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Inde : Décarboner sans Entraver la Croissance

 L’Inde est confrontée à un défi inédit : répondre à une demande d’électricité qui explose tout en évitant de reproduire le détour fossile suivi par les économies aujourd’hui développées. Elle semble, sur certains aspects, emprunter un « raccourci électrique » en passant directement vers le solaire, l’électrification et les nouvelles technologies bas carbone. Mais ce raccourci suffira-t-il à faire reculer durablement le charbon ? 

Entre croissance rapide, explosion de la demande d’électricité, développement spectaculaire du solaire et persistance du charbon, l’Inde est au cœur du défi climatique mondial. Elle vise la neutralité carbone en 2070. Mais au regard de l’urgence climatique, n’est-ce pas trop tardif ? 

Une puissance démographique et économique au rôle mondial croissant 

Avec près de 1,48 milliard d’habitants, l’Inde est aujourd’hui le pays le plus peuplé du monde. Son PIB dépasse les 4 000 milliards de dollars et en fait la 4ème économie mondiale avant le Japon. La croissance reste exceptionnellement dynamique pour une grande économie : le FMI prévoit une progression du PIB de l’ordre de 6,4 % en 2026

L’Inde ambitionne de devenir un pays développé à l’horizon 2047, date du centenaire de son indépendance (projet Viksit Bharat 2047). Cette ambition implique une hausse considérable de la consommation d’énergie, de l’urbanisation, des transports et des besoins industriels. 

La transition climatique indienne est pensée avant tout comme un outil de développement économique. Pour New Delhi, la priorité reste la création d’emplois, l’accès à l’électricité, la sécurité énergétique et l’amélioration du niveau de vie. La décarbonation doit accompagner la croissance et non la freiner. 

Cette philosophie structure l’ensemble de la politique énergétique et climatique du pays. Elle est également liée à la position diplomatique traditionnelle de l’Inde qui souligne sa faible contribution historique au réchauffement et la responsabilité collective des pays industrialisés. 

L’Inde est une république fédérale dans laquelle les États disposent de compétences importantes en matière d’électricité, de transports, d’urbanisme, d’agriculture et de certaines politiques industrielles. La décarbonation ne se décide donc pas uniquement à New Delhi : elle résulte d’une action conjointe entre le gouvernement central et les autorités régionales, qui jouent un rôle majeur dans la mise en œuvre des politiques climatiques. 

Le troisième émetteur mondial mais des émissions par habitant encore modestes 

En 2024, l’Inde a émis environ 3,2 milliards de tonnes de CO₂, soit environ 8 % des émissions mondiales. 

Le pays est désormais le troisième émetteur mondial de CO₂, derrière la Chine et les États-Unis. Cette position s’explique par son poids démographique, même si les émissions par habitant restent en deçà de la moyenne mondiale de 2 tonnes par habitant, et par une croissance économique forte.  

Selon les estimations de l’AIE, les émissions de CO₂ liées à l’énergie de l’Inde sont restées globalement stables en 2025, après une hausse de 5,3 % en 2024. Cette évolution constitue un signal encourageant, mais elle doit encore être confirmée dans la durée : la baisse de 2025 a été fortement favorisée par une mousson exceptionnellement précoce et abondante, qui a réduit la demande de climatisation et accru la production hydroélectrique. 

Les émissions indiennes totales continuent néanmoins d’augmenter avec l’industrialisation, l’urbanisation, la motorisation et l’élévation du niveau de vie.  

La stratégie indienne ne repose pas, à court terme, sur une diminution rapide des émissions absolues. Elle cherche plutôt à faire en sorte que les émissions progressent moins vite que l’activité économique, puis à inverser progressivement cette dynamique dans le cadre de la trajectoire vers la neutralité carbone en 2070. Cet objectif a été annoncé par le Premier ministre Modi le 1er novembre 2021, lors du sommet des dirigeants de la COP26 à Glasgow. 

Source : World data 

Une stratégie climatique fondée sur le couple croissance-décarbonation 

La politique climatique indienne repose sur un principe simple : le développement économique reste la priorité nationale, mais ce développement doit progressivement devenir moins carboné

Dans sa stratégie de long terme soumise aux Nations unies en 2022, l’Inde présente la transition comme un processus progressif, fondé sur l’équité, la justice climatique et les circonstances nationales. Sa stratégie identifie notamment sept grandes transitions : décarbonation du système électrique, transformation des transports, efficacité énergétique des bâtiments, décarbonation de l’industrie, développement des puits de carbone et des solutions de retrait du CO₂, amélioration des forêts et mobilisation des financements. 

Cette stratégie mobilise donc plusieurs leviers : développement des renouvelables, électrification des usages, efficacité énergétique, hydrogène vert, nucléaire, stockage, réseaux électriques et amélioration de l’efficacité industrielle. 

L’objectif n’est pas de reproduire le modèle européen de réduction des émissions. New Delhi cherche plutôt à réaliser un découplage progressif entre croissance économique et émissions, avec un objectif ultime de neutralité carbone en 2070. A titre de comparaison, La Chine a un objectif de neutralité carbone avant 2060, soit 10 ans avant l’Inde 

Cet objectif s’inscrit dans la vision nationale Viksit Bharat 2047, qui ambitionne de faire de l’Inde un pays développé d’ici 20 ans. 

Une nouvelle CDN 2031-2035 qui renforce les objectifs de l’Inde 

En mars 2026, l’Inde a publié une nouvelle CDN (Contribution Déterminée au niveau National) couvrant la période 2031-2035. Elle prévoit une réduction de 47 % de l’intensité carbone du PIB par rapport à 2005, une part de 60 % de capacités électriques installées non fossiles et un renforcement des puits de carbone forestiers. 

Cette évolution constitue un progrès réel mais limité. Fidèle à son approche historique, l’Inde continue de privilégier la réduction de l’intensité carbone plutôt qu’un plafonnement des émissions absolues. Cette stratégie permet au pays de poursuivre une croissance rapide tout en améliorant progressivement son efficacité carbone. Elle implique toutefois que les émissions nationales puissent encore augmenter pendant plusieurs années si la croissance économique demeure plus rapide que la baisse de l’intensité carbone. 

La trajectoire indienne repose ainsi sur une succession d’étapes : forte croissance économique, électrification, développement accéléré des capacités bas carbone, puis diminution progressive des émissions absolues à mesure que le système énergétique se transforme. 

La question du financement constitue l’un des principaux défis de cette transition. Selon le groupe de réflexion gouvernemental, NITI Aayog, l’Inde aurait besoin d’environ 22 700 milliards de dollars d’investissements cumulés pour atteindre la neutralité carbone en 2070. Les autorités indiennes continuent donc de défendre la nécessité d’un soutien accru des pays développés et des institutions financières internationales. 

Source : Climate Action Tracker 

Une CDN bâtie sur l’intensité carbone plutôt que sur les émissions totales 

La spécificité de la politique climatique indienne demeure son choix de privilégier la baisse de l’intensité carbone du PIB plutôt qu’une réduction absolue des émissions. 

Cette approche permet au pays de poursuivre une croissance économique rapide tout en améliorant progressivement son efficacité carbone. 

Elle comporte toutefois une limite évidente : les émissions absolues peuvent continuer à augmenter pendant de nombreuses années si la croissance économique reste supérieure au rythme de réduction de l’intensité carbone

La stratégie indienne doit donc être comprise comme une trajectoire en plusieurs étapes : forte croissance économique, réduction de l’intensité carbone, développement accéléré des capacités bas carbone, puis diminution progressive des émissions absolues à mesure que le système énergétique se transforme. 

Le charbon, talon d’Achille de la transition énergétique 

Le charbon demeure le principal paradoxe de la stratégie climatique indienne. 

Le charbon reste de très loin la première source d’électricité, avec environ 71 % de la production électrique en 2025. 

L’Inde continue parallèlement à développer ses capacités renouvelables et à investir dans de nouvelles centrales thermiques afin de répondre à la croissance de la demande électrique et de garantir la sécurité d’approvisionnement. 

La production nationale de charbon a franchi pour la première fois le seuil du milliard de tonnes en 2024-2025, contre 998 millions de tonnes l’année précédente. 

Le gouvernement indien considère cette production nationale comme un élément de sécurité énergétique et de réduction de la dépendance aux importations. 

Le charbon constitue donc le principal point de tension de la stratégie climatique indienne : le pays développe massivement les énergies propres tout en maintenant et en augmentant encore, à court terme, son recours au charbon

Cette contradiction est particulièrement importante au regard des scénarios climatiques compatibles avec l’objectif de 1,5 °C. Elle explique pourquoi le « Climate Action Tracker » considère toujours que les politiques indiennes sont insuffisantes au regard de cette trajectoire, malgré les progrès rapides des renouvelables. 

La forte dépendance de l’Inde aux importations d’hydrocarbures expose le pays aux risques géopolitiques affectant les routes maritimes et les marchés internationaux de l’énergie (Cf. tensions actuelles autour du détroit d’Ormuz). Elle renforce les préoccupations indiennes en matière de sécurité énergétique. Dans ce contexte, le charbon conserve aux yeux des autorités un rôle stratégique, en tant que ressource largement disponible sur le territoire national et moins exposée aux risques géopolitiques affectant les importations d’hydrocarbures. 

Source : IEA 

Le gaz naturel : un levier de transition encore sous-exploité 

Le gaz naturel occupe aujourd’hui une place relativement modeste dans le système énergétique indien, mais les autorités le considèrent comme un combustible de transition susceptible de contribuer à la réduction de la dépendance au charbon et aux importations de pétrole.  

L’Inde dispose de réserves nationales mais la production domestique demeure insuffisante pour satisfaire la demande, ce qui conduit le pays à recourir massivement aux importations de gaz naturel liquéfié (GNL). 

Le pays investit également dans l’extension de ses terminaux méthaniers, de ses infrastructures de stockage et de son réseau de gazoducs afin d’améliorer l’accès au gaz pour l’industrie, la production d’électricité, les transports et les usages urbains. New Delhi affiche depuis plusieurs années l’ambition d’augmenter sensiblement la part du gaz dans son mix énergétique, considérant cette énergie comme une solution intermédiaire permettant de limiter le recours au charbon tout en garantissant la sécurité d’approvisionnement.  

L’électrification massive au service du développement 

L’Inde considère l’électricité comme l’un des principaux vecteurs de son développement et de sa transition énergétique. 

La consommation d’électricité par habitant reste faible comparativement aux économies développées. Elle devrait néanmoins augmenter fortement avec l’industrialisation, l’urbanisation, l’équipement des ménages et la diffusion de la climatisation. 

La demande électrique est appelée à croître rapidement dans l’industrie, les bâtiments, les transports et les usages domestiques. Pour accompagner cette progression, le gouvernement investit dans les réseaux, les interconnexions, les compteurs intelligents, le stockage et la modernisation du système électrique. 

L’enjeu climatique est donc double : produire beaucoup plus d’électricité tout en faisant progressivement baisser son contenu carbone

Cette transformation constitue probablement l’un des défis les plus importants de la stratégie indienne : augmenter fortement son offre électrique et réduire sa dépendance au charbon. 

L’AIE estime que la demande d’électricité de l’Inde a augmenté de près de 430 TWh entre 2021 et 2025. Surtout, elle prévoit qu’elle augmentera encore de plus de 570 TWh entre 2025 et 2030, soit une croissance moyenne de 6,4 % par an

Les renouvelables, vitrine de la transition indienne 

La stratégie de décarbonation indienne s’appuie notamment sur le Production Linked Incentive (PLI), principal instrument de politique industrielle du gouvernement indien. Il vise en particulier à développer une filière solaire nationale et plus largement les technologies bas carbones. Le PLI consacré aux modules photovoltaïques dispose ainsi d’une enveloppe d’environ 2,7 milliards d’euros

Cette politique accompagne une progression spectaculaire des renouvelables. En une dizaine d’années, l’Inde est devenue l’un des principaux marchés mondiaux du solaire et développe rapidement l’éolien, le stockage et les réseaux de transmission. Cette dynamique ouvre une possibilité originale : répondre à une part croissante de la hausse de la demande d’électricité sans passer par une nouvelle phase de développement massif des énergies fossiles. 

C’est ce que met en évidence une analyse d’Ember, reprise dans un article des Ateliers du Futur, en comparant l’Inde actuelle à la Chine lorsqu’elle se trouvait à un niveau de développement économique comparable. L’Inde produit aujourd’hui davantage d’électricité solaire, brûle moins de combustibles fossiles et électrifie ses transports plus rapidement que la Chine au même stade de son développement. Cette différence est importante : lorsque la Chine connaissait son accélération industrielle, les technologies solaires et d’électrification étaient moins matures et plus coûteuses. L’Inde dispose donc aujourd’hui d’une possibilité que la Chine n’avait pas au même stade : électrifier directement une partie de sa croissance avec des technologies bas carbone. 

Les résultats sont déjà visibles. L’objectif de 50 % de capacité électrique installée non fossile à l’horizon 2030 a été atteint dès juin 2025, cinq ans avant l’échéance. La nouvelle CDN porte désormais cet objectif à 60 % en 2035. Mais cette progression des capacités ne doit pas être confondue avec la production réelle : en 2025-2026, les sources non fossiles n’ont représenté qu’environ 29,2 % de la production électrique.  

Le « raccourci électrique » ne signifie donc pas que l’Inde est déjà sortie du modèle fossile. Le charbon reste au cœur de son système électrique. L’évolution est néanmoins significative : la croissance de la demande est de moins en moins couverte par le charbon. 

L’enjeu des prochaines années sera donc déterminant : l’Inde parviendra-t-elle à absorber l’explosion de sa demande d’électricité principalement grâce aux sources bas carbone, plutôt qu’en augmentant durablement sa production de charbon ? C’est là que se joue la réussite du « raccourci électrique ». 

Cette transition soulève toutefois une autre question : celle de la souveraineté industrielle. Malgré les efforts du PLI pour développer une industrie nationale des technologies bas carbone, l’Inde reste fortement dépendante de la Chine pour certains composants stratégiques, notamment les cellules et modules photovoltaïques ainsi que plusieurs intrants des filières batteries et électriques. 

Elle demeure également vulnérable pour l’approvisionnement en minerais critiques — lithium, cobalt, nickel et terres rares — indispensables au développement des véhicules électriques et du stockage. La maîtrise de ces chaînes d’approvisionnement constitue donc à la fois un enjeu de décarbonation et de souveraineté industrielle. 

Capacités au 31 mars 2026: 

☀️ Solaire : 150,26 GW 

🌬️ Éolien : 56,09 GW 

              💧 Hydroélectricité : 51,41 GW 

⚛️ Nucléaire : 8,78 GW 

Le nucléaire, un pari stratégique  

Le nucléaire joue encore un rôle limité dans le système électrique indien. La capacité nucléaire actuellement en exploitation est d’environ 8,8 GW

Mais sa place pourrait fortement augmenter. 

Le gouvernement a annoncé une Nuclear Energy Mission visant une capacité nucléaire de 100 GW en 2047. La capacité devrait d’abord atteindre environ 22 GW en 2031-2032 grâce aux projets déjà engagés. Le gouvernement prévoit ensuite une accélération massive des investissements, avec notamment le développement de réacteurs indigènes et de petits réacteurs modulaires. 

Cette ambition doit toutefois être interprétée comme un objectif stratégique de long terme, et non comme une trajectoire déjà acquise. Passer de moins de 9 GW à 100 GW représente un changement d’échelle industriel considérable. 

Le nucléaire est considéré par New Delhi comme une source d’électricité bas carbone, pilotable et disponible en continu, capable de compléter les renouvelables et de réduire à terme la dépendance aux combustibles fossiles. 

L’Inde entend accélérer le développement de son parc nucléaire en s’appuyant à la fois sur ses capacités nationales et sur des coopérations internationales (Russie, France, Etats-Unis).  

    Les transports : électrification, biocarburants et hydrogène 

    Le secteur des transports constitue un autre domaine où la demande d’énergie devrait fortement augmenter avec l’urbanisation et la hausse des revenus. 

    L’Inde mise sur plusieurs solutions simultanément : véhicules électriques, transports collectifs, électrification du rail, biocarburants et hydrogène. 

    Selon les estimations, l’Inde dispose aujourd’hui d’un parc d’environ 55 millions de véhicules particuliers à quatre roues. Bien que le marché des véhicules électriques progresse rapidement, ceux-ci ne représentent encore qu’une faible part du parc total, de l’ordre de 1 % environ. En revanche, sur les ventes récentes, la pénétration des voitures électriques a fortement augmenté pour atteindre environ 4,3 % des nouvelles immatriculations en 2025, ce qui montre une accélération de l’adoption de cette technologie.  

    Le gouvernement soutient la production nationale de batteries, les infrastructures de recharge et la fabrication de véhicules électriques. 

    Les biocarburants occupent également une place importante, notamment avec l’augmentation de l’incorporation d’éthanol dans l’essence. 

    L’hydrogène vert est enfin considéré comme une technologie potentiellement importante pour les secteurs difficiles à électrifier, notamment certaines applications industrielles et les transports lourds. 

    La logique est la même que dans le secteur électrique : réduire la dépendance aux importations d’hydrocarbures tout en accompagnant l’augmentation de la mobilité

    Le reporting ESG devient progressivement un levier de transformation des entreprises 

    L’Inde a fortement renforcé son cadre de reporting extra-financier avec le dispositif Business Responsibility and Sustainability Reporting (BRSR)

    Depuis l’exercice 2022-2023, les 1 000 principales entreprises cotées selon leur capitalisation boursière doivent produire un BRSR. Le dispositif couvre notamment les questions environnementales, sociales et de gouvernance, avec des indicateurs portant sur les émissions, l’énergie, l’eau, les déchets et d’autres dimensions de la durabilité. 

    Le BRSR Core, destiné à renforcer la fiabilité de certains indicateurs ESG, fait l’objet d’une mise en œuvre progressive. L’obligation d’assurance raisonnable concerne les 150 premières sociétés pour 2023-2024, puis 250, 500 et enfin les 1 000 premières entreprises en 2026-2027. 

    Cette évolution rapproche progressivement le marché indien des pratiques internationales de mesure et de vérification des performances environnementales. 

    Elle peut également favoriser la diffusion des politiques de décarbonation au-delà du secteur énergétique, dans les grandes entreprises industrielles et leurs chaînes d’approvisionnement. 

    Une ambition encore insuffisante : quelle pression internationale ? 

    L’Inde a incontestablement engagé une transformation profonde de son système énergétique. Le développement spectaculaire du solaire, la progression de l’éolien, l’électrification, les investissements dans les réseaux et le stockage témoignent d’une véritable accélération de la transition. Mais ces progrès ne doivent pas masquer une réalité essentielle : les émissions indiennes restent très élevées et le charbon demeure au cœur du système énergétique.  

    L’objectif de neutralité carbone en 2070 apparaît dès lors trop tardif. Plus encore que la date finale, c’est l’absence d’une trajectoire suffisamment précise de réduction des émissions et de sortie des combustibles fossiles qui pose problème. La nouvelle CDN 2031-2035 constitue un progrès, mais elle permet encore une croissance des émissions. 

    La question est donc de savoir comment agir auprès de l’Inde pour accélérer sa décarbonation sans compromettre son développement. 

    La communauté internationale dispose de plusieurs leviers. Elle peut exercer une pression diplomatique accrue pour obtenir des objectifs intermédiaires plus ambitieux ; conditionner une partie des financements climatiques à des résultats mesurables ; faciliter l’accès aux technologies bas carbone ; utiliser les politiques commerciales pour favoriser les productions décarbonées ; et surtout financer la reconversion des régions et des travailleurs dépendants du charbon. 

    L’Inde dispose pourtant d’un atout majeur : elle peut encore éviter une partie du « détour fossile » suivi par les économies aujourd’hui développées. L’Inde électrifie rapidement son économie et développe massivement le solaire, sans reproduire entièrement la trajectoire suivie par la Chine au même stade de son développement. Le « raccourci électrique » est donc possible

    C’est précisément pourquoi l’ambition doit être relevée. Si l’Inde parvient à satisfaire une part croissante de sa nouvelle demande énergétique grâce à une électricité décarbonée, elle peut transformer la contrainte climatique en avantage économique et géopolitique. 

    Ces leviers pourraient faire l’objet d’un pacte climatique avec l’Inde : un soutien accru en échange d’une trajectoire de réduction des émissions absolues, d’un calendrier de sortie du charbon et d’un objectif de neutralité carbone avancé. C’est précisément le sens du Call for Action porté par les Ateliers du Futur dans leur Quarterly Climate Review : appeler les dirigeants politiques à relever leurs ambitions, à renforcer leurs engagements et à accélérer la mobilisation des moyens nécessaires. 

    L’objectif n’est plus seulement de promettre la neutralité carbone, mais de l’atteindre le plus rapidement possible.  

    Principales sources :  

    1. UNFCCC – India NDC 2031–2035/2070 : objectifs climatiques officiels. 
    1. Government of India / PMO / PIB : politique énergétique et climatique indienne. 
    1. IEA – India : données énergétiques et électriques. 
    1. IEA – Global Energy Review 2026 : données récentes sur le mix électrique. 
    1. Ministry of Coal : production et consommation de charbon. 
    1. Climate Action Tracker : évaluation critique de la trajectoire indienne. 
    1. SEBI : réglementation BRSR et BRSR Core. 
    1. IMF / World Bank : données économiques et démographiques. 
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    « Rewire Britain » (Refonder le Royaume-Uni) – Andy Burnham : What Else ?

    Ce lundi 20 juillet, Andy Burnham est devenu le 59e Premier ministre britannique et le septième Premier ministre en dix ans.

    Après Starmer, Burnham : vers une nouvelle phase de la transition climatique britannique ?

    Le Royaume-Uni ouvre un nouveau chapitre de sa transition climatique. Après la nomination d’Andy Burnham à Downing Street par le roi Charles III, une question s’impose : la politique climatique britannique va-t-elle changer de cap, ou assisterons-nous plutôt à une évolution de sa mise en œuvre ?

    Les premiers signaux envoyés par le nouveau Premier ministre invitent davantage à la seconde hypothèse. Les objectifs fondamentaux demeurent inchangés. Le Royaume-Uni reste juridiquement engagé vers la neutralité carbone à l’horizon 2050, conformément au Climate Change Act et aux budgets carbone successifs. En revanche, l’expérience acquise par Andy Burnham à la tête du Grand Manchester laisse penser que la transition pourrait désormais être conduite autrement : plus près des territoires, davantage articulée avec la politique industrielle et plus attentive aux conséquences sociales de la décarbonation.

    Cette distinction entre objectifs et méthode est essentielle. Depuis près de vingt ans, le Royaume-Uni bénéficie d’un consensus politique relativement solide sur la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre. La véritable interrogation porte aujourd’hui sur la manière d’accélérer cette transition sans fragiliser la compétitivité économique, la cohésion sociale ou la sécurité énergétique.

    Un passage de relais pour restaurer la confiance

    Après deux années à Downing Street, ponctuées de polémiques, Keir Starmer quitte ses fonctions dans un contexte politique devenu difficile. Élu sur la promesse de restaurer la stabilité après les années de turbulences conservatrices, il est parvenu à rétablir une certaine crédibilité institutionnelle, mais sans répondre aux attentes d’une partie de l’électorat sur le pouvoir d’achat, la croissance économique et l’état des services publics. Sa popularité s’est progressivement érodée, tandis que plusieurs députés travaillistes plaidaient pour un leadership capable d’incarner une nouvelle dynamique avant les prochaines échéances électorales (2029). Dans ce contexte, Andy Burnham s’est imposé comme une alternative crédible. Ancien ministre, mais surtout maire du Grand Manchester depuis 2017, il bénéficie d’une solide réputation de gestionnaire et d’un ancrage territorial rare au sein de la classe politique britannique. Son expérience des politiques de transport, de logement, de développement économique et de transition énergétique lui confère un profil différent de celui de ses prédécesseurs. Son arrivée à Downing Street ne traduit donc pas une rupture idéologique avec la ligne travailliste, mais la volonté de donner une nouvelle impulsion à un gouvernement confronté à la mise en œuvre des réformes plus qu’à leur définition.

    Le Royaume-Uni, l’un des champions climatiques des économies développées

    Il est difficile de comprendre les défis climatiques auxquels est confronté Andy Burnham sans mesurer le chemin déjà parcouru.

    Le Royaume-Uni est aujourd’hui considéré comme l’un des pays développés ayant obtenu les résultats les plus significatifs en matière de décarbonation. Depuis 1990, ses émissions de gaz à effet de serre ont diminué de plus de moitié, tandis que son produit intérieur brut a continué de progresser. Peu de grandes économies peuvent revendiquer un découplage aussi marqué entre croissance économique et émissions.

    Cette performance s’inscrit dans une trajectoire climatique particulièrement ambitieuse. Au-delà de son objectif de neutralité carbone en 2050, le Royaume-Uni s’est engagé, dans sa Contribution déterminée au niveau national (NDC) déposée au titre de l’Accord de Paris, à réduire ses émissions de 81 % d’ici à 2035 par rapport à leur niveau de 1990. Cet engagement, parmi les plus ambitieux des grandes économies industrialisées, prolonge le cadre instauré par le Climate Change Act de 2008 et les budgets carbone quinquennaux, qui imposent à chaque gouvernement de maintenir le pays sur une trajectoire compatible avec cet objectif de long terme.

    Source : Climate Action Tracker

    Cette réussite repose d’abord sur une transformation spectaculaire du système électrique. Au début des années 1990, le charbon constituait encore le pilier de la production d’électricité britannique. Trente ans plus tard, il a pratiquement disparu. Dans le même temps, le Royaume-Uni est devenu le premier marché européen de l’éolien en mer, avec plus de seize gigawatts de capacité installée et un portefeuille de projets parmi les plus importants au monde. Les énergies renouvelables hors nucléaire ont représenté 52,5 % de la production d’électricité du Royaume-Uni en 2025, un niveau record et la deuxième année consécutive au-dessus de 50 % ?

    Parmi les autres réussites :

    • Adoption accélérée des véhicules électriques : en 2025, les véhicules 100 % électriques représentaient 23,4 % des ventes de voitures neuves au Royaume-Uni, contre 17,4 % en moyenne dans l’Union européenne.
    • Décarbonation du chauffage des bâtiments : le gouvernement soutient le déploiement des pompes à chaleur et la rénovation énergétique des logements à travers le Warm Homes Plan, doté de 13,2 milliards de livres sterling d’ici 2030.

    Cette évolution n’est pas le fruit du hasard. Le Climate Change Act a instauré un cadre juridique d’une remarquable stabilité, fondé sur des objectifs contraignants et sur les recommandations indépendantes du Climate Change Committee (CCC). Cette gouvernance de long terme a permis de donner de la visibilité aux investisseurs, de soutenir l’innovation industrielle et de créer un large consensus politique autour des objectifs de décarbonation.

    Mais les progrès les plus rapides ont probablement déjà été réalisés. Les réductions d’émissions obtenues grâce à la disparition du charbon ont constitué une première étape décisive. Les prochaines seront plus difficiles, car elles concerneront des secteurs où les solutions sont plus coûteuses, les investissements plus importants et les changements de comportement beaucoup plus déterminants.

    Une deuxième phase beaucoup plus complexe

    La fermeture progressive des centrales à charbon a permis d’obtenir des réductions massives d’émissions dans un secteur où les solutions technologiques étaient déjà disponibles. La prochaine étape sera d’une nature différente.

    Les émissions restantes proviennent principalement des transports, du chauffage des bâtiments, de l’industrie et, dans une moindre mesure, de l’agriculture. Dans chacun de ces domaines, les technologies existent, mais leur déploiement suppose des investissements considérables, des adaptations réglementaires et, surtout, une adhésion durable des citoyens.

    Près de dix-sept millions de logements britanniques sont encore chauffés au gaz naturel. Les transports représentent environ un quart des émissions nationales, tandis que les secteurs industriels les plus émetteurs doivent poursuivre leur transformation dans un contexte de concurrence internationale accrue.

    Cette nouvelle phase de la transition ne repose plus uniquement sur le développement des énergies renouvelables. Elle implique également le renforcement des réseaux électriques, le développement des capacités de stockage, l’accélération des infrastructures de recharge pour les véhicules électriques ainsi que la modernisation des moyens pilotables de production, notamment le nucléaire.

    Les grands projets de centrales nucléaires de type EPR, comme Hinkley Point C ou Sizewell C, continueront ainsi de jouer un rôle important dans la stratégie énergétique britannique. La réussite de la transition dépendra moins d’une technologie particulière que de la capacité à articuler l’ensemble du système énergétique autour d’un objectif commun : produire une électricité abondante, décarbonée, compétitive et disponible en permanence.

    Le gouvernement devra également poursuivre le développement de nouvelles filières industrielles telles que l’hydrogène bas carbone, le captage et stockage du carbone (CCS) et les réseaux intelligents, autant de secteurs dans lesquels le Royaume-Uni ambitionne de conserver une position de premier plan.

    La transition entre ainsi dans une nouvelle phase. Elle devient moins exclusivement énergétique et davantage économique, industrielle, territoriale et sociale.

    C’est précisément sur ce terrain que le parcours d’Andy Burnham pourrait constituer un atout.

    Manchester, laboratoire d’une nouvelle approche

    L’intérêt de la nomination d’Andy Burnham réside moins dans son appartenance au Parti travailliste que dans son parcours. Contrairement à la plupart des Premiers ministres britanniques, il arrive à Downing Street après avoir exercé pendant plusieurs années des responsabilités exécutives à l’échelle d’un territoire.

    À la tête du Grand Manchester depuis 2017, il a piloté le développement d’une métropole de près de trois millions d’habitants confrontée à des enjeux très concrets : mobilité, logement, qualité de l’air, développement économique et attractivité industrielle. Cette expérience a profondément façonné sa vision de la transition climatique.

    Manchester s’est fixé un objectif de neutralité carbone dès 2038, soit douze ans avant l’échéance nationale. Mais, plus encore que cette ambition, c’est la méthode retenue qui mérite l’attention.

    La politique climatique locale n’a jamais été présentée comme une simple politique environnementale. Elle a été intégrée à une stratégie plus large de développement territorial. Les investissements dans les transports publics répondaient autant aux objectifs climatiques qu’à la lutte contre la congestion. Les programmes de rénovation énergétique visaient simultanément la réduction des émissions, la baisse des factures et l’amélioration du confort des logements. Les projets industriels étaient pensés comme des leviers de création d’emplois autant que de décarbonation.

    Le développement du Bee Network, destiné à intégrer bus, tramways et mobilités actives au sein d’un réseau unique, illustre cette approche. L’objectif n’était pas seulement de réduire les émissions des transports, mais également d’offrir un service plus simple, plus fiable et plus attractif pour les usagers.

    Cette manière d’aborder la transition pourrait inspirer l’action du nouveau gouvernement. Elle repose sur une idée simple : une politique climatique est d’autant plus acceptée qu’elle améliore concrètement la vie quotidienne des citoyens.

    Les résultats obtenus à Manchester restent naturellement d’une autre échelle que ceux attendus d’un gouvernement national. Ils montrent néanmoins qu’une transition territorialisée peut produire des résultats significatifs tout en associant davantage les collectivités locales, les entreprises et les habitants.

    Parmi les premières orientations annoncées par Andy Burnham figure la création de No. 10 North, un second pôle gouvernemental à Manchester destiné à rapprocher le pouvoir exécutif des territoires. Si le projet reste à mettre en œuvre, il illustre déjà la philosophie politique du nouveau Premier ministre : faire de la dévolution et de l’ancrage territorial les moteurs de la réindustrialisation et de la transition énergétique. 

    Depuis plusieurs années, Andy Burnham défend une conception de la transition énergétique fondée sur ce que les organisations internationales qualifient de « transition juste ».

    Le principe est désormais bien connu : la lutte contre le changement climatique ne peut être durable que si ses bénéfices sont largement partagés et si ses coûts ne pèsent pas de manière disproportionnée sur certains territoires ou certaines catégories sociales.

    Cette approche prend une résonance particulière au Royaume-Uni. Les profondes mutations industrielles des années 1980 ont laissé dans plusieurs régions un souvenir durable de désindustrialisation et de fractures territoriales. Toute politique climatique qui donnerait le sentiment de reproduire ces déséquilibres se heurterait rapidement à une forte opposition.

    À plusieurs reprises, Burnham a insisté sur la nécessité de faire de la transition énergétique un projet d’amélioration du niveau de vie plutôt qu’un catalogue de contraintes. Rénover un logement pour diminuer les factures, développer des transports publics performants, attirer de nouvelles activités industrielles ou améliorer la qualité de l’air constituent autant de bénéfices directement perceptibles par les citoyens.

    Cette philosophie pourrait conduire le gouvernement à renforcer les programmes de rénovation énergétique, à accélérer les investissements dans les transports collectifs et à soutenir plus activement les régions historiquement dépendantes des industries fossiles ou fortement exposées aux mutations industrielles.

    L’enjeu dépasse la seule politique climatique. Il s’agit également de renforcer la cohésion territoriale et de démontrer que la transition peut devenir un moteur de développement économique.

    Les premiers défis

    Les premières semaines du nouveau gouvernement permettront de mesurer la traduction concrète de ses ambitions climatiques et industrielles. Deux dossiers seront particulièrement révélateurs : le rôle que jouera Great British Energy et les choix qui seront opérés concernant l’avenir énergétique de la mer du Nord.

    Créée en 2024 pour mobiliser des capitaux publics et privés au service des infrastructures bas carbone, Great British Energy est appelée à devenir l’un des principaux instruments de la transition énergétique britannique. Son succès dépendra toutefois des ressources financières qui lui seront accordées, de sa capacité à attirer les investisseurs privés et de son aptitude à accélérer le déploiement des énergies renouvelables, des réseaux électriques et des capacités de stockage. Plus largement, elle pourrait symboliser une évolution de la politique climatique du Royaume-Uni, davantage orientée vers l’investissement, l’innovation et la réindustrialisation verte.

    Dans le même temps, le gouvernement devra trancher l’épineuse question de la mer du Nord. Alors que le pétrole et le gaz demeurent essentiels à l’approvisionnement énergétique du pays, les objectifs climatiques imposent une réduction progressive de cette dépendance. L’exécutif devra concilier plusieurs impératifs parfois difficiles à réconcilier : sécurité énergétique, compétitivité industrielle, préservation de l’emploi dans les territoires concernés et respect des engagements climatiques. La question de l’autorisation de nouveaux projets pétroliers ou gaziers constituera à cet égard un premier test de crédibilité (Projet Rosebank). Plus qu’un arbitrage entre croissance et environnement, Andy Burnham pourrait chercher à inscrire cette décision dans une stratégie plus large de transformation industrielle, visant à accompagner les régions concernées vers les nouvelles filières énergétiques plutôt qu’à imposer une rupture brutale.

    Si la réduction des émissions restera naturellement la priorité, le nouveau gouvernement devra également renforcer les politiques d’adaptation au changement climatique. Les vagues de chaleur, les inondations et les épisodes de sécheresse exercent déjà une pression croissante sur les infrastructures, les bâtiments et les services publics britanniques. La question de l’adaptation pourrait ainsi prendre une place plus importante dans les prochaines stratégies climatiques nationales.

    Cap sur la rentrée

    À peine installé au 10 Downing Street, Andy Burnham a donné le ton. Dans son premier discours, il a placé le coût de la vie, le rétablissement de la confiance dans l’action publique et le renouveau économique au cœur de son projet, promettant un gouvernement davantage tourné vers les préoccupations concrètes des citoyens et des territoires. 

    Il semble illustrer une évolution déjà observée par plusieurs analystes britanniques : le terme « Net Zero » est devenu plus difficile à porter politiquement. Sans remettre en cause les objectifs climatiques, le nouveau gouvernement pourrait privilégier un discours centré sur l’économie verte, les emplois, la baisse des factures d’énergie et la croissance plutôt que sur les seules réductions d’émissions.

    Cette volonté s’est immédiatement traduite par une première mesure symbolique : la suppression de la TVA sur les factures d’électricité des ménages à compter du 1er octobre. Présentée comme une réponse directe aux difficultés du quotidien, cette décision devrait permettre de réduire les factures énergétiques et d’offrir un premier signal en faveur du pouvoir d’achat. 

    Mais l’essentiel reste à venir. Les prochains jours seront consacrés à la finalisation de l’équipe gouvernementale et à la définition des grandes priorités de l’exécutif. Au-delà des premières annonces, les observateurs attendent désormais les arbitrages qui permettront de mesurer la cohérence entre les ambitions affichées et les moyens mobilisés. 

    Le premier rendez-vous politique majeur devrait intervenir à la rentrée parlementaire. Andy Burnham est attendu devant la Chambre des communes en septembre pour exposer la feuille de route de son gouvernement et préciser sa stratégie en matière de croissance, de transition énergétique, de réindustrialisation et de cohésion territoriale. C’est à cette occasion que pourra véritablement s’apprécier la portée du changement annoncé au sommet de l’État britannique.

    À ce stade, tout porte à croire qu’Andy Burnham s’inscrira dans la continuité des efforts de décarbonation engagés par le Royaume-Uni depuis près de deux décennies. Si cette ambition se traduit par des politiques cohérentes et des investissements à la hauteur des enjeux, l’expérience britannique pourrait constituer une source d’inspiration pour de nombreux pays européens confrontés au même défi de concilier transition climatique, compétitivité économique et cohésion territoriale.

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    La Lune nous offre la Connaissance

    La Lune nous offre la Connaissance

    La Nouvelle Lune aura lieu le 6 Juin 2024 à 12h39 en temps universel, 14 h 39 à Paris, 8h39 à Montréal, 20 h 39 à Hong Kong.

    Bonjour à toutes et à tous,

    Un immense amas d’énergie se concentre dans le signe d’Air des Gémeaux.
    Le 3 juin, notre vision terrestre, aidée par la technique, a pu voir apparaître dans le ciel un magnifique alignement de 6 planètes : Jupiter, Mercure, Uranus, Mars, Neptune, Saturne, traçaient une ligne droite dans le ciel.

    Une intense nouvelle lunaison nous attend, veillons nous aussi à travailler l’alignement. Le ciel nous offre une triple conjonction, le Soleil, la Lune et Vénus,
    à 16° Gémeaux. Une triple conjonction surpuissante, car dans le même degré, qui nous appelle à partager en communion dans une indescriptible joie de vivre communicative. Avec, de surcroit, une autre délicate attention céleste tout aussi enjouée, nourrie par une deuxième conjonction entre Mercure et Jupiter toujours en Gémeaux. 

    Le ciel aurait-il oublié que de terribles conflits ont cours en ce moment
    et que la moindre tension supplémentaire pourrait provoquer un embrasement dévastateur ?! 

    Ou bien, tenterait-il de nous rappeler que la vie peut être si douce et agréable quand nous voulons bien nous entendre et nous exprimer avec bienveillance ?! 

    Le signe des Gémeaux a la réputation d’aimer les jeux et la variété des plaisirs, avide d’informations diverses et variées et doué pour la communication. Ceci vaut pour la représentation exotérique de ce signe d’Air. Mercure en est le Maître.

    Les Gémeaux d’un point de vue ésotérique est un signe qui porte une profonde dimension spirituelle qui nous met en quête d’une véritable connaissance. Vénus en est le Maître ésotérique. Sa trajectoire dans notre ciel, dessine une étoile a cinq branches parfaite.

    Le troisième travail d'Hercule symbolise le troisième signe, les Gémeaux.

    Héra reçut en cadeau de mariage des Pommes d’Or qui symbolisent les fruits de la connaissance dont elle confia la garde à trois Nymphes qui habitaient le merveilleux jardin des Hespérides. De nombreux auteurs ont localisé ce lieu mythique dans les montagnes de l’Atlas au Maroc actuel. Hesper signifie Ouest, en réalité le jardin se situait bien au delà vers le cœur de l’Océan atlantique, siège de la très ancienne civilisation atlantéenne. 

    Le troisième travail d’Hercule intitulé : La cueillette des Pommes d’Or du jardin des Hespérides.

    Quand Eurysthée donna les instructions à Hercule afin qu’il accomplisse son troisième travail dans sa quête initiatique, d’un air énigmatique il lui confia ces paroles : « La première pointe de l’étoile t’indiquera le chemin , va et cherche le Jardin des Hespérides et ramène les Pommes d’Or de la “grande Connaissance”. Les Gémeaux sont en lien avec le système nerveux et la respiration. 

    • Dans un grand état d’excitation, Hercule entendit à peine les sages conseils de son instructeur et se lança dans un long périple à travers toute l’Europe. Le signe des Gémeaux aime jouer, ce que Hercule prit comme un simple jeu de piste, pouvait s’avérer une quête sans fin, déjà fatigué et désabusé, par de multiples pistes qui menaient à autant d’impasses, il rencontra Nerée le sage qui lui dit de cesser de courir en tous sens, mais de chercher l’objet de sa quête en lui-même. Il n’accorda aucun crédit à celui qu’il voyait comme un vieillard sénile aux facultés déclinantes. Cependant, il fut surpris par l’étoile à cinq branches que dessina Nérée dans la poussière du sol de son bâton noueux qu’il planta au sommet de l’étoile. Le pentagramme aux cinq pointes est le symbole de la Connaissance. Nérée, le sage, lui envoyait le message suivant : “Cinq rencontres successives allaient se présenter à lui”. La première avait déjà lieu par la présence de Nérée lui-même. Mais Hercule n’en saisit pas l’intérêt. Il repartit dans sa recherche avec la même impatience.

    • La deuxième rencontre fut avec Antée, le serpent, celui qui rampe dans la poussière et qui est incapable de produire une vision haute. Antée symbolise notre mental inférieur. Le combat fut très difficile pour Hercule, il n’arrivait pas à prendre le dessus, et il dut se résoudre à éviter l’affrontement. La seconde leçon est de saisir qu’il est inutile de perdre son temps dans les espaces où seule règne la puissance de la raison.

    • La troisième rencontre fut avec Busiris qui avait pour habitude de prendre conseil auprès des devins. Cet ancien Roi d’Égypte dans son habit d’apparat avait du charisme et il charma Hercule par des paroles habiles qui lui firent croire qu’il était porteur de tous les secrets menant à la Connaissance. Notre héros fut comme enchaîné à cet enseignement sans envergure toute une année. Il lui fallut douze lunaisons pour enfin se rappeler les sages paroles de Nérée. 

    “Cherche en toi-même“. Il s’échappa du palais de l’illusion, amer et déçu d’avoir perdu tant de temps. Perdu dans les méandres de sa pensée non encore maîtrisée, Hercule errait sans direction  terriblement affligé par les dégâts produits par l’enseignement de Busiris. C’est alors qu’il entendit dans le lointain de terribles râles de souffrance. 

    • La Quatrième rencontre allait se produire. Prométhée étroitement enchaîné sur une pointe rocheuse escarpée, se faisait dévorer le foie par sept vautours. Hercule s’empressa de libérer celui qui fut condamné par les Dieux de l’Olympe pour avoir dérobé le Feu sacré de la création sans posséder la conscience que procure un véritable enseignement. Les vautours symbolisent nos passions qui produisent des états émotionnels incompatibles au développement de l’Âme. Avec le sentiment d’avoir enfin agi avec Amour, Hercule se sentait mieux, une sérénité commençait à s’installer. Il était prêt pour la cinquième rencontre. Atlas, du mieux qu’il pouvait, portait toute la souffrance du monde sur son épaule meurtrie. Avant de se précipiter vers le géant pour le soulager de son fardeau, il observa la situation dans le plus grand des calmes. Son système nerveux était enfin sous le contrôle de sa conscience. Respirant profondément, il régula sa respiration et l’inspiration lui vint. Il ne prit pas la place d’Atlas pour à son tour succomber à la souffrance, mais il le prit à bras-le-corps pour l’élever vers la Lumière. C’est ainsi qu’il libéra Atlas.

    Il est clairement signifié que si nous voulons venir en aide aux personnes en grande souffrance, il est inutile de se mettre soi-même dans la même situation de souffrance. L’étoile à cinq branches, le pentagramme de la Connaissance, était accomplie. Sans qu’il eut à parcourir la moindre distance, Aeglé, Erythie et Hespérie, les trois nymphes du jardin des Hespérides lui apparurent rayonnantes d’un Amour désintéressé. Elles tenaient dans leurs mains ouvertes les Pommes d’Or contenant les secrets de la Connaissance. Cela fut offert gracieusement à Hercule. Il s’agenouilla et rendit grâce avec humilité, une nouvelle vie allait commencer.

    L'élément majeur de cette Nouvelle Lune est la triple conjonction Soleil-Lune-Vénus.

    Vénus dessine dans notre ciel une étoile à cinq branches depuis la nuit des temps. C’est un principe équilibrant qui porte l’harmonie et l’esthétisme, nourris par un Amour Divin inconditionnel. Un carré entre Vénus en Gémeaux et Saturne en Poissons dénote que nous avons à travailler cette ouverture du Cœur et qu’il faut combattre tout à fait pacifiquement afin qu’elle devienne réalité. Pluton rétrograde en Verseau est en trigone avec Mercure et Jupiter en Verseau. Deux signes d’Air sont ainsi liés pour nous appeler à nous parler et surtout à nous entendre dans nos différences. 

    Le 9 juin Mars va quitter le Bélier pour entrer en Taureau. Uranus est également en Taureau. Mars et Uranus dans le même signe est comme rentrer dans une poudrière avec une torche allumée à la main. Quand les pensées bellicistes dominent  cela représente un danger d’embrasement général. Mars sera en Taureau jusqu’au 20 Juillet. Nous allons traverser une période chaude de quelques semaines où le pire est à craindre, mais restons en confiance, notre force d’Amour est à l’oeuvre.

    Fédérerons-nous avec enthousiasme et ferveur pour que l'Esprit de la grande Paix s'impose.

    Participons à toutes les manifestations pacifiques qui pourront ouvrir des dialogues. Jupiter, porteur de ce qui est juste, vient entrer en Gémeaux le signe de la communication. Voici un appel à parler juste et avec bienveillance afin de  cesser tous conflits.

    À toutes celles et ceux qui, au beau milieu de l’Océan de l’Ouest, trouveront quelques parcelles de l’antique sagesse antlantéenne, je vous souhaite de recevoir de fructueux enseignements ou la bienveillance et l’expression d’un pur Amour viendront envahir votre Cœur de Paix. 

    Gardez la lumière

    Philippe

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    La Pleine Lune de Sagesse

    La Pleine Lune de Sagesse

    La Pleine Lune aura lieu le 23 Mai 2024 à 13h53 en temps universel, 15h53 à Paris, 9h53 à Montréal, 21h53 à Hong Kong.

    Bonjour à toutes et à tous,
    ce jour, un milliard de bouddhistes, si nous incluons la Chine vont fêter le Wessak qui célèbre, la naissance, l’Illumination et la mort de Bouddha, grand symbole de Sagesse et de Compassion.

    Le Soleil est à 2°55 en Gémeaux, la Lune diamétralement opposée à 2°55 en Sagittaire en Astrologie tropicale, ce que je prends comme référence.

    Traditionnellement le Wessak est fêté quand la Lune est pleine dans le signe du Scorpion. Rappelons-nous qu’en Orient l’astrologie retenue est sidérale et non tropicale. Elle ne tient pas compte de la précession des équinoxes, elle utilise la position des étoiles et non celle du Soleil dans notre ciel. Si nous calculons la position de La Lune selon l’astrologie sidérale, elle est en Scorpion. Nous nous retrouvons donc à être bien d’accord pour célébrer le Bouddha quand la Lune est en Scorpion. Soyons en communion totale pour célébrer ce grand moment céleste. Astrologie sidérale ou tropicale ? Je reviendrai plus tard sur cette question, car la grande préoccupation du moment présent, celle de la Paix est bien plus importante à considérer. 

    La signature énergétique de ce ciel de Pleine Lune nous appelle une fois de plus à exprimer dans nos cœurs une pleine harmonie de Paix. 

    L’hexagramme, l’étoile à six branches appelée le sceau de Salomon est la marque de la Paix. De la grande Paix intérieure afin qu’elle puisse ensuite s’afficher dans le monde. 

    Une étoile à six branches incomplète s’installe dans notre ciel. Pourquoi incomplète, car il manque une pointe pour la constituer, ce qui marque un grand vide cosmique qui va tenter de nous aspirer.

    Visionnons ce ciel, ce qui demande un peu de concentration car ce qui y est exprimé est subtil : La Lune conjointe à Pallas (la Sagesse) est sextile à Pluton, sextile à Neptune, sextile à Jupiter-Vénus conjoints au Soleil sextile à une zone céleste qui va du 25ème degré Cancer au 3ème degré du Lion, zone elle même sextile à Lilith moyenne(la Mémoire karmique), sextile a la Lune conjoints à Pallas.

    l faut six sextiles pour établir le Sceau de Salomon, le sceau de la Paix.

    Il n’y a pas d’objet céleste dans cette zone qui va de 25° Cancer à 3°Lion pour véritablement constituer l’étoile à six branches, cette étoile de Paix. Ce vide va créer une aspiration, nos cellules vont percevoir ce manque céleste et c’est un grand appel intérieur pour compléter l’énergie de Paix qui nous interpelle.

    Retenons la date suivante qui s’établit sur une semaine. Le Soleil passera sur la zone où il manque une pointe pour enfin rendre effective cette énergie de Paix dans nos cœurs, du 18 au 26 Juillet.

    Le 26 juillet marque le début des jeux olympiques. Espérons que ces jeux soient véritablement l’expression de la Paix entre les nations plutôt que des jeux du cirque mis en place pour nous faire oublier toutes les horreurs en cours sur notre planète.

    Le Sceau de Salomon n’est pas encore totalement constitué, en effet la Paix ne règne toujours pas sur notre planète…

     

    ...mais l'espoir de voir ce prodige s'accomplir n'est pas vain, il reste à combler un vide pour obtenir ce Plein d'Amour dont nous avons tous besoin.

    Le Soleil est dans le signe double des Gémeaux, des jumeaux. Cette constellation comporte deux étoiles majeures, Castor et Pollux.

    Dans la mythologie, Castor et Pollux étaient deux frères jumeaux inséparables. Ils étaient de toutes les aventures, de la chasse au sanglier de Calydon à la quête de la toison d’Or. Les natives et natifs de ce signe aiment en effet la diversité dans leurs expériences de vie.

    Léda était leur mère, épouse du roi Tyndare, qui fut mystifiée par Zeus qui transformé en cygne la féconda. La même nuit elle connut les joies de l’amour avec son mari Tyndare qui la féconda une seconde fois. Les enfants qui naquirent de cette double union furent issus de deux œufs distincts.

    Castor eut pour père Tyndare, un humain, et Pollux Zeus, un Dieu.
    Castor était mortel, Pollux immortel. Ces deux frères inséparables symbolisent notre double nature.

    Dans le mythe, le Féminin n’est pas omis, car Castor eut pour sœur jumelle Clytemnestre, et Pollux eut Hélène.

    Castor est notre moi incarné dans la matière et Pollux est notre Âme de nature divine portant l’immortalité.

    Dans leurs aventures périlleuses, Castor fut blessé à mort. Pollux inconsolable, alla supplier Zeus  d’accepter Castor dans l’Olympe, la demeure des Dieux. Zeus dit à Pollux, ce que tu me demandes est impossible. Cependant, devant l’immense détresse de Pollux perdant tous contacts avec son frère tant aimé, Le Dieu suprême, le grand patron de l’Olympe, concéda que les deux frères pourraient continuer leurs aventures communes en vivant alternativement sur terre, chez Hadès et dans les hautes cimes de l’Olympe.

    Castor, c’est nous, dans notre nature terrestre, venus travailler dans la matière. Pollux, c’est toujours nous, en tant qu’Âmes tournées vers la Lumière divine symbolisée par l’Olympe. Le Mythe nous signifie clairement l’alternance de nos incarnations nous rappelant que le principe divin jamais ne nous abandonne. Le lien d’Amour qui unit l’Âme et l’être incarné, Pollux et Castor, ne peut être détruit. Ce qui nous fait espérer que Quelles que soient les  fautes commises dans nos existences, Hadès le dieu des enfers ne pourra nous tenir captifs pour l’éternité et ainsi, nous aurons toujours l’opportunité de retrouver Pollux qui symbolise la voie de l’Amour qui nous mène au Divin.

    À noter que dans la constellation des Gémeaux, L’étoile Castor perd de l’intensité lumineuse alors que l’étoile Pollux en gagne. Cela signifie-t-il que quand Castor se sera éteinte pour laisser place à une Pollux resplendissante, le cycle des réincarnations s’achèvera ? Espérons-le, cependant, mesurons l’espace temps qu’il reste à parcourir pour atteindre une telle félicité !

    Je reviendrai plus en détail lors de la prochaine Nouvelle Lune en Gémeaux du 6 juin prochain pour souligner le caractère sacré que revêt ce signe d’Air.

    N'oublions pas que de nombreuses Âmes vont célébrer la naissance, l'illumination et la mort de Bouddha qui symbolise au plus haut degré l'expression de la Sagesse.

    Le ciel ne l’a pas oublié. La Lune est en Sagittaire. Dans son neuvième travail, qui correspond au neuvième signe, le Sagittaire, Hercule fut confronté à ce que produit notre manque de sagesse.

    Au cours de nos incarnations successives, notre intelligence mentale s’est développée au point de produire de gigantesques édifices en omettant d’y inclure les hautes valeurs de l’Esprit.

    Ceci est symbolisé par les oiseaux du lac de Stymphale qui possèdent des eaux sombres polluées par une science produite sans conscience. Ces monstres hideux faits de métaux (lourds ?) semblaient indestructibles à Hercule. Athéna vient à son aide par l’intermédiaire de sa chouette qui par magie apporta au héros de gigantesques cymbales constituées de sept métaux sacrés pour produire une vibration telle que les funestes oiseaux disparurent dans l’instant. Comment ne pas voir une analogie entre Athéna et Bouddha tous deux porteurs d’une Sagesse suprême avec bien sûr un grand supplément d’Âme pour le Bouddha.

    N'entendez-vous pas, venant du lointain Orient, les Bols sacrés tibétains aux sept métaux nobles vibrer telles les cymbales qui sauvèrent Hercule qui allait se faire dévorer par les funestes oiseaux du lac de Stymphale ?

    Attention, soyons en vigilance, Mars est en Bélier conjoint au Nœud Nord en Carré avec Cérès la protectrice du Vivant, cette configuration énergétique ne va pas dans le sens de la Paix, nous sommes toujours en alerte rouge comme la planète du même nom.

    Je souhaite un merveilleux Wessak à toutes et à tous en pleine conscience de ce que nous devons accomplir entre les deux éclipses solaires du mois d’Avril et Octobre, instaurer la Paix.

    Je souhaite également un magnifique voyage vers la demeure des Dieux, pour toutes celles et ceux qui suivront l’étoile Pollux pour atteindre l’Olympe là où devraient avoir lieu les vrais jeux olympiques comme le nom veut bien nous l’indiquer.

    Gardez la lumière

    Philippe

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    La lune de la libération

    La Lune de la libération

    La Nouvelle Lune aura lieu le 8 Mai 2024 à 3 h 21 en temps universel, 5 h 21 à Paris, 11 h 21 à Hong Kong, le 7 Mai 23 h 21 à Montréal.

    Bonjour à toutes et à tous,

    Le Ciel nous appelle à nouveau à développer au plus profond de nous même un esprit de Paix. C’est le 8 Mai que nous commémorons la fin de la terrible 2ème guerre mondiale qui fit de 50 à 85 millions de morts.

    La grande conjonction Jupiter-Uranus en Taureau du 21 avril dernier avait eu comme précédent, je le rappelle pour celles et ceux qui suivent mes bulletins, le 8 Mai 1941. 4 années après, jour pour jour, le 8 Mai 1945 voyait l’arrêt total des hostilités.

    Nous pouvons considérer qu’une mémoire céleste comme la conjonction Jupiter-Uranus en Taureau est une empreinte énergétique qui annonce qu’un esprit de Paix va s’installer sur l’ensemble de notre planète dans les prochains temps à venir. Nous avons retenu cette date comme étant celle de la libération. Uranus est en effet la planète qui porte la Liberté.

    À partir du Mai 1945, le monde allait vivre différemment.
    Par une étonnante concordance des temps, la Nouvelle Lune a lieu le 8 Mai.

    Les autorités célestes tiennent à nous rappeler en produisant une Nouvelle Lune un 8 Mai, que nous pouvons conserver l’immense espoir de voir dans les temps futurs proches un esprit de liberté et de paix emplir nos cœurs.

    Nous devrons être vigilants en discernant comment ce nouveau pouvoir s’exercera. Si l’on retient les valeurs du Verseau qui favorise l’expression individuée, n’attendons pas l’arrivée d’un sauveur suprême qui prendra en charge tous nos problèmes, comptons plutôt sur notre créativité en agissant là où nous sommes. Ainsi se créerons de nombreux cercles de vie qui sauront se mettre en relation sans passer par un pouvoir central.

    Plus que jamais gardons la Lumière, en développant une force d’Amour qui ne pourra être endiguée.

    Un nouveau monde est en gestation

    Une quintuple conjonction en Taureau est à l’œuvre durant cette Nouvelle Lune.
    Vénus-Soleil-Lune-Uranus-Jupiter occupent l’espace que couvre le puissant signe de Terre du Taureau.

    C’est un signe fixe qui construit avec conviction en s ‘appuyant sur des réalités tangibles. De l’esprit de Paix qui envahit de nombreuses consciences, jaillira de très nombreuses questions et les réponses vont fuser nous offrant des solutions inédites et innovantes.

    Mars est en Bélier, en domicile, il y est en pleine puissance offrant de la conviction et du courage. Neptune également en Domicile en Poissons accompagné de Saturne pour construire une pensée spirituellement inspirée.

    En Taureau Vénus est en domicile et la Lune y est exaltée, ces deux principes qui se conjuguent positivement vont inspirer nos aptitudes à construire des projets de façon très intuitive portés par un superbe sextile de Cérès, la déesse de la moisson sise en Capricorne.

    Mercure n’est plus rétrograde, ce qui pouvait obscurcir nos pensées. La conjonction à Chiron qui symbolise l’Amour-Sagesse compensera largement nos déficits de communication.

    Vibratoirement tout semble aller pour le mieux, cependant Pluton vient de rentrer en rétrogradation et va se diriger à nouveau vers le Capricorne où il fera un bref séjour de Septembre à Novembre.

    Pendant cette rétrogradation, il est possible que le sombre pouvoir de l’Argent qui offre des puissances de nuisance à des dirigeants malveillants vienne nous servir des situations très difficiles à vivre.

    Tenir.
    Faire face.
    S’engager fermement sur le sentier de la Paix.

    L’envie de Liberté va s’imposer dans les cœurs et tout faire basculer.

    Il y a une quintuple puissante conjonction en Taureau qui symbolise un désir ardent. La force de notre créativité, la puissance de notre énergie de vie viennent de ce désir ardent qui jaillit de l’expression de notre sexualité.

    Comment maîtriser et transcender cette force de vie pour ne pas succomber aux bas instincts de notre nature animale ?

    Un héros grec, Hercule eut à affronter un splendide Taureau d’une grande majesté que Poséidon, le Maître des océans profonds, avait offert à Minos le roi de Crète pour qu’il sacrifie le puissant animal à sa gloire.

    Minos ne put se résoudre à tuer un animal d’une telle beauté pour le conserver comme suprême géniteur pour son propre troupeau. Il immola à la place le meilleur de ses Taureaux, pensant pouvoir tromper Poséidon.

    Le Dieu de la mer ne fut pas dupe et permit à son taureau sacré d’une blancheur immaculée de s’échapper.

    Hercule dans son deuxième travail sur le chemin de l’initiation, reçut l’injonction de capturer le Taureau de Crète pour le ramener à Poséidon.

    Quand Eurysthée, son instructeur, confia à Hercule la nature de l’épreuve, il lui livra de simples mots :

    Sois calme et observe avec une grande attention tout ce qui vient à toi avant de commencer toute action.

    Hercule se rendit en Crète où il rencontra Minos qui se plaignait d’avoir à affronter un grand fléau en la présence d’un puissant taureau qui ravageait toutes les cultures. Le héros se mit à parcourir l’île.

    Les champs dévastés attestaient de la présence de l’animal, mais Hercule ne pouvait discerner où il se trouvait. Après une énième longue expédition à travers le domaine de Minos, Hercule sentit la nécessité de marquer une pause. La nuit venait de se déposer, assis sur une roche élevée, subjugué par la beauté du ciel de Crète, il observait les étoiles qui resplendissaient dans le ciel dans le plus grand calme intérieur  comme lui avait conseillé Eurysthée. C’est alors qu’une des étoiles lui apparut, plus brillante que les autres, qui suivait une trajectoire improbable, car elle montait et descendait sur l’horizon sans suivre l’orbe régulier habituel des étoiles. Se laissant guidé par la Lumière de l’étoile, il découvrit le Puissant taureau qui paissait tranquillement dans la fraîcheur de la nuit. Le Taureau sacré qu’avait offert Poséidon possédait une étoile entre ses deux cornes à la place du troisième œil qui luisait comme un phare. Le signe du taureau est gouverné par Vénus qui, nous le savons, déteste la violence. C’est donc dans le plus grand calme qu’il approcha l’animal.

    Il “prit le Taureau par les cornes” et de son propre troisième œil il fixa la belle Lumière située entre les deux cornes. Immédiatement, le lien fut établi. Il l’enfourcha entre ses deux jambes, autrement formulé maîtrisa sa sexualité, pour le guider vers la mer et l’emmener vers l’île sacrée des Cyclopes, ceux qui possèdent le troisième Œil qui permet d’accéder à la connaissance du Divin.

    Le héros devient celui qui a su maîtriser la force animale.

    Le deuxième travail d’Hercule nous indique que pour atteindre les plus hautes sphères de la connaissance, il faut savoir maîtriser notre force de vie, la libido, afin de ne pas succomber au matérialisme que nous imposent nos bas instincts.

    Un autre héros grec, Thésée eut à affronter le Minotaure, le côté sombre du taureau. La nature de l’épreuve est différente de celle d’Hercule. Pour se venger de Minos qui tenta de le mystifier, Poséidon jeta un sort à Pasiphaé la femme de Minos qui tomba follement amoureuse du Taureau sacré. De cette étrange union naquît un monstre mi-humain mi-animal qui se nourrissait de chair humaine. Le Minotaure n’est donc pas le Taureau sacré, il symbolise les bas instincts de notre nature animale.

    Egée le roi d’Athènes avait une dette envers Minos. Il devait lui livrer tous les neufs ans sept jeunes adolescents et sept jeunes adolescentes que Minos donnait en pâture au monstre. Dédale un ingénieux architecte, avait construit un labyrinthe qui tenait le Minotaure en captivité.

    Ce labyrinthe symbolise le Minotaure, nos instincts les plus bas.

    Thésée, le fils d’Egée, un courageux jeune homme intrépide et doté d’une grande intelligence, décida d’être un de ceux qui seraient sacrifiés. Arrivé sur l’île de Crète, Ariane, la fille de Minos, tomba éperdument amoureuse de Thésée. Elle lui fournit un glaive d’Or forgé par Héphaïstos pouvant vaincre les adversaires les plus coriaces, et une bobine de fil que Thésée n’avait qu’à dérouler pour retrouver la sortie du labyrinthe. Le glaive d’Or symbolise la force de l’esprit, la bobine de fil le lien d’amour entre une femme et un homme. Descendant vers le fond du labyrinthe, Thésée attendit sagement que le monstre s’assoupit pour lui planter en plein cœur le glaive d’Or. Autrement formulé, quand notre nature animale s’assoupit, nous pouvons monter cette énergie au niveau de notre Cœur sacré par la force de l’Esprit.

    Quand Thésée vainqueur revint à la surface, sa victoire n’était pas du même ordre que celle d’Hercule.

    Hercule comprit que l'élévation devait être atteinte par le troisième œil, là où se développent nos états intuitifs

    Thésée était inspiré par l’amour purement terrestre d’Ariane. De cet amour il s’en détourna rapidement et revint vers Egée son père à qui il avait promis de gréer une voile blanche en cas de succès et une voile noire pour la défaite. Perturbé par un amour terrestre dont il ne voulait pas, dans la confusion, il rentra au port avec la voile noire. À cette vue Egée son père se jeta du haut d’un rocher et périt. C’est ainsi que Thésée devint roi.

    Il n’a pas maîtrisé spirituellement le Taureau sacré qui symbolise la haute créativité du signe du Taureau. Sa victoire n’est que partielle, il échappe au Minotaure qui symbolise nos instincts primitifs par la force de l’amour, certes, mais cet amour est purement terrestre. Ariane sauve Thésée en lui permettant d’élever sa nature amoureuse, mais il existe un Amour supérieur à celui que nous pouvons éprouver dans notre condition d’être humain.

    Thésée resta donc ancré à la matière et eut à faire face à de nombreux troubles dans l’administration de son royaume.

    La Nouvelle Lune vient nous suggérer qu’une énergie sexuelle brute, purement animale, génère des besoins de possession et des envies de pouvoir. Si nous voulons échapper au matérialiste qui s’impose dans notre monde consumériste, il convient d’élever la nature de nos pulsions.

    Ainsi débarrassé des peurs qui nous assujettissent nous cesserons de confier du pouvoir à des gens qui n’en valent pas la peine. Le 8 mai célèbre la libération, n’est-ce pas !

    À toutes celles et ceux qui sauront prendre « le Taureau par les cornes », je souhaite une belle arrivée sur l’île sacrée des «des enfants du  troisième Œil » où la force d’un Amour transcendé s’exprime en toute liberté.

    Gardez la lumière

    Philippe

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    Renaud Sainsaulieu. 5 apports sociologiques essentiels pour le management interculturel

     

     

     

    Renaud Sainsaulieu. 5 apports sociologiques essentiels pour le management interculturel

     

    Nous devons beaucoup à Renaud Sainsaulieu, sociologue de l’entreprise et formidable entrepreneur du social.

    Je lui dois d’avoir découvert l’existence puis l’usage d’une sociologie de l’entreprise disant comment les individus construisent des régulations durables qui font système et consacrant, derrière les rapports formels de production, l’importance des dynamiques sociales et culturelles.

    Je luis dois d’avoir été mon directeur de thèse et de m’avoir fait rencontrer des amis de toujours comme Evalde Mutabazi.

    Au temps de Chat GPT, de l’intelligence artificielle générative, des projets collaboratifs dans des structures matricielles et déspatialisées, de la financiarisation généralisée de l’économie réelle mondialisée, le travail est-il toujours voué à être le centre de la socialisation secondaire ? À quel prix et à quelles conditions ?

    Renaud Sainsaulieu est, d’abord, un sociologue de l’expérience de soi qui se construit dans la relation aux autres.

    Toute sa vie, Renaud Sainsaulieu s’est intéressé à la compréhension de la réalité sociale autrement que par la contingence ou sous la forme de rapports de force et de ruse. Il s’est passionné pour la puissance constituante de la socialisation secondaire par le travail, à l’égal souvent de l’école, de l’église ou encore de l’armée. `

    En édifiant une sociologie qui consacre l’entreprise comme un lieu intermédiaire de régulations autonomes et doté d’une « responsabilité sociale »[1]. Une sociologie qui n’accepte pas l’institution telle qu’elle est sans pour autant renoncer à la transformer. D’abord en proposant aux individus de sortir d’un état routinier, en aiguisant chez eux un esprit critique, en les encourageant à des formes de déviance positive, tout simplement parce que « l’on ne change pas une société en restant à son écoute »[2]. Tout travail scientifique découvre des structures d’abord invisibles aux acteurs. L’important n’est pas de proposer un « juste » modèle de changement ou d’organisation mais d’accompagner les salariés formés à resituer constamment le sens de leurs actions en leur donnant le « pouvoir d’être eux-mêmes » et d’assumer leurs identités[3].

    Renaud Sainsaulieu est mort le 26 juillet 2002 à l’âge de 66 ans.

    Sa pensée féconde est toujours très présente pour comprendre les évolutions de la condition humaine dans les champs du travail.

    « Le souffle des idées est au cœur des formes durables d’organisation de société », comme l’écrivait celui qui, fils de notables, a voulu vivre deux fois l’expérience d’ouvrier d’usine[4]. Il a moins lutté contre des privilèges que pour inventer des institutions[5].

    · Renaud Sainsaulieu, initiateur de l’analyse des rapports interculturels en société. « La culture est devenue une interculture »[6].

    Je me souviens d’une longue conversation avec Renaud Sainsaulieu, au printemps 1996, à propos du travail de Geert Hofstede et de ses ouvrages fondateurs dans le domaine du management interculturel [7].

    Nous saluions son immense mérite. Mais il nous semblait aussi que l’idée de « programmation mentale » comme conditionnement culturel des individus, si finement exprimée pourtant par Geert Hofstede dans ses ouvrages, ouvrait sur la possible tentation d’un point de vue hiérarchisant des cultures entre-elles et de possibles « aires civilisationnelles » à jamais séparées[8]. Position qui fut celle, par exemple, de Samuel Huntington avec la notion de « choc de civilisations », plus adaptée aux fossiles qu’aux ensembles vivants, et qui ne sait pas rendre compte du phénomène social d’altération de toute culture par une autre[9]. Et ce, depuis la naissance de l’humanité.

    L’un des principaux acquis de la sociologie de l’entreprise, dont Renaud Sainsaulieu est un des pionniers, est l’attention portée aux réalités locales, multiculturelles, partout dans le monde[10].

    Sur ce point, l’adhésion à l’Association internationale des sociologues de langue française (AISLF), ses nombreux colloques en terre étrangère, vont jouer un rôle décisif dans la formalisation de la pensée de Renaud Sainsaulieu. Ils vont clarifier cette exploration « d’acteurs-sujets » capables de vivre l’épreuve de l’altérité.

    Renaud Sainsaulieu va souligner, dans ses interventions, que de plus en plus de personnes, dans les champs du travail et des organisations, et plus largement, dans nos sociétés, s’habituent à regarder leurs cultures du point de vue d’une autre. Mobilités professionnelles, mobilités géographiques, situations de rapprochements d’entreprises par acquisitions, fusions ou alliances, créations et développements de filiales à l’étranger, coopération exigeante dans des équipes de travail diversifiées du point de vue des âges, des genres, des trajectoires et accidents de la vie, des métiers de base… tout semble concourir à aiguiser la question des différences culturelles et poser à chacun la question de sa propre singularité[11]. De son identité, tout simplement.

    Renaud Sainsaulieu a toujours montré beaucoup d’intérêt pour l’étude des liens entre dimensions culturelles, étudiées notamment par l’anthropologie culturelle, et les pratiques et de gestion qu’elles soient nationales, plus locales ou plus larges. En témoignent, un séjour d’un an aux États-Unis, à l’Université de Cornell (1959-1960), sa traduction en français des pères de la psychologie industrielle américaine, Joseph Tiffin et Ernest McCornick, son intérêt pour les fondements culturels de la société algérienne[12], son soutien constant aux travaux sur le modèle circulatoire africain de Evalde Mutabazi, à ceux de Emmanuel Kamdem sur le temps au Cameroun, à ceux de Ana Maria Kirschner sur l’entrepreneuriat au Brésil ou encore à l’étude des mouvements modernisateurs en Pologne, Bulgarie, Roumanie, Macédoine avec Dominique Martin ou avec Vassil Kirov.

    Dans l’ouvrage collectif L’entreprise, une affaire de société, paru en 1992, Renaud Sainsaulieu et une vingtaine de sociologues français (dont Philippe D’Iribarne, Michel Liu ou Denis Segrestin…), font figure de bâtisseurs[13] en soulignant combien tout acte de gestion est situé culturellement et que la mesure de son efficience en dépend toujours. Dans cet ouvrage original, sont soulignés les rapports que l’entreprise entretient avec les dynamiques culturelles nationales et territoriales et la nécessité de tenir compte « de toutes les contingences de structures sociales externes à elle-même pour bâtir sa propre organisation et son projet économique ».

    Etudier les réseaux culturels et identitaires d’interdépendance formés entre l’individu et la société, entre l’acteur et le système, en prenant soin de rappeler que « personne l’ai vraiment prévu, voulu, projeté »[14], n’avait pas forcément bonne presse à cette époque, et même en management interculturel, jeune discipline fidèle, en cela, à une certaine volonté sociologique originelle de rompre avec la psychologie et qui nous semble trop attachée alors à expliquer le « culturel par le culturel »[15].

    Renaud Sainsaulieu a été de ceux qui ont toujours voulu intégrer à leurs travaux sociologiques approche culturelle et identitaire, influence des cadres sociétaux et psychologie du sujet. Pour lui, l’entreprise doit être envisagée ni comme un lieu de traduction simple de conflits sociaux et historiques dont la portée la dépasserait, ni moins encore comme un lieu unique de construction des rapports sociaux, mais plutôt comme un lieu de réfraction de pré-structurations élaborés en dehors de son territoire. Ou, autrement dit, comme un authentique lieu de création stratégique et culturelle, une « affaire de société »[16]. Le collectif en entreprise n’est pas le fruit d’un déterminisme radical quelle qu’en soit la nature.

    Les systèmes culturels de sens ne demeurent pas irréductibles à un autre. Tout simplement peut-être parce que le jugement même d’irréductibilité d’un système culturel de sens à un autre implique la possibilité de les comparer et, pour ce faire, de les peser à l’aune d’une grandeur commune.

    Une cartographie culturelle, pays par pays, peut être vite source d’erreur parce qu’elle ne permet pas de comprendre comment s’élabore l’action à partir d’un sujet[17]. Les faits sociaux relèvent ainsi d’une logique pratique, dominée souvent par l’urgence, qu’une démarche déterministe seule ne peut éclairer.

    Et puis, aucune culture n’est entièrement opaque à ceux qui la font vivre. Nos valeurs « personnelles » peuvent être différentes des valeurs de notre « culture » d’origine et ce que l’on affiche. Et en simplifiant le propos du natif de Haarlem, il nous semblait que cela pouvait conduire à penser que chacun était enfermé dans ses « préjugés observationnels ». Alors, les différences culturelles existent parce que nous connaissons différentes sociétés aux contours clairs avec différentes histoires et que cela participe au maintien de différentes valeurs. La culture renverrait, en ce cas extrême, à un environnement carcéral qui ne dit pas son nom et à l’équivalent de sous-espèces biologiques[18].

    Nous trouvions que l’étude des « caractères nationaux » était encore souvent imprégnée d’une idéologie nativiste où les différents peuples ne peuvent être que ce sont génétiquement les gens qui les composent. Si des listes de conduites sont à tenir ou à éviter, selon les situations rencontrées et dans chaque pays approché, c’est que la réussite de la collaboration entre cultures est ici d’abord envisagée comme une affaire de codes culturels mal interprétés ou mal connus (à sélectionner, à évaluer et à former selon des critères scientifiques[19]). Les différences sont vues comme des sources de dysfonctions qu’il faut dépasser et corriger à force de bonne volonté et d’éducation.

    Nous étions d’accord pour souligner qu’un premier temps positiviste de la recherche en management interculturel (avec les travaux fondateurs de Geert Hofstede, de Fons Trompenaars, de Shalom. J. Schwartz, de Ronald Inglehart, de Harry Charalambos Triandis ou de l’enquête Globe) a été celui de rendre visible, de nommer et de qualifier les espacements et les différences entre nations conduisant à de supposés « malentendus », « chocs » ou « risques culturels », comme le décrit le livre à destination d’expatriés américains, publié à plus de 300 000 exemplaires, de L. Robert Kohls et intitulé Survival Kit for Overseas Living. Ceci a abouti à reléguer à l’arrière-plan les représentations, pratiques et identités des individus dans leurs rapports quotidiens dès lors que l’on ne pouvait les classer à partir d’une opposition bipolaire (individualisme-collectivisme, degré fort ou faible de contrôle de l’incertitude…)[20]. Un découpage culturel propre à une Nation ne se confond pas avec l’héritage historique culturel tout court (et des réalités diasporiques, régionales, transrégionales ou impériales par exemple).

    Un deuxième temps nous apparaissait nécessaire, celui de la relation, des interfaces et des emboîtements culturels[21]. Et plus encore.

    La suite de l’article en cliquant sur ce lien… Renaud Sainsaulieu. 5 apports sociologiques essentiels pour le management interculturel

    [1] : « Comment des relations entre individus au travail peuvent-elles s’articuler au point de constituer une société dont les qualités intrinsèques façonneront durablement une sorte d’autonomie sociale susceptible d’influencer le résultat économique de la production ? » (Renaud Sainsaulieu, « Stratégies d’entreprise et communautés sociales de production », Revue économique, volume 39, n°1, 1988. pp. 155 174). En cela, l’entreprise ne se réduit ni à des relations intersubjectives entre atomes sociaux, ni à des solidarités de classes, ni à un élan modernisateur, ni à des mouvements d’émancipation inscrits dans l’histoire. Elle excède ces réalités.

    [2] : Danilo Martucelli, « Sociologie et posture critique », in Bernard Lahire, A quoi sert la sociologie, La Découverte, 2002, p. 148.

    [3] : Françoise Piotet et Renaud Sainsaulieu, Méthode pour une sociologie de l’entreprise, FNSP et ANACT, 1994.

    [4] : Renaud Sainsaulieu, « Un sociologue de la démocratie », Autogestions, 1982, 10, pp. 115-121. Par deux fois, Renaud Sainsaulieu a connu l’activité ouvrière : sur une chaîne de polissage dans une entreprise de petite mécanique, et l’autre en tant que manœuvre sur une chaîne de four puis opérateur-conducteur d’un four à biscuits dans une usine du secteur alimentaire (Cédric Dalmasso et Céline Mounier, Renaud Sainsaulieu, Le mouvement démocratique aux frontières de l’entreprise, Éditions EMS, 2022, p. 4).

    [5] : Renaud Sainsaulieu, « Acteur », Eugène Enriquez, André Lévy et Jacqueline Barus- Michel, Vocabulaire de psychosociologie, Erès, pp. 89-90.

    [6] : La formule est de Norbert Alter.

    [7] : Geert Hofstede, Culture’s consequences: International differences in work-related values, Beverly Hills, CA : Sage, 1980 ; Geert Hofstede, Cultures and Organizations. Software of the Mind, McGraw-Hill, 1991.

    [8] : Shalom Schwartz, “Rethinking the concept and measurement of societal culture in light of empirical findings”, Journal of cross-cultural Psychology, 45(1), 2014, 5-13.

    [9] : Dans un article de la revue Foreign Affairs en 1993, puis sous forme de livre, The Clash of Civilizations and the Remaking the World Order, Simon & Schuster, 1996, traduit en français chez Odile Jacob en 1997.

    [10] : L’illustrent les rubriques « Sociologie d’ailleurs », créée en 2007 dans Sociologies Pratiques par Geneviève Dahan-Seltzer et « Ouvertures », créée en 2005 dans La lettre de l’AISLF.

    [11]: Pierre Dupriez et Solange Simons, La résistance culturelle. Fondements, applications et implications du management interculturel, De Boeck Supérieur, 2002.

    [12] : Renaud Sainsaulieu, Préface au livre de Daniel Mercure, Culture et gestion en Algérie, L’Harmattan, 1997 ; Mohamed Benguerna, « Ingénieurs en Algérie dans les années 1960 », Éditions Karthala, 2014 ; nous mentionnerons aussi les apports de Ahsène Zehraoui, notamment sur l’immigration kabyle (« Processus différentiels d’intégration au sein des familles algériennes en France, Revue Française de Sociologie, 1996).

    [13]: Dominique Desjeux, qui a milité pour rendre les approches culturelles compatibles avec les approches stratégiques et identitaires, rappelle que « c’est Michel Crozier qui, dans le phénomène bureaucratique (1963), le premier à parler d’un « modèle français » du management » en pointant la peur du face à face dans un système de personnes organisé hiérarchiquement et verticalement, la volonté de donner de l’intelligence à la règle et non de simplement l’appliquer ou encore le goût de la prouesse au détriment de l’efficacité économique. Michel Crozier a d’ailleurs reconnu que toute la troisième partie du Phénomène bureaucratique constituait un essai « culturaliste ».

    [14] : Bernard Lahire, Dans les plis singuliers du social, La Découverte, 2013, p. 41.

    [15] : Bernard Lahire (Dans les plis singuliers du social, La Découverte, 2013, p. 70) rappelle la volonté durkheimienne, aux origines de la discipline sociologique, d’expliquer « le social par le social », c’est à dire par des « faits extérieurs à l’individu ». Bernard Lahire (Idem, 2013, p. 74) fustige les dérives d’une certaine pratique sociologique qui « consiste à interpréter directement les formes sociales objectivées (sémiologie sociale) sans étudier les usages réels de ces formes (sociologie de la réception, de l’appropriation ou des usages socialement différenciés), et donc de tomber dans la surinterprétation ».

    [16] : Renaud Sainsaulieu, L’entreprise, une affaire de société, Presses de la FNSP, 1989.

    [17] : Une action qui est pour partie imprévisible et qui détermine, en retour, les structures culturelles comme les représentations propres à chaque acteur en contexte multiculturel. Une action qui réfute « l’infernale circularité » qui ferait que si vous connaissez les attaches culturelles – définies par l’anthropologue et par la statistique – des acteurs, vous connaissez leurs dispositions et vous savez à l’avance la façon dont ces acteurs vont réagir dans n’importe quelle situation.

    [18] : Edward W. Saïd clame à raison que « L’argument de Samuel Huntington dans Le Choc des civilisations ignore totalement qu’en plus de la culture dominante ou officielle il y a des tendances dissidentes, alternatives, non orthodoxes ou hétérodoxes qui contiennent beaucoup d’aspects anti-autoritaires, lesquels entrent en conflit avec la culture officielle. Cela peut être nommé contre-culture, un ensemble de pratiques associées avec les intrus, les pauvres, les immigrants, les artistes bohèmes, la classe ouvrière et les rebelles. La contre-culture critique l’autorité et attaque ce qui est officiel et orthodoxe. Aucune culture ne peut être comprise sans cette source toujours présente de provocation créative de ce qui est extra-officiel ou officiel. Négliger cet état d’agitation à l’intérieur de chaque culture, que ce soit parmi l’Occident, l’islam, le confucianisme, etc., et accepter l’existence d’une totale homogénéité entre culture et identité, c’est oublier ce qui est vital et fertile dans la culture » (Edward W. Saïd, « Le mythe du Choc des civilisations », conférence prononcée à l’université de Columbia, 1997).

    [19] : Edward T. Hall & F. Hall, Guide du comportement dans les affaires internationales, Paris, Seuil, 1990.

    [20] : Le pas franchi par Philippe D’Iribarne et son équipe « Gestion et Société », équipe rattachée au LSCI dirigé par Renaud Sainsaulieu, est de s’attacher à une approche interprétative, cherchant à faire apparaître les catégories, les oppositions structurantes que les acteurs utilisent pour donner sens aux situations de travail. Les travaux de Philippe D’Iribarne veulent précisément rapprocher la culture d’autre chose que des représentations collectives, des traits culturels, sorte d' »universaux » dont la base ne serait ni les individus, ni les groupes sociaux, ni leurs rapports. Philippe D’Iribarne, à la différence des zélateurs de Geert Hofstede, n’a jamais stipulé l’invariabilité des conduites propre à une culture nationale mais la permanence des références qui servent à l’interprétation et signent l’appartenance à une culture politique.

    [21] : Philippe Pierre, « Trois courants de recherche en management interculturel dans les champs francophones », Blandine Vanderlinden et Pierre Dupriez, Au cœur de la dimension culturelle du management, L’Harmattan, 2017 ; Jean-François Chanlat et Philippe Pierre, Management interculturel. Evolution, tendances et critiques, EMS, 2018, Ouvrage labellisé FNEGE en 2019.

     

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    Futur du travail. 4 pistes à approfondir pour les générations futures !

    ACTUALITE DE LA PENSEE SOCIOLOGIQUE DE RENAUD SAINSAULIEU

    Par Philippe Pierre – Sociologue Praticien – (www.philippepierre.com)

    Le sociologue Renaud Sainsaulieu a été pour nous source puissante d’inspiration.

    Dans ce texte, nous portons un regard sur l’évolution du sens du travail et le renouveau des formes d’engagement en mobilisant son héritage sociologique.

    Nous pointons quatre chemins de progrès pour les univers du travail, des entreprises et des organisations. Nous regardons vers le futur.

    1, Demain, tous un peu slasheurs ? Pas vraiment…

    Renaud Sainsaulieu, dans un entretien au journal Le Monde en 1995[1], le réaffirme :« L’emploi doit être considéré comme le cadre de relations obligées qui amènent chacun à se différencier des autres. Maîtriser une activité professionnelle, c’est compter dans le regard de l’autre, qu’il soit collègue, chef ou subordonné, c’est pouvoir se faire écouter. Même si l’on est seulement « utilisé », on existe, on a une raison d’être. Et comme chaque jour est l’occasion d’en faire l’expérience, la personnalité y conquiert au fil du temps son épaisseur et sa cohérence. Lorsque le travail est vide de tout élément de reconnaissance, sur la chaîne par exemple, cette « expérience cumulative » ne peut pas se produire et l’on se vit comme sans valeur, sans personnalité. On ne peut alors se définir qu’en réaction à une sorte d’expérience plate, à travers la lutte contre l’aliénation et l’affirmation d’une identité collective ».

    Comment ne pas voir en creux, dans ces propos, la condition de nombreux travailleurs des plateformes et les circonstances d’une aliénation quotidienne pour celles et ceux qui tentent d’articuler les bouts de leur existence avec des bouts d’emplois fragmentés ?

    Avec un nouveau rapport technologique aux autres marqué par l’éphémère, de nouvelles manières de s’accaparer la subjectivité des acteurs fleurissent autour de l’individu consumériste, de l’émotion, du local, des identifications multiples, du passage d’un capitalisme obnubilé la production à un capitalisme centré sur la consommation, ce qui entraîne l’avènement d’une culture nouvelle, organisée autour de modèles culturels et normatifs à base de séduction[2].

    La puissance de l’œuvre de Renaud Sainsaulieu éclaire cette coexistence paradoxale de l’Un et du Multiple dans la définition de notre identité quand monte en flèche, notamment aux États-Unis, des « pluri-travailleurs » qui semblent multiplier sphères d’expression de soi, construction de relations affinitaires et amicales comme registres d’activités[3].

    Jacqueline Barus-Michel et Eugène Enriquez le soulignent aussi : « C’est parce que les normes ne sont plus quasi stationnaires » que « le monde devient en proie à des joueurs qui pensent changer leurs coups au dernier moment »[4]. L’individu de la modernité tardive appartient simultanément à plusieurs champs sociaux et « navigue » en permanence dans des temps et des lieux multiples[5].

    Ces « pluri-travailleurs » fuient une forme d’ennui qu’incarne pour eux le travail dans un poste à temps plein en un seul lieu. Baptisés « slasheurs » en raison des barres obliques qui « coupent », « segmentent » et même plutôt s’additionnent sur leurs profils, ils assument pleinement ce trait incliné entre leurs identités multiples. Choix de temps comme suspendus qui ne sont pas oisiveté (congès parentaux, congès sabbatiques, pauses dans les études, caractère différé, par choix ou contrainte, de l’insertion professionnelle et/ou du départ du foyer parental, périodes de chômage…). Claude Dubar, aussi, avait pointé cette identité indépendante correspondant à des jeunes professionnels avides de formation, qui ne se définissent pas par rapport à leur entreprise, mais affirment un projet personnel. Voulant « manger le dessert en premier », les anticipations d’un futur tout programmé s’estompent.

    Renaud Sainsaulieu avait pleinement souligné le fait que les entreprises doivent faire face aujourd’hui à une exigence de rentabilité immédiate et à une complexification croissante des situations de travail. Le caractère polymorphe du besoin de reconnaissance (culturel, ethnique, social, religieux aussi…) s’exprime avec une acuité plus aiguë dans des sociétés où les salariés n’entretiennent plus le même type de relation avec leurs employeurs et savent souvent que leurs trajectoires professionnelles, à défaut de possibilités d’emploi à vie, devront se réaliser au sein de plusieurs « boites ». Dès lors, la construction des identités au travail se fait moins par le truchement du collectif (que celui-ci s’exprime par la grève, l’appartenance syndicale ou l’engagement politique) que par l’âpre élaboration de stratégies individuelles tendant à garantir, pour le salarié, son employabilité future.

    Et alors qu’il pouvait être légitime, en période de croissance, d’analyser les organisations comme des unités d’action générant leur propre logique, de façon quasi autonome, à partir des stratégies d’acteurs fondées sur des relations de pouvoir, il est plus difficile de le faire lorsque les environnements pertinents de l’action sont instables et incertains[6].

    Si l’identité au travail dépend des conditions d’accès au pouvoir dans les interactions de travail, reconnaissons que les frontières de l’organisation ne cessent de se distendre.

    L’acteur social est appelé à tisser et retisser des liens au sein d’une société écartelée par les forces divergentes du marché mondialisé. Il est moins le représentant d’un groupe et de la logique sociale inhérente à ce groupe que le produit complexe d’expériences socialisatrices multiples. Ceci invite à porter attention à la manière dont l’individu relie des aspects de soi à un espace social lui-même démultiplié. Nous utilisons souvent la métaphore de l’archipel[7] pour décrire ce temps contemporain qui excède un âge industriel qui se serait seulement « complexifié » en s’adjoignant un âge commercial (consommation à outrance) et un âge financier (la spéculation)[8].

    La figure de l’archipel nous semble illustrative d’une partie des métamorphoses du monde. L’archipel sous-entend ce passage d’une perspective fixe et prévisible, d’un « espace euclidien à deux dimensions, avec ses centres, ses périphéries et ses frontières à un espace global multidimensionnel avec des sous-espaces sans frontière, généralement discontinus et s’interpénétrant »[9].

    L’archipel renvoie pour nous, plus largement, au passage d’une société pyramidale vers une remise en cause des figures d’autorité du haut vers le bas (dans l’Armée, dans l’Ecole, dans l’Eglise, dans le champ du travail…) et, au final, la mise en interrogation de toute idée de centre unifié et perçu comme légitime par le plus grand nombre. C’est un peu le modèle du Père qui s’aplatît et les pairs qui peinent à trouver leur place.

    La déconstruction de la figuration en peinture, de la tonalité en musique, de la chronologie dans l’art romanesque et théâtral sont autant de signes invitant à mieux comprendre cette remise en cause de tout ordonnancement séquentiel linéaire, de tout centre hiérarchique sous l’effet de l’écrasement apparent des structures d’ordre[10].

    Avec cette perspective d’archipel, de flux, de déplacements… c’est aussi l’enjeu même de la critique sociale qui change en insistant davantage, comme l’a fait le sociologue John Urry, sur les inégalités d’accès (aux transports par les airs, la mer, le rail, les autoroutes, aux câbles de fibre optique pour le téléphone, la télévision et les ordinateurs…) que sur la dénonciation des inégalités liées aux jeux de la reproduction de positions anciennes propres à la lutte des classes.

    Celui qui est « perdant » dans ce monde est celui qui est comme rivé au sol et qui pâtit, par exemple, d’un temps long d’interaction dans l’échange écrit, d’une incapacité de s’affranchir des contraintes de distance pour produire avec d’autres un savoir, d’une faible capacité de stockage de données « en nuage », « d’objets communicants » autour de lui….

    Etendre la métaphore de l’archipel aux employés des entreprises dite « plateforme » telles que Uber serait abusif tant les choix professionnels de ceux qui y travaillent sont subis et les conditions précaires. Ils prendront le tout dernier métro du soir après avoir livré à vélo toute une journée. Pour eux, la fragmentation des liens et une économie de la « débrouille »[11], et non la figure de l’archipel[12]. Les mondes sociaux, qu’ils soient de l’entreprise ou de la société, renvoient donc largement à un « déterminisme social » que Renaud Sainsaulieu a toujours reconnu et à l’idée selon laquelle la position sociale d’un individu à l’âge adulte serait en large partie déterminée à sa naissance par l’origine socio-économique de ses parents.

    2, Le développement social et la gestion des « personnes » plutôt que la gestion des ressources humaines

    « Une société libérale de marché a besoin d’acteurs pour prendre les risques de la créativité et de la production, sans revenir aux modèles régressifs du paternalisme ou de la social-démocratie comme seul mode d’existence sociale, à côté de l’imperium de la technocratie des experts de haut niveau » (Renaud Sainsaulieu, Article L’identité en entreprise, p. 260).

    Renaud Sainsaulieu entrevoit, depuis longtemps, « les failles d’un management fragmenté qui traiterait séparément l’organisation du travail, la performance économique, la gestion des hommes et la reconnaissance des identités au travail »[13]. Marc Uhalde, lui aussi, a su pointer que l’entreprise était un « système présentant des carences de régulation sociale patente »[14].

    La suite de l’article en cliquant sur ce lien…Futur du travail. 4 Pistes à approfondir pour les générations futures !

    [1] : Renaud Sainsaulieu, « Le travail est la plus importante machine à produire de l’identité sociale », Le Monde, 17 mai 1995.

    [2] : Claudine Haroche et Eugène Enriquez, La face obscure des démocraties modernes, Erès, 2002.

    [3] : À la Renaissance, on vénérait les « esprits universels ». On qualifiait de polymathes ces lettrés qui cumulaient les connaissances au carrefour des sciences et des arts, comme d’autres les livres dans une bibliothèque. « Combien de grands esprits étaient polymathes, comme Léonard de Vinci, Descartes, Copernic, Michel-Ange, artistes et scientifiques à la fois ? » lance Marielle Barbe, auteure de Profession Slasheur : cumuler les jobs est un métier d’avenir, Marabout, 2017. Aujourd’hui, dit-elle, on reproche souvent aux gens compétents de se « disperser », pourtant la plupart des humains ne sont pas faits d’un bloc.

    [4] : Jacqueline Barus Michel et Eugène Enriquez, « Pouvoir », in Eugène Enriquez, André Lévy et Jacqueline Barus-Michel, Vocabulaire de psychosociologie, Erès, 1994, p. 471.

    [5] : Eugène Enriquez, André Lévy et Jacqueline Barus-Michel, Vocabulaire de psychosociologie, Erès, 1994, p. 464.

    [6] : Norbert Alter et Christian Dubonnet, Le manager et le sociologue. Correspondance à propos de l’évolution de France Télécom de 1978 à 1992, L’Harmattan, 1994, p. 229.

    [7] : Philippe Pierre et Michel Sauquet, L’Archipel humain. Vivre la rencontre interculturelle, ECLM, 2022.

    [8] : Eugène Enriquez, « Le travail, essence de l’homme ? Qu’est-ce que le travail ? », Nouvelle revue de psychosociologie, 2013/1 (n° 15), p. 253 à 272.

    [9] : Michael Kearney, « The Local and the Global: The Anthropology of Globalization and Transnationalism », Annual Review of Anthropology, 24, 1995, p. 549.

    [10] : Luc Ferry, L’invention de la vie de Bohème : 1830-1900, Cercle d’Art.

    [11] : « La France du recours au statut d’auto-entrepreneur pour aider à finir les fins de mois, celle du hard discount, du Bon Coin, du quasi-troc, budget carburant en hausse, des vide-greniers, du recours massif au crédit à la consommation est également celle qui privilégie les routes secondaires, pratique les « cars Macron » ou Blablacar plutôt que le TGV » (Jérôme Fourquet et Jean-Laurent Cassely, La France sous nos yeux, Le Seuil, 2021, p. 228).

    [12] : Avec son type de société bien particulier, marqué par la prédominance d’une économie touristique et immobilière, et, sur le plan sociologique, par la surreprésentation des catégories favorisées : retraités aisés, professions libérales, commerçants, petits patrons, et de plus en plus de cadres pratiquant le télétravail (Jérôme Fourquet et Jean-Laurent Cassely, La France sous nos yeux, Le Seuil, 2021, p. 374).

    [13] : Cédric Dalmasso et Céline Mounier, « Renaud Sainsaulieu », Le mouvement démocratique aux frontières de l’entreprise, 2022, EMS, p. 14.

    [14] : Marc Uhalde, Crise sociale et transformation des entreprises, L’Harmattan, 2016. Marc Uhalde a défendu une définition de l’intervention comme devant être « une médiation contributive critique ». Elle permet de mieux connaître les catégories qui nous font penser et agir. L’intervenant n’est plus un conseiller du prince à qui il explique le problème auquel il est confronté : il est un médiateur entre deux parties qui ne disposent pas des outils de la régulation conjointe.

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    Les rencontres interculturelles ! Etonne-moi ! Podcast Julhiet et Sterwen

     

    Emmanuelle Joseph-Dailly  nous interviewe sur le thème de la rencontre, de la reconnaissance, de l’interculturalité et de l’équité. 1 podcast à découvrir !
    « La science consiste à passer d’un étonnement à un autre. » Aristote.

    « Etonne-moi » est un podcast qui vise à mettre en avant des travaux de recherche et des visions terrain autour des sciences cognitives et des neurosciences au service des transformations. Dans une démarche prospective, il donne la parole tant à des chercheurs, autour leurs avancées, qu’à des dirigeants, sur leur vision et leur retour d’expérience. L’objectif est ainsi de faciliter la prise de recul et de donner des clés inédites autour du sens et de la mise en œuvre des transformations, en particulier sous l’angle humain.

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