celui-là. A moins qu’il ne soit une casse-texte ? Allez savoir. Tenez, un exemple dans la même veine. Soit une liste de personnalités politiques : Raffarin, Legros, Branlay, Carel, Alliot-Marie, Sauter, Papu, Genet, Mady et Juppé. La vraie dimension de cette liste se révèle lorsqu’on la lit à l’envers… Bienvenue dans l’univers des jeux de mots et des contrepèteries.

Liberté-Égalité-Fraternité

Revenons au Macron. Malheur à ceux qui subissent le poids de sa barre. En revanche, béatitude pour ceux qui en sont exemptés. Songez deux minutes à la devise de la France : Liberté-Égalité-Fraternité. Que reste-t-il de ce bel idéal ? Il faut une autorisation pour pouvoir sortir de chez soi. Il n’y a donc plus de liberté. Certains peuvent exercer leur métier et pas d’autres. Il n’y a donc plus d’égalité. Le nombre de personnes pouvant se réunir en un même lieu est strictement limité. Il n’y a donc plus de fraternité. Oui, la France est vraiment mal barrée. La quadrette de choc, Chirac, Sarkozy, Hollande et Macron nous a barré le futur pour de bon. Car, la précédente quadrette, De Gaulle, Pompidou, Giscard d’Estaing et Mitterrand était plutôt dans la libération.

De Gaulle a renoncé au colonialisme, libérant des peuples entiers. Pompidou a libéré la parole en cassant l’ORTF. Giscard d’Estaing a libéré la jeunesse en l’autorisant à voter dès l’âge de 18 ans. Mitterrand a pour sa part libéré les régions de l’emprise de l’état. Il nous a aussi libéré du joug de la peine de mort. Avec Chirac, la France perd toute vision à long terme et la précarité grimpe en flèche. Sarkozy nous a fait perdre des années de retraite et a creusé le fossé entre riches et pauvres. Avec Hollande, la France a achevé de perdre sa crédibilité politique, économique et sociale. Avec Macron, nous sommes entrains de perdre notre liberté de circuler, de travailler, de se cultiver et de penser.

La « grande réinitialisation »

Une question se pose donc. Pourquoi autant de régressions après autant de progrès ? On peut évidemment évoquer la « grande réinitialisation ». Je vous traduis ici la profession de foi d’une certaine élite mondiale.

Nous avons (avec la COVID-19) une opportunité unique pour gérer la convalescence, cette initiative (la grande réinitialisation) nous offre des perspectives pour aider à informer tous ceux qui ont en charge de déterminer l’état futur des relations mondiales, la direction que doit prendre les économies nationales, les priorités de la société et la nature des modèles de commerce et de gestion des ressources communes. En se basant sur la vision et la vaste expertise des gouvernants engagés dans les communautés participant au Forum, la grande réinitialisation propose un jeu de dimensions nouvelles pour construire un nouveau contrat social qui honorera la dignité de chaque être humain.

La clé se trouve dans la dernière phrase de ce manifeste glaçant. Quel est donc ce nouveau contrat social qui « honorera la dignité de chaque être humain » ? Mon interprétation est que pour ces élites il y a trop « d’inutiles » qui gaspillent les ressources mondiales. Si beaucoup de ces inutiles meurent, ceux qui resteront, les élites pourront alors vivre « dignement ». D’où un grand ménage qui démarrera en 2021 pour s’achever en 2030. Pour ceux qui ne connaissent pas ce Forum, voici la liste des partenaires engagés dans cette grande remise à zéro des compteurs. Comme il y a vraiment beaucoup de sociétés, je vous invite à cliquer sur le filtre « Health and healthcare ». Ils sont tous là les vendeurs de médicaments. Avec le filtre « Information technology », on retrouve nos chers GAFA, les grands gagnants de cette crise.

Une étude du Financial Times

Car, Cicéron l’a dit : pour connaître un coupable, regardons « à qui profite le crime » ? Qui s’est enrichi pendant cette crise ? Qui a acquis davantage de pouvoir ? Ni vous, ni moi, bien sûr ! Se poser une telle question, c’est être à coup sûr conspirationniste ou complotiste. Je me suis donc farci un article du Financial Times. Il concernait l’augmentation de la capitalisation boursière au premier semestre 2020. Les lecteurs férus d’économie pourront consulter l’article en question en suivant ce lien. Le détail du classement se trouve ici. Cet article est tellement instructif que je vous ai fait un petit récapitulatif. Ce document reprend les données du Financial Times et propose trois classements.

Le premier classement donne la valeur en bourse de 100 sociétés qui s’exprime en milliards de dollars (G$). Le trio de tête qui dépasse 1 000 milliards de dollars est formé par Apple, Microsoft et Amazon. Juste après, on trouve Alphabet (c’est-à-dire Google) et Facebook. Une première remarque est qu’il faudrait parler de AMAAF et non de GAFA. Car, réduire la société Alphabet à Google est trompeur. Si l’on connait l’anglais, on trouve dans ce nom le mot « bet » qui signifie « pari ». De plus, il y a le mot « alpha » tout à fait familier pour ceux qui ont lu Aldous Huxley. Bref, Alphabet, c’est le « pari des alphas », tout un programme.

L’oubli du géant Microsoft dans l’acronyme GAFA est également symptomatique. Pourquoi mettre l’accent sur Apple et oublier Microsoft qui rafle 90% des parts de marché ?  On remarquera aussi que Facebook est un petit Poucet para rapport à Amazon. Bien sûr AMAA, cela fait beaucoup de lettres A, surtout si l’on rajoute Alibaba. Car ce dernier fait jeu à peu près égal avec Facebook. 

Valeur boursière

Quels sont les pays qui comptent vraiment selon ce critère ? Il n’y en a que trois : USA, Chine et Suisse. Le quatrième pays est la France qui, avec la société L’Oréal, pointe en dix-septième position. On remarquera toutefois le facteur 10 qui sépare l’Oréal d’Apple. La deuxième société française est Hermès, puis aucune autre dans le top-100. Je ne suis pas sûr que tout le monde réalise ce que sont des milliards de dollars. Le Fonds Monétaire international (FMI) a compilé en 2018 le produit intérieur brut (PIB) produit chaque année par 210 pays. Je n’ai mis que le peloton de tête et la queue du classement. Maintenant, vous savez qu’Apple a un poids économique supérieur à celui de l’Espagne.

Image donnant le PIB annuel de quelques pays en tête et en bas de classement
PIB nationaux annuels (2018) selon le FMI. Tête et queue du classement

De même, le petit Poucet du classement, ASML, pèse autant qu’un pays comme le Togo. L’idée est bien sûr que ASML regroupe une élite. Je vous laisse deviner, le label que l’on peut appliquer au Togo. Car, le label existe bel et bien : « non-essentiel ».

Les valeurs très valorisées au premier semestre 2020 étaient : l’informatique, le commerce électronique, la communication, les jeux en ligne, l’alimentation, les médicaments, les boissons, les produits de luxe et les cosmétiques. Mieux vaut le savoir. Car là, je m’adresse au petit commerce de détail. Même si vous avez la chance de vendre dans ces créneaux porteurs, que valez-vous face à ces géants ? Comprenez-vous que pour survivre, le « click & collect » va devenir la règle ? On ne vous a pas ciblé par hasard. Vous devez disparaître pour que les élites puissent vivre « dignement » sans se déplacer physiquement. 

Croissance

Passons maintenant au deuxième classement. Ici, j’ai choisi de privilégier la croissance. Notez bien de nouveau que l’on parle en milliards de dollars. Ici, la star est Amazon qui a engrangé en 6 mois autant d’argent que toute la population du Nigeria en un an (trente et unième PIB mondial). Cela fait évidemment réfléchir. Bien évidemment, Microsoft et Apple ne sont pas en reste. Car, ils battent l’Égypte, quarante-cinquième économie mondiale. Oh surprise, le petit Poucet pointe maintenant en quatrième position. Il bat le Koweït, cinquante-huitième PIB mondial. Pour ceux qui l’ignorent, la photolithographie, spécialité d’ASML permet de fabriquer des « chips » pour les ordinateurs et les téléphones portables. Au petit jeu de la croissance, Hermès bat à plate couture L’Oréal. Toutefois, les deux sont en fin de classement. 

Le dernier classement s’intéresse au taux de croissance. En effet, gagner beaucoup d’argent lorsqu’on en possède déjà beaucoup est difficile. C’est nettement plus facile de gagner de l’argent quand on part de peu. La star est ici IHC, une société de portefeuille financier des Émirats-Arabes Unis. Leur taux de croissance en 6 mois est royal et avoisine 409 %. Le Cheikh Tahnoon bin Zayed al-Nahyan a ainsi surpris tour le monde. Si vous pensez encore que nous sommes en crise, détrompez-vous. La crise, c’est pour les « non essentiels », pas pour les « alphas ». Devinez qui pointe en deuxième position avec une croissance royale de 278 % ? C’est l’entreprise américaine Moderna. Je vous laisse deviner sa spécialité.

Télétravail et e-learning

En troisième position, on trouve Zoom vidéo. Bienvenue dans l’e-learning et le télétravail. Selon ce troisième critère, c’est sans surprise aucune, le secteur de la santé, les e-sociétés et les jeux vidéo qui tirent leur épingle du jeu. Confinement et terreur sanitaire oblige. Hermès et L’Oréal sont là aussi en queue de peloton. Ce dernier sauvant sa peau de justesse. Il coiffe en effet sur le poteau le géant Nestlé. Apple et Alphabet sont ici aussi en queue de peloton. Car, comme indiqué plus haut, plus vous pesez « lourd », plus il est difficile de croître. Cela s’appelle l’inertie.

Voilà, je vous laisse méditer ces chiffres terrifiants pour le petit commerce de détail. Une fois encore, ils parlent d’eux-mêmes. Je ne complote pas contre ces gens-là, ni contre le gouvernement. C’est plutôt l’inverse. C’est eux qui complotent contre une masse d’humains jugés « non essentiels ». Pensez à ces chiffres en cette période d’achats de Noël. Privilégiez les petits commerces. N’oubliez pas que beaucoup d’entre eux sont, comme les ogres de la grande distribution, en ligne. Ils n’ont pas vraiment le choix, car il en va de leur survie. S’ils savent s’adapter, encore faut-il que les clients soient au rendez-vous.

Par Marc HENRY

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[RAPPORT DARES] Quelles évolutions des conditions de travail et des risques psychosociaux depuis 2016 ?

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RAPPEL pour celles et ceux qui n’étaient pas là cet été : ce que contient le rapport sénatorial sur la souffrance au travail, enterré en juillet

Revue Santé et Travail, juillet 2026 – Le 8 juillet, les sénateurs de la droite et du centre de la mission – majoritaires – refusent de valider le document et sa publication. D’un vote, ils enterrent 45 auditions et toutes les expertises sollicitées. L’épuisement professionnel est une « réalité clinique indéniable », affirme le rapport […]

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Guide de jurisprudence sur les risques psychosociaux : actualisation de la partie « harcèlement sexuel »

Depuis 2021 le guide de jurisprudence* mis à disposition de tous sur le site de Souffrance et Travail n’avait pas fait l’objet d’une actualisation, même si de nombreux articles publiés dans notre magazine avaient abordé depuis différents arrêts qui traitaient de ce sujet. Il y avait matière, notamment dans le domaine de la condamnation des […]

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[BROCHURES SEXISME AU TRAVAIL] Arrête de t’exciter, retourne plutôt bosser ! Le sexisme n’a pas sa place au travail !

Sexisme au travail : la cellule d’appui au dialogue social et l’inspection du travail ont réalisé trois dépliants d’information et de communication à partir d’une base de données jurisprudentielles compilée par les services de la DDETS de Seine-Maritime. Ces trois documents extraient de cette base douze condamnations pour des faits de sexisme afin de mettre […]

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À VOMIR ! Sexisme en entreprise : ces « justifications » qui sont extraites de jugements condamnant des situations réelles…

C’est à partir d’un travail de recension de près de 100 jugements et arrêts des juridictions judiciaires et administratives ces dernières années, ainsi que de décisions rendues par le Défenseur des droits, relatives au sexisme dans le monde du travail, qu’on peut mettre en évidence cette « jurisprudence de l’inacceptable en entreprise ». À VOMIR […]

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Directrices et directeurs du social : trois générations face au « new public management »

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« Sexe, genre et santé au travail »

Un dossier réalisé par l’équipe du site sante-et-travail.fr Les effets du travail sur la santé ne sont pas neutres : ils sont même profondément genrés. C’est ce qu’a rappelé, le 8 mars dernier, à l’occasion de la journée des droits des femmes, la tribune publiée dans Santé & Travail et dans Le Monde. Signée par 95 personnalités – chercheurs, […]

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[LIVRE] « Ce poison habille mes soirs. Récit poétique en médecine du travail », de Thomas Lieutaud

Les définitions du travail sont multiples. On n’en retiendra qu’une : tout ce que rajoute le travailleur à ce que l’organisation du travail prescrit, en termes de normes, procédures et consignes pour que la production puisse se faire. Pour cela, les travailleurs cherchent en eux et hors d’eux des informations, des expériences, des notions, des […]

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Le Livre noir Helpen de l’Éducation nationale : premier rapport national indépendant sur le harcèlement moral des personnels de l’Éducation nationale

Après des mois de collecte de témoignages, d’analyse, d’enquête et de travail éditorial, HELPEN ouvre officiellement les commandes du Livre noir de l’Éducation nationale. Cet ouvrage est l’aboutissement d’un travail collectif : celui de personnels qui ont accepté de témoigner, parfois au prix d’un immense effort, et d’une association qui a choisi de documenter ce […]

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Pourquoi le travail tue autant en France ?

1297 morts au travail en 2024 : la France est le pays de l'UE où l'on meurt le plus en travaillant. Accidents sur chantier, cancers professionnels, précarité invisible - en deux épisodes, le podcast Invisibles donne la parole aux familles qui refusent que…

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Autogestion, coopératives : travailler ensemble sans patron

En avril 2024 a été publié Travailler sans patron, un livre de Simon Cottin-Marx (sociologue, auteur notamment de C’est pour la bonne cause ! Les désillusions du travail associatif) et Baptiste Mylondo (économiste qui travaille sur la décroissance et le revenu universel)  extrêmement bien documenté et très facile à lire, d’autant que le livre est sorti directement en édition Poche.

Nourri d’une part de très nombreuses illustrations issues d’expériences concrètes, et d’autre part de riches contenus théoriques, ce livre donne de nombreuses clefs pour penser la complexité de l’ambition et des pratiques d’autogestion. Sans évidemment donner de recettes ou de solutions qui seraient applicables clef en main, il donne matière à penser et matière à agir. S’il parle beaucoup d' »économie sociale et solidaire » (ESS), c’est parce que c’est sous cette étiquette que beaucoup d’expérience d’autogestion se sont développées. Cependant, bien au-delà de ce secteur dont l’étiquette ne garantit nullement la vertu, ce livre développe une critique et présente des pistes qui intéresseront toustes celleux qui cherchent à fonctionner ensemble sans patron. Il peut être un excellent outil pour penser ensemble, et pour se poser les questions très pratiques qui se posent toujours quand on poursuit une telle ambition.

La transformation de la société nécessite l’abolition du capitalisme qui n’a pour boussole que l’augmentation des profits et qui pour cela exploite les travailleureuses et les ressources naturelles. Notre lutte pour l’émancipation et la transformation sociale passe nécessairement par le développement de nos capacité à faire ensemble.

Bonne lecture, et vive l’autogestion !

Contenus du livre

Je reprends ci-dessous le sommaire du livre, avec un commentaire personnel par partie (en italique).

Introduction

Partie 1- L’économie sociale et solidaire introuvable

Cette partie reprend l’histoire de l’idée d’autogestion qui s’est développée en réaction au capitalisme depuis le XIXème siècle. Elle explique comment une idée politique s’est institutionnalisée et a été instrumentalisée. Elle revient sur les idées politiques à la base des pratiques d’autogestion, et met en évidence les contradictions entre ces idées et pratiques d’une part, et l’époque actuelle, capitaliste et néolibérale, d’autre part.

Chap 1- Brève histoire d’une idée politique

  • Une économie de résistance au capitalisme libéral
  • Institutionnalisation, banalisation et instrumentalisation
  • L’ESS, combien de divisions ?

Chap 2- Les mythes de l’économie sociale et solidaire

  • La démocratie comme simulacre
  • Une forme dominée de l’économie dominante
  • La réconciliation du travail et du capital

Chap 3- L’utopie face à la réalité des pratiques

  • L’impossible coopération à l’heure de l’économie néolibérale ?
    …Et face à la puissance publique
  • Les problèmes internes auxquels se heurtent les associations employeuses
    La loi d’airain de l’oligarchie
    La dégénérescence des organisations démocratiques
  • Un cas d’école : la lente dégénérescence de l’AOIP
    Résister à la dégénérescence : s’organiser et coopérer

Partie 2- Une économie démocratique

Après cette Partie 1 qui constitue la base de l’ensemble du livre, les Parties 2, 3 et 4 développent chacune un aspect de l’ambition d’autogestion. La Partie 2, centrée sur l’ambition d’une économie démocratique, aborde la question du pouvoir et des prises de décisions.

Chap 4- Conjurer l’émergence d’un pouvoir centralisé et hiérarchique

  • La tyrannie de l’absence de structure
    Domination légale ou domination charismatique
    La Montagne Vivra
  • La saisonnalité du pouvoir
  • Des chefs sans pouvoir
    La domination renversée
    Quand l’ESS dissout les chefs
    Quand l’extérieur veut malgré tout des chefs

Chap 5- Le périmètre de la démocratie

  • À chaque structure ses citoyens
    Les associations aux mains de leurs adhérent-es
    Les SCOP aux mains des salariés-associés
    Des SCIC pour associer toutes les parties prenantes
  • Une place pour chacun, chacun à sa place
    Associer les parties prenantes
    Le quadrilatère coopératif

Chap 6- Décider tous ensemble : une question de taille ?

  • Une bataille de chiffres : une dizaine, une centaine, ou des milliers de membres ?
  • L’important, c’est de se donner les moyens de grandir
  • Le plus grand groupe coopératif du monde : la Mondragon Corporacion Cooperativa (MCC)

Chap 7- Organiser et cultiver la démocratie

  • La démocratie, c’est technique
    La sociocratie
    L’holacratie
    La sollicitation d’avis
  • Accueillir et former à la démocratie
    Apprendre à coopérer
    Animer la vie démocratique

Partie 3- Une économie juste

Dans cette Partie 3, les auteurs posent la question de l’argent, notamment quand il y a du salariat, ce qui amène à penser la viabilité et de l' »efficacité ».

Chap 8- Une économie non lucrative… Mais rémunératrice ?

  • Moins d’argent pour les actionnaires, plus d’argent pour les salaires ?
  • Le travail associatif, entre bénévoles, salariés et salariés-bénévoles
    Quand les salariés sont (un peu) bénévoles
    Travailler avec et pour des bénévoles
    Quand les bénévoles deviennent salariés
  • La question salariale dans les coopératives
    Une volonté de réduire les écarts
    Des bas salaires un peu plus hauts, des hauts salaires nettement plus bas

Chapitre 9- La question salariale dans les structures autogérées

  • Le choix de l’égalité salariale
  • Accepter des inégalités « juste » ?
  • Définir soi-même son salaire ?

Chap 10- Le problème de l’efficacité

  • Des salaires peu satisfaisants
  • Les structures autogérées sont-elles moins efficaces ?
  • Quelle efficacité, pour quelle rétribution ?
  • Revisiter la définition du travail pour dissoudre le salariat

Partie 4- Travailler autrement

Dans cette dernière partie, les auteurs posent la question du travail et de l’organisation collective du travail, notamment une ambition qui serait celle d’un travail « désaliéné ». Cela les amène à explorer les antagonismes qui existent dans les relations de travail, et ce que cela entraîne en particulier encore une fois quand il existe du salariat au sein de la structure. Cette partie est également l’occasion de parler des conflits qui surgissent nécessairement dans les collectifs.

Chap 11- Des relations de travail sans antagonismes ?

  • Trois spécificités de l’ESS
  • Assumer le rapport salarial
  • Se syndiquer

Chap 12- Travailler entre égaux : le choix de la polyvalence

  • Un travail commun entre semblables
  • La polyvalence à tout prix ?
    1/ Inadaptation
    2/ Insatisfaction
    3/ Inefficacité
  • Trouver le bon équilibre
    Partager les tâches pénibles
    La spécialisation comme exception
    Pas de chasse gardée
    Bien se coordonner

Chap 13- S’employer mutuellement

  • L’entrée du personnel
    Un recrutement collégial pour une responsabilité collective
    Comment choisir son futur collègue, associé et employeur ?
    Intégrer et former les nouveaux
    Prendre soin de soi, des autres, et du collectif
    Construire une culture « anti-heures sup’ »
    Repenser l’entretien individuel d’évaluation
    Accompagner les salariés tout au long de l’année
    Créer des temps propices aux discussions
  • Gérer les tensions sans chef
    Défini méthodes et instances de règlement des différends
    Ne pas personnaliser les conflits
  • Savoir se séparer

Conclusion

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